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  • il y a 9 heures
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François Fillon est jugé à Paris pour détournement d’argent public. Favori de la présidentielle de 2017, sa campagne s’était transformée en calvaire. Récit.

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Transcription
00:00Bonjour, je suis Clara Garnier-Amouroux et vous écoutez CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:14À l'approche de son procès pour détournement d'argent public qui s'ouvrira le 24 février,
00:19CodeSource continue de vous raconter l'histoire de François Fillon.
00:22Aujourd'hui, dans le deuxième épisode, comment le vainqueur de la primaire de la droite
00:26a vu sa campagne pour la présidentielle se transformer en calvaire.
00:33C'est un récit d'Olivier Beaumont et de Quentin Laurent du service politique du Parisien
00:37et de Timothée Boutry du service police-justice du Parisien.
00:49Le 27 novembre 2016, François Fillon est devenu le candidat inattendu de la droite
00:53pour l'élection présidentielle de 2017.
00:55Quelques jours plus tard, le 30 novembre, un premier article de l'hebdomadaire Le Canard Enchaîné
01:00atterrit dans les kiosques avec ce titre
01:02« La mystérieuse petite entreprise de Fillon ne connaît pas la crise ».
01:05Que raconte cet article ?
01:07François Fillon, il a une société de conseil qui s'appelle le 2EF Conseil
01:10et qui lui permet de faire un certain nombre d'interventions,
01:14des conférences pour des différents organismes qui sont bien rémunérés, clairement.
01:20Et en soi, ce n'est pas choquant, ça n'a absolument rien d'illégal,
01:23sauf que ça ne colle pas forcément à l'image qu'on peut avoir du personnage.
01:27C'est-à-dire que pour beaucoup de Français, François Fillon, c'est le bon père de famille,
01:31l'élu de la Sarthe.
01:32D'ailleurs, il le joue là-dessus dans la campagne.
01:34Il revendique ce côté paysan, d'ailleurs.
01:36Et ce côté bon gestionnaire aussi.
01:38Donc, c'est vrai que ça l'amène à une image de l'argent, au monde de l'argent,
01:44que beaucoup de Français découvrent, ou en tout cas, ils sont très étonnés.
01:48On n'est pas forcément surpris d'apprendre ça d'un Nicolas Sarkozy,
01:51mais on peut l'être plus, de François Fillon.
01:53Ça ne correspond pas forcément à l'image qu'on peut avoir.
01:56En tout cas, c'est comme ça que c'est perçu à l'époque.
01:57Mais ça passe relativement inaperçu au début ?
01:59Oui, parce qu'on se dit que c'est une boule puante qui est balancée.
02:02Il est le grand favori de la présidentielle.
02:03Il vient de gagner la primaire.
02:05Et lui, d'ailleurs, le retourne comme ça.
02:06Il dit dans sa défense, et ce n'est pas étonnant que ça tombe maintenant,
02:09parce que maintenant que je suis le favori, on veut m'attaquer.
02:12Et donc, voilà, ça passe relativement dans un quasi-anonymat.
02:18Près de deux mois plus tard, on est le 25 janvier 2017,
02:21et le Canard Enchaîné sort un nouvel article,
02:23cette fois-ci intitulé « Pour Fillon, Pénélope est un bon Fillon ».
02:27C'est un véritable coup de tonnerre.
02:28Donc, le Canard Enchaîné sort le mercredi, comme toutes les semaines.
02:31Mais les équipes de François Fillon ont connaissance de l'apparition de cet article la veille, le mardi.
02:36Et que révèle cet article ?
02:38Que son épouse, Pénélope Fillon, qu'on connaît très peu finalement,
02:42les Français ne connaissent pas vraiment son visage,
02:44aurait été employée,
02:46enfin, d'ailleurs, les conditionnels ne sont pas employés,
02:47d'ailleurs, dans le papier du Canard Enchaîné,
02:49mais qu'elle a été l'assistante parlementaire pendant quelques années de son mari,
02:53et puis aussi de son suppléant, Marc Jouleau,
02:56et que, sur l'ensemble des périodes entre 1998 et 2012,
02:59elle aurait perçu une somme de 500 000 euros.
03:02Je vois que la séquence des boules puantes est ouverte.
03:06Je ne fais pas de commentaire, parce qu'il n'y a rien à commenter.
03:09Je voudrais simplement dire que je suis scandalisé
03:14par le mépris et par la misogynie de cet article.
03:18Alors, parce que c'est mon épouse, elle n'aurait pas le droit de travailler.
03:22Imaginez un instant qu'un homme politique dise d'une femme,
03:25comme le fait cet article,
03:27qu'elle ne sait faire que des confitures,
03:30toutes les féministes hurleraient.
03:32Quentin Laurent, l'hebdomadaire affirme aussi que
03:34Pénélope Fillon a reçu des salaires importants
03:37pour ses collaborations avec une revue littéraire.
03:39Oui, on apprendra en tout cas que Pénélope Fillon
03:42va être salariée de la revue des Deux Mondes
03:44entre mai 2012 et septembre 2013.
03:47Cette revue, elle appartient à Marc Ladray de La Charrière,
03:50qui est un ami de François Fillon.
03:51Le problème, c'est qu'au total, elle aura donc touché
03:53près de 100 000 euros pour quasiment rien.
03:56A priori, peut-être deux papiers rendus pour cette revue.
03:59Et autant dire qu'après toutes ces révélations, ça fait tâche.
04:02Et on prend l'affaire très au sérieux,
04:04puisque dès le mardi soir, en fait,
04:06l'équipe de campagne, notamment la communicante
04:08de François Fillon, Anne Méo,
04:10s'empresse d'appeler tous les journalistes
04:11qui suivent la campagne pour essayer un peu de dévendre,
04:14en tout cas, les informations que ça prête
04:16à faire paraître le canard enchaîné.
04:17Mais c'est le début du cauchemar, en tout cas,
04:19pour les candidats Fillon.
04:22Timothée Boutry, vous êtes journaliste
04:24au service police-justice du Parisien,
04:26et vous partez tout de suite à Sablé-sur-Sarthe.
04:28Oui, je me rends immédiatement là-bas,
04:30comme un bon nombre de mes confrères, d'ailleurs,
04:32avec une mission, ma foi, assez simple,
04:34essayer de vérifier, confirmer,
04:36contredire les informations du canard,
04:38et essayer de savoir si
04:40Bénèbre Fillon a bel et bien travaillé pour son mari.
04:42Et c'est vrai que, sur place,
04:44moi, je rencontre pas mal de monde,
04:45des proches de François Fillon,
04:47des gens qui ont eu des mandats locaux avec lui,
04:49ou dans des villes à côté,
04:49en fait, qu'ils connaissent très bien.
04:50Et ils sont tous stupéfaits.
04:52Ici, d'anciens élus d'opposition
04:54n'ont aucun souvenir de l'épouse
04:56de l'ancien chef du gouvernement.
04:58C'est le cas de Bruno Loitron.
04:59Il a côtoyé François Fillon
05:01pendant six ans au conseil municipal.
05:03Madame Fillon
05:04ne faisait pas partie
05:06de ce qui nous semblait être
05:08l'organigramme
05:09du staff du député maire.
05:11Et je n'ai jamais eu affaire à elle
05:13quand j'ai eu
05:16à contacter
05:17l'équipe de François Fillon.
05:19C'est pas la preuve
05:20qu'elle n'était pas dans l'équipe,
05:23mais personnellement,
05:24je ne l'ai jamais rencontrée
05:25à ce titre.
05:26Il y en a un autre qui se tait,
05:27qui se tue presque tout le temps
05:29depuis ces faits-là.
05:30C'est Marc Jouleau,
05:31qui était le suppléant
05:33de François Fillon,
05:34qui a lui aussi embauché
05:36Bénèbre Fillon
05:36comme assistant parlementaire,
05:38qui lui a succédé aussi
05:39à la mairie de Tablée-sur-Sarthe.
05:40Et impossible de le rencontrer,
05:42d'avoir une interview.
05:43Et c'était vraiment
05:44un silence qui pesait lourd
05:45parce qu'on imagine bien
05:46qu'on est mis en cause,
05:48lui aussi.
05:49Et il aurait pu prendre la parole
05:50en disant
05:51« Mais qu'est-ce que c'est
05:51que ces accusations ?
05:52On met en cause
05:53ma fidèle assistante.
05:55Sans elle,
05:56je n'aurais rien été.
05:57Elle m'assistait au quotidien. »
05:58Non, rien du tout.
05:59Silence complet.
06:00Donc vraiment,
06:01très très très vite,
06:01on se dit
06:02quand même,
06:03cette histoire,
06:04elle ne repose pas sur rien.
06:07Dans la foulée,
06:08une enquête est ouverte.
06:09Oui,
06:09le parquet national financier
06:11ouvre le jour même
06:12de l'apparition de l'article
06:13une enquête préliminaire.
06:15Alors,
06:15ce n'est pas inédit
06:16que le parquet national financier
06:18ouvre sur la base
06:19d'informations de presse.
06:19C'est déjà arrivé.
06:20Donc voilà,
06:21ce n'est pas si surprendant que ça.
06:23Mais en tout cas,
06:24la machine judiciaire
06:26est immédiatement enclenchée.
06:27Comment il réagit,
06:28François Fillon ?
06:29Très vite.
06:30Il est invité
06:30sur le journal de TF1
06:32en janvier
06:32où il dit
06:33qu'il ne se retirera pas
06:35de la campagne
06:35sauf s'il l'est mis en examen.
06:38Promesse qu'il fait.
06:39Il va y avoir plusieurs épisodes
06:41qui vont jalonner cette campagne,
06:42notamment ses déplacements.
06:43Il faut se rappeler
06:44qu'à chaque fois,
06:44il était accueilli
06:45au son des casseroles
06:46par ses opposants.
06:47Ça a beaucoup marqué
06:48la campagne présidentielle.
06:50Et puis,
06:50il y a cette fameuse
06:51conférence de presse
06:52un peu improvisée
06:52qui a eu lieu le jour
06:53où il est censé se rendre
06:54au son agriculture.
06:55Il annule le matin même
06:56à 8h du matin
06:57et puis,
06:57il y a toute une matinée
06:58comme ça
06:58où toutes les rumeurs brouillissent
07:00va-t-il renoncer ou pas.
07:01Et en fait,
07:02il fait une conférence de presse
07:03depuis son QG de campagne
07:04à Porte de Versailles
07:05où il annonce
07:06qu'il ne se retirera pas,
07:08qu'il ne renoncera pas
07:09et donc,
07:09il est vraiment candidat.
07:11Quelques semaines plus tard,
07:12lors de ce fameux discours
07:13au Trocadéro,
07:15sous la pluie et les vents,
07:17où il réaffirme à nouveau
07:19sa volonté
07:20de ne pas renoncer.
07:21Ils pensent que je suis seul.
07:26Ils veulent que je sois seul.
07:31Est-ce que nous sommes seuls ?
07:35C'est aussi l'époque
07:35où on parle du fameux plan B
07:37qui pourrait y aller à sa place.
07:39Et lui,
07:39il tient
07:40parce que déjà,
07:41il n'a pas envie
07:42de filer sa place
07:43à Nicolas Sarkozy,
07:44à Alain Juppé
07:45ou à François Baroin aussi,
07:47dont le nom revient beaucoup.
07:49Et puis,
07:49il a un argument massue,
07:50c'est qu'il dit
07:50« Moi, j'ai été élu quand même
07:51par plus de 3 millions d'électeurs.
07:53Donc, ma légitimité,
07:54je la tiens
07:55de ce suffrage,
07:56cette élection.
07:57Donc,
07:57personne ne peut me lanver.
07:58Et c'est vrai
07:59qu'il va s'accrocher
08:00comme ça,
08:00contre vents et marées
08:01et il va rester candidat. »
08:05Est-ce qu'on sait
08:06si en réalité,
08:06il doute ?
08:07Non,
08:08alors ça,
08:08c'est vraiment
08:08ce qui va beaucoup frapper
08:09tous ses proches,
08:11son entourage dans la campagne,
08:12y compris toutes les femmes
08:13et les hommes politiques
08:13qui vont être engagés
08:14à ses côtés.
08:15C'est que non,
08:16il n'a jamais douté,
08:17jamais failli.
08:19Il a révélé
08:20comme ça
08:20un aspect de sa personnalité,
08:21c'est-à-dire très dur,
08:22très ferme.
08:23« À travers Pénélope,
08:24on cherche à me casser.
08:27Moi,
08:29moi,
08:29je n'ai peur de rien.
08:31J'ai le cuir solide.
08:32Si on veut m'attaquer,
08:34qu'on m'attaque droit
08:34dans les yeux,
08:35mais qu'on laisse ma femme
08:37en dehors
08:38de ce débat politique. »
08:40Il a bluffé aussi
08:41beaucoup de gens,
08:42paradoxalement,
08:42mais Dieu sait
08:43qu'il s'est pris quand même
08:45un tombeau de critiques,
08:46d'accusations
08:47et une campagne aussi
08:48médiatique
08:49et ses adversaires politiques
08:51aussi
08:51qui l'ont chargé.
08:52Mais il a aussi,
08:54dans cette séquence-là,
08:55étonnamment,
08:56en tout cas,
08:56pour ceux qui le connaissent,
08:57révélé un autre aspect
08:58de sa personnalité
08:59comme ça
08:59où, non, non,
09:01il va y aller.
09:01Il n'a pas envie
09:02de lâcher du tout.
09:02« Je ne cèderai pas.
09:04Je ne me rendrai pas.
09:06Je ne me retirerai pas.
09:08J'irai jusqu'au bout
09:09parce qu'au-delà
09:10de ma personne,
09:11c'est la démocratie
09:12qui est défiée. »
09:18Quentin Laurent,
09:18le 1er février,
09:19le Canard Enchaîné
09:20publie un nouvel article
09:21qui, cette fois-ci,
09:22revoit à la hausse
09:23le total des salaires
09:24de Pénélope Fillon.
09:25« On apprend qu'en tant
09:26qu'assistante parlementaire,
09:27elle aurait touché
09:28plus de 813 000 euros bruts.
09:30L'hebdomadaire mentionne aussi
09:31une nouvelle somme
09:32de 84 000 euros bruts
09:34qui auraient été versées
09:35à des enfants du couple
09:36Charles et Marie Fillon
09:37entre 2005 et 2007,
09:39eux aussi comme assistants
09:40parlementaires
09:41quand leur père était sénateur.
09:42Et la somme
09:43fait un petit peu tiquer.
09:44Et le 2 février,
09:46c'est un reportage
09:47d'envoyé spécial
09:47qui vient encore
09:48enfoncer le clou.
09:49Ils exhument
09:50un extrait d'entretien
09:51de Pénélope Fillon
09:52qui s'est passé en 2007
09:53avec un média britannique.
09:54« Je n'ai jamais été
09:55son assistante
09:56ou quoi que ce soit
09:57de ce genre.
09:59Je ne m'occupe pas
10:00non plus de sa communication. »
10:01Donc là, forcément,
10:02la défense devient
10:03un petit peu compliquée.
10:04Alors, il faut savoir
10:05que François Fillon,
10:06un petit peu plus tard,
10:07réagira à cet extrait
10:08en disant
10:08« Mais c'est que ma femme
10:10est trop modeste. »
10:13Le 12 mars 2017,
10:14nouveau coup de théâtre.
10:15Le journal du dimanche
10:16révèle qu'un riche ami
10:17de François Fillon
10:18lui aurait offert
10:18depuis 2012
10:19pour près de 50 000 euros
10:20de costumes.
10:21Quentin Laurent,
10:22est-ce que c'est
10:22le détail de trop ?
10:24C'est vrai qu'on avait
10:25beaucoup parlé
10:25des emplois présumés
10:26fictifs de sa femme,
10:27de ses enfants,
10:28mais les costumes
10:29offerts à François Fillon
10:31qui chacun coûte
10:32plusieurs milliers d'euros,
10:33voire plusieurs dizaines
10:34de milliers d'euros
10:34pour plusieurs costumes.
10:36Ça choque, ça choque,
10:37ça fait parler,
10:38ça fait réagir
10:38et c'est le moment
10:40où les gens se demandent
10:41« Mais quand est-ce
10:41que ça va s'arrêter ? »
10:43Timothée Boutry,
10:44le 14 mars 2017,
10:46François Fillon
10:46est finalement mis en examen.
10:48Oui, c'est un moment
10:49en charnière
10:49puisqu'on se remémore
10:51évidemment qu'il imagine
10:52le général de Gaulle
10:53mis en examen.
10:54Et ça y est,
10:54c'est le moment
10:55pour François Fillon
10:56qui est mis en examen
10:57pour plusieurs infractions,
10:59notamment détournement
11:00de fonds publics
11:01qui est quand même
11:02la plus infamante
11:03des infractions
11:04qu'on lui reproche
11:04puisqu'on parle
11:05de l'argent public,
11:06l'argent des Français.
11:07Donc là, on est sur
11:08quelque chose
11:08d'extrêmement sensible.
11:10Alors, c'est allé très vite
11:11puisque l'article du Canard
11:13est donc le 25 janvier,
11:15l'enquête est confiée
11:16en juillet d'instruction
11:16un mois plus tard
11:17et un mois plus tard encore,
11:19même pas,
11:19il est mis en examen.
11:20Donc tout ça
11:20est extrêmement rapide.
11:22Ce qu'il faut comprendre,
11:24c'est qu'entre l'ouverture
11:25de l'enquête
11:25et la mise en examen,
11:26c'est court,
11:26mais il y a eu
11:27énormément d'auditions
11:28et des auditions
11:29qui ont confirmé
11:30les soupçons initiaux
11:31d'emplois présumés
11:32fictifs en fait
11:33et c'est pour ça
11:34qu'assez vite
11:35il est mis en examen.
11:36On peut aussi penser
11:37que les juges
11:38sont allés extrêmement vite,
11:40ça c'est certain,
11:41mais ils étaient aussi
11:42peut-être tenus
11:42par un calendrier
11:43parce que si François Fillon
11:45venait à être élu
11:46président de la République,
11:47il bénissait de l'immunité
11:49et l'information judiciaire,
11:50l'enquête,
11:51aurait été stoppée,
11:52interrompue
11:52pendant toute la durée
11:53de son passage à l'ISÉ.
11:54Donc il y avait aussi
11:55peut-être une nécessité
11:57de se dire
11:57bon bah il faut purger
11:58très vite,
11:58il faut que les Français
11:59sachent si l'homme
12:00qu'il s'apprête peut-être
12:01à élire à la magistrature suprême
12:03est quelqu'un
12:04qui n'a jamais transigé
12:06avec les règles
12:06de la priorité
12:07et de l'utilisation
12:08des données publiques.
12:11Contrairement à ce qu'il avait dit
12:12en janvier,
12:12François Fillon
12:13ne retire pas sa candidature
12:14et il continue sa campagne.
12:16Il continue de faire campagne
12:17contre vents et marées
12:18et lors du premier tour
12:20de son présidentiel,
12:21François Fillon est battu.
12:23Voici les résultats
12:24de ce premier tour.
12:25C'est Emmanuel Macron
12:26qui arrive en tête
12:26à 23,7%.
12:29Mais avec un score
12:31très très honorable
12:31j'ai envie de dire
12:32puisqu'il fait quand même 20%
12:33et ça se joue
12:35à 300 000 voix
12:35d'ailleurs
12:36avec Marine Le Pen.
12:38Et donc
12:38malgré les affaires,
12:39malgré les affaires,
12:40François Fillon,
12:41lui,
12:42il a le sentiment
12:42de sortir
12:44avec des honneurs
12:45avec ce résultat-là
12:46et d'ailleurs
12:46le soir de sa défaite
12:47à son QG de campagne,
12:48il revient
12:49sur le contexte
12:50de cette campagne
12:51très particulière.
12:52Mes chers compatriotes,
12:54malgré tous mes efforts,
12:56malgré ma détermination,
12:57je n'ai pas réussi
12:58à vous convaincre.
13:00Les obstacles
13:01mis sur ma route
13:02étaient trop nombreux,
13:03trop cruels.
13:05Le moment venu,
13:06la vérité
13:07de cette élection
13:08sera écrite.
13:09Il y a aussi
13:10beaucoup d'amertume,
13:11clairement,
13:11puisqu'il se dit
13:12que si je n'avais pas
13:13eu les affaires,
13:13j'aurais sûrement été qualifié.
13:15En tout cas,
13:15c'est la grille de lecture
13:16que lui et que tous ses proches
13:18font.
13:18Donc,
13:19plus que jamais,
13:20il y a ce sentiment
13:20de s'être fait voler
13:22la campagne présidentielle
13:23et potentiellement
13:24une victoire aussi
13:26au soir de cette défaite
13:28dès le premier tour
13:29de l'élection présidentielle.
13:31Le 24 février,
13:33les époux Fillon
13:33seront tous les deux
13:34sur le banc des prévenus.
13:35François Fillon
13:36encourt 10 ans
13:37de réclusion
13:38et jusqu'à 1 million
13:39d'euros d'amende
13:39pour détournement
13:40d'argent public.
13:41Timothée Boutry,
13:42qu'est-ce que l'enquête
13:43a révélé ?
13:44L'enquête a en fait
13:45confirmé ce qu'écrivait
13:46le canard en chaîne
13:47dès le départ,
13:48ce que j'ai pu
13:48très modestement
13:50remarquer en allant
13:51deux jours sur place
13:52après sa rédaction,
13:53à savoir que
13:55personne n'a pu
13:56réellement témoigner
13:57de l'effectivité
13:59d'un travail
13:59de Pénélope Fillon
14:01au service
14:01que ce soit de son mari
14:02ou de son successeur
14:04Marc Joulot.
14:06En gros,
14:06elle a joué un rôle
14:07d'épouse d'homme politique
14:09mais qu'à aucun moment
14:10ce qu'elle a pu faire
14:11à ses côtés
14:11ne s'assimiler
14:13à un quelconque travail
14:14d'assistant parlementaire.
14:15Alors on dit
14:16qu'elle gérait le courrier
14:17sauf qu'il y a plusieurs
14:17personnes qui géraient
14:18le courrier.
14:19Plusieurs personnes
14:20ont été interrogées,
14:20des collaborateurs
14:21de François Fillon
14:22qui ne savaient pas
14:22que son épouse
14:24était salariée,
14:25des préfets,
14:27des journalistes,
14:27enfin on n'a retrouvé
14:28aucune note,
14:29aucun document.
14:30Alors voilà,
14:31au stade de l'instruction
14:32où il n'y a pas
14:32de témoignages forts
14:33qui ont émergé
14:34pour accréditer
14:35la réalité d'un travail.
14:36L'affaire a révélé
14:38une appétence
14:39de François Fillon
14:40pour l'argent
14:40qu'on ne soupçonnait
14:41pas forcément,
14:42que le grand public
14:42n'imaginait pas
14:43et c'est vrai
14:44qu'il aime bien
14:45en avoir
14:45et il s'est arrangé
14:47pour en avoir
14:47parce que voilà,
14:48c'est toute l'histoire
14:49judiciaire,
14:50c'est comment il a réussi
14:51à capter le maximum
14:52de fonds alloués
14:53aux parlementaires
14:53pour le mettre
14:54dans son portefeuille.
14:55Alors au magistrat
14:56on va le voir
14:57si c'était illégal
14:58mais ça a révélé
14:59un rapport
15:00assez particulier
15:00à l'argent.
15:04Le 30 janvier dernier,
15:05François Fillon
15:06a fait sa première
15:07apparition médiatique
15:08depuis 2017.
15:09Il s'est rendu
15:09dans l'émission
15:10Vous avez la parole
15:11sur France 2
15:12et il a voulu
15:13défendre son honneur.
15:14François Fillon,
15:15c'est un orgueilleux.
15:15Il avait le choix
15:16d'attendre
15:17et de réserver sa parole
15:18pour les tribunaux.
15:19Il a choisi
15:20de ne pas attendre.
15:20Il a choisi
15:21de prendre les devants
15:22et de prendre la parole
15:23comme il l'a dit
15:24ou comme son ouvrage
15:25l'a dit
15:25devant les Français
15:26avant de le prendre
15:27devant les tribunaux.
15:28Il y a deux choses.
15:29En fait,
15:29il n'avait pas envie
15:30que toute sa carrière politique
15:31il a été ministre
15:32plusieurs fois,
15:32il a été Premier ministre
15:33pendant cinq ans
15:34soit effacé
15:35par ce scandale,
15:37cet échec à la présidentielle
15:38il n'avait pas envie
15:38que ce soit uniquement ça
15:40qui reste dans la mémoire
15:41des Français.
15:41Et il y a une deuxième chose
15:42c'est qu'il voulait aussi
15:44essayer de défendre
15:45l'honneur de sa femme
15:47qui selon lui
15:48a été salie par ses affaires.
15:49Même si à l'occasion
15:51de cette émission
15:51il a été incapable
15:52d'amener
15:53ou en tout cas de dire
15:54qu'il y aurait
15:54davantage de preuves
15:56d'un travail effectif
15:57de Pénélope Fillon
15:58comme assistante parlementaire.
16:00Quand on parle
16:00à ceux qui continuent
16:01de le fréquenter aujourd'hui
16:02il y a encore aujourd'hui
16:03pour François Fillon
16:04deux choses
16:05un sentiment d'injustice
16:06par rapport à ce qui est arrivé
16:07puis même une forme de déni
16:09lui considère aujourd'hui
16:10que même si juridiquement
16:12aujourd'hui on peut se poser
16:12des questions
16:13mais sur le plan de la morale
16:14il a fait quelque chose
16:15qui pendant des années
16:16était quelque chose
16:17de très courant
16:18finalement dans le milieu politique
16:19il le dit
16:20si c'était
16:21aujourd'hui je ne le ferais pas
16:23mais à une époque
16:23ça se faisait
16:24et puis ça ne choquait personne
16:25aujourd'hui
16:26il refait tout le temps
16:27le match là-dessus
16:28parce que
16:29au fond de lui-même
16:30il ne comprend toujours pas
16:31ce qui lui est arrivé
16:31par rapport à tout ça.
16:44Merci à Timothée Goutry
16:46Olivier Beaumont
16:47et Quentin Laurent
16:49Épisode conçu et préparé
16:51par Claudia Prolongeau
16:52Productions Thibaut Lambert
16:53et Stéphane Jeuneste
16:54Réalisation Benoît Laure
17:00Codesource est le podcast
17:01d'actualité du Parisien
17:03disponible chaque soir
17:04du lundi au vendredi
17:05à 18h
17:06Vous pouvez nous écouter
17:07sur toutes les applications
17:09de podcast
17:09mais aussi Deezer
17:10et Spotify
17:11et n'hésitez pas
17:12à nous écrire
17:13codesource
17:14at leparisien.fr
17:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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