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Christel Heydemann, directrice générale d'Orange, était l'invitée de Laure Closier dans Good Morning Business, ce vendredi 20 février. Elle a expliqué l’évolution d’Orange Business sur les enjeux de confiance et de cyberattaques, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:007h46 sur BFM Business et sur AMC Live. Notre invitée ce matin c'est Christelle Hedman. Bonjour, vous êtes la
00:05directrice générale d'Orange.
00:06Vous venez de présenter vos résultats et votre plan stratégique. On le disait il y a quelques instants avec Anthony
00:11Morel, très appréciant en bourse.
00:12Le titre a pris 7%. Vous êtes un record sur le titre, un chiffre d'affaires de 40 milliards de
00:18dollars et un EBITDA à 12 milliards d'euros.
00:21Je ne sais pas pourquoi je vous mets en dollars, en euros pour tout ça, en hausse de 3,8
00:25% sur un an.
00:26Ce qu'on voit dans vos résultats c'est que désormais en France et en Europe on fait peu de
00:30croissance, que la croissance elle va venir d'Afrique et du Moyen-Orient.
00:3390% des nouveaux abonnés viennent de là. C'est désormais votre relais stratégique.
00:39C'est vrai qu'on est en Afrique sur un continent avec une démographie et qu'en Afrique on a
00:44gagné en moyenne 1 million de clients par mois l'année dernière.
00:49Alors on fait de la croissance aussi en Europe mais dans un marché beaucoup plus mature et donc avec moins
00:53de volume en croissance.
00:54Par contre on accélère sur beaucoup de secteurs, en particulier la cybersécurité et puis on a fait des mouvements stratégiques
01:01forts en Espagne.
01:02Et donc l'Espagne pour nous est désormais un gros moteur de croissance pour le groupe.
01:06Alors je reviens d'abord sur les entreprises avec ce segment sur lequel vous voulez accélérer, le segment Orange Business.
01:12Sur la confiance, sur les cyberattaques, sur ce que vous pouvez apporter de service aux entreprises.
01:17C'est quoi le rôle d'Orange là-dedans ?
01:19On se rend compte et alors avec l'intelligence artificielle ça s'accélère, on se rend compte qu'on vit
01:24dans un monde qui est fait de beaucoup de complexité,
01:28de la géopolitique aux enjeux de l'IA et on veut mettre la confiance au cœur de notre relation avec
01:34les clients.
01:34Et c'est vrai qu'aujourd'hui quand on voit ce que l'IA permet d'accélérer dans les attaques
01:40cyber pour les entreprises,
01:41mais aussi pour la fraude aux particuliers, pour l'usurpation d'identité.
01:47Donc il y a tout un domaine et nous évidemment par nos réseaux, par notre relation de confiance avec les
01:52clients,
01:52on veut accompagner alors dans le monde des entreprises, que ce soit les grandes entreprises ou de plus en plus
01:57les plus petites entreprises,
01:59on a des solutions qui sont là pour prévenir mais aussi quand ça arrive pour réparer et puis repermettre aux
02:08entreprises de rebondir.
02:09– Mais à travers le réseau, c'est-à-dire que dans le réseau on va pouvoir détecter la fraude
02:12?
02:12– Alors c'est le réseau, c'est des systèmes qui peuvent être embarqués dans le réseau, puis c'est
02:16de la détection rapide
02:18et puis par nos réseaux on peut voir évoluer les menaces, c'est-à-dire qu'on détecte en permanence,
02:24on bloque en permanence des attaques,
02:26tous les jours nos réseaux sont attaqués, on en bloque en permanence et puis parfois les attaques elles arrivent
02:31parce qu'il y a une erreur d'un utilisateur dans une entreprise et donc c'est dans ces cas
02:35-là où il faut avoir des systèmes de détection
02:36parce que quand une attaque arrive, l'enjeu c'est la vitesse de réponse, plus vous répondez vite,
02:41plus vous bloquez la propagation d'une attaque, plus vous permettez de la réparer rapidement.
02:47Et toutes les entreprises sont attaquées en permanence.
02:50– Les entreprises et les particuliers, est-ce que demain…
02:53– Les administrations, les hôpitaux, les particuliers, alors les particuliers moins parce que les particuliers c'est plutôt de la
03:00fraude,
03:01tous les enjeux de fraude pour essayer de récupérer les données, les données alors évidemment de carte bancaire,
03:07les données de particuliers parce que derrière c'est plutôt de la fraude pour aller faire de l'arnaque et
03:13des paiements avec vos coordonnées.
03:16– Vous pensez que demain on pourrait choisir Orange ou un concurrent en fonction de la confiance globale que m
03:21'apporte l'opérateur
03:22plutôt par exemple qu'uniquement la question du prix ou d'un autre service, c'est-à-dire que ça
03:26pourrait devenir une donnée importante ?
03:28– Absolument et alors la confiance c'est pas que lié aux attaques cyber, c'est aussi, on vit dans
03:33un monde où il y a des ruptures,
03:34on en parle, c'est l'actualité, les inondations, les tempêtes, le changement climatique accélère
03:38et donc c'est aussi la confiance dans la résilience de votre service.
03:41avoir un service dont vous savez que s'il y a un pépin, on est là et donc ça c
03:47'est évidemment la force d'un opérateur comme Orange
03:49qui a la grande maîtrise de toutes ces infrastructures, que ce soit les câbles sous-marins, les tours télécoms ou
03:54le réseau de fibres
03:55et qui a évidemment l'humain au centre et les capacités à venir réparer et rétablir votre service avec des
04:02solutions de backup évidemment.
04:03– Vous avez donc plaisanter votre plan stratégique pour 2028, alors c'est pas facile d'écrire un plan stratégique
04:08quant au milieu, on a une opération comme SFR qui potentiellement change la taille de l'opérateur et change beaucoup
04:15de choses.
04:15On en est où aujourd'hui ? Il y a des négociations en cours, peut-être une offre rehaussée autour
04:20de 20 milliards,
04:21est-ce que ce montant est exact ? Est-ce que c'est votre dernier mot ? On en est
04:25où ?
04:26– Alors d'abord quand on écrit un plan stratégique, on ne prend jamais en compte des choses qui ne
04:29sont pas certaines
04:30ou qu'on ne maîtrise pas et donc le plan stratégique il n'inclut absolument pas et à ce stade
04:35on a effectivement
04:36des discussions mais il n'y a aucune certitude qu'on trouve un accord, il n'y a pas d
04:40'accord ni sur le prix
04:41ni sur la forme que pourrait prendre une opération comme celle-là qui est évidemment une opération d'ampleur
04:48puisque SFR est un acteur majeur sur le marché français.
04:52– Mais stratégiquement pour vous, reprendre une partie des SFR alors que vous nous disiez il y a quelques instants
04:56que le marché français et européen il est quasiment saturé, qu'est-ce que ça changerait ?
05:01– D'abord c'est essentiel parce qu'on est convaincu et je suis convaincu qu'il y a besoin
05:05de consolidation
05:06dans les télécoms en Europe. On est dans des marchés matures, on est dans un monde du numérique
05:11où la taille critique compte, l'Europe est une exception dans le monde, les Etats-Unis, l'Inde, la Chine
05:17ont moins d'opérateurs que la moitié du continent européen. Donc on a un problème de taille critique
05:24pour peser dans des discussions qui imposent dans notre métier de travailler avec les grands acteurs de la tech
05:29et donc on a besoin de taille critique et puis évidemment la France c'est notre premier marché pour Orange
05:34et donc SFR on parle de 20 millions de clients en France donc c'est évidemment un acteur colossal
05:39et dans lequel on a la capacité à récupérer une partie évidemment des actifs d'SFR.
05:45– 44 opérateurs mobiles en Europe contre 8 aux Etats-Unis, 4 en Chine donc on comprend effectivement très bien
05:51l'enjeu.
05:51– Donc on voit bien qu'il faut se consolider, vous avez dit hier dans le Financial Times,
05:56aujourd'hui il n'existe aucune incitation à investir en Europe.
06:00Lors du séminaire d'Aldon Bison, c'était la semaine dernière, Ursula von der Leyen a spécifiquement parlé
06:05du secteur des télécoms, elle le cite comme exemple justement d'ouverture où il faut changer les choses,
06:11déréglementer pour construire des champions européens.
06:13Est-ce que ça, ça vous donne l'espoir d'une évolution de la réglementation européenne ?
06:17– L'espoir, je ne sais pas, c'est un message que nous on porte depuis maintenant plusieurs années,
06:22c'est ce besoin de moderniser la régulation, la régulation dans les télécoms elle a été faite il y a
06:2620 ans,
06:27au moment où on ouvrait à la concurrence, aujourd'hui on est passé à la fibre, on parle de 5G,
06:33il y a beaucoup d'opérateurs donc on n'est plus dans ce monde des anciens monopoles
06:36où on doit ouvrir à la concurrence donc il faut moderniser la régulation, il faut simplifier,
06:40c'est vrai pour les télécoms, c'est vrai pour toutes les entreprises, simplifier les régulations
06:44qui sont des empilements de régulations entre évidemment les régulations nationales
06:49et puis les régulations à Bruxelles et puis les enjeux de consolidation,
06:53permettre à des champions d'émerger et puis bénéficier de la taille critique du continent européen.
06:59On est un marché de 450 millions de consommateurs en Europe,
07:02on est un marché qui fait rêver le monde entier puisque les Chinois, les Américains
07:06veulent faire du business en Europe, il n'est pas normal que les entreprises européennes
07:11ne puissent pas bénéficier de cette taille critique.
07:14Vous avez une session en cours autour de Globecast, ça retransmet des événements
07:17comme les Jeux Olympiques ou le Tour de France, est-ce que c'est un dossier stratégique
07:21dans lequel l'État regarde s'il y a des investisseurs étrangers potentiellement ?
07:26Comment c'est géré ?
07:27Alors sur Globecast, on n'a pas de décision prise donc ça fait partie de notre processus régulier
07:32de passer en revue toutes nos activités, de se poser la question de
07:35est-on le meilleur actionnaire pour permettre le développement de l'activité ?
07:38Donc c'est vrai qu'on a des réflexions concernant Globecast.
07:40Mais ce n'est pas en vente ?
07:42En tout cas, il n'y a pas de décision prise à ce stade,
07:44mais c'est vrai qu'on a reçu un certain nombre de propositions.
07:46On est très vigilants sur les enjeux de souveraineté,
07:48on est nous-mêmes un acteur convaincu qu'il y a besoin de souveraineté en Europe
07:52donc évidemment on fera les choses en parfait accord avec les décideurs publics.
07:58Dernière question de gouvernance, Jacques Achenebroix voit son mandat s'achever en mai prochain.
08:02S'il veut rester, il faut changer les règles à cause de l'âge.
08:05Est-ce que vous pourriez, vous, cumuler les deux postes et devenir PDG ?
08:08Alors aujourd'hui, la gouvernance d'Orange, avec cette dissociation de la fonction,
08:12président du conseil d'administration, directrice générale,
08:14elle est vraiment plus forte, elle fonctionne très très bien,
08:16et ce n'est pas moi qui le dis, c'est le conseil d'administration.
08:18Et donc pour moi, il est important de maintenir,
08:20et cette dissociation des fonctions, je considère que c'est une vraie force pour l'entreprise,
08:24donc je ne suis pas candidate à la présidence du conseil d'administration.
08:27Est-ce que vous souhaitez qu'on modifie les règles d'âge pour que Jacques Achenebroix reste ?
08:29Aujourd'hui, on n'a pas pris de décision, le conseil d'administration a lancé un processus,
08:34dans quelques semaines, on prendra une décision pour savoir comment effectivement on prépare la suite,
08:39mais moi je n'exclus pas, enfin voilà, on est dans une gouvernance qui fonctionne très très bien,
08:43donc il ne faut pas exclure évidemment de la prolonger.
08:46Merci beaucoup Christelle Edmane d'être venue ce matin dans la matinale de l'économie.
08:49Merci.
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