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  • il y a 5 jours
Isabelle Le Bot, directrice générale de La France Mutualiste, était l'invitée de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mercredi 11 février. Elles sont revenues sur les collectes record sur l'assurance vie enregistrées dans les résultats des banques, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Notre invitée ce matin c'est Isabelle Lebotte, bonjour, vous êtes directrice générale de la France Mutualise,
00:04directrice de l'épargne du groupe Malakoff-Médéric.
00:08Vous accompagnez 226 000 adhérents dans leur stratégie d'épargne.
00:13On a vu la semaine dernière dans les résultats des banques,
00:16tout ce stratosphérique qui avait eu des collectes notamment sur l'assurance-vie record.
00:20Comment vous expliquez ça ?
00:21Alors plusieurs explications, déjà effectivement la collecte elle est record
00:24puisque l'étude qui est sortie par le Trésor en janvier dit que l'assurance-vie maintenant
00:29c'est le placement préféré des Français.
00:30Ça fait 20% de l'épargne, ça représente à peu près au niveau global 2,2 milliards.
00:36Donc c'est conséquent, sachant que c'est 20%, le livret A c'est 15%.
00:40Donc il y a plusieurs explications.
00:41La première c'est que, et là ça sort d'une étude d'un baromètre qu'on a sorti la semaine dernière,
00:4690% des Français considèrent qu'il faut épargner, même ceux qui ont des petits revenus.
00:51Et 67% des Français disent qu'il faut épargner pour la retraite.
00:54Donc je pense qu'on bénéficie de plusieurs choses.
00:56Une insécurité quand même ambiante, les gens ont peur, il y a de l'incertitude.
01:01Donc quand on est dans l'incertitude, on épargne et le vieillissement de la population.
01:06Parce que quand on regarde la croissance de l'épargne, notamment en assurance-vie l'année dernière,
01:10ça fait quand même plus de 10%, on atteint vraiment des records complètement dingues
01:14et ça a l'air de se confirmer en plus en début d'année 2026.
01:17Parce qu'on parle beaucoup de 2025, mais c'est intéressant de regarder ce qui se passe début d'année.
01:22Donc ça a l'air de se confirmer.
01:25Et du coup, effectivement, les gens sont dans l'angoisse.
01:29Et effectivement, on a eu aussi une recrudescence sur le fonds euro.
01:32Parce que le livret A, ça a été reconfirmé en début d'année, il diminue à 1,5.
01:38Et l'année dernière, le livret A a versé en moyenne 2,16.
01:42Donc c'est en dessous de la moyenne des fonds euro qui ont été, je crois qu'aujourd'hui, on est à 2,65.
01:47Oui, c'est ça. Vous, vous arrivez à donner une performance au-dessus ?
01:51Ah bah oui, oui, oui. Nous, 3,5. 3,5, donc c'est super.
01:55Et surtout, quand on regarde les trois dernières années, on fait 11,19.
01:59Donc on a vraiment le meilleur fonds euro du marché et c'est une vraie politique.
02:03Et ce fonds, enfin ce taux, on le verse à tout le monde, sans condition de montant
02:08et sans condition d'allocation en UC.
02:11Et ça, c'est vrai que ça...
02:12C'est vrai que tout le monde a accès chez vous à la même chose.
02:14Exactement, exactement. Parce qu'on est une mutuelle.
02:18Enfin, on est dans un groupe paritaire et mutualiste.
02:20Et pour nous, l'épargne, elle doit être claire pour tous.
02:23On parlait de cette collègue sur l'assurance-vie, d'où quand même une certaine émotion
02:25dès qu'on veut toucher à la fiscalité, dès qu'il y a des débats politiques
02:28disant que l'épargne sur l'assurance-vie est improductive.
02:33On ressent une certaine émotion quand même en France.
02:36Surtout, j'ai trouvé que le débat qui a eu lieu effectivement
02:38pendant la discussion sur la loi de finances était un peu stigmatisant.
02:41On a présenté l'assurance-vie comme un espèce de coffre-fort.
02:45Et je trouve que c'est même traité finalement l'épargne longue des Français avec mépris.
02:49Déjà, si on est factuel, aujourd'hui, l'assurance-vie, ça finance l'économie réelle.
02:54Deux tiers de l'argent qui est placé va financer des obligations,
02:58qui les obligations, je rappelle juste que c'est de la dette pour les entreprises,
03:01des actions, de l'immobilier.
03:04Et ça, c'est de l'économie réelle et c'est de l'économie française et européenne.
03:07Et c'est tout sur le productif.
03:08Pardon, et c'est du productif.
03:10Exactement.
03:11Et le tiers, ça va être de la dette souveraine.
03:14Et la dette souveraine, ça paye juste nos services publics.
03:16Donc arrêtons de dire que prévoir, c'est un luxe.
03:20Et surtout, je vais vous dire, moi, je suis dirigeante d'une mutuelle, d'épargne.
03:24Et on voit derrière l'épargne, il y a des histoires de gens, en fait.
03:27C'est la retraite d'un ingénieur.
03:29C'est souvent du renoncement.
03:31C'est souvent des efforts.
03:33Donc arrêtons de faire de l'épargne quelque chose, de mépriser finalement et d'en faire un élément caricatural.
03:40Vous êtes très investi sur les questions d'ESG d'actifs durables.
03:4323% d'actifs durables dans vos fonds euros.
03:46Pourtant, on voit là de la décollecte sur les fonds ESG.
03:49Selon les derniers chiffres de Morningstar, les fonds ESG ont essuyé 84 milliards de dollars de sorties nettes l'an dernier.
03:54C'est la première année de décollecte.
03:56Est-ce que ça vous inquiète ?
03:57Est-ce que vous avez l'impression, vous, d'être dans un autre courant ?
04:00Je ne sais pas si on est dans un autre courant, mais je pense qu'il ne faut pas renoncer, en fait, à investir dans la durabilité.
04:06Ça fait partie de notre responsabilité.
04:09Et effectivement, vous citiez notre part de fonds euros, qui est un fonds euro vert.
04:14Donc, il ne faut pas y renoncer.
04:16En même temps, je pense que là, on est dans un espèce de courant, notamment avec ce qui va sortir aux États-Unis.
04:22Là, je crois que ça a été annoncé ce matin.
04:24Ils vont sortir de pas mal d'accords sur la décarbonisation.
04:26Pas mal d'accords.
04:26Donc là, les énergies fossiles redeviennent à la mode d'un autre côté de l'Atlantique.
04:31Moi, en tout cas, ma conviction, c'est qu'il ne faut pas y renoncer, il ne faut pas y continuer.
04:34Après, on doit proposer ce type de fonds à nos clients, à nos adhérents.
04:38Mais au final, c'est quand même eux qui choisissent.
04:40Sur les questions de défense, là aussi, vous êtes très investi.
04:4360% de l'encours à fin 2025.
04:47C'est beaucoup.
04:49Ce n'est pas 60% !
04:50On a progressé de 30% cette année.
04:54Effectivement, sur des fonds défense.
04:55Donc, vous aussi, vous venez de loin, comme l'ensemble du secteur qui ne finançait pas la défense.
04:59Aujourd'hui, pour vous, c'est devenu une priorité, un financement comme un autre.
05:03Ça s'est normalisé ?
05:05Alors, je ne sais pas si ça s'est normalisé.
05:06On n'y avait jamais vraiment renoncé.
05:08Parce que, de par notre ADN, on s'est créé à l'origine sur la retraite mutualiste du combattant.
05:15Donc, on est quand même avec un affinitaire militaire, culturel important.
05:20Après, effectivement, cette année, on a fait le choix d'investir dans un fonds de dette privé, le fonds EFAïstos,
05:26où on a mis 30 millions d'euros parce que ça a du sens.
05:28Parce que la défense, déjà, il y a des besoins de...
05:31Alors, c'est un fonds de dette.
05:32Donc, les boîtes de la BITD, elles ont besoin de financement
05:36parce qu'elles ont un décalage, en fait, au niveau de leur EBITDA
05:38entre les commandes que l'État leur passe et les rentrées de cash et les investissements nécessaires.
05:43Donc, ça a du sens.
05:44Et pour moi, il n'y a pas de durabilité sans souveraineté.
05:48Donc, je n'aime pas le débat qui consiste à opposer, finalement, durabilité et fonds défense.
05:54Moi, je pense qu'on pourrait...
05:55C'était un débat qui avait lieu il y a encore trois ans.
05:57Oui, mais maintenant, je dirais qu'il est un peu derrière nous
05:59parce que la défense, c'est aussi de l'emploi.
06:01Et je pense que c'est aussi notre rôle dans l'économie réelle.
06:04Sur l'immobilier, vous avez continué d'investir
06:06alors que le secteur a traversé une crise dont on ne sait pas très bien
06:09si elle sort pour l'instant, mais en tout cas, ça va un petit peu mieux.
06:12Vous avez continué d'investir, vous.
06:14Vous ne voyez pas de crise venir sur l'immobilier plus qu'elle ne l'est aujourd'hui ?
06:19Alors, sur l'immobilier, nous, on a une approche un peu particulière
06:22parce qu'on est un peu contre-cyclique, parce qu'on a beaucoup d'immobilier.
06:25Ça représente à peu près 15% de nos actifs, donc c'est beaucoup.
06:29Et on est sur du logement.
06:31Alors que la plupart de nos concurrents ont investi sur du bureau.
06:34Et ce qui a beaucoup baissé, c'est le bureau.
06:37Alors, donc nous, effectivement, sur le logement,
06:38et en plus, c'est pareil quand vous parliez d'épargne réelle
06:41et d'investissement dans l'économie réelle.
06:43Par exemple, aujourd'hui, on loge à Paris 2700 ménages.
06:48Je trouve que c'est une vraie fierté.
06:49Vous avez lancé une plateforme d'éducation financière à destination de qui ?
06:55De tout le monde, et notamment des femmes.
06:57Oui.
06:58Pour leur dire quoi ?
06:59Pour leur dire, mesdames, prenez conscience que l'autonomie financière, c'est fondamental.
07:04On a fêté cette année les 60 ans de l'autonomie financière des femmes.
07:07Donc, il y a 60 ans, pour la première fois, les femmes ont eu le droit d'ouvrir un compte bancaire.
07:11Donc, c'est assez récent.
07:12Et du coup, quand on regarde le chiffre, on se dit, oui, c'est bien, on fête l'anniversaire,
07:17mais on a de quoi s'étouffer avec le gâteau.
07:19Parce qu'aujourd'hui, il y a encore une femme sur quatre qui n'a pas de compte bancaire.
07:23Vous devez le savoir, quand il y a un divorce, l'amour, ça n'enrichit pas forcément les femmes.
07:28Perte de pouvoir d'achat de 24%.
07:30Et les femmes ont une approche du risque extrêmement différente.
07:34Puisqu'elles s'occupent moins d'argent.
07:36Et quand elles s'en occupent, elles placent dans des placements moins risqués.
07:39Donc, de facto, elles vont avoir moins d'argent.
07:41Donc, oui, on considère qu'il faut accompagner les femmes et les éduquer.
07:46Votre message, c'est de dire qu'il faut aussi que les femmes ne soient pas uniquement sur la dépense du quotidien,
07:50mais sur les placements, sur l'immobilier, sur la voiture, qu'il faut partager.
07:55Mais en part, c'est une chose qui dure.
07:56C'est-à-dire que la femme, souvent, elle remplit le frigo, mais elle n'investit pas dans les choses qui restent.
08:00Et quand il y a un événement de vie un peu compliqué, tel qu'un divorce,
08:04elle se retrouve dans une situation assez dramatique.
08:06Merci beaucoup d'être venue ce matin, Isabelle Lebo, directrice générale de la France Mutualise.
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