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  • il y a 10 mois
Jean-François Fallacher, directeur général d'Eutelsat, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce vendredi 12 décembre. Ils sont revenus sur le lancement d'une deuxième augmentation de son capital d'investissement pour concurrencer Starlink en Europe, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:007h45 sur BFM Business et sur AMC Live. Notre invité c'est Jean-François Falaché.
00:03Bonjour, vous êtes le directeur général d'Eutelsat depuis juin dernier.
00:07Eutelsat, l'espoir de l'Europe pour concurrencer Starlink, opérateur de télécommunications par satellite.
00:13Objectif désormais pour vous, modernisation.
00:16Vous venez de lever 1,5 milliard d'euros avec une dernière tranche à 670 millions.
00:21Ça vient juste d'être annoncé à l'instant.
00:23Donc cette deuxième opération de capital qui s'est bien passée.
00:26Est-ce que quand on arrive à 1,5 milliard d'euros, on a suffisamment d'argent pour concurrencer les Américains ?
00:32Alors bonjour, bonjour Laure.
00:35Écoutez, on est très heureux ce matin d'annoncer que notre augmentation de capital, la deuxième tranche,
00:40qui était au vert à tous les actionnaires, est un grand succès.
00:43Nous avons une demande supérieure à l'offre d'actions qu'on a proposée au marché.
00:47Donc 133% de ce qu'on appelle over-suscription.
00:51Tu veux dire que ça intéresse ?
00:52C'est une très bonne nouvelle et ça prouve que vraiment le marché s'intéresse à ce qu'on fait.
00:58Et on est très contents parce qu'on a maintenant les moyens effectivement de déployer cette histoire de croissance,
01:03cette histoire de croissance qui a déjà démarré.
01:05Mais je me permets de dire quelques mots quand même sur qui nous sommes, TAPTAT, et ce que nous faisons.
01:09Donc nous sommes une entreprise de plus de 45 ans dans les satellites.
01:13Donc on offre des services de télécommunication, au début c'était de la vidéo, vous savez, pour diffuser dans les foyers de la télévision.
01:22Alors il est bien clair que cette activité-là, depuis quelques années, elle est plutôt en décroissance
01:26parce que la télévision dans les foyers, on la regarde plutôt maintenant avec la fibre ou la 5G sur les billes.
01:32Mais on a quand même besoin du satellite partout en fait.
01:34Et il y a deux ans, TELSAT a racheté une entreprise extraordinaire qui en fait est une constellation basse orbite de 650 satellites
01:42qui sont en orbite, qui volent au moment où on parle, qui tournent autour de la planète très très vite
01:47et avec plus de 41 champs d'antennes, ce sont des champs de 8...
01:51Ça c'est OneWeb ?
01:52Ça c'est OneWeb, qui fait partie maintenant intégrale de TELSAT.
01:56On a la capacité de délivrer des services de broadband, d'accès très haut débit sur l'ensemble de la planète.
02:03On est ouvert dans 180 pays, dans 180 pays on peut vendre du très haut débit.
02:08Et ça, c'est nouveau, ça c'est en très forte croissance.
02:12Et pour continuer cette histoire de croissance, on avait besoin de cette augmentation de capital,
02:16on avait besoin de lever ses fonds, c'est fait.
02:18Voilà, on va pouvoir continuer cette croissance qui a déjà démarré.
02:21De vendre à qui ? Parce que Starlink, qui est notamment sur le marché des particuliers, a été très actif.
02:26Il y a pas mal de particuliers français qui sont équipés en Starlink.
02:28C'est pas votre cible, vous êtes plutôt sur le B2B.
02:30Alors, exactement. On a décidé, dès le départ de cette constellation OneWeb,
02:35d'être actif sur le marché du B2B, c'est-à-dire les grandes entreprises, les gouvernements,
02:40ce qu'on appelle la mobilité, c'est-à-dire les avions, les compagnies aériennes,
02:43les grandes compagnies maritimes, pour lesquelles on fournit ces services OneWeb d'accès très haut débit.
02:49Voilà, la croissance a déjà démarré, puisque l'année passée, on a publié un chiffre d'affaires de 180 millions d'euros,
02:55en croissance de 80%. Au premier trimestre, cette croissance reste forte, 70%.
03:00Donc effectivement, on se concentre sur ce segment, parce que c'est là qu'on a des différenciateurs,
03:05c'est là qu'on a des arguments pour en fait convaincre nos clients et les entreprises.
03:09Et le fait d'être européen, j'imagine que c'est là-dessus que vous jouez auprès des clients,
03:13ce qui pour les particuliers paraît moins être un argument majeur.
03:16Là, les arguments de sécurité, quand vous êtes dans la défense par exemple, c'est essentiel.
03:20Alors, c'est essentiel. Vous vous en souvenez, Elon Musk a coupé les services sur l'Ukraine,
03:25il a menacé une deuxième fois de le faire.
03:27Et je pense que cette notion de souveraineté, qui peut être un peu théorique pour tout le monde,
03:30elle est venue très très concrète.
03:32On a compris ce que signifiait la résilience, on a compris ce que signifiait la souveraineté.
03:37Et nous, effectivement, nous sommes la seule, l'unique constellation basse-orbite européenne.
03:43Il y en a une qui existe aujourd'hui, qui est américaine.
03:46Bientôt, il va y en avoir une deuxième, américaine.
03:49Les Chinois ont des projets, on sait, mais on est et on restera, grâce à cette augmentation de capital,
03:54la seule constellation basse-orbite européenne.
03:58L'objectif, c'est de moderniser les satellites.
04:00Comment on modernise ? C'est-à-dire qu'on fait des petits travaux, on les change ? Racontez-nous.
04:04Alors, effectivement, l'objectif, c'est bien de moderniser ces satellites.
04:07Alors, on travaille avec Airbus.
04:09Donc, au passage, ces satellites, qui étaient d'ailleurs fabriqués il y a quelques années aux États-Unis,
04:13sont maintenant fabriqués à Toulouse.
04:15Et on modernise, c'est-à-dire on change la puissance des antennes,
04:18on améliore la capacité de ces satellites, on améliore le débit pour nos clients finaux.
04:25Donc voilà, on va lancer, grâce à cette augmentation de capital,
04:28440 nouveaux satellites dans les trois ans qui viennent.
04:31Dans cette augmentation de capital, il y a des Français, il y a des Britanniques,
04:35il y a des acteurs privés comme CGM, qui est le propriétaire de BFM Business.
04:39L'Allemagne ne participe pas, par exemple.
04:41Pourquoi ? Ils jouent cavaliers seuls, ils peuvent venir plus tard ?
04:44Alors, cette augmentation de capital, elle a effectivement été d'abord l'augmentation de capital
04:49que nous ont accordé nos actionnaires stratégiques.
04:51Alors, nos actionnaires stratégiques, c'est d'abord l'État français,
04:54l'État français qui s'est renforcé, qui a maintenant 29% du capital de Telsat.
04:59L'État anglais, qui a 11% du capital de Telsat.
05:02Donc, on a deux États forts, européens.
05:04Alors, même si l'Angleterre n'est pas stricto sensu partie de l'Europe,
05:07la géographie est quand même celle qu'elle est.
05:09Donc, on est très content de les avoir au capital.
05:11Et puis, on a des grands actionnaires comme Barti.
05:13Barti, qui est un grand groupe indien de télécommunications,
05:15mais qui est aussi le premier actionnaire de Bottiche Télécom, je le rappelle.
05:19Et puis, bien sûr, des grands actionnaires comme CMA, CGM, vous l'avez dit.
05:22Mais il n'y a pas les Allemands.
05:23Alors, dans un premier temps, on a fait cette augmentation de capital
05:26avec nos actionnaires actuels, ces grands actionnaires stratégiques que je viens de citer
05:29et nos plus petits actionnaires, puisqu'on est coté en bourse,
05:33on est coté à la Bourse de Paris, on est coté à la Bourse de Londres.
05:35Donc, ce sont nos actionnaires existants qui ont procédé à cette augmentation de capital.
05:39Et, vous le savez, je l'ai déclaré, on aimerait avoir d'autres États européens
05:43qui viennent au capital de Telsat.
05:44Donc, voilà, il faut qu'on engage des discussions.
05:46Je ne peux pas vous en dire plus aujourd'hui,
05:48mais il est certain qu'on aimerait avoir d'autres États européens au capital de Telsat.
05:50Sur les questions de compétitivité, OneWeb, ça coûte entre 5 fois et 10 fois plus cher
05:54que Starlink Business pour une capacité qui est comparable.
05:57Toujours ce sujet de compétitivité européenne.
05:59Comment on fait pour rester dans la course ?
06:01Alors, ce que vous dites n'est pas vrai.
06:03C'est-à-dire qu'on ne coûte pas 5 à 10 fois plus cher.
06:06Effectivement, si on compare au prix grand public de Starlink, oui, c'est le cas.
06:10Mais, je le disais encore, on n'est pas sur ce segment-là.
06:12On est sur un segment qui est un segment de grandes entreprises.
06:14Donc, ce que je dis est vrai, mais ce n'est pas votre segment,
06:16ce n'est pas un segment qui vous intéresse.
06:18Donc, c'est quand même vrai.
06:19C'est vrai pour le grand public.
06:21Or, on ne vend pas au grand public.
06:22On ne veut pas vendre au grand public.
06:23On vend à des entreprises qui ont des besoins spécifiques de grandes entreprises.
06:28Par exemple, des bateaux, qui sont des bateaux marchands,
06:31ou alors des avions.
06:33Et vous comprenez bien qu'on n'équipe pas un avion avec une petite antenne.
06:36On ne la pose pas comme ça.
06:38Ça nécessite des travaux et des spécificités très particulières à ce type de business.
06:45Et on a vraiment des offres compétitives dans ce segment-là.
06:49Des choses qu'on propose, que Starlink ne propose pas.
06:51Par exemple, de la capacité garantie pour ce type d'entreprise.
06:54Voilà, donc on veut vraiment continuer à se focaliser sur ce segment-là.
06:59Amazon, comment vous les voyez aujourd'hui ?
07:00Un concurrent de plus ? Un partenaire potentiel ?
07:03Alors, on les voit comme un concurrent de plus.
07:05Alors, il y a toujours, quand un concurrent arrive pour avoir travaillé moi-même 30 ans
07:09dans le secteur des télécoms, il faut se préparer.
07:13Mais il y a toujours un aspect positif.
07:15C'est-à-dire qu'un concurrent en plus, ça dynamise le marché.
07:17Sur un marché qui est déjà très dynamique.
07:19Donc, on pense que ça va encore booster la croissance de ce segment et de ce marché-là.
07:22Qu'est-ce que vous avez gardé d'Orange à E-Telsat ?
07:25Parce que ce n'est pas des boîtes comparables,
07:26mais il y a quand même des enjeux d'infrastructure.
07:29Enfin, il y a un lien quand même.
07:30Qu'est-ce que vous avez gardé de votre expérience ?
07:32On est maintenant, E-Telsat, un opérateur de télécommunication.
07:35On vend des services très haut débit.
07:37Et ce, partout dans le monde.
07:39Donc, on est devenu un opérateur de télécom qui vend du très haut débit.
07:43Concurrent d'Orange Business Services, quoi.
07:44Depuis l'espace, voilà.
07:46Merci beaucoup d'être venu ce matin, Jean-François Fallaché,
07:49pour nous parler d'E-Telsat.

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