Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 semaines
Mardi 16 décembre 2025, retrouvez Matthieu Barrière (Co-responsable de l'allocation d'actifs, ODDO BHF AM), Bastien Drut (Responsable des études et de la stratégie, CPR AM) et Xavier de Buhren (Directeur des investissements, Otea Capital) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:003 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Xavier Deburen est avec nous, le directeur des investissements d'OTA Capital.
00:17Bonsoir Xavier.
00:18Bonsoir Grégoire.
00:19A nos côtés également Mathieu Barrière, co-responsable de l'allocation d'actifs chez Odo BHF Asset Management.
00:24Bonsoir Mathieu.
00:25Bonsoir.
00:25Et Bastien Drou est également avec nous, le responsable des études et de la stratégie de CPR Asset Management.
00:30Bonsoir Bastien.
00:31Bonsoir.
00:31Deux rapports pour le prix d'un, ou quasiment, Bastien, puisque je rappelle le fonctionnement de ces rapports sur le marché du travail américain.
00:40Il y a une enquête entreprise, une enquête auprès des ménages.
00:42Et pour le mois d'octobre, on a seulement l'enquête entreprise, qui apporte d'ailleurs un chiffre de destruction d'emploi, je crois, assez fort.
00:49Et pour le mois de novembre, on a comme à l'habitude les deux enquêtes.
00:52Et donc un taux de chômage issu de l'enquête auprès des ménages qui remonte à 4,56%.
00:57Je vais regarder dans le détail Bastien.
01:00Mais la question étant, est-ce que tout ça valide ex poste, évidemment, la décision de la Fed ce mois-ci ?
01:05Et est-ce qu'on reste sur un ralentissement ordonné du marché du travail ?
01:10Ou est-ce qu'il y a une forme d'accélération de la dégradation de ce marché du travail ?
01:15Beaucoup de questions.
01:17Bon, alors, ce job report, il est double, parce qu'il y a celui d'octobre et de novembre.
01:23Si on regarde l'ensemble des deux, donc octobre et novembre, si on agrège les créations d'emploi,
01:29c'est des destructions d'emploi aux alentours de moins 50 000.
01:32Mais c'est largement expliqué, cette contraction, par le shutdown, en fait.
01:37Il y a des fonctionnaires qui ne sont pas comptabilisés comme étant en emploi.
01:40Et donc, il faut les retrancher.
01:42Si on regarde le secteur privé, donc j'ai amené mes notes là,
01:44on a sur l'ensemble des deux mois 121 000 créations d'emploi dans le secteur privé.
01:50Donc, ça a été soulevé par beaucoup d'observateurs aujourd'hui.
01:52Donc, on pourrait dire, c'est super, finalement, il y a beaucoup de créations d'emploi.
01:55Sauf que c'est extrêmement concentré dans un seul service,
01:59ce qui est le secteur des services à la santé.
02:02Et en fait, le secteur des services à la santé explique sur les deux mois
02:05124 000 des 121 000 créations d'emploi.
02:09Ce qui veut dire que, hors services à la santé, finalement, il y a des destructions d'emploi.
02:14Et ce n'est pas nouveau.
02:15On le voit maintenant depuis un peu plus de six mois.
02:18En réalité, hors le secteur des services à la santé,
02:22on a vraiment un marché du travail qui est à l'arrêt.
02:25Tous les autres secteurs privés ne créent pas d'emploi.
02:27Alors, ils n'en détruisent pas non plus.
02:28Ça veut dire que c'est quand même une configuration qui est très atypique.
02:32Donc, c'est toujours ce low hiring, low firing.
02:35Oui, on n'embauche plus, mais on ne met pas non plus à la porte.
02:39Exactement.
02:40En revanche, ce qu'on voit, c'est que ce marché du travail
02:43n'arrive pas à absorber les nouveaux entrants.
02:46Et là, on voit, le chômage des jeunes est vraiment très élevé maintenant.
02:49Enfin, très élevé.
02:50Il est en forte progression sur les derniers mois, sur les derniers trimestres.
02:55Effet IA ou pas ?
02:56Il y a probablement un effet IA.
03:01Donc, c'est toujours très difficile à quantifier.
03:03Quand on regarde les différentes études de rate à gauche, les fêtes régionales,
03:06oui, c'est quand même probablement en bonne partie le cas.
03:09On pressent qu'il y a un peu de ça.
03:10Exactement.
03:11Et en fait, le fait que le marché du travail n'arrive pas à absorber les nouveaux entrants,
03:15ça fait que le chômage est en train de monter.
03:17Et maintenant, j'ai fait le calcul, là, sur un an, on est sur un million de chômeurs en plus.
03:22Donc, je pense que la FED ne peut quand même pas se satisfaire d'une économie
03:27qui est en train de générer un million de chômeurs par an.
03:32Donc, ça valide complètement la décision qui a été prise la semaine dernière de baisser les taux.
03:37Et très probablement, ça validera aussi les prochaines baisses de taux.
03:41Au pluriel ?
03:42Ah ben oui, nous, c'est ce qu'on pense.
03:45On ne sera peut-être pas d'accord là-dessus.
03:47Est-ce que l'histoire que vous racontez, que ces rapports sur l'emploi nous racontent,
03:50est-ce qu'on le réconcilie avec le dernier scénario macro qui a été envoyé par la FED ?
03:56Ah, c'est quand même ça que j'ai retenu.
03:59Nous vends Gérôme Corral, c'est déjà plus de croissance, 2,5% et moins d'inflation l'an prochain aux Etats-Unis.
04:05C'est déjà assez daté.
04:06C'est-à-dire pas de ralentissement, quoi.
04:08Alors, c'est plus compliqué que ça.
04:09Parce que pour l'activité, ils ont probablement raison qu'il y aura une croissance relativement correcte l'année prochaine.
04:17En revanche, est-ce que ça se mariera avec un marché du travail qui s'améliorera l'année prochaine ?
04:21Moi, j'ai quand même vraiment des doutes par rapport à tout ce qu'on peut voir cette année.
04:25Là, la prévision de taux de chômage des membres du FOMC pour la fin de cette année, c'est 4,5%.
04:30On est déjà à 4,6%.
04:32Donc, en fait, ils sont déjà presque en retard, déjà, là-dessus.
04:36Et puis, surtout, ils prévoient une baisse du taux de chômage l'année prochaine.
04:39Donc, on a quand même du mal à anticiper que l'année prochaine, tout d'un coup,
04:45toutes les personnes qui n'arrivent pas à trouver un emploi arriveront à trouver un emploi
04:48et que le taux de chômage baissera l'année prochaine.
04:50Donc, voilà.
04:51Je pense que la Fed devra revenir aux baisses de taux l'année prochaine.
04:56Oui, il y a quelque chose qui doit lâcher de l'autre côté.
04:57Exactement.
04:57D'accord.
04:58Et donc, il y aura plus d'une baisse de taux, selon vraisemblance, l'an prochain aux États-Unis.
05:04Une étant le scénario médian qui a été signalé par les banquiers centraux américains.
05:10Qu'est-ce qu'il faut avoir comme idée macro ?
05:11Qu'est-ce que vous avez comme idée macro pour les États-Unis l'an prochain chez OdoBHFAM, Mathieu ?
05:16Partant des chiffres qu'on commente avec Bastien.
05:18L'idée, effectivement, c'est celle d'une Fed qui, pour de multiples causes,
05:25peut être amenée à couper un peu plus les taux courts que ce qui est actuellement
05:27pricé par les marchés financiers, qui tournent à un peu moins de baisse de taux.
05:34On a effectivement toujours une pression politique.
05:37Alors, des fois, elle est exacerbée, des fois, elle se réduit un peu.
05:41Elle reviendra probablement en janvier avec le choix de la tête de la Fed.
05:48On a effectivement cette montée du chômage qui est plus rapide que les attentes.
05:55Et on a également, c'est vrai qu'on a été très dominé par l'inflation de services,
06:02mais il y a aussi le manufacturier et le coût de l'énergie.
06:05On a énormément de facteurs qui poussent très rapidement le prix du pétrole à la baisse.
06:10On a cassé ce range, 60-70 dollars, dans lequel on pensait un peu que le WTI s'inscrirait.
06:1956 dollars.
06:20Et ça, d'ailleurs, ce n'est pas juste limité aux États-Unis.
06:23C'est assez global.
06:25Ça fait assez longtemps qu'on n'a pas eu de période en Europe avec du baril de pétrole à moins de 50 euros.
06:30Donc, tout ça, c'est un scénario un peu peut-être moins inflationniste ou plus déflationniste que celui
06:38qui est actuellement pricé par les marchés financiers, qui donne des marges de manœuvre aux banques centrales.
06:43Et quand on voit des communications même de prétendants à la tête de la BCE qui commencent à évoquer le fait qu'ils pourraient être confortables
06:52avec des marchés qui priceraient une hausse de taux, on a un peu l'impression que le marché anticipe un peu trop de croissance pour 2026.
06:59Donc, on n'est pas encore tout à fait à la fin des baisses de taux.
07:02C'est valable pour la Fed, c'est valable aussi pour d'autres banques centrales peut-être.
07:05Il y a des pays qui continueront leur hausse de taux, le Japon, et puis maintenant, ils y vont comme de grands garçons.
07:13Ils font ça à cause 0,25.
07:14Il y a effectivement des pays comme l'Australie, mais c'est un cycle un peu particulier.
07:24Autrement, Canada, stabilité, de la place pour couper probablement encore en Angleterre.
07:31Et puis, alors en Chine, c'est un peu difficile.
07:33Ils ont plein d'outils, ce n'est pas uniquement les taux courts.
07:36Ça peut être un peu ce qu'on faisait en Occident les années 80, la baisse des ratios obligatoires des multiplicateurs bancaires.
07:43Mais globalement, des banques centrales qui ont un peu de la marge de manœuvre.
07:47Parce qu'effectivement, il y a le vieillissement de la population qui peut avoir des effets à la fois inflationnistes et déflationnistes.
07:53Mais les effets inflationnistes, ils sont peut-être un peu compensés justement par les gains de productivité apportés par l'IA.
08:00Clairement, pas dans le secteur de la santé, c'est sûr.
08:02Et puis, cette baisse globale des prix de l'énergie avec des politiques environnementales plus souples aux États-Unis.
08:08Peut-être un retour de pétrole russe un peu plus largement encore que ce qu'on a vu les dernières années.
08:13Qu'est-ce que ça implique pour vous, et notamment quand on gère entre autres des actions,
08:18Xavier, ces politiques de banque centrale, avec l'idée effectivement d'un truc un peu moins synchrone que d'habitude.
08:26Le cycle à la fois à la hausse et à la baisse n'a pas toujours été tout à fait le même pour chacune des grandes banques centrales.
08:35Et si on prend la Fed comme leader ou en tout cas comme banque centrale de premier rang,
08:42qu'est-ce qu'une Fed qui continuerait d'ajuster encore à la baisse ses taux,
08:45qu'est-ce que ça implique pour le marché américain en l'occurrence ?
08:48Alors on l'a vu, les très bonnes performances des actifs risqués en 2025,
08:53et une grande partie de ces performances a été permis par le soutien des banques centrales
08:59avec des politiques expansionnistes et donc des baisses de taux.
09:03Ça s'est vu sur le marché européen, avec, vous l'avez dit, la banque centrale européenne
09:08qui a commencé son cycle de baisse des taux bien avant la Fed,
09:12qui ne l'a commencé qu'au mois de septembre.
09:15Mais ça, ça a été un élément fondamental pour le marché,
09:19en plus d'une croissance économique qui a été plutôt bonne globalement
09:23et encore très résiliente aux États-Unis,
09:26alors qu'il y avait pas mal de craintes du côté de l'économie américaine.
09:32Donc ces politiques expansionnistes sont des soutiens très clairs pour le marché.
09:38Et aujourd'hui, on va avoir, si on s'intéresse à l'Europe et aux États-Unis,
09:42on va avoir deux zones qui vont avoir deux vitesses différentes,
09:45puisque, on l'a dit, le cycle de baisse de taux de la Fed est en cours, va continuer.
09:52Je suis tout à fait d'accord sur le fait qu'on puisse avoir deux baisses de taux pour l'année prochaine aux États-Unis,
09:58parce qu'on va avoir une inflation qui va continuer à se maintenir sur des taux quand même élevés.
10:02Il y a quand même élevés, il y a le marché de l'emploi qui est clairement au point mort.
10:07On l'a dit, il n'y a pas de destruction d'emploi, mais il n'y en a pas de création non plus.
10:12Et puis on voit du côté des données manufacturières aux États-Unis, c'est quand même assez médiocre.
10:17Et on voit aussi quand même un ralentissement de la consommation des ménages américains
10:24avec un moral qui reste quand même pas très bon.
10:26En dehors de ceux qui vivent de l'IA ou qui vivent pour l'IA, je ne sais pas,
10:30la photographie est un peu différente.
10:32Donc, ça peut justifier l'aide de la Banque centrale américaine
10:37pour un peu de soutien à l'économie américaine.
10:41Et ça, ça veut dire des dynamiques du marché actions américain
10:44qui peuvent être différentes à un moment ?
10:46Par rapport à la situation européenne, on a dit que l'économie américaine
10:52pourrait tourner aux alentours de 2,5% sur son potentiel économique.
10:58Du côté de l'Europe, on parle plutôt, même si la Banque centrale européenne
11:02est très dynamique dans son discours en disant qu'elle nous prépare
11:07à des révisions à la hausse de la croissance pour 2026,
11:11c'est un discours qui est quand même assez net sur le fait que le statu quo
11:14est là pour durer en Europe.
11:17Donc, plus de soutien sur les conditions financières qui pourraient s'améliorer
11:21et quand il y a des conditions financières favorables,
11:25eh bien, ça permet de relancer l'investissement des entreprises
11:27ou la consommation des ménages, notamment en Europe.
11:32Donc, finalement, le potentiel de baisse des taux, il est fait en Europe
11:38et on est en plein dedans aux États-Unis.
11:40D'accord.
11:41Donc, on a un potentiel de croissance aux États-Unis qui est supérieur à la croissance européenne
11:46et quand on descend encore d'un niveau d'un point de vue microéconomique,
11:51on a, pour une fois, le consensus attend les mêmes croissances de bénéfices par action
11:57pour 2026 aux États-Unis comme en Europe, aux alentours de 15%.
12:02Ça fait trois ans qu'il n'y a plus de croissance bénéficiaire en Europe.
12:06Ça fait trois ans, alors, ça fait qu'on arrive sur des effets de base qui sont plus faciles à mettre.
12:12Maintenant, quand vous avez 1% de croissance économique sur la zone euro
12:17pour pouvoir justifier 15% de croissance des bénéfices par action,
12:21il y a quelque chose qui doit s'ajuster, ça s'ajustera par le consensus.
12:25On est plus à l'aise avec des niveaux de croissance des bénéfices par action
12:29entre 10 et 15% aux États-Unis, justifiés par cette dynamique de croissance,
12:33justifiés pas évidemment par la dynamique d'investissement qu'on a sur la tech,
12:37on pourra en reparler, et pas mal de choses.
12:39Il y aura aussi la baisse des impôts qui sont prévus pour la première partie de 2026,
12:44qui devraient soutenir également...
12:45Donc, les feux restent au vert pour être investis sur le marché américain ?
12:48Aujourd'hui, si on compare et qu'on se dit, voilà, croissance politique monétaire juste sur ces faits-là
12:55et bénéfices par action, les États-Unis, encore une fois, cochent quand même les cases par rapport à l'Europe.
13:01Et est-ce que la dynamique du marché américain, je reviens à cette question, peut être différente ?
13:06On a vu pour une bonne partie de l'année, en tout cas, au retour de l'été notamment,
13:13le thème d'IA, à nouveau tout emporté sur son passage.
13:17Est-ce qu'il y a de la place pour d'autres sujets, d'autres thématiques dans ce marché américain
13:23et qui pourraient capter l'intérêt des investisseurs ? C'est tout le but.
13:26Il y en a certainement.
13:27Il faut voir que le très gros rallye qu'on a eu sur le quatrième trimestre de cette année
13:31a quand même remis des niveaux de valorisation sur des plus hauts historiques
13:35qui laissent quand même peu de place, voire pas de place, pour un grain de sable, pour des déceptions, etc.
13:44Donc, il faut faire attention à ça.
13:46Là, on commence à voir certains signes, notamment dans le marché américain.
13:51Et ça, depuis un mois, le segment des petites et moyennes capitalisations américaines
13:54qui avait été vraiment très, très délaissé, puisque les flux n'avaient que dans un sens,
13:57c'était sur le secteur de la tech, évidemment.
14:01Et depuis un mois, on voit que ce segment-là surperforme.
14:05C'est en hausse d'à peu près 5-6% sur un mois pour un marché qui est plutôt aux alentours de 1,5%.
14:10Et donc, ça, il va falloir voir si ces choses-là continuent.
14:15Mais quand les taux baissent, c'est plutôt favorable pour ce segment.
14:19Donc, les baisses de taux américains devraient normalement mettre en place une certaine rotation sectorielle
14:28au sein des classes d'actifs et des secteurs.
14:31Est-ce que ça peut se dérouler comme ça ?
14:33Qu'est-ce que vous en dites chez CEPR ?
14:34Oui, c'est notre scénario.
14:36C'est exactement notre scénario.
14:37Le fait qu'on ait effectivement ces baisses de taux, ça peut permettre de rééquilibrer un peu le marché américain.
14:46Quand je suis passé la dernière fois ici, je pense que je l'avais déjà dit, mais je le redis,
14:50parce que c'est encore vrai.
14:50Mais on a une dynamique de profit qui, en dehors des très grosses entreprises américaines, est à peu près nulle.
14:57Quand on calcule les profits hors cette magnifique, il ne se passe quasiment rien.
15:03C'est en train de s'améliorer un petit peu.
15:05Et ça, c'est vraiment avec une macro qui s'améliorera que ça peut se déclencher.
15:12Et pour le moment, on avait des taux d'intérêt, une politique monétaire qui était encore trop restrictive.
15:19Le fait de la baisser progressivement, ça va évidemment aider tout le reste de la cote hors M7.
15:25Mais on n'est pas non plus sur un cycle de baisse de taux qui est très spectaculaire.
15:30Là, on est passé de 4 à 3.
15:32On parle de 2.
15:33Oui, on arrive à 3,50.
15:36Ce n'est pas non plus un mouvement qui est extrêmement franc,
15:39qui permettrait d'avoir un rattrapage qui serait très fort.
15:42Donc, pour l'instant, c'est encore le secteur de la tech qui va dominer l'IA, etc.
15:46Comment vous voyez ce marché américain évoluer de votre côté, Mathieu ?
15:51Est-ce qu'il y a de la place, effectivement, pour du rattrapage,
15:53pour des segments du marché et des tailles d'entreprises qui n'ont pas fait grand-chose jusqu'à présent ?
15:58C'est toujours un peu pareil.
15:59On se dit, tiens, les M7 vont tenir au sommet et puis le reste du marché va rattraper.
16:05C'est presque un peu trop beau comme scénario pour être vrai.
16:07Donc, on réfléchit aux risques qui peuvent être attachés à ce genre de scénario, j'imagine.
16:11Oui, oui, ce serait effectivement un scénario...
16:13Ça peut être trop beau, je n'en sais rien !
16:15C'est un scénario, on va dire, peu probable.
16:17Oui, c'est ça.
16:18S'il se réalise, ceux qui l'auront investi, notamment via le marché des options, feront de grandes fortunes.
16:24Je rejoins ce qui a été dit sur le segment des petites et moyennes capitalisations,
16:29en ayant peut-être une légère préférence pour les mid-cap aux US,
16:32le segment entre les 500 et 1000-games capitalisations.
16:37C'est vrai que dans le bas du spectre, du côté Russell 2000,
16:41on a des futures, on a aussi des ETF qui permettent à l'investisseur retail d'aller sur ce produit.
16:47On avait vu aussi, il y a quelques années, les phénomènes de bulles volontaires créées par les...
16:54On a quand même pas mal de zombies compagnies dans le secteur des petites capitalisations.
17:03Mais entre la cinquantième et la millième, c'est la 500 000.
17:08Par exemple, le SP400 mid, ce type de taille de capitalisation,
17:14où il y a de la liquidité qui est correcte,
17:18et où il n'y a pas trop de structurally money losing compagnie.
17:23Ensuite, oui, effectivement, attention quand même,
17:29ce n'est pas notre scénario central,
17:30mais en cas de continuation de la forte baisse du dollar,
17:34ça continuera de faire un vent favorable pour les exportateurs US.
17:39Et donc là, c'est quand même un peu plus large,
17:42beaucoup moins small,
17:43et d'où aussi notre positionnement vers les mille.
17:45On a un positionnement un peu moins caricaturellement domestique.
17:48Pourquoi ce n'est pas votre scénario central, la poursuite de la baisse du dollar ?
17:50La poursuite de la baisse du dollar, mais aussi vive ?
17:53Oui, on ne répète pas les moins dix en ligne.
17:56Notamment vis-à-vis des marchés sur lesquels la tarification
18:02est quelque chose vraiment de central au niveau des imports-exports,
18:06et notamment l'Europe,
18:08qui est quand même peut-être un des pays qui est les moins fermés aux imports,
18:14l'une des régions, pardon.
18:15Effectivement, on voit une poursuite de la baisse du dollar.
18:19On a été quand même surpris par le fait que ce soit l'euro
18:22qui soit en tête du peloton,
18:24des monnaies qui seraient apprécies par rapport au dollar.
18:28Pourquoi ?
18:29On n'avait pas un différentiel de croissance dans notre faveur ?
18:32Quand on regarde par rapport à des fondamentaux de long terme,
18:37c'est quand même une monnaie qui n'est plus excessivement décotée
18:41par rapport au fait qu'il y a à peu près au juste prix
18:43si on prend l'ensemble des partenaires de commerce de la zone européenne.
18:47Toujours pas cher par rapport au dollar.
18:49182 yens pour un euro, ça a quand même assez compliqué.
18:53Là, le yen est au plus bas contre euro ever.
18:56Exactement.
18:56Évidemment, on a peut-être encore le franc suisse
18:59qui reste relativement cher, forcément.
19:01C'est habituel par rapport à l'euro,
19:03mais on a beaucoup de monnaies qu'on s'est déduit.
19:05Et donc si la baisse du dollar est faite contre euro,
19:07contre qui ?
19:08Est-ce qu'on va voir le dollar baisser l'an prochain ?
19:10Alors, nous, on pense qu'effectivement, du côté japonais,
19:16il y a quand même pas mal de scénarios
19:18où peut se matérialiser ce rebond du yen
19:20qui arrive parfois, qui s'évase en général assez vite.
19:23Ça se fait ordonner de manière ordonnée
19:24ou ça peut être toujours un peu brutal ?
19:26Avec justement un peu de brutalité.
19:29C'est vrai que l'harmonie de la politique budgétaire
19:31et monétaire au Japon, elle est un peu mise à mal.
19:34Mais finalement, on a une remontée quand même assez significative
19:38des courbes de taux au Japon.
19:39Le portage d'obligations et d'actifs internationaux
19:46pour les assureurs japonais, ça peut être un peu moins évident.
19:49On peut avoir un effet.
19:50À un moment, il est temps de prendre profit sur ces actifs
19:52libellés en devise haute que l'yen pour les investisseurs japonais.
19:56Et là, évidemment, quand on met en cash, on rapatrie.
19:58Il y a aussi le renminbi.
20:01Moi, j'ajouterais le renminbi parce que l'un des chiffres marquants,
20:05ces derniers jours, c'était…
20:07Le trillion de dollars d'excédent ?
20:09Oui, mais sur 11 mois.
20:10Oui, oui.
20:10C'est ça qui était très impressionnant.
20:13Et surtout, ce que j'ai regardé, c'est que l'excédent, il a monté.
20:18Mais l'économie mondiale a grossi aussi sur ces dernières années.
20:22Et j'ai calculé l'excédent commercial chinois en pourcentage du PIB mondial.
20:26Et on est arrivé à 1% du PIB mondial.
20:28Je crois que ça n'est jamais arrivé qu'un pays ait un excédent commercial.
20:31Je ne parle pas des exportations.
20:32Ah oui, j'entends.
20:33Un excédent commercial aussi important.
20:35Et quand on regarde un cas à peu près semblable
20:38qui était celui du Japon dans les années 80,
20:40ça avait mené à une très forte appréciation du yen.
20:43Et en fait, le sens de l'histoire, c'est peut-être aussi quand même
20:46de l'appréciation du Renminbi.
20:48Et on n'en parle pas du tout parce que ça n'est pas spectaculaire.
20:51Mais le Renminbi est au plus haut maintenant depuis facilement 12 mois,
20:55voire un peu plus que ça.
20:56Je ne connais pas la date exacte.
20:58Mais il y a vraiment une tendance qui est très claire
21:00et qui est même linéaire en fait sur les 12 derniers mois.
21:04Donc voilà, je pense que ça, c'est quelque chose qui est favorable
21:08pour les devises émergentes en général.
21:10Et du coup, ça peut bénéficier à d'autres devises émergentes.
21:24On peut penser par exemple au Réal brésilien.
21:27Ça fait partie des choses que nous, on regarde.
21:29C'est un petit thème qu'on a commencé à traiter.
21:30Oui, 2026, l'année des devises émergentes et asiatiques.
21:34On s'est focalisé sur l'Asie, mais pourquoi pas effectivement
21:36pour le Réal brésilien.
21:38Ce jeu de devises, c'est vrai que c'est intéressant.
21:42L'euro, l'envolée de l'euro sur la première partie de l'année,
21:46ça se retrouve aussi, j'imagine, dans l'absence de croissance bénéficiaire
21:50des entreprises à la fin de l'année.
21:52Xavier, c'est quand même un facteur qui a joué,
21:54qu'on ne peut pas minorer.
21:56Et quand vous reprenez le consensus et les anticipations
21:59de croissance bénéficiaire pour l'Europe,
22:01une des raisons d'y croire cette fois,
22:03c'est de se dire que oui, le jeu des devises sera peut-être
22:05moins défavorable à l'Europe.
22:07Une bonne illustration d'ailleurs,
22:09c'est tout le segment de la quality growth,
22:13donc les valeurs de croissance et de bonne qualité,
22:18le luxe par exemple.
22:19Et donc finalement, on peut élargir ça
22:21aux grandes entreprises européennes exportatrices
22:24qui ont effectivement souffert de cette appréciation
22:28de l'euro par rapport au dollar,
22:29perte de compétitivité,
22:30et puis un impact significatif sur les publications
22:33de résultats, évidemment.
22:35Et ça, ça s'est vu sur les performances,
22:38en dehors de pas mal de choses,
22:39mais c'est quand même un des éléments
22:42qui a évidemment pesé sur le sentiment
22:45et sur la performance de ces valeurs.
22:51Après, effectivement, nous, on est assez d'accord
22:54avec le scénario de dire qu'on est plutôt sur une stabilité
22:57entre l'euro et le dollar
22:58et que la grosse partie de la baisse a été faite.
23:01D'ailleurs, on voit bien que c'est plutôt assez stable
23:04depuis quelques mois.
23:07Le discours aussi divergent,
23:09ça rejoint ce que je disais tout à l'heure,
23:10entre un assouplissement de la Fed
23:13et un discours plus dur également de la BCE,
23:18ça aussi permet également de figer un peu ça
23:20et pourquoi pas de voir une petite réappréciation du dollar.
23:25Donc, cet élément qui avait beaucoup pesé cette année,
23:28je vous rappelle que ça coûte quasiment,
23:31notamment sur les investissements en euros
23:35sur des actifs libellés en dollars,
23:39ça coûte quasiment 12 ou 13 % de performance.
23:42C'est évidemment pas négligeable.
23:45Et ça, si on considère qu'on est arrivé sur un plateau,
23:48cette tendance-là, au moins l'effet de base
23:50devrait permettre de voir une légère amélioration
23:54sur cet effet-là.
23:55Donc, on peut dire que l'effet négatif
23:58de la remontée de l'euro est sans doute derrière nous
24:00et que 2026 devrait être beaucoup plus lisible
24:03sur cette partie-là.
24:04Ça donne envie de se renforcer dans ce que vous appelez
24:06Quality Growth, effectivement,
24:07qui a, je crois, en relatif, sous-performé comme jamais
24:11par rapport à ce qui a marché en Europe,
24:13plutôt value, les financières,
24:16une année où il ne fallait vraiment pas les rater,
24:18mais ça fait déjà 4-5 ans que le secteur bancaire en Europe...
24:20Parce qu'il ne faut pas les rater.
24:22Depuis 2020, je le rappelle à chaque fois,
24:24les banques européennes font mieux que le Nasdaq américain.
24:29Mais cette année, vraiment, il fallait les avoir.
24:30Et puis, l'autre partie, c'est le thème de la défense, bien sûr,
24:33tout ce qui est guidé par les dépenses d'investissement public,
24:38pour l'instant, entre autres.
24:38On voit bien que ces thématiques-là sont en train de se normaliser.
24:42Il y a évidemment, il y a eu beaucoup d'anticipation sur...
24:45Banque et défense se normalisent.
24:46Alors, pas la banque.
24:48Nous, on reste positif et on continue de pousser cette thématique
24:52pour 2026, pour des raisons de valorisation.
24:54Même si le rattrapage a été exceptionnel,
24:56c'est un secteur qui ne se paye pas très cher
24:57au vu de la dynamique de croissance de bénéfices par action qu'on a.
25:00C'est-à-dire que les banques sur le marché européen,
25:03c'est le pendant des Max 7 aux États-Unis.
25:05C'est-à-dire que la dynamique de bénéfices par action a été soutenue
25:09par le secteur bancaire.
25:10C'est plus de 20 trimestres consécutifs de beat and raise.
25:13Bien sûr.
25:13Du secteur bancaire.
25:14Donc, il y a eu un rattrapage de valorisation.
25:16Il y a une dynamique de croissance bénéficiaire qui est très favorable.
25:20Vous avez un niveau de rendement pour l'actionnaire
25:25qui reste encore très attractif aux alentours de 8 %.
25:28Donc, franchement, c'est d'un point de vue fondamental.
25:32Ça reste un secteur et une thématique à jouer pour 2026.
25:37Donc, après, sur le reste, on voit effectivement que ces entreprises
25:41de très bonne qualité, qui sont quand même souvent des leaders mondiaux
25:45avec des barres de marché très importantes,
25:48ont quand même souffert en termes de performance relative et absolue en 2025.
25:55Et on revient sur des niveaux de valorisation qui sont attractifs,
26:00c'est-à-dire en ligne avec ces 15 ou 20 dernières années.
26:03Il y avait eu pas mal d'excès quand ces secteurs-là montaient.
26:07Mais aujourd'hui, c'est des niveaux qui nous semblent attractifs.
26:10On a des effets de base qui vont être favorables.
26:12L'effet change, on l'a dit, qui vont être derrière nous.
26:14Des éléments de valorisation qui nous semblent quand même plus attractifs.
26:18Et donc, sur un horizon de temps moyen-long terme,
26:21ça reste des valeurs de très belle qualité sur lesquelles on peut prendre des positions aujourd'hui
26:26avec un risque qui nous semble limité,
26:28même si ça a déjà, pour certaines valeurs, pas mal rattrapé.
26:32Le secteur du luxe, notamment, Kering sur ses plus bas,
26:35ça a repris déjà 60% et LVMH aussi, ça a bien fait.
26:38C'est vrai, mais en tout cas, il y a encore en relatif
26:43des entreprises de qualité qui sont encore en retard
26:46et ça vaut la peine de se positionner dessus.
26:48Ça pose la question, effectivement, de l'exposition à la Chine.
26:51C'est vrai qu'on ne l'a pas nommé,
26:53mais un des vents contraires pour ces boîtes-là,
26:56ça a été aussi leur exposition à la Chine
26:57avec des changements structurels sur le marché chinois,
27:00typiquement dans le luxe.
27:02Bon, le consommateur chinois n'est peut-être pas en grande forme
27:04et puis quand il consomme, de plus en plus,
27:06il arbitre vers des franchises ou des enseignes nationales.
27:10Ça veut dire qu'on ne revient pas quand même à l'état précédent
27:15quand le luxe, par exemple, dominait tout.
27:18On peut citer l'automobile aussi,
27:20qui a eu de belles années en Chine,
27:21je pense notamment à l'automobile allemande.
27:23Tout ça est quand même bien derrière nous maintenant.
27:25Là, il y a un changement structurel qui est quand même très fort
27:28sur la Chine sur les dernières années,
27:30avec une demande domestique qui est mal engagée.
27:36Quand on calcule l'évolution de la demande domestique,
27:41on revient, il y a eu la période des...
27:44Je ne trouve plus, comment ça s'appelle,
27:45quand on fermait l'économie, là ?
27:47Oui, le shutdown, le Covid, le confinement.
27:50Les confinements, voilà.
27:51Une période de confinement répétition en 2022.
27:54Bon, on est sur ce niveau de croissance
27:57et pour retrouver cette médiocrité des chiffres chinois,
28:01il faut repartir dans les années 80, en fait.
28:04Donc, c'est vraiment une économie qui ne se porte pas très bien.
28:08Le consommateur, vraiment, est très déprimé.
28:12On voit que la crise immobilière est loin d'être terminée, en réalité.
28:15Les prix continuent à baisser très rapidement.
28:18Depuis le pic, les prix dans l'ancien ont perdu 20%.
28:21Quand même, maintenant, ça commence à faire vraiment beaucoup.
28:23Et puis, ça pèse énormément sur le moral des consommateurs chinois
28:27qui, pour beaucoup, n'ont que cet actif pour la retraite.
28:31Donc, tout ça, ça pèse énormément.
28:33Et, en fait, on a ces surcapacités, finalement,
28:37de production qu'il peut y avoir en Chine
28:41qui viennent vraiment peser, finalement,
28:44sur les secteurs exportateurs d'autres pays
28:46comme, on venait de le dire,
28:48sur les constructeurs automobiles allemands.
28:50Donc, là, on a vraiment ce choc Chine 2.0
28:53qui se matérialise complètement, quoi.
28:56Et pour autant, Mathieu, là aussi,
28:58c'est un des faits marquants de l'année 2025.
29:00que la Chine est redevenue investissable.
29:02En tout cas, pour ceux qui pensaient qu'elle ne l'était plus,
29:05elle est redevenue investissable.
29:06Pour des raisons qu'on n'imaginait pas,
29:08il y a peut-être encore une paire d'années.
29:10Parce que la Chine est à la pointe de l'innovation mondiale,
29:13aujourd'hui, dans tout un tas de domaines.
29:15Alors, ça, c'est avéré.
29:17C'est avéré.
29:18Et puis, peut-être aussi, en termes d'innovation,
29:21une bonne coordination monétaire
29:25et des autorités de régulation des places financières chinoises.
29:302023, on avait quand même de plus en plus,
29:33on va dire, d'officiels chinois
29:35qui faisaient des petits tours en Occident
29:37en expliquant que, si, si, il fallait avoir confiance.
29:39Et que le but d'une entreprise chinoise,
29:42c'était de refaire monter son cours de bourse.
29:44Parce qu'il fallait quand même payer un peu les investisseurs.
29:46Et à l'époque, en Europe, voire même aux Etats-Unis,
29:49on se posait des questions sur la moralité
29:51des rachats d'actions en Chine.
29:54Ça poussait pour faire du buy-back,
29:55pour remonter les cours au-delà de leurs valeurs fondamentales.
29:59Une logique assez simple aussi.
30:02Finalement, il y a des titres sur un marché.
30:04S'il y a moins de titres, les titres valent plus cher.
30:07Donc, c'est la fin des introductions en bourse.
30:08Attention, attention quand même,
30:11parce que depuis cet été,
30:13les autorités chinoises ne disent pas
30:16à toutes les entreprises de tech chinoises
30:17« Allez-y, allez-y, faites de l'IPO
30:19et vendez votre technologie à l'international. »
30:23Mais ils réautorisent quand même le pipeline.
30:25Donc, ça veut dire des papiers qui reviennent.
30:28Et puis, ça peut aussi être d'ailleurs une thématique sur les US,
30:32mais si on a un gros retour des introductions,
30:35des augmentations de capital dans les marchés bien organisés,
30:38ça peut quand même venir peser sur le potentiel de hausse.
30:42Oui, très clair.
30:43Bon, en Chine, on essaye aussi d'orienter quand même le ménage chinois
30:46toujours plus vers les marchés de capitaux et vers la bourse, j'imagine.
30:48Alors, on essaye ça.
30:50Ce n'est pas forcément fait intégralement.
30:53Mais intégralement, on a plutôt les investisseurs chinois qui vont d'ailleurs sur le marché de Shanghai.
31:01Ce qui était assez intéressant, c'est qu'on a quelques titres,
31:03quelques dizaines de grosses capitalisations qui ont une double cotation entre Hong Kong et Shanghai.
31:10On devrait quand même avoir une forme de similarité des prix
31:12parce qu'on a des mécanismes de transfert de titres entre les deux places.
31:17historiquement, enfin quand je dis historiquement, c'était on va dire de 2011 jusqu'à 2023,
31:24on avait les entreprises chinoises qui étaient moins chères à Hong Kong,
31:28la place des investisseurs internationaux, qu'à Shanghai.
31:31C'est toujours un peu le cas, mais ce n'est plus absolument systématique.
31:34On a même certains titres, on va dire, traditionnellement assez considérés,
31:38qui avaient toujours été considérés comme acceptables,
31:40qui commencent à être maintenant plus chers sur la place internationale,
31:43ce serait caricaturale, que la place domestique.
31:46Donc je pense qu'on ne peut plus raisonnablement dire
31:49qu'il y a un sous-positionnement structurel des géants actifs sur la Chine désormais.
31:53Et d'ailleurs, il suffit de le voir par le jeu des corrélations,
31:55une autre manière de jouer la Chine, cette année c'était assez bête,
31:58c'était de ne pas avoir d'Inde.
31:59On regarde la puissance du marché indien.
32:01Bon, ce momentum trade, long chine, short end,
32:04comme plein d'autres trades de momentum dans le marché,
32:06ça commence quand même à caler.
32:08À fatiguer un peu, oui, c'est ça.
32:09Pour du structurel, la Chine, ça reste formidable.
32:12En conjoncturel et en tactique,
32:14il n'y a pas forcément un potentiel énorme dans la semaine qui vient.
32:16On parlait IPO, j'ajoute M&A aussi.
32:19Est-ce qu'on a les ingrédients d'une vraie reprise de ces sujets,
32:24qui sont aussi des thèmes de marché à part entière,
32:26qui permettent de mettre des prix,
32:29de mettre des niveaux de valorisation aussi ?
32:33C'est vrai que sur la partie M&A,
32:34on a terminé un peu l'année en fanfare,
32:36avec la surenchère autour de Warner Bros Discovery,
32:40la bataille entre Netflix et Paramount.
32:42Mais ça avait commencé fort aussi avec les chemins de fer aux États-Unis.
32:46Un gros, gros deal dans les chemins de fer américains.
32:49Est-ce que c'est un thème qui repart pour vous ?
32:52On voit que de toute façon,
32:53sur ces grandes consolidations un peu structurelles,
32:57il y a toujours des opérations.
32:59Ce qu'il faut regarder, c'est un peu plus bas,
33:02un étage des petites et moyennes entreprises, par exemple.
33:06Et on voit bien que là, notamment aux États-Unis,
33:09avec la faible visibilité qu'il y a sur l'implémentation des droits de douane
33:14et les conséquences que ça va avoir, etc.,
33:17que les chefs d'entreprise ne bougent pas une oreille,
33:19ne vont pas se mettre à investir, d'ailleurs,
33:21que ce soit dans des capacités de production
33:23ou que ce soit dans des acquisitions.
33:26D'ailleurs, ça sous-entend et ça explique aussi
33:28que le marché de l'emploi soit aussi à tonne.
33:31Qu'il y a pas de décision d'investissement qui sont prises là-dessus.
33:36Après, on regarde en Europe,
33:38on a quand même une meilleure visibilité quand même.
33:41On a retrouvé des niveaux de financement
33:43qui sont vraiment très corrects.
33:44Et là, on a l'investissement des entreprises
33:47et des chiffres qui montrent qu'on a une reprise.
33:51On peut le voir d'ailleurs,
33:52Spie, qui lui, continue à consolider son marché,
33:55continue à consolider, à racheter des entreprises, etc.
33:59Donc ça, il y a un flux sous-jacent.
34:02Quand une entreprise a un bilan sain
34:05et la capacité de pouvoir racheter,
34:06profite justement de certaines opportunités
34:13pour pouvoir continuer à consolider son marché.
34:17Après, on a vu aussi certaines petites capitalisations
34:21avec des niveaux de valorisation injustifiables,
34:24tellement basses,
34:25qui se sont fait racheter.
34:28C'est assez logique.
34:30Quand il y a une telle divergence
34:31au sein des thématiques,
34:34au sein des secteurs en termes de performance
34:36et en taille de capitalisation,
34:39ça doit alimenter normalement le marché du M&A.
34:44Et l'illustration d'une reprise qu'on a vue sur le T4
34:47nous le prouve.
34:48Après, je notais qu'en moyenne, quand même,
34:51alors le privé, le private equity,
34:54offre encore des valorisations
34:57plus intéressantes pour les entreprises
34:59que les marchés liquides,
35:01côté, effectivement, une forme d'aberration.
35:04Il y a une déprime à la liquidité,
35:06une prime à l'illiquidité aujourd'hui.
35:07Mais quand même, j'ai l'impression
35:08que les deux convergent.
35:10Les multiples payés dans le privé
35:12sont quand même bien moins élevés aujourd'hui
35:14qu'il y avait encore quelques années derrière nous.
35:17Ah ben, c'est sûr.
35:19Ça s'ajuste.
35:20Ça s'ajuste.
35:21Forcément, il y avait certainement
35:23des exagérations dans le private equity.
35:26Mais si on regarde la dynamique du private equity
35:28et pense que l'élément le plus facile
35:31pour juger cette dynamique,
35:33c'est les levées de fonds
35:36de nouveaux fonds
35:39par ces géants de private equity.
35:41Et c'est quand même très, très difficile aujourd'hui.
35:43Il y a des objectifs qui sont donnés.
35:45Finalement, les fonds,
35:47les acteurs du private equity
35:49n'arrivent qu'à lever 50, 60, 70 %
35:51de leurs objectifs.
35:53Ça montre bien que, déjà,
35:54les gens en ont beaucoup
35:55et que, finalement,
35:58les performances qui commencent à arriver
35:59montrent qu'on est loin
36:01des niveaux de TRI
36:02qu'on avait pu constater
36:04les années précédentes.
36:07Donc, tout s'ajuste.
36:08Ça met du temps, mais tout s'ajuste.
36:10Bon, petit tour de table,
36:12un mot d'ordre pour l'investissement en 2026.
36:14C'est PRA, cette maladie de loin.
36:16Je ne sais pas,
36:17une ou quelques idées directrices.
36:19Nous, on croit toujours au thème de l'IA.
36:21On a un fonds IA.
36:24Mais on croit vraiment
36:25qu'en fait,
36:27les interrogations qu'il va y avoir,
36:30parce qu'il y aura des interrogations
36:31qui créeront de la volatilité
36:33sur cette trajectoire,
36:36finalement,
36:37on aura de bonnes performances
36:39sur l'année 2026.
36:40Vraiment, on continue à croire
36:42que la progression des profits
36:44qu'on peut avoir
36:44sur les grandes sociétés technologiques
36:46se poursuivra.
36:49Les doutes qui pourront apparaître,
36:51qui apparaissent déjà
36:51et qui pourront apparaître à nouveau,
36:53seront quand même évacués
36:54par la performance économique
36:56de ces entreprises.
36:57Vraiment, ce qu'on pense,
36:58c'est que la demande
36:59pour tout ce qui concerne
37:00les services cloud aux Etats-Unis
37:01et les demandes pour les data centers
37:03est vraiment beaucoup plus forte
37:05que la capacité de déploiement,
37:06finalement,
37:07que peuvent avoir les hyperscalers.
37:09Donc, vraiment,
37:10on continue à croire
37:11à ce thème-là.
37:12Donc, il ne faut pas se décourager,
37:14même s'il y a de la volatilité
37:15ponctuellement,
37:17à cause des interrogations
37:18sur la disponibilité de l'électricité,
37:20à cause de ces différentes thématiques.
37:23Oui, c'est l'aventure,
37:24Lire, effectivement.
37:25Chez Odo,
37:27BHF Asset Management,
37:28c'est quoi la ligne directrice
37:30pour débuter 2026 ?
37:31Alors, on a beaucoup échangé
37:33sur les marchés d'action,
37:34ce n'est pas les seuls marchés.
37:35On garde notre positionnement crédit,
37:38le crédit pour le portage.
37:40Évidemment,
37:40vu le niveau de spread actuel,
37:41on ne voit pas
37:42des resserrements massifs.
37:43On ne voit pas avoir
37:44une banque centrale
37:45qui fait des effets d'évection,
37:47mais du portage,
37:47du crédit court.
37:48Et puis, on observe quand même
37:49des courbes de taux
37:50qui nous paraissent
37:51trop pentues.
37:52On ne croit pas.
37:54Trop pentues, certaines ?
37:54Oui, oui.
37:55Au Japon,
37:56c'est la plus pentue.
37:57C'est la plus pentue.
37:58Je ne sais pas,
37:58c'est la plus pentue.
37:59Effectivement,
38:00moins il y a de croissance,
38:02plus c'est pentue.
38:03Actuellement,
38:03on a des plantes
38:04assez significatives aussi
38:06en Europe,
38:06peut-être plus
38:07qu'aux Etats-Unis.
38:09Et puis,
38:09même aux Etats-Unis,
38:10finalement,
38:11on se pose la question
38:12sur où peuvent aller
38:13les taux longs aux US.
38:15Oui,
38:15on peut peut-être avoir
38:150,10, 0,20
38:16de tension supplémentaire.
38:18Mais souvenons-nous
38:19que même si M. Waller,
38:21qui à un moment
38:21était donné
38:21comme candidat viable
38:24pour plaire à M. Trump,
38:25il est un peu redescendu
38:27dans les marchés prédictifs.
38:29C'est lui qui,
38:31en octobre 2023,
38:32avait un peu sonné
38:33le « je suis centriste
38:35au sein du bord de la FED »,
38:35mais ça suffit.
38:36Là,
38:36quand on a les 30 ans
38:37qui sont à 5%,
38:39ça devient compliqué
38:40sur les MBS.
38:41Le but,
38:41ce n'est pas de planter l'économie.
38:42On est aux alentours
38:43de 4,8.
38:45Voilà.
38:46On se dit quand même,
38:47au bout d'un moment,
38:48il y aura soit le budget
38:49qui va dire
38:50« ce n'est pas grave,
38:51je vais uniquement
38:52y mettre du cours
38:52et puis si ça pose du problème,
38:54ce sera dans 4 ans,
38:54donc ce ne sera pas mon problème.
38:56Sinon,
38:58on aura aussi
38:59des banques centrales
39:00qui s'en repartient.
39:01La pression va pouvoir baisser
39:02quand même
39:02sur les parties longues
39:03et super longues de courbes.
39:04On le pense.
39:06On a du « roll-down »
39:07un peu sur certains endroits
39:09des courbes
39:10et puis ça reste
39:11un actif producteur.
39:12Donc restons investis
39:13sur les marchés actions.
39:14On a quelques reflux
39:15sur certains acteurs
39:16de la tech
39:16qui repassent
39:17de vraiment très très chers
39:19à simplement
39:19un peu chers.
39:22C'est peut-être
39:22une occasion
39:23de réaugmenter
39:24les surpondérations
39:25ou réduire
39:26les sous-pondérations
39:27selon le positionnement
39:28de chacun.
39:29Mais restons
39:29à peu près
39:30sur le même niveau
39:30d'exposition actions
39:31et puis remettons
39:33du risque
39:34de durations
39:35parce qu'il peut payer
39:36étant donné
39:36qu'il a souffert.
39:3730 secondes.
39:39Nous,
39:39on aborde
39:40le début de 2026
39:41plutôt neutre
39:42compte tenu
39:43du rallye qu'il y a eu
39:44et des niveaux
39:44de valorisation
39:45aussi bien
39:45sur le crédit corporate
39:47que sur les actions.
39:48Merci beaucoup.
39:49Merci à vous trois,
39:50messieurs,
39:50d'avoir été invités
39:51de Panète Marché.
39:51Ce soir,
39:52Xavier de Buren,
39:52OTA Capital,
39:53Bastien Drus,
39:54CPR Asset Management,
39:55Mathieu Barrière,
39:56Odo BHF AM.
Commentaires

Recommandations