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  • il y a 36 minutes
Mardi 17 février 2026, retrouvez Valérie Fournier (Directrice Générale, Immobilière 3F), Emilie Hergott (Directrice conception et réalisation, Arep) et Elias-Antoine Chebak (Président, Pure) dans SMART IMMO, une émission présentée par Fabrice Cousté.

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00:16Bonjour, bienvenue à tous, bienvenue dans Smartimo, je suis ravi de vous retrouver pour cette nouvelle édition, édition spéciale Les
00:22100 qui font la ville.
00:23Les personnalités qui vont nous parler tout d'abord des HLM, comment répondre à la crise du logement, ensuite nous
00:31verrons comment les gares deviennent des lieux de vie, et enfin comment réveiller les 200 milliards d'euros de fonciers
00:38qui dorment avec les solutions d'une start-up Smartimo, c'est tout de suite.
00:47Dans Smartimo, tout de suite on s'intéresse aux HLM, les habitations à loyer modérés, souvent décriées mais pourtant indispensables
00:54bien sûr à la construction de la ville.
00:56Pour en discuter, on est en compagnie de Valérie Fournier, bonjour Valérie.
00:59Bonjour.
01:00Vous êtes directrice générale de 3F qui fait partie du groupe Action Logement, avec vous justement on va parler de
01:05ce modèle HLM, alors est-il en crise ou pas, vous allez nous le dire.
01:09En tout cas, petite précision, vous faites déjà partie des 100 qui font la ville, on vous félicite pour ce
01:15titre en tout cas, cette distinction.
01:18C'était il y a quelques semaines, voilà, à l'hôtel intercontinental.
01:22On va parler tout d'abord du groupe 3F, si vous voulez bien, est-ce que vous pouvez nous le
01:25présenter ?
01:26Alors le groupe 3F c'est d'abord une grosse société francilienne, historiquement Immobilière 3F, et puis qui est devenu
01:33un groupe, 11 sociétés aujourd'hui, plus de 310 000 logements, commerces, foyers,
01:39et à peu près un peu plus de 700 000 personnes logées par nous, c'est un groupe national, et
01:45en même temps un groupe assez ancien, puisqu'on aura en 2028 100 ans.
01:49100 ans déjà ?
01:50Oui.
01:51Très bien, ben voilà. C'est vrai que ce modèle des HLM, il est parfois critiqué, on voit dans l
01:56'actualité, sur l'attribution, sur la mixité qui ne serait pas assez, justement,
02:01pas assez de mélange, mais également pour la mobilité du parc. Qu'est-ce que vous répondez à l'ensemble
02:07de ces critiques ?
02:08Alors effectivement, c'est des critiques assez récurrentes. Je pense qu'elles sont liées à deux choses. D'abord, certainement,
02:16quelque part, des idées préconçues qu'on peut avoir derrière le logement social,
02:21et puis, je pense aussi, une méconnaissance. En fait, ce qu'il faut savoir, c'est qu'on a un
02:24secteur extrêmement réglementé, avec beaucoup de règles,
02:27que, deuxièmement, les attributions, elles se font dans des commissions avec de multiparties prenantes, que ce soit l'État, que
02:37ce soit bien évidemment la collectivité concernée par la résidence,
02:42que ce soit Action Logement. Donc, en fait, c'est ce travail concerté et en même temps de regard croisé
02:48qui permet l'attribution.
02:49Nous, l'année dernière, on a fait plus de 26 000 attributions en logement, donc c'est assez conséquent pour
02:56notre groupe.
02:56Et je crois que les équipes sont engagées, justement, pour le faire de la manière la plus transparente et la
03:03plus réglementée possible.
03:05Après, les questions qu'il y a autour de l'attribution, au-delà de savoir comment ça fonctionne, et sur
03:11la mobilité, c'est qu'effectivement, aujourd'hui, on est en pénurie d'offres, clairement.
03:15Il n'y a pas assez de logement social, surtout sur des territoires sur lesquels nous, nous intervenons, qui sont
03:21souvent des territoires métropolisiens ou tendus,
03:23où le déficit de logement social, voilà, est important.
03:27Et c'est vrai que globalement, depuis le Covid, ce qu'on appelle le taux de rotation, c'est-à
03:32-dire le fait qu'un logement se libère pour être réattribué,
03:36s'est réduit sur l'ensemble de nos territoires, ce qui implique, bien évidemment, nous gérons plus des priorités que
03:42nous ne gérons, parfois, des demandes de logement.
03:44Et c'est vrai que c'est une crise qui s'auto-alimente, parce que quand il y a moins
03:47d'offres ou de logements, parce qu'on parle quand même d'une pleine crise immobilière,
03:51c'est vrai que le HLM, comme vous disiez, ça se bloque parce que les gens restent, ils ne le
03:54trouvent pas ailleurs, finalement.
03:55Exactement.
03:56Et oui, c'est bien le problème. C'est vrai que c'est un petit peu frustrant aussi pour les
04:00personnes qui cherchent, parce que souvent, on parle de mois, voire d'années d'attente.
04:04Alors, on sait que, bien sûr, vous faites le maximum, mais c'est vrai qu'on aimerait évidemment que sa
04:09chance soit un peu plus rapide.
04:11Oui, ce qu'on essaye de faire, en tout cas chez nous, c'est d'être sur l'ensemble du
04:14parcours, pour essayer de desserrer aussi les contraintes,
04:17pour aller vers l'accession à la propriété, vers le logement intermédiaire, et pour permettre aussi de contribuer à ces
04:22mobilités résidentielles.
04:25Valérie Fourny, vous connaissez parfaitement justement ces problématiques. Vous êtes présidente de la Fédération des ESH.
04:30On est dans un contexte, c'est vrai, de pénurie de finances publiques. Et comment on répond aujourd'hui ?
04:36On sait que les caisses sont vides. Et de l'autre côté, on a cette demande de logements sociaux intermédiaires.
04:40Équation pas évidente à résoudre.
04:41Alors, ce qui est vrai, c'est que les ESH, comme Trois-Ève d'ailleurs cette année, ont continué à
04:47fortement investir sur les 115 000 logements sociaux
04:53qui sont affichés aujourd'hui, comme étant le compteur 2025. Les ESH ont fait plus de 70 000 logements.
05:01Donc, elles continuent à faire largement plus d'un logement social sur deux, globalement.
05:09On est aussi très engagés en matière de réhabilitation. Comment on fait ?
05:16La caractéristique du logement social, c'est souvent d'être contra-cyclique.
05:19C'est ce qu'on dit, en tout cas, de dire qu'on continue à investir quand le secteur privé
05:23est moins en dynamique.
05:25Alors, on n'est plus tellement contra-cyclique, pour être honnête, puisque ça fait longtemps qu'on surinvestit.
05:30Mais en tout cas, je pense qu'il y a une conscience qu'aujourd'hui, la crise de l'offre
05:35est très importante.
05:35Et en tout cas, la détermination est de continuer à faire notre métier et d'essayer de continuer à investir,
05:42tant dans le neuf que dans la réhabilitation, puisqu'on a des enjeux dans les deux cas.
05:45Oui. Enjeux également pour 2026, qui est une année clé, une année d'élection.
05:49Quel message on peut faire passer, vous souhaitez faire passer aux élus ?
05:53Je leur dirais plusieurs choses. Je pense que d'abord, il faut construire.
05:56Parce que construire, c'est aussi permettre, ça peut avoir l'air comme ça, d'être des nuisances et des
06:02questions et des problèmes.
06:03Mais en fait, fondamentalement, c'est du développement et c'est développer leur ville et répondre aussi à des besoins
06:09de nouvelles populations.
06:11Au-delà de construire, la caractéristique aussi que nous, on a, en tout cas dans le logement social,
06:15c'est qu'on est vraiment des acteurs de territoire résilients.
06:18C'est-à-dire que nous restons sur les territoires sur lesquels nous avons des résidences, à deux titres.
06:23D'abord, parce que nous continuons à entretenir nos patrimoines, à les réhabiliter.
06:27Et puis, parce que nous avons des personnels de proximité.
06:30Et ça, c'est aussi une des caractéristiques du logement social.
06:33Ce n'est pas difficile de nous trouver et on est assez souvent au rendez-vous.
06:37Et puis, l'autre chose aussi qu'on peut leur dire, c'est que derrière le mot logement social, il
06:42y a énormément de solutions.
06:44Et finalement, le logement social, il répond à qui ?
06:47Il répond à la caissière du supermarché, à l'institutrice, à l'infirmière, à plein de gens qui participent,
06:53qui sont ces fameux salariés prioritaires qu'on avait beaucoup mis à l'honneur pendant le Covid.
06:59C'est ça, en fait, le peuplement du logement social.
07:02Et c'est ça aussi qui fait la ville.
07:04Tiens, retour sur 2025 pour 3F.
07:07Quels ont été vos principaux projets ?
07:10Est-ce qu'il y en a emblématiques ?
07:12Où est-ce que vous avez construit ?
07:13Ou est-ce que ça s'est développé ?
07:15Alors, on a effectivement, on n'a pas encore fini tout à fait nos comptes,
07:20mais on est à plus de 10 000 logements mis en chantier cette année,
07:23plus de 10 000 agréés, comme je l'ai dit, 26 000 attributions.
07:27Donc, effectivement, une activité d'investissement forte.
07:29Je pense que cette année, on a essayé de faire, en tout cas, je verrais deux choses.
07:34D'une part, on a fait un concours avec des écoles d'architectes qui s'appelle le concours Confort 2050.
07:39L'idée, c'était de travailler avec les architectes pour se demander, par rapport à des bâtis très différents et
07:43des territoires très différents,
07:46comment aller vivre nos résidences en 2050, alors que ce soit des résidences en maisons individuelles,
07:53des transformations de bureaux en logement ou des résidences très classiques des années 70.
07:59Ça, c'était un grand événement qui nous a permis de participer à la Biennale de Venise et de Versailles.
08:05Et puis, on a aussi beaucoup eu, on est depuis longtemps engagés dans la question de la transformation des bureaux
08:12en logement.
08:12On en parle beaucoup aujourd'hui, mais on a plus de 2000 logements qui sont déjà des transformations de bureaux
08:18en logement.
08:19Et cette année, on en a fait livrer à la Selle Saint-Cloud.
08:23Et on a, je dirais comme projet emblématique, une transformation de l'ancien siège de la Société Générale,
08:29qui est un immeuble Nimeyer, qui en plus est un objet architectural en tant que tel,
08:33et qui va devenir demain un immeuble de logement avec des balcons,
08:37avec une réorganisation complète de cet immeuble qui, à la base, était un immeuble de bureaux.
08:43Et puis, il y a un mot d'actualité, notamment sur votre nouveau siège social, 3F, qui sera dans le
08:4913e ?
08:50Exactement, dans le 13e qui est notre quartier historique.
08:53On part du 13e pour aller dans le 13e.
08:57Je pense que c'est un nouveau siège à notre image.
08:59D'abord, c'est effectivement là aussi une transformation.
09:01On a acheté des bureaux existants et on les réhabilite pour les rendre les plus environnementalement,
09:08en tout cas en respectant le plus la réglementation environnementale.
09:13Et puis, l'objectif, c'était de rassembler l'ensemble des équipes 3F qui sont sur Paris,
09:20y compris l'agence qui est dans le 19e aujourd'hui, qui est l'agence parisienne,
09:26parce que c'était important pour nous d'avoir aussi des locataires qui viennent au siège
09:31et d'avoir ce lien entre les fonctions, parfois à siège, qui peuvent être éloignées, entre guillemets, de la proximité,
09:38et nos locataires.
09:39Et bien voilà, nouveau siège social de 3F, donc dans le 13e arrondissement.
09:43Merci Valérie Fournier, je rappelle que vous êtes directrice générale de 3F, groupe Action Logement,
09:48et donc vous faites partie des 100 qui font la ville.
09:50On vous remercie et on vous félicite.
09:52A très bientôt sur Smartimo.
09:58Et tout de suite dans Smartimo, on s'intéresse aux gares qui deviennent des lieux de vie.
10:03Pour en discuter, on est en compagnie d'une experte, Émilie Ergotte. Bonjour.
10:06Bonjour.
10:07Émilie, vous êtes directrice conception et réalisation du groupe Arep.
10:10Et avec vous, on va voir justement comment ces gares se transforment,
10:13comment on les vit au quotidien,
10:15comment effectivement elles évoluent, elles sont soit au cœur de nos villes, soit en dehors.
10:19Tout d'abord, est-ce que vous pourriez nous présenter Arep, le groupe Arep ?
10:22Avec plaisir.
10:23Donc Arep est une agence pluridisciplinaire, filiale de SNCF Gares et Connexions,
10:29qui regroupe des métiers de la maîtrise d'œuvres à différentes échelles,
10:32depuis celle du mobilier à celle du grand territoire,
10:36en passant bien sûr par l'échelle du bâti, donc celle des gares en particulier,
10:40et également des métiers de l'assistance à maîtrise d'ouvrage, dont la programmation.
10:45Donc Arep, cela signifie architecture, recherche, engagement, post-carbone.
10:50Ça signifie que les mille collaborateurs à peu près qui aujourd'hui œuvrent dans le groupe
10:57ont une mission commune d'inventer ce futur post-carbone désirable.
11:01Donc nous intervenons sur des gares, bien sûr,
11:04mais on peut dire plus généralement sur les lieux de la mobilité.
11:07Donc ça peut être des objets comme des sites de maintenance et de remisage, de trains ou de trams.
11:13Ça peut être des pôles d'échange multimodaux, des gares maritimes, des centres bus.
11:18Et on s'appuie pour cela régulièrement sur Arep Architect,
11:22qui est l'agence d'architecture filiale du groupe.
11:25Et donc je suis également heureuse architecte associée d'Arep Architect.
11:29D'accord.
11:30C'est vrai que vous intervenez sur des sites qui sont déjà en exploitation,
11:34souvent anciens, souvent contraints.
11:36Sur les terrains, justement, comment est-ce qu'on transforme concrètement une gare
11:39ou un centre de maintenance, vous nous en parlez à l'instant,
11:41sans justement arrêter complètement l'activité ou dénaturer l'existant ?
11:46Alors nous travaillons en effet majoritairement sur du bâti existant,
11:49qu'il s'agit de transformer, parfois d'étendre, d'agrandir,
11:53pour qu'il s'adapte à des usages qui évoluent.
11:55Donc c'est le cas d'ailleurs pour de plus en plus de confrères.
11:59Vous receviez tout à l'heure la directrice générale du CNOA.
12:03Et donc on sait que ça demande des compétences techniques, scientifiques,
12:07parfois sociologiques.
12:09Donc évidemment, la question de la continuité de l'exploitation est essentielle.
12:14Elle demande, on peut dire, une grande préparation dans le phasage des travaux.
12:19Donc c'est évidemment plus simple quand on a l'opportunité de fermer un site
12:24pour faire les travaux.
12:26C'est d'ailleurs le choix tout à fait rationnel
12:28qui a fait le centre Pompidou,
12:29qui a fermé cinq ans pour travaux.
12:32Donc nous, je peux citer une opération récente
12:36qui est celle de la transformation de la gare de Lyon-Pardieu,
12:40qui s'est étalée de 2018 à la toute fin d'année dernière.
12:45Donc de nombreuses années de...
12:46Je pense que les Lyonnais ont l'impression que ça a duré un siècle, cette opération.
12:49Oui, c'est possible.
12:50Et j'espère qu'ils ont vu aussi que la gare est restée en parfait fonctionnement,
12:54tout à fait fonctionnelle.
12:57Parce qu'en fait, ce sont près de 60 millions de voyageurs et visiteurs
13:02qui ont continué, et qui continuent aujourd'hui dans une gare toute neuve,
13:07à visiter les lieux.
13:09Donc ça passe très simplement par, déjà, la création d'accès temporaires,
13:14par des opérations tiroirs pour reloger certaines fonctions,
13:18par la prise et la libération d'emprise de chantier,
13:21parfois plusieurs fois dans l'année,
13:23par le déploiement aussi d'une signalétique adaptée
13:26pour que tout le monde s'y retrouve,
13:27et donc signalétique agile.
13:30Et donc quand on a un doute sur le capacitaire de certains espaces,
13:33on peut s'appuyer sur des simulations dynamiques de flux.
13:36Pour ce qui est de la deuxième partie de votre question,
13:39de ne pas dénaturer l'existant,
13:40alors je pourrais dire qu'on se donne même l'ambition immodeste
13:43de, quand c'est possible,
13:46rajouter un supplément d'émotion à ces lieux.
13:49En fait, les lieux sur lesquels on intervient,
13:51ils sont très intensément vécus,
13:52et c'est aussi notre responsabilité de créer un attachement pour ces lieux,
13:58et ça passe par l'émotion qu'on y trouve.
14:01Alors il nous arrive régulièrement de restaurer des bâtiments
14:04dans toute leur qualité patrimoniale,
14:05on vient de le faire pour la gare d'Ivry-sur-Seine,
14:08et bientôt par exemple pour la gare de Culloze,
14:10mais il s'agit plus souvent de créer de nouveaux espaces
14:15qui dialoguent avec l'existant,
14:17mais dans une grammaire contemporaine.
14:19Donc je peux citer par exemple la Halle à vélo de Paris Nord,
14:21qui a été inaugurée pour les JO 2024.
14:24On retrouve la même trame structurelle
14:27que la Grande Halle Voyageurs toute proche,
14:29qui a été conçue par Itorff,
14:30ainsi que l'angle du fêtage,
14:33qui est le même que celle des Grandes Halles,
14:36et des matériaux plus contemporains,
14:38comme le bois, ont été utilisés,
14:40ainsi que des panneaux photovoltaïques déployés.
14:42Donc c'est ça ce dialogue entre histoire et enjeux contemporains.
14:46J'ajouterai pour terminer qu'un enjeu tout particulier,
14:49bien sûr, c'est d'adapter ce patrimoine aux enjeux du siècle,
14:52du XXIe siècle,
14:53donc à la fois atténuation et adaptation aux effets du changement climatique.
14:57D'ailleurs, vous parlez des gares,
14:59vous les décrivez comme les centres-villes du XXIe siècle,
15:01alors bien sûr pour les gares de centre-ville,
15:03sauf qu'il n'y a pas que des gares de centre-ville.
15:05Voilà, tout à fait.
15:06Alors les gares, en fait,
15:09il y a différentes typologies de gares, on peut dire.
15:11Donc en effet, on peut penser aux grands hubs,
15:13je citais la gare de Lyon-Pardieu ou les grandes gares parisiennes,
15:17mais on a aussi des haltes périurbaines,
15:20on en déploie d'ailleurs plusieurs actuellement dans le cadre des CERM,
15:25et puis on peut penser aussi aux gares de masse-transit en Ile-de-France.
15:29Donc très concrètement,
15:30il s'agit toujours de s'adapter aux attentes de l'usager,
15:33qu'il faut capter le plus précisément possible,
15:36amener le type de service qui est attendu,
15:38donc ça peut être du commerce,
15:40comme ce qu'on trouve dans les grandes gares,
15:42ou du commerce du quotidien,
15:43typiquement pour les gares de masse-transit.
15:45Ça peut passer aussi par, évidemment,
15:48des espaces d'attente intérieurs,
15:50les plus confortables possibles,
15:52extérieurs parfois aussi,
15:53et puis ça peut être tout simplement
15:55ces aménagements extérieurs qui sont attendus,
15:57du parking vélo, du parking voiture,
16:00de la bande de recharge électrique.
16:03Vous utilisez pour transformer ces gares, entre autres,
16:07la méthode environnementale EMC2B.
16:09Est-ce que vous pouvez nous en dire un mot ?
16:10Oui, alors EMC2B, cela signifie énergie, matière, carbone, climat et biodiversité.
16:16C'est notre méthode pour nous assurer que nous approchons l'ensemble des enjeux environnementaux
16:22de la manière la plus exhaustive possible
16:25dans le cadre de toutes nos missions.
16:27Donc c'est une démarche, un cadre d'analyse
16:30qui est partagé par l'ensemble des collaborateurs du groupe,
16:33qu'ils soient en AMO ou en maîtrise d'oeuvre.
16:36C'est donc une méthode qui se déploie avec des outils,
16:40mais aussi des métriques pour s'assurer que,
16:43in fine, les intentions de projet portent bien leurs fruits.
16:46Donc réemployer, c'est déjà en fait préférer d'adapter un bâti existant
16:51à des usages qui évoluent plutôt que de démolir et reconstruire.
16:55Alors parfois, c'est une évidence parce que justement,
16:57la qualité de l'architecture fait que des attachements forts ont été établis.
17:02Et parfois, c'est plus délicat.
17:04Alors nos équipes de programmation, elles sont parfaitement à l'aise avec l'exercice.
17:08Elles l'ont proposé dans différentes configurations,
17:10y compris pour des maîtres d'ouvrage hors SNCF.
17:13On le propose aussi régulièrement en tant que maître d'oeuvre.
17:16Et sans toujours parvenir tout à fait à convaincre le client.
17:19Parce que pour la maîtrisoire, évidemment, faire du neuf,
17:22c'est mieux maîtriser son chantier.
17:24C'est asseoir une marque bien visible de l'intervention.
17:27Et puis, c'est parfois aussi se défaire d'un héritage pesant ou mal aimé.
17:32Alors à nous de montrer que l'émotion, justement, peut réenchanter les lieux.
17:37Dans ce travail, la métrique économique est souvent un bon allié.
17:41Faire moins, c'est évidemment dépenser moins,
17:43à la fois en euros et en carbone.
17:45Donc on a quelques ratios intéressants d'investissement rapportés à l'usager
17:50qui permettent de challenger un peu les ambitions.
17:52Alors je pense par exemple à la gare SNCF de Versailles-Chantier,
17:55où on a été amené finalement à retravailler avec la maîtrise d'ouvrage le programme,
18:00en démontrant qu'une passerelle complémentaire d'accès n'était pas nécessaire
18:05au regard de l'intensité de passage qui était prévue par nos simulations
18:10et du coup de cet ouvrage.
18:13Ou alors, tout récemment, on a questionné la pertinence de réaliser un parking de grande capacité
18:18pour une gare parce que le prix à la place à cet endroit-là n'était pas du bon ordre
18:22de grandeur.
18:22D'accord.
18:23Oui, c'est intéressant aussi, bien sûr, de mesurer effectivement les flux avant, après,
18:28de simuler.
18:29Je crois que vous utilisez pas mal de petites simulations pour ce faire.
18:32Ben voilà, on en sait un petit peu plus en tout cas sur l'activité du groupe AREP.
18:36Je rappelle, Émilie Ergot, que vous êtes également...
18:38Vous faites partie depuis peu des 100 qui font la ville.
18:40Je vous félicite pour cette distinction.
18:42Merci.
18:43Voilà, c'était il y a quelques semaines à l'hôtel intercontinental.
18:46Merci, Émilie Ergot.
18:47Je rappelle que vous êtes directrice conception et réalisation du groupe AREP.
18:51Et à très bientôt dans Smartimo.
18:52Merci à vous.
18:58Il y aura en France 200 milliards d'euros de fonciers dormants.
19:02Comment peut-on le réveiller ?
19:04C'est la question qu'on va poser à notre invité, Elias-Antoine Chebak.
19:07Bonjour.
19:08Bonjour.
19:08Vous êtes président fondateur de PUR, qu'on va découvrir dans quelques instants.
19:13Et puis, je précise également que vous faites partie des 100 qui font la ville.
19:16On a eu le classement il y a quelques semaines.
19:18Donc, félicitations pour cette distinction.
19:20On démarre avec PUR.
19:22Alors, même si ce n'est pas votre sujet de base, c'est un projet que vous avez lancé il
19:26y a quelque temps.
19:26Expliquez-nous.
19:27Ah, merci pour l'invitation.
19:29PUR, c'est une start-up qui a décidé de s'intéresser à la ville de demain.
19:33Donc, à la valorisation du foncier.
19:35Vous avez parlé des 200 milliards d'euros de fonciers non utilisés.
19:38Il faut savoir qu'en France, les collectivités territoriales, donc la majorité des acteurs publics sur le territoire,
19:45possèdent 1900 milliards d'euros de fonciers qu'ils utilisent principalement, sauf 10%.
19:51Donc, vous avez environ 200 milliards d'euros de fonciers qui n'ont pas d'attribution, pas d'utilisation et
19:55pas de projet.
19:56Nous, avec notre outil, on dit accompagnons les acteurs publics, accompagnons les acteurs du territoire et regardons ensemble ce qu
20:03'on peut faire de ce foncier.
20:05Dans une période où l'argent public se fait rare, on propose un moyen de rapporter de l'argent public
20:12aux acteurs publics.
20:13L'action, c'est vrai que l'argent public se fait rare, mais également le foncier.
20:16On sait qu'avec ces contraintes environnementales, avec Lausanne, c'est vrai que c'est une ressource extrêmement précieuse.
20:22On est même frappé par ces chiffres que vous nous donnez.
20:2510% à peu près des 1900, effectivement, 200 milliards d'euros de fonciers dormants, ça paraît énorme.
20:32Ce ne sont pas nos chiffres, ce sont les services de l'État.
20:34Ça paraît énorme et à la fois, ça paraît normal.
20:38Si vous voulez, la difficulté, ce n'est pas tant pour les acteurs publics de vouloir agir que de savoir
20:44comment agir, comment décider, comment prendre position, comment faire face à la réglementation qui augmente, à la pression politique ou
20:53pression des habitants.
20:55Comment est-ce qu'on fait dans un monde complexe pour travailler sa ville, pour l'améliorer, la transformer ?
20:59Face à ça, vous avez des acteurs, les élus et les services qui sont très compétents, qui sont plein de
21:05bonne volonté.
21:05Nous, ce qu'on dit, c'est qu'on a un outil qui peut permettre de le faciliter.
21:09Donc, venez avec nous, on vous présente pur, on vous présente son fonctionnement, sa manière de cartographier, sa manière de
21:14mettre en avant à la fois la donnée, la transformation et la mise en relation avec un acteur public ou
21:21privé qui peut financer, co-financer ou transformer.
21:24Elias Antoine, vous n'avez pas toujours été start-upper.
21:27Votre parcours mêle engagement public, direction d'entreprise dans le secteur immobilier.
21:31En quoi est-ce que ça vous aide aujourd'hui d'être passé par ces différentes casquettes ?
21:35Alors, l'intérêt pour moi, c'est la compréhension de la décision publique.
21:39Comme vous le dites, j'ai été élu, j'ai été collaborateur politique, j'ai été dirigeant d'entreprise dans
21:44l'immobilier.
21:45Aujourd'hui, j'ai créé une start-up.
21:47Ce qui m'intéresse dans mon métier, dans mon positionnement, c'est de dire, j'ai été à peu près
21:51de chaque côté de la table.
21:52Ce qu'on veut faire avec Pure, c'est proposer un outil, un tiers de confiance neutre qui permet aux
21:57acteurs, quelle que soit leur place sur la table, de regarder objectivement une situation et de décider en leur âme
22:05et conscience sans sentir la pression d'un tiers qui aurait un intérêt à.
22:10Je dis toujours, je ne gagne pas un euro de plus que l'on fasse un étage de plus ou
22:14de moins.
22:15Je ne gagne pas un euro de plus que l'on fasse trois, quatre ou cinq projets.
22:18La seule chose qu'on propose, c'est l'outil qui permet de regarder, d'objectiver, de proposer.
22:24La décision, ce ne sera jamais la nôtre.
22:26Très bien.
22:27Concrètement, justement, comment une collectivité locale va-t-elle utiliser votre solution Pure ?
22:34En pratique, au quotidien, une collectivité, par exemple, pour parler de l'acteur public, on parlera de l'acteur privé.
22:41Ensuite, comment est-ce qu'ils utilisent Pure ?
22:44Ils se connectent au logiciel et à partir du moment, qu'est-ce qu'on va faire de ce foncier
22:48?
22:49Comment est-ce qu'on peut transformer le cœur de ville ?
22:51Est-ce qu'on peut rénover des bâtiments ?
22:52Est-ce qu'on a une vision pour un morceau de ville ?
22:55Et à partir de ce moment-là, on va regarder sur l'outil grand 1, accès à la donnée, accès
22:59à la ville, accès à la cartographie.
23:01Je vois où est mon PLU, qu'est-ce que fait ma zone, quelles sont les parcelles qui m'appartiennent,
23:06qui appartiennent aux acteurs publics, qui appartiennent aux acteurs privés,
23:09quelles sont les entreprises, quelles sont les données sociaux, démo, éco.
23:13Et à partir de tout ça, notre intelligence artificielle, qu'on fait tourner sur du Made in France parce qu
23:17'on essaie d'être souverain,
23:18à partir de tout ça, on va imaginer un projet.
23:21Un projet, c'est que très vite, vous allez voir quelles sont les règles du PLU qui opèrent sur cet
23:26endroit.
23:26Quelle est l'emprise ? Qu'est-ce que vous pouvez faire comme nombre de logements ?
23:29Vous vous rappelez, effectivement, vous avez écrit un PLU, mais là, vous l'avez directement.
23:34En un quart de seconde, vous voyez tout.
23:36D'accord. En clair, on a un mapping, c'est-à-dire une cartographie très claire de ce qu'on
23:40peut faire,
23:40de ce qu'on ne peut pas faire entre acteurs publics et acteurs privés.
23:42On a un mapping de ce qu'on peut faire, on a un mapping de ce qu'on pourrait faire,
23:46on a un bilan économique qui vous donne une idée des chiffres.
23:48À partir de quand votre projet peut être cohérent pour que la collectivité investisse
23:53ou pour qu'un acteur privé investisse, vous avez la réalité des chiffres, la réalité du projet.
23:58Et ensuite, vous n'avez plus qu'à décider en votre âme et conscience devant les bonnes données
24:02et devant la bonne possibilité de rendre la ville plus durable, plus vivable et plus agréable pour ses habitants.
24:08Elias Antoine, je ne sais pas qu'on est à quelques semaines des élections municipales,
24:12une année électorale, ce n'est jamais évident pour lancer des travaux.
24:16Est-ce que pour vous, ça complique également le développement de votre structure ?
24:20Alors oui, et c'est compréhensible.
24:23Pendant six semaines, vous avez des candidats qui doivent parler à leurs électeurs.
24:26Et nous, on trouve que c'est le jeu démocratique, que c'est très bien et que ça fait partie
24:30de nos valeurs.
24:31Donc on l'accepte.
24:33Ça nous permet de travailler dans notre coin, de préparer.
24:37Techniquement, nous, ce qu'on prépare, c'est le lancement d'une nouvelle version.
24:39Ce qu'on prépare, c'est les nouveaux documents d'information pour les maires nouvellement élus ou réélus.
24:44Donc oui, c'est plus compliqué pendant une période électorale,
24:47mais ça fait partie de la démocratie, du jeu démocratique.
24:50Et nous, on n'a aucun problème avec ça.
24:52Est-ce que vous avez un exemple concret d'une commune qui utilise déjà votre solution ?
24:56Alors j'en ai deux.
24:57J'ai celui d'une commune dans le nord de l'île de France, une trentaine de milliers d'habitants.
25:03La première idée, c'était de dire, on a un métro qui arrive.
25:07Comment est-ce qu'avec toutes les données, avec toute la prise d'informations grâce à l'outil,
25:11on va regarder les conséquences sur le prix du foncier,
25:14sur ça nous rapproche des hôpitaux, du cœur de la ville de Paris, des universités.
25:20Qu'est-ce que ça change concrètement sur notre territoire ?
25:22Donc ce que ça va nous amener à penser en termes de nouveaux quartiers, de nouveaux logements
25:25et de prix du foncier, valorisation foncière, on en revient toujours là,
25:29sachant que c'est une ville qui a fait, qui a une politique qui consiste à acheter beaucoup de fonciers.
25:33Donc aujourd'hui, c'est comment elle peut revaloriser ce qu'elle a fait.
25:36Et un deuxième exemple, c'est dans le sud de l'île de France cette fois,
25:38toujours pareil, on est à 26 000 habitants.
25:40C'est une ville qui m'a dit, voilà, j'ai une friche, ça fait 10 ans qu'on a
25:43cette friche.
25:44Elle appartenait à un ministère par le passé.
25:46Qu'est-ce qu'on peut en faire ?
25:47On a regardé avec eux et c'est ce qu'on appelle notre POC,
25:50puisque c'est vraiment notre premier projet qui allait de A à Z.
25:53On a regardé ensemble, on en a déduit un projet, un intérêt général et économique
25:59et on a même un acteur aujourd'hui privé qui a dit à la ville,
26:02moi je suis prêt à faire ça, donc on aura à la fois des médecins,
26:05on aura du logement, on aura un parc, on aura un parcours sportif.
26:09Tout est sur la table, il ne reste plus que la prise de décision,
26:11mais encore une fois, la prise de décision, elle appartient au maire et jamais à PUR.
26:16Justement, on parle de votre société à horizon 2026
26:20et au-delà, comment vous voyez le développement ?
26:23Pour nous, 2026, c'est une grande année,
26:25parce qu'on a une première version en ligne.
26:29Jusqu'à maintenant, c'était une version digitale qu'on utilisait avec les clients.
26:34Aujourd'hui, on a une version en ligne, c'est une version bêta.
26:36Et d'ici la fin du premier trimestre, on aura une version totalement en ligne.
26:39Vous taperez pure-solution.fr et vous accéderez directement au logiciel.
26:44Ça, pour nous, c'est hyper important.
26:46C'est ce qu'on appelle une nouveauté.
26:48Ensuite, on a un objectif qui est d'avoir une centaine de collectivités à nos côtés.
26:52Donc, c'est beaucoup de travail, mais on y croit énormément.
26:55On pense qu'on peut y arriver.
26:56Et à côté de ça, on a eu de plus en plus un intérêt croissant des acteurs privés
27:03que nous allons adresser dans les prochains mois également.
27:06Ils nous disent, OK, vous avez vos collectivités, on aime bien votre outil,
27:09on sait comment utiliser notre côté.
27:11Donc, à terme, Pure, ça a vocation à devenir un outil de confiance
27:15qui permet de mieux aligner intérêts généraux, capacités d'investissement,
27:20acteurs publics et acteurs privés.
27:21Et bien voilà, on en sait un petit peu plus sur votre start-up Pure.
27:26Donc, il y a Santo Tcheberg, vous êtes le président fondateur.
27:29Je rappelle que vous êtes également incubé à Station F.
27:31Bravo, en tout cas, et bravo pour faire partie des 100 qui font la ville pour cette année.
27:37Merci à vous.
27:37Cette édition de Smartimo touche à sa fin.
27:41Merci de nous avoir suivis.
27:42On se retrouve très prochainement pour une prochaine édition.
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