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  • il y a 11 heures
Ce mercredi 25 février, Sébastien Chauffaut, directeur général de Limagrain, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Notre invité ce matin c'est Sébastien Chauffeau, bonjour.
00:06Vous êtes le directeur général de Limagrin, on est dans l'univers des semences évidemment pour les cultures.
00:11Avant de parler des négociations commerciales de votre actualité à vous,
00:16je voyais une chronique politique sur BFM TV qui s'intitulait
00:21« Où est passé le salon de l'agriculture ? »
00:23Vous avez l'impression qu'on n'en parle pas cette année, que c'est passé au second plan ?
00:27Alors au contraire, bonjour, je trouve que le salon de l'agriculture a une caisse de résonance
00:31encore un peu plus particulière cette année et c'est nécessaire.
00:34C'est un grand rendez-vous annuel qui met à l'honneur l'agriculture,
00:37qui tente aussi de rapprocher les Français de l'agriculture.
00:40Donc je pense qu'il y a beaucoup de choses à rappeler lors de ce salon.
00:44C'est peut-être un rendez-vous moins politique, non ? Je ne sais pas.
00:46C'est toujours un peu politisé, le plus important c'est qu'il y ait des prises de conscience
00:50pour nos concitoyens qui ressortent de ces sujets-là sur les préoccupations agricoles,
00:54parce que les préoccupations agricoles sont celles de notre société en vrai.
00:58Alors vous qui êtes sur les semences, expliquez-nous bien ce que vous faites.
01:02Vous êtes un groupe coopératif, 1300 agriculteurs adhérents,
01:05avec des marques comme Jaquet, comme Brossard, comme Villemorin.
01:09Vous êtes l'un des premiers semenciers au monde.
01:12Alors quatrième semencier mondial en effet.
01:14La particularité, Limagrin, société 100% détenue par ses agriculteurs,
01:18comme toutes les coopératives agricoles en France.
01:20Deux branches, une première où on vient transformer le grain issu des champs de nos agriculteurs
01:25pour le transformer effectivement en pain de bille, en pain burger sous la marque Jaquet,
01:29en produits de pâtisserie également sous la marque Brossard, le savane de Brossard.
01:32Et puis l'objectif donc c'est de ramener de la valeur à nos agriculteurs
01:36avec des chartes qu'on vient rajouter pour pouvoir apposer plus de primes.
01:40Et le deuxième sujet, vous l'avez effectivement rappelé,
01:43semencier international, donc premier maillon de la chaîne en termes d'intrants pour avoir des récoltes.
01:46– Sur la question des marques dans les relations commerciales,
01:51alors hier on était avec l'ANIA qui disait ça se passe très mal,
01:53vous avez les distributeurs qui disent ça se passe très bien,
01:55ça se passe comme chaque année, quel est-vous votre point de vue ?
01:58– Alors je suis d'accord sur le fait que c'est comme tous les ans ultra compliqué,
02:01comme tous les ans à cette date, tout le monde est effectivement très concentré, très concerné.
02:05Les demandes de déflation sont trop difficiles pour nous,
02:09on nous demande 5 à 4% de baisse.
02:12– Donc vous aussi vous dites ça, on vous demande des baisses de prix clairement ?
02:14– Bien sûr, bien sûr, parce qu'on nous dit que les cours des matières premières ont baissé,
02:18sauf que la réalité c'est que moi j'ai des agriculteurs céréaliers,
02:21pas que ceux l'imagrains, c'est la réalité avec des cours marchés tels qu'ils sont,
02:24qui perdent de l'argent en 2025, scoop, pour 2026 ils vont encore perdre de l'argent.
02:28Et on nous dit qu'il faut baisser les prix,
02:30tout en n'oubliant pas qu'une coopérative agricole qui est détenue par ces agriculteurs,
02:33de fait, c'est ces outils de transformation, les industries agroalimentaires,
02:37qui doivent se retrouver en négociation avec la GMS.
02:40Donc oui c'est un vrai problème bien sûr.
02:41– Avec de la menace de déréférencement ?
02:42– On a toujours ces techniques un petit peu habituelles, effectivement,
02:46de pression dans les discussions pour amener à ce qui est demandé en tout cas en face.
02:52– Sur la question des semences, vous avez une nouvelle usine de semences en Auvergne,
02:56un investissement de 113 millions d'euros.
03:00Vous nous dites que les prix des matières premières ont baissé.
03:02Aujourd'hui le choix d'une usine en France, en termes de coût du travail,
03:07ça s'est fait en compétition avec d'autres pays, vous avez vu le marché comment ?
03:10– Alors c'est très simple, l'objectif d'investir, c'est un objectif de compétitivité,
03:16et ça je crois qu'il faut qu'on le martèle, en France, l'agriculture,
03:19ça doit être de la productivité, et ça ne doit plus être un gros mot la productivité,
03:22parce que nous sommes sur des marchés mondiaux, et c'est la compétitivité,
03:25donc des coûts de revient qui permettent d'être dans la course.
03:27Donc il faut des investissements, il y a des plans qui ont été mis en place,
03:31le sujet il est quels investissements pour être capable de rester sur les marchés.
03:34– Et avec une usine comme ça, vous pouvez baisser les coûts ?
03:37Parce que c'est ça le sujet dans la productivité.
03:38– L'objectif c'est de consommer moins d'énergie,
03:40c'est d'avoir la pérennité sur nos outils en effet.
03:42– Vous avez quel regard sur aujourd'hui les évolutions de politique autour de la PAC ?
03:48Il y a des agriculteurs qui comptent dans les nouveaux contours de la politique européenne,
03:53vous vous en dites quoi ?
03:53– Alors la PAC, il faut se rappeler d'où elle vient,
03:55à l'origine le projet de la PAC c'était finalement un projet très européen,
03:59soutenu complètement par l'agriculture,
04:01c'était le premier budget d'ailleurs de l'Europe,
04:03la PAC elle est ultra indispensable,
04:05mais je crois qu'il faut se rappeler que si à l'origine c'était un soutien des prix,
04:09aujourd'hui c'est devenu un outil finalement où on impose à des agriculteurs
04:13d'aller pas forcément dans le sens de ce qu'ils auraient fait naturellement.
04:16Et il faut le mettre en comparaison de ce qui se fait dans d'autres pays,
04:18je vais vous donner un chiffre comme ça, ça permet de comprendre,
04:22les aides au travers de la PAC,
04:23on les estime aux alentours de 12 000 dollars par agriculteur en Europe,
04:26quand l'équivalent de la PAC, qui n'a pas du tout le même profil,
04:29mais on parle bien de subventions sur les exploitations agricoles,
04:32on est sur 45 000, c'est 4 fois plus d'aides pour un agriculteur américain
04:36que pour un européen.
04:38– Oui mais c'est intéressant ce que vous dites sur le choix en fait
04:39de certains agriculteurs pour recevoir les subventions,
04:42c'est-à-dire que ça n'a pas toujours bien orienté l'agriculture française ou européenne ?
04:45– Eh bien vous avez un certain nombre d'États qui sont,
04:48je parle des États-Unis, qui sont des productivistes,
04:50qui sont vraiment obsédés par des coûts de revient
04:52qui vont être les plus faibles possibles,
04:53pour pouvoir assumer des coûts et des cours qui sont faibles,
04:56là où nous on a des enjeux qui sont vus autrement en Europe effectivement,
04:59avec des aspects plus environnementaux et très très exclusivement environnementaux.
05:02– Vous êtes très exposé aux droits de douane américains ou pas ?
05:05– Alors sur nos métiers, nous le sommes,
05:06dès lors que nous avons des flux, nous sommes présents dans 53 pays,
05:09au niveau de la semence, donc on y est confronté,
05:11le plus important c'est les effets indirects en fait,
05:14c'est une déconsommation aux États-Unis,
05:16et donc une baisse aussi des exportations des pays
05:18sur lesquels nous travaillons vers les États-Unis.
05:20Donc on opère aux États-Unis et sur d'autres pays limitrophes,
05:22le Mexique notamment,
05:23et ces deux pays voient effectivement une baisse de consommation assez marquée actuellement.
05:26– Vous voyez une baisse de consommation aux États-Unis ?
05:28– Sur les potagères, pour être très précis avec vous.
05:31– Alors quand vous dites potagères, vous mettez quoi dedans ?
05:33– Tous les légumes, une quarantaine de légumes,
05:35tomates, melons, concombres, courgettes…
05:37– Mais parce que c'est trop cher ?
05:38– Parce qu'il y a un effet inflationniste tout simplement,
05:42qui est issu de ces tarifs qui ont été appliqués.
05:45– Donc là clairement, parce que vous êtes le premier à me dire ça,
05:48parce que dans l'industrie, ils ne disent pas ça,
05:49ils disent qu'ils ont augmenté les prix,
05:50mais qu'ils n'ont pas vu de baisse de volume,
05:52enfin pas de baisse des ventes.
05:54Vous, vous voyez une baisse des ventes ?
05:55– On a haussé les prix, et on a une baisse des ventes aux États-Unis
05:58et sur notre unité mexicaine,
06:00qui vend à des agriculteurs qui eux-mêmes exportent vers les États-Unis.
06:04Donc en fait, j'ai deux éléments tout à fait parallèles
06:06qui disent la même chose, oui.
06:07– Très intéressant.
06:08Merci beaucoup d'être venu ce matin,
06:09dans la matinale de l'économie.
06:10Sébastien Chauffeau, le directeur général de l'Imagrin.
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