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  • il y a 1 semaine
Mercredi 21 janvier 2026, retrouvez Jocelyn Rigault (délégué général, Le Choix de l'École), Florent Balayé (directeur talent solutions, LinkedIn), Philippe Silberzahn (professeur en stratégie, EM Lyon Business School) et Emmanuelle Barbara (Avocate, droit du travail et droit de la sécurité sociale) dans SMART JOB, une émission présentée par Arnaud Ardoin.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, ravi de vous retrouver dans SmartJob, votre rendez-vous emploi RH Management,
00:12débat, analyse, expertise et vos rubriques habituelles, évidemment, bien dans SmartJob.
00:17On s'intéresse à un sujet dont on a peu parlé dans SmartJob, les conditions d'exercice des profs,
00:22des enseignants en éducation prioritaire avec une étude qui est passionnante,
00:26qui montre justement leur engagement. Et on accueillera justement Jocelyn Rigaud,
00:31qui est le délégué général de le choix de l'école, il nous parlera justement de cette étude.
00:35Le cercle RH, les entreprises, alors on va bien sûr parler, vous avez compris, du budget qui va passer en force,
00:40un 49-3, les entreprises victimes collatérales du politique ou des politiques, d'ailleurs,
00:46on en parlera avec Emmanuel Barbara, avocate spécialiste en droit du travail et de la sécurité sociale
00:51qui est associée chez Auguste de Bousy, puis on sera avec Philippe Zilberzan, professeur EM Union Business School.
00:57Il sort d'ailleurs un livre, un livre plein de promesses positives dans un monde un peu sombre.
01:02On fera le point avec eux. On terminera notre émission avec Fenêtre sur l'emploi,
01:05maîtriser l'IA qui est un emploi du temps, c'est du plein temps.
01:10On fera le point avec Florent Balayé, il est directeur LinkedIn, talent, solution,
01:15pour terminer notre émission. Tout de suite, c'est bien dans SmartJob.
01:17Bien dans SmartJob pour parler des conditions et approfondir la manière dont travaillent
01:35les professeurs en zone d'éducation prioritaire. Et pour en parler, j'accueille Jocelyn Rigaud.
01:40Bonjour Jocelyn.
01:41Bonjour.
01:41Très heureux de vous accueillir, délégué général de Le Choix de l'école.
01:44En quelques mots, Le Choix de l'école, et là vous avez évidemment votre étude
01:48qui est extrêmement intéressante sur la manière dont ils travaillent et leurs attentes aussi.
01:53Le Choix de l'école, c'est quoi ?
01:54Le Choix de l'école, bonjour déjà et merci de votre accueil, merci de nous inviter.
01:59Le Choix de l'école, c'est une association loi 1901.
02:02Nous existons depuis 11 ans et depuis 11 ans, nous avons accompagné plus de 500 enseignants
02:07vers les métiers, enfin ça sans professionnels, plutôt vers les métiers de l'enseignement
02:12en réseau d'éducation prioritaire.
02:15Donc Le Choix de l'école sélectionne des profils que l'éducation nationale n'arrive peut-être
02:20pas à toucher et nous les accompagnons pendant deux ans à hauteur de 400 heures d'accompagnement
02:25et de formation de travail sur la cohésion entre enseignants dans leur métier d'enseignant
02:29en primaire, en collège et en lycée professionnel.
02:33Moi qui suis un boomer à l'époque, on appelait ça l'IUFM, c'est la formation des instituteurs,
02:38des enseignants.
02:39On découvre dans l'étude, et elle est tout à fait édifiante parce qu'on a souvent
02:42le sentiment que les profs en zone d'éducation prioritaire versus REP aujourd'hui, ils sont
02:48allés là-bas parce qu'on les a poussés.
02:49Il y a 67% qui ont choisi d'enseigner en REP, c'est-à-dire il y a une vraie volonté,
02:54j'ai dire presque politique de leur part que d'aller sur ces territoires difficiles.
02:58Ça vous le confirmez ?
02:59Écoutez, bien sûr, oui, je le confirme, c'est une étude que nous avons menée avec
03:03l'Institut BVA Ipsos en mai dernier sur 700 enseignants en REP et en REP+, donc toute
03:10académie, académie métropolitaine, merci, ultramarine, et auprès d'enseignants en primaire,
03:15collège, lycée, pro, qui sont les secteurs où nous on travaille.
03:17C'est probablement le chiffre qui nous a le plus surpris.
03:19En effet, on entend beaucoup dans les médias mainstream, dans les médias du quotidien
03:25que ces pauvres enseignants sont en REP parce qu'ils sont jeunes, c'est leurs premières
03:30années et on les force à aller là-bas.
03:31Non, en fait, on a en effet quasiment 70% qui ont fait le choix de se rendre dans ces
03:37zones.
03:38Le versus de cette volonté, parce qu'on sent qu'il y a une vraie appétence, une vraie
03:42volonté, c'est qu'ils constatent dans votre étude qu'il manque une formation initiale,
03:46c'est-à-dire qu'ils sont à la fois extrêmement mobilisés et motivés, mais ils n'ont pas
03:49les outils, ou ils n'ont pas tous les outils ?
03:52Alors, ils n'ont pas les outils, c'est aussi pour ça que le choix de l'école existe,
03:55c'est-à-dire que la manière dont le choix de l'école se positionne, c'est que nous
03:57on se positionne un peu comme un laboratoire d'innovation auprès de l'éducation nationale,
04:00on a l'agilité d'une petite structure qui peut nous permettre de tester des choses
04:04et ensuite d'aller voir nos partenaires académiques, on travaille auprès de cette
04:07académie, et je passe d'ailleurs le message sur le fait que nous ouvrons l'académie
04:11de Lyon en septembre prochain, que nous sommes à la recherche de candidats en secondaire,
04:17en collège et en lycée professionnel.
04:18Donc c'est des Lyonnais qui nous écoutent aujourd'hui, qui n'hésitent pas à se rendre
04:21sur le site du choix de l'école.
04:24Et en fait, nous, on propose dans nos deux ans d'accompagnement différentes manières
04:29de former les enseignants.
04:30Aujourd'hui, les formations classiques qui sont prodiguées par les services de l'éducation
04:34nationale existent, elles sont présentes, elles sont d'après nous peut-être pas suffisantes
04:40sur certains domaines, notamment les gestes de classe.
04:42Et puis, ce qui est ressorti dans notre étude, c'est qu'en effet, 69% des enseignants,
04:48nous ont dit ne pas être suffisamment préparés à la gestion des élèves à besoins particuliers.
04:54ou encore 74% qui se disent que l'éducation prioritaire n'a pas été suffisamment mise
05:01en avant dans leur formation initiale.
05:02Et on voit bien avec une spécificité de ces zones particulières de REP, où il faut
05:08peut-être avoir une qualité d'attention, d'assertivité un peu différente.
05:12En revanche, et là aussi c'est très édifiant, les personnes interrogées, donc ces professeurs,
05:17à 90% sont satisfaites, disent-ils, de leur relation avec les élèves et qui est leur premier
05:22moteur d'engagement.
05:23Là aussi, ça vient s'entrechoquer avec les médias mainstream, c'est-à-dire l'impression
05:28que c'est une absolue horreur, ces établissements.
05:30Pas du tout.
05:31Ces profs sont contents de la relation qu'ils ont avec leurs élèves.
05:35Oui, je pense que c'est important de le souligner, c'est-à-dire là encore, on est
05:38beaucoup dans la caricature, souvent de la REP ou de la REP+, ou du QPV, donc quartier
05:44prioritaire de la ville où sont situés certains lycées où nous travaillons.
05:48Tous les élèves, les élèves ne sont pas des monstres, ne sont pas des sauvages.
05:52Des délinquants.
05:53Des délinquants, arrêtons avec cette caricature et c'est là que le choix de l'école agit
05:57aussi comme un acteur de lutte contre ces déterminismes sociaux, contre ces images toutes faites.
06:02Stigmatisantes.
06:03Et donc il faut arrêter cette stigmatisation.
06:05Et en effet, 90% sont satisfaits de la relation avec leurs élèves et puis plus de 85%,
06:10quasiment 90% aussi, sont satisfaits de la relation avec leurs collègues.
06:13Oui, la relation, parce qu'il y a un gros travail de groupe aussi qui se fait, même
06:17de travaux de transversalité pédagogique.
06:20Quand même, vraiment ce que vous faites est absolument incroyable parce qu'accompagner
06:24ces profs, on a le sentiment que vous ressemblez un peu au resto du cœur, vous
06:28savez, versus la petite structure qui part de rien et qui dit mais nous on va
06:32révolutionner le système à côté d'un mastodonte qui est l'État et en l'occurrence
06:36l'éducation nationale pour vous.
06:37Vous n'avez pas ce sentiment-là ?
06:39Alors moi, je n'ai pas ce sentiment-là et nous n'avons pas ce sentiment-là au chaud
06:42de l'école parce que, un, on ne déclare pas vouloir révolutionner ce système.
06:47Ce que nous, on veut faire, c'est vraiment travailler en complémentarité avec le ministère
06:51de l'Éducation nationale.
06:52Une fois de plus, être en apporteur et en testeur de solutions.
06:55Ça fait 11 ans qu'on teste des solutions.
06:57Il y a de l'innovation, oui.
06:58Oui, et on teste des solutions non seulement sur l'accompagnement et la formation des
07:01enseignants mais aussi sur la sélection des enseignants.
07:04Et vous parliez, si vous me le permettez, il y a un instant de cohésion.
07:08L'esprit de cohésion est un facteur capital pour un jeune enseignant qui arrive en REP.
07:12Tout à fait.
07:12C'est-à-dire aujourd'hui, un enseignant qui arrive en REP contractuel, je dis bien contractuel,
07:17il va se retrouver parfois balancé tout seul dans une classe et il est tout seul face à
07:20des difficultés.
07:21Un peu isolé parfois.
07:21Et nous, on travaille beaucoup là-dessus au choix de l'école et on montre aujourd'hui
07:24à nos partenaires académiques que cette cohésion entre enseignants néo-contractuels
07:28est capitale si on veut que les gamins aient un enseignement de qualité derrière.
07:32Ami Lyonnais, chef d'entreprise, fondation, allez donc jeter aussi un oeil sur le choix
07:37de l'école parce que vous êtes aussi financé par des fondations et par des acteurs
07:41du monde de l'entreprise qui croient à ce modèle innovant, non pas révolutionnaire
07:46mais qui accompagne ses professeurs pour devenir les meilleurs professeurs dans ces zones
07:50parfois un petit peu compliquées d'éducation prioritaire.
07:53Merci à vous, Jocelyn Rigaud, déléguée générale de Le Choix de l'école.
07:58Merci de nous avoir rendu visite et puis j'imagine que votre étude est à découvrir
08:01sur le site.
08:02Absolument.
08:02Nous avons un webinaire de restitution de l'étude le 28 janvier prochain, donc la
08:08semaine prochaine.
08:10Vous pouvez nous suivre sur LinkedIn, vous aurez toute l'information, il reste quelques
08:13places, n'hésitez pas à vous y inscrire, elle sera disponible sur le site ensuite.
08:16Et ce n'est pas réservé qu'aux Lyonnais, vous l'aurez compris.
08:18Merci à vous, on tourne une page, on s'intéresse aux enjeux des politiques, du politique
08:23au sens philosophique du terme sur les entreprises avec des grincements de dents, des organisations
08:27patronales notamment à l'issue de ce budget 2026.
08:30Que va-t-il se passer ? Quel est l'état d'esprit des entreprises françaises mais aussi
08:35finalement des entreprises étrangères voulant investir ici chez nous en France ? On en parle
08:39avec deux acteurs, c'est le débat d'actu, on est au cœur de l'actu évidemment à l'occasion
08:43de ce budget 2026 et c'est tout de suite.
08:58Le cercle est rage pour débattre, le débat d'actu.
09:01Alors on a choisi un thème qui évidemment est au cœur de l'actualité parce que c'est
09:05la relation des entreprises avec leur environnement et l'environnement, vous l'aurez compris,
09:08qui est politique, budget 2026, passage en force avec un 49.3. Rappelons que le Premier
09:14ministre avait juré la main sur le cœur que tout se ferait dans la négociation, dans
09:17la douceur et la souplesse pour aboutir à un 49.3 qui semble, semble et on va en parler,
09:22déplaire aux entreprises alors qu'elles soient petites, moyennes, intermédiaires ou très
09:27grandes. Ce budget ne passe pas et semble et risque d'avoir des impacts sur notre économie
09:33réelle. Emmanuel Barbara, ravi de vous accueillir, c'est un vrai plaisir de vous
09:37retrouver. Avocate spécialiste en droit du travail et de la sécurité sociale parmi
09:41vos expertises, vous êtes associé senior chez Auguste de Bousy et on parlera, j'en
09:46suis sûr, des clients français mais aussi étrangers qui observent ce manège et qui
09:52peut-être aujourd'hui ont des hésitations à venir s'installer chez nous en France.
09:56Philippe Zilberzane, ravi de vous accueillir, ravi de vous retrouver vous aussi, professeur
10:00EM Lyon Business School et un livre plein de promesses et avec un titre qui est très
10:04beau, Tracer sa voie dans l'incertitude, qui est un peu aussi la réalité de beaucoup
10:08de dirigeants aujourd'hui, les huit règles de votre création ultime, diathéno. Je commence
10:13par vous puisque vous observez, vous écrivez beaucoup sur les réseaux sociaux, dans des
10:18tribunes, comment vous regardez la situation dans laquelle nous sommes, cette espèce de
10:23dichotomie entre une classe politique dont on ne comprend plus rien et des entreprises
10:27qui disent, nous attendez, on a besoin de continuer à avoir le cap, de continuer à
10:30créer de la richesse. Comment vous regardez la situation dans laquelle nous sommes ?
10:35Alors du point de vue des entreprises, effectivement c'est très difficile puisque normalement l'État
10:40doit autant que possible offrir un certain cadre pour réduire l'incertitude et là depuis
10:45quelques mois, quelques années, c'est le contraire, c'est-à-dire que l'État devient un facteur
10:48d'incertitude. Alors il y a des tas de raisons historiques mais effectivement ça rajoute
10:53à l'incertitude naturelle du monde qui était déjà très forte et donc effectivement
10:58qui complique considérablement la tâche. Alors pas juste des grandes entreprises mais
11:02c'est encore plus difficile pour les petites entreprises qui peuvent encore moins amortir
11:06ce type de choc et qui sont soumis à des allers-retours et effectivement beaucoup
11:11d'incertitudes.
11:12On n'est pas une émission politique, Emmanuel Barbara, mais il faut quand même
11:14resituer les enjeux, c'est-à-dire qu'il y a eu une négociation, un deal que tout le
11:19monde a observé, mezzo-voce dans les coulisses de Matignon, entre les socialistes qui ont
11:25réussi à avoir un certain nombre d'acquis sociaux, comme ils le disent, qui fait qu'aujourd'hui
11:31ce budget ne sera pas censuré par les socialistes. In fine, on a Patrick Martin qui dit qu'il s'alarme
11:37d'une France de jeunes sans emploi, sans formation, ni études, 1,4 million tout en pointant
11:43les effets négatifs, c'est un exemple de la suppression, de la limitation, de l'alternance.
11:48Comment vous regardez le monde dans lequel nous vivons, là, ici en France, et je dirais
11:52la France dans le monde ?
11:55Je crois qu'il y a trois séries d'observations rapides qu'il faut faire lorsqu'on ne fait
12:00pas de la politique, ce n'est pas mon métier, mais nécessairement quand on fait mon métier,
12:04on en fait, de la même façon que, premier argument, que les organisations patronales
12:10le premier chef desquels le MEDEF vitupère, à juste titre, il fait en quelque sorte son
12:15boulot pour aller expliquer que l'environnement qu'on leur a mitonné cette année pour une
12:20seconde année aux entreprises, aux plus grandes, mais pas uniquement, est susceptible de créer
12:25des effets néfastes sur l'économie. Donc, il a beau dire qu'il ne fait pas de politique,
12:30mais il en fait nécessairement, et d'ailleurs l'entreprise est un objet politique, le second
12:34argument qui me vient à l'esprit à ce stade, c'est que dans le fond, ce budget bric-à-brac,
12:43Frankenstein, peu importe la terminologie qu'on lui a trouvé, fait de briquet de broc,
12:46mais aussi effectivement d'une inflexion donnée aux socialistes pour éviter la censure,
12:53traduit dans le fond la question qu'il nous faudra un jour régler, qui est la manière
12:57dont on gère ou dont on modifie notre modèle social. Parce que dans le fond, c'est l'illustration
13:02d'un, là pour le coup, d'un penchant côté social, dépenses sociales, etc., et donc
13:09moi regardant sur les économies et sur qui payent, enfin plutôt ceux qui sont riches.
13:14Avec un déficit à 5%, on y reviendra.
13:16Par surcroît, qui est quand même un détail de l'histoire. Mais il n'empêche que le
13:19sous-jacent, c'est quand même le point de savoir vers où et vers quoi notre modèle
13:23social va tendre, puisqu'il est là adossé manifestement à, en quelque sorte, une approche
13:27assez ancien régime quand même. Mais c'est intéressant de voir que cette conversation
13:30devra s'illustrer. Et enfin, troisième point, c'est l'argument côté entreprise,
13:36c'est qu'elles doivent, en quelque sorte, faire avec, et j'observe avec intérêt votre
13:40titre, qui est en effet tout entier, enfin qui décrit tout entier le programme.
13:45C'est la matrice.
13:45Il va falloir gérer dans l'incertitude. Et elles le font déjà, en quelque sorte.
13:48Mais ça, c'est tout l'enjeu de notre conversation.
13:50Non, je m'autorise à penser qu'elles le font déjà depuis longtemps, mais que ça
13:53va être encore plus compliqué et encore plus brumeux. La brume est encore plus épaisse.
13:58Aujourd'hui, c'est quoi l'enjeu pour les entreprises ? C'est de se dépluquer doucement
14:04du politique, parce qu'on voit beaucoup d'entrepreneurs aujourd'hui, soit ils hurlent, ils sont
14:08en colère, ou d'autres qui disent, mais après tout, on n'a plus besoin du politique,
14:11on continue à développer notre valeur, à s'occuper de nos salariés, à créer à
14:16l'intérieur de nos entreprises une forme de micro-modèle social de bien-être, et
14:20qu'après tout, le politique peut continuer à dériver comme une sorte de plaque comme
14:26ça qui partit. Est-ce que vous avez ce sentiment-là ?
14:28Alors, il y a beaucoup de gens qui disent que l'entreprise, c'est le dernier truc qui
14:31marche en France.
14:31Mais oui !
14:32C'est un peu excessif. Cela dit, on ne peut pas se dépluquer du politique.
14:35L'entreprise, elle existe dans une société, et donc l'entrepreneur, quelles que soient
14:40ses opinions politiques, il est dans une réalité politique.
14:44Donc soumis, soumis aux politiques.
14:46Oui, bien sûr, puisqu'on est dans un régime, effectivement, qui a une base politique.
14:50Ça, c'est vrai de tout État. Donc on ne peut pas juste dire, bon, je ne comprends
14:54plus rien à la politique, ça n'a plus de sens, donc je ne m'en occupe plus. Elle
14:57s'occupera de vous, de toute façon.
14:59Ça, c'est bien vrai.
14:59Donc, il y a un problème à résoudre, et effectivement, on voit bien, alors ce n'est
15:03pas de moi, je crois que c'était Gramsci qui avait dit ça.
15:05Exactement.
15:05C'est Gramsci.
15:05Et donc, on ne peut pas y échapper. Donc, on voit bien que là, ces rafistolages se font.
15:10Alors, je crois qu'il y a un chef d'entreprise qui disait récemment, pour maintenir ce qui
15:16c'est aussi l'enjeu, mais on ne peut pas s'en affranchir. Donc, ça veut dire que ces
15:20questions-là devront être réglées.
15:22Alors, je précise quand même que dans le rafistolage et dans la communication gouvernementale,
15:26parce qu'il faut quand même préciser qu'il y a tout ça, il y a un emballage, il y avait
15:29440 entreprises qui allaient être victimes de cette surtaxe, et le Premier ministre
15:34explique, je vous le soumets, Manuel Barbara, qu'on ne touchera qu'à 300 entreprises, et
15:39qu'on ne touchera pas aux ETI. C'est quoi ? C'est de la communication politique,
15:44c'est de l'emballage, c'est de l'enfumage, où il y a quand même l'idée de ne pas toucher
15:47à l'industrie. Comment vous observez cette manière de communiquer, on peut le dire ?
15:52Il y a nécessairement, on voit bien que là, c'est les effets d'une communication qu'on
15:57a voulu rendre la plus acceptable possible, en faisant valoir que l'on sauve, en quelque
16:01sorte, de cette surtaxe qui devait être réduite.
16:06réduite, enfin bref, on les sauve. On sauve ces ETI. Mais comme le faisait immédiatement
16:12valoir le MEDEF et d'autres chefs d'entreprise, c'est que cela a néanmoins un impact, puisque
16:18les grandes entreprises sont quand même des animatrices, si je puis dire, sur le terrain,
16:24et que les budgets dont on voit qu'ils sont resserrés année après année, tous les budgets,
16:30sous-traitance et autres investissements, il y a des incidences qui sont manifestes. Donc,
16:34évidemment, ça ne frappe pas de plein fouet, en effet, l'ETI, bravo, et ça, j'allais
16:39dire, tant mieux, il ne faut quand même pas non plus, voilà, il ne faut pas être encore
16:42plus pessimiste que ça ne l'est. On a sauvé 100 entreprises, 140.
16:46Je retire le lien, le cordon ombilical naturel du politique sur l'entreprise, elle vote
16:50les lois, elle décide de la fiscalité, bien sûr, mais on entend quand même des
16:54chefs d'entreprise qui disent, après tout, chez nous, regardez, on arrive à trouver
16:56un équilibre, on fait de la parentalité, on crée un juste équilibre, on n'a pas de
17:00conflit, on ne se tape pas dessus, on construit de la valeur et de la richesse.
17:04C'est formidable, et c'est vrai.
17:05Et c'est extraordinaire, ça.
17:06Et ça, il faut le souligner, le saluer, et finalement, voir au travers de la stratégie,
17:13qui sert une stratégie économique et de marché et de business, etc., évidemment, mais
17:18cette stratégie qui consiste pour l'entreprise de prendre, en quelque sorte, je vais dire,
17:24à sa charge, c'est aussi à sa charge, tout un ensemble, un écosystème d'ordre social
17:30pour répondre aux problématiques de ses propres salariés.
17:32Pour même réparer, presque.
17:33Clairement, oui.
17:34Alors, c'est pour réparer, mais aussi, je suis un peu plus perfide que vous, si vous
17:38me permettez.
17:39Je crains que ce ne soit néanmoins une inflexion imprimée depuis le début de ce siècle vers
17:45un transfert de charge dit ou pas dit, explicite ou non, comme on dirait plus joliment, vers
17:51les entreprises.
17:51Donc, on est en train de voir l'entreprise Providence surgir avec ses petits pieds, placée
17:57aussi sous les foudres d'une institution judiciaire qui peut également, de son côté,
18:02trouver matière à expliquer qu'il vaut mieux faire ainsi.
18:05Mais ce que dit Patrick Martin sur les 1,4 million de jeunes lénites, pour ce mot impropre,
18:09c'est pointer du doigt un modèle social onéreux qui ne répond pas à l'accueil
18:15de ces jeunes qui se retrouvent sans diplôme, sans scolarité et qui a un coût social
18:20colossal. C'est ce que dit le patron du MEDEF. Il dit, après tout, si le modèle
18:23social était aussi puissant, il réglerait ce problème. Visiblement, non. On en est
18:28où ? Vous qui portez le sujet sur l'incertitude. Quand vous avez écrit ce livre, vous n'aviez
18:33pas imaginé tout ce qui allait se passer et votre visite en plateau ici aujourd'hui.
18:37La réalité dépasse la fiction.
18:38C'est ça. Vous êtes dépassé par votre titre, là.
18:40Bien sûr. Oui. Et alors, encore une fois, ce qu'on oublie, alors effectivement, on
18:43aurait sauvé 140 entreprises. Mais moi, je le vois sur le terrain aujourd'hui, les multiples
18:48annulations de petits contrats d'indépendants, etc., font des dégâts terribles. Et ce n'est
18:53pas juste parce que les impôts vont augmenter. Cette incertitude-là, ces allers-retours,
18:58on voit bien, par exemple, l'effort considérable qui a été fait sur l'apprentissage ces dernières
19:03années. Et puis, tout d'un coup, on arrête de façon extrêmement brutale. Moi, je pense,
19:07par exemple, je prêche un peu pour ma paroisse, une école qui s'investit dans un modèle
19:12d'apprentissage qui est extrêmement intéressant pendant des années. Ça nécessite de refondre
19:16des programmes, etc. Et puis là, on nous dit, non, c'est fini. Alors, ça sera que pour
19:19certaines entreprises. Mais en fait, on ne sait pas vraiment. Et là, on est en train
19:23de préparer les années prochaines. Comment on fait concrètement pour faire ? Et ça,
19:26c'est une multitude de conséquences qui ne sont pas forcément très visibles là,
19:32maintenant et pas de façon massive. C'est à bas bruit. Voilà, c'est à bas bruit.
19:35Mais c'est un impact considérable. Mais sur le plan international, parce que vous êtes
19:39une experte des questions françaises, mais vous avez des clients internationaux qui viennent
19:44vous interroger, qui vous posent des questions sur notre modèle, qui s'interrogent sur
19:48le droit social. Enfin, tous les sujets. La classique. La classique. L'avocat est
19:52interpellé sur ces sujets. Combien ça coûte ? Combien ça coûte ? Qu'est-ce qu'ils
19:55vous disent aujourd'hui ? Moi, je vois ça de loin. J'attends un peu pour investir.
19:58Je pense que la France n'est plus le bon pays. Pourtant, c'était un pays qui, il y a
20:01encore quelques années, était le pays où on avait envie de venir s'installer.
20:04Oui, d'ailleurs, vous avez observé qu'il y a eu de certaines fluctuations importantes en matière
20:08d'investissement en France ces dernières années. Donc, c'est clair. Bon, les entreprises en question
20:12ne viennent pas klaxonner sur le fait qu'elles ne viendront pas investir davantage.
20:16Et ne le disent pas. Mais on peut voir aussi des inflexions sur le terrain au travers des
20:20outils qui n'ont rien à voir. Enfin, qui sont, j'allais dire, le bras armé ou la suite
20:25des événements qui consistent à dire peut-être qu'il faudrait qu'on restructure nos activités
20:29en France et peut-être qu'il faudrait qu'on revoie comment... Enfin, parce qu'en gros,
20:33ça coûte cher cette affaire. Bon. Et là, ça nous fait tomber dans un autre registre qui
20:37est le registre, évidemment, des restructurations et des conditions légales pour mettre en place
20:42un PSE qui soit conforme.
20:44Donc, c'est du chômage qui progresse.
20:46Mais bien sûr. Enfin, je vais dire que c'est son cortège. Et c'est vrai aussi des entreprises
20:49françaises. Tout ça est un cortège tellement attendu. On l'a quand même vécu de manière...
20:53Donc, on la connaît, l'histoire.
20:54On la connaît, l'histoire. Non, l'histoire, elle est écrite sur le tableau, etc. La seule
20:58chose... J'ai envie de mettre un tout petit éclat de lumière dans cela. C'est qu'il faut
21:05aussi saluer non seulement les efforts que sur le terrain, certaines entreprises qui sont...
21:11qui ont peut-être davantage de débouchés ou qui n'ont pas vu une atténuation de leur
21:14carnet de commandes cette année en 25. Parce que là, quand même, si on regarde les résultats
21:18de BPI France fin novembre, il y a un grand nombre de PME, TPE qui ont souffert. Mais
21:26certaines d'entre elles ne souffrent pas. Et ne souffrant pas, ce qui est intéressant,
21:29c'est de voir pour celles-ci... Et il y en a quand même quelques-unes, et notamment
21:32qui voient les perspectives 26 comme, pourquoi pas, convenables. Et bien, elles intègrent
21:40totalement ce dont on parlait, c'est-à-dire l'idée de faire attention et de porter une
21:46attention plus appuyée, justement, au personnel et dans les variables d'ajustement en question.
21:51C'est une terre qui bascule de l'État vers une entreprise.
21:54Et ça, je trouve ça intéressant parce que ça participe de la gestion dans l'incertitude
21:57puisque, au niveau de l'individu, lui aussi, il vit dans l'incertitude, CQFD, et l'incertitude...
22:03C'est bon modèle social, à revoir. Puisque, évidemment, si on compense par l'entreprise,
22:06il faut que le modèle se révisse un peu.
22:07Il faut organiser la coquille de noix pour chacun.
22:09...de facto, effectivement, puisque l'État est de moins en moins capable de répondre
22:12à ça. Il y a un transfert vers les entreprises.
22:15Et le prélèvement obligatoire est resté le même, je précise.
22:17Voilà. Il ne diminue pas, même. Alors ça, ça souligne, et moi, je le vois aussi
22:22beaucoup, le grand dynamisme des entreprises françaises sur le terrain, des petites entreprises
22:27qui sont extrêmement dynamiques. J'en ai visité une récemment qui exporte dans le
22:31monde entier, etc. Donc, ce dynamisme, il est là. Mais c'est vrai que ce sont des coûts
22:34supplémentaires. Et encore une fois, on parlait des investisseurs étrangers.
22:40Ce n'est pas tellement combien ça va coûter. Je ne sais même pas dire combien ça va
22:45qu'on ne sait pas. Je ne sais même pas si je vais pouvoir faire un plan de licenciement,
22:48etc. Je ne peux même pas me projeter, puisque de toute façon, ça change presque toutes
22:53les nuits à l'Assemblée nationale. Et puis, tout va être mis en question en 2027, etc.
22:58C'est un... Et vous allez revenir, parce que c'est frustrant. J'ai tellement envie
23:02de poursuivre cette émission avec vous, parce qu'on s'est dit beaucoup de choses.
23:06On est tous un peu dans l'incertitude. C'est vrai pour les chefs d'entreprise.
23:10C'est vrai pour les collaborateurs qui se disent, mais on va où ? À quelle source
23:13on va être mangé ? Dans un contexte international dont on n'a pas eu le temps de parler,
23:16qui vient évidemment déréguler et qui crée de l'incertitude. Tracer sa voie dans l'incertitude,
23:21c'est l'œuvre singulière et joyeuse d'une vie pleinement accomplie sur les derniers
23:25mots de la quatrième de Couve. Je voulais qu'on mette un petit peu de joie.
23:29La vie est là. Continuons à avancer et à vivre malgré tout.
23:33Merci à vous, Emmanuel Barbara, avocate spécialiste en droit du travail, en droit de la
23:38sécu chez Seigneur, chez Auguste de Bousy. Et puis, Philippe Zilberzan,
23:41vous êtes professeur, écrivain, avec ce dernier livre chez Diathéno,
23:46les huit règles de votre création ultime. C'est presque, c'est messianique ce livre.
23:50Merci, merci à vous deux. On tourne une page, c'est Fenêtre sur l'emploi et on termine notre émission.
23:54Fenêtre sur l'emploi pour terminer notre émission. Tiens, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas parlé de l'IA et pourtant l'IA est partout.
24:13Dans votre quotidien, vous l'utilisez ou essayez de vous former parce que c'est un autre sujet qui est important.
24:18Et on en parle avec Florent Balayé. Vous êtes directeur LinkedIn Talent Solutions.
24:23Alors, on m'a repris à plusieurs reprises, notamment Nicolas Juchat. On prononce comment ?
24:27LinkedIn. Alors, vous pouvez remplacer le D par un T.
24:31LinkedIn.
24:32LinkedIn.
24:32Donc, ça y est, maintenant, je suis dans le...
24:33Vous avez décidé à travers une étude qui est sortie il y a quelques semaines maintenant, sur le...
24:39Alors, vous êtes le plus grand réseau social du monde, réseau professionnel de recrutement.
24:43Près de la moitié, 44% des professionnels interrogés en France déclarent que l'apprentissage de l'intelligence artificielle équivaut pour eux à un deuxième emploi.
24:53Qu'est-ce qu'ils veulent dire ? C'est trop complexe ? Ils ont du mal à se former ? Ils ne comprennent pas ?
24:57Oui, alors, il y a en effet plusieurs enseignements qu'on peut tirer de cette étude.
25:01Le chiffre dont vous parlez, en effet, met en exergue qu'il y a probablement un fossé qui existe entre les capacités d'un salarié à appréhender les outils d'intelligence artificielle
25:12et ce que les entreprises mettent, en effet, au regard de cet apprentissage qu'il faut faire.
25:19Et 44%, en effet, considèrent qu'apprendre ou maîtriser un outil d'intelligence artificielle équivaut à faire un même job.
25:27Et dans la lignée, d'ailleurs, de cette statistique, qui est aussi à noter, c'est près d'un tiers, un peu plus, c'est 37%, je crois, des personnes,
25:36ressentent un sentiment d'anxiété.
25:39Alors, cette anxiété naît dans le fait qu'en effet, j'ai conscience qu'il y a un écart qui s'est creusé en ce que l'entreprise me demande
25:45et ce que je sais réaliser et puis je suis un peu perdu.
25:50Donc, ça veut dire qu'il y a un gap, il y a un petit trou d'air entre l'accélération du monde et de l'entreprise.
25:57Comment on fait très concrètement ? Parce que LinkedIn utilise des outils IA, quand on manipule LinkedIn, j'en suis un utilisateur quasi quotidien,
26:05on voit qu'il y a des possibilités de travailler ses textes, d'améliorer grâce à l'IA.
26:10Est-ce que vous apportez en plus, je ne sais pas, des solutions, des formations, de l'accompagnement ?
26:14Peut-être que ceux qui nous regardent sont tous sur LinkedIn. Est-ce que vous les aidez ?
26:18Alors, on les aide. Déjà, la mission principale depuis la création de LinkedIn, c'est de créer des opportunités économiques pour un membre.
26:26Donc, une opportunité économique, c'est un membre qui chercherait à l'emploi qui le trouverait, c'est un entrepreneur qui retrouverait des investisseurs,
26:34une entreprise qui ferait la promotion d'un outil ou d'un service.
26:37Donc, tout ça s'est rendu possible naturellement, mais aussi grâce à nos outils qui permettent aux membres de rédiger un poste grâce à des outils d'intelligence artificielle.
26:47Qui facilite la vie ?
26:48Qui facilite, puisqu'on gagne du temps, donc on peut en faire un peu plus.
26:51Et puis, de l'autre côté, il y a notre business, le B2B.
26:55Donc, nous aidons aussi les entreprises à recruter des talents et on est en capacité aujourd'hui d'aider des recruteurs en leur donnant accès à des outils
27:04qui sont eux aussi boostés à l'intelligence artificielle, qui leur permettent de dégager du temps.
27:09La rédaction d'une annonce, d'une job description, comme on dit, je gagne beaucoup de temps.
27:15Florent, il y a un élément que je trouve connexe, c'est-à-dire à la fois l'angoisse dont vous parliez, l'envie de se former, parce qu'on sent bien qu'il faut accélérer,
27:23et en même temps, dans l'étude, on voit qu'on revient à l'humain.
27:25C'est-à-dire qu'on ne va pas sur l'IA pour savoir si je vais avoir 15% d'augmentation.
27:29Globalement, on fait à l'ancienne et on va voir les collègues autour.
27:32C'est-à-dire que c'est assez rassurant de voir qu'il y a à la fois une accélération, mais que l'humain est là.
27:36Vous avez raison, l'irremplacabilité de l'humain est très prononcée dans cette étude, et ça tombe plutôt bien,
27:44puisque c'est la vision que LinkedIn porte aussi de la vision de l'intelligence artificielle.
27:49Alors, peut-être que je vais enfoncer une porte ouverte, mais les outils ne sont que des outils et ne doivent rester que des outils.
27:56Ils doivent être un moyen, et ça n'est pas une fin.
27:59Et dans cette étude, vous l'avez lu, c'est que 70% des employés, des salariés, préfèrent s'en remettre à une décision humaine.
28:0790% des dirigeants ont le même sentiment que la décision, au final, doit s'en remettre à l'humain.
28:14Ça fait plaisir de l'entendre, cher Florent Balayé, directeur LinkedIn Talent Solutions,
28:19parce que c'est intéressant d'entendre que l'humain reste aussi au cœur d'un réseau social aussi puissant que le vôtre,
28:25utilisé par des millions, pour ne pas dire presque des milliards peut-être d'utilisateurs dans le monde entier.
28:30Je ne parle pas de la France.
28:31Merci de nous avoir rendu visite, je vais vous faire tirer les oreilles, nous sommes très en retard.
28:34Merci évidemment à Nicolas Juchat qui m'accompagne pour chacune de ces émissions.
28:37Merci à toute l'équipe, merci à Paul Hausson, merci à Charles à la réalisation.
28:41Merci à vous pour votre fidélité.
28:43Évidemment, je serai là pour un prochain numéro de Smart Job.
28:46Bye bye.
28:55Sous-titrage Société Radio-Canada
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