00:0015h43, Igor Demac nous rejoint. Bonjour Igor.
00:03Bonjour Guillaume.
00:03Dirigeant associé de Vital Epargne, vous allez rendre votre verdict face au marché,
00:08ce moment qu'on va vivre cette instance, ce verdict, est-ce que vous l'assumez ?
00:12Je l'assume, je l'estime et je l'assume et je pense qu'il est temps d'arrêter
00:17d'acheter les valeurs de l'intelligence artificielle.
00:21Momentanément.
00:23Je pense qu'il est temps d'arrêter d'acheter les valeurs de l'intelligence artificielle, dites-vous.
00:28C'est vrai que le Nasdaq recule encore aujourd'hui. Il est temps d'arrêter les acheter.
00:32Combien de fois on a entendu ça depuis 5 ans, depuis 10 ans ?
00:34Cette fois, il faut vraiment, pour de vrai, arrêter, Igor ?
00:37Déjà, il y a une logique boursière classique qui est de prendre la performance sur des titres
00:42qui ont guidé, j'allais dire, tous les mouvements des grands indices américains.
00:49Ensuite, ce que vous disiez sur les problématiques de financement,
00:53les montants de capex importants, il y a une phrase de Talleyrand qui dit
00:56« Tout ce qui est excessif est insignifiant ».
00:58Je pense qu'on est un petit peu dans l'excès aujourd'hui
01:01et on ne sait pas trop dans cette relation, ces liaisons dangereuses,
01:05cette espèce de monde un peu endogamique.
01:08Qu'est-ce qui va vraiment produire du résultat, en tout cas de la rentabilité sur capitaux employés ?
01:12Personne ne nie le fait que maintenant tout le monde utilise l'intelligence artificielle.
01:17Après, il faut simplement, quand on investit, avoir un retour sur capitaux employés.
01:21Et là, je pense que vu les valorisations et les performances récentes de certains titres,
01:24les 5 000 milliards de capitalisation boursière de Nvidia,
01:27il est temps, avant Noël, de prendre quelques profits,
01:31quitte à voir qui seront les gagnants et les perdants dans quelques mois, quelques années.
01:34Oui, il y a peut-être aussi un phénomène naturel de fin d'année, à savoir prendre ses gains.
01:38Bien sûr, évidemment.
01:40D'habitude, les marchés, ils aiment bien quand il y a une hausse des investissements.
01:42Là, dans la tech, ce que vous pensez, c'est qu'au contraire,
01:45ils vendraient les hausses d'investissement, par la suite, ils finiraient par s'en inquiéter.
01:48En revanche, ils seraient rassurés de voir les investissements ralentir.
01:51Les investissements, ce n'est pas une question qui soit élevée ou peu élevée.
01:56Il faut les financer, donc il faut les sources de financement,
01:58les histoires de communication sur la garantie publique, sur une IPO de 1 000 milliards.
02:02Alors, ça montre quand même que, un, quand on décide de faire des méga-IPOs,
02:07c'est que les marchés sont très hauts, que l'appétit encore des investisseurs est là
02:12pour absorber du papier, comme on dit dans le jargon.
02:15Et donc, c'est vrai que c'est un peu des signaux qui, chez nous, les boursiers,
02:18sont annonciateurs plutôt d'une prise de profit.
02:22Donc, ce n'est pas étonnant.
02:24Après, c'est un monde potentiellement très dangereux,
02:26parce que très pondéré partout, boursièrement, dans les indices,
02:29et notamment, même en Asie, où l'indice coréen est absolument extatique, je dirais.
02:35Donc, ça, c'est des moments de surchauffe un peu bullistiques dont il faut se méfier.
02:40Un de nos experts nous disait hier que l'intelligence artificielle, pour les États-Unis,
02:44ce sera peut-être comme le parc nucléaire.
02:46C'est-à-dire qu'un bijou de famille, un bijou de famille,
02:49qu'on sauvera si besoin, dans lequel on continuera d'investir,
02:51des montants par centaines de milliards, comme dans le nucléaire,
02:54parce que ce sera aussi stratégique.
02:56Oui, c'est sûr que c'est un des pans à côté de l'industrie militaire,
03:00de la puissance américaine, économiquement, mais pas uniquement,
03:03aussi du point de vue de l'influence.
03:06Donc, il est clair que c'est ce qui lui donne sa croissance.
03:10Deux tiers de la croissance du PIB sur les deux derniers trimestres vient de ce secteur, en fait.
03:14C'est pour ça qu'on ne peut pas ne pas s'en intéresser,
03:16mais ce n'est pas parce qu'un secteur est très important.
03:18Vous parlez de l'énergie nucléaire.
03:19En bourse, ce n'est pas quelque chose qui a énormément marché.
03:24Donc, comme à une époque, les valeurs vertes,
03:26qui étaient, elles aussi, très récipiendaires de gros investissements.
03:31Tiens, Cameco, justement, qui est un fournisseur d'uranium américain,
03:34côté à Wall Street, parle d'une dynamique de demande formidable.
03:37Cameco ouvre en petite baisse quand même, moins 2% en ce moment, Cameco.
03:41Et puis, en Chine, ce barrage en construction au Tibet,
03:43trois fois plus gros que le barrage des Trois Gorges,
03:46aussi, aussi, pas que, mais aussi pour nourrir l'intelligence artificielle.
03:49Est-ce que, compte tenu de ce que vous nous dites,
03:50et votre message, on le rappelle, c'est qu'il est temps d'arrêter
03:54d'investir dans l'IA, au moins momentanément.
03:57Est-ce que vous vous dites qu'il vaut mieux pour la suite
03:58investir du coup dans le S&P Equipondéré,
04:00bref, le reste, plutôt que dans le S&P normal ?
04:01Oui, ça, c'est quelque chose que, personnellement,
04:03nous, on avait déjà fait.
04:05On fait toujours trop tôt,
04:07et on perd un peu de performance,
04:09mais justement, pour ne pas exposer les clients
04:11trop à cette thématique,
04:13à cette intelligence artificielle,
04:15parce que, dans la tech, il y a des bonnes valeurs.
04:17La cybersécurité, c'est un sous-segment de la technologie
04:20qui est toujours prégnant et très intéressant.
04:23Donc, oui, je pense qu'aujourd'hui, c'est un peu le moment.
04:26Et quand je dis arrêter d'acheter,
04:27ce n'est pas non plus tout à fait similaire à dire vendre.
04:30C'est juste que les flux récents sur l'IA
04:33me paraissent excessifs aujourd'hui.
04:35Et ici, en Europe, les publications,
04:37on arrive aussi au terme.
04:38Hier soir, le dernier groupe du CAC 40 a publié,
04:40c'était Euronext.
04:41Euronext est en tête du CAC 40,
04:42plus 3, on en parlera dans un instant.
04:43On est au bout des publications.
04:45Quel bilan en tirez-vous ?
04:46Comme un peu d'habitude,
04:48c'est-à-dire que la moitié des entreprises européennes
04:50ont plutôt dépassé leurs attentes
04:51avec une prévision de bénéfices
04:53qui n'était pas aussi forte que les États-Unis.
04:55Et aux États-Unis, c'est presque plus des trois quarts
04:57qui ont dépassé leurs attentes.
04:58Notamment dans le secteur de la tech,
05:00on l'a vu avec Amazon,
05:01la très bonne réaction journalière après la publication.
05:05Donc, c'est un peu mitigé, je dirais,
05:07avec des secteurs ou des valeurs comme Legrand
05:09qui ont vraiment bien déçu.
05:11Et puis d'autres secteurs
05:12qui ont sous-performé depuis très longtemps
05:14et qui me donnent envie de revenir dessus,
05:17que ce soit la pharma, l'auto, par exemple,
05:20l'énergie, enfin, tout ce qui est lié au pétrole,
05:22au détriment de d'autres,
05:23comme les métaux précieux,
05:24qui, eux, un peu avec la vague de l'IA,
05:26ont beaucoup accompagné le mouvement boursier.
05:28Et du coup, vous dites la pharma, l'auto,
05:31quel serait le secteur sur lequel vous croiriez le plus
05:34pour cette fin d'année, le début de l'année ?
05:37Ah, fin d'année, moi, je n'investis pas sur un ou deux mois,
05:40mais je crois que, par exemple, la pharma,
05:41c'est vraiment quelque chose qui a sous-performé,
05:45dont personne ne veut.
05:46Donc, ça, c'est un secteur qu'on regarde.
05:49Dans la géographie, on aime bien l'Amérique latine
05:52qui a eu une année 2024 horrible et qui a rebondi.
05:54Et donc, on prend de la performance sur les valeurs tech,
05:58un peu les États-Unis, les métaux précieux.
06:00Pour la redistribuer.
06:01Un peu les banques aussi,
06:02parce que les banques européennes ont vraiment bien marché.
06:06Et voilà, c'est un peu un nettoyage de fin d'année.
06:10Ce n'est pas encore la grande stratégie sur les 6, 12, 18.
06:14On a bien entendu avec Antoine,
06:15vous disiez aussi être plutôt favorable sur le secteur auto
06:17parce que c'est juste un nettoyage de fin d'année
06:19ou c'est plus structuré le secteur auto ?
06:21Il me semble que la date de 2035 est, je pense, un gros tournant,
06:26que les constructeurs font le travail, même si c'est difficile.
06:30Et donc, les valeurs se sont ajustées.
06:32Bon, Stellantis n'a pas été forcément très bien accueilli,
06:35mais il y a de la valeur dans ces entreprises.
06:38Et puisqu'on y est là dans l'automobile,
06:401000 milliards de dollars, ce sera la rémunération d'Elon Musk,
06:43votée hier soir par les actionnaires de Tesla.
06:45C'est notre question du jour à nos auditeurs et téléspectateurs sur Excel.
06:47Indien, vous pouvez vous tous continuer de voter,
06:49nous laisser vos arguments en commentaire.
06:50On va rebondir dessus dans la suite de l'émission.
06:53Cette rémunération de 1000 milliards de dollars est-elle,
06:55c'est la question sur les réseaux, sensée ou complètement insensée ?
06:59Est-ce que c'est complètement insensé, vraiment 1000 milliards sur 10 ans ?
07:02Il y a des critères.
07:03Donc après, on peut mettre ce qu'on veut comme critères.
07:05S'ils sont accessibles, je pense que tous les actionnaires de Tesla
07:10seront contents que ça marche.
07:12Évidemment, après, je recite à l'errant,
07:14tout ce qui est excessif est insignifiant.
07:17On verra bien si ça a une signification.
07:19C'est très ambitieux.
07:20Après, tout ce qui touche à la sphère Musk
07:23et un peu l'intelligence artificielle, c'est vertigineux.
07:25Oui, et rarement insignifiant aussi.
07:27Non, tout à fait.
07:29Par exemple, dans les critères pour qu'il touche ces 1000 milliards de dollars,
07:32il faut que la capitalisation boursière de Tesla
07:34passe de 1400 actuellement à 8500 milliards.
07:378500 milliards en disant largement au-delà de la capille actuelle d'NVIDIA.
07:40Oui.
07:41En fait, ce que ça veut dire,
07:42c'est que si le dirigeant parvient à faire monter les agrégats opérationnels,
07:46le résultat est créé de la valeur.
07:47Il n'a pas de raison qu'il ne soit pas rémunéré.
07:49Et vu que c'est une accrétion de valeur gigantesque,
07:53il sera très bien rémunéré.
07:55Oui, oui.
07:55Parmi les autres conditions,
07:56Tesla devra réaliser 400 milliards de dollars de bénéfices par an.
08:00400 par an contre 4 milliards aujourd'hui.
08:02C'est x100 quand même.
08:04Alors, ça nécessite de rêver.
08:06C'est ça qui est intéressant,
08:07c'est que ça donne une forme d'échelle au rêve en quelques heures.
08:09On parle toujours du PER, là, une forme de PER rêve.
08:12C'est un auditeur qui dit...
08:13Oui, c'est bien dit.
08:14Et puis, c'est très américain.
08:15Et c'est aussi la différence entre ce pays et, je dirais, l'Europe.
08:20C'est qu'on a l'impression que tout est possible.
08:23Et même si ce n'est pas vrai, ça fait quand même avancer beaucoup de gens.
08:25Ça donne une échelle pour essayer de monter le plus haut possible.
08:28Le ciel, bon, c'est la promesse, peut-être pas.
08:30Mais voilà, intéressant, effectivement.
08:31In God we trust.
08:32In God we...
08:33Sur les dollars.
08:34Voilà, donc on monte au ciel.
08:36In Musk say trust.
08:37Merci beaucoup de nous avoir accompagnés aujourd'hui.
08:39Igor Demac, Vital, épargne Wall Street, est en baisse.
08:42Le CAC 46-03, on reviendra sur Euronext,
08:44qui progresse bien après sa publication.
08:46On parlera aussi de JC Deco, en revanche, qui recule, et d'Arkema.
08:49Arkema, parmi les valeurs les plus entourées, bien sûr,
08:51ce sera dans quelques minutes.
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