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Trois semaines après sa nomination, Sébastien Lecornu a remis lundi 6 octobre au matin la démission de son gouvernement. La crise politique s’enlise.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clémentine Spiler et Clara Grouzis - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : BFM, Le Point, TF1 et RTL

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#codesource #emmanuelmacron #sebastienlecornu #politique

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Thibaut Lambert et vous écoutez Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le Premier ministre Sébastien Lecornu a remis la démission de son gouvernement le lundi 6 octobre
00:18alors qu'il venait de nommer une partie de ses ministres quelques heures plus tôt.
00:22Ce gouvernement éphémère aggrave la crise politique que traverse notre pays
00:27depuis la dissolution de l'Assemblée nationale en juin 2024.
00:31Les oppositions se tournent désormais vers Emmanuel Macron pour lui demander une nouvelle dissolution
00:37ou tout simplement son départ de l'Elysée.
00:41Alors comment en sommes-nous arrivés là ? Que se passe-t-il au sommet de l'État ?
00:45Que peut faire le président à présent ?
00:47Dans cet épisode de Codesource, on va retracer le film des événements qui se sont précipités ces deux derniers jours
00:54avec Marcel Oves-Fred, chef adjoint du service politique du Parisien.
01:08Marcel Oves-Fred, le point de départ de cette séquence politique hallucinante,
01:12c'est le dimanche 5 octobre au soir la nomination d'une partie du gouvernement de Sébastien Lecornu
01:18qui aura mis trois semaines à le former.
01:21Les négociations ont été difficiles.
01:23Et dans cette première salve de non, il y a peu de surprises.
01:26La plupart des ministres de François Bayrou sont reconduits.
01:29Mais à 21h30, tout commence à dérailler.
01:32Alors résumez-nous ce qu'il se passe.
01:34En fait, il y a un nom qui va mettre le feu aux poudres.
01:37C'est le nom de Bruno Le Maire, l'ancien ministre de l'économie
01:39qui est resté 7 ans et 4 mois à Persy.
01:43Il est un peu l'incarnation de la Macronie triomphante
01:46et responsable pour une partie de la classe politique
01:49du dérapage des finances publiques.
01:51Donc quand son nom apparaît, alors que personne ne l'a vu venir,
01:54immédiatement, ça crée une sorte d'émoi,
01:57notamment chez les oppositions évidemment qui disent
01:59« on reprend les mêmes »
02:01et à droite où on se dit
02:03« mais donc c'est des macronistes pur jus qui reviennent ».
02:06Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur, raconte
02:08qu'il a vu pendant quasiment deux heures Sébastien Lecornu dimanche
02:12et qu'à aucun moment le Premier ministre ne lui a indiqué
02:16la surprise du chef, le retour totalement inattendu de Bruno Le Maire.
02:24Et Bruno Retailleau, il est membre des Républicains
02:28donc c'est finalement un allié, il n'est pas de la famille politique d'Emmanuel Macron
02:33donc il conditionnait aussi un peu son retour dans ce gouvernement
02:37à un certain nombre de choses.
02:39Cela faisait plusieurs jours que la droite s'interrogeait
02:41pour savoir si elle allait rester ou non au gouvernement.
02:44Il y avait des piliers comme Laurent Wauquiez
02:46qui voulait absolument en sortir, etc.
02:48Bruno Retailleau qui doit sa notoriété
02:50au fait d'être venu ministre de l'Intérieur,
02:52il voulait continuer en étant au gouvernement
02:55mais du coup pour prendre en compte
02:57le fait que ça discutait beaucoup dans son parti,
03:00il avait posé des lignes rouges,
03:01il demandait des garanties.
03:03Il avait notamment demandé à Sébastien Lecornu
03:05de lui présenter une feuille de route,
03:07une lettre d'engagement
03:08pour qu'il puisse avoir un document noir sur blanc
03:10à présenter à ses troupes
03:12disant ce que le gouvernement Lecornu
03:14allait faire comme politique.
03:16Or, Sébastien Lecornu lui dit
03:18oui, oui, dans 48 heures.
03:1948 heures après, il n'y a rien.
03:21Les jours passent
03:22et il n'y a toujours pas de lettre d'engagement.
03:24Au final, il y aura un document
03:26qui sera très sommaire, très vague, très flou
03:30mais la droite s'interroge
03:32et c'est ça qui explique le psychodrame.
03:34C'est-à-dire que la droite arrive
03:36avec quelques interrogations en interne
03:38et un débat
03:39et au moment où arrive
03:41cette surprise Bruno Le Maire
03:43et bien ça fait disjoncter une partie
03:45des cadres des Républicains.
03:46Donc ça on comprend que c'est la goutte de trop.
03:48Qu'est-ce qui se passe alors ?
03:49Que fait Bruno Retailleau à ce moment-là ?
03:51À ce moment-là, Bruno Retailleau
03:52essaye d'appeler le chef du gouvernement
03:55pour lui dire c'est pas possible,
03:56tu m'as pas dit, comment c'est imaginable,
03:58sans moi, sans les LR,
03:59il n'y a pas de gouvernement
04:00et il décide de tweeter un message
04:05donc de mettre sur les réseaux sociaux
04:06un message disant
04:07c'est pas possible,
04:09cette composition du gouvernement
04:10ne reflète pas la situation politique
04:12et nous n'avons pas la rupture
04:15promise par Sébastien Lecornu
04:17lors de la passation de pouvoir.
04:19Ce tweet va constituer une menace vitale
04:22pour le gouvernement Lecornu
04:23parce que si la droite sort du gouvernement,
04:27il n'y a plus de gouvernement.
04:28Donc à partir de là,
04:30pendant toute la nuit,
04:31Sébastien Lecornu appelle les uns et les autres
04:33et il se rend bien compte que
04:34si la droite s'apprête à sortir,
04:37à ce moment-là ça ne va pas tenir
04:38et c'est pourquoi le lendemain matin,
04:41il anticipe et il remet sa démission
04:43au chef de l'État.
04:45Il remet sa démission aux alentours de 9h30
04:48au chef de l'État,
04:49Emmanuel Macron l'accepte,
04:51vous Marcelo Vesfred et les journalistes politiques du Parisien,
04:55comment vous accueilliez cette information ?
04:58Alors déjà, on avait compris dès le dimanche soir
05:02que les choses allaient se précipiter.
05:04On ne pensait pas, pour être tout à fait honnête,
05:06que le lundi matin aux aurores,
05:09on aurait déjà une démission.
05:10On pensait que les événements se précipitaient
05:13mais pas à cette vitesse.
05:15En fait, ce qui se passe,
05:15c'est que Sébastien Lecornu anticipe
05:17parce qu'il se dit, de toute façon,
05:19mon gouvernement ne va pas tenir,
05:21je vais tomber,
05:22soit parce que les LR seront partis,
05:24soit parce que je vais prendre une motion de censure
05:25dans deux jours,
05:27autant prendre les devants.
05:28Donc il va faire d'ailleurs,
05:30c'est toutes les rangs de l'histoire,
05:31la même chose que François Bayrou.
05:32Au fond, il voulait changer de méthode
05:34mais comme François Bayrou,
05:36il va d'une certaine façon s'auto-censurer
05:38pour éviter d'être poussé vers la sortie
05:42par les oppositions
05:43ou par des désaccords au sein du socle commun.
05:47Être Premier ministre est une tâche difficile,
05:51sans doute encore un peu plus difficile en ce moment
05:54mais on ne peut pas être Premier ministre
05:55lorsque les conditions ne sont pas remplies.
05:58Depuis trois semaines pourtant,
06:00j'ai tenté de bâtir les conditions
06:02pour lesquelles nous pourrions
06:04faire adopter un budget pour la France,
06:06pour l'État mais aussi...
06:07Vous passez de nombreux coups de fil,
06:09vous et vos collègues,
06:10j'imagine, vous appelez des conseillers,
06:12des personnes qui appartiennent au camp d'Emmanuel Macron.
06:15Qu'est-ce que toutes ces personnes vous disent à chaud ?
06:18Il y a une sidération.
06:19Une sidération parce qu'on peine dans le socle commun
06:23à comprendre deux choses.
06:25D'abord l'attitude de Sébastien Lecornu
06:27et ensuite la réaction pour certains de Bruno Retaille.
06:31On va prendre dans l'ordre.
06:32Sébastien Lecornu, il avait été nommé
06:34parce que c'était un spécialiste de la négociation.
06:36Et on se rend compte qu'en 25 jours,
06:38record battu,
06:39précédent record, c'était 16 jours pour constituer un gouvernement,
06:42c'était Michel Barnier.
06:42En 25 jours, il crée une équipe
06:45qui finalement ressemble
06:46comme deux gouttes d'eau à la précédente,
06:48à part qu'on a fait revenir Eric Wörth,
06:51qui incarne pour beaucoup
06:52la réforme des retraites sous Sarkozy,
06:54et Bruno Lomère,
06:56qui représente, qui est la figure
06:57du dérapage financier
06:59pour beaucoup de représentants.
07:01Donc, ça devient une surprise.
07:03Et deuxièmement,
07:04Bruno Retailleau
07:07suscite une crise majeure
07:08en retirant, d'une certaine façon,
07:11sa confiance à ce gouvernement
07:12sur la base d'une question de casting
07:15et non pas sur la base d'un désaccord,
07:18par exemple, sur la politique des visas
07:19ou sur la ligne en matière régalienne.
07:21Le soir même, on apprend
07:23qu'Emmanuel Macron
07:23confie à Sébastien Lecornu
07:26la mission de mener
07:27d'ultimes négociations
07:29pendant 48 heures.
07:31Quel est le but de cette mission, au juste ?
07:33Alors, on va être honnête,
07:34personne ne s'y attendait.
07:36C'est un nouveau rebondissement.
07:39Là où on a eu la puce à l'oreille,
07:40c'est quand on a vu que Sébastien Lecornu,
07:41qui avait remis sa démission,
07:43est revenu à 16h,
07:45à l'Élysée.
07:46On s'est dit, c'est bizarre,
07:48s'il a remis sa démission,
07:48il n'a plus rien à faire,
07:49il n'a plus de mission.
07:50Et par ailleurs,
07:51lors de sa prise de parole
07:53le matin à 11h
07:54depuis le perron de Matignon,
07:58Sébastien Lecornu,
07:59il n'avait pas dit,
08:00je remercie le président de la République,
08:01il ne tenait pas des propos
08:02qu'on tient quand c'est terminé,
08:04on claque la porte,
08:05ou on s'en va,
08:06ou on ferme la porte,
08:07on éteint la lumière derrière soi.
08:08Non.
08:09Donc là,
08:10petite puce à l'oreille,
08:11mais on n'imaginait pas ce scénario,
08:13à savoir qu'il serait maintenu
08:15pour un sursis de 48h,
08:17de façon à faire à nouveau
08:19des tractations dans le socle commun,
08:21pour voir s'il n'y a pas une façon
08:23de faire à nouveau un gouvernement.
08:25Sous-entendu,
08:25s'il y a eu un échec,
08:27ce n'est pas parce qu'on a un problème
08:28de politique, etc.,
08:29c'est qu'on s'y est mal pris.
08:30On va recommencer une dernière fois,
08:32on va y arriver.
08:33Et,
08:34l'ultime remondissement,
08:36on apprend quelques minutes après
08:38que, en fait,
08:40ce rôle de préfigurateur,
08:42de négociateur de Sébastien Lecornu,
08:44en fait, il va le faire,
08:46et une fois que ce sera réalisé,
08:48qu'il aura trouvé un compromis,
08:49il s'en va.
08:50Il est maintenu pour 48h,
08:52mais, nous dit-on,
08:54il ne va pas rester Premier ministre,
08:56et l'Élysée nous fait savoir,
08:57de façon indirecte,
08:58que si ça ne marche pas,
09:00le chef de l'État prendra
09:02toutes ses responsabilités.
09:04Basta, on n'en sait pas plus.
09:06Qu'est-ce que ça veut dire ?
09:07Ça veut dire, je traduis,
09:08mettez-vous d'accord les forces du socle commun,
09:10sinon, je dissous.
09:11Et si je dissous,
09:12vous allez tous perdre vos postes.
09:14Et c'est une manière,
09:15ces 48h,
09:16de gagner encore un peu de temps,
09:18ou est-ce que le chef de l'État,
09:19à ce moment-là,
09:20a vraiment un espoir
09:21que des responsables politiques
09:23s'entendent
09:24pour former
09:25un gouvernement de stabilité,
09:27au moins pour faire adopter
09:28le budget d'ici à la fin de l'année ?
09:30Les deux.
09:31Gagner du temps,
09:32c'est la stratégie numéro un,
09:34la plus habituelle
09:34qu'utilise le chef de l'État
09:35à chaque fois qu'il y a des difficultés.
09:37Il annonce une initiative politique
09:39d'ampleur, etc.
09:40Il annonce des choses
09:41qui lui permettent
09:42de gagner du temps.
09:42Tout le monde cogine,
09:43mais voilà ça.
09:44Il organise des grands raouts.
09:45C'est sa méthode
09:46de gouvernement pour tenir.
09:48Donc ça,
09:49il l'a beaucoup fait.
09:49Ensuite,
09:50sur le fond,
09:51il estime que
09:54le salut viendra,
09:55en tout cas,
09:56c'est sa première analyse,
09:59du socle commun.
10:00Donc,
10:00on ne change rien,
10:01la seule chose,
10:02se dit-il,
10:02il faut s'y prendre autrement.
10:04Il voit bien,
10:05si Bruno Retailleau
10:05a claqué la porte
10:06sur la question du casting
10:07et de Bruno Le Maire,
10:08il se dit,
10:09dans ce cas-là,
10:09on va s'y prendre autrement,
10:10on va changer de méthode,
10:11on mettra un autre casting
10:12et ça va fonctionner.
10:14Il y a peut-être
10:15une forme de déni
10:16de ne pas vouloir voir
10:17que le problème
10:18tient peut-être
10:19à autre chose.
10:20Un peu plus tard,
10:21Gabriel Attal,
10:22ancien Premier ministre
10:23et actuel président
10:24de Renaissance,
10:25est l'invité
10:26du 20h de TF1
10:27et il a des mots
10:28très durs
10:29envers le président.
10:30Comme beaucoup de Français,
10:31je ne comprends plus
10:33les décisions
10:34du président de la République.
10:35Le lendemain,
10:36le mardi 7 octobre,
10:37dans la matinale
10:38de RTL,
10:39Edouard Philippe,
10:40un autre ancien Premier ministre
10:41d'Emmanuel Macron
10:42demande l'organisation
10:44d'une nouvelle élection présidentielle.
10:46Et il me semble
10:47qu'il s'honorerait
10:48si par exemple,
10:50il nommait un Premier ministre
10:51avec pour fonction
10:52d'exécuter les affaires courantes
10:54et de construire un budget
10:56et qu'à l'issue,
10:57dès lors que ce budget est adopté,
10:58dès lors que la France
10:59est dotée d'un budget
11:00et c'est indispensable,
11:02il annonce
11:02qu'il organise
11:03une élection présidentielle
11:05anticipée,
11:05c'est-à-dire qu'il part
11:07immédiatement après
11:08que le budget a été adopté.
11:09Ce que vous êtes en train de dire...
11:10Marcelo Vestfret,
11:10c'est deux déclarations
11:11venant de proches
11:12d'Emmanuel Macron.
11:14Qu'est-ce qu'elles veulent dire ?
11:15Comment il faut les interpréter ?
11:16Alors là,
11:16c'est véritablement un tournant.
11:18On avait eu le délitement
11:19du socle commun
11:20avec cette porte claquée
11:22par Bruno Retailleau.
11:24Mais Bruno Retailleau,
11:24c'est la droite,
11:25c'est un allié.
11:26Là, nous avons deux
11:28piliers du bloc central,
11:29de la famille politique.
11:30Edouard Philippe
11:31est le premier premier ministre
11:33de l'ère Macron,
11:34celui qui a duré
11:35le plus longtemps,
11:36qui incarne les débuts
11:38un peu triomphants
11:38de la Macronie.
11:39Et Gabriel Attal,
11:41c'est une figure
11:43importante de la Macronie,
11:44chef actuellement
11:45du parti Renaissance,
11:47parti créé
11:48par le président
11:49de la République.
11:49Donc,
11:49quand ces deux personnalités
11:51prennent leur distance,
11:53on est dans une forme
11:54de rupture.
11:54Et alors,
11:55la plus forte
11:56est celle d'Edouard Philippe.
11:57Edouard Philippe demande
11:58une sorte d'élection
12:00programmée,
12:00anticipée,
12:01enfin,
12:02il ne veut pas une démission
12:02du chef de l'État,
12:03mais il veut que le chef de l'État
12:04dise,
12:04voilà,
12:05dans tant de mois,
12:06une fois que le budget sera passé,
12:07il y aura une élection présidentielle,
12:08je quitterai le pouvoir.
12:09Il est le premier responsable
12:12d'un mouvement
12:13qui n'appartient pas aux extrêmes
12:14à demander le départ
12:15du chef de l'État.
12:16C'est donc quelque chose,
12:18une déclaration ultra forte,
12:20inattendue,
12:21et qui accélère
12:23le délitement
12:24de la fin du quinquennat.
12:26Gabriel Attal
12:27est quand même
12:27le président
12:28du parti
12:29d'Emmanuel Macron,
12:30et lui-même,
12:31désavoue en quelque sorte
12:32le président de la République,
12:33c'est quelque chose
12:34qu'on n'a jamais vu
12:34ou rarement vu.
12:35Alors, ça s'appelle
12:36la rupture.
12:38Quelque part,
12:38Nicolas Sarkozy
12:39avait fait ça
12:40avec Jacques Chirac également.
12:43Ça fait plusieurs semaines,
12:45voire mois,
12:45que Gabriel Attal
12:46commence à marquer
12:48sa différence
12:49d'avec Emmanuel Macron.
12:52Que ce soit Gabriel Attal
12:53ou Édouard Philippe,
12:54deux présidentiables,
12:55ils se disent
12:55que l'impopularité
12:57d'Emmanuel Macron
12:58est tellement forte
12:59que s'ils ne font pas quelque chose,
13:00ils ne prennent pas leur distance,
13:02ils risquent d'être emportés
13:03avec l'eau du bain.
13:04C'est un peu leur réflexion.
13:06Et par ailleurs,
13:07ils ne comprennent pas très bien
13:09les décisions du chef de l'État.
13:12D'ailleurs, Gabriel Attal le dit,
13:13je ne comprends pas
13:14ce qu'il fait depuis la dissolution.
13:15La dissolution est vraiment
13:17l'élément
13:18à l'origine du divorce,
13:21puisque le socle commun depuis
13:23vit les pires difficultés
13:24et les uns comme les autres
13:26ont été mis devant le fait accompli.
13:27Ils n'ont pas été consultés,
13:29ils ont appris le soir de la dissolution
13:31que le chef de l'État
13:32s'en remettait au peuple.
13:33Ce mardi 7 octobre,
13:35notre journal,
13:36Le Parisien,
13:36a décidé de titrer
13:37en deuxième page
13:39de son édition papier
13:40Emmanuel Macron
13:42au bord du gouffre.
13:43Ce n'est pas des mots
13:44qu'on emploie à la légère,
13:46nous, dans ce journal.
13:47On est vraiment,
13:48Marcelo Vesfret,
13:48sur une fin de règne
13:50ou en tout cas
13:51quelque chose d'irrémédiable
13:52au niveau du président de la République.
13:54C'est une fin de règne
13:55qui s'accélère
13:57et sur fond de silence
13:59de la part du chef de l'État.
14:01Il n'a toujours pas commenté
14:03le départ de François Bayrou,
14:04l'arrivée de Sébastien Lecornu,
14:06la chute du gouvernement Lecornu.
14:09Est-ce qu'il y a quelqu'un ?
14:10Titre,
14:11vous parliez de la page 2
14:12mais pas en page 1.
14:14Est-ce qu'il y a quelqu'un ?
14:15Sous-entendu,
14:16en période comme ça
14:17de crise,
14:18on se tourne vers
14:19le sommet de l'État
14:20pour savoir
14:21quelle initiative va être prise
14:22et on a un chef de l'État
14:23qui d'habitude
14:25adore commenter l'actualité,
14:27donner des interviews,
14:28se faire filmer
14:29quand il rencontre des gens,
14:30etc.,
14:30qui est plutôt très bavard,
14:32qui en ce moment
14:33a fait le choix
14:35de ne faire que de l'international
14:36et en matière
14:38de politique domestique
14:39un national
14:40d'être le plus discret possible.
14:42Sauf que maintenant
14:42on a besoin
14:43d'une direction,
14:44on a besoin de savoir
14:44ce qui se passe.
14:45Est-ce qu'il va provoquer
14:47une nouvelle dissolution ?
14:48Est-ce qu'il veut
14:49continuer avec le socle commun ?
14:51Est-ce qu'il va se tourner
14:51vers un Premier ministre de gauche ?
14:54Après tout,
14:55c'est une option
14:56qu'il n'a pas essayée.
14:56Est-ce qu'il va accepter
14:58de gouverner
14:59jusqu'à la dernière minute
15:00ou est-ce qu'il va abréger
15:02les choses
15:03en rebondissant
15:04sur la proposition
15:05d'Edouard Philippe ?
15:06Pour l'instant,
15:07il y a un silence
15:09très inhabituel
15:10et qui vient alimenter
15:12l'idée
15:12que c'est la crise
15:13puisque
15:14en ce moment,
15:15on a l'impression
15:18qu'il n'y a pas
15:18de pilote dans l'avion.
15:20Marcel Ovest-Fred,
15:21les oppositions
15:21sont divisées
15:22sur la suite
15:23à donner aux événements.
15:25Le Rassemblement National,
15:26par exemple,
15:27demande à Emmanuel Macron
15:29de dissoudre à nouveau
15:30l'Assemblée Nationale.
15:32On sait que
15:32la France Insoumise,
15:34par exemple,
15:34demande plutôt
15:35la démission
15:36du Président de la République.
15:37À gauche,
15:38leurs collègues socialistes
15:39demandent, eux,
15:41plutôt à être nommés
15:42à Matignon,
15:43à accéder au pouvoir
15:44pour tenter
15:45de former
15:46un gouvernement.
15:47Alors,
15:47explorons ces options
15:49les unes après les autres.
15:50La démission
15:51d'Emmanuel Macron,
15:52est-ce qu'elle est probable
15:53en l'État ?
15:53Jamais Emmanuel Macron
15:55ne voudra démissionner,
15:56sauf s'il y est contraint.
15:58Donc,
15:58c'est tout le travail
15:58de certaines formations politiques,
16:00notamment sur les extrêmes,
16:01d'essayer
16:01de l'y contraindre,
16:03soit à travers
16:04une motion de destitution
16:06au Parlement
16:07déposée par LFI,
16:08mais qui n'a aucune chance
16:09d'aboutir,
16:10soit,
16:10plus vraisemblablement,
16:11par la pression populaire,
16:12la pression
16:13des oppositions,
16:15des manifestations,
16:16etc.
16:17Donc,
16:17ça,
16:17pour l'instant,
16:19ça semblait loin,
16:19mais ça peut devenir
16:20une option crédible.
16:23Ensuite,
16:24la question
16:25de la dissolution,
16:26elle est appelée
16:27de ses voeux
16:28par les formations politiques
16:29qui se disent
16:29qu'elles y ont
16:30un intérêt électoral.
16:32Le RN,
16:33si demain,
16:33les Français votent
16:34sur des élections
16:35législatives anticipées,
16:37le RN va gagner des voix.
16:38Alors,
16:39est-ce que ça sera suffisant
16:40pour avoir une majorité absolue ?
16:41Pas sûr.
16:42Ça,
16:42c'est un pari.
16:43Jordan Bardella dit
16:44oui,
16:44mais on gouvernera,
16:45il y aura toujours des LR
16:46qui viendront gouverner avec nous.
16:47Mais s'il manque
16:4840,
16:4860 députés
16:50pour avoir une majorité absolue,
16:51l'alternative peut être pire.
16:53C'est-à-dire,
16:53vous pouvez avoir un Parlement,
16:55une Assemblée Nationale
16:56avec une très large majorité relative
16:59RN,
16:59mais pas de majorité absolue
17:01et personne ne voudra faire
17:02le moindre accord
17:03avec le RN
17:04et à ce moment-là,
17:05vous aurez une situation
17:06encore plus bloquée
17:07qu'elle ne l'est en ce moment.
17:08Et rien n'exclut en plus
17:10qu'on n'aboutisse pas
17:11à trois blocs
17:12avec un nombre de sièges
17:14équivalents
17:14comme aujourd'hui finalement.
17:15Non,
17:16vous aurez forcément
17:16une poussée du RN
17:17parce que tout ce qui se passe
17:19en ce moment
17:20lui est favorable,
17:21c'est du carburant
17:22pour le discours du RN.
17:25En revanche,
17:26la question de savoir
17:27si le RN peut avoir
17:29une majorité absolue,
17:31elle se pose,
17:32ça voudrait dire
17:32que le Front Républicain
17:33ne fonctionne plus,
17:34c'est ce que disent les sondages,
17:36mais ça reste à voir
17:37parce qu'on a vu
17:38lors des dernières législatives
17:39qu'on pensait que c'était mort
17:40et puis finalement
17:41il y a eu un élan
17:42qui fait qu'il y a eu
17:43un barrage très fort
17:44au RN
17:45donc ça c'est une inconnue.
17:48Reste que pour l'instant
17:49le RN a à peu près
17:50un peu plus de 120 députés
17:52avec des alliés
17:54Eric Ciotti,
17:55bon il est à peu près à 140,
17:57il faut arriver à 289.
17:58S'il n'est pas à 289,
18:00c'est-à-dire
18:00s'il n'a pas la majorité absolue,
18:02il ne pourra pas imposer ses textes
18:05et on sera à nouveau
18:05dans une forme de blocage.
18:07Et enfin la gauche,
18:08notamment le parti socialiste
18:09et les écologistes
18:10demandent quant à eux
18:11en ce moment
18:11une cohabitation
18:12donc que quelqu'un de leur rang
18:14soit nommé à Matignon
18:15et tente de nouer des alliances
18:17notamment avec les macronistes
18:19peut-être pour faire un gouvernement
18:20qui penche un peu plus à gauche.
18:22Est-ce que ça,
18:23ça peut tenir en l'état ?
18:25Alors,
18:25la gauche
18:26sans les insoumis
18:27se dit que
18:29il y a peut-être
18:29quelque chose à faire
18:30pour accéder au pouvoir
18:32grâce à cette crise
18:33ou à la faveur de cette crise.
18:35Il l'avait demandé
18:36il y a un an
18:37de façon unitaire
18:38avec les insoumis
18:39et cette fois-ci
18:40il le demande
18:40sans les insoumis
18:41notamment de la part
18:42des socialistes
18:43avec l'idée
18:44qu'il pourrait bénéficier
18:46dans ce cadre-là
18:46du non-censure
18:48des renaissances
18:49de Gabriel Attal
18:50des macronistes
18:51si vous voulez.
18:52Pourquoi ?
18:53Parce que
18:54notamment les socialistes
18:56se disent que
18:56si demain
18:57il y a des législatives
18:57anticipées
18:59eh bien
18:59ils vont perdre
19:00beaucoup de postes
19:01ils sont en ce moment
19:02en plein divorce
19:02avec les insoumis
19:04donc ça va les obliger
19:05soit à partir chacun
19:07dans leur couloir de nage
19:08sans accord électoral
19:09et dans ces cas-là
19:10ça va être très dur
19:10pour tout le monde
19:11soit de manger
19:12leur chapeau
19:13pour retourner
19:14à une forme de NFP
19:16ou de NUPES
19:16donc d'un accord électoral
19:18avec les insoumis
19:19quand bien même
19:20ils n'ont cessé
19:22de croiser le fer
19:24depuis des mois
19:25et des mois
19:25ça voudrait dire
19:26aucune sincérité
19:27que les intérêts
19:29politiciens qui comptent
19:29et dans ces cas-là
19:30c'est une situation
19:31très inconfortable
19:32donc ils se disent
19:32il y a quelque chose
19:33qui peut nous être favorable
19:34c'est qu'on aille au pouvoir
19:36ils ont bien vu
19:37comment Bruno Retailleau
19:37par le simple fait
19:39d'être au pouvoir
19:40est devenu
19:41un présidentiable
19:42qui compte
19:42ils se disent
19:43ça peut nous arriver
19:44on y va
19:44ils ont présenté
19:45les socialistes
19:46un contre-budget
19:47si vous êtes très attentifs
19:49vous verrez que
19:49dans le dernier communiqué
19:50les socialistes
19:51ont un peu
19:53réduit
19:53leurs prétentions
19:54ils ne parlent plus
19:55d'abroger
19:56ou de suspendre
19:57c'était le terme
19:58la réforme des retraites
20:00mais ils parlent
20:00d'engager
20:01un débat parlementaire
20:02sur la réforme des retraites
20:03ils commencent à baisser
20:04un peu leurs conditions
20:05en espérant
20:07que le chef de l'état
20:08Emmanuel Macron
20:08se dise
20:09bon
20:09j'ai essayé
20:10toutes les autres options
20:11socle commun
20:12droite
20:13macroniste
20:13je vais maintenant demander
20:14à Olivier Faure
20:15d'aller à Matignon
20:16c'est leur pari
20:18le chef de l'état
20:19jusqu'à maintenant
20:19n'a jamais voulu se dédire
20:21le fera-t-il
20:22réponse à partir de mercredi
20:24Marcel Ovestray
20:25dans l'état actuel
20:26on peut avoir l'impression
20:27que ce qui bloque
20:29dans la situation politique
20:30c'est bien évidemment
20:32le résultat
20:33des législatives anticipées
20:34le fait qu'il y a
20:35trois blocs
20:36sans majorité absolue
20:37à l'Assemblée Nationale
20:38mais aussi
20:39l'entêtement
20:40des responsables politiques
20:41à vouloir faire
20:42appliquer leur programme
20:44à ne pas vouloir faire
20:45de concessions
20:46avec les autres partis
20:48est-ce que c'est le cas ?
20:49Oui c'est le cas
20:50et Sébastien Lecornu
20:51a raison dans son allocution
20:53il y a quelques jours
20:54de dire que
20:55les uns et les autres
20:56ne font que poser
20:57des lignes rouges
20:58et donc c'est difficile
20:59de s'en sortir
21:00François Bayrou
21:01faisait le même constat
21:02Michel Barnier
21:03faisait le même constat
21:03donc il y a quelque chose
21:05d'un peu désespérant
21:06de voir trois personnalités
21:08bon elles sont
21:09de familles politiques
21:10assez voisines
21:11mais globalement
21:12quand même
21:12c'est des personnalités
21:13différentes
21:14d'âges différents
21:15de trajectoires différents
21:17faire le même constat
21:18à savoir que
21:19personne
21:20n'est prêt
21:22à faire trop de concessions
21:23et pourquoi ?
21:24parce qu'on est à six mois
21:25d'élection municipale
21:26et qu'on est à un an et demi
21:27d'élection présidentielle
21:28donc les uns
21:29comme les autres
21:30se disent
21:30on ne va pas
21:32compromettre
21:33notre chance
21:34pour l'élection suprême
21:35en tentant
21:36des compromis
21:37qui de toute façon
21:38n'aboutiront à rien
21:40puisqu'il n'y a pas
21:41une loi importante
21:42qui passe en ce moment
21:43au Parlement
21:49Merci Marcel Ovestfred
21:50et pour suivre
21:51en temps réel
21:52cette actualité politique
21:53qui évolue
21:54d'heure en heure
21:54rendez-vous sur
21:56leparisien.fr
21:57Cet épisode de Code Source
21:59a été produit par
22:00Clara Grousis
22:01et Clémentine Spiller
22:02réalisation
22:03Julien Moncouquiol
22:04Vous pouvez soutenir
22:06Code Source
22:06le podcast d'actualité
22:08du Parisien
22:09en laissant des pouces en l'air
22:10et des commentaires
22:10sur Youtube
22:11des petites étoiles
22:12sur votre plateforme
22:13d'écoute préférée
22:14c'est ce qui nous aide
22:15à remonter dans les algorithmes
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22:18Crime Story
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22:22criminelle
22:23en ligne chaque samedi
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