Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 heures
Mardi 24 février 2026, retrouvez Michel-Édouard Leclerc (Président du comité stratégique, E.Leclerc) dans ART & MARCHÉ, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:03Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission d'Art et Marché,
00:08l'émission qui ouvre les portes du marché de l'art.
00:11Et aujourd'hui, plus spécifiquement, je suis ravie de vous retrouver au sein de la galerie Huberti et Brenne.
00:16Nous sommes Avenue Matignon, dans le 8e arrondissement de Paris, pour échanger avec Michel-Edouard Leclerc.
00:22Bonjour, merci d'être avec nous.
00:23Bonjour Sybille, je suis content d'être là.
00:25Vous êtes président des supermarchés Leclerc, donc vos propos médiatiques, d'habitude, c'est plutôt sur des enjeux économiques.
00:31Aujourd'hui, nous allons nous intéresser à une autre facette, celle de l'homme de culture, qui est derrière Mail
00:37Publisher,
00:38et surtout de l'exposition qui nous entoure, Estampes contemporaines.
00:42Est-ce que tout d'abord, vous pouvez nous présenter toutes ces œuvres qui nous entourent ?
00:47Vous ne les voyez pas toutes, mais nous sommes dans une galerie entourée de nombreuses estampes, œuvres différentes.
00:53Nous sommes dans une galerie, une galerie qui a été fondée par des copains belges que je connais par la
01:01bande dessinée.
01:05Et d'abord, j'aime bien cette proximité, cet échange.
01:10Ce sont des lithographies que j'ai réalisées ou fait réaliser avec une petite équipe, sous un label qui s
01:17'appelle Mail Publisher.
01:18C'est une entreprise personnelle, familiale, avec d'excellents collaborateurs.
01:24Et ce n'est pas simplement un supplément d'âme, ce n'est pas simplement du plaisir.
01:29C'est une vieille idée qui me trotte dans la tête et qui est la continuité de ma vie professionnelle.
01:35Je veux rendre l'art accessible, accessible aux nouvelles générations, avec des prix accessibles, dans un monde où le marché
01:45de l'art grimpe et est très compliqué à lire.
01:49Vous avez créé Mail Publisher en 2014.
01:53Pourquoi à ce moment-là, et justement vous avez commencé à répondre, mais pourquoi vous tournez vers l'estampe en
01:58particulier, l'édition d'estampe ?
02:00C'est la rencontre avec des artistes qui travaillaient dans les ateliers parisiens.
02:05On a tendance à dire les vieux ateliers parisiens, parce qu'il y a plein de jeunes dedans.
02:09Mais que ce soit chez IDEM, que ce soit chez Fleur de Pierre, les Guilbeault qui se sont déplacés à
02:17Bergerac et à New York.
02:18Il y a un savoir-faire, il y a des artisans, il y a des ouvriers techniciens qui sont des
02:25vrais artistes et qui savent faire des lithographies, qui savent faire des gravures.
02:30Et donc je voulais faire travailler ces ateliers.
02:33Ce qui est intéressant aussi, c'est que les artistes que je connaissais, je suis un passionné de bande dessinée,
02:39avaient envie de s'essayer sur des formats plus grands qu'une planche de bande dessinée, plus grands qu'une
02:44planche aigle.
02:45Et donc moi j'avais la patience de leur permettre un réapprentissage de ce qu'ils avaient appris à l
02:53'école étienne, aux Beaux-Arts.
02:55Et donc on a monté comme ça de connivence une série de lithographies que l'on expose dans les galeries
03:01à Art Paris et sur le site internet.
03:05Aujourd'hui, quel est le fil directeur ? Quels sont les artistes qui nous entourent ?
03:10Comment est-ce que vous avez travaillé sur cette exposition ?
03:12Alors, moi j'ai aucune prétention. Je connais beaucoup d'artistes parce que je suis le fils de ma mère.
03:19Et ma mère, c'est une Bretonne qui ne voulait pas rester une bigoudaine dans le Finistère Sud.
03:25Et donc on faisait toutes les galeries quand j'étais adolescent.
03:29Et ça m'a toujours passionné.
03:31Et donc je me suis plus spécialisé dans la bande dessinée.
03:35À la fac, j'ai vécu avec des auteurs de bande dessinée.
03:39J'ai amené les centres Leclerc à sponsoriser le Festival d'Angoulême pendant 17 ans.
03:43J'ai rencontré ces artistes.
03:44Et donc un tiers à peu près des lithographies que Mel Publisher présente sont issus de ce monde de la
03:53bande dessinée.
03:54Et puis il y en a d'autres à qui j'ai ouvert cette programmation, qui sont la génération des
04:02cadras, des quinquas que j'ai rencontrés au fil du temps.
04:05Et puis il y a quelques artistes très connus qui m'ont parrainé, qui m'ont légitimé, comme Garoust ou
04:12Ernest Pignon et Ernest,
04:14qui ont le même âge que moi ou de la même génération, qui m'ont dit « Allez, t'y
04:18crois, on t'accompagne. »
04:20Dans le temps qu'il vous reste au-delà de votre fonction de chef d'entreprise, quelle place a l
04:25'art dans votre vie ?
04:27Ça vous a accompagné depuis toujours de ce que vous nous racontez ? Comment ça se manifeste ?
04:32L'art et la littérature m'inspirent.
04:36J'ai lu quelques manuels de management.
04:39J'ai été dans l'opérationnel pendant 45 ans.
04:44Mais même pour faire grossir ce groupe de distribution qu'est le Mouvement Leclerc,
04:49je me suis appuyé sur des hommes, sur leurs talents.
04:51Il y a beaucoup d'artistes aussi, vous savez, dans le monde de l'épicerie, dans le monde du transport,
04:55de la logistique.
04:56Et puis leur personnalité ne s'exprime pas exclusivement à travers la fonction matérielle et sociale.
05:03J'ai vu des très belles personnes.
05:05Et du coup, ça m'a toujours donné l'envie d'avoir ce projet.
05:09Donc je le fais maintenant que je suis moins dans l'opérationnel, moins dans la pression de la vie de
05:16l'entreprise.
05:17C'est aussi avec l'argent de la vie de l'entreprise que je peux me permettre de faire ça.
05:23Et en fait, je m'aperçois que les jeunes cadres qui sont aujourd'hui dans les centres Leclerc ou qui
05:28travaillent au siège des centres Leclerc ou ceux de la FNAC et d'Arti qui sont à côté,
05:32m'accompagnent dans cette volonté de pouvoir remettre des œuvres quasi originales sur leurs murs.
05:42La nouvelle génération n'a pas les tableaux de leurs parents.
05:46Ils n'ont pas les tableaux de leurs parents sur leurs murs.
05:48Ils ont des murs blancs aujourd'hui dans les villes.
05:51Ils habitent plus loin du centre parce que c'est trop cher le centre.
05:55Et puis l'art est très cher.
05:57Et l'art qu'ils aiment est très cher.
05:59Et donc, le pari, c'est de renouveler un petit peu cette offre et de coller avec ses attentes.
06:06Justement, vous êtes très engagé au sein du fonds Hélène-Édouard Leclerc qui est à Landerneau, dans le Finistère.
06:14Comment est-ce qu'on fait grâce à ce centre-là pour travailler cette accessibilité et surtout un déplacement en
06:23dehors de Paris ?
06:24Parce qu'en fait, c'est encore très centralisé le monde de la culture et du marché de l'art.
06:27Est-ce que dans cette ouverture de ce lieu à Landerneau, vous avez éprouvé des difficultés à rendre l'art
06:34très accessible et plus régional ?
06:37Non, il y a une attente formidable du public.
06:40En fait, j'ai trois volets un peu d'intervention.
06:44Via l'enseigne Leclerc, on est le troisième libraire de France, mais on vend aussi des livres d'art.
06:51Et nous sommes sponsors de beaucoup de manifestations locales,
06:54beaucoup de propriétaires de magasins, sponsoristes, des galeries, des artistes.
07:00Il y a cette fondation à Landerneau, qui est une ville de 18 000 habitants,
07:08qui a attiré près de 3 millions de visiteurs pour des expositions majeures.
07:13Et c'est aussi le nom de Leclerc et la réussite dans l'entreprise qui m'a permis d'obtenir
07:17des prêts,
07:18des très grands musées et à l'international.
07:20Et puis il y a cette petite capsule plus personnelle de lithographie,
07:26qu'avec 4 ou 5 amoureux de l'art, nous lançons.
07:31Je crois que c'est...
07:33Et alors Landerneau, évidemment, c'est un combat politique aussi.
07:36C'est amener le meilleur de l'art du monde dans une petite ville en province,
07:41parce que la culture a sa place partout.
07:43C'est l'idée...
07:44Vous connaissez en musique les vieilles charrues.
07:46Les vieilles charrues, c'est 600 000 jeunes qui viennent dans la plaine de Carré, au centre du Finistère.
07:52Mais là, à Landerneau, nous attirons le meilleur de l'art du monde.
07:56On a fait venir une exposition Henry Moore, on a fait venir Giacometti,
08:02les meilleurs de la bande dessinée, de Métal Hurland, à suivre.
08:05On a été les premiers à exposer Hartung, alors que c'était dans le musée à côté d'Antibes.
08:13On a été les premiers à exposer Giacometti à cette dimension,
08:16parce que Catherine Gognier, au musée Giacometti, n'avait pas de vitrine, n'avait pas de musée.
08:21Donc c'est un challenge que, dans une petite ville qui aime ça, le public vient voir.
08:30La particularité de Landerneau, c'est que ce n'est pas un musée, c'est un lieu.
08:33On n'a pas de patrimoine culturel, c'est un musée.
08:37C'est l'ancien magasin de mes parents qu'on a rechappé de beau granit.
08:40C'est un CV dans un couvent qui avait été maquillé de béton parce qu'on y produisait de la
08:46bière.
08:47Ça a été une prison depuis la Révolution.
08:50Et les gens viennent dans ce lieu sans complexe, ils ne connaissent pas.
08:54Certains disent, d'ailleurs, on est venu voir du Buffet, mais en croyant voir Bernard Buffet.
09:00Vous voyez, il y a une ouverture.
09:03Et du coup, il y a un appétit, il y a une récurrence, un abonnement.
09:07Et je pense que c'est un peu le sens de votre émission.
09:11C'est qu'on fait découvrir des talents, on suscite la curiosité.
09:18Et c'est une manière aussi que ce marché de l'art, dont on parle beaucoup, avec des valeurs énormes,
09:25réintéresse une génération qui n'en avait pas les moyens.
09:29Vous avez, dans vos dernières prises de parole médiatiques, vous n'avez pas exclu une entrée en politique.
09:35Si vous deviez faire une priorité culturelle, quelle serait-elle si jamais vous étiez président de la République, par exemple
09:42?
09:43Allons-y.
09:43Quelle serait votre priorité culturelle ?
09:47Je n'ai pas le melon.
09:48Je me retrouve dans des sondages.
09:50Je ne les ai pas payés.
09:51Je ne sais pas.
09:51J'ai l'impression d'être une boule dans le flipper.
09:55Vous voyez ce que je veux dire ?
09:56On verra bien.
09:57Mais en même temps, c'est vrai que c'est un vrai combat politique que de défendre la culture.
10:03Et quand on voit ce qui se passe dans le monde, cette négation de l'art, de la liberté d
10:08'expression.
10:09Je reviens des États-Unis.
10:10Je suis étonné de voir des copains que je connais depuis longtemps, aujourd'hui, se censurer, faire attention à ce
10:15qu'ils disent.
10:16Donc, moi, je pense que c'est très important aujourd'hui.
10:20La première mesure que je prendrais, par exemple, c'est de revoir le cahier des charges, non seulement du service
10:24public,
10:24mais de toutes les chaînes privées et maîtrises en France, pour qu'ils consacrent au plus de temps à la
10:29défense du livre,
10:30de l'art, de la culture, y compris sous la forme des formes numériques et modernes, des jeux ludiques, les
10:37jeux vidéo.
10:39Parce que ce sont des lieux de création, ce sont des lieux aussi de vie.
10:42Beaucoup d'artistes vivent de la publicité.
10:44Beaucoup d'artistes qui font de l'anime ou qui font des jeux vidéo sont, en fait, chez eux, des
10:51peintres.
10:52Et donc, je renforcerai le cahier des charges de tous les émetteurs, de tout ce qu'on autorise à émettre,
10:58que l'Arcom et Thérise autorisent à émettre en France.
11:01Je trouve qu'on devrait avoir renforcé le cahier des charges de cette obligation culturelle.
11:04Enfin, il ne faut pas dire obligation, de cette incitation culturelle.
11:07Cette incitation culturelle.
11:08Et le rôle de l'entreprise dans le monde culturel, il est fondamental pour pouvoir justement donner plus de moyens,
11:15plus de clés, plus de clés de lecture ?
11:17Je pense que le monde de l'entreprise, il ne faut pas le déhifier.
11:21Je pense que c'est bien d'avoir un secteur public.
11:24On n'aurait pas les grands musées s'il n'y avait pas eu le secteur public.
11:28Mais c'est vrai qu'aux Etats-Unis, ce sont des fondations privées qui les ont constituées.
11:33Nous, je pense que la diversité voulue par le législateur, l'arrivée, les textes de Jean-Jacques Ayagon ou de
11:41Christine Lagarde
11:43permettant du mécénat même populaire, avec des défiscalisations possibles, rajoutent à la diversité,
11:49à la possibilité de soutenir des artistes qui ouvrent leur propre atelier.
11:54Je vois Olivier Massmonteil, par exemple, aujourd'hui créer sur les réseaux sociaux son propre site.
11:59Beaucoup d'artistes créent maintenant, de manière désintermédiaire, la possibilité d'accéder à leur œuvre.
12:08Tout ça, c'est passionnant.
12:09Et donc, l'entreprise peut être mécène, elle peut être sponsor,
12:13mais elle peut être tout simplement, parce qu'il y a des hommes dans l'entreprise,
12:16des soutiens personnels au monde de l'art,
12:20qui a besoin aujourd'hui, à la fois d'être reconnectée aux évolutions sociales
12:26et en même temps reconnue comme des pionniers, comme des marqueurs de nos sociétés.
12:31Merci beaucoup, Michel-Édouard Leclerc.
12:33Merci de nous avoir accordé ce temps au sein de la Galerie Huberti et Brain.
12:37Et merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis.
12:39C'était Arrêt Marché.
12:40Arrêt Marché.
Commentaires

Recommandations