00:00Il est 7h45 sur BFM Business et sur AMC Live. On reçoit ce matin un patron qui respire, Boris de Richebourg.
00:05Bonjour, vous êtes le PDG d'Eliore France. On en parlait il y a quelques instants avec Étienne en bourse.
00:10Votre titre salué par les marchés jeudi dernier après la publication de résultats annuels où vous renouez avec les bénéfices pour la première fois depuis 2019.
00:18Retour à la distribution des dividendes. Les trois années de réorganisation portent leurs fruits. Vous respirez ce matin ?
00:26Bien sûr qu'on respire l'or, évidemment, parce que déjà d'une part on a vu que le groupe allait mieux, mais peut-être parlons du contexte.
00:32C'est quoi Elior de Richebourg aujourd'hui Multiservices ? C'est un groupe familial français.
00:37C'est deux grands domaines d'activité, aussi bien dans la restauration collective qu'aussi bien dans les services, dans le facility management, dans l'assemblage d'avions, dans l'intérim, dans les villes.
00:45On a deux grandes missions, deux ambitions. La première qu'on a, c'est de retrouver et de préserver le patrimoine culturel français.
00:52Ça c'est notre mission, ça veut dire qu'on va dans les territoires, on soutient l'artisanat et on soutient le savoir-faire dans tous les territoires,
00:59parce que le but c'est toujours d'amener le meilleur pour nos clients. Toujours. Je vous rappelle deux chiffres peut-être,
01:04c'est plus d'un million de repas qu'on sert tous les jours en France sur 3 millions et demi de repas,
01:08et c'est plus de 30 millions de mètres carrés qu'on entretient avec de Richebourg Multiservices.
01:13Deuxième ambition, bien sûr, c'est nos collaborateurs. Comment on va les faire progresser ? Comment on va mieux les valoriser ?
01:18On n'oublie jamais que c'est tous les jours qu'ils sont sur le terrain, qu'ils innovent, qu'ils nous créent de la valeur.
01:23Mais pour tout ça, il nous faut des champions en fait. Il nous faut des personnes qui sont extrêmement talentueuses.
01:28Ils nous ont rejoints dans le groupe, et je vais vous parler de trois personnes.
01:31Des chefs ?
01:31Trois chefs, oui, qui nous ont. Alors deux, et puis un qui pourrait être associé à un chef.
01:35Déjà Christelle Bruat qui nous rejoint. Meilleure pâtissière du monde, il y a quelques années.
01:40Elle a deux missions, Christelle.
01:42Un, c'est de remettre le groupe beaucoup plus à niveau et de progresser, puisqu'il y a déjà un bon niveau, mais c'est de progresser sur la partie pâtisserie.
01:50Deuxième mission, on a repris, il y a quelques mois, la plus vieille chocolaterie française.
01:54Paillasson, à Lourdes, 1729. On va fêter les 300 ans dans quatre ans.
02:00Et donc Christelle s'occupe de la chocolaterie.
02:03Deuxième chef qui nous rejoint, c'est Frédéric Simonin.
02:06Meilleur ouvrier de France, Resto Étoilé.
02:07Je vous invite d'ailleurs à aller dans le 17ème à son resto, qui est devenu le chef exécutif du groupe.
02:12Donc il accompagne nos collaboratrices, collaborateurs.
02:15Il va aussi aller en soutenance, il va signer des cartes.
02:18Tout ça, toujours, pour ce qu'il y a de mieux.
02:20Troisième personne qui n'est pas un chef, c'est un sportif de haut niveau.
02:24C'est un olympien, un nageur, parce qu'on recrée une branche, Elior Sport Event, de manière à accompagner toujours nos clients.
02:31Et il n'y a personne mieux qu'un sportif de haut niveau qui peut parler des sportifs de haut niveau.
02:35Est-ce que vous avez changé de métier ? Est-ce que là, j'ai l'impression que vous me racontez un autre groupe que Elior, la restauration collective, la masse, les grandes cantines.
02:43C'est ça aussi, Elior, dans l'esprit.
02:46Là, vous me parlez de chocolaterie haut de gamme, de chef.
02:49Il y a quelque chose qui a changé dans la stratégie ?
02:51Alors, non, il n'y a rien qui change.
02:53On est une société de service.
02:56Une société de service, c'est toujours d'amener le meilleur pour ses clients, pour ses collaborateurs.
03:00Il y a des très bons collaborateurs qui nous rejoignent, il y a une dynamique qui a changé, mais on reste toujours dans notre métier de service, systématiquement.
03:07Et comment tout ça se traduit ?
03:08Par des résultats qui sont améliorés sur ces deux derniers exercices, puisque ces deux exercices qu'on vient de clôturer aujourd'hui, qui sont absolument fabuleux.
03:16Vous êtes toujours sur l'idée de cuisine centrale, mais vous développez aussi le sport, vous développez l'événementiel, vous développez les corners à emporter.
03:25La façon de consommer collectivement a aussi changé, que ce soit dans les entreprises ou tout le développement du takeaway, des petites choses qu'on mange comme ça toute la journée.
03:35Bien sûr, nous sommes ce groupe de service avec une responsabilité très forte de donner le meilleur à nos clients, à nos équipes.
03:42Ça, c'est notre responsabilité.
03:44Ça veut dire qu'on accompagne nos clients en permanence sur des besoins qui peuvent être de plus en plus précis.
03:49On parlait de la chocolaterie, bien sûr, qu'on a achetée il y a quelques temps.
03:53On a acheté aussi une très belle société qui est la French Baguette.
03:55Ça, c'est du patrimoine culturel français.
03:57On fait voyager la France de nouveau, en fait.
04:00On parle du pain, d'une baguette, mais on parle de quoi ?
04:02On parle de la France qu'on va remettre au goût du jour de plus en plus dans tous les pays où nous sommes présents.
04:07On a repris une boîte de cognac, Fransac.
04:09On a repris une boîte d'eau minérale, l'eau minérale 808 qui est à Mereuil, à côté d'Aix.
04:14On a rentré au capital d'une société fabuleuse à Rungis qui s'appelle One Place, créée par Grégory Cohen.
04:19Toujours dans l'idée d'accompagner nos clients.
04:22En fait, ça, c'est l'ADN du groupe.
04:26C'est l'ADN familial.
04:27On doit accompagner ses clients sur ce qu'il y a de mieux avec des très belles personnes qui redonnent beaucoup de fierté.
04:32Beaucoup de fierté à toutes les équipes et à nos clients.
04:36Il n'y a rien de mieux que de travailler avec les meilleurs, en fait.
04:39Vous en êtes où, pour vous, dans la phase de redressement ?
04:41Là, évidemment, quand on redonne du dividende, c'est déjà une étape importante.
04:45Mais il faut combien d'années, selon vous, pour aller au bout du plan ?
04:49Alors aujourd'hui, on a clôturé notre deuxième exercice avec le groupe Elior.
04:52Deuxième exercice.
04:53Le deuxième exercice, on voit que progression du chiffre d'affaires, progression du résultat net,
04:58qui est absolument fabuleux et énorme, l'écart qu'on a eu,
05:01c'est un désendettement de plus de 140 millions d'euros.
05:03Et puis, c'est une politique très volontariste sur nos investissements.
05:07Oui, on refait beaucoup d'outils industriels aujourd'hui.
05:09On refait nos cuisines centrales, vous en avez parlé.
05:11On refait nos ateliers partout en France et dans le monde.
05:15On progresse.
05:16Et en plus, on va rechercher le patrimoine culturel français
05:20qu'on va pouvoir, sur un savoir-faire très fort, redonner, remettre ça chez nos clients, en fait.
05:25Et vous avez l'impression qu'on ne peut plus penser la restauration collective en groupe,
05:29mais qu'il faut faire de plus en plus du personnalisé.
05:31Chaque entreprise a une offre particulière.
05:34Vous disiez, le sport ne peut pas être nourri comme les autres domaines.
05:38Vous êtes vraiment dans ces silos, désormais, plutôt qu'une vision collective.
05:43Alors, on a toujours cette vision très large,
05:45puisqu'on va dire 95% de notre business, il ne change pas.
05:48Là, on parle de beaucoup de produits iconiques, historiques,
05:52juste pour pouvoir étoffer nos offres.
05:55On étoffe nos offres par ces produits, par des grands chefs qui nous rejoignent,
05:59et toujours sans oublier la partie service à côté, qui est extrêmement importante.
06:03Vous aviez parlé du sport, par exemple.
06:05Bien sûr qu'un sportif de haut niveau comprend mieux un sportif de haut niveau.
06:08Quand on s'entraîne à 4h, 5h du matin, on sait qu'il faut prendre un gros petit déjeuner après.
06:13Quand on a un creux à 16h, parce qu'un sportif s'est beaucoup entraîné,
06:18il n'y a qu'un sportif qui comprend ça.
06:19Et quand on arrive à mieux comprendre notre client, on va adapter notre offre bien mieux à son besoin.
06:27Et donc, c'est ce qu'on reduplique sur chacun de nos métiers,
06:30de manière à accompagner encore mieux nos clients, sans changer de métier,
06:34mais en le spécialisant beaucoup plus, en étant beaucoup plus proche de lui, de manière à l'accompagner.
06:39Est-ce que tout ça se fait avec l'intelligence artificielle ?
06:41Vous avez de la remontée, j'imagine que vous avez de la data en masse que vous pouvez exploiter.
06:46Est-ce que vous la travaillez justement pour aller vers plus de personnalisation ?
06:50Oui, elle est beaucoup travaillée.
06:51On a sorti une boutique autonome, première en Europe.
06:54Une boutique autonome, c'est quoi ?
06:55Pour un client, ST Microélectronique, qui est en Isère.
06:58Ça veut dire que je suis collaborateur d'un groupe qui s'appelle ST Aujourd'hui,
07:01où on travaille 24h sur 24, 7 jours sur 7.
07:04On accompagne notre client déjà de manière, sur la restauration, à l'accompagner le mieux possible.
07:10Si on veut aller plus loin, quand on est le week-end en pleine nuit,
07:13il faut qu'on puisse amener de l'innovation.
07:16Donc on a créé cette boutique autonome, je rappelle, première en Europe.
07:19Ça veut dire que vous êtes un collaborateur, vous avez votre badge, vous rentrez dans la boutique,
07:23vous prenez ce que vous voulez sur des offres locales,
07:26où il peut y avoir toutes les offres puisqu'elles évoluent.
07:28Vous sortez de la boutique, vous allez payer tout ça à la fin du mois.
07:34Qu'est-ce que c'est ? On le fait grâce à l'intelligence artificielle, en fait.
07:37Et on a des collaborateurs dans le groupe, dont un, Cédric, qui s'occupe de cette partie-là, qui est fabuleux.
07:42Et on est en train de déployer tout ça.
07:44On ne change rien, en fait.
07:46On va plus loin dans l'expérience pour affiner systématiquement, quel que soit notre métier,
07:50l'expérience que vont pouvoir avoir nos utilisateurs.
07:54Après, on parle de l'IA, c'est de l'IA, ça va prendre de l'emploi.
07:57Pour ça, on a créé un emploi.
07:58Donc, on arrive à combiner les deux, à toujours être un très gros employeur local,
08:04puisque je le rappelle, l'IA, c'est 130 000 collaboratrices, collaborateurs, 70 000 en France.
08:10L'IA vient compléter nos offres, un très gros programme qu'on est en train de faire de transformation.
08:15Et en faisant ça, on arrive en plus à toujours recruter.
08:17Merci beaucoup, Boris de Richbourg, d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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