- il y a 10 heures
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NewsTranscription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Premier conseil des ministres du gouvernement Castex dans l'après-midi du 7 juillet,
00:16un peu plus tôt les passations de pouvoir, notamment celles au ministère de la Justice
00:21entre Nicole Belloubet et Eric Dupond-Moretti.
00:24Je pense en particulier à ma mère qui a quitté son pays d'origine pour fuir la misère.
00:30Et pour arriver ici, dans ce grand pays, je serai un garde des sceaux de sang mêlé.
00:38Mon ministère sera aussi celui de l'antiracisme et les droits de l'homme.
00:43Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il remercié Edouard Philippe ?
00:47Pourquoi a-t-il choisi Jean Castex ?
00:49Et comment les arbitrages ont-ils été rendus ?
00:51Dans CodeSource, aujourd'hui, on refait le film de ce remaniement
00:55avec David Doucan, chef du service politique du Parisien.
01:04Le lundi 6 juillet, peu après 19h, le secrétaire général de la présidence de la République, Alexis Collère,
01:10est attendu sur le perron de l'Elysée.
01:13Il doit annoncer la composition du premier gouvernement de Jean Castex.
01:17David Doucan, vous avez 40 ans, vous êtes chef du service politique du Parisien depuis l'an dernier.
01:22Avant, vous étiez à Europe 1, vous avez couvert beaucoup de remaniements.
01:25Ça se passe comment en général, les remaniements ?
01:27Ça se passe toujours au dernier moment.
01:29Lorsque vous êtes président de la République, sur proposition de votre premier ministre,
01:32et que vous créez un gouvernement, vous avez besoin que les choses restent secrètes.
01:36Vous ne pouvez pas avoir trop de fuite dans la presse,
01:39parce que cela met en péril l'architecture de votre gouvernement.
01:42Et pour maintenir le secret, il n'y a qu'une seule solution.
01:44Il faut parler de vos intentions aux gens qui sont concernés au dernier moment.
01:48Et c'est pourquoi, en France, les remaniements, c'est toujours comme ça.
01:51C'est à 19h, une heure avant les journaux de 20h,
01:54et pour mettre les journalistes en difficulté dans leur bouclage, en ce qui concerne le Parisien.
01:58Alors, on va un peu remonter le temps, on va raconter pourquoi et comment ce remaniement a été effectué.
02:04David Doucan, à partir de quand on commence à parler d'un remaniement ?
02:08On commence à évoquer le remaniement, en réalité, dès le mois de janvier.
02:13Parce qu'on constatait que le quinquennat d'Emmanuel Macron calait sur la réforme des retraites.
02:21On voyait bien que La République En Marche, le parti du président,
02:24ne parvenait pas à s'organiser dans la perspective des municipales.
02:27La division, le venin de la division dans ces municipales, était là, à Paris, à Lyon et ailleurs.
02:34Donc on se disait, voilà, le président de la République va subir une défaite électorale aux municipales.
02:39Et en général, c'est vrai qu'après une défaite électorale, quand vous êtes au pouvoir,
02:42l'une des réponses, c'est le remaniement.
02:44Pendant le confinement, des divisions apparaissent entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe.
02:49Dès ce moment-là, il est menacé, Édouard Philippe ?
02:51C'est qu'au bout d'un moment, le couple exécutif, comme on dit,
02:55président de la République, Premier ministre, sous notre régime, qui est celui de la 5e,
02:59inévitablement, des crispations apparaissent.
03:01Emmanuel Macron, il n'a pas changé de style pendant cette crise.
03:05Il a gardé cet esprit de cavalerie, c'est-à-dire l'énergie, le volontarisme viennent à bout de tout.
03:11C'est ça, sa conviction, même d'un virus.
03:14Et dans le même temps, Édouard Philippe, lui, il est parfaitement en phase,
03:17pendant toute cette période, avec les attentes des Français,
03:19qui étaient de la clarté, de la vérité,
03:22y compris lorsque les vérités n'étaient pas agréables à entendre,
03:24et de la pédagogie.
03:26Pendant la période confinement-déconfinement,
03:28Édouard Philippe a vu sa cote de popularité monter en flèche.
03:32Celle d'Emmanuel Macron n'a pas baissé, elle a stagné, en quelque sorte.
03:36Et ça, pour le Président de la République,
03:38écoutez, disons-le, c'était insupportable.
03:43Françaises, Français, mes chers compatriotes.
03:46Le dimanche 14 juin, Emmanuel Macron prend la parole à la télévision,
03:49un discours enregistré de 19 minutes dans lequel il évoque le déconfinement.
03:53Il fit le bilan de la crise sanitaire et il esquisse une autocritique.
03:57Les temps imposent de dessiner un nouveau chemin.
04:03C'est ainsi que chacun d'entre nous doit se réinventer, comme je l'ai dit,
04:09que nous devons collectivement faire différemment.
04:13Et vous l'avez compris, dans ce que j'ai commencé ce soir à esquisser,
04:17je me l'applique d'abord et avant tout à moi-même.
04:21Il a conscience du fait que pendant la crise Covid,
04:25ou en tout cas le plus dur de la crise Covid,
04:27il a été un petit peu en décalage avec les Français.
04:29Lorsque son Premier ministre rassurait,
04:32Emmanuel Macron parfois interrogeait.
04:34On avait besoin d'une exégèse une fois ses interventions passées
04:38pour comprendre exactement ce qu'il voulait dire.
04:39Lorsqu'il déclenche le confinement, il réussit quand même à ne pas prononcer le mot confinement.
04:43Tout ça est très troublant.
04:44Il en a pris conscience à ce moment-là.
04:47Et puis, il sait aussi que pendant toute la première partie de son quinquennat,
04:50il a eu une responsabilité dans les divisions qui se sont installées parmi nos concitoyens.
04:55les petites phrases, pour certaines très regrettables.
04:58Et voilà ce qu'il dit.
04:59Il dit, moi aussi je vais me réinventer.
05:01Je vais être davantage à l'écoute.
05:02Je vais être peut-être aussi moins impatient
05:05pour ne pas donner le sentiment de brutalité envers nos concitoyens.
05:18Initialement prévu le 22 mars 2020,
05:20le second tour des élections municipales est organisé le 28 juin.
05:23David Ducan, plusieurs grandes villes sont remportées par les Verts.
05:27Marseille, Bordeaux, Lyon, Strasbourg, Poitiers.
05:31Et puis, au fond, Paris.
05:33Anne Hidalgo, elle est réélue,
05:34mais parce qu'aujourd'hui, elle a réussi à incarner l'écologie à Paris.
05:38Et les Verts sont un supplétif, parce qu'elle le fait elle-même.
05:41Donc oui, il y a une vague verte indéniable au lendemain du second tour des municipales.
05:46Et ce qui frappe aussi, c'est la très forte abstention.
05:48Taux d'abstention inédit dans l'histoire des élections municipales en France,
05:52qui sont des élections où traditionnellement les gens participent.
05:54Là, on a eu 58% d'abstention.
05:56C'est presque 60%.
05:57Forcément, ça interpelle et ça a même généré de l'inquiétude
06:00jusqu'au plus haut niveau de l'État,
06:02puisqu'Emmanuel Macron, au soir du second tour,
06:04a fait savoir, par communiqué, qu'il était très inquiet de voir un taux d'abstention aussi important.
06:09Mesdames, Messieurs, chers amis, chers 150.
06:13Le lendemain, Emmanuel Macron reçoit dans le Jardin d'Elysée
06:16des 150 citoyens tirés au sort,
06:18qui ont participé à la Convention citoyenne pour le climat.
06:22Il promet de retenir 146 des 149 propositions avancées.
06:26David Doucan, à ce moment-là, est-ce que le remaniement se prépare déjà ?
06:30Emmanuel Macron, publiquement, il est avec les 150 membres de la Convention citoyenne
06:35dans les Jardins de l'Elysée.
06:36Mais en coulisses, en réalité, il est déjà en train de constituer sa nouvelle équipe
06:41avec Jean Castex.
06:43Ils sont déjà en train de réfléchir aux équilibres,
06:46de regarder les personnalités qui pourraient faire entrer au gouvernement,
06:49celles qui devront sortir, et puis ceux qui pourraient être promus.
06:53Tout ça dans le plus grand secret ?
06:54Dans le plus grand secret, rien n'a fuité de ces échanges-là
06:57entre Emmanuel Macron et Jean Castex.
06:59Rien n'a fuité avant que la nouvelle équipe n'ait été présentée.
07:04Le jeudi de juillet, Emmanuel Macron accorde une interview à la presse régionale
07:08dont fait partie Le Parisien avec ses éditions départementales.
07:12Vous y participez, David Doucan.
07:14Comment se passe l'interview ?
07:16Nous sommes accueillis au sein du Palais de l'Elysée à 11h30.
07:20C'était le rendez-vous.
07:21Donc nous arrivons à 11h15, évidemment.
07:23On nous installe dans le salon des ambassadeurs qui est en rez-de-jardin du Palais de l'Elysée
07:27et qui donne donc sur les jardins, sur lesquels nous avions une très belle vue,
07:30où a été installée une grande table.
07:32Nous étions dix journalistes.
07:34Le président de la République est arrivé en retard, comme toujours.
07:3725 bonnes minutes de retard.
07:39Il a salué chacun d'entre nous en joignant les mains et en s'inclinant très légèrement,
07:44puisqu'il essayait tant bien que mal d'ailleurs de respecter les distanciations physiques.
07:49Et c'est à ce moment-là qu'il commence une interview qui a duré un peu moins de deux
07:51heures.
07:51Est-ce que vous lui demandez s'il va y avoir un remaniement ?
07:54Non, parce que ça relève de l'évidence.
07:56C'est acquis pour tout le monde.
07:57Voilà.
07:58Et qu'est-ce qu'il dit sur Edouard Philippe ?
08:00Il dit que c'est historique au sens où jamais on a vu un président de la République
08:05et un Premier ministre avoir une telle relation de confiance.
08:07Donc après cette interview, vous ne savez pas si Edouard Philippe va être maintenu ou pas ?
08:10Aucune idée.
08:11Vraiment.
08:11C'est-à-dire qu'on ressort de cette interview avec quasiment aucune information, en fait,
08:16concernant le remaniement.
08:17On a des informations sur les sujets de fond tout de même.
08:22Le lendemain, le vendredi 3 juillet, tout s'accélère.
08:25Le matin, vers 9h30, on apprend qu'Edouard Philippe a remis sa démission.
08:28Ce communiqué, nous venons de le recevoir de la présidence de la République.
08:32Edouard Philippe a donc remis ce jour la démission du gouvernement au président de la République
08:36qu'il a accepté.
08:37Il assure avec les membres du gouvernement le traitement des affaires courantes
08:41jusqu'à la nomination du nouveau gouvernement.
08:43Et c'est le coup d'envoi, c'est le début du remaniement, puisque quelques heures plus
08:47tard est nommé Jean Castex.
08:49Et donc là, on sait que Jean Castex va devoir faire des propositions à Emmanuel Macron
08:54pour constituer une nouvelle équipe.
08:56Jean Castex, 55 ans, qui était le monsieur de déconfinement, inconnu du grand public,
09:01qui est-il ?
09:01Alors Jean Castex, c'est un haut fonctionnaire, c'est un élu local, il est maire de Prades
09:06dans les Pyrénées-Orientales, une petite ville de 5000 habitants.
09:09C'est un homme de droite, puisqu'il était jusqu'à il y a peu membre des Républicains.
09:14Il a fait ses preuves auprès d'Emmanuel Macron dans le cadre de l'opération déconfinement,
09:18puisque c'est à lui qu'avait été confiée cette tâche.
09:20Pour l'anecdote, c'est Edouard Philippe qui a fait venir Jean Castex et qui l'a présenté
09:24à Emmanuel Macron.
09:25Pourquoi Emmanuel Macron a fait ce choix ?
09:27On dit souvent qu'Emmanuel Macron a choisi Jean Castex parce qu'il voulait finalement
09:32un Premier ministre coordinateur, avec peu de surface politique, peu de surface médiatique
09:38surtout, qui ne lui ferait pas d'ombre.
09:40Bon, c'est une analyse, moi je crois que les choses sont plus compliquées.
09:44Je ne crois pas qu'on nomme un Premier ministre uniquement pour des considérations d'ordre
09:47médiatique.
09:48Je crois qu'Emmanuel Macron a nommé quelqu'un dont il considérait qu'il avait la compétence
09:53pour faire face à la pire crise économique que notre pays ait connue depuis des décennies,
09:59pour aussi nous prémunir contre une deuxième vague de l'épidémie de Covid-19.
10:04Et qu'il a vu en Jean Castex des qualités d'organisateur, de coordinateur.
10:10C'est étonnant quand il a été nommé, on entendait des louanges de Nadine Morano
10:13et de Stéphane Troussel, le président de la Seine-Saint-Denis.
10:17De la droite comme de la gauche.
10:19C'est quelqu'un qui, dans ses fonctions, lorsqu'il s'occupait du comité d'organisation
10:23des Jeux Olympiques de 2024, a échangé avec de nombreux élus d'Ile-de-France.
10:27Tout le monde l'apprécie.
10:29Bon, ça, Emmanuel Macron, ça ne lui a pas échappé.
10:31Il a besoin de ça.
10:32Et puis, on dit que c'est quelqu'un qui est un négociateur né, qui est en capacité
10:37de réunir autour de la table les partenaires sociaux et puis d'avancer sur un dossier
10:40des retraites.
10:40Pour l'instant, c'est difficile, puisque les syndicats, comme le patronat, disent
10:44non, non, nous, on ne veut pas reprendre les négociations pour l'instant.
10:49Pendant tout le week-end, Emmanuel Macron, Jean Castex et leurs conseillers vont préparer
10:53le remaniement.
10:53Quelles sont les grandes questions que vous vous posez, David Ducan, à ce moment-là ?
10:57Je considère qu'on ne joue pas au jeu des petits chevaux.
11:00Ce qu'il faut, c'est comprendre l'architecture, la volonté politique qui est derrière un casting.
11:05Et donc, moi, à ce moment-là, je m'interroge sur l'architecture.
11:09Est-ce que les ministères vont être élargis ? Est-ce que des grands pôles vont être créés ?
11:15Et là, c'est intéressant, parce que pendant le week-end, on apprend que ce n'est pas
11:18si simple.
11:19Parce que c'était une volonté d'Emmanuel Macron que de créer des nouveaux grands pôles
11:22comme ça.
11:23Mais en fait, pour faire suivre les administrations qui sont en dessous, il faut six mois, quasiment
11:26un an de réorganisation.
11:27Et donc, quand il a pris conscience de cela, il y a renoncé.
11:40David Ducan, le dimanche à midi, vous êtes sur le plateau de BFM TV pour l'émission
11:44BFM Politique, en partenariat avec Le Parisien.
11:47Et vous recevez l'ancienne ministre et candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal.
11:52Oui, alors, il arrive qu'on soit surpris dans les interviews qu'on mène en plateau.
11:57Là, j'ai été surpris.
11:58Bonjour, Ségolène Royal.
11:59Je pose une question bateau, en me disant, il faut bien la poser, sinon on nous reprocherait
12:05de ne pas le faire, c'est-à-dire savoir si elle avait été appelée.
12:07Et d'ailleurs, je n'y crois tellement pas à cette question que je la pose de manière
12:11fermée.
12:11Je lui dis, bon...
12:12Vous n'avez pas été appelée, vous n'êtes pas candidate pour être à nouveau ministre.
12:16Oui, comme ça, sur ce ton-là.
12:17J'ai été appelée.
12:18Vous avez été appelée ?
12:19J'ai été appelée, oui, par un proche du président de la République.
12:22Alors, peut-être que ça l'a piqué au vif.
12:24Quand donc ?
12:25J'ai été appelée hier.
12:26Vous n'entreriez pas.
12:26Hier, vous avez été appelée hier.
12:27Il n'y a pas de raison, après tout, que les choses ne soient pas transparentes, dans
12:30le respect d'ailleurs des échanges.
12:32Donc, j'ai dit, mais si c'est pour mener une politique plus sociale, plus écologiste,
12:36plus démocratique, faites-moi une proposition.
12:40Et l'Élysée a démenti de l'avoir appelée.
12:42Des conseillers de l'Élysée ont, assez rapidement, fait savoir qu'elle n'avait pas été appelée.
12:49Mais, en réalité, c'était imprécis de la part de ces conseillers de l'Élysée,
12:53puisque Mme Royal, à ce moment-là, a décidé de rendre public, tout simplement,
12:58les SMS qu'elle avait échangés avec Jean-Yves Le Drian.
13:00Le ministre des Affaires étrangères.
13:02Qui était donc le fameux proche dont elle parlait lorsque nous étions en plateau.
13:07Et Ségolène Royal n'a pas menti.
13:09Mais, oui, alors, oui, elle n'avait pas reçu de coup de fil d'Alexis Colère, quoi, en gros.
13:14Gérald Darmanin, qui est ministre de l'Action et des Comptes Publics, à ce moment-là, est reçu à Matignon
13:18le dimanche soir.
13:20Quand il en sort, vers 20h, qu'est-ce qu'il se dit ?
13:22Quand il en sort, il a compris, lui, Gérald Darmanin, qu'il allait être ministre du Travail, en charge de
13:28la réforme des retraites.
13:29C'est ce qu'il a compris.
13:30Et il en est persuadé.
13:32Et en même temps, Jean Castex dit que ça peut évoluer.
13:35Oui, alors Jean Castex utilise la formule, je dirais, classique de prudence.
13:39C'est un remaniement.
13:41Donc, il lui dit que ça peut évoluer.
13:42Mais, enfin, franchement, lorsque Darmanin sort de Matignon, il n'a que très peu de doutes,
13:47mais vraiment quasiment aucun doute sur le fait qu'il sera ministre du Travail en charge des retraites.
13:50Et dans les heures qui suivent, on parle du ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer,
13:54pour remplacer Christophe Castaner, place Beauvau.
13:57Absolument. Le lundi matin, c'est la rumeur la plus insistante.
14:00C'est crédible. C'est crédible.
14:02Et puis, surtout, ça a été effectivement envisagé par Emmanuel Macron et Jean Castex.
14:07Jean-Michel Blanquer, il incarne une forme d'autorité.
14:09Sa loyauté envers le président de la République n'est pas à mettre en question.
14:12Et c'est très important pour la place Beauvau.
14:14Donc, effectivement, c'était un candidat très sérieux pour le ministère de l'Intérieur.
14:19Un homme est très inquiet à ce moment-là, c'est le président du MoDem, François Bayrou.
14:23À la mi-journée, une liste gouvernementale circule sur les boucles télégrammes de la majorité.
14:30Télégrammes, l'application cryptée de dialogue.
14:33Exactement. Quand ça circule sur les boucles télégrammes de la majorité, en général,
14:36trois minutes après, ça arrive sur nos téléphones à nouveau.
14:39Donc, cette liste, elle circule aussi dans les rédactions.
14:41Et c'est vrai que sur cette liste, on ne retrouve que Marc Fénaud,
14:45actuel ministre des relations avec le Parlement.
14:47Comme membre du MoDem.
14:48Et oui, c'est le seul MoDem dans la liste en question.
14:51Liste qui circule, qui est peut-être provisoire, on ne sait pas exactement ce qu'elle représente.
14:56Mais on ne voit ni Geneviève Dariussec, ni Jacqueline Gourault.
14:59Et c'est vrai que c'est surprenant.
15:00Moi-même, quand j'ai vu la liste, je crois qu'il devait être midi,
15:02j'étais surpris parce que Jacqueline Gourault, on sait qu'elle est appréciée du président,
15:06elle fait du bon boulot, c'est une très proche de François Bayrou,
15:09Geneviève Dariussec aussi.
15:11Bon, donc c'est très étonnant.
15:13Et c'est vrai que François Bayrou, lorsqu'il voit cette liste, en substance,
15:17il fait dire, ou il dit d'ailleurs, à Emmanuel Macron, j'espère que c'est une blague.
15:23Ce jour-là, les ministres restent dans l'incertitude ?
15:26Pour certains, oui, jusqu'au dernier moment.
15:29Même Jean-Michel Blanquer, c'est une demi-heure avant l'annonce faite sur le Perron par Alexis Colère
15:33qu'on l'appelle de l'Elysée pour lui dire, bon, Jean-Michel, tu restes à l'éduc et tu
15:39prends les sports, en plus.
15:47Sur proposition du Premier ministre, le président de la République a nommé.
15:53On en revient donc au point de départ de ce podcast, le soir du lundi 6 juillet,
15:58après 19h, le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Colère, annonce la composition du gouvernement.
16:03La députée ex-Europe Écologie Les Verts, Barbara Pompili, est nommée ministre en charge de l'écologie.
16:09Barbara Pompili, elle a été ministre sous le quinquennat de François Hollande
16:13puisqu'elle était secrétaire d'État à la biodiversité.
16:15Elle a été coprésidente du groupe Europe Écologie Les Verts à l'Assemblée Nationale,
16:20toujours sous le quinquennat de François Hollande, mais en 2017, elle a rejoint Macron.
16:24Donc, elle s'est ralliée, en quelque sorte, à une majorité qui, très vite, aux yeux du peuple de gauche,
16:30n'était plus une majorité due en même temps, mais était devenue une vraie majorité de droite.
16:34Donc, ça fait d'elle quelqu'un qui ne reçoit pas les louanges, là, des milieux écologistes français.
16:41Donc, elle se retrouve dans une position, au fond, très classique,
16:44c'est-à-dire que c'est une écologiste, elle est au ministère de l'Écologie,
16:48et tout le monde se demande ce qu'elle va bien pouvoir y faire.
16:51Le ministre de l'Intérieur n'est pas Jean-Michel Blanquer, mais Gérald Darmanin.
16:55Oui. Alors, Gérald Darmanin, il voulait être ministre de l'Intérieur, déjà, le coup précédent,
17:00lorsque Gérard Collomb avait démissionné, avec fracas.
17:03Et Emmanuel Macron ne lui avait pas donné.
17:05Et il l'avait donné à Christophe Castaner. Pourquoi ?
17:08Parce que quand vous nommez, vous êtes président de la République,
17:10vous nommez quelqu'un ministre de l'Intérieur, vous avez besoin d'être garanti de sa loyauté.
17:13Et à l'époque, en tout cas, ça avait été un sujet d'inquiétude.
17:16Que de mettre Gérald Darmanin, proche de Xavier Bertrand, proche de Nicolas Sarkozy, place Beauvau.
17:21Les choses ont changé. Gérald Darmanin a sans doute aussi démontré son engagement et sa loyauté auprès d'Emmanuel Macron.
17:29Ça a pu jouer pour pouvoir atterrir place Beauvau.
17:34Gérald Darmanin, il fait l'objet d'une information judiciaire pour viol, ouverte il y a un mois.
17:39Cela fait suite à une première plainte qui s'était soldée par un non-lieu en 2018, relancée à la
17:44demande de la Cour de cassation.
17:45Ça, ça n'a pas inquiété l'Élysée ?
17:47L'Élysée a fait savoir dès le lundi soir que ce que vous évoquez n'était pas, je cite, un
17:55barrage à la nomination de Gérald Darmanin, ministère de l'Intérieur.
18:00L'annonce du nouveau nom du ministre de la Justice est une énorme surprise.
18:05Ah oui, c'est la surprise du chef, comme nous avons titré en une du Parisien.
18:10Monsieur Eric Dupond-Moretti, garde les Sceaux, ministre de la Justice.
18:16Eric Dupond-Moretti, la grande star du barreau, très controversée auprès des magistrats, parce que c'est vrai qu'Eric
18:24Dupond-Moretti, il les a souvent conspués, ces magistrats.
18:27Il les a accusés d'être uniformes, d'être dans des délires de toute puissance.
18:31Il est même allé jusqu'à demander et réclamer la suppression de l'école nationale de la magistrature.
18:35Bon, ensuite, il avait fait marche arrière et il avait accepté une invitation à débattre au sein de l'établissement
18:40à Bordeaux.
18:41Emmanuel Macron, là, fait un coup. Gros impact médiatique, en tout cas, pour l'instant.
18:46Nous verrons ce que ça donne sur le plan politique. Et ce n'est pas la première fois qu'Emmanuel
18:49Macron fait un coup.
18:51Autre surprise, le retour de Roselyne Bachelot, 73 ans, dans un gouvernement.
18:55L'ancienne ministre de la Santé devient ministre de la Culture.
18:58Oui, alors c'est la toute popularité, Roselyne Bachelot, parce que les gens l'aiment bien, quoi.
19:03Elle est très populaire, elle est sympathique.
19:05Et là, pendant la crise du Covid, tous ceux qui s'étaient moqués d'elle à l'époque où elle
19:09avait commandé 94 millions de doses de vaccins,
19:12tout le monde a ravalé son chapeau. Elle a regagné en popularité.
19:15Et encore très récemment, lorsqu'elle était devant la commission d'enquête parlementaire sur la crise Covid,
19:21elle a aussi marqué des points auprès d'Emmanuel Macron, mais aussi auprès de l'opinion,
19:25lorsqu'elle a mis en cause un petit peu les médecins.
19:27Elle leur a dit, non mais attendez, les médecins, là, vous n'êtes pas des enfants.
19:31Vous attendez quoi ? Que le préfet arrive avec une petite charrette et vous apporte des masques ?
19:34Et voilà ce qu'elle a dit devant la commission d'enquête parlementaire.
19:37Non, prenez-vous en main, comment se fait-il que vous n'ayez pas vous-même vos propres stocks de
19:40masques ?
19:42Christophe Castaner est remercié, tout comme Nicole Belloubet qui était à la justice,
19:47et Muriel Pénicaud au travail, elle est remplacée par Elisabeth Borne.
19:51Pour l'instant, la parité est respectée, 17 femmes, 15 hommes dans cette équipe,
19:54avant la nomination des secrétaires d'État.
19:57Un ministre est conforté et va avoir beaucoup d'importance dans les mois qui viennent,
20:01c'est le ministre de l'économie, Bruno Le Maire.
20:03Bruno Le Maire, c'est la tout-stabilité de ce gouvernement,
20:06et à qui on a confié la mission la plus importante, il ne faut pas se leurrer.
20:10Il est ministre de l'économie et des finances, et on a ajouté à son titre le mot de relance.
20:14Tout est dit, puisque la relance, là, c'est l'enjeu, c'est l'enjeu principal.
20:19David Doucan, que cherche Emmanuel Macron avec ce nouveau gouvernement ?
20:22L'heure des technos est derrière nous, et nous sommes entrés dans l'ère des punchers.
20:27Là, vous avez un gouvernement avec deux entrées fracassantes,
20:30Dupond-Moretti, Bachelot, personnalités qui ne sont pas effacées.
20:33Et puis, pour ceux qui ont été promus à l'intérieur du gouvernement,
20:37en fait, qui a été promu ? Les plus politiques.
20:39Les pros de la politique.
20:40Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Jean-Michel Blanquer,
20:44Olivier Véran, qui s'est révélé très vite être un pro de la politique.
20:47Qu'a fait Emmanuel Macron ?
20:49Il a regardé qui, ces derniers mois, n'avait pas peur de mouiller le maillot,
20:52d'aller au front, d'aller prendre des coups,
20:55qui était un jour sur deux dans une matinale radio,
20:58et qui, à l'inverse, se planquait.
21:00Passez-moi l'expression.
21:01Bon, ceux qui ont voulu se planquer, ils ont été limogés.
21:05Ceux qui étaient en première ligne, ils ont été promus.
21:07Je crois que c'est là la signification, elle est très claire et facile à comprendre,
21:10de ce nouveau gouvernement, premier gouvernement, Castex 1.
21:14La présidentielle 2022 est lancée ?
21:16Elle est forcément dans les esprits.
21:17Vous mettez un gouvernement comme ça, avec des personnalités flamboyantes,
21:21c'est aussi pour aller au combat politique, évidemment.
21:23Mais, pour ma part, je ne crois pas qu'une campagne présidentielle se gagne avec un gouvernement.
21:28Le gouvernement, il est là pour gouverner.
21:29Et quand on arrive dans la campagne présidentielle, vous avez un enjeu majeur,
21:32si vous êtes candidat à votre réélection, c'est votre équipe de campagne.
21:35Et l'équipe de campagne, ça ne peut pas être les ministres.
21:37Parce que le gouvernement, il est là pour s'occuper de tous les Français,
21:40il n'est pas là, et certainement pas là, pour faire campagne pour un candidat.
21:45Merci à David Doucan.
21:47Toutes les informations sur le nouveau gouvernement sont à suivre en direct sur leparisien.fr.
21:52Je vous invite aussi à écouter les anciens épisodes de Codesources
21:55sur Eric Dupond-Moretti, Roselyne Bachelot ou encore Jean-Michel Blanquer.
22:01Codesources est le podcast d'actualité du Parisien,
22:03disponible chaque soir du lundi au vendredi.
22:06Cet épisode a été produit par Stéphane Genest et John Timsit,
22:09réalisation Alexandre Ferreira.
22:12Si vous aimez Codesources, n'oubliez pas de vous abonner
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22:16comme Apple Podcast ou Podcast Addict.