- il y a 2 mois
Lundi 9 mars 2026, retrouvez Alain Durré (Chef économiste Europe, Natixis CIB), Sébastien Lalevée (Directeur général, Montpensier Arbevel) et Louis de Fels (Directeur Général - Responsable de la gestion collective, Gay-Lussac Gestion) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:103 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Louis Defel, c'est avec nous, directeur général et responsable de la gestion de Gaël-Ussac.
00:17Gestion, bonsoir Louis.
00:18Bonjour.
00:19Sébastien Lalevé nous accompagne, directeur général de Montpensier-Arbeuvel.
00:22Bonsoir Sébastien.
00:23Bonsoir.
00:23Et Alain Duret est également avec nous, chef économiste d'Europe de Natixi CIB.
00:27Bonsoir Alain.
00:27Bonsoir Alain.
00:28Merci d'être avec nous messieurs.
00:30Quelles sont les réflexions qui vous animent après plus d'une semaine de conflits au Moyen-Orient ?
00:35Notamment les potentiels impacts macroéconomiques.
00:38Alain, comment est-ce qu'on y réfléchit aujourd'hui ?
00:41Partant de ce que nous dit le marché, quand on regarde évidemment le pétrole,
00:44qui est l'indicateur de la tension géopolitique et du conflit aujourd'hui au Moyen-Orient.
00:50La première question étant, que price le marché ?
00:53Quels sont les scénarios que le marché semble privilégier aujourd'hui ?
00:57Et partant de là, quelles sont les conséquences macroéconomiques possibles ?
01:02Alors au niveau des attentes, on voit maintenant que ça bouge un peu partout.
01:07Le marché attend de hausse de taux de la BCE.
01:10Et ça, ça part d'un principe qu'on resterait avec des taux, des prix énergétiques assez élevés.
01:18Parce qu'il y a effectivement le pétrole, le gaz.
01:20Mais in fine, c'est l'électricité et le fuel pour le chauffage.
01:26Pour le moment, tout ce qu'on peut faire, c'est des scénarios.
01:30On a un scénario où on aurait cette volatilité des prix énergétiques sur un trimestre.
01:35Et donc là, on a quelque chose de relativement limité comme impact négatif.
01:43Et ça ne changerait pas du coup notre call de la BCE qui n'est pas de hausse de taux
01:47en 2026.
01:48En revanche, si on part plutôt sur des prix qui sont à 90 dollars pour le Brent en moyenne jusqu
01:55'à la fin de l'année,
01:56on retirerait 0,2 point de pourcentage de la croissance du PIB de la zone euro.
02:02On prévoit 1,2.
02:04Donc on s'est à 1.
02:06Et on augmenterait de 0,4 point l'inflation en 2026.
02:11Et donc on passerait à 2,7% d'inflation.
02:15Ce qui est évidemment un game changer assez important.
02:18Donc on est encore dans quelque chose, là, au bout de 10 jours de conflit,
02:22dans quelque chose qui est encore résorbable.
02:26Si jamais le conflit s'arrêtait demain, si Donald Trump proclamait une victoire et donc la fin des opérations,
02:36on pourrait se retrouver quand même dans une économie qui n'aurait pas trop de séquelles de cet événement.
02:42Oui, c'est vraiment la durée du conflit qui déterminera dans quel scénario on se trouve.
02:46Un mot, c'est qu'on est quand même dans une situation différente que de 2022,
02:51avec la guerre en Ukraine, parce qu'on n'était pas dans le même cycle économique.
02:56Ça tournait.
02:57Et surtout, en France en particulier, on avait des problèmes de production du nucléaire
03:02avec les entretiens des différents réseaux.
03:04Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
03:05On n'a pas les scorer du Covid qu'on avait en 2022, c'est ça ?
03:08Avec des problèmes de goulet, d'approvisionnement, etc.
03:12Et on a en plus une capacité nucléaire qu'on a retrouvée après les épisodes de maintenance
03:16et de...
03:16Tout à fait.
03:17On pourrait avoir une pointe d'inflation si, pendant 2-3 trimestres,
03:21on a cette hausse des prix énergétiques.
03:23Mais on aura un effet de base inversé en 2027
03:27et dans un contexte où la probabilité d'une récession a fortement augmenté.
03:32Donc, dans ce cas-là, dans ce cas de figure,
03:34ça me paraît difficile pour la BCE d'être très agressive avec des hausses de taux en 2027.
03:40Oui, effectivement.
03:42C'est toujours un casse-tête pour les banques centrales,
03:44mais particulièrement quand on a un choc positif sur les prix
03:48et négatif sur la croissance.
03:50Ce que les économistes décrivent comme étant un épisode de stagflation.
03:55C'est vraiment peut-être le pire des scénarios pour les banques centrales et pour les marchés, d'ailleurs.
03:59Sébastien, quelles sont les réflexions qui vous animent, là ?
04:02Et effectivement, l'hypothèse qu'on ne maîtrise pas, c'est celle de la durée du conflit,
04:06mais c'est quand même bien le facteur déterminant
04:09qui peut déterminer si le scénario change ou pas.
04:14Il faut une guerre et un pétrole à sang pour ne pas parler d'IA pendant trois minutes.
04:20Je noterai qu'on n'en a pas parlé dès le début de l'émission.
04:25Et je souligne que l'IA est toujours là.
04:27Il reste 33 minutes, Sébastien.
04:29On verra si on arrive à parler d'IA, parce qu'il y a peut-être des choses à dire.
04:31Non, mais ce n'est pas ça, c'est que l'IA est toujours là et l'aspect déflationniste de
04:36l'IA majeur est toujours là.
04:38Donc, les 2,7% de croissance, j'y crois, malheureusement, pas le début d'une seconde.
04:42Après, on verra.
04:43Mais en fait, c'est quand même intéressant, parce qu'avant l'épisode d'accélération du pétrole,
04:50qui est donc arrivé à peu près au bout d'une semaine de conflit,
04:54le grand sujet sur les marchés, c'était la dichotomie entre les actifs réels,
05:00qui étaient devenus le nouvel endroit où il fallait être,
05:04les actifs intangibles qui, eux, souffraient de l'IA.
05:06Oui, je crois qu'il baisse, il fait deux paniers.
05:08Un à plus 20 et l'autre à moins 20, globalement, depuis le début de l'année.
05:11Et puis là, on s'est rendu compte que tout ce qui est actif réel avait besoin de gaz et
05:15de pétrole,
05:15donc ça baisse, parce que malheureusement, la chimie est très énergie-sensitive.
05:20Et donc, tout ce qui se passe en ce moment fait que tout ça ne tient plus.
05:24Donc, sur les marchés, ce qui est compliqué, c'est que les marchés qui sont aujourd'hui,
05:29comme vous le savez, nous représentons avec, oui, malheureusement,
05:32une partie au-delà de la qualité intrinsèque de notre société.
05:35Une espèce en voie de disparition, c'est ça ?
05:36Une espèce en voie de disparition, c'est-à-dire que les flux que nous représentons sont mis,
05:41mais que c'est les algos, les paniers, le momentum qui fait le marché.
05:46Et le problème de ça, c'est qu'on est passé d'une rhétorique à l'autre,
05:49et le momentum est passé, entre guillemets, d'une thématique à l'autre.
05:52Donc, le sujet qu'on a, nous, à la lumière de ce que vous pouvez dire,
05:57c'est de se dire, bon, et le marché, là, a commencé à le faire en fin de semaine dernière,
06:01c'est-à-dire qu'il est clairement rentré dans un narratif beaucoup plus noir économiquement,
06:06ce qui n'avait jamais été le cas jusqu'à présent,
06:08et donc parler de récession, et on voit que la chute des matières premières aujourd'hui hors pétrole,
06:12donc des métaux, de l'acier, ce genre de choses,
06:16c'est clairement lié à un risque récession, en fait.
06:18Et qui serait évidemment alimenté par un discours trop dur de la BCE,
06:25avec des volontés, parce qu'aujourd'hui, je crois que le marché price deux hausses.
06:29Oui, jusqu'à deux hausses, c'est ce qu'on disait, bien sûr.
06:31Et deux hausses des taux, aujourd'hui, ça serait aussi stupide que de le faire.
06:33Alors qu'il y a trois semaines à moi, on discutait de la possibilité d'une nouvelle et dernière baisse
06:38de taux.
06:38Je rappelle juste que Trichet, en 2008, avait monté les taux,
06:41dans une période de risque économique majeur,
06:44alimenté par du pétrole qui montait,
06:46parce qu'il était monté à plus de 100 déjà à l'époque,
06:47et que sur cette base-là, il avait monté les taux,
06:50ce qui s'était avéré être une erreur de politique économique majeure.
06:54A l'inverse, en 2022, on a beaucoup critiqué la BCE
06:57pour ne pas avoir remonté suffisamment rapidement ses taux d'intérêt
07:01face à une inflation qu'elle voyait transitoire.
07:03Alors, non mais je vais vous laisser la parole.
07:07Dans un cas, il y a eu une crise mondiale économique majeure.
07:10Bon, le subprime avait un peu aidé.
07:13Voilà, donc en clair, en tant que...
07:17Avant que tu nous éclaires de tes vues,
07:22le sujet qu'on a en tant que gérant de fonds,
07:27c'est effectivement...
07:28L'histoire devient totalement différente si on se met dans un scénario de récession.
07:33Ce qui n'est celui de personne, en fait, aujourd'hui.
07:36Mais le marché est quand même obligé de commencer à mettre un prix dessus, alors.
07:39Exactement.
07:39Ça commence, c'est un peu le cas.
07:41Et ce qu'on disait tout à l'heure, c'est qu'en l'espace d'une semaine,
07:44le fait que le conflit dure plus longtemps
07:46et que le pétrole...
07:48Je crois que le marché, c'était des probas,
07:50il y en a de partout maintenant.
07:52On était à 50% de chance que le pétrole soit au-delà de 100
07:56dans trois semaines.
07:57Donc ça dure au moins un mois.
07:59Et en fait, c'est là où on met le curseur,
08:02de là où ça commence vraiment à faire mal.
08:04Et après, là, ça devient de la guerre fiction,
08:07ce qui n'est pas notre spécialité.
08:08Non, non, non, j'essaye de vous amener trop loin
08:11dans la spéculation géopolitique.
08:14Malheureusement, en théorie, si tu veux bâtir un scénario,
08:16il faut avoir une réponse sur combien de temps ça dure.
08:18Ah oui.
08:18Et je terminerai juste là-dessus.
08:20Le sujet, c'est que la macro, en réalité,
08:23notamment aux Etats-Unis, elle n'est quand même pas très bonne.
08:25Les chiffres ne sont pas bons depuis un petit bout de temps.
08:28Alors le shutdown, l'arrêt de certaines stats à la Trump,
08:32ont fait qu'on n'a pas...
08:33C'était un peu caché.
08:35Mais là, ça ne l'est plus du tout.
08:37L'emploi n'est pas bon.
08:38Ça fait un an qu'il n'y a plus de création d'emplois privés, on va dire.
08:41En dehors de certains secteurs.
08:42En dehors de quelques secteurs.
08:43Donc, ce n'est pas très bon.
08:44Donc, le seul truc pour Trump, c'est qu'à un moment,
08:47il ne les gagnera pas ces élections.
08:48Même, il les perdra bien.
08:49Donc, s'il les perd, il a un vrai problème.
08:51Donc, il y a aussi cet aspect-là, au-delà de la politique au Moyen-Orient.
08:55Il y a le coup politique de celui qui a institué ça.
08:58Oui.
08:59Bon.
08:59Ce qui plaide plutôt pour l'idée que personne n'a intérêt à ce que ce conflit s'éternise,
09:04si je comprends bien.
09:04Ah ben non.
09:05Commencé par Donald Trump, vu son agenda politique.
09:08Alors, je donne juste la parole à Alain, avant vous, Louis,
09:10pour revenir sur les erreurs, entre guillemets, de la Banque Centrale Européenne.
09:16C'est vrai que 2008 a marqué beaucoup les esprits.
09:18Certains en parlent encore.
09:19Aujourd'hui.
09:20Je ne suis pas coupable.
09:22J'étais à la Banque Centrale Européenne.
09:23Oui, oui.
09:23J'étais à la Banque Centrale Européenne.
09:25C'était une dynamique, à l'époque, très compliquée au Conseil des Gouverneurs.
09:29Pour la petite histoire, en fait, la hausse avait été proposée en 2007.
09:33Et puis, ça a perdu, ça a perduré.
09:36C'était compliqué au Conseil des Gouverneurs.
09:38Ils ont décidé en juillet.
09:39Mais bon, voilà.
09:40En revanche, en 2022, ce qui est important de souligner,
09:44c'est qu'on avait quand même, dans le pipeline, dans les tuyaux,
09:48l'effet inflationniste de toutes les politiques de liquidité qui avaient été faites par la BCE.
09:53Et donc, la grande différence avec aujourd'hui, je vous rejoins à ce niveau-là,
09:58c'est qu'en fait, la tendance de l'inflation sous-jacente est baissière.
10:02Alors qu'elle a été haussière en 2022.
10:05Et donc, ce que je pense que le marché sous-estime,
10:07c'est que dans la révision de la stratégie politique monétaire de la BCE,
10:11qui a été publiée en juin dernier,
10:13la BCE a réintroduit le concept de moyen terme,
10:18orientation de moyen terme, qui avait été un peu tué par le draguer.
10:21Oui, mis au second plan.
10:23Oui, et là, ils insistent beaucoup pour dire, en fait,
10:27ce qui nous intéresse, c'est l'inflation à 4 ans.
10:31On peut avoir un dépassement à hausse ou à la baisse de la cible pendant 1 ou 2 ans.
10:37Si on est sûr que ça ne change pas notre objectif à 4 ans,
10:40c'est-à-dire la stabilité des prix, on n'a pas de raison.
10:42On regarde à travers.
10:43Et ça, je pense que le marché ne prend pas ça en compte suffisamment.
10:47Et vous dites là, il y a quand même beaucoup moins de risques,
10:49parce que c'est toujours cette question des effets de second tour à travers l'inflation énergétique.
10:53Vous dites là, il y a beaucoup moins de risques d'inflation d'effet de second tour
10:57à travers une hausse des salaires qui rendrait une inflation plus entretenue,
11:02plus endogène, plus persistante,
11:04que ce qu'on a pu voir peut-être en 2022, craindre en 2022.
11:07Aux Etats-Unis, clairement, on a des destructions d'emplois maintenant.
11:10C'est vrai.
11:11En zone euro, on a quand même des taux de chômage
11:14qui sont plutôt la tendance à la hausse des conditions de marché du travail
11:18qui s'allègent, je vais dire que c'est beaucoup moins tendu qu'avant.
11:22Et surtout, dans la plupart des pays, on a une décélération des salaires.
11:26Et donc, l'aspect récession est assez important,
11:28parce qu'en fait, aujourd'hui, le gros problème qu'on a en zone euro,
11:31c'est que les gens épargnent de trop.
11:34On est à des niveaux historiques de taux d'épargne,
11:36et ça, c'est parce qu'il y a un manque de confiance
11:38qui était déjà présent avant la crise, et donc avant la guerre.
11:41Et donc maintenant, ça ne fait que renforcer cet aspect-là.
11:44Et quand on regarde les enquêtes auprès des consommateurs,
11:46ils vous disent clairement en Europe, malgré le taux d'épargne élevé,
11:50mon intention sur les 12 prochains mois, c'est d'épargner davantage.
11:53Ça, c'est une mauvaise nouvelle pour la croissance.
11:55Donc le risque est plus un risque de récession, quand même,
11:57qu'un risque de stagflation, au final.
11:59Oui, la stagflation, c'est une récession mélangée à une inflation un peu hors contrôle,
12:04ce qui n'est pas encore le cas.
12:06Mais le risque de récession, oui.
12:08Il a forcément augmenté ces derniers jours.
12:10Louis, vous avez la parole.
12:11Je suis assez en ligne avec ce qui a été dit, parce qu'il y a encore le week-end
12:15dernier,
12:16on pensait assez vite que ça allait être transitoire.
12:19Et c'est vrai qu'entre les chiffres de l'emploi, vendredi dernier,
12:21donc il y a la destruction d'emploi, le chômage qui remonte,
12:23qui repasse de 4-3 à 4-4.
12:26Et c'est vrai que tout ce qui s'est passé, il y a eu un vrai sell-off ce
12:28week-end.
12:29On avait vu le baril qui prend plus de 20 dollars,
12:31les taux, notamment émergents, sont complètement partis dans les corps.
12:34Il y a eu plus de six mois de performance,
12:36et il y a eu énormément de carry-trades qui ont été faits sur les émergents.
12:38C'était là où il fallait être dans les actifs.
12:40Il y a eu, en une journée, un balayage de six mois de performance.
12:44Donc ça, c'est plutôt assez sain.
12:45Et c'est vrai qu'en effet, tout le monde parle de stagflation.
12:48Mais le problème de la dérivée seconde de tout ce qui se passe,
12:50c'est que ce qui marche est hyper bien aux États-Unis,
12:52ce qu'on sait, que l'emploi est compliqué, que la consommation, en tout cas modeste,
12:55et là, c'est tenu notamment par les actifs, par le S&P,
12:59et par tout ce qui était...
13:00Les faits richesses, quoi.
13:01Les faits richesses.
13:02C'est sûr que le problème, c'est que si toute la pétrochimie en Asie est bloquée,
13:06et que vous ne pouvez plus livrer les puces, etc.,
13:09ça va faire un petit sacré dégât,
13:11et ça pourrait entraîner un effet un peu boule de neige,
13:14et qui serait négatif pour la tech,
13:16et aussi l'effet richesse aux États-Unis.
13:18C'est pour ça que là, il y a eu, selon nous,
13:21et on l'a vu,
13:22il y a eu vraiment un sell-off massif sur les taux.
13:25Les taux sont montés, même que ce soit européen et tout.
13:27Et comme par hasard, au moment du sell-off,
13:29c'était peut-être le moment ce matin d'acheter de la duration pour se protéger.
13:33En effet, en tout cas, la probabilité de récession avec tout ce qui se passe
13:36augmente de plus en plus aux États-Unis.
13:38Donc s'il y avait un dérapage sur les taux longs aux US,
13:41je pense que ce serait une bonne façon de se couvrir.
13:42Mais vous dites qu'on retrouve finalement un risque qu'on sait gérer dans le marché.
13:47On a passé beaucoup de temps à expliquer que le 60-40
13:54convenait plus au monde actuel,
13:56que les taux souverains, notamment, pour plein de raisons,
14:00un monde différent, un nouvel ordre économique,
14:03et surtout des niveaux d'endettement très élevés,
14:07ne permettaient plus aux marchés souverains
14:09d'être forcément des marchés de refuge.
14:11De protection.
14:12Ça a été un jour, le premier jour, les taux longs ont baissé.
14:15Là, vous dites que dans des moments comme ça,
14:17on se dit quand même que d'aller chercher de la duration
14:19sur du taux d'État, du taux souverain,
14:22ça peut être quand même une forme de protection intéressante.
14:24Il fallait attendre un peu le sell-off.
14:26Oui, ah bah.
14:27En tout cas, clairement, on l'a eu,
14:28c'était beaucoup trop risqué.
14:29C'est vrai qu'il n'y a pas de sa effet vote.
14:30Même l'or ne joue plus sa valeur de refuge relativement.
14:34Le dollar.
14:34Même pareil, le dollar, normalement,
14:36quand il y a des chocs aussi importants,
14:37le dollar, il est censé prendre 10%.
14:39Il a pris quelques pourcents contre l'euro.
14:41On aurait pu penser qu'il y aurait eu un sell-off massif sur l'euro
14:43qu'on le retrouvait à 1,12.
14:44Eh bien non, il reste entre 1,15 et 1,16.
14:47Donc voilà, le problème, c'est que comme personne ne sait rien
14:49si ça va durer longtemps,
14:51les gens n'ont pas envie d'être non plus trop risk-off, risk-off,
14:54parce que vous connaissez la statistique.
14:55Chaque fois qu'il y a un choc géopolitique,
14:58très souvent, en moyenne, les marchés baissent 10%.
15:01Ça dure 3 semaines, 1 mois.
15:04Et très souvent, 3 mois après, vous êtes revenu all-time high.
15:07Donc les gens se disent, bon, est-ce que c'est peut-être le moment ?
15:08Et voilà, il y a peut-être l'usef.
15:09Donc à court terme, peut-être qu'on a touché les points bas,
15:11peut-être ce week-end, cette nuit, ce matin.
15:14Mais il y a un risque de s'écarter trop du marché, quoi, d'une certaine manière.
15:17De trop s'écarter, parce que ça peut remonter très vite.
15:18Comme vous dites très justement, bon, pour l'instant, ça n'en prend pas...
15:21Le chemin ?
15:22Le chemin, clairement, avec la nomination du fils du Mola,
15:26ça n'a clairement pas aidé.
15:27Et le président Trump a clairement dit que ça ne l'est pas.
15:30Le président Poutine a soutenu et félicité la nouvelle nomination.
15:34Donc c'est vrai que c'est un peu compliqué.
15:35Le président Trump a essayé de protéger les droits d'Hormuz
15:39en mettant des bateaux qu'il pourrait rester de faire.
15:41Mais bon, moi, je ne suis pas expert en géopolitique.
15:43Je ne sais pas si c'est faisable ou pas.
15:46Donc voilà, il suffit qu'il y ait un accord.
15:48On a parlé la semaine dernière, on est d'accord avec la CIA,
15:51on a entendu un peu de twin.
15:52Donc à moins de bonnes nouvelles, ça repart.
15:54Mais là, clairement, il y a eu un premier sell-off.
15:57On verra la suite.
15:58Mais je pense que le sell-off d'aujourd'hui est assez intéressant
16:02pour les prochaines séances.
16:04Je ne sais pas si c'est avéré qu'ils ont effectivement enrichi
16:07l'équivalent de 11 bombes.
16:09L'Iran ?
16:10Oui.
16:10Oui.
16:11J'en sais rien.
16:11Si vous me demandez à moi, c'est confirmé, je le sais.
16:14J'avais vu cette nouvelle-là.
16:17Si c'est avéré, ça ne va pas s'arrêter.
16:19Les Israéliens ne plaideront pas pour qu'on se calme.
16:23Oui.
16:25Alors si on regarde les courbes de marché à terme des futurs pétroliers,
16:28on voit peut-être qu'à trois semaines, comme le dit Goldman,
16:32il y a une chance sur deux que le baril soit au-delà des 100 dollars
16:35ou toujours à 100 dollars.
16:37En revanche, quand vous regardez les prix mars 2027, dans un an,
16:41on est nettement en dessous des prix spot aujourd'hui.
16:44C'est-à-dire qu'il y a quand même ce phénomène de contango,
16:46mais qui signale que le marché, à ce stade, estime qu'il y aura quand même
16:50de toute façon une fin et que d'ici 6-12 mois, on reviendra à une situation
16:54de prix de pétrole beaucoup plus normale.
16:57On était à 60 dollars en début d'année.
16:59Avec des prévisions à 30-40, même qu'il le prévoyait à 200-300,
17:07c'est assez amusant avec le pétrole.
17:08Il y a des gens très intelligents qui l'ont prévu à 30 et à 300,
17:13et c'est les mêmes souvent.
17:14C'est vrai qu'il y a quand même beaucoup de contre-pieds dans ce marché.
17:19Peut-être que l'étau souverain, c'est un point d'entrée.
17:22Le dollar a quand même progressé un peu, on va le dire, dans ce moment de tension.
17:27Et puis, la diversification hors action américaine a été un peu pénalisée, pour le coup, Louis.
17:35Ce qui a le plus baissé, c'est partant de l'Asie, c'est la Corée du Sud, Taïwan, etc.
17:40Enfin, tous ces marchés qui étaient plébiscités avec cette logique de diversification,
17:44d'aller acheter de la tech en dehors des Etats-Unis.
17:46C'est toujours pareil en début d'année, dans ce que dit Sébastien,
17:49tout le monde privilégiait trois secteurs, les émergents, les bancaires et la défense.
17:55La défense, et évidemment aussi tout ce qui était construction, infrastructure.
17:59Donc c'est vrai que dans les quatre, je pense qu'il n'y a que la défense qui s
18:02'en fait à peu près bien tenue.
18:04Mais tout le reste, les banques, c'est avec Fort Beta, ça s'est fait un peu massacrer,
18:07notamment avec l'augmentation des spreads de crédit.
18:09Les émergents, quand le dollar revient fort, ça a été un bain de sang, ça a été vraiment ménettoyé.
18:14Il y a eu des mois de performance sur un jour, je pense que ça fait très très mal
18:17pour ceux qui étaient un peu trop lévrigés sur le carry trade.
18:21Donc voilà, maintenant la vraie question, c'est de dire que vont faire un peu les banquiers centraux.
18:26Est-ce que c'est vrai qu'aux Etats-Unis, on n'a pas parlé de hausses de taux en
18:30Europe.
18:30Là, on n'est plus qu'à moins de une, je pense, aux Etats-Unis, on ne parle toujours pas
18:34de baisse.
18:34Oui, on parle de baisse, mais on les a reportées.
18:38On était à deux, on n'est plus qu'à une.
18:40Donc voilà, c'est vrai qu'il ne peut pas encore parler, M. Warch,
18:43mais ce qui est assez intéressant, pour la petite stage, j'en profite qu'on parle des banquiers centraux,
18:47peut-être qu'ils vont rappeler notre ami Alan Greenspan qui a fêté ses 100 ans ce week-end,
18:52qui est quand même 19 ans aux têtes de la Fed.
18:54Il avait été bon en 87, comme pour gérer le pétrolier, c'est ça.
18:58Le pétrolier avec l'inflation, bon, il était un peu moins bon d'ici 2006,
19:03qu'il y avait la crise des saprailles, mais peut-être qu'il y avait une marche à l'appeler.
19:07Oui, oui, oui, non, mais effectivement, ça fait partie des parallèles qu'on dresse aujourd'hui.
19:15Alors, il y a 2022, qui est le dernier épisode de crise énergétique en Europe,
19:18mais il y a le premier choc pétrolier, 113, 114,
19:20et surtout le second choc pétrolier, qui implique d'ailleurs l'Iran également.
19:25Est-ce que ces moments historiques sont encore des playbooks pour les banques centrales aujourd'hui, Alain ?
19:31Ils ont très certainement, enfin, ils ont tous ces épisodes en tête,
19:36et ils essayent d'ajuster tant bien que mal au nouvel environnement.
19:42Je reviens vraiment sur ce concept d'orientation de moyen terme,
19:46parce qu'on va avoir un choc...
19:48Donc, en fait, la vraie différence, c'est est-ce qu'on aura pendant deux trimestres
19:52ou pendant un an la hausse de taux de prix de pétrole ?
19:56Parce que là, ça change le scénario de croissance.
20:01Maintenant, si ces deux trimestres, on sait qu'on a un effet de base négatif en 2027,
20:06ça ne change pas l'orientation à 3-4 ans.
20:08Est-ce que vous disiez ?
20:09Je pense que la première ligne de défense, ça sera de jouer sur la liquidité.
20:14Alors, je pense que là, je serais très intéressé d'avoir le point de vue des collègues,
20:20mais je pense qu'une grosse partie de la volatilité des marchés,
20:24c'est qu'il y a encore beaucoup de liquidité dans le système.
20:27Et donc, aux États-Unis, nous...
20:29C'est la liquidité qui entretient la volatilité du marché, là.
20:32C'est-à-dire que parmi nos clients, il y a beaucoup de personnes qui vous disent
20:37« je dois placer l'argent quelque part ».
20:39Et donc, à la moindre bonne ou mauvaise nouvelle, ça chiste assez rapidement.
20:44Mais ce qui est important, c'est que par rapport à 2022,
20:48on est quand même dans un resserrement de la liquidité.
20:51La Fed a arrêté le quantitative tightening,
20:55donc le resserrement de l'injection de la liquidité.
20:59Oui, la réduction du bilan.
21:01La Banque d'Angleterre, probablement, avant une baisse de taux,
21:05elle choisira aussi d'arrêter son propre cutie.
21:08Et la BCE ne va pas pouvoir faire beaucoup de choses différemment.
21:12D'accord.
21:13Parce que la BCE est pour l'instant des trois banques centrales que vous avez citées,
21:16celle qui n'a pas changé son programme et son orientation de réduction du bilan
21:21au rythme indiqué mois par mois.
21:23Mais ça, vous dites que c'est une première ligne de défense
21:25qui va peut-être bouger en fonction de la durée du conflit notamment.
21:29Oui, parce que la probabilité de récession a augmenté.
21:31Et donc, s'il n'y a pas consensus au sein du Conseil des gouverneurs
21:34pour une baisse de taux des acteurs,
21:36Pour la politique monétaire, oui, je comprends.
21:37C'est très bien qu'ils pourraient se mettre d'accord,
21:39comme ils l'ont fait par le passé,
21:40une augmentation ou un arrêt du cutie,
21:45voire une augmentation du bilan.
21:46D'accord.
21:47Ça fait baisser le taux monétaire et donc, du coup, c'est un recepissement...
21:51C'est intéressant, je rebondis sur ce que disait Louis Defels
21:53en rappelant que c'est Kevin Warche
21:54qui devrait normalement présider au destiné de la politique monétaire américaine
21:57dans les prochains mois.
21:59Un des points qu'il a soulevé, d'ailleurs,
22:02dès sa première fonction comme gouverneur,
22:05c'est que le QI n'est pas l'ami de Kevin Warche.
22:08ou Kevin Warche n'est pas l'ami du QI aux Etats-Unis.
22:12Oui, même s'il assouplit un petit peu son point de vue sur sa question,
22:16c'est avant tout quelqu'un de pragmatique.
22:18Donc, il n'est pas dogmatique comme certains peuvent l'être.
22:23Donc, je pense qu'il sera assez...
22:25Flexible, adaptable, par rapport à la situation.
22:28Surtout, c'est peut-être le moment de parler de l'IA,
22:29parce qu'en effet, il a clairement dit,
22:32un peu comme ce que disait Sébastien en introduction,
22:34que l'IA était déflationniste.
22:36Donc, lui, il n'était peut-être pas pour le QI,
22:37mais il ne serait pas con de baisser les taux.
22:38Son grand pari, c'est le choc de productivité durable
22:41et qui va permettre à la FED de baisser ses taux.
22:45Mais je reviens sur l'IA, vous disiez qu'on ne parle pas d'IA,
22:47mais ce qu'on voit en Asie sur des grands fabricants de puces de mémoire,
22:50alors qu'ils ont vu leur cours flamber,
22:52on est dans un déséquilibre offre-demande majeur,
22:55mais tout ça demande de l'électricité,
22:57tout ça demande de l'hélium également.
22:59Il y a donc bien quand même un chemin aussi
23:02derrière le conflit et la crise énergétique
23:04qui nous amène à parler du sujet technologique, Sébastien.
23:08Qui nous amène à parler du fait qu'en Europe,
23:10on n'a rien préparé.
23:13Pour ceux qui propusent les équipements,
23:16on se retrouve dans cette logique hard asset aussi,
23:18versus digital asset.
23:19Le sujet, c'est notamment dans les émergences,
23:22c'est que tu as eu ta TSMC,
23:24tu as quelques pare-boîtes en Corée,
23:26il y a...
23:26Inix.
23:27En fait, ce qui se passe,
23:28c'est que les indices là-bas sont extraordinairement concentrés.
23:31Très tech et très concentrés sur peu de noms.
23:34Donc les baisses, ça a moins baissé,
23:38parce que la tech US, elle baisse depuis octobre en fait.
23:41Oui, oui, oui.
23:41En haut de la tech, c'est en octobre.
23:42Oui, oui.
23:43Et US, et ça a continué de monter en dehors des US.
23:48Et puis là, il y a eu effectivement un rattrapage
23:51qui a été assez violent.
23:53Non, mais non, si on réfléchit un peu en havre de paix potentielle,
23:58en leçons...
23:59Les leçons, c'est que le risque de récession augmentée,
24:02ça, on ne sait pas comment le gérer aujourd'hui,
24:05parce qu'on ne sait pas s'il a avéré.
24:07Mais en tout cas, c'est une réflexion qu'on n'avait pas
24:09et qu'on est obligé d'avoir.
24:10Parce qu'on est bien placé tous les deux en tant que gérant,
24:13c'est que là, il y a beaucoup de sociétés,
24:15quel que soit le prix, tu n'en veux pas par principe.
24:19Tant que ce schéma est dans celui du marché.
24:23Après, sur les secteurs, par exemple, tu as la santé,
24:27qui, historiquement, est un secteur défensif
24:30et qui, là, à cause de la baisse du dollar,
24:33n'a pas eu ces vertus-là.
24:35Alors que c'est quand même un secteur avec une forte visibilité,
24:38avec une meilleure visibilité,
24:39qui sera un bénéficiaire net de l'IA pour la recherche.
24:42Donc, c'est un secteur à privilégier.
24:45Et tu as tout ce qui est sur la transition énergétique.
24:49La S&P Clean Energy est encore à plus de 25.
24:52Et comme il se doit.
24:54Parce que ce qui se passe en Iran et sur le pétrole
24:58nous dit qu'il faut se diversifier,
25:01que le nucléaire, non déplaise à la Commission européenne,
25:03est une énergie plus propre que la plupart,
25:07et nécessaire pour la souveraineté.
25:09Et pilotable.
25:09Et pilotable.
25:10Et que la souveraineté est aujourd'hui, encore plus qu'hier,
25:15une notion fondamentale.
25:16Et c'est là qu'en Europe, on peut déplorer le fait
25:18que nous ne soyons pas souverains beaucoup.
25:22On l'est sur le nucléaire.
25:23C'est peut-être le début d'une histoire.
25:25De souveraineté européenne renforcée, en tout cas.
25:28En tout cas, on ne l'est pas sur l'IA.
25:30Je ne sais pas si vous avez vu,
25:31c'est Trump qui a dit que maintenant,
25:32sur les semi-conducteurs ou sur des sujets comme ça,
25:35il fallait une autorisation du département d'État pour exporter.
25:41Ce qui n'est ni plus ni moins qu'un contrôle de l'IA.
25:44Et c'est Bannon, je crois, qui a dit, en parlant d'anthropique,
25:47parce que les frappes en Iran auraient été coordonnées,
25:50les premières, par anthropique.
25:52C'est ce qu'on a lu.
25:52C'est ce qu'on a lu.
25:53Que Claude aurait été utilisé, effectivement.
25:55Et qu'ils auraient refusé,
25:56parce que le fondateur a quitté OpenAI
26:00pour des raisons de divergence philosophique sur le rôle de l'IA.
26:06Et qu'il a refusé de donner un accès total au département d'État.
26:11Donc, il s'est fait virer par Trump.
26:12Il n'aime pas tellement qu'on lui résiste.
26:15Et ce qui lui a valu d'ailleurs beaucoup de succès et de souscription.
26:19A l'inverse, OpenAI, qui a remplacé Anthropique,
26:22est aujourd'hui très décrié.
26:25Et Bannon, qui est un peu une éminence,
26:27plus lors du premier mandat,
26:28mais qui est toujours influé chez les Républicains,
26:31a expliqué globalement que l'IA, c'était du style,
26:34c'est tellement important qu'à un moment, il faut le nationaliser.
26:38Tout ça, on est dans la souveraineté, la vraie, la dure.
26:41Donc, au-delà de la politique européenne sur le tout-là.
26:44IA et défense, oui.
26:45On parle beaucoup de l'IA, nous, à travers les modèles,
26:49le GPT, etc.
26:51Ce que ça peut nous apporter en productivité.
26:52Mais une des premières utilisations,
26:55des premiers usages de l'IA,
26:56c'est quand même bien sur le champ de bataille, entre guillemets.
26:58C'est sur tout.
27:00Oui, oui, oui.
27:00Mais c'est aussi sur le champ de bataille.
27:02Si Trump explique à Microsoft qu'il faut arrêter Windows,
27:06et qu'il explique à Google qu'il faut arrêter je ne sais pas quoi,
27:09et machin,
27:10on revient dans le ravage de Barjavel.
27:13Nos économies ne tournent plus.
27:14Donc, l'étape numéro un de la souveraineté serait de contrôler ça,
27:18ce qu'on ne contrôle pas.
27:19Donc, en tout cas, sur l'énergie, sur tous ces sujets-là.
27:23Et bon, je laisse la parole à Louis,
27:24mais sur la partie souveraineté,
27:29on est vraiment dans un vrai sujet
27:32qu'on doit explorer encore plus qu'avant.
27:34Oui, on en parle beaucoup,
27:36et on essaye de le faire,
27:36mais sans doute pas assez vite.
27:38Mais je redonne la parole à Alain.
27:39Un mot quand même de ce qui se passe au G7,
27:43et quel peut être l'impact d'une libération des stocks stratégiques.
27:48Alors, le FTI évoquait sur...
27:50L'Agence nationale de l'énergie recommande au G7
27:52de libérer les stocks stratégiques,
27:55alors qu'ils sont au global de 1,2 milliard de barils, je crois.
27:59Le FTI nous dit qu'on pourrait libérer jusqu'à 300, 400 millions de barils.
28:03Il n'y a pas eu d'accord aujourd'hui,
28:04mais on voit bien demain que c'est une discussion au niveau du G7 Énergie,
28:08sans doute en fin de semaine avec les dirigeants.
28:10Est-ce qu'on parle là d'une ligne de défense,
28:12pour reprendre votre terme,
28:13qui peut permettre d'accommoder la situation
28:16sur le plan des prix de l'énergie ?
28:19Et puis derrière, est-ce qu'on imagine à nouveau
28:21une accommodation budgétaire, fiscale,
28:24de la part des États, importateurs, consommateurs d'énergie ?
28:29Est-ce qu'on en a encore la possibilité aujourd'hui, Alain ?
28:31Alors, très clairement,
28:33tout d'abord, oui, je pense que sur les réserves,
28:38ça aurait un impact assez important,
28:40notamment sur les anticipations d'inflation.
28:43Donc ça, c'est important.
28:46Maintenant, ça dure.
28:49Les marges de manœuvre quand même budgétaires
28:51sont extrêmement étroites.
28:53On a aujourd'hui dans nos prévisions
28:56une augmentation mécanique
28:58de toutes les dettes publiques en zone euro,
29:01à l'exception de l'Espagne et du Portugal,
29:03sur les trois prochaines années,
29:05simplement parce que la croissance économique
29:07est trop faible par rapport aux taux d'intérêt
29:09qui sont payés par les gouvernements
29:11sur leurs dettes publiques.
29:12Donc, on n'est quand même pas dans un scénario catastrophe
29:16de dérapage budgétaire,
29:18mais on voit très bien qu'on a quand même
29:21une contrainte forte,
29:23même si, volontairement,
29:26la Commission européenne a un peu relâché
29:28le contrôle des règles budgétaires.
29:33C'est très bien que maintenant,
29:34il y ait une sorte d'accord implicite
29:37comme quoi on va laisser filer,
29:38mais pas trop, les déficits publics.
29:41Mais néanmoins, si on arrive vraiment
29:44à un scénario proche du scénario catastrophe,
29:46je pense qu'on va revenir avec des subventions,
29:48des chèques inflation, machin, truc.
29:49Mais comme le dit Cristina Georgieva du FMI,
29:53ce week-end, le monde,
29:55les économies développées notamment,
29:59entrent dans chaque nouvelle crise
30:00un peu plus fragile qu'elles ne l'étaient
30:02dans la précédente.
30:03Oui, parce qu'à la sortie de la crise,
30:04ils sont encore plus endettés.
30:06C'est ça qui est un véritable problème.
30:10Mais pourquoi, justement, pour la BCE,
30:12ce n'est pas les gouverneurs,
30:13ce n'est pas le sujet central de se dire
30:15que finalement, c'est le sentiment qu'on a,
30:17nous, de l'extérieur.
30:18C'est-à-dire qu'en fait, la politique
30:20de taux d'intérêt de la BCE
30:22est restrictive, en réalité.
30:24Et on est dans une zone
30:24où il n'y a pas de croissance.
30:26Donc, intellectuellement, j'avoue que c'est la question
30:28que je me suis toujours posée.
30:29et je n'ai jamais eu de réponse
30:30qui me dit qu'il y a l'inflation.
30:32Mais en tout cas, l'inflation, oui.
30:34Il y a un choc démographique.
30:35Il n'y a pas de raison.
30:37Je crois que c'est très politique aussi.
30:39Au niveau européen, on a dit
30:41que le QOI avait fortement enrichi les riches.
30:44Donc, je pense que c'est aussi pour ça
30:45qu'ils ont du mal à aller sous les 2%.
30:47C'est le principal argument politique.
30:49Je ne sais pas ce que...
30:50Moi, ma vision, c'est qu'au sein
30:52du Conseil des gouverneurs,
30:55il y a des gouverneurs
30:56qui ont été traumatisés
30:57par la période de taux d'intérêt négatif.
30:59Politiquement, ça les a fragilisés.
31:01Ils ne veulent pas revenir
31:02dans cette situation-là.
31:03C'est pour ça qu'ils s'accommodent
31:04très bien d'un plancher à 2%.
31:06Comme je le disais,
31:08ça s'est vu par le passé,
31:10c'est que si on ne parvient pas
31:12à se mettre d'accord
31:12sur une baisse de taux,
31:14on peut trouver plus facilement
31:16un compromis pour augmenter
31:18la liquidité dans le système
31:19qui, de facto,
31:19est un assouplissement.
31:22pour répondre à votre question,
31:25c'est que pendant la période
31:27justement des taux d'intérêt négatifs,
31:29des pays comme la France
31:30touchaient annuellement
31:3220 milliards qui tombaient du ciel
31:34parce qu'ils...
31:36Mais là, on est loin d'être négatifs, là.
31:38Alors, ici, le 2% correspond
31:42plus ou moins à 1% de croissance réelle
31:46de long terme
31:47et une inflation entre 1 et 2%.
31:52Donc, voilà, on est dans cette situation-là
31:55mais on sait très bien qu'à long terme,
31:57on est plutôt dans une baisse
32:00de la croissance potentielle
32:01sauf évidemment si on a un miracle.
32:04De productivité, un choc de productivité
32:06qui nous tomberait dessus
32:08également, c'est aussi un peu
32:09l'objectif.
32:10Pour l'instant, on était déjà
32:11dans une position de Widency
32:13de la Banque Centrale Européenne.
32:14Je crois que les messages
32:16qu'on a vus envoyés
32:16par les banquiers centraux
32:17ces derniers jours
32:19pendant ce conflit
32:22suggèrent là aussi
32:22qu'il n'y a pas de décision urgente
32:24à attendre pour l'instant.
32:26Non, non, non.
32:26D'accord.
32:27Et puis, ce qui est intéressant,
32:28quand même,
32:29c'est qu'on a eu pas mal aussi
32:30avant la guerre en Iran,
32:31on a eu des fluctuations
32:32aussi des prix énergétiques.
32:34Oui, oui, bien sûr.
32:34Si on regarde les minutes,
32:36le compte-rendu des réunions
32:37de la BCE depuis le mois de septembre,
32:39en fait, le sujet énergétique
32:42n'est pas mis de côté,
32:43mais c'est surtout
32:44l'évolution du taux de change
32:45qui les tracasse.
32:47Parce que ça,
32:47ça a un impact durable
32:49sur la compétitivité
32:50des entreprises
32:51et sur la croissance.
32:54Bon, là, effectivement,
32:56on a eu un petit contre-pied
32:57quand même sur le dollar.
32:59Comment on navigue
33:00dans ces phases de marché
33:02en attendant d'y voir plus clair
33:04sur l'issue de long terme ?
33:06Est-ce que le scénario
33:07de long terme change
33:07ou est-ce que le scénario
33:08de long terme reste valable ?
33:10C'est sans doute encore
33:11trop tôt pour le dire.
33:12Du coup,
33:13comment est-ce qu'on navigue
33:13tactiquement dans ces marchés
33:15à ce stade ?
33:16Tactiquement, nous,
33:17sur les marchés actions,
33:19en tout cas,
33:19nous, principalement,
33:20avec Sébastien,
33:21sur le small limit cap,
33:22ce qui était très compliqué,
33:23c'est qu'on a eu
33:24un mois de février affreux.
33:26Parce que, notamment,
33:26quand vous êtes sur le small cap,
33:27vous avez quatre grands secteurs,
33:28dont un, c'est la tech,
33:29c'est souvent 25% des indices.
33:32Et il y a eu un peu un massacre.
33:33Au travers des sociétés
33:34de services.
33:34Des sociétés de services
33:35informatiques
33:36et aussi des sociétés,
33:37ce qu'on appelle
33:37des softwares,
33:39des sociétés de software
33:41qui ont très prisé
33:43des gens de small cap
33:44parce que ça donnait
33:44beaucoup de visibilité,
33:46ça donnait des cash flows
33:46récurrents, etc.
33:48Et tout ça,
33:48avec l'arrivée
33:49et la sortie d'Enthropic,
33:51voilà,
33:51tout a été envoyé un peu
33:53avec l'eau du bain.
33:53C'est compliqué.
33:54On a appelé
33:55beaucoup de patrons
33:55d'entreprises.
33:56Certains disent que
33:57les ESN disent
33:58que les softwares sont finis,
33:59les softwares disent
34:00que les ESN sont finis.
34:00En fait,
34:00personne ne sait exactement
34:02ce qu'il en est.
34:03C'est le SAS-Mageddon.
34:05Voilà.
34:05Il y a maintenant,
34:06avant,
34:07vous avez dans les services
34:08informatiques,
34:08avant,
34:09vous payiez un peu
34:09au tout journalier
34:11ou dessus.
34:11Donc maintenant,
34:12on est en train de dire
34:12ça, c'est fini.
34:13Maintenant,
34:14quand on va travailler
34:14avec des grands groupes,
34:15on va être payé,
34:16pas à la mission,
34:17mais genre,
34:17tiens,
34:18je veux que mon informatique
34:19maintenant marche.
34:20Et c'est ce qu'on appelle
34:20le SAS,
34:21mais pas en software,
34:22mais service à ce service.
34:23Maintenant,
34:24vous serez plus payé que ça.
34:25On entend un peu tout
34:26et n'importe quoi,
34:27on est un peu perdus.
34:27Donc là,
34:28heureusement,
34:28il y a pas mal de sociétés françaises,
34:30de services informatiques
34:31qui vont publier
34:32les infotels,
34:33les neurones,
34:33etc.
34:34Donc on va pouvoir les voir,
34:35notamment neurones
34:36qu'on aime beaucoup,
34:37qui a quasiment perdu
34:38plus d'un quart de sa valeur
34:39depuis l'année,
34:40alors qu'il y a 70%
34:41de chiffre d'affaires récurrents,
34:42un tiers de la marque
34:43de cap en cash.
34:44Donc c'est vrai
34:44que c'est un peu compliqué.
34:45Donc comme beaucoup,
34:46je ne sais pas,
34:47Sébastien,
34:47on a un peu désensibilisé
34:48ce secteur,
34:49parce que voilà,
34:50il y a un moment,
34:50on n'est pas plus intelligent
34:51que les autres ont dit
34:52attention pour venir
34:54vers l'asset réel.
34:56Et là,
34:56il y a la guerre.
34:58Donc c'est vrai
34:58que le début d'année
34:59est un peu compliqué.
35:00Donc voilà,
35:01aujourd'hui,
35:02on n'en sait pas plus.
35:03C'est vrai que je pense
35:04que l'IA,
35:05c'est peut-être quelque chose
35:06un peu plus brunetique,
35:07il y aura les gagnants.
35:08Je pense qu'une valeur
35:09comme neurones,
35:10ça fait 20 ans
35:11qu'à chaque fois,
35:11on leur dit que c'est la fin.
35:12Et à chaque fois,
35:13en effet,
35:13il y a des métiers
35:14qui vont disparaître,
35:14mais il y a des nouveaux métiers
35:16qui vont arriver dedans.
35:17Donc grâce à l'IA,
35:18ils vont avoir
35:22à leurs clients
35:22qui, eux,
35:23ont de la compétition
35:24et qui auront de l'argent
35:25aussi à dépenser.
35:26Parce qu'il ne faut pas comprendre
35:26que les donneurs d'ordre,
35:28souvent,
35:28c'est les banques.
35:29Et les banques
35:30vont énormément gagner
35:30de l'argent par l'IA.
35:31Donc ils auront de l'argent
35:32très consommatrice
35:33de services informatiques,
35:34bien sûr.
35:35Donc c'est pour ça,
35:35il ne faut pas être alerté.
35:36Les valorisations
35:37étaient peut-être trop chères.
35:38Là, il y a des points d'entrée.
35:39C'est clairement,
35:39neurones à ce prix-là,
35:42ça se regarde.
35:44Mais néanmoins,
35:45ce qui va être hyper difficile,
35:47c'est de savoir,
35:48en effet,
35:48le scénario récessionniste,
35:49est-ce que la guerre
35:50va durer très peu de temps
35:51et tout.
35:52Donc c'est vrai
35:52que de temps en temps,
35:52dans tout ça,
35:54c'est faisons pas grand choix.
35:56Oui,
35:56ben non,
35:57mais oui.
35:58Restons sereins
35:59dans nos belles sociétés
36:00qu'on connaît
36:00depuis des années
36:02et suivons le mieux possible.
36:03Mais de temps en temps,
36:04trop vouloir changer,
36:05ce n'est pas forcément
36:05une bonne décision.
36:07Et il faut lire
36:08le rapport de Citrini Research
36:09qui a fait baisser
36:11les marchés
36:12il y a deux semaines.
36:13C'est intéressant de lire.
36:14C'est une forme de dystopie.
36:16Oui, complètement.
36:16C'est un rapport écrit,
36:17enfin, c'est une dystopie.
36:18C'est une projection.
36:19Une projection
36:20d'un rapport écrit en 2028
36:22expliquant la crise économique sociétale
36:25qui est en cours à l'époque,
36:27enfin dans le futur,
36:28en expliquant le...
36:29Et 2028,
36:30c'est réaliste
36:30ou c'est...
36:33Ben,
36:33que le fond du rapport
36:34soit intéressant à lire,
36:36à découvrir,
36:37j'ai pas de doute.
36:38La question,
36:38c'est est-ce que ça s'écrit
36:40en juin 2028
36:41comme ils le font
36:42ou est-ce que ça s'écrit
36:43en juin,
36:43je ne sais pas,
36:432035 ?
36:45Ben,
36:45j'ai envie de dire...
36:46Parce que le juin 2028,
36:48c'est ce qu'ils décrivent,
36:49c'est quelque chose
36:49qu'on imaginait,
36:50un processus
36:50beaucoup plus graduel.
36:51Déjà,
36:53par essence,
36:54les ruptures technologiques
36:55sont exponentielles
36:56et pas linéaires,
36:57donc l'esprit humain
36:58n'est pas fait
36:59pour appréhender
37:00l'exponentiel,
37:01donc on se rôme toujours.
37:02Et moi,
37:02je prends pour meilleur exemple
37:03les courbes de pénétration
37:06de McKinsey
37:07et du BCG
37:08sur la pénétration
37:10du téléphone mobile
37:10dans les années 2000.
37:12Donc c'est McKinsey et BCG,
37:14donc ce n'est pas des peintres.
37:15Et c'était donc il y a 20 ans.
37:17Et vous regardez
37:18les courbes de pénétration
37:18à l'époque,
37:19ils se sont plantés
37:19tout le temps.
37:21En retard quoi !
37:22Ils passaient leur temps
37:23à faire ça
37:23et c'est toujours comme ça.
37:25Et ils s'étaient trompés
37:25en 2005,
37:27donc ils ont refait
37:27leur doorstat,
37:28pareil,
37:28ils se sont retrompés
37:29en 2006,
37:30pareil.
37:31Donc en fait,
37:31c'est ça qui a ces créances.
37:32C'est l'idée qu'on sous-estime
37:34l'impact à court terme,
37:36c'est ça ?
37:36Non, on sous-estime
37:37l'impact à court terme
37:38et on sous-estime
37:38l'impact à court terme.
37:39Sauf que là,
37:40ça va quand même
37:40beaucoup plus vite
37:41et qu'en réalité,
37:42tout ce qu'on voit maintenant
37:43est en gestation
37:45depuis 4-5 ans
37:46et que ça commence à sortir
37:48et ça commence à sortir vite
37:49et il y a une vraie accélération.
37:54Et puis il y a aussi,
37:54et c'est un autre sujet,
37:55une énorme captation
37:57de toute cette valeur
37:58par très très très peu de sociétés.
38:00Ça pose la question
38:01de la répartition de cette valeur.
38:03Et qui continue,
38:04la grande peur
38:05de toutes les boîtes
38:05de soif du monde,
38:06c'est de se dire
38:07que du jour au lendemain,
38:08ils peuvent se retrouver
38:10concurrents
38:10d'un nouvel applicatif
38:12de Cloud
38:13ou bien de GPT
38:14ou surtout d'eux en fait.
38:16Et face à ça,
38:18c'est dur
38:18parce que Microsoft et Google
38:20ils vont tout aussi vite
38:20et ils sont ressources financières illimitées,
38:23QI,
38:25pas illimitées,
38:26mais en tout cas
38:26avec beaucoup de gens
38:27qui vont très vite
38:28et c'est dur
38:29de lutter contre eux.
38:32Donc c'est des...
38:33Ils ont plutôt bien navigué
38:34toutes les dernières révolutions
38:35technologiques,
38:36ces groupes-là.
38:37Ce sont les premiers,
38:37je l'ai déjà dit,
38:38ce sont les premiers
38:38qui sont les leaders
38:39de quasiment Microsoft.
38:41Sur les trois, quatre dernières révolutions.
38:42Microsoft,
38:42c'est leader des trois dernières générations.
38:44C'est jamais arrivé.
38:46Et ça n'a pas changé
38:47malgré effectivement
38:48cette dimension géopolitique
38:50qui nous a occupé
38:51une bonne partie
38:51de l'émission aujourd'hui.
38:52Merci beaucoup messieurs.
38:53Merci d'avoir été les invités
38:54de Planète Marché ce soir.
38:55Sébastien Lélevé,
38:57Montpensier Arbevel,
38:58Alain Duré,
38:59Natixi,
38:59CIB et Louis De Fels,
39:01Gael-Ussac Gestion.
39:02Sous-titrage MFP.
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