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  • il y a 15 heures
Un certain nombre de personnes en France n’ont pas accès à l’aide médicale d'État ou à la protection sociale, faute de connaissances administratives suffisantes ou d’un accueil correct. L’association Le Comede les accompagne dans les démarches nécessaires à l’accès aux soins ou les prodigue directement.

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00:04Smart Cause, c'est notre rubrique mensuelle dans Smart Impact avec GIFT, la plateforme qui aide des centaines d'associations
00:11vérifiées à collecter les dons à la fois grâce au mécénat d'entreprise et puis à des campagnes de collecte
00:17grand public parmi ces associations.
00:19Il y a le Comède, bonjour, Patrick Lamour, bienvenue, vous êtes médecin, membre du conseil d'administration du Comède. Il
00:26a été créé en 79, c'est ça ? Alors c'est quoi le Comède ?
00:30Alors cette association qui a donc 47 ans, s'est créée au départ sur l'observation d'un manque et
00:36d'une difficulté d'accès aux soins des personnes qui exilent, qui s'exilent, créées dans les locaux de l
00:42'hôpital de Bicêtre.
00:43À Paris ?
01:13C'est tellement élargi qu'on est plus proche du concept de santé. La santé c'est très large, ça
01:17passe d'abord par se loger, manger, avoir un statut.
01:21Alors justement, l'association, elle a plein de questions, elle a joué combien de bénévoles, de salariés, sur quoi elle
01:27tient en fait en quelque sorte ?
01:29Oui, rapidement, on a cinq centres d'accueil dont le principal est dans l'hôpital de Bicêtre, on a un
01:34centre dans le nord de Paris, on en a un à Saint-Étienne, à Marseille, à Cayenne, en Guyane.
01:39En Guyane, oui.
01:40Et on accueille à peu près 10 000 personnes par an grâce au travail acharné et énergique d'une équipe
01:49de 65 professionnels, aidés aussi par 35 bénévoles qui sont des professionnels aussi.
01:54Donc c'est une centaine de personnes au service de 10 000 exilés par an et on a accueilli à
01:59peu près 170 000 personnes maintenant depuis la création de l'association.
02:03Avec, on l'a vu, 25 000 consultations, participations aux ateliers ou réponses aux questions téléphoniques, c'est-à-dire
02:09on interagit beaucoup comme ça, par mail, par téléphone ?
02:13Oui, on a à la fois un centre d'accueil, un centre avec des médecins, des consultations, beaucoup d'accueil
02:20en termes de santé mentale, d'une équipe de psychiatres, on a des socio-juristes et finalement, parce que les
02:27problèmes administratifs sont très importants et impactent beaucoup la santé,
02:30et ce dispositif, j'allais dire physique, se double d'une activité aussi téléphonique, des lignes nationales, des lignes régionales
02:37et un site, voilà, tous les outils du numérique.
02:41Avec peut-être une question d'information, c'est-à-dire qu'on comprend bien qui sont les bénéficiaires du
02:46Comed, mais est-ce qu'ils vous connaissent ? Comment faire en sorte que la rencontre se fasse ?
02:52Alors eux nous trouvent, c'est clair, on a des listes d'attente énormes le matin, ils nous trouvent parce
02:57qu'on est très impliqués dans énormément de coordination,
02:59plus d'une cinquantaine, avec d'autres acteurs qui sont plus connus, médecins sans frontières, médecins du monde, tous les
03:06acteurs de la précarité,
03:07car ils sont beaucoup en situation de très grande vulnérabilité, et assez vite, ils entendent parler du Comed.
03:12Il y a un bouche à oreille qui fonctionne assez vite.
03:15Voilà, avec des gens qui peuvent être depuis peu de temps en France, jusqu'à d'autres plus longtemps, la
03:19moyenne c'est à peu près un an et demi de présence en France,
03:21avant d'arriver chez nous avec un vrai problème.
03:24Alors justement, quelles difficultés ils connaissent, ils rencontrent ces exilés pour l'accès aux soins ?
03:29Ceux qu'on voit, ils sont en mauvaise santé.
03:31Le premier problème, c'est des problèmes de santé mentale, c'est-à-dire des troubles, des angoisses, des dépressions,
03:39des psychotraumatismes lourds,
03:41parce qu'ils ont connu des parcours épouvantables, venant de situations déjà dans leur pays pour des multiples motifs très
03:48traumatiques.
03:49Et puis souvent, la traversée jusqu'en Europe occidentale est traumatisante aussi.
03:54On n'a plus besoin de la raconter, la liste des traumatismes sur le trajet est gigantesque.
04:00Et en fait, ils arrivent en France avec cet espoir d'être enfin arrivés quelque part dans un lieu sécure.
04:05Et ce n'est pas toujours le cas, puisqu'on les retrouve à la rue, on trouve des femmes et
04:09des enfants encore à la rue.
04:11Et voilà, c'est des gens qui arrivent avec des problèmes lourds en termes de santé et d'accès aux
04:16soins.
04:17Puisqu'en France, on a une protection sociale quand même qui ne marche pas trop mal.
04:21Sur le papier, elle marche assez bien, normalement tout le monde est couvert.
04:24Sauf que chez nous, 7 sur 10 arrivent et n'ont pas eu accès à la fameuse aide médicale d
04:29'État ou à la sécurité sociale dont ils relèvent.
04:32Mais complexité des papiers, accueil pas toujours positif, on aide beaucoup à cette inclusion.
04:40Justement, cette aide médicale d'État, elle est, allez, on peut dire, kidnappée par des enjeux politiques.
04:49Quels arguments, parce que je pense qu'on peut répondre par des arguments en termes de santé publique,
04:53quels arguments il faut opposer à ceux qui disent qu'il faut supprimer l'aide médicale d'État, etc.
04:59D'abord, je voudrais pouvoir rencontrer ces gens et leur expliquer le parcours de ces gens qui ont recours à
05:06l'aide médicale.
05:06Je prends le pari avec vous qu'il n'y a pas une personne qui dirait, ah oui, quand même,
05:12celui-là, il faut l'aider, il faut le soigner.
05:14D'accord ? On parle de gens qui ont besoin du système de santé, pas pour aller faire des cures.
05:19D'accord ? Parce qu'ils ont des cancers, parce qu'ils ont des maladies infectieuses, parce qu'ils ont
05:23la tuberculose,
05:25parce qu'ils ont des tas de choses, le diabète.
05:28Et ces gens-là, en fait, le coût de la santé...
05:32Alors voilà, ce que je vais vous dire, parce qu'il y a l'argument, évidemment, moral, il est évident.
05:36Mais au-delà de ça, le coût, en termes de santé, s'il n'y a pas la prévention, s
05:41'il n'y a pas l'aide médicale d'État, etc.
05:43C'est une vraie question.
05:44Un milliard. Un milliard, évidemment.
05:46Si tu as une famille, ça coûte un milliard.
05:48Qu'est-ce que je pourrais faire avec un milliard ?
05:50Mais la santé, c'est 1 400 milliards, pour l'ensemble de la population.
05:54Donc, c'est rien du tout.
05:56Par contre, c'est un vrai bénéfice, pour eux et pour tout le monde.
05:59Quand vous êtes dans le métro, que vous croisez quelqu'un qui a une jambe cassée,
06:03tout le monde se satisfait plutôt d'une situation où on se dit,
06:06on va pouvoir l'emmener à l'hôpital et lui réparer sa jambe, etc.
06:09Donc, je pense que c'est une fausse nouvelle qui circule, une intoxication du débat public.
06:16Non, l'aide médicale d'État ne coûte rien et rend d'énormes services.
06:20Elle est menacée. Est-ce que ça vous met en difficulté ?
06:24Oui.
06:25Oui. Vous en voyez les faits, déjà ?
06:26Bien sûr. Parce que nous, ce qu'on peut faire, on a un plateau de consultation.
06:32Les médecins qui nous écoutent vont bien comprendre.
06:34À un moment donné, on a besoin du recours à l'hôpital, pour des soins lourds, pour des opérations, pour
06:38tout ça.
06:38Et ça, on ne pourra jamais nous le faire au niveau associatif.
06:41Donc, nous, on est cet intermédiaire qui permet justement que le monde hospitalier
06:44accueille dans de meilleures conditions des gens qui sont perdus.
06:47On les accompagne. Ça va mieux se passer derrière.
06:50Et on a absolument besoin de cette aide médicale, oui, pour continuer notre travail.
06:53Oui. Donc, il y a la dimension santé.
06:57Mais vous l'avez dit, finalement, l'association, de fil en aiguille,
07:01elle s'occupe de beaucoup d'autres choses, notamment l'aspect administratif.
07:05Quel est votre rôle en la matière ?
07:09La charte d'Ottawa en 1986, l'ONU, l'OMS, avait dit
07:12que la santé, c'est d'abord un hébergement, une alimentation, une sécurité.
07:17Voilà. Sur la question de la sécurité, ces gens sont en grand danger.
07:21Ils craignent tout le temps un contrôle. Beaucoup d'entre eux, non.
07:24Effectivement, pas le papier administratif qu'il leur faut.
07:27Et ça, ça abîme beaucoup leur santé.
07:29Et quand on les accompagne, on arrive à solutionner parfois cette situation-là aussi.
07:34D'accord ? En particulier, il y a une loi française qui existe encore
07:36et qui permet à des gens, quand ils ont des maladies importantes,
07:39d'avoir accès à un titre provisoire pour se soigner.
07:42Donc, par exemple, on accompagne beaucoup ça.
07:44Et ça, c'est d'abord leur santé.
07:46Une fois qu'ils ont ce titre, ils se soignent aussi.
07:49Mais on voit bien que c'est une dimension très importante pour eux.
07:52Et les professionnels de santé, ils se transforment en spécialistes de l'administration, en quelque sorte ?
07:58Non, parce qu'on travaille en pluridisciplinaire.
08:00Moi, je suis dans mon rôle, je suis médecin, j'accueille, j'écoute, je prescris.
08:04Et mon collègue, socio-juriste, le va le voir après ou l'a vu avant.
08:08Et s'est occupé de son accès à l'aide médicale, à la C2S, à tous ces acronymes un peu
08:14compliqués,
08:15mais qui sont des sésames pour se soigner très importants.
08:17Vous travaillez avec Santé publique France ?
08:19Beaucoup. On est très soutenus par Santé publique France.
08:22Ils nous font par exemple un grand service avec l'édition d'un guide à 45 000 exemplaires
08:28qu'on retrouve dans toutes les urgences des hôpitaux,
08:30et où on a essayé de détailler un peu tous les problèmes de santé,
08:34les problèmes médicaux qui se posent à cette population.
08:36On est quand même avec une cohorte de 10 000 personnes par an,
08:40un des lieux d'observation de la santé des exilés les plus reconnus.
08:44L'HAS vient aussi nous solliciter pour des avis sur certaines maladies
08:49par rapport à certaines populations.
08:50On va parler du financement du Comède et donc de DIFT.
08:54Alors ce partenariat avec DIFT, il est récent, il existe depuis longtemps.
08:58Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ?
08:59Alors, on bénéficie de subventions publiques
09:02puisqu'on finalement remplit une mission de service public.
09:04Tout le monde sait que l'appui public est en grande difficulté pour les associations.
09:09Cette année, l'année dernière, enfin, 2025, a été un coup de massue
09:12puisqu'une perte de 20% sur un budget, c'est énorme.
09:16Voilà.
09:16Donc, on n'a jamais été trop sur le financement privé.
09:20On fait appel à certaines fondations.
09:23Mais là, il faut absolument qu'on élargisse nos sources de financement.
09:26C'est très important parce qu'on ne peut plus assurer pleinement
09:30et de manière de qualité nos prestations si on n'est pas aidé.
09:34D'où cette collaboration avec DIFT qui s'est révélée, j'allais dire,
09:38à la fois amusante et intéressante.
09:40Oui, parce que vous avez lancé un DIFT Challenge, c'est ça ?
09:42C'est ça.
09:43Alors, c'est quoi ?
09:44Un petit peu sur tout le réseau d'adhérents et de 200 personnes.
09:48On a été sollicité pour interpeller nos carnets d'adresse
09:51avec tous les outils numériques que nous propose DIFT
09:54et des petites relances et des choses un peu amusantes
09:58pour solliciter les gens par des messages personnalisés.
10:01Je crois que c'est ça qui a marché
10:02et qui a permis de donner un petit peu d'oxygène à l'association.
10:06Mais on est loin du compte.
10:07Oui, alors justement, on va terminer là-dessus si on veut vous aider.
10:10Il y a certainement des téléspectatrices et des téléspectateurs
10:13qui se disent, tiens, allez, je suis convaincu, je vais aider le Comède.
10:16Ce serait formidable, c'est très facile.
10:18Vous tapez Comède dans n'importe quel moteur de recherche
10:20et là, vous avez l'onglet « soutenez-nous »
10:23et on vous proposera différentes possibilités de nous soutenir.
10:26Voilà, vous allez soutenir beaucoup de femmes.
10:28Un patient sur deux, c'est une femme.
10:31Il y a aussi des enfants, il y a des personnes âgées,
10:33il y a vraiment tous les publics, plus de 140 nationalités
10:36et des gens qui ont vraiment besoin d'aide.
10:39Merci beaucoup Patrick Lamour.
10:41Bon vent au Comède.
10:43On passe au débat de ce Smart Impact,
10:45le label Bicorp qui se refonde.
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