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Mardi 17 février 2026, retrouvez Stanislas de Bailliencourt (Deputy CIO, Sycomore AM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:01Musique
00:10Le dernier quart d'heure de Smartbourg, chaque soir c'est le quart d'heure thématique.
00:13Le thème ce soir c'est celui du crédit, le crédit qui a connu trois années consécutives de performances spectaculaires,
00:192023, 2024, 2025.
00:21Où en est-on aujourd'hui alors que les marchés de crédit se sont renchérés depuis trois ans ?
00:25Et quelles sont les grandes lignes directrices pour construire et guider une stratégie crédit pour 2026 ?
00:31Écoutez à ce sujet, Stanislas de Baliancourt, directeur adjoint des investissements de Sycomore Asset Management,
00:37qui était invité récemment de Smartours.
00:42Alors c'est une très bonne question, c'est vrai qu'on a passé, même si on prend un peu
00:46plus de recul,
00:47dix ans la décennie 2012-2022 avec des taux extrêmement bas, voire même négatifs,
00:52qui ont terminé en 2022 par cette explosion à la hausse des taux et des spreads de crédit,
00:57ce qui fait que ça a fait une opportunité extraordinaire.
01:00D'une génération comme on a dit.
01:02Oh je ne sais pas.
01:02Le point d'entrée d'une génération.
01:04D'une dizaine, j'espère pas d'une génération.
01:06D'accord, d'une décennie.
01:07D'une décennie.
01:08Voilà, début 2023, et je pense que depuis trois ans ça a tout à fait bénéficié aux performances,
01:14et d'ailleurs les investisseurs sont largement revenus dans le crédit,
01:16nous on l'a vu chez Sycomore, au travers soit de nos fonds historiques,
01:19soit des fonds datés Syco-Hildes qu'on a refaits entre temps.
01:23La bonne nouvelle, c'est que ce n'était pas seulement une opportunité qui est née en 2023
01:27et qui aurait duré trois ans.
01:29Il y a un certain nombre d'éléments qui aujourd'hui restent très porteurs,
01:33très favorables au fixed income et en particulier au crédit.
01:36On a à la fois de la pente dans la courbe des taux,
01:39puisque les taux courts se sont fortement rétractés avec les banques centrales,
01:42la BCE a coupé les taux de 4% à 2%.
01:45En revanche, les taux longs, avec la défiance sur les obligations d'État,
01:49et en particulier au-delà de 10 ans, sont restés relativement élevés.
01:52Donc cette pente, structurellement, elle rend le marché obligataire plutôt attractif,
01:57notamment pour les maturités intermédiaires,
01:59ce qui permet de bénéficier à la fois du portage et d'un effet de roll-down.
02:03C'est-à-dire chaque année, on se rapproche, on se monétarise,
02:05donc on a un petit effet de baisse des taux qui vient améliorer la performance.
02:10Donc ça, structurellement, c'est positif.
02:12En revanche, c'est vrai qu'il y a quand même l'énorme challenge,
02:14notamment sur les obligations d'État.
02:16Et on voit bien qu'aujourd'hui, on a des situations budgétaires
02:20qui, à peu près partout dans le monde, sont plutôt dégradées,
02:24et qui ont fait aussi l'appétit ou le succès pour les obligations d'entreprises,
02:28qui, elles, depuis plusieurs années, ont plutôt eu un environnement économique,
02:31on va dire, correct,
02:32qui ont eu des performances en termes de résultats micros tout à fait satisfaisants,
02:37ce qui fait qu'on a eu des taux de défauts assez bas.
02:39On a également, mais ça, c'est un peu, ça regarde vers l'arrière,
02:42mais si on regarde vers l'avant,
02:43on a aujourd'hui un ratio d'entreprises un petit peu stressé qui est très faible.
02:46En fait, c'est finalement ce qui est un indicateur des défauts futurs.
02:50Et donc, certes, on a des spreads de crédit
02:52qui se sont plutôt resserrés au cours des trois dernières années,
02:56mais en fait, ça a uniquement reflété cet environnement,
03:00tout à fait amélioré pour les entreprises.
03:01Ça coïncide avec des fondamentaux réels, si je puis dire.
03:05Et sur les aspects plus techniques,
03:07une demande assez importante des investisseurs,
03:09parce qu'on a un report un petit peu progressif,
03:12un peu moins d'obligation d'État,
03:13un petit peu plus d'investment grade,
03:15et puis même un peu plus de crossover ou de high yield
03:16en descendant dans les notations
03:18pour venir chercher un petit peu plus de rendement.
03:20Le risque a changé de camp.
03:23L'obligation la moins risquée, parfois,
03:26est perçue comme étant l'obligation d'entreprise
03:28que l'obligation d'État.
03:29Le sans risque se questionne aujourd'hui.
03:32Oui.
03:33C'est intéressant aussi.
03:35On a pu expliquer...
03:37Alors, il faut rentrer dans la mécanique de construction des indices,
03:40mais il y a une amélioration aussi de la qualité des indices crédits.
03:46C'est toujours important de regarder les indices.
03:48Les gestions sont souvent benchmarkées,
03:50même quand elles ne le sont pas.
03:51On regarde quand même l'indice de comparaison.
03:53En effet, c'est un point qui est très intéressant.
03:54Les indices de crédit,
03:55ils n'ont pas la même construction que les indices actions.
03:57Déjà, pour commencer,
03:59c'est les sociétés les plus endettées
04:00qui ont les poids les plus importants.
04:02Ce n'est pas forcément celles
04:03qu'on a le plus envie de détenir.
04:05Et donc, c'est aussi pour ça qu'en fixed income,
04:07ou en gestion obligataire,
04:08on va dire au sens large,
04:09la gestion active enregistre encore de très bonnes performances.
04:13Et donc, le challenge des ETF et de la gestion passive
04:16est beaucoup moins présent.
04:18Et les gérants actifs continuent à battre les benchmarks,
04:21à présenter une vraie valeur ajoutée pour les investisseurs.
04:24Et on n'a pas du tout, aujourd'hui,
04:26vraiment la lame de fond qu'on retrouve sur la gestion action
04:28avec les gestions ETF, benchmarkées, low cost.
04:31Donc là, on arrive vraiment à faire quelque chose en gestion active.
04:33Le deuxième point, c'est que souvent,
04:35la question est plutôt au travers des spreads de crédit.
04:38On dit aujourd'hui,
04:39on est plus bas que les moyennes historiques
04:40sur 10 ans ou sur 15 ans ou sur 20 ans.
04:42notamment en yield,
04:44donc les notations en dessous de BBB à partir de W+.
04:47Ce qui est vrai,
04:48mais la seule chose,
04:48c'est que si on regarde en 2009, 2010, 2011,
04:51on avait uniquement 40% du yield qui était WB.
04:55Aujourd'hui, c'est 67%.
04:57Donc on voit bien qu'au sein de l'indice,
05:00on va dire la qualité...
05:00C'est la meilleure qualité du yield.
05:02La qualité moyenne intrinsèque dans ces marchés-là
05:05a plutôt monté.
05:06Et le deuxième point,
05:07c'est qu'on a depuis 5 ans, chaque année,
05:09plus de ce qu'on appelle les rising stars,
05:11c'est les entreprises qui passent de high yield à investment grade
05:13que de fallen angel dans l'autre sens.
05:15Donc ça montre aussi que dans un environnement économique
05:19quand même assez difficile, on va dire,
05:21pour les entreprises,
05:22on a une certaine prudence
05:23et donc on va plutôt venir tendanciellement
05:26améliorer un petit peu les bilans
05:28et prendre un petit peu moins de risques.
05:30Il y a une discipline financière qui s'est installée...
05:32Tout à fait, de la part des directeurs financiers...
05:34Le monde de polycrise, comme on dit.
05:37Qu'est-ce que l'IA peut amener comme bouleversement
05:41dans ces marchés de crédit ?
05:41Puisque l'IA devient un sujet crédit,
05:44un sujet de dette pour les entreprises
05:46qui financent et qui participent à la construction de l'IA.
05:49Tout à fait.
05:49Je pense qu'il y a un point...
05:50Enfin, ce n'est pas l'IA en tant que gestion,
05:51le sujet.
05:53Le sujet, c'est les énormes capex
05:55qui sont nécessités pour faire les data centers,
05:58l'IA,
05:59tous ces hyperscalers.
06:01Et ce qu'on voit aujourd'hui,
06:02c'est que jusqu'en 2025,
06:04jusqu'à mi-2025 environ,
06:06tous ces énormes capex
06:07étaient fundés par les free cash flow
06:08générés par les entreprises.
06:10Depuis, les besoins sont tellement importants
06:12qu'elles commencent à s'endetter.
06:14Comme c'est une entreprise très rentable
06:15et peu s'endetter,
06:16elles ont globalement,
06:17c'est une entreprise américaine,
06:18des ratings élevés.
06:19En revanche, les montants de dette émis
06:21sont très importants aujourd'hui.
06:23Et on voit parfois que sur le crédit,
06:25ou pour le coup,
06:26quand on prête à Oracle
06:27à 7, 10 ou 15 ans,
06:29c'est vraiment un investissement
06:30sur le long terme.
06:31Et on voit qu'il y a un traitement
06:32un petit peu différencié
06:33en fonction de l'entreprise
06:34entre la partie action
06:35et la partie crédit.
06:36Parfois, la partie crédit
06:37est plus prudente.
06:38Donc ça, c'est un point
06:38qui est toujours intéressant
06:39à noter dans l'analyse.
06:41Le deuxième point,
06:42c'est que quand on voit
06:42les capex annoncés,
06:44et on l'a vu avec Google
06:45cette semaine,
06:46et ce méga deal notamment,
06:47il y a eu une tranche petite,
06:49mais à 100 ans
06:50en livre sterling.
06:52Donc c'est toujours
06:53assez intéressant.
06:54Peut-être que ça donne
06:54la vue de Google
06:55à 100 ans
06:57à l'avenir,
06:58ce n'est pas forcément
06:59très positif.
07:01Mais le point
07:02qui est intéressant,
07:02c'est de dire,
07:03si tous réalisent peut-être
07:05la moitié des capex
07:05par financement de dette,
07:07on va avoir énormément
07:08d'émissions sur le secteur.
07:10Certes,
07:10l'investissement de grève,
07:11mais ça peut techniquement
07:12amener un peu
07:13d'écartement de spread.
07:14Aujourd'hui,
07:14c'est principalement
07:15aux Etats-Unis,
07:16mais on pourra avoir
07:16des émissions de type
07:17reverse Yankee,
07:18c'est-à-dire en fait
07:19des entreprises américaines
07:20qui viennent sourcer
07:21en partie dans l'épargne
07:23européenne pour ces deals-là.
07:25Et ça, pour nous,
07:26ce n'est pas forcément
07:27un risque de marché,
07:28c'est plus forcément
07:28un risque de liquidité
07:30et surtout de flux
07:31de papier très important
07:32qui amènerait
07:33à une forme
07:34d'écartement technique
07:35des spreads
07:35par une sur-offre
07:37temporelle dans le secteur.
07:38Et il y a un deuxième point,
07:39c'est que si l'une d'entre elles,
07:41mais on parle à 5 ou à 10 ans,
07:43parce qu'il y en aura,
07:44on le sait très bien,
07:45des accidents,
07:46venait aussi sur ces tailles
07:47d'émissions
07:48à sortir de l'investissement grade
07:49pour redescendre à la île,
07:51là, en fait,
07:52on arrive sur des tailles
07:53d'émissions
07:53qui sont quasiment
07:54comme quand les souverains
07:56font leur programme d'émissions...
07:58Ils appellent de marchés
07:59correspondant à des États.
08:00Exactement.
08:00Donc, il faut être...
08:01Je pense qu'aujourd'hui,
08:02ce n'est pas un risque
08:03ni pour 2026
08:04ni pour 2027,
08:05mais il faut faire assez attention,
08:06surtout sur les tailles
08:07qui vont être meilleures.
08:08et donc, il faut regarder ça
08:10avec beaucoup de discernement.
08:11En tout cas,
08:12pour l'instant,
08:12la demande est là.
08:13Alors, c'est du Google,
08:14c'est une qualité incroyable
08:16et ça vaut les États,
08:18j'ai envie de dire,
08:19mais c'est vrai que
08:19le premier trimestre
08:21va être, j'imagine,
08:21très dynamique
08:22en matière d'émissions
08:24primaires,
08:24souveraines
08:25et corporelles
08:25confondues.
08:26Oui, oui.
08:26Janvier a été un mois
08:28très élevé
08:29parce que les spreads
08:30étaient bas,
08:31la liquidité était là,
08:32il n'y avait pas
08:32d'accident de marché.
08:33Personne n'a envie
08:33trop d'attendre non plus
08:35pour émettre
08:35quand on a ces conditions-là.
08:37Pour toute la partie
08:40hyperscaler
08:40et capex,
08:42ça va se faire
08:42tout au long de l'année
08:43et ça va même se faire
08:44sur plusieurs années.
08:45Donc là, il y a toujours
08:46un peu un effet calendaire
08:47en janvier
08:48où tout le monde veut
08:48placer ses villes
08:49en début d'année
08:49quand la liquidité est là
08:51mais ça va se prolonger
08:52tout au long de l'année
08:53et même dans les années à venir.
08:54Oui, bon.
08:55Stratégie,
08:56si je reviens à la question
08:56de départ,
08:57effectivement,
08:58comment on aborde
08:592026,
09:00avec quelle ligne
09:01stratégique en tête
09:02pour conduire
09:03des fonds
09:04ou des portefeuilles
09:05de crédit ?
09:06Alors, pour nous,
09:07il y a
09:08être très sélectif
09:09parce que les spreads
09:10sont quand même resserrés
09:11donc il faut faire
09:12très attention
09:12dans la sélection
09:14qu'on fait des obligations
09:15des entreprises,
09:16des émetteurs qu'on choisit.
09:17La deuxième chose,
09:18c'est qu'avec la pente
09:19de la courbe,
09:19il y a un intérêt
09:20et une pertinence
09:21à prendre un petit peu
09:22plus de duration,
09:23être plutôt sur 5-7 ans
09:24que sur 3-5 ans.
09:26C'est aussi pour ça
09:27qu'au bout de 3 ans,
09:28enfin à peine plus de 3 ans,
09:29notre fonds
09:31ECOYIELD 2026
09:31qui avait largement dépassé
09:33les rendements
09:34qu'on anticipait au départ
09:35ce qui est quand même
09:35rare dans les fonds datés,
09:37on l'a mis en commun
09:38avec le fonds 2032
09:39en disant
09:39qu'on a obtenu
09:40cette performance.
09:41Aujourd'hui,
09:41avec des taux courts plus bas,
09:42il est quasi monétarisé
09:44avec du coup
09:44un rendement attendu
09:45pour ces derniers mois
09:46très faible.
09:47Et en revanche,
09:47avec cette pente,
09:48plus on se projette loin,
09:49plus on va avoir
09:50la possibilité
09:51d'avoir des rendements
09:52attractifs sur le futur.
09:53Et ça, pour nous,
09:54Donc la formule fonds datés,
09:55ça reste un schéma pertinent ?
09:57En fait, la formule fonds datés
09:58elle donne une lisibilité
09:59sur ce qu'on peut attendre.
10:01C'est vrai que
10:01toute la partie
10:02des investisseurs institutionnels
10:04avec qui on travaille
10:04ont davantage travaillé
10:05sur nos fonds classiques,
10:07obligataires,
10:08non datés,
10:09puisqu'ils ont des benchmarks,
10:10il y a la recherche
10:11finalement d'un investissement
10:12permanent.
10:13En revanche,
10:14l'avantage des fonds datés,
10:15c'est la lisibilité
10:16et la clarté de la promesse
10:17et de ce qu'on peut attendre
10:19en termes de performance
10:20sur une échéance de temps
10:21qui soit visible,
10:23ça va être soit 2030,
10:25soit 2032,
10:25donc 3-4 ans
10:26ou 5-6 ans.
10:27Donc quelque chose
10:28qui dans l'épargne
10:29correspond bien
10:30à ce qui est recherché
10:31pour construire des portefeuilles.
10:33Et vous dites là
10:33en allant chercher juste
10:35un peu de durations en plus
10:36dans l'univers crédit corporate,
10:39on trouve des performances
10:40qui sont encore intéressantes
10:41sur ces horizons-là.
10:42Avec la preuve de la courbe
10:43en rallongeant de 2 ans
10:44de 30 à 32
10:45à type de portefeuille équivalent,
10:47on va gagner environ
10:470,5% de rendement en plus.
10:49D'accord.
10:50Mais on va aussi bénéficier
10:51d'un deuxième aspect
10:51assez positif pour nous,
10:53c'est le marché primaire.
10:53Aujourd'hui,
10:54quand les entreprises viennent,
10:55nous sommes en 2026,
10:56c'est du 5-7 ans.
10:57Donc 5 ans, c'est 2031.
10:597 ans, c'est 2033.
11:00Donc avec un fonds de 2032,
11:01on peut participer
11:02au primaire.
11:02Tout à fait,
11:03du 2031, du 2032
11:04comme du 2033.
11:05Et ça, pour nous,
11:06c'est très attractif
11:07parce qu'aujourd'hui,
11:08souvent dans ces émissions,
11:09on va avoir une prime d'émission,
11:11donc une obligation
11:12un peu plus attractive
11:12que celle qui existe déjà
11:13pour amener
11:14les investisseurs dessus.
11:16Et donc, c'est aussi
11:17tout le jeu
11:17et je pense tout l'intérêt
11:18dans cette année de 2026
11:19pour ces fonds
11:21orientés sur 2032.
11:26Stanislas de Baliancourt,
11:27directeur adjoint
11:28des investissements
11:29de Sycomore Asset Management
11:31qui était avec nous
11:31ces derniers jours
11:32dans l'émission
11:33pour parler
11:34des marchés de crédit
11:35et de la stratégie crédit
11:36pour 2026.
11:37Interview à retrouver,
11:38bien sûr,
11:38en replay
11:39sur Bsmart.fr
11:40ou en podcast
11:40sur l'ensemble
11:41de vos plateformes préférées.
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