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  • il y a 21 minutes
86 % des Français sont favorables aux mécanismes de prix plancher du commerce équitable. C’est le résultat d’une enquête de Max Havelaar France. Blaise Desbordes, directeur général de la branche française de l’ONG, rappelle quels sont les leviers à activer pour généraliser une juste rémunération des producteurs agricoles.

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00:04Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans notre
00:08économie.
00:08Je reçois aujourd'hui Blaise Desbordes, bonjour, le directeur général de Max Avelard France.
00:13Alors c'est quoi Max Avelard ? C'est une ONG ? C'est une entreprise de l'économie sociale
00:17et solidaire ? On se situe où ?
00:18C'est vraiment une ONG, c'est vraiment une association citoyenne qui a voulu s'interposer finalement entre les entreprises
00:24et les producteurs agricoles qui étaient défavorisés, maltraités. Et donc on s'est dit qu'il y a une quarantaine
00:30d'années
00:30qu'il fallait créer un tiers de confiance, quelqu'un qui soit indépendant des entreprises et qui puisse protéger les
00:36petits producteurs.
00:36Et donc c'est né un peu partout dans le monde dans les années 80. Donc nous, nous sommes la
00:42branche française
00:42et l'idée est d'apporter des règles de commerce plus équitables, plus justes, de sorte que les gens, quand
00:49ils achètent leurs baguettes le matin,
00:50quand ils prennent leurs litres de lait, quand ils croquent une tablette de chocolat ou ils achètent leurs bananes,
00:54et bien ils aient la garantie qu'il n'y a pas de maltraitance.
00:58Premier label, lancé en 88 aux Pays-Bas par Styrting Max Avelard, c'est ça ?
01:03C'est ça, une fondation.
01:04Le nom vient de là, c'est quoi Max Avelard ?
01:06Max Avelard, c'est drôle, c'est un héros de roman en fait, qui est d'un livre très connu
01:11aux Pays-Bas,
01:12qui était l'aventure d'un homme qui dans les Indes néerlandaises, donc en Indonésie,
01:17luttait contre la maltraitance des ouvriers dans le sucre de canne, dans les fruits,
01:21qui étaient exportés vers l'Europe, c'était le commerce colonial.
01:24Et c'était tellement indigne leurs conditions dans l'esclavage, dans la maltraitance,
01:28qu'ils ont donné ce nom, un peu comme un roman des bois, on dirait en France.
01:32Et aujourd'hui, ce label, il est présent dans plus de 170 pays,
01:36utilisé sur des dizaines de milliers de produits.
01:39Tiens d'ailleurs, de quels produits on parle ?
01:41Vous en avez cité certains, mais il n'y a pas que l'alimentaire.
01:43Il n'y a pas que l'alimentaire, il y a également le coton, et il y a aujourd'hui
01:47l'or,
01:48parce que l'or est une filière très sale, et donc c'est un peu embêtant
01:51quand vous mettez une alliance au doigt de votre aimé,
01:54que ce soit issu d'un métal sale ou des métaux, des minerais de guerre.
01:58Mais c'est principalement l'alimentaire quand même.
02:00C'est là où, je le disais, les traditions coloniales,
02:03les grands flux internationaux ont été particulièrement douloureux
02:07et cruels envers les producteurs, les petits producteurs.
02:09Donc on est dans le café, ça représente peut-être 20%.
02:12Dans la banane aussi, c'est très important.
02:14Une banane équitable, ce n'est pas une banane normale.
02:17Dans le cacao, aujourd'hui, je dirais la filière la plus emblématique,
02:20c'est le cacao.
02:21Travail des enfants, déforestation et extrême pauvreté.
02:24C'est ça les produits des quotidiens les plus cruciaux.
02:26Mais on a aussi, bien sûr, des plus petits, la vanille, je le disais,
02:29le coton, il y a même du vin.
02:32Et parfois, on achète des produits qui sont composés d'ingrédients multiples.
02:37Est-ce que ça veut dire qu'ils ne peuvent pas avoir de label ?
02:40Ou est-ce qu'il y a un pourcentage ?
02:42Comment ça marche, en fait ?
02:43Le label est accessible.
02:44En fait, il faut avoir l'ingrédient équitable disponible.
02:46Si vous faites un produit où il n'y a pas de vanille équitable disponible,
02:49vous ne pouvez pas mettre 100% équitable.
02:51Donc vous mettez votre pourcentage derrière, en backpack, comme on dit,
02:54et puis vous indiquez en front pack, devant, si le produit est équitable.
02:58Nous, on dit minimum 20% pour que quand même,
03:00le consommateur n'ait pas un label avec 0, 0, 1%.
03:04Mais l'idée, elle est quand même d'être pragmatique.
03:06Il faut que des entreprises s'engagent, que des filières s'engagent.
03:08Et puis, vous mettez un maximum d'ingrédients.
03:10C'est ça, l'idée.
03:11Je crois que vous êtes arrivé en 2017 à la tête de Max Ava la France.
03:15Est-ce que ça a changé ?
03:17Est-ce que votre vision du commerce équitable a évolué, finalement, en presque 10 ans ?
03:22Elle a été bouleversée par le fait que le commerce équitable est devenu nécessaire en France.
03:27Depuis une dizaine d'années, on voit émerger des poches de pauvreté dans les territoires.
03:30On voit des déprises agricoles.
03:32Vous le savez, ce chiffre très triste.
03:33Des dizaines de fermes qui ferment la porte tous les ans.
03:36Et ça, ça a bouleversé notre univers.
03:38On s'est dit, il faut aussi investir les filières françaises.
03:41Et donc, on a lancé, depuis que je suis arrivé, le lait français, les céréales, les lentilles, les pois chiches,
03:46demain peut-être la viande.
03:47Pour aussi que des populations fragilisées par la dureté du marché, par la dureté des négociations,
03:53des populations de paysans français, aient accès à cette boîte à outils qui, finalement, est une boîte à outils universelle.
03:58Qui peut être contre un produit équitable ? Personne.
04:01Oui, effectivement.
04:02Et donc, ça représente quoi, aujourd'hui, les produits français labellisés, finalement ?
04:07C'est une niche par rapport à...
04:09C'est une niche.
04:09Alors, le marché est énorme. Par exemple, vous avez plus de 20 milliards de litres de lait en France par
04:14an.
04:14Donc, nous, on est sur des millions.
04:16Donc, c'est très important.
04:17Il y a aussi l'initiative C'est qui le patron, qui a aussi fait connaître le principe de l
04:21'équité, etc.
04:22Donc, on avance bien.
04:23Je dirais que le lait est la denrée emblématique, parce qu'elle est au petit-déjeuner, elle est pour les
04:28enfants.
04:29Et c'est bien que ce soit comme ça.
04:30Il faut de l'affect.
04:31Il faut qu'on aille avec notre cœur dans l'équitable.
04:33Mais toutes les denrées et beaucoup de territoires ont besoin d'équitable.
04:36Aujourd'hui, le grand défi, ce sont les villes.
04:39Les villes, les collectivités, les départements qui viennent nous voir et qui disent
04:42« Moi aussi, j'ai compris qu'il faut que je m'intéresse à la filière locale.
04:45Il faut que j'approvisionne mes cantines aussi, avec quelque chose qui correspond à mes valeurs d'élus politiques.
04:50J'ai promis des choses à mes électeurs.
04:51Il faut que je me mette en alignement. »
04:53Donc, aujourd'hui, on a lancé un grand programme au nom très sympathique qui s'appelle
04:56« Les territoires, juste, rémunération. »
04:59Et depuis quelques années, on est au service des villes, des départements, des régions
05:02qui nous demandent de venir et d'essayer de diagnostiquer.
05:05Est-ce que j'achète mes courgettes ? Est-ce que j'achète mes nectarines ?
05:09C'était la ville de Nice, par exemple, qui a lancé une grande analyse avec nous
05:11grâce au soutien de l'ADEME et du ministère de l'Agriculture.
05:14Et on a pu, comme ça, voir.
05:16Et on s'est rendu compte que peut-être que les 40 étaient bien payés,
05:18mais que sur les courgettes, il fallait rajouter un ou deux centimes
05:20pour que le paysan gagne sa vie décemment.
05:22Est-ce que la grande distribution, c'est forcément le grand méchant loup dans ce débat-là ?
05:28Ce n'est pas si simple, ce n'est pas si caricatural.
05:30Le principe de l'équitable, c'est que toute la chaîne doit s'engager.
05:32On veut, sur cette chaîne de valeur, du producteur au transformateur,
05:36au trader, au grossiste et finalement dans le magasin,
05:39on veut que tout le monde ait conscience qu'il y a ce logo
05:41et qu'il faut faire un effort et qu'il faut se poser la question
05:44qui gagne où ?
05:45Et une fois qu'on a fait cette transparence,
05:47et c'est la transparence qui est notre meilleur allié,
05:49eh bien là, on peut dire, écoutez, fais un peu de place,
05:52s'il te plaît, aux un ou deux centimes qui manquent à tel endroit,
05:55toi qui as une marge conséquente ou substantielle.
05:58Et c'est un peu dans ce dialogue continu, mais ce n'est pas facile.
06:00Pour répondre à votre question, c'est dur.
06:02Aujourd'hui, la négociation, les grandes distributions
06:04sont engagées dans une bataille, une guerre des prix
06:07qui fait du mal à tout le monde
06:08et qui ne sera pas profitable, y compris aux consommateurs.
06:11On nous fait croire que le consommateur va gagner
06:14quand un paysan est écrasé dans un box de négociations
06:16et qui perd les deux centimes.
06:17Mais pour lui, les deux centimes, c'est sa vie,
06:19c'est une ferme, c'est des hectares,
06:20c'est même un village parfois.
06:22Alors que pour nous, les un ou deux centimes,
06:24c'est le vrai prix du produit, il faut les rajouter.
06:26Je vais vous donner un exemple très concret sur la filière.
06:29On a calculé, nous, que sur les deux dernières années,
06:31si on avait ajouté le centime qui manquait sur le litre de lait,
06:37eh bien le paysan, maltraité par les négociations,
06:40aurait gagné près de 300 euros de plus par mois
06:43pour un centime par litre de lait.
06:45Donc vous voyez la différence d'effort.
06:47Nous, on doit payer un vrai prix
06:48et eux, ça change leur vie.
06:49300 euros de plus par mois.
06:51Mais alors, en vous écoutant, je pense à cette mesure
06:54qui est dans le budget 2026,
06:56des repas étudiants à 1 euro.
06:58C'est une super initiative.
07:01On ne sous-estime pas,
07:02et on en a parlé plein de fois sur ce plateau,
07:03la précarité étudiante,
07:05la réalité de la précarité étudiante,
07:06des étudiants qui sautent des repas
07:08plusieurs fois par semaine.
07:10Mais est-ce que ça ne crée pas quand même
07:11l'impression que ça ne coûte rien de manger ?
07:14Vous voyez ce que je veux dire ?
07:15C'est délétère.
07:15Il faut prendre ce sujet, effectivement,
07:16dans l'aide sociale aux étudiants
07:17et non pas dans le vrai prix, c'est 1 euro.
07:20Et ça, on a la même chose dans les rayons des supermarchés.
07:22C'est ce que vous disiez auparavant.
07:23Donc il faut lutter contre ça.
07:24Je ne sais pas très bien comment on fait,
07:26parce qu'il y a beaucoup de démagogie aussi là-dedans.
07:28La bonne nouvelle, c'est que les étudiants
07:29sont hyper conscientisés sur la mondialisation
07:32qui est la leur et sur la vie qui va être la leur
07:34quand ils vont rentrer dans le monde du travail.
07:36Nous, on a lancé au début à Petit Pas
07:37une initiative qui s'appelle Fairtrade Académie.
07:40Et on est allé voir les facs, les grandes écoles,
07:42les écoles de commerce, les écoles d'agronomie,
07:44en disant est-ce que ça vous intéresse ?
07:45Et on a eu un succès absolument incroyable.
07:48Aujourd'hui, on a des grandes écoles,
07:50la fac de Nanterre,
07:51au moins 30 organisations,
07:53établissements supérieurs qui sont là.
07:54Et les étudiants veulent s'impliquer,
07:56ils veulent mettre des produits équitables
07:57dans leur fac, dans leur resto U.
07:59Et donc, poser cette question,
08:00ils la posent à leur prof,
08:01ils la posent à l'intendant,
08:02ils la posent au recteur.
08:03Et ainsi, on fait avancer les choses vers un vrai prix.
08:06Non, le prix, le repas à 1 euro,
08:08c'est une bonne idée pour marquer l'effort
08:10que la société veut faire.
08:11C'est une mauvaise idée pour faire croire
08:13qu'un repas puisse coûter 1 euro.
08:15Il ne coûte jamais 1 euro.
08:16Et en fait, je pense qu'à côté du repas,
08:19il faut qu'on donne le vrai prix du repas
08:21pour peut-être expliquer
08:24comment on peut le proposer à 1 euro,
08:26qui aide, est-ce que c'est le ministère,
08:27est-ce que c'est la région,
08:28est-ce que c'est l'Europe qui sait,
08:29qui fait que vous allez pouvoir avoir
08:31un repas à 1 euro.
08:32Je voudrais m'appuyer sur ces chiffres de l'ONU,
08:34et on va revenir au débat un peu plus mondial.
08:37Selon l'ONU, 33 millions de personnes
08:39souffrent de la faim dans le monde,
08:40dont les trois quarts sont des paysans.
08:41On est au cœur de vos enjeux.
08:44Est-ce que ce lien entre la précarité alimentaire mondiale
08:50et la paysannerie, il se maintient ?
08:53Est-ce qu'il progresse ?
08:54C'est l'étincelle qui a fait naître toutes ces démarches.
08:58C'est-à-dire, quelle absurdité !
08:59Les gens qui sont les plus importants pour la société,
09:01puisque c'est de la nourriture,
09:02ce n'est pas une option de ne pas manger les tomates.
09:06Les gens qui sont les plus importants
09:07sont souvent les plus maltraités,
09:10et surtout, on ne leur donne pas la sécurité.
09:12Regardez, en France, on a 90% de salariés.
09:15Un salaire, ça veut dire qu'on vous garantit
09:16votre revenu tous les mois,
09:18vous pouvez construire votre vie,
09:19vous pouvez faire des plans sur l'avenir.
09:21Et ceux qui doivent anticiper sur plusieurs années
09:23comment ils vont nous nourrir,
09:24qu'est-ce qu'ils vont planter,
09:25les rotations de culture, les aléas climatiques,
09:27eux, on les précarise.
09:28Et on voit par exemple, avec la guerre en Ukraine,
09:30le prix du blé passer de 100 à 400
09:32et redescendre à 200.
09:33Comment vous construisez une exploitation agricole
09:35quand leur revenu, c'est 100 euros la tonne
09:38ou 400 euros la tonne ?
09:39Donc oui, le lien entre les deux est vital
09:42et c'est une absurdité qu'on n'ait pas réussi
09:44à protéger les centaines de millions
09:47d'agriculteurs familiaux qui nourrissent le monde.
09:51Quelle différence quand le commerce équitable prend la main ?
09:53Vous avez un peu répondu pour la France
09:55et on se rend compte qu'un centime d'un côté,
09:57ça peut faire 300 euros à la fin du mois
09:59pour l'agriculteur.
10:00Pour l'agriculteur.
10:01Mais voilà, comment vous garantissez finalement
10:05que cette précarité financière alimentaire,
10:08elle va s'estomper, peut-être même disparaître ?
10:11Alors, premier élément, on arrête l'invisibilité.
10:14Derrière vos légumes, derrière vos fruits,
10:16derrière vos boissons, il y a des gens,
10:18il y a des êtres humains.
10:19Donc nous, on met de la transparence
10:20et on connecte les producteurs avec les consommateurs.
10:23C'est ça l'idée du logo Max Avelard,
10:25c'est de dire je mets un signe sur le produit.
10:27Deuxième élément, on dit clairement à toute la chaîne
10:29êtes-vous prêts à jouer d'autres règles du jeu ?
10:32La première chose, ça va être qu'on va fixer un prix minimum.
10:35C'est un peu l'équivalent du SMIC.
10:36On n'achète pas en dessous de tel prix
10:38parce que ça détruit la vie des paysans.
10:39Donc là, on a fixé, je vous l'ai dit,
10:41le prix du lait, mais on a un prix de la tonne de chocolat,
10:43un prix de la tonne de banane,
10:44un prix de la tonne de café, qui sont très importants.
10:47Troisièmement, on va dire un paysan ne doit pas être seul.
10:50Un agriculteur isolé, c'est quelqu'un qui est condamné.
10:53Donc on demande aux paysans de se regrouper
10:56en coopérative, d'être à plusieurs.
10:57Comme ça s'est passé en France, il y a déjà plus de 100 ans.
11:00Ils ont compris que leur salut était dans l'Union.
11:03Et donc ils ont mis en commun des machines agricoles,
11:05ils ont mis en commun des outils de vente, etc.
11:07Et bien là, c'est pareil.
11:07Dans les pays défavorisés, au Sud, on fait ça.
11:09Et donc cette collectivité, cette coopérative,
11:12elle va recevoir une prime sociale équitable.
11:14Donc quand vous achetez une tablette de chocolat,
11:15il y a quelques micro-centimes qui vont aller dans une cagnotte.
11:18Et cette cagnotte, c'est la communauté des producteurs
11:20qui va décider pour des urgences médicales,
11:23pour des urgences éducatives, pour des urgences environnementales.
11:25Et enfin, on va mettre des contrats de prévisibilité de long terme.
11:29Un an, deux ans, trois ans.
11:30Il faut qu'on puisse savoir où on va.
11:32C'est ça le commerce équitable.
11:33Une boîte à outils.
11:34Et puis tout le monde joue le jeu.
11:35Et à la fin, normalement, tout le monde gagne.
11:37Vous dites, c'était dans une interview au Dauphine Libérée en 2022,
11:41vous dites, le commerce équitable s'impose de plus en plus
11:43comme une nouvelle norme plutôt que comme une niche militante.
11:47Je me suis dit, c'est un peu optimiste quand même.
11:50Oui et non.
11:51Regardez sur le cacao, nous certifions 10% du cacao mondial.
11:55C'est gigantesque.
11:56C'est 500 000 tonnes.
11:57500 000 tonnes.
11:58Donc ce cacao-là, il ne trouve pas toujours des débouchés
12:00dans les rayons chocolat ou à Noël ou à Pâques, malheureusement.
12:03Mais ça commence bien loin d'une niche.
12:05Une niche, on est en dessous de 1%.
12:07Donc là, tout le monde connaît l'équitable.
12:08C'est une forme, pour autant.
12:10Ça peut le devenir.
12:11Ça peut le devenir.
12:12On dit qu'une innovation, quand elle a passé les 10-15% d'implémentation,
12:15elle peut basculer dans une norme.
12:17Qu'est-ce qui fait un obstacle à la norme ?
12:19C'est qu'il y a des forces au jeu, des lobbies très puissants
12:22qui captent une valeur, une valeur dans la matière agricole,
12:26qui captent une valeur dans les champs et qui la gardent pour eux.
12:28Et c'est cette résistance-là qu'il faut vaincre.
12:30Mais sincèrement, oui, on a franchi l'étape de la niche aujourd'hui.
12:35J'en veux pour preuve que les Français nous connaissent.
12:37On a fait un sondage, 86% des Français, dans un panel très représentatif,
12:42souhaitent que les produits soient équitables
12:43et souhaitent qu'il y ait un juste prix aux producteurs.
12:45Y compris les CSP moyennes, les gens qui ne gagnent pas bien leur vie,
12:48ils ont conscience que le paysan doit gagner sa vie.
12:50Donc, le consensus social est là.
12:52Une partie des lois sont là, mais il y a encore quelques efforts
12:55pour basculer à la norme.
12:56Après, ça se fera encore sur quelques années, c'est sûr.
12:59Alors, il y a une tradition à cette émission.
13:01L'invité du Grand Antoine pose une question à celui-là de la semaine.
13:04D'après la semaine précédente, à votre place,
13:07il y avait Sabine Kainborg, directrice générale associée chez ShortLinks.
13:11Voici sa question.
13:13On va parler d'environnement.
13:14Bonjour Blaise, et merci pour cette opportunité
13:19de vous poser cette question.
13:21Café, chocolat, banane.
13:22Les produits sont-ils meilleurs quand ils sont fers ?
13:27Je m'interroge, et vous pourrez sans doute me répondre,
13:31si ces démarches de commerce équitable sont à terme suffisantes
13:36pour préserver des filières.
13:38Je pense notamment à la filière du chocolat,
13:39dont on sait qu'elle est menacée d'ici 2050.
13:44Donc, est-ce que les engagements, notamment environnementaux,
13:48qui semblent être un peu plus faibles dans le commerce équitable,
13:50vont permettre aux enjeux, notamment agroécologiques,
13:54de la filière chocolat, par exemple,
13:56de se transformer de façon vertueuse ?
14:00Merci Blaise.
14:01Est-ce qu'effectivement, les enjeux environnementaux
14:05sont plus faibles dans le commerce équitable ?
14:08Clairement non.
14:10Clairement non.
14:10Non seulement le commerce équitable est nécessaire et peut aider,
14:14mais il est indispensable à la transition écologique
14:17et à la changement des pratiques vers plus de protection de l'environnement.
14:20Pourquoi ?
14:20Quand vous demandez à un paysan de changer ses pratiques,
14:23il va donc devoir faire plus attention à l'eau,
14:25plus attention à la biodiversité sur son territoire,
14:27plus attention aux haies, etc., au sol.
14:30Comment peut-il le faire alors qu'il est au quotidien
14:33sous pression extrêmement forte pour vendre sa matière ?
14:35Il ne peut le faire que s'il a une garantie de prix.
14:38Et c'est là où l'équitable rejoint le bio,
14:41rejoint l'environnement,
14:41rejoint la conversion vers l'écologie ou l'agroécologie.
14:45C'est parce que sans moyens économiques,
14:47sans garantie économique,
14:48vous ne pouvez pas faire changer les choses.
14:50Donc en fait, on est très associés, très mariés.
14:52Et j'en veux pour preuve que 70% des produits
14:55labellisés Max-Avlar en France sont également bio.
14:58parce que les paysans bio ont compris
15:00qu'une garantie de prix leur permet
15:03de viabiliser l'environnement.
15:04Mais est-ce que c'est une critique ou une opposition
15:07qui est souvent exprimée ?
15:09Vous voyez ce que je veux dire ?
15:09Parce qu'on va dire que c'est lié aux produits.
15:13Chocolat, café, etc.
15:14Forcément, ils viennent de très loin.
15:16Donc on va dire, ok, ils sont peut-être équitables,
15:18mais ils ne sont pas bons pour l'environnement.
15:20Non, je pense que c'est une critique injuste.
15:22Nous, on ne prétend pas tout faire.
15:23On prétend être un puissant allié
15:25de la transition écologique, clairement.
15:27Mais on ne va pas tout résoudre.
15:29Bien sûr qu'ils viennent de loin.
15:31Mais bien souvent, vous savez,
15:32le transport par bateau n'est pas la chose
15:34qui coûte le plus cher.
15:35Ce qui coûte le plus cher,
15:35c'est justement les cultures polluantes
15:37avec des intrants chimiques, d'origine fossile.
15:40C'est ça qui fait le mauvais bilan carbone,
15:42principalement.
15:43Et c'est aussi la transformation, bien sûr,
15:44des produits après, les usines.
15:45Donc, non, le commerce équitable, clairement,
15:48n'est pas un ennemi.
15:50Au contraire, on n'est pas moins disant
15:51sur l'environnement.
15:52Il est le meilleur allié, le meilleur outil
15:54pour changer d'échelle dans la transition agroécologique.
15:57Alors, je voudrais qu'on parle du thé.
15:59J'ai reçu ce livre,
16:00« La thé, l'envers de la tasse »
16:02écrit par Pierre William Johnson.
16:04Et j'ai vu qu'un premier baromètre
16:06a été publié, là, au début de ce mois de février,
16:09par Commerce équitable France
16:10pour éclairer les conditions de la production
16:13d'une grande partie du thé vendu en France.
16:17Alors, déjà, le constat que vous faites,
16:19vous, sur ce produit-là, c'est quoi ?
16:21Alors, le thé, c'est très, très dur.
16:23Parce que c'est vraiment l'emblématique
16:25denrée coloniale.
16:26On a structuré des pays entiers,
16:27comme le Sri Lanka,
16:28pour produire pour nous en Europe.
16:30Donc, vous avez des déséquilibres territoriaux
16:32qui sont déjà là.
16:33Ensuite, vous avez des traditions d'exploitation
16:34qui sont de décennies et de décennies.
16:37Donc, quand on veut lutter contre ça,
16:38et c'est notre cas chez Fairtrade,
16:39et monsieur a tout à fait raison de se pencher
16:41sur cette denrée du thé, du petit déjeuner,
16:44eh bien, on a fort à faire.
16:47Ça veut dire que c'est compliqué
16:48de labelliser du thé Fairtrade ?
16:51C'est très compliqué,
16:51parce que les habitudes prises par l'industrie du thé,
16:53qui se comptent en centaines, en milliers de tonnes,
16:55etc., sont des biens ancrés
16:57dans un modèle qui n'est pas un modèle
16:58très mieux disant sur le plan social et environnemental.
17:00La bonne nouvelle,
17:01c'est que les consommateurs sont là,
17:03ils veulent des thés qui soient bons,
17:04et quand ils visent une bonne santé
17:06et un bon gustatif,
17:08ils veulent aussi quand même
17:09la protection des gens
17:10qui cueillent le thé pour eux.
17:11Donc, le baromètre que vous évoquez
17:14a montré des choses intéressantes
17:15et un peu paradoxales et tristes.
17:18Les grandes multinationales du thé
17:20sont très peu engagées.
17:21Peu engagées sur la transparence,
17:23peu engagées sur l'environnement,
17:23peu engagées sur les gens
17:24qui travaillent pour elles.
17:26Ensuite, les grandes marques de prestige,
17:28c'est contrasté,
17:29elles ont une très belle marque,
17:30elles font beaucoup de marketing,
17:31mais pas forcément beaucoup
17:32pour les gens ou pour l'environnement.
17:34Et la troisième famille,
17:35c'est-à-dire les marques de thé engagées,
17:37ÉthiCable,
17:38La Route des Comptoirs,
17:39Jardin de Gaïa,
17:41eux, ils cochent toutes les cases,
17:42c'est-à-dire attention aux gens,
17:44attention à la planète
17:45et attention à la qualité
17:46et à la transparence.
17:47Ils sont forcément plus chers ?
17:49Non, pas forcément,
17:50parce que c'est le même débat
17:51qu'on avait sur la guerre des prix.
17:53Vous savez, il faut choisir
17:54là où on fait ses marges
17:55et sur qui on les fait.
17:56Et quand vous avez
17:57une démarche équitable,
17:58vous êtes plutôt
17:59sur la répartition équilibrée.
18:00Tout le monde gagne,
18:01peut-être un petit peu moins,
18:02mais tout le monde gagne quand même,
18:03au lieu qu'il y en ait
18:04un ou deux qui gagnent beaucoup
18:05et un ou deux qui perdent beaucoup.
18:07Ça veut dire que vous pouvez
18:09quand même labelliser
18:10quelques marques ?
18:12Absolument.
18:13Oui, on labellise dans le thé
18:14qui ont Max Havala.
18:15On labellise dans le thé,
18:16mais on investit
18:17et on sollicite
18:18les gouvernements indiens,
18:19Sri Lankais,
18:19l'Union Européenne
18:20pour aussi nous aider
18:21parce que pour les Français
18:23et les consommateurs en général,
18:25le thé est une denrée
18:26pas très chère,
18:27en tout cas dans les produits
18:28du quotidien.
18:30Et donc,
18:30ce n'est pas forcément facile
18:31de faire la place
18:32à un salaire décent
18:32pour les cueilleuses.
18:33Oui, et puis ce que je comprends,
18:34c'est que vous êtes face
18:35à une machine
18:36qui est là depuis des décennies
18:38pour ne pas dire des...
18:38Il y a un oligopole,
18:38comme dans le café,
18:39comme dans le chaos.
18:40On peut le dire,
18:41ce n'est pas une insulte.
18:41Ce sont des énormes entreprises
18:43qui, en général,
18:44contrôlent.
18:44Là, dans le thé,
18:45je crois que les trois principales
18:46contrôlent les deux tiers
18:47du marché.
18:49Il y en a une qui achète
18:5020 000 tonnes.
18:51Vous voyez,
18:52nous, on pèse
18:52au total mondial
18:545 000 tonnes de thé équitable.
18:55Donc, 5 000 tonnes de thé équitable,
18:57ce n'est même pas un quart
18:58de ce qu'achète
18:58une des trois grandes marques
19:00que vous connaissez.
19:00Donc, c'est effectivement
19:01difficile de s'imposer.
19:02Et alors, ça m'amène
19:03à d'autres questions
19:04parce que vous êtes forcément,
19:06vous travaillez forcément
19:07avec des paysans
19:08qui sont dans des pays,
19:10dans des zones de guerre
19:11ou dans des zones
19:12où, par exemple,
19:12le narcotrafic est présent.
19:15Est-ce que ça veut dire
19:16qu'il y a des endroits
19:16où vous ne pouvez plus aller
19:18ou alors où c'est très compliqué
19:19de travailler ?
19:20En fait, il y a des endroits
19:21où on a du mal à aller,
19:22notamment pour faire les contrôles
19:23qui font la valeur
19:24du label Max Avelard,
19:25mais ce sont des endroits
19:26où on veut absolument aller
19:27parce que c'est notre objet social
19:29que justement mettre
19:30de l'économie et de l'économie équitable
19:31dans les zones fragiles.
19:33Donc, au Congo Kivu,
19:34on a un excellent café.
19:35Aujourd'hui, nos coopératives
19:36sont en train d'être décertifiées.
19:38Donc, elles perdent le label
19:39du fait de la guerre.
19:40J'ai encore appris hier
19:41que deux nouvelles coopératives
19:42n'avaient pas pu être contrôlées.
19:43Donc, elles ont perdu le label.
19:45Or, ces gens,
19:45c'est des milliers
19:47de caféiculteurs
19:48et qui font en plus
19:49un excellent café.
19:50Il est connu,
19:50le café du Congo.
19:51Oui, ils font toujours
19:53un bon café,
19:54mais vous ne pouvez plus
19:55aller les certifier, c'est ça ?
19:56On ne peut plus les certifier
20:00que la prime sociale
20:01ruisselle bien
20:02sur toute la communauté.
20:03Ça, ça se démontre.
20:04Et nos inspecteurs
20:05ne peuvent pas y aller
20:05parce que ce sont des zones de guerre.
20:06Donc, on est en train
20:07de discuter avec
20:07l'Agence française de développement,
20:09avec plusieurs autorités
20:10onusiennes,
20:11pour essayer de voir
20:11si on ne peut pas créer
20:13un équitable pour la paix.
20:15Vous voyez,
20:15une sorte de label spécial
20:16qui dirait
20:17là où ça chauffe,
20:18en Bolivie,
20:19avec la drogue,
20:19au Myanmar.
20:20Et pour ça,
20:21on a un allié incroyable
20:22que vous connaissez sans doute,
20:23c'est la marque de café,
20:24Malongo,
20:24qui, elle,
20:25est sur tous les fronts pionniers
20:26pour essayer d'apporter
20:27et d'acheter
20:28à des bons prix,
20:29des prix équitables.
20:30Donc, elle le fait
20:31en Birmanie notamment
20:32avec une très belle référence
20:34d'un café délicieux
20:34qui est dans une zone compliquée
20:36mais qui réussit
20:37à établir
20:38cette base d'économie décente.
20:40Vous parliez de narcotrafic.
20:42Est-ce que vous êtes,
20:42pardon,
20:43ma question est peut-être
20:44à côté de la vlac,
20:44mais en concurrence parfois ?
20:46C'est-à-dire que...
20:47Ah, bien sûr.
20:47Est-ce qu'il faut convaincre
20:49des producteurs
20:50de café, de cacao,
20:52de continuer
20:53ou d'une autre,
20:54de continuer
20:54alors qu'à côté,
20:55il y a des narcotraficants
20:56et il leur dit
20:56une plante du pavot.
20:58C'est ce qu'a fait
20:58cette grande marque de l'équitable,
20:59les cafés Malongo,
21:00qui avec l'aide de l'ONU,
21:02l'agence de l'ONU
21:03chargée de lutter
21:03contre la drogue,
21:04a réussi à substituer
21:05notamment en Birmanie
21:07mais également en Bolivie
21:09de la coca,
21:12substituer du café équitable
21:14à la coca.
21:14C'est-à-dire que là,
21:15vous allez convaincre
21:16les paysans
21:16et en général,
21:17et on les a invités
21:18en France
21:18et ils sont venus
21:20invités par Malongo,
21:21ce qu'ils disent
21:21c'est que la drogue
21:22c'est dangereux,
21:23la drogue c'est des risques
21:24sans arrêt,
21:25c'est une pression,
21:25c'est beaucoup de pesticides,
21:26ça on l'ignore trop souvent
21:27et donc il y a plus de 1000 hectares
21:29comme ça au Myanmar
21:30qui ont été convertis
21:31et grâce au prix du café équitable
21:32ils se disent
21:33j'y gagne
21:34parce que j'ai un prix stable,
21:35un vrai prix décent
21:36et je ne suis pas obligé
21:36d'être dans l'économie informelle
21:38et dans l'économie de la drogue.
21:39Est-ce qu'il faut
21:40une régulation publique
21:42plus forte
21:43pour que le commerce équitable
21:44continue de progresser
21:45et devienne
21:46cette nouvelle norme
21:48dont vous parlez ?
21:48Mais bien sûr,
21:49on souffre depuis plus de 20 ans
21:51de ce qu'on appelle
21:53qui cause un tort incroyable
21:55à la consommation responsable.
21:56La consommation responsable
21:57elle essaye de faire
21:58que nous soyons tous
21:58les uns et les autres
21:59acteurs d'un monde meilleur
22:01et qu'est-ce qui s'oppose à ça ?
22:02Les faux labels,
22:03les allégations folkloriques,
22:05les prétentions sur les paquets
22:07qui dit au service des producteurs,
22:08etc.
22:08Tout ça n'est pas régulé
22:10par le législateur français.
22:11Nous, on est un peu désespéré
22:13de frapper aux portes
22:14des différents ministres
22:14de la consommation
22:15et j'en appelle à Serge Papin
22:16qui est quelqu'un
22:17qui connaît extrêmement bien
22:18les filières.
22:20Sera-t-il le ministre
22:21qui pourra enfin réguler,
22:23faire le ménage ?
22:23La bonne nouvelle
22:24c'est que l'Europe va le faire
22:25à partir de septembre
22:27de cette année.
22:28Un certain nombre
22:28de faux labels seront interdits
22:30et là on verra enfin
22:31peut-être les consommateurs
22:32avoir une confiance renforcée.
22:33Si on fait un peu de pédagogie
22:35auprès de nos téléspectateurs
22:36et téléspectatrices,
22:37de quoi ils doivent se méfier ?
22:38Parce que c'est vrai que moi
22:40je suis parfois
22:41complètement paumé.
22:42des allégations de la marque.
22:43Quand vous êtes vous-même
22:45votre propre éloge,
22:47c'est-à-dire quand vous dites
22:48ma marque est bonne,
22:49ma marque est respectueuse
22:50des consommateurs,
22:50ma marque est respectueuse,
22:51c'est sans doute une démarche
22:52qui part d'une bonne intention.
22:54Mais il faut un tiers de confiance
22:55qui le vérifie
22:56et qui dit
22:56ce que dit l'entreprise
22:57est vrai.
22:58L'autolabélisation,
22:59je suis désolé,
23:00ça ne marche pas.
23:01Si vous vous dites
23:01je suis le meilleur journaliste
23:03de la télévision française,
23:04les gens vont se dire
23:05je veux le voir sur preuve.
23:06Mais on aimerait bien
23:07qu'il y ait une instance,
23:08l'organisme des journalistes,
23:09et l'éthique des journalistes
23:10qui disent
23:10il est le meilleur journaliste
23:12de la télé française.
23:13Dans la consommation,
23:14c'est pareil.
23:14Donc deux tiers de confiance
23:15et encore une fois,
23:16l'Europe vient de publier
23:17une directive,
23:18la directive EMCO,
23:19Empowering Consumers,
23:20qui va, on l'espère, aider
23:21mais on attend du relais
23:23et le gouvernement français
23:24n'est vraiment pas le premier
23:25dans le peloton.
23:26Vous lancez des formations,
23:27des formations dans les universités,
23:29la Fairtrade Académie,
23:31bientôt un moque.
23:32C'est quoi l'enjeu ?
23:33Pourquoi vous faites ça ?
23:33L'enjeu, c'est que sans conscience,
23:35il n'y a pas d'action
23:36du consommateur.
23:37S'il n'a pas conscience
23:38qu'il y a un problème,
23:39il achète de manière aveugle.
23:41Quand vous et moi,
23:43avec la fast fashion,
23:44on l'a vu ces dernières années,
23:45on découvre un accessoire
23:46de mode à 3, à 4, à 5 euros,
23:48un t-shirt à 2 euros,
23:49un sac à dos à 5 euros,
23:51j'ai vu ça.
23:52Si on n'a pas une conscience claire
23:53que derrière,
23:54les couturières sont maltraitées,
23:55qu'il y a toute une chaîne
23:56de malheurs,
23:57on l'achète.
23:59Donc la pédagogie
24:00est absolument fondamentale.
24:02Il y aura effectivement
24:02un moque bientôt en ligne.
24:04Et je le disais,
24:04les étudiants, les jeunes
24:06sont sans doute
24:06ceux qui vont
24:07le plus fortement inverser
24:09cette tendance.
24:09Nous, on était
24:10le jour du Black Friday,
24:11qui est cette espèce
24:12de grand messe consumériste.
24:13On a projeté des images
24:14sur le BHV,
24:15là où il y avait Shine,
24:16dans la rue le soir,
24:17pour montrer les images
24:18de ces gens
24:19qui fabriquent nos vêtements
24:20à bas coût.
24:21On a eu énormément d'écoutes
24:22de la part des consommateurs,
24:23beaucoup de retombées
24:24parmi vos confrères
24:25et consoeurs,
24:26parce que qu'une ONG
24:27dise stop à la fast fashion
24:28avec tout un collectif,
24:30ça a été apprécié.
24:30C'est ça, la conscientisation.
24:32Il faut nous former.
24:33On ne peut pas être
24:33le consommateur du XXe siècle
24:34au XXIe siècle.
24:35Il y a trop de misère
24:36dans la mondialisation économique.
24:38On doit tous faire
24:39l'effort de se renseigner.
24:40Vous allez,
24:40on va terminer là-dessus,
24:42profiter du Salon
24:42international de l'agriculture
24:43qui soudent en quelques jours
24:45pour faire passer ses messages ?
24:46Oui, parce que
24:47comme l'économie équitable
24:48n'a pas encore atteint
24:49toute l'agriculture française,
24:50vous imaginez,
24:51la colère paysanne
24:52qu'on entend,
24:52elle est en partie liée
24:53à cette question
24:54de l'incertitude
24:55pour le lendemain.
24:57Quand vous faites
24:5815 heures par jour,
24:59comment vous pouvez recevoir
25:01quand vous vendez votre produit
25:03que ça ne vous rémunère pas ?
25:04Qu'est-ce que vous devez en conclure ?
25:06Il y a le désespoir,
25:07il y a l'abandon,
25:08il y a ceux qui tiennent
25:09et qui essayent de trouver
25:10d'autres ressources.
25:10Il y a un consensus
25:11dans la société française
25:12et même dans toutes
25:14les élites pour aller,
25:16mais personne ne sait
25:17par quel boule prendre.
25:17Ce qu'on va dire
25:18au Salon de l'agriculture,
25:19il y aura plus de 25 débats
25:20sur notre stand,
25:20on a invité
25:21toutes les ONG françaises
25:22qui ont envie
25:23de parler de transition.
25:24Ce qu'on va dire,
25:25c'est que les mécanismes existent
25:27et qu'il appartient
25:28au gouvernement,
25:29au lieu de faire
25:30un énième plan d'urgence,
25:31une énième subvention inutile
25:33et non reproduite,
25:34de structurer une politique publique
25:36de transition agricole
25:37sur la fiscalité,
25:39sur des subventions
25:40éco-conditionnalisées
25:42ou équitables conditionnalisées
25:43avec un peu d'ingénierie publique,
25:45avec un bon plan d'action.
25:47On peut vraiment mettre
25:48des prix protecteurs,
25:49on peut mettre
25:49des mécanismes fiscaux encourageants
25:52et là,
25:52on aura tous les entrepreneurs
25:53de France et de Navarre
25:54aux côtés des paysans
25:55pour une alimentation équitable.
25:57Merci beaucoup,
25:59Blaise Desbordes
25:59et à bientôt
26:00sur Bsmart4Chain
26:02et bon donc,
26:02Salon international
26:03de l'agriculture.
26:04On passe tout de suite
26:04à notre rubrique start-up.
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