- il y a 17 minutes
Mardi 17 février 2026, retrouvez Blaise Desbordes (Directeur général, Max Havelaar France), Alexandre Hervaud (Responsable éditorial, 100 Transitions), Alain Thibault (PDG, Agriodor), Nicolas Brien (Fondateur, Wastetide) et Grégoire Alston (Fondateur, ReSoil) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:01Générique
00:08Bonjour à tous, c'est Smart Impact, l'émission des entreprises à impact positif.
00:13Voici le sommaire, très agricole aujourd'hui, à quelques jours d'ouverture du Salon International de l'Agriculture.
00:18C'est Blaise Desbordes, le directeur général de Max Avalard France, qui sera l'invité du grand entretien tout à
00:23l'heure.
00:2426 minutes pour parler commerce équitable selon l'ONU.
00:2733 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, les trois quarts sont des paysans.
00:31Mais auparavant, je reçois Grégoire Alston, le cofondateur de Resoil,
00:36dont la mission est de redonner vie aux sols agricoles en combinant financement, expertise scientifique et innovation.
00:42Dans notre rubrique Transition urbaine, avec Alexandre Hervaud, un mois des élections municipales,
00:47on met en avant une ville et une entreprise emblématique pour parler attractivité des territoires.
00:52Aujourd'hui, on part à Rennes avec le président d'Agri-Odor.
00:55Et puis, dans notre rubrique consacrée aux startups, vous découvrez WestTeed et ses solutions de valorisation des déchets industriels grâce
01:03à l'IA.
01:04Voilà pour les titres.
01:05C'est l'heure de Smart Impact.
01:12L'invité de ce Smart Impact, c'est Grégoire Alston.
01:16Bonjour.
01:17Bonjour Thomas.
01:17Bienvenue, vous êtes le cofondateur de Resoil, créé en 2022. C'est quoi Resoil ? Expliquez-moi.
01:24Resoil, c'est une entreprise à mission que j'ai cofondée avec mes associés Luc Bailly et Johan Vrain,
01:28effectivement, qui a pour but de mesurer, suivre et financer la transition agricole.
01:34Pourquoi cette mission ? C'est important de commencer par ça, peut-être, avant de détailler un peu comment on
01:38s'y prend.
01:40Surtout, à quelques jours du Salon de l'Agriculture, c'est important de rappeler que la transition agricole, c'est
01:44une réponse aux principaux enjeux de notre temps.
01:47C'est quoi ces principaux enjeux ? C'est les enjeux climatiques.
01:50La transition agricole, c'est réduire les émissions de gaz à effet de serre des fermes et stocker du carbone
01:54dans les sols.
01:55C'est une réponse aux enjeux de biodiversité.
01:58La transition agricole permet de préserver les ressources en eau, de réduire la pollution de l'air et de réduire
02:03tout ce qui va perturber la biodiversité souterraine, notamment.
02:06C'est une réponse aux enjeux de sécurité alimentaire, de souveraineté alimentaire.
02:11Les temps qui courent, malheureusement, d'un point de vue géopolitique, on s'est rendu compte que c'était quelque
02:15chose de majeur et d'essentiel,
02:16de pouvoir avoir cette souveraineté et de continuer à produire en France en s'adaptant au changement climatique.
02:20Et enfin, quatrièmement, c'est un enjeu de résilience économique des fermes.
02:24C'est permettre aux agriculteurs d'être plus autonomes sur leurs fermes, et donc de mieux vivre de leur production,
02:31et de valoriser leur capital seul dans cette transition.
02:34Alors, vous le disiez, le salon de l'agriculture démarre le 21 février.
02:38Est-ce que la valorisation des sols, alors oui, on peut dire que c'est intrinsèquement lié à l'agriculture,
02:45mais la qualité du sol, est-ce qu'on ne l'avait pas un peu oublié ?
02:49On l'a probablement un peu oublié, si on reprend un peu tout l'historique, post-Seconde Guerre mondiale,
02:55ça part de là, toutes les années 60, l'agriculture devait nourrir le monde.
02:59Pendant pas mal d'années, on s'est dit qu'il n'y avait pas de limite planétaire,
03:02ce n'est pas d'ailleurs le propre de l'agriculture, on l'a un peu vu partout, dans tous
03:05les secteurs.
03:06Et donc, on a réorienté finalement la chimie qu'on avait développée pour la guerre,
03:10on l'a réorienté pour l'agriculture, avec tout ce qui est engrais, tout ce qui est produits phytosanitaires.
03:15Et effectivement, on est passé finalement, si on prend le blé, de 15 quintaux hectares il y a encore 100
03:22ans,
03:23à 70 quintaux par hectare en moyenne aujourd'hui, grâce à tout ça.
03:27Sauf que, le revers de la médaille, on a appauvri nos sols.
03:31Exactement. Et en fait, finalement, on a perturbé le vivant qui marche plutôt bien,
03:35quand on l'utilise à bon escient et qu'on enrichit nos sols, c'est ça qu'il faut préserver,
03:39si demain on veut continuer à produire en France.
03:41Alors, qu'est-ce que vous proposez comme solution ?
03:43Comment vous accompagnez les agriculteurs dans cette transition ?
03:46On a bien compris qu'elle n'était pas simple, elle peut être coûteuse.
03:49Il n'y a pas que le bio, mais pour ceux qui ont fait la conversion vers le bio,
03:53on voit qu'il y a beaucoup de déconversions. Enfin bref, comment vous les accompagnez ?
03:56Vous l'avez dit, il y a un gros enjeu. En fait, il y a un double enjeu.
03:59Il y a un enjeu de financement. Certes, j'expliquais en introduction qu'à terme,
04:04la transition agricole, c'est la résilience économique des fermes, mais c'est une courbe en J.
04:08Donc, qu'est-ce qui se passe pendant les premières années de cette transition ?
04:11C'est des risques sur les rendements, c'est des investissements, c'est des charges additionnelles.
04:14Donc, tout ça, il faut être capable de donner une sécurité financière aux agriculteurs,
04:17ce qu'on propose chez Rissol.
04:19Et deuxièmement, c'est être capable de mesurer les impacts.
04:22Il y a 380 000 fermes en France, c'est 380 000 façons différentes de conduire son exploitation.
04:27Donc, on ne peut pas rester sur des données génériques pour analyser ce qui se passe.
04:31Et donc, le but, c'est de pouvoir, au niveau de chaque ferme, proposer une transition adaptée
04:37au contexte pédoclimatique avec des leviers liés à l'agroécologie et à l'agriculture régénératrice
04:42qui vont être adaptés au bilan qu'on aura fait de cette ferme grâce à la donnée.
04:46Donc, on va valoriser cette donnée primaire au niveau des fermes
04:50pour valoriser les services environnementaux, économiques rendus par la transition agricole
04:54et ainsi pouvoir générer du financement sur la ferme auprès d'entreprises.
04:59Alors, cette sécurité financière, justement, on va rentrer dans le détail.
05:02Comment vous la garantissez ?
05:04Alors, on la garantit de plusieurs façons.
05:07Premièrement, on l'a annoncé en fin d'année dernière, on a fait rentrer au capital de Risseuil
05:12des investisseurs de l'Impact, la Banque des Territoires, Generali Investissement Impact
05:17et Inves, Amorçage, pardon, un fonds de la région Île-de-France et d'Abeille Assurance
05:21qui nous donne les moyens de nos ambitions pour dire aux agriculteurs
05:24« Demain, avec nous, vous vous engagez dans un projet qui va permettre de stocker du carbone dans les sols,
05:29de réduire les émissions.
05:31On va notamment le monétiser pour vous sous forme de crédit carbone, on pourra en reparler. »
05:35D'accord.
05:35« Nous, Risseuil, on ne va pas vous faire porter le risque de dire
05:38à quel moment on a trouvé une entreprise qui finance ce projet et ses crédits carbone.
05:42On va vous permettre d'avancer l'argent pour vous permettre de mettre en place financièrement
05:47sur votre ferme les leviers en question. »
05:48Donc ça, c'est les 4 millions d'euros que vous avez annoncés à la fin de l'année dernière.
05:54Parce que, moi, je suis convaincu que les agriculteurs, ils veulent la faire,
05:59la transition environnementale.
06:0187% des agriculteurs veulent la faire, selon un rapport du chiffre Project,
06:04ils posent une condition financière, à condition d'être aidés économiquement pour cette transition.
06:08Oui, effectivement.
06:09Et parce que là, ceux qui nous écoutent, il y en a certainement qui disent
06:12« Ils sont bien gentils, les deux, mais ils nous parlent depuis Paris, d'abord,
06:15et puis ensuite, moi, j'ai pas les moyens.
06:20Aujourd'hui, je peux à peine me payer, donc j'ai pas les moyens de me lancer. »
06:23Oui, non, mais c'est une très bonne réflexion.
06:25Bon, il faut que cette transition, nous, on accompagne les agriculteurs et le monde agricole.
06:29Donc, évidemment, on travaille avec les coopératives agricoles, les acteurs du monde agroalimentaire.
06:35Et l'idée, c'est de pouvoir identifier plusieurs mécanismes du financement de la transition.
06:40J'ai rentré un peu dans le détail.
06:41J'ai mentionné les crédits carbone.
06:42Les crédits carbone, qu'on fait certifier par le ministère de la Transition écologique,
06:46pas tomber dans le greenwashing, vraiment vérifier l'impact,
06:48c'est-à-dire une tonne de CO2 réellement stockée dans les soils ou éviter.
06:51On les vend en circuit court, nous-mêmes, avec notre équipe d'experts carbone et biodiversité,
06:55à des entreprises situées sur le même territoire que nos agriculteurs.
06:58OK.
06:58Premier mécanisme de financement qui semble assez clair.
07:01Deuxième mécanisme de financement, on travaille avec les filières.
07:04Une filière agricole qui achète du bléthane, par exemple, dans le cadre de son amont agricole,
07:11ce qui l'intéresse, finalement, c'est l'empreinte carbone de ce qu'il achète.
07:15Et donc, on va pouvoir lui donner des facteurs d'émission de CO2,
07:18certifiés via la norme ISO 14067, pour lui garantir, finalement,
07:22mieux comprendre quelle est l'intensité carbone de ce qu'il achète.
07:25Et ces acteurs-là, si l'empreinte carbone est plus faible,
07:28il est prêt à rémunérer l'agriculteur, ce qu'on appelle finalement un mécanisme de prime filière,
07:32c'est-à-dire qu'on va payer un bonus, au moment de l'achat de la tonne de bléthane,
07:36de quelques pourcents supplémentaires sur le prix d'achat de la tonne,
07:38parce que cette tonne de blé est décarbonée.
07:40Et nous, on est capables de montrer à ces acteurs-là
07:43que cette tonne de blé est effectivement décarbonée par rapport à une référence.
07:46Et donc, c'est un deuxième mécanisme de financement sur la ferme.
07:49Et dernier mécanisme potentiel, sur lequel on travaille aussi,
07:51c'est toutes les aides publiques qui peuvent exister liées à la PAC,
07:54qui sont également conditionnées à de la performance environnementale.
07:57Comment prouver qu'une ferme a amélioré,
07:59il y en avait certaines MAEC bas carbone dans certaines régions,
08:02que la ferme a amélioré son bilan carbone de plus de 15%.
08:05Grâce à la donnée primaire qu'on a avec notre outil,
08:07on peut montrer tout ça et du coup démultiplier ses sources de financement au niveau des fermes.
08:11Donc, pour bien comprendre, ça commence par quoi ?
08:12Une sorte d'audit de la ferme, de son rendement,
08:16de ses intrants, de son bilan environnemental ?
08:19Exactement. On fait ce qu'on appelle un diagnostic carbone,
08:22qui, si on fait un peu un abus de langage,
08:24que méthodologiquement, ce n'est pas exactement ça,
08:26c'est une sorte de bilan carbone ou de bilan environnemental de la ferme.
08:28On va prendre la base des trois dernières années de pratiques agricoles
08:31et d'itinéraires techniques de l'agriculteur.
08:33Donc, on va rentrer là-dedans son contexte pédoclimatique,
08:36des analyses de sol, des données météo,
08:38puisque à pratique égale, on n'aura pas les mêmes impacts environnementaux
08:40en fonction de ces données d'entrée.
08:42Et ensuite, quelle culture, quel rendement,
08:44comment elle les a conduits, quel type de fertilisation, etc.
08:46Ça va nous donner la photo.
08:51Et notre équipe d'ingénieurs agronomes et nos partenaires coopératifs,
08:54parce qu'on équipe les coopératives agricoles avec cet outil,
08:57qui accompagne les agriculteurs,
08:58vont être capables de conseiller l'agriculteur et de lui dire
09:01« Ok, sur la base de ce diagnostic, on a identifié tel levier, tel levier, tel levier
09:05qui permettrait d'avoir tel impact sur le CO2, tel impact sur l'eau,
09:08tel impact sur l'érosion des sols. »
09:10D'accord.
09:11« Souhaies-tu les mettre en place ? »
09:12Nous, on nous conseille de les mettre en place comme ça
09:13et voilà comment on pourrait te financer pour les mettre en place.
09:15Est-ce que vous intégrez les aléas climatiques ?
09:18Parce que, malheureusement, pour les agriculteurs,
09:21on enregistre cette émission en pleine période
09:23où des départements sont en vigilance rouge ou orange
09:27à cause de la pluie, des tempêtes de neige, etc.
09:29Bon, les aléas climatiques, ça a toujours fait partie de la vie des agriculteurs,
09:32sauf que les épisodes extrêmes sont de plus en plus nombreux.
09:37Dans cette équation économique, comment vous les intégrez ?
09:39On les intègre parce qu'on travaille sur le vivant,
09:42donc on sait que ce qu'on prévoit peut varier en fonction de ces aléas.
09:45Donc, ce qui compte, c'est le résultat.
09:47Et l'agriculteur n'est pas, entre guillemets, responsable,
09:50clairement pas, s'il y a eu ces aléas qui fait qu'on a un résultat plus faible une année
09:54en termes d'impact environnemental,
09:55parce qu'on a eu un moindre rendement pour une dose de fertilisant identique
09:59et donc, du coup, on a une empreinte carbone plus élevée,
10:01ou inversement, sur les bonnes années.
10:03Donc, le but, c'est de, finalement, mettre ça de côté
10:06et plutôt de s'adapter à ces aléas.
10:08Parce que la transition, c'est mettre en place, par exemple,
10:11des légumineuses sur les exploitations agricoles,
10:14ce qui va permettre de réduire les intrants,
10:16c'est diversifier les cultures,
10:17et tout ça va permettre d'enrichir les sols.
10:19Si on enrichit les sols, on séquestre mieux l'eau,
10:22et si on séquestre mieux l'eau,
10:24on résiste mieux aux périodes de sécheresse,
10:25ou à l'inverse, en période d'inondation,
10:27l'eau va s'évacuer beaucoup mieux sur les parcelles agricoles,
10:29ce qui va permettre de retourner au champ beaucoup plus vite
10:32que lorsque l'eau stagne sur les exploitations.
10:34Il nous reste à les 1.30, 1.40 pour faire un premier bilan,
10:37parce qu'il y a déjà plusieurs dizaines de milliers d'hectares
10:39sur lesquels vous travaillez.
10:41Quel bilan environnemental vous pouvez faire ?
10:46Oui, on est maintenant 100 000 hectares
10:49accompagnés sur notre outil,
10:51via nos équipes d'ingénieurs agronomes
10:52et nos coopératives agricoles partenaires.
10:54On a fait labelliser, via le label bas carbone,
10:57sous forme de crédit carbone,
10:58300 fermes sur les 650 qu'on accompagne à date.
11:01Sur ces 300, c'est 300 000 tonnes de CO2
11:04qui vont être stockées ou évitées
11:06sur les sols d'exploitation sur 5 ans,
11:08grâce à ce qui est mis en place.
11:10Et à fin d'année dernière,
11:11on a reversé 3 millions d'euros aux agriculteurs
11:13pour financer la mise en place de ces pratiques.
11:15Voilà où on en est sur le bilan.
11:16C'est qu'un début, l'objectif à 2028,
11:18c'est d'atteindre 20 millions d'euros
11:19reversés aux agriculteurs
11:20sous ces différents mécanismes de financement
11:22que je mentionnais,
11:23pour leur permettre de mener à bien leur transition.
11:25Et on est des milliers d'agriculteurs.
11:26On est dans toutes les régions de France aujourd'hui.
11:28On est le premier développeur de projet agricole
11:30du label Bacarbone sur la méthode Grande Culture.
11:32Et notre objectif est vraiment
11:34de rester dans toutes les régions de France
11:35et d'être le leader en France
11:37de la mesure et du financement de cette transition
11:40sous toutes ses formes.
11:41J'insiste, on n'est pas juste un énième acteur du Crédit Carbone.
11:44Notre prisme, c'est la transition agricole.
11:46Le Crédit Carbone est un des outils de financement.
11:48Merci beaucoup, Grégoire Alston,
11:50et bon vent à Risseuil.
11:51Merci beaucoup.
11:52On continue de parler agriculture
11:54dans notre rubrique Transitions urbaines.
11:56tout de suite avec Alexandre Herveau.
12:04Transitions urbaines, c'est notre rubrique mensuelle
12:07consacrée aux écosystèmes,
12:09à l'attractivité des villes.
12:11On se place évidemment dans la perspective
12:12des élections municipales des 15 et 22 mars prochains
12:15avec Alexandre Herveau.
12:16Salut Alexandre.
12:17Bonjour Thomas.
12:17Heureux de vous retrouver sur ce plateau.
12:19On choisit une ville, une entreprise.
12:21La ville, c'est Rennes.
12:22Vous nous présentez l'entreprise ?
12:23Oui, alors aujourd'hui, on va parler de Agriodor.
12:26C'est une entreprise de biotechnologie
12:28qui est donc bazarène, on vient de le dire.
12:30Elle est spécialisée dans la lutte
12:31contre les insectes ravageurs des cultures
12:34avec une ambition très simple.
12:35C'est de devenir leader mondial de la technologie,
12:37des odeurs au service de l'agriculture.
12:39Un sujet vraiment d'actualité.
12:41Et on reçoit aujourd'hui, pour en parler,
12:42Alain Thibault, PDG de Agriodor.
12:44Bonjour.
12:45Bonjour Alexandre.
12:46Bonjour Thomas.
12:46Bienvenue.
12:47Alors, vous allez nous parler un petit peu plus en détail
12:48de ces solutions de biocontrôle
12:51qui sont basées sur les odeurs naturelles des plantes.
12:54Concrètement, comment ces parfums
12:55permettent de protéger les cultures ?
12:57En fait, c'est extrêmement simple.
12:5970% des insectes dans le monde entier,
13:01dans tous les continents,
13:02se déplacent à partir des odeurs.
13:04Et en fait, ils n'ont pas donné les insectes,
13:06mais ils ont des récepteurs olfactifs
13:07sur leurs antennes.
13:08Donc, vous imaginez la taille
13:10d'un récepteur olfactif
13:11d'une antenne d'un puceron.
13:12Donc, c'est des choses microscopiques
13:14de ce point de vue-là.
13:15Mais ces récepteurs olfactifs
13:17sont les éléments physiques au monde
13:19les plus sensibles
13:20à tout ce qui flotte dans l'air
13:21et ils sont capables de repérer
13:22à quelques centaines de mètres
13:23des arbres, des cultures
13:25ou ce genre de choses.
13:27Donc, qu'est-ce qu'on va faire ?
13:28On va fabriquer des odeurs.
13:30On aime bien dire
13:31qu'on est des parfumeurs des champs.
13:33On va fabriquer des odeurs
13:34pour manipuler le comportement de l'insecte
13:37ou l'attirer ou le repousser.
13:39Et même, ça va plus loin
13:40parce qu'il est tellement sensible.
13:42Par exemple, la première solution
13:43qu'on a pu faire dans les champs de betterave,
13:47on arrive à le perturber
13:48en termes d'alimentation
13:49et le perturbant en termes d'alimentation,
13:52on le perturbe en termes de reproduction.
13:53Et un puceron,
13:54c'est de la partenogénèse,
13:56ça se reproduit comme des clones
13:58naturellement,
13:58sans rapport sexuel.
14:00Et au bout de huit jours,
14:01il fait quatre petits pucerons.
14:02Donc, c'est un développement
14:03extrêmement rapide.
14:04Alors, on comprend bien
14:06la logique,
14:07le principe
14:08en quoi vous vous différenciez,
14:10vous vous distinguez,
14:11vos solutions se différencient
14:12des insecticides classiques ?
14:14Alors, déjà,
14:15on cherche la même chose,
14:17c'est la protection des cultures.
14:19Alors, c'est un gros changement
14:21et on est vraiment révolutionnaire
14:23de ce point de vue-là
14:24parce que l'insecticide,
14:26il tue.
14:26Il tue l'insecte
14:27d'une manière efficace.
14:29Il ne tue pas un insecte,
14:30il tue les insectes
14:31dans les champs.
14:33Ça nous était bien utile
14:35pour passer de 1,5 milliard
14:36d'habitants à 7 milliards
14:37comme aujourd'hui
14:38pour accroître les capacités.
14:40Sauf qu'on s'est rendu compte
14:41que les insecticides
14:43sont un peu trop.
14:44Ça a des conséquences
14:45sur la biodiversité,
14:47sur les sols,
14:47les nappes phréatiques
14:48et éventuellement
14:50les résidus
14:51dans certains aliments.
14:53Donc, il y a eu
14:53beaucoup d'efforts de fait
14:54pour arriver à réduire
14:56les insecticides,
14:57entre autres le législateur,
14:58surtout en Europe,
14:59qui s'est mis à interdire
15:00et on entend souvent parler
15:01avec certaines lois.
15:03et à interdire ou réduire.
15:06Mais le phénomène
15:06le plus grave,
15:08et on en parle très peu,
15:09ce sont les résistances.
15:10Entre autres,
15:11on les voit arriver
15:12dans les zones tropicales,
15:13entre autres au Brésil.
15:14Les molécules sont
15:15de moins en moins efficaces
15:17parce qu'on a mis
15:18tellement de produits
15:19que les insectes
15:20sont adaptés.
15:21Les insectes sont résistants,
15:22comme nous,
15:22les antibiotiques,
15:23si on prend trop
15:24d'antibiotiques résistants.
15:25Les molécules sont
15:26de moins en moins efficaces
15:27et donc les grands
15:28les grands farmeurs là-bas
15:30recherchent des nouvelles technologies
15:32pour lutter
15:33contre les insectes ravageurs.
15:35Ils sont sympathiques,
15:35ces insectes,
15:36mais ils ravagent vraiment.
15:37Oui,
15:37mais vous êtes une alternative
15:39ou alors vous êtes complémentaire ?
15:40Alors,
15:42quand on a créé la boîte,
15:43on voulait être une alternative.
15:44On a dit
15:44on va remplacer
15:45les insecticides dans les champs.
15:46Et on a fait
15:47une première solution
15:47et le positionnement marketing
15:49que nous avons fait,
15:50c'était ça,
15:51de ce point de vue-là.
15:51ce qui ne facilite pas
15:53l'adoption.
15:54Parce que quand vous expliquez
15:55que vous luttez efficacement
15:57alors que vous ne tuez pas,
15:58les gens disent
15:59mais comment ça peut marcher
16:00alors qu'ils ne tuent pas ?
16:01C'est compliqué à pousser.
16:04Mais on est arrivé
16:05et notre vocation évidemment
16:08c'est de faire du chiffre d'affaires
16:10et on a signé
16:11un contrat de distribution
16:12avec SIGENTA.
16:13Donc c'est SIGENTA,
16:14le leader au monde
16:15de l'agrochimie
16:16qui nous commercialise
16:18de ce point de vue-là.
16:18Ils ont eu l'intelligence
16:19de faire des essais.
16:21Ils ont fait des essais
16:22avec nos produits seuls
16:23dans des parcelles.
16:24Ils ont fait des essais
16:25avec des insecticides seuls
16:26et ils ont fait
16:27le mélange des deux.
16:28Et tenez-vous bien,
16:29on était les premiers surpris,
16:30le plus efficace
16:31mais de très très très loin,
16:33c'est le mélange des deux.
16:34Et pourquoi ?
16:35Parce qu'on combine
16:35deux moyens d'action.
16:37Notre solution,
16:38des petits granulés,
16:39là j'en ai des petits granulés
16:41tout petits,
16:432 mm de diamètre
16:45avec quelques nanogrammes.
16:48Allez-y, continuez.
16:50C'est des trucs incroyables.
16:52C'est tout petit.
16:53C'est minuscule.
16:54Environ un petit granulé
16:56par plante de ce point de vue-là.
16:57Ces petits granulés
16:58vont évaporer ce parfum
17:00pendant 28 jours
17:01dans le champ.
17:02Et ça va être efficace
17:03pour traiter les pucerons.
17:06Donc on va être efficace
17:07mais il y a à peu près
17:0840% des pucerons
17:09qui vont quand même
17:09venir dans le champ.
17:11Parallèlement,
17:11l'insecticide, lui,
17:13il tue, boum !
17:14Quand on le met,
17:15il n'y a plus aucun puceron
17:16mais dès le lendemain,
17:17le puceron au bout de 8 jours
17:18il refait 4 pucerons et tout.
17:19Donc en fait,
17:20on a quelque chose
17:20de très brutal
17:21et qui tue tout,
17:22qui remet tout à Rézéro
17:23et nous qui avons
17:24une diffusion efficace.
17:26Et donc le mélange
17:27des deux d'actions
17:29fonctionne très bien.
17:30Je crois que vous n'êtes pas
17:31issu du monde agricole
17:32vous-même.
17:32Qu'est-ce qui vous a
17:33finalement convaincu
17:34de vous lancer,
17:35de rejoindre l'aventure
17:36Agriodeur ?
17:36C'est un coup de cœur.
17:37Moi, je suis un sérieux
17:38entrepreneur.
17:39J'en ai investi
17:39dans plein de boîtes
17:40de la tech,
17:45avec une chercheuse
17:46qui s'appelle
17:46Aenée Lepic Estonienne
17:47qui était en France
17:48depuis une quinzaine d'années
17:49et puis je dis,
17:50elle était à l'Inrae
17:50et elle voulait créer sa boîte
17:52et on m'a connecté avec elle
17:53et vous imaginez,
17:55on m'a dit
17:5670% des insectes
17:57vous pouvez être déplacés,
17:58on va remplacer les insectes.
17:59Je me suis dit,
18:00c'est un truc de dingue quoi.
18:01C'est un truc de dingue.
18:02Et j'ai investi
18:04dans la boîte
18:05avec le cœur
18:06parce que j'ai pensé
18:06à mes enfants.
18:07J'ai une fille
18:08qui est oncologue,
18:09l'autre qui est dans les ONG,
18:10l'autre qui est dans le digital
18:11et souvent ils me disent
18:12comme cette nouvelle génération
18:13à Papa,
18:14pourquoi tu n'investis pas
18:15dans l'environnement,
18:16dans la transition ?
18:17Et je me suis dit,
18:18tiens,
18:18j'étais persuadé
18:19que je ne retrouverai pas
18:20mon argent
18:21de ce point de vue-là
18:22parce que c'était un truc
18:22quand même,
18:23quand vous n'êtes pas compétent
18:24et spécialiste du domaine
18:25et que vous investissez ici,
18:26c'est quand même
18:26un petit danger.
18:28Et puis,
18:29on a eu la baraka,
18:30c'est des gens brillants,
18:31elle est incroyable,
18:32on a su recruter les meilleurs.
18:33On est aujourd'hui 42,
18:366 nationalités,
18:378 PhD dans la boîte
18:39et on attaque le Brésil.
18:41On va voir quelques chiffres,
18:42d'ailleurs vous voyez,
18:43on avait 7 PhD nous,
18:44donc vous êtes passés à 8.
18:46On a un plus.
18:46Premier laboratoire
18:47privé d'écologie chimique
18:48en Europe,
18:49des 15 000 insectes
18:50élevés par semaine,
18:52des produits déjà commercialisés
18:54et puis à la fois
18:55une levée de fonds
18:56en préparation
18:56de 15 millions d'euros
18:57et cette acquisition,
18:59c'est Aritis.
19:00L'an dernier,
19:01c'est une entreprise
19:01qui est basée
19:02à Aix-en-Provence,
19:04ça fait changer la boîte
19:05de dimension en quelque sorte ?
19:06Oui, ça fait changer la boîte.
19:07Alors déjà,
19:08c'est une société
19:08qui utilisait
19:09la même technologie que nous
19:10mais qui attaquait
19:11d'autres insectes
19:11qui sont les mouches du fruit.
19:12C'est très intéressant
19:13les mouches du fruit
19:14parce que c'est des insectes
19:15du bassin méditerranéen
19:16qu'on retrouve beaucoup
19:17en Espagne, en Italie,
19:18évidemment dans le sud de la France,
19:20au Maroc et en Tunisie.
19:22Donc ça nous permet
19:22d'acquérir un laboratoire
19:24qui va adresser
19:24les insectes
19:25du bassin méditerranéen
19:27et vous savez comme moi
19:29que les startups
19:30quand elles sont trop petites,
19:32le point qui est clé
19:33c'est la taille critique.
19:34Donc plus on est gros,
19:36plus on est puissant,
19:37plus c'est facile
19:37de lever des fonds
19:38par rapport à ça
19:39parce que vous allez générer
19:40un chiffre d'affaires
19:40significatif.
19:42Le salon de l'agriculture
19:44approche là ?
19:45C'est un enjeu important
19:46pour vous ?
19:46Le salon de l'agriculture
19:47c'est le grand moment.
19:48Alors c'est pour deux raisons.
19:50Au tout début,
19:51c'était super le salon de l'agriculture.
19:52On prenait un stand
19:54et on s'est allé malin
19:55sur le stand
19:56et défilent
19:57tous les politiques.
19:58Les politiques adorent
19:59le salon de l'agriculture.
20:00Et vous,
20:01vous êtes jeune startup,
20:02vous êtes photographié
20:03avec le ministre,
20:03le député,
20:04le sénateur et tout.
20:05donc ça vous fait
20:06du brand,
20:07de la marque,
20:08etc.
20:09Maintenant,
20:09on a passé un petit peu
20:10ce stade,
20:11ça ne veut pas dire
20:11qu'on n'aime pas
20:12les politiques
20:13et les photos,
20:14mais c'est le grand moment
20:16où le monde
20:17de l'agriculture
20:17se retrouve à Paris
20:18pendant une semaine
20:19et pouvait rencontrer
20:20tout le monde.
20:20Donc c'est une multitude
20:21de rendez-vous
20:22avec les gens des filières,
20:23avec les concurrents,
20:25les confrères,
20:25aux gens de Chaux.
20:26C'est un grand moment
20:27de ce point de vue-là,
20:28de rencontres
20:29et de meetings.
20:30Alors vous,
20:31vous êtes,
20:32je crois,
20:32né à Versailles
20:33et vous avez choisi
20:34de vous installer
20:34à Rennes
20:35au sein d'une pépinière
20:36d'entreprise
20:36spécialisée en biotechnologie.
20:38On va commencer
20:38à parler de la ville de Rennes.
20:39Pourquoi ce transfert ?
20:40Alors ce transfert,
20:42c'est très simple.
20:42On s'est créé à Versailles
20:44parce qu'Ainé était à Versailles
20:45et à l'Inraide Versailles
20:46et très rapidement
20:47quand j'ai investi
20:49dans la boîte
20:50et que j'ai vu
20:50les modes de fonctionnement,
20:52c'était compliqué pour Ainé
20:53déjà de travailler
20:54avec ses anciens collègues.
20:56On avait le monde privé,
20:57le monde public
20:58qui cohabitait.
21:00Ça se passait très bien.
21:01Ils sont charmants.
21:02On travaille beaucoup avec eux.
21:03Mais ce n'était pas simple.
21:04Il fallait demander
21:04l'autorisation
21:05d'utiliser les outils.
21:06Pour nous,
21:07c'était des modes lourds.
21:08Vous savez qu'une start-up,
21:09c'est très agile.
21:10Ça change très vite d'avis.
21:11Ça tâtonne au genre de choses.
21:13Versailles aux fonctions publiques.
21:14Et ça, c'est le premier point.
21:15Le deuxième point,
21:16c'est quand vous travaillez
21:17sur l'environnement,
21:18de travailler sur Paris,
21:19c'est un peu compliqué.
21:20Et puis,
21:21si vous voulez attirer
21:21des jeunes gens de Chaux,
21:24d'être à Versailles,
21:25les loyers sont chers, etc.
21:28Donc, on s'est dit
21:28qu'il faut bouger.
21:29J'avais envie d'installer la boîte,
21:31non pas à Rennes,
21:32mais à Dijon.
21:33Je suis bourguignon d'origine.
21:34Il y a un très beau centre
21:35de l'Inraé.
21:36On a regardé
21:37les grands centres de l'Inraé
21:38qui faisaient l'écologie chimique.
21:39On a retenu Rennes
21:40qui a un très beau centre
21:42d'écologie chimique de l'Inraé.
21:44On voulait monter des partenariats.
21:45En plus, Rennes est une ville
21:46très étudiantine.
21:47Donc, il y a beaucoup
21:48de belles universités,
21:49entre autres,
21:49de l'université de chimie
21:51avec lesquelles on collabore.
21:52Donc, c'était
21:53un environnement très intéressant.
21:55Et pourtant, je ne suis pas breton.
21:57On va parler justement
21:58de Rennes,
21:58un petit peu présentation rapide.
22:00La métropole,
22:01c'est 480 000 habitants.
22:02Vous venez de le dire,
22:03très étudiantin.
22:04Il y en a 73 000.
22:05La Bretagne,
22:06même si vous travaillez
22:07sur des cultures d'autres régions,
22:08notamment les Hauts-de-France
22:09avec la Bétrave,
22:10la Bretagne,
22:11ça reste la première région
22:13agroalimentaire d'Europe.
22:15Et ça présente 11%
22:17du chiffre d'affaires français.
22:18C'est aussi un premier producteur
22:20sur les productions animales.
22:22On pense à des filières
22:22porcines notamment bien connues.
22:24Et l'endroit où vous êtes,
22:25très beau bâtiment,
22:26assez moderne,
22:27je crois qu'il a été ouvert
22:28en 2014,
22:29quelque chose comme ça.
22:30C'est le Biopôle,
22:31qui est donc 1 400 m2
22:32dédié aux biotechnologies.
22:34Il y a une vingtaine
22:35de labos et de bureaux.
22:37Et vous m'aviez dit
22:37que c'était relativement
22:38bien équipé.
22:39C'est très bien équipé.
22:40C'est très standard pour vous.
22:40Très bien.
22:41Et vous avez évoqué
22:43des noms de formation.
22:44C'est quoi les synergies
22:45un peu avec l'écosystème Rennais
22:46que vous avez pu mettre en place ?
22:48On a déjà,
22:49comme sur toutes les régions de France,
22:51la French Tech est très...
22:52Et vous savez comme moi
22:53que la Bretagne
22:54est une région
22:54très entrepreneuriale,
22:56très dynamique,
22:57PME, ETI,
22:58pas trop de grands groupes,
22:59mais très dynamique.
23:00Donc il y a un esprit
23:02d'entreprendre fort.
23:03Donc on s'est connecté
23:04avec la French Tech,
23:05le Poule qui est là-bas,
23:07qui nous ont bien poussé
23:09au tout début.
23:10Puis ensuite,
23:11c'est les collaborations
23:11avec les universités
23:12qui pouvaient y avoir.
23:14On a assez peu travaillé
23:15avec l'agriculture locale.
23:17Alors on commence
23:18puisqu'on travaille
23:19sur la pomme de terre,
23:20mais la betterave,
23:21c'est plutôt
23:21les Hauts-de-France,
23:22Ile-de-France
23:24et le Grand-Est.
23:25Vous êtes en Bretagne,
23:26mais vos premiers clients
23:28ne sont pas forcément en Bretagne.
23:29Non, exactement.
23:30Et en fait,
23:31il faut se rapprocher
23:32quand on fait les produits
23:35des farmeurs locaux.
23:36Et vous ne faites pas
23:37de la betterave
23:38sur toute la France,
23:38vous ne faites pas
23:39des vergers
23:39sur toute la France.
23:40Donc il faut installer...
23:42Donc les gens
23:42qui font les essais
23:43vont se mettre dans les régions
23:45où on retrouve les cultures.
23:47Et par contre,
23:47à Rennes,
23:48on va retrouver
23:48le laboratoire
23:49de la recherche appliquée
23:51que l'on peut avoir
23:52au niveau des parfums.
23:53Alors il y a quelques semaines,
23:54vous aviez annoncé
23:54préparer une nouvelle levée
23:55de fonds
23:56pour lever 15 millions d'euros.
23:58Comment ça se présente
23:59en 2026 ?
24:00Écoutez,
24:01je pense qu'on devra annoncer
24:02dans assez peu de temps
24:04des nouvelles
24:05sur cette levée de fonds
24:06et ça se présente
24:07plutôt bien.
24:08Dans un environnement,
24:09on est hyper fiers
24:10et ça consolide le projet.
24:12même si je ne peux pas
24:13vous en dire malheureusement
24:14plus aujourd'hui,
24:15ça consolide le projet
24:16parce que c'est très dur
24:17de lever de l'argent
24:18en ce moment.
24:19Tout l'argent
24:20à l'échelle mondiale
24:21va sur la cybersécurité
24:22et l'intelligence artificielle
24:24et donc l'innovation
24:25sur les autres secteurs
24:26devient beaucoup plus difficile
24:27au niveau des start-up.
24:29Donc l'argent
24:32est frileux
24:33en ce moment
24:34et si vous y arrivez,
24:35c'est certainement que...
24:37C'est un très bon signe
24:37sur la valeur du projet.
24:39C'est un bon test
24:42mais rendez-vous compte
24:44on a sollicité
24:46130 fonds
24:47à l'échelle mondiale,
24:4875% d'international
24:50et c'est beaucoup de travail.
24:51Les équipes
24:52sont bien défoncées
24:54et je pense
24:55qu'on va avoir
24:56une issue positive
24:57de cette levée.
24:58Merci beaucoup Alain,
25:00Thibault,
25:00bon retour à Rennes,
25:02bon salon international
25:03de l'agriculture
25:04également avec quelques selfies
25:06à prévoir
25:06avec les politiques.
25:07Merci beaucoup.
25:08Merci Thomas,
25:09merci Alexandre.
25:10On passe au grand entretien
25:11de ce Smart Impact
25:12avec Blaise Desbordes,
25:14le DG de Max Avalard France.
25:20Prêt pour l'impact ?
25:21C'est la question que je pose
25:22chaque jour
25:22à une personnalité
25:23qui compte dans notre économie.
25:25Je reçois aujourd'hui
25:26Blaise Desbordes,
25:26bonjour.
25:27Bonjour.
25:27Le directeur général
25:28de Max Avalard France.
25:30Alors c'est quoi Max Avalard ?
25:31C'est une ONG ?
25:32C'est une entreprise
25:32de l'économie sociale et solidaire ?
25:34On se situe où ?
25:34C'est vraiment une ONG,
25:36c'est vraiment
25:36une association citoyenne
25:37qui a voulu s'interposer
25:39finalement entre les entreprises
25:40et les producteurs agricoles
25:42qui étaient défavorisés,
25:43maltraités.
25:44Et donc on s'est dit
25:45qu'il y a une quarantaine d'années
25:47qu'il fallait créer
25:47un tiers de confiance,
25:49quelqu'un qui soit indépendant
25:50des entreprises
25:51et qui puisse protéger
25:52les petits producteurs.
25:53Et donc c'est né
25:54un peu partout dans le monde
25:55dans les années 80.
25:57Donc nous,
25:58nous sommes la branche française
25:59et l'idée est d'apporter
26:01des règles de commerce
26:02plus équitables,
26:03plus justes,
26:04de sorte que les gens,
26:06quand ils achètent
26:06leurs baguettes le matin,
26:07quand ils prennent
26:08leur litre de lait,
26:08quand ils croquent
26:09une tablette de chocolat
26:10ou ils achètent
26:11leur banane,
26:11ils aient la garantie
26:12qu'il n'y a pas de maltraitance.
26:14Premier label,
26:16lancé en 88 au Pays-Bas
26:17par Stierkting Max Avalard,
26:19c'est ça ?
26:20C'est ça,
26:20c'est une fondation.
26:21Le nom vient de là,
26:22c'est quoi Max Avalard ?
26:23Max Avalard,
26:23c'est drôle,
26:24c'est un héros de roman
26:26en fait,
26:26qui est d'un livre
26:27très connu aux Pays-Bas
26:29qui était l'aventure
26:31d'un homme
26:31qui dans les Indes néerlandaises,
26:33donc en Indonésie,
26:34luttait contre la maltraitance
26:35des ouvriers
26:36dans le sucre de canne,
26:37dans les fruits
26:38qui étaient exportés
26:39vers l'Europe,
26:39c'était le commerce colonial
26:40et c'était tellement indigne
26:42leurs conditions
26:42dans l'esclavage,
26:44dans la maltraitance
26:44qu'ils ont donné ce nom
26:46un peu comme un roman des bois,
26:47on dirait en France.
26:48Et aujourd'hui,
26:50ce label,
26:51il est présent
26:51dans plus de 170 pays
26:52utilisés sur des dizaines
26:54de milliers de produits.
26:55Tiens d'ailleurs,
26:56de quels produits on parle ?
26:57Vous en avez cité certains
26:58mais il n'y a pas
26:59que l'alimentaire.
27:00Il n'y a pas que l'alimentaire,
27:01il y a également le coton
27:03et il y a aujourd'hui l'or
27:04parce que l'or
27:05est une filière très sale
27:06et donc c'est un peu embêtant
27:08quand vous mettez
27:08une alliance au doigt
27:09de votre aimé
27:10que ce soit issu
27:11d'un métal sale
27:12ou des métaux,
27:13des minerais de guerre
27:14mais c'est principalement
27:15l'alimentaire quand même.
27:16C'est là où,
27:17je le disais,
27:18les traditions coloniales
27:19et les grands flux internationaux
27:21ont été particulièrement
27:23douloureux et cruels
27:24envers les producteurs,
27:25les petits producteurs.
27:26Donc on est dans le café,
27:27ça représente peut-être 20%.
27:29Dans la banane aussi,
27:30c'est très important.
27:31Une banane équitable,
27:32ce n'est pas une banane normale.
27:33Dans le cacao,
27:35aujourd'hui,
27:35je dirais la filière
27:36la plus emblématique,
27:37c'est le cacao.
27:37Travail des enfants,
27:39déforestation
27:39et extrême pauvreté.
27:41C'est ça les produits
27:41des quotidiens les plus cruciaux
27:43mais on a aussi,
27:43bien sûr,
27:44des plus petits,
27:44la vanille,
27:45je le disais,
27:46le coton,
27:47il y a même du vin.
27:48Et parfois,
27:49on achète des produits
27:51qui sont composés
27:52d'ingrédients multiples.
27:54Est-ce que ça veut dire
27:55qu'ils ne peuvent pas avoir
27:55de label
27:56ou est-ce qu'il y a
27:58un pourcentage ?
27:59Comment ça marche en fait ?
28:00Le label est accessuel.
28:01En fait,
28:01il faut avoir
28:01l'ingrédient équitable disponible.
28:03Si vous faites un produit
28:03où il n'y a pas de vanille
28:04équitable disponible,
28:05vous ne pouvez pas
28:06mettre 100% équitable.
28:07Donc vous mettez
28:08votre pourcentage derrière
28:09en backpack,
28:10comme on dit,
28:10et puis vous indiquez
28:11en front pack,
28:13devant,
28:13si le produit est équitable.
28:15Nous, on dit minimum 20%
28:16pour que quand même
28:17le consommateur
28:18n'ait pas un label
28:19avec 0, 0, 1%.
28:21Mais l'idée,
28:22elle est quand même
28:22d'être pragmatique.
28:23Il faut que des entreprises
28:23s'engagent,
28:24que des filières s'engagent
28:25et puis vous mettez
28:25un maximum d'ingrédients.
28:27C'est ça l'idée.
28:28Je crois que vous êtes arrivé
28:29en 2017
28:30à la tête de Max Avel.
28:31Tout à fait.
28:32Est-ce que ça a changé ?
28:34Est-ce que votre vision
28:35du commerce équitable
28:36a évolué finalement
28:37en presque 10 ans ?
28:39Oui, elle a été bouleversée
28:40par le fait
28:40que le commerce équitable
28:42est devenu nécessaire
28:42en France.
28:44Depuis une dizaine d'années,
28:45on voit émerger des poches
28:45de pauvreté
28:46dans les territoires.
28:47On voit des déprises agricoles.
28:48Vous le savez,
28:49ce chiffre très triste.
28:50Des dizaines de fermes
28:51qui ferment la porte
28:52tous les ans.
28:53Et ça, ça a bouleversé
28:54notre univers.
28:55On s'est dit,
28:55il faut aussi investir
28:56les filières françaises.
28:57Et donc, on a lancé
28:58depuis que je suis arrivé
28:59le lait français,
29:01les céréales,
29:02les lentilles,
29:02les pois chiches,
29:03demain peut-être la viande
29:04pour aussi que des populations
29:06fragilisées
29:07par la dureté du marché,
29:08par la dureté des négociations,
29:09des populations
29:10de paysans français
29:11aient accès
29:12à cette boîte à outils
29:13qui finalement
29:13est une boîte à outils universelle.
29:15Qui peut être contre
29:16un produit équitable ?
29:17Personne.
29:17Oui, effectivement.
29:18Et donc, ça représente quoi
29:20aujourd'hui
29:21les produits français
29:22labellisés finalement ?
29:23C'est une niche
29:24par rapport à...
29:25C'est une niche.
29:26Alors, le marché est énorme.
29:27Par exemple,
29:27vous avez plus de 20 milliards
29:28de litres de lait
29:29en France par an.
29:31Donc, nous,
29:31on est sur des millions.
29:32Donc, c'est très important.
29:34Il y a aussi l'initiative
29:35C'est qui le patron ?
29:35Qui a aussi fait connaître
29:36le principe de l'équité,
29:38etc.
29:38Donc, on avance bien.
29:40Je dirais que le lait
29:41est la denrée emblématique
29:43parce qu'elle est au petit déjeuner,
29:45elle est pour les enfants
29:45et c'est bien que ce soit comme ça.
29:47Il faut de l'affect.
29:47Il faut qu'on aille
29:48avec notre cœur
29:49dans l'équitable
29:49mais toutes les denrées
29:51et beaucoup de territoires
29:52ont besoin d'équitable.
29:53Aujourd'hui,
29:54le grand défi,
29:55ce sont les villes.
29:56Les villes,
29:56les collectivités,
29:57les départements
29:58qui viennent nous voir
29:58et qui disent
29:59moi aussi,
30:00j'ai compris qu'il faut
30:01que je m'intéresse
30:01à la filière locale.
30:02Il faut que j'approvisionne
30:03mes cantines aussi
30:04avec quelque chose
30:05qui correspond à mes valeurs
30:06d'élus politiques.
30:06J'ai promis des choses
30:07à mes électeurs
30:08et il faut que je me mette
30:09en alignement.
30:09Donc, aujourd'hui,
30:10on a lancé un grand programme
30:11au nom très sympathique
30:12qui s'appelle
30:13les Territoires Justes Rémunération.
30:15Et depuis quelques années,
30:16on est au service des villes,
30:18des départements,
30:18des régions
30:19qui nous demandent de venir
30:20et d'essayer de diagnostiquer
30:21est-ce que j'achète
30:22mes courgettes,
30:23est-ce que j'achète
30:25mes nectarines.
30:25C'était la ville de Nice,
30:26par exemple,
30:27qui a lancé une grande analyse
30:28avec nous
30:28grâce au soutien de l'ADEME
30:30du ministère de l'Agriculture
30:31et on a pu comme ça voir
30:32et on s'est rendu compte
30:33que peut-être
30:34que les 40 aidaient bien payés
30:35mais que sur les courgettes,
30:36il fallait rajouter
30:36un ou deux centimes
30:37pour que le paysan
30:38gagne sa vie décemment.
30:39Est-ce que la grande distribution,
30:40c'est forcément
30:41le grand méchant loup
30:42dans ce débat-là ?
30:45Ce n'est pas si simple,
30:45ce n'est pas si caricatural.
30:46Le principe de l'équitable,
30:47c'est que toute la chaîne
30:48doit s'engager.
30:49On veut,
30:50sur cette chaîne de valeur,
30:51du producteur au transformateur,
30:53au trader,
30:53au grossiste
30:54et finalement dans le magasin,
30:56on veut que tout le monde
30:56ait conscience
30:57qu'il y a ce logo
30:58et qu'il faut faire un effort
30:59et qu'il faut se poser la question
31:00qui gagne où ?
31:02Et une fois qu'on a fait
31:03cette transparence
31:04et c'est la transparence
31:04qui est notre meilleur allié,
31:06eh bien là,
31:06on peut dire
31:07écoutez,
31:07fais un peu de place
31:08s'il te plaît
31:09aux un ou deux centimes
31:10qui manquent à tel endroit,
31:12toi qui as une marge
31:13conséquente ou substantielle.
31:14Et c'est un peu
31:15dans ce dialogue continu
31:16mais ce n'est pas facile.
31:17Pour répondre à votre question,
31:18c'est dur.
31:18Aujourd'hui,
31:19la négociation,
31:20les grandes distributions
31:20sont engagées
31:22dans une bataille,
31:23une guerre des prix
31:23qui fait du mal
31:24à tout le monde
31:25et qui ne sera pas profitable
31:26y compris aux consommateurs.
31:28On nous fait croire
31:28que le consommateur
31:30va gagner
31:30quand un paysan
31:31est écrasé
31:32dans un box de négociations
31:33et qu'il perd les deux centimes.
31:34Mais pour lui,
31:34les deux centimes,
31:35c'est sa vie,
31:36c'est une ferme,
31:36c'est des hectares,
31:37c'est même un village parfois.
31:39Alors que pour nous,
31:40les un ou deux centimes,
31:41c'est le vrai prix du produit
31:42et il faut les rajouter.
31:43Je vais vous donner
31:43un exemple très concret
31:44sur la filière lait.
31:45On a calculé, nous,
31:46que sur les deux dernières années,
31:48si on avait ajouté
31:51le centime
31:51qui manquait
31:52sur les litres de lait,
31:53eh bien le paysan
31:55maltraité
31:55par les négociations
31:56aurait gagné
31:57près de 300 euros
31:59de plus par mois
31:59pour un centime
32:01par litre de lait.
32:02Donc vous voyez
32:02la différence d'effort.
32:03Nous, on doit payer
32:04un vrai prix
32:05et eux,
32:05ça change leur vie.
32:06300 euros de plus par mois.
32:07Mais alors,
32:08en vous écoutant,
32:09je pense à cette mesure
32:10qui est dans le budget
32:122026
32:12des repas étudiants
32:14à un euro.
32:15C'est une super initiative.
32:17On ne sous-estime pas
32:18et on en a parlé
32:19plein de fois
32:19sur ce plateau,
32:20la précarité étudiante,
32:21la réalité de la précarité
32:22étudiante,
32:23des étudiants
32:23qui sautent des repas
32:25plusieurs fois par semaine.
32:26Mais est-ce que ça ne crée
32:27pas quand même
32:28l'impression
32:29que ça ne coûte rien
32:30de manger ?
32:30Vous voyez ce que je veux dire ?
32:31C'est délétère.
32:32Il faut prendre ce sujet
32:32effectivement dans l'aide sociale
32:33aux étudiants
32:34et non pas dans
32:35le vrai prix,
32:36c'est un euro.
32:37Et ça,
32:37on a la même chose
32:38dans les rayons
32:38des supermarchés,
32:39c'est ce que vous disiez
32:39auparavant.
32:40Donc il faut lutter contre ça.
32:41Je ne sais pas très bien
32:42comment on fait
32:43parce qu'il y a beaucoup
32:43de démagogie aussi là-dedans.
32:44La bonne nouvelle,
32:45c'est que les étudiants
32:46sont hyper conscientisés
32:48sur la mondialisation
32:49qui est la leur
32:49et sur la vie
32:50qui va être la leur
32:50quand ils vont rentrer
32:51dans le monde du travail.
32:52Nous, on a lancé
32:53au début à Petit Pas
32:54une initiative
32:54qui s'appelle
32:56Fairtrade Academy
32:57et on est allé voir
32:57les facs,
32:58les grandes écoles,
32:59les écoles de commerce,
32:59les écoles d'agronomie
33:00en disant
33:01est-ce que ça vous intéresse ?
33:02Et on a eu
33:02un succès absolument incroyable.
33:04Aujourd'hui,
33:05on a des grandes écoles,
33:06la fac de Nanterre,
33:07au moins 30 organisations
33:09établissements supérieurs
33:10qui sont là
33:10et les étudiants
33:11veulent s'impliquer,
33:12ils veulent mettre
33:13des produits équitables
33:14dans leur fac,
33:14dans leur resto U
33:15et donc poser cette question,
33:17ils la posent à leur prof,
33:18ils la posent à l'intendant,
33:19ils la posent au recteur
33:20et ainsi,
33:21on fait avancer les choses
33:21vers un vrai prix.
33:22Non, le prix,
33:23le repas à 1 euro,
33:24c'est une bonne idée
33:26pour marquer l'effort
33:27que la société veut faire,
33:28c'est une mauvaise idée
33:29pour faire croire
33:30qu'un produit,
33:30qu'un repas
33:31puisse coûter 1 euro,
33:32il ne coûte jamais 1 euro.
33:33Et en fait,
33:33je pense qu'à côté du repas,
33:35il faut qu'on donne
33:36le vrai prix du repas
33:38pour peut-être expliquer
33:41comment on peut
33:41le proposer à 1 euro
33:42qui aide,
33:43est-ce que c'est le ministère,
33:44est-ce que c'est la région,
33:45est-ce que c'est l'Europe
33:45qui fait que vous allez pouvoir
33:47avoir un repas à 1 euro.
33:49Je voudrais m'appuyer
33:50sur ces chiffres de l'ONU
33:51et on va revenir
33:51au débat un peu plus mondial.
33:54Selon l'ONU,
33:5533 millions de personnes
33:55souffrent de la faim
33:56dans le monde
33:56dont les trois quarts
33:57sont des paysans.
33:58On est au cœur
33:59de vos enjeux.
34:00Est-ce que ce lien
34:03entre la précarité alimentaire mondiale
34:07et la paysannerie,
34:08il se maintient ?
34:10Est-ce qu'il progresse ?
34:11C'est l'étincelle
34:12qui a fait naître
34:13toutes ces démarches.
34:14C'est-à-dire,
34:15quelle absurdité !
34:16Les gens qui sont
34:16les plus importants
34:17pour la société,
34:18puisque c'est de la nourriture,
34:19ce n'est pas une option
34:20de ne pas manger des tomates.
34:22Les gens qui sont
34:23les plus importants
34:24sont souvent
34:24les plus maltraités
34:27et surtout,
34:27on ne leur donne pas
34:28la sécurité.
34:29Regardez,
34:29en France,
34:29on a 90% de salariés.
34:31Un salaire,
34:32ça veut dire
34:32qu'on vous garantit
34:33votre revenu
34:34tous les mois.
34:34Vous pouvez construire
34:35votre vie,
34:35vous pouvez faire
34:36des plans sur l'avenir.
34:37Et ceux qui doivent
34:38anticiper sur plusieurs années
34:40comment ils vont nous nourrir,
34:40qu'est-ce qu'ils vont planter,
34:41les rotations de culture,
34:42les aléas climatiques,
34:43eux, on les précarise.
34:45Et on voit par exemple
34:45avec la guerre en Ukraine,
34:46le prix du blé
34:47passer de 100 à 400
34:49et redescendre à 200.
34:50Comment vous construisez
34:51une exploitation agricole
34:52quand leur revenu
34:53c'est 100 euros la tonne
34:55ou 400 euros la tonne ?
34:56Donc oui,
34:57le lien entre les deux
34:58est vital
34:58et c'est une absurdité
35:00qu'on n'ait pas réussi
35:00à protéger
35:02les centaines de millions
35:03d'agriculteurs familiaux
35:05qui nourrissent le monde.
35:07Quelle différence
35:08quand le commerce équitable
35:09prend la main ?
35:10Vous avez un peu répondu
35:11pour la France
35:12et on se rend compte
35:12qu'un centime d'un côté
35:14ça peut faire 300 euros
35:15à la fin du mois
35:16pour l'agriculteur.
35:18Mais voilà,
35:20comment vous garantissez
35:21finalement
35:21que cette précarité
35:24financière alimentaire
35:25elle va s'estomper,
35:26peut-être même disparaître ?
35:28Alors premier élément,
35:29on arrête l'invisibilité.
35:31Derrière vos légumes,
35:32derrière vos fruits,
35:33derrière vos boissons,
35:34il y a des gens,
35:34il y a des êtres humains.
35:35Donc nous on met
35:36de la transparence
35:36et on connecte
35:37les producteurs
35:38avec les consommateurs.
35:39C'est ça l'idée
35:40du logo Maxablar,
35:41c'est de dire
35:41je mets un signe
35:42sur le produit.
35:44Deuxième élément,
35:45on dit clairement
35:45à toute la chaîne
35:46êtes-vous prêts
35:46à jouer d'autres règles
35:48du jeu ?
35:49La première chose
35:49ça va être
35:50qu'on va fixer
35:50un prix minimum.
35:51C'est un peu
35:52l'équivalent du SMIC.
35:52On n'achète pas
35:53en dessous de tel prix
35:54parce que ça détruit
35:55la vie des paysans.
35:56Donc là on a fixé,
35:57je vous l'ai dit,
35:57ils font le prix du lait
35:58mais on a un prix
35:58de la tonne de chocolat,
36:00un prix de la tonne
36:00de banane,
36:01un prix de la tonne
36:01de café
36:02qui sont très importants.
36:04Troisièmement,
36:04on va dire
36:05un paysan
36:06ne doit pas être seul.
36:07Un agriculteur isolé
36:08c'est quelqu'un
36:08qui est condamné.
36:09Donc on demande
36:10aux paysans
36:11de se regrouper
36:12en coopérative,
36:13d'être à plusieurs
36:14comme ça s'est passé
36:15en France
36:15il y a déjà plus de 100 ans.
36:16Ils ont compris
36:17que leur salut
36:17était dans l'union
36:19et donc ils ont mis
36:20en commun
36:20des machines agricoles,
36:21ils ont mis en commun
36:22des outils de vente,
36:23etc.
36:23Et bien là c'est pareil,
36:24dans les pays défavorisés
36:25au sud on fait ça
36:26et donc cette collectivité,
36:28cette coopérative
36:28elle va recevoir
36:29une prime sociale équitable.
36:30Donc quand vous achetez
36:31une tablette de chocolat
36:32il y a quelques micro-centimes
36:33qui vont aller
36:34dans une cagnotte
36:35et cette cagnotte
36:35c'est la communauté
36:36des producteurs
36:37qui va décider
36:38pour des urgences médicales,
36:39pour des urgences éducatives,
36:40pour des urgences environnementales.
36:42Et enfin
36:43on va mettre des contrats
36:44de prévisibilité
36:45de long terme,
36:45un an, deux ans, trois ans,
36:47il faut qu'on puisse savoir
36:48où on va.
36:48C'est ça le commerce équitable,
36:50une boîte à outils
36:53et on gagne.
36:53Vous dites,
36:54c'était dans une interview
36:55au Dauphiné Libéré
36:57en 2022,
36:57vous dites
36:58le commerce équitable
36:59s'impose de plus en plus
37:00comme une nouvelle norme
37:02plutôt que comme
37:03une niche militante.
37:04Je me suis dit
37:05c'est un peu optimiste
37:06quand même.
37:07Oui et non,
37:07regardez sur le cacao
37:09nous certifions
37:1010% du cacao mondial,
37:12c'est gigantesque,
37:12c'est 500 000 tonnes,
37:14500 000 tonnes.
37:15Donc ce cacao là
37:15il ne trouve pas toujours
37:16des débouchés
37:17dans les rayons chocolat
37:18ou à Noël ou à Pâques
37:19malheureusement,
37:20mais ça commence
37:21bien loin d'une niche,
37:22une niche on est en dessous
37:23de 1%.
37:23Donc là tout le monde
37:24connaît l'équitable.
37:25Mais est-ce que c'est une norme
37:25pour autant ?
37:26Ça peut le devenir,
37:27ça peut le devenir.
37:28On dit qu'une innovation
37:29quand elle a passé
37:30les 10-15% d'implémentation
37:32elle peut basculer
37:33dans une norme.
37:34Qu'est-ce qui fait
37:35un obstacle à la norme ?
37:36C'est qu'il y a des forces
37:38en jeu,
37:38des lobbies très puissants
37:39qui captent une valeur,
37:41une valeur dans la matière
37:42agricole,
37:42qui captent une valeur
37:43dans les champs
37:44et qui la gardent pour eux
37:45et c'est cette résistance là
37:46qu'il faut vaincre.
37:47Mais sincèrement oui,
37:48on a franchi
37:49l'étape de la niche aujourd'hui.
37:51J'en veux pour preuve
37:52que les Français nous connaissent.
37:53On a fait un sondage,
37:5486% des Français
37:56dans un panel
37:57très représentatif
37:58souhaitent que les produits
37:59soient équitables
38:00et souhaitent qu'il y ait
38:00un juste prix aux producteurs.
38:02Y compris les CSP moyennes,
38:04les gens qui ne gagnent pas
38:04bien leur vie,
38:05ils ont conscience
38:05que le paysan
38:06doit gagner sa vie.
38:07Donc le consensus social
38:08est là,
38:09une partie des lois sont là
38:10mais il y a encore
38:11quelques efforts
38:11pour basculer à la norme.
38:13Après, ça se fera encore
38:14sur quelques années,
38:15c'est sûr.
38:16Alors il y a une tradition
38:17à cette émission,
38:17l'invité du Grand Entretien.
38:19Pose une question
38:19à ceux-vous celles
38:20de la semaine d'après.
38:21La semaine précédente
38:22à votre place,
38:24il y avait Sabine Kainborg
38:24qui est directrice générale
38:26associée chez Short Links.
38:28Voici sa question.
38:29On va parler d'environnement.
38:31Bonjour Blaise
38:32et merci pour cette opportunité
38:35de vous poser cette question.
38:37Café, chocolat, banane.
38:39Les produits sont-ils meilleurs
38:41quand ils sont fers ?
38:43Je m'interroge
38:45et vous pourrez sans doute
38:47me répondre
38:47si ces démarches
38:48de commerce équitable
38:49sont à terme suffisantes
38:52pour préserver des filières.
38:54Je pense notamment
38:55à la filière du chocolat
38:56dont on sait
38:57qu'elle est menacée
38:58d'ici 2050.
39:00Donc est-ce que
39:02les engagements
39:03notamment environnementaux
39:04qui semblent être
39:05un peu plus faibles
39:06dans le commerce équitable
39:07vont permettre
39:08aux enjeux
39:10notamment agroécologiques
39:11de la filière chocolat
39:12par exemple
39:13de se transformer
39:15de façon vertueuse ?
39:17Merci Blaise.
39:18Est-ce qu'effectivement
39:19les enjeux environnementaux
39:22sont plus faibles
39:23dans le commerce équitable ?
39:25Clairement non.
39:26Clairement non.
39:27Non seulement
39:27le commerce équitable
39:29est nécessaire
39:30et peut aider
39:30mais il est indispensable
39:31à la transition écologique
39:33et à la changement
39:34des pratiques
39:34vers plus
39:35de protection de l'environnement.
39:36Pourquoi ?
39:37Quand vous demandez
39:37à un paysan
39:38de changer ses pratiques
39:39il va donc devoir
39:40faire plus attention
39:41à l'eau
39:41plus attention
39:42à la biodiversité
39:43sur son territoire
39:44plus attention
39:45aux haies
39:45etc.
39:46au sol.
39:47Comment peut-il le faire
39:48alors qu'il est
39:49au quotidien
39:50sous pression extrêmement forte
39:51pour vendre sa matière ?
39:52Il ne peut le faire
39:53que s'il a une garantie de prix
39:54et c'est là
39:55où l'équitable
39:55rejoint le bio
39:57rejoint l'environnement
39:58rejoint la conversion
39:59vers l'écologie
39:59ou l'agroécologie
40:01c'est parce que
40:02sans moyens économiques
40:04sans garantie économique
40:05vous ne pouvez pas
40:06faire changer les choses
40:06donc en fait
40:07on est très associés
40:08très mariés
40:09et j'en veux pour preuve
40:10que 70% des produits
40:12labellisés Max Avelard
40:13en France
40:14sont également bio
40:15parce que les paysans bio
40:16ont compris
40:16qu'une garantie de prix
40:17leur permet
40:19de viabiliser l'environnement.
40:21Est-ce que c'est une critique
40:21ou une opposition
40:24qui est souvent exprimée ?
40:25Vous voyez ce que je veux dire ?
40:26Parce qu'on va dire
40:27c'est lié aux produits
40:29chocolat, café, etc.
40:30Forcément ils viennent
40:32de très loin
40:32donc on va dire
40:33ok ils sont peut-être équitables
40:34mais ils ne sont pas bons
40:36pour l'environnement.
40:37Non je pense
40:37que c'est une critique injuste
40:39nous on ne prétend pas tout faire
40:40on prétend être un puissant allié
40:42de la transition écologique
40:43clairement
40:44mais on ne va pas tout résoudre.
40:46Bien sûr qu'ils viennent de loin
40:47mais bien souvent
40:48vous savez
40:48le transport par bateau
40:49n'est pas la chose
40:50qui coûte le plus cher
40:51ce qui coûte le plus cher
40:52c'est justement
40:52les cultures polluantes
40:54avec des intrants chimiques
40:56d'origine fossile
40:56c'est ça qui fait
40:57le mauvais bilan carbone
40:58principalement
40:59et c'est aussi
41:00la transformation
41:00bien sûr des produits
41:01après, les usines
41:02donc non
41:03le commerce équitable
41:05clairement n'est pas
41:05un ennemi
41:06au contraire
41:07ou n'est pas moins disant
41:08sur l'environnement
41:08il est le meilleur allié
41:10le meilleur outil
41:11pour changer d'échelle
41:12dans la transition agroécologique.
41:14Alors je voudrais
41:14qu'on parle du thé
41:15j'ai reçu ce livre
41:16la thé
41:17l'envers de la tasse
41:18écrit par Pierre William Johnson
41:21et j'ai vu
41:22qu'un premier baromètre
41:23a été publié
41:24là au début
41:24de ce mois de février
41:25par Commerce équitable France
41:27pour éclairer
41:27les conditions
41:29de la production
41:29d'une grande partie
41:30du thé vendu en France
41:33alors déjà
41:34le constat que vous faites
41:35sur ce produit-là
41:37c'est quoi ?
41:37alors le thé
41:38c'est très très dur
41:39parce que c'est vraiment
41:40l'emblématique
41:41denrée coloniale
41:42on a structuré
41:43des pays entiers
41:44comme le Sri Lanka
41:45pour produire pour nous
41:46en Europe
41:46donc vous avez
41:47des déséquilibres
41:48territoriaux
41:48qui sont déjà là
41:49ensuite vous avez
41:50des traditions
41:50d'exploitation
41:51qui sont de décennies
41:53et de décennies
41:53donc quand on veut
41:54lutter contre ça
41:55et c'est notre cas
41:55chez Fairtrade
41:56et monsieur a tout à fait
41:57raison de se pencher
41:58sur cette denrée du thé
41:59du petit déjeuner
42:01et bien on a fort à faire
42:03donc
42:03ça veut dire que c'est compliqué
42:05de l'abéniser du thé
42:07Fairtrade
42:07c'est très compliqué
42:08parce que les habitudes
42:09prises par l'industrie du thé
42:10qui se comptent en centaines
42:11en milliers de tonnes
42:12etc.
42:12sont des biens ancrés
42:13dans un modèle
42:14qui n'est pas un modèle
42:15très mieux disant
42:16sur le plan social
42:16environnemental
42:17la bonne nouvelle
42:18c'est que les consommateurs
42:19sont là
42:19ils veulent des thés
42:20qui soient bons
42:21et quand ils visent
42:22une bonne santé
42:22et un bon gustatif
42:24ils veulent aussi
42:25quand même
42:25la protection des gens
42:26qui cueillent le thé pour eux
42:28donc le baromètre
42:29que vous évoquez
42:30a montré des choses
42:31intéressantes
42:32et un peu paradoxales
42:34et tristes
42:34les grandes multinationales
42:36du thé
42:37sont très peu engagées
42:38peu engagées sur la transparence
42:39peu engagées sur l'environnement
42:40peu engagées sur les gens
42:41qui travaillent pour elles
42:42ensuite
42:43les grandes marques
42:44de prestige
42:45c'est contrasté
42:46elles ont une très belle marque
42:47elles font beaucoup de marketing
42:48mais pas forcément beaucoup
42:49pour les gens
42:49ou pour l'environnement
42:50et la troisième famille
42:51c'est à dire
42:52les marques de thé engagées
42:54étiquables
42:54la route des comptoirs
42:56Jardin de Gaïa
42:57et bien eux
42:57ils cochent toutes les cases
42:58c'est à dire
42:59attention aux gens
43:00attention à la planète
43:02et attention à la qualité
43:03et à la transparence
43:03ils sont forcément plus chers ?
43:05non pas forcément
43:06parce que c'est le même débat
43:08qu'on avait sur la guerre des prix
43:09vous savez
43:10il faut choisir là
43:10où on fait ses marges
43:11et sur qui on les fait
43:12et quand vous avez
43:14une démarche équitable
43:15vous êtes plutôt
43:15sur la répartition équilibrée
43:17tout le monde gagne
43:17peut-être un petit peu moins
43:18mais tout le monde gagne quand même
43:20au lieu qu'il y en ait
43:21un ou deux qui gagnent beaucoup
43:22et un ou deux qui perdent beaucoup
43:23ça veut dire que
43:24vous pouvez quand même
43:26labelliser quelques marques
43:28ou alors il y a quelques marques
43:29on labellise dans le thé
43:31qui ont Max Havla
43:32on labellise dans le thé
43:33mais on investit
43:33et on sollicite
43:34les gouvernements indiens
43:35Sri Lankais
43:36l'Union Européenne
43:37pour aussi nous aider
43:37parce que
43:39pour les français
43:40et les consommateurs
43:41en général
43:42le thé est une denrée
43:43pas très chère
43:44en tout cas dans les produits
43:45du quotidien
43:46et donc c'est pas forcément
43:47facile de faire la place
43:48à un salaire décent
43:49pour les cueilleuses
43:50et puis ce que je comprends
43:51c'est que vous êtes face
43:52à une machine
43:52qui est là depuis des décennies
43:54il y a un oligopole
43:55comme dans le café
43:56comme dans le chaos
43:56on peut le dire
43:57c'est pas une insulte
43:58ce sont des énormes entreprises
43:59qui en général contrôlent
44:01là dans le thé
44:01je crois que les trois principales
44:03contrôlent les deux tiers
44:04du marché
44:06il y en a une qui achète
44:0720 000 tonnes
44:08vous voyez nous on pèse
44:09au total mondial
44:105 000 tonnes de thé équitable
44:11donc 5 000 tonnes de thé équitable
44:13c'est même pas un quart
44:14de ce qu'achète
44:15une des trois grandes marques
44:16que vous connaissez
44:17donc c'est effectivement
44:18difficile de s'imposer
44:18et alors ça m'amène
44:20d'autres questions
44:20parce que vous êtes forcément
44:22vous travaillez forcément
44:23avec des paysans
44:24qui sont dans des pays
44:26dans des zones de guerre
44:27ou dans des zones
44:28où par exemple
44:29le narcotrafic est présent
44:31est-ce que ça veut dire
44:33qu'il y a des endroits
44:33où vous ne pouvez plus aller
44:34ou alors où c'est très compliqué
44:36de travailler
44:36en fait il y a des endroits
44:37où on a du mal à aller
44:38notamment pour faire les contrôles
44:39qui font la valeur
44:40du label Max Avelard
44:41mais ce sont des endroits
44:43où on veut absolument aller
44:44parce que c'est notre objet social
44:45que justement mettre
44:46de l'économie
44:47et de l'économie équitable
44:48dans les zones fragiles
44:49donc au Congo Kivu
44:50on a un excellent café
44:52aujourd'hui nos coopératives
44:53sont en train d'être décertifiées
44:54donc elles perdent le label
44:55du fait de la guerre
44:56j'ai encore appris hier
44:57que deux nouvelles coopératives
44:59n'avaient pas pu être contrôlées
45:00donc elles ont perdu le label
45:01or ces gens
45:02c'est des milliers
45:03de caféiculteurs
45:04et qui font en plus
45:05un excellent café
45:06il est connu le café du Congo
45:08oui c'est pas
45:08ils font toujours un bon café
45:10mais vous ne pouvez plus
45:12aller les certifier
45:12c'est ça
45:13on ne peut plus les certifier
45:13parce qu'on ne peut pas garantir
45:14ce qu'on a promis aux consommateurs
45:15c'est-à-dire que le prix
45:16est bien appliqué
45:17que la prime sociale
45:18ruisselle bien
45:18sur toute la communauté
45:19ça ça se démontre
45:20et nos inspecteurs
45:21ne peuvent pas y aller
45:22parce que ce sont des zones de guerre
45:23donc on est en train de discuter
45:24avec l'agence française de développement
45:25avec plusieurs autorités
45:27onusiennes
45:27pour essayer de voir
45:28si on ne peut pas créer
45:30un équitable
45:31pour la paix
45:31vous voyez
45:32une sorte de label spécial
45:33qui dirait
45:33là où ça chauffe
45:34en Bolivie
45:35avec la drogue
45:36au Myanmar
45:36et pour ça
45:37on a un allié incroyable
45:38que vous connaissez sans doute
45:39c'est la marque de café
45:40Malongo
45:41qui elle
45:41est sur tous les fronts pionniers
45:43pour essayer d'apporter
45:44et d'acheter
45:45à des bons prix
45:45des prix équitables
45:46donc elle le fait
45:47en Birmanie notamment
45:49avec une très belle référence
45:50d'un café délicieux
45:51qui est dans une zone compliquée
45:52mais qui réussit
45:53à établir
45:54cette base
45:56d'économie décente
45:57vous parliez de narcotrafic
45:58est-ce que vous êtes
45:59pardon ma question
46:00elle est peut-être
46:00à côté de la plaque
46:01mais en concurrence
46:02parfois
46:02c'est-à-dire que
46:03ah bien sûr
46:04est-ce qu'il faut convaincre
46:05des producteurs
46:06de café
46:08de cacao
46:09de continuer
46:10alors qu'à côté
46:12il y a des narcotraficants
46:13ils en disent
46:13plantes du pavot
46:14c'est ce qu'a fait
46:14cette grande marque
46:15de l'équitable
46:16les cafés Malongo
46:17qui avec l'aide de l'ONU
46:18l'agence de l'ONU
46:19chargée de lutter
46:20contre la drogue
46:21a réussi à substituer
46:22notamment en Birmanie
46:24mais également
46:25en Bolivie
46:26de la coca
46:29substituer
46:29du café équitable
46:30à la coca
46:31c'est-à-dire que là
46:32vous allez convaincre
46:33les paysans
46:33et en général
46:34et on les a invités
46:35en France
46:35et ils sont venus
46:36inviter par Malongo
46:37ce qu'ils disent
46:38c'est que
46:38la drogue c'est dangereux
46:40la drogue c'est des risques
46:41sans arrêt
46:41c'est une pression
46:42c'est beaucoup de pesticides
46:43ça on l'ignore trop souvent
46:44et donc il y a plus de 1000 hectares
46:45comme ça au Myanmar
46:46qui ont été convertis
46:47et grâce au prix du café équitable
46:49ils se disent
46:49j'y gagne
46:50parce que j'ai un prix stable
46:51un vrai prix décent
46:52et je ne suis pas obligé
46:53d'être dans l'économie informelle
46:54et dans l'économie de la drogue
46:56Est-ce qu'il faut une régulation
46:58publique plus forte
47:00pour que le commerce équitable
47:01continue de progresser
47:02et devienne cette nouvelle norme
47:04dont vous parlez ?
47:05Mais bien sûr
47:06on souffre depuis plus de 20 ans
47:07de ce qu'on appelle
47:08la jungle des labels
47:09et qui cause un tort incroyable
47:11à la consommation responsable
47:12la consommation responsable
47:13elle essaye de faire
47:14que nous soyons tous
47:15les uns et les autres
47:16acteurs d'un monde meilleur
47:17et qu'est-ce qui s'oppose à ça ?
47:19Les faux labels
47:20les allégations folkloriques
47:21les prétentions sur les paquets
47:23qui dit au service des producteurs
47:25etc.
47:25Tout ça n'est pas régulé
47:26par le législateur français
47:27nous on est un peu désespéré
47:29de frapper aux portes
47:30des différents ministres
47:31de la consommation
47:32et j'en appelle à Serge Papin
47:33qui est quelqu'un
47:34qui connaît extrêmement bien
47:35les filières
47:37sera-t-il le ministre
47:38qui pourra enfin réguler
47:39faire le ménage ?
47:40La bonne nouvelle
47:41c'est que l'Europe va le faire
47:42à partir de septembre
47:43de cette année
47:44un certain nombre
47:45de faux labels
47:45seront interdits
47:46et là on verra
47:47enfin peut-être
47:48les consommateurs
47:49avoir une confiance renforcée
47:50Si on fait un peu de pédagogie
47:51auprès de nos téléspectateurs
47:52et téléspectatrices
47:53de quoi ils doivent se méfier ?
47:55Parce que c'est vrai que moi
47:57je suis parfois
47:57complètement paumé
47:58Des allégations de la marque
47:59Quand vous êtes
48:01vous-même
48:01votre propre éloge
48:03c'est-à-dire
48:04quand vous dites
48:04ma marque est bonne
48:05ma marque est respectueuse
48:06des consommateurs
48:07c'est sans doute
48:08une démarche
48:09qui part d'une bonne intention
48:10mais il faut un tiers de confiance
48:12qui le vérifie
48:12et qui dit
48:13ce que dit l'entreprise
48:14est vrai
48:14L'autolabélisation
48:16je suis désolé
48:16ça ne marche pas
48:17Si vous vous dites
48:18je suis le meilleur journaliste
48:20de la télévision française
48:20les gens vont se dire
48:21je veux le voir sur preuve
48:23mais on aimerait bien
48:24qu'il y ait une instance
48:24l'organisme des journalistes
48:26et l'éthique des journalistes
48:26qui dise
48:27il est le meilleur journaliste
48:28de la télé française
48:29et bien dans la consommation
48:30c'est pareil
48:31donc deux tiers de confiance
48:32et encore une fois
48:33l'Europe vient de publier
48:34une directive
48:34la directive EMCO
48:35Empowering Consumers
48:36qui va
48:37on l'espère aider
48:38mais on attend du relais
48:39et le gouvernement français
48:40n'est vraiment pas le premier
48:41dans le peloton
48:42Vous lancez des formations
48:44des formations dans les universités
48:46la Fairtrade Académie
48:48c'est quoi l'enjeu ?
48:49Pourquoi vous faites ça ?
48:50L'enjeu c'est que sans conscience
48:52il n'y a pas d'action du consommateur
48:54s'il n'a pas conscience
48:55qu'il y a un problème
48:56il achète de manière aveugle
48:58quand vous et moi
48:59avec la fast fashion
49:00on l'a vu ces dernières années
49:01on découvre un accessoire
49:03de mode à 3, à 4, à 5 euros
49:04un t-shirt à 2 euros
49:06un sac à dos à 5 euros
49:07j'ai vu ça
49:09si on n'a pas une conscience claire
49:10que derrière
49:10les couturières sont maltraités
49:12qu'il y a toute une chaîne
49:13de malheur
49:13on l'achète
49:15donc la pédagogie
49:17est absolument fondamentale
49:18il y aura effectivement
49:19un mock bientôt en ligne
49:20et je le disais
49:21les étudiants
49:22les jeunes sont sans doute
49:23ceux qui vont
49:23le plus fortement
49:25inverser cette tendance
49:26nous on était
49:27le jour du Black Friday
49:28qui est cette espèce
49:28de grand messe consumériste
49:30on a projeté des images
49:31sur le BHV
49:32là où il y avait Shine
49:32dans la rue le soir
49:33pour montrer les images
49:35de ces gens qui fabriquent
49:36nos vêtements à bas coût
49:37on a eu énormément d'écoutes
49:39de la part des consommateurs
49:40beaucoup de retombées
49:40parmi vos confrères
49:41et consœurs
49:42parce que qu'une ONG
49:43dise stop à la fast fashion
49:45avec tout un collectif
49:46ça a été apprécié
49:47c'est ça la conscientisation
49:48il faut nous former
49:49on ne peut pas être
49:50le consommateur du XXe siècle
49:51au XXIe siècle
49:52il y a trop de misère
49:53dans la mondialisation économique
49:54on doit tous faire l'effort
49:55de se renseigner
49:56vous allez
49:57on va terminer là-dessus
49:58profiter du salon
49:59international de l'agriculture
50:00qui sous dans quelques jours
50:02pour faire passer ses messages
50:03ben oui
50:03parce que comme l'économie équitable
50:05n'a pas encore atteint
50:06toute l'agriculture française
50:07vous imaginez
50:07la colère paysanne
50:08qu'on entend
50:09elle est en partie liée
50:10à cette question
50:11de l'incertitude
50:12pour le lendemain
50:13quand vous faites
50:1415 heures par jour
50:16comment vous pouvez recevoir
50:18quand vous vendez votre produit
50:19que ça ne vous rémunère pas
50:21qu'est-ce que vous devez en conclure
50:22il y a le désespoir
50:23il y a l'abandon
50:24il y a ceux qui tiennent
50:26et qui essayent de trouver
50:26d'autres ressources
50:27il y a un consensus
50:28dans la société française
50:29et même dans toutes
50:31les élites
50:32pour aller
50:32mais personne ne sait
50:33par quel bout le prendre
50:34donc ce qu'on va dire
50:34au salon de l'agriculture
50:35il y aura plus de 25 débats
50:36sur notre stand
50:37on a invité
50:38toutes les ONG françaises
50:39qui ont envie
50:39de parler de transition
50:40ce qu'on va dire
50:42c'est que
50:42les mécanismes existent
50:44et qu'il appartient
50:45au gouvernement
50:46au lieu de faire
50:46un énième plan d'urgence
50:48une énième subvention
50:49inutile et non reproduite
50:51de structurer
50:52une politique publique
50:53de transition agricole
50:54sur la fiscalité
50:55sur des subventions
50:57éco-conditionnalisées
50:58ou équitables
50:59conditionnalisées
51:00avec un peu
51:01d'ingénierie publique
51:02avec un bon plan d'action
51:03on peut vraiment
51:04mettre des prix protecteurs
51:06on peut mettre des mécanismes fiscaux
51:07encourageants
51:08et là on aura
51:09tous les entrepreneurs
51:10de France et de Navarre
51:11aux côtés des paysans
51:12pour une alimentation équitable
51:14Merci beaucoup
51:15Blaise Debord
51:16et à bientôt
51:17sur Bsmart4Chain
51:18et bon donc
51:19salon international
51:19de l'agriculture
51:20on passe tout de suite
51:21à notre rubrique start-up
51:29Smart Ideas
51:30notre rubrique start-up
51:31avec Nicolas Brienne
51:32bonjour
51:33bonjour Thomas
51:33bienvenue
51:34vous êtes le co-fondateur
51:35de Westide
51:36créé en 2023
51:37avec Yassir Tahir
51:38et Mitra Mayadoun
51:39et avec quelle idée ?
51:41avec une idée
51:41un peu basique
51:42c'est que dès que vous mettez
51:445 personnes devant
51:45un tas de poubelles
51:45et que vous leur dites
51:46ça vaut combien
51:47ce tas ?
51:48et bien vous avez
51:485 réponses différentes
51:49et aucune n'est la bonne
51:50donc on s'est dit
51:52est-ce qu'on pourrait
51:53créer une intelligence artificielle
51:55qui détecte la valeur
51:56d'un tas de poubelles
51:57un peu mieux
51:58que 5 perdus humains
51:59ok donc
52:00c'est sur quel type de déchets
52:02tout type de déchets
52:03vous êtes concentré
52:04plutôt sur les déchets
52:06industriels
52:07c'est quoi votre marché
52:08en fait aujourd'hui ?
52:09nous on a une mission
52:09assez forte
52:10c'est de dire
52:11l'empreinte carbone
52:12des déchets
52:13c'est le double
52:14de l'empreinte carbone
52:15du transport aérien
52:16et donc on se focalise
52:18essentiellement
52:19sur les flux de déchets
52:20qui sont les plus recyclables
52:22les plus valorisables
52:23et aujourd'hui
52:24les moins valorisés
52:25donc à savoir
52:26le flux de déchets
52:27électroniques
52:28qui est en train
52:29d'exploser
52:29on le voit partout
52:31dans toutes les branches
52:31de l'industrie
52:32même L'Oréal
52:33a des déchets électroniques
52:34aujourd'hui
52:34et donc on vient vraiment
52:36détecter à la source
52:37la valeur
52:38le potentiel de recyclage
52:40de ces flux de déchets
52:41industriels
52:41alors comment ça fonctionne ?
52:43ça part de quoi ?
52:43d'une photo ?
52:44comment ça marche en fait ?
52:46comment ça fonctionne ?
52:47ça fonctionne bien
52:48c'est mieux
52:50et effectivement
52:51donc si on rentre
52:51un petit peu sous le capot
52:52c'est ce qu'on appelle
52:53un VLM
52:54un Vision Language Model
52:55c'est-à-dire qu'on va venir
52:56récupérer toute votre
52:57documentation de déchets
52:59on a des trucs
53:00qui s'appellent
53:00des registres de suivi
53:01des déchets
53:02on a évidemment
53:03des contrats de gestion
53:04des déchets
53:04et sur la base
53:06de quelques photos
53:07de vos flux de déchets
53:08on va venir estimer
53:11combien ça vaut
53:13est-ce que c'est recyclable ?
53:15qui est le meilleur acheteur
53:17pour ces matières secondaires ?
53:20vous proposez déjà
53:20le déboucher
53:21exactement
53:21et bien entendu
53:23tout ça avec des standards
53:25de traçabilité environnementale
53:26maximaux
53:27puisqu'on le sait aujourd'hui
53:28malheureusement
53:29les déchets électroniques
53:31ça finit souvent
53:32en décharge
53:33et donc c'est ça
53:34qu'on veut éviter
53:35et qui sont vos clients
53:36aujourd'hui ?
53:37aujourd'hui on travaille
53:38avec des grands groupes
53:39industriels
53:39qui peuvent avoir
53:40des beaux flux
53:41de déchets électroniques
53:42je pense par exemple
53:43à Air France Industries
53:44je pense à Thales
53:45et puis également
53:47quelques américains
53:48notamment en ce moment
53:49beaucoup les data centers
53:50les data centers
53:52il faut savoir
53:52il faut 3000 matériaux
53:54différents
53:55pour construire
53:55un data center
53:57et dans ces matériaux
53:59il y en a beaucoup
53:59qui sont critiques
54:00stratégiques
54:01et aujourd'hui
54:02les data centers
54:02en fait
54:02ne les recyclent pas beaucoup
54:03donc on va venir
54:04les aider
54:05ce qui est quand même
54:06étonnant
54:07contre-intuitif
54:07parce que ça fait un moment
54:08qu'on sait
54:09surtout peut-être
54:09d'ailleurs
54:10les déchets électroniques
54:11qu'ils ont de la valeur
54:11il y a là-dedans
54:13alors peut-être
54:13que c'est pas exactement ça
54:15mais on parle énormément
54:16de métaux rares
54:17par exemple
54:18et certains sont
54:18dans nos outils électroniques
54:23du quotidien
54:23donc moi ça me surprend
54:25qu'il n'y ait pas eu
54:27cette démarche-là
54:27plutôt de la part
54:28de ces géants
54:29alors c'est le message
54:30qu'on porte auprès
54:30des industriels
54:31c'est qu'on leur dit
54:31vous êtes assis
54:32sur des mines urbaines
54:33seulement pour ça
54:35il faut avoir
54:36une pelle et une pioche
54:37et aujourd'hui
54:38il n'y a pas beaucoup
54:39d'outils en fait
54:39pour détecter simplement
54:41le potentiel économique
54:43et le potentiel
54:44de recyclabilité
54:45de vos flux
54:45de déchets industriels
54:46ceux qui ont l'information
54:48très souvent
54:48ça va être des géants
54:50de la gestion des déchets
54:52qui évidemment
54:53gardent bien près
54:54d'eux
54:55ces informations
54:57sur le coût
54:58le prix
54:59la valeur
55:00et nous donc du coup
55:01on vient ouvrir
55:02cette boîte noire
55:03et s'assurer
55:05que les industriels
55:06arrêtent de regarder
55:07les déchets
55:08comme des déchets
55:09mais commencent à regarder ça
55:10comme des matières secondaires
55:11en gros
55:12les déchets
55:13aujourd'hui c'est un problème
55:14avec nous
55:14demain c'est une solution
55:15et vous vous affichez
55:17satisfait ou remboursé
55:18on affiche satisfait
55:19ou remboursé
55:19vous tenez toujours
55:20cette promesse
55:21on tient toujours
55:21cette promesse
55:22on n'a encore jamais vu
55:23un client déçu
55:24pour une raison
55:26assez simple
55:27c'est que
55:27c'est un sujet
55:29assez neuf
55:29en fin de compte
55:30les déchets
55:30on le voit par exemple
55:31au niveau des data centers
55:32ils sont quand même
55:34très avancés
55:35ils regardent
55:36vraiment
55:37ils surveillent
55:37leur consommation
55:38d'électricité
55:39au jour le jour
55:41à l'heure
55:41mais
55:42sur la gestion
55:43des déchets
55:44c'est encore un truc
55:44assez neuf
55:45et donc
55:46avec un retour
55:48sur investissement
55:49qui est relativement rapide
55:50exactement
55:51nous
55:51sous trois mois
55:52un client Wastide
55:54pour chaque euro
55:55qu'il a investi chez nous
55:56il en récupère
55:56cinq
55:57en économie
55:58en revenu supplémentaire
55:59à partir de ces flux
56:00de déchets
56:00effectivement
56:00et avec un bilan
56:02environnemental
56:03j'imagine que vous
56:03l'avez évalué aussi
56:04colossal
56:05colossal
56:05en fait
56:06il faut vous dire
56:06que pour une tonne
56:07de déchets
56:08que vous évitez
56:09d'envoyer à l'incinération
56:11c'est comme si vous
56:13évitiez
56:13deux tonnes
56:14de CO2
56:15dans les data centers
56:16typiquement
56:16il n'y a pas beaucoup
56:17de sujets
56:18où aujourd'hui
56:18on peut retirer
56:19du CO2
56:20de son empreinte
56:22environnementale
56:22merci beaucoup
56:23Nicolas
56:24Boyenne
56:24et bon vent
56:25à Westside
56:25donc la vague
56:26de déchets
56:27la vague de déchets
56:28malheureusement
56:29qui risque de nous submerger
56:30si on ne se dote pas
56:32des outils
56:32dont on a besoin
56:33pour la contrer
56:34merci beaucoup
56:35et à bientôt
56:36voilà c'est la fin
56:37de ce Smart Impact
56:38je vous dis à demain
56:39sur la chaîne
56:40des audacieuses
56:40et des audacieux
56:41sur Be Smart for Change
56:43salut
Commentaires