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  • il y a 3 mois
Ce mardi 21 octobre, Arnaud Tourlet, conseiller en gestion de patrimoine chez KMH, s'est penché sur les prises de risques inefficaces dans les marchés boursiers, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Il vient de nous rejoindre, Arnaud Tourlet. Bonjour Arnaud.
00:03Bonjour messieurs.
00:04Conseiller en gestion de patrimoine chez KMH.
00:08Vous allez, Arnaud, rendre votre verdict et le prononcer dans un instant en direct, ce moment, cet instant qu'on va vivre, ce verdict.
00:13Est-ce que vous l'assumez ?
00:14Bien sûr, totalement. Je l'assume. Je l'assume complètement.
00:19On vous écoute.
00:20Le risque ne paye pas en bourse.
00:23Hein ?
00:24Attendez là.
00:25Non mais la bourse, c'est un investissement risqué, plus à risque que l'immobilier, on a coutume de le dire.
00:32Et vous venez nous expliquer aujourd'hui, Arnaud, qu'en fait, c'est GP que vous êtes.
00:36Donc vous avez une vision panoramique sur l'ensemble des placements.
00:38C'est ça.
00:38Le risque en bourse, aujourd'hui, ne paye pas, ne paye plus.
00:41Ce n'est pas aujourd'hui. C'est depuis 10 ans, 15 ans, 20 ans.
00:44La prise de risque en bourse ne paye pas.
00:47Et je suis d'accord, c'est un peu étonnant parce qu'on n'a pas été éduqués comme ça.
00:51On a tous suivi des études, des cours, lu des livres sur l'investissement financier,
00:58avec des papes de l'investissement financier, notamment de la value.
01:01On ne parlait que de la value dans les années 70-80.
01:05Des Benjamin Graham, même des Warren Buffett, d'une certaine manière.
01:08Faire attention aux prix auxquels on achète les choses, il ne faut pas acheter cher, etc.
01:12La value, c'est le premier exemple.
01:14Vous savez bien que depuis 15 ans, la value ne fonctionne pas en bourse.
01:19par rapport à la croissance.
01:21Et pourtant, on n'achète pas cher.
01:22Et on pourrait se dire qu'on est en droit d'attendre plus de performance.
01:27Et bien, ça ne marche pas.
01:28Et pourtant, c'est plus risqué.
01:29Pourquoi ? Parce que la value, forcément, ce sont des secteurs matures, traditionnels.
01:33La finance, l'industrie lourde, les loisirs, plein de secteurs comme ça,
01:37où il n'y a pas d'innovation, les marges sont faibles.
01:40C'est plus risqué, par nature, et ça marche moins bien.
01:42C'est un premier exemple.
01:44Mais il y en a plein d'autres.
01:45Regardez les small caps.
01:46On a tendance à se dire qu'on va acheter des petites valeurs
01:50parce que le marché est moins efficient,
01:53parce qu'il y a peut-être un peu d'innovation,
01:54et puis ils sont moins chers.
01:56Depuis 10-15 ans, en bourse, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis,
01:59ça ne marche pas.
02:00Ça marche mieux cette année, quand même, les small caps.
02:01Ça marche un peu mieux.
02:02Il y a un petit réveil depuis le début de l'année.
02:04Mais sur le long terme, ça sous-performe.
02:06Allez, dernier exemple.
02:08Parce que je vois que vous n'êtes pas très convaincus.
02:10Les émergents.
02:12Il y a eu, vous vous souvenez,
02:13il y a eu une phase, on va dire,
02:16où les émergents étaient vraiment à la mode,
02:17où on avait inventé un acronyme, les BRICS.
02:20Et en effet, pendant quelques années, ça a bien marché.
02:23Mais regardez la performance des marchés émergents depuis 10 ans,
02:26par rapport aux Etats-Unis ou à l'Europe.
02:28Ce n'est pas bon.
02:29Alors qu'on prend plus de risques, on est d'accord.
02:30Il y a un risque pays, il y a un risque politique,
02:32il y a un risque de méconnaissance des entreprises.
02:35Et ça ne marche pas.
02:36Et à l'inverse, en face, les actifs qu'on pourrait qualifier de plan-plan,
02:40cartonnent.
02:41Les actifs, on va dire, les très grandes valeurs,
02:45super rentables, bien implantés,
02:47qui sont là depuis 50, 100 ans.
02:49Et c'est ça qui fonctionne le mieux.
02:52Saint-Gobain, 400 ans d'existence.
02:54C'est la plus vieille entreprise française, Saint-Gobain.
02:57Mais je ne pensais pas vraiment à Saint-Gobain,
02:59mais je pensais à des valeurs de fonds de portefeuille typiques
03:02que les épargnants français ont, comme Air Liquide, Essilor, L'Oréal, etc.
03:06C'est ça qui marche le mieux.
03:08Et aux Etats-Unis, c'est la même chose si on prend du Microsoft, du Apple.
03:11Vous en parliez tout à l'heure d'Apple.
03:13Eh bien, c'est ça.
03:14Ça, ça marche.
03:15Ce n'est pas la peine de prendre beaucoup de risques.
03:17On investit sur des boîtes qui sont très, très rentables,
03:20qui n'ont pas de dette, la plupart du temps,
03:23et qui innovent un peu, qui font de la croissance.
03:25Et c'est ça qui marche le mieux.
03:26Et alors, juste pour illustrer ce que vous nous dites,
03:28en bourse, dites-vous, c'est provocateur,
03:30mais c'est intéressant, justement.
03:31En bourse, dites-vous, le risque ne paye plus.
03:33Le point de risque ne paye plus.
03:35Cette année, l'or a plus progressé.
03:38L'or, vraiment, on en a plus progressé qu'NVIDIA.
03:41Plus 60% l'or, c'est plus qu'NVIDIA.
03:43Oui, c'est encore un autre exemple.
03:45L'or, c'est par définition l'actif refuge
03:48qu'on veut mettre dans un portefeuille
03:51pour se prémunir de crises et de moments difficiles.
03:55Et bien là, quelque part, c'est une anomalie aussi.
03:58C'est rare qu'on ait l'or qui progresse autant
04:01quand les marchés vont bien
04:02et font des plus hauts historiques tous les jours.
04:05Il y a quelque chose qui est un peu gênant,
04:07d'ailleurs, de ce côté-là.
04:08On pourra en parler peut-être une autre fois.
04:09Mais en effet, l'or,
04:11mais on peut parler sans prendre d'exemples aussi extrêmes
04:14d'actifs qui ont pris 50 ou 60% depuis le début de l'année,
04:17mais des actifs refuge typiques,
04:19comme le franc suisse ou le yen,
04:22ça, ça fonctionne.
04:23On ne prend pas de risques,
04:25on se réfugie dans ces devises fortes
04:27et ça prend de la valeur contre le dollar ou contre l'euro.
04:31Antoine ?
04:31Au milieu de ce monde changeant
04:36autour de l'appréciation du risque sur les marchés,
04:39qu'est-ce qui représente le risque
04:42entre marché américain et marché européen ?
04:46Lequel est le plus risqué ?
04:48Alors là, on a vraiment deux marchés
04:50qui n'ont vraiment rien à voir l'un avec l'autre.
04:51Ne serait-ce qu'en termes de composition
04:54des grands indices américains et européens.
04:57Mais est-ce que de Wall Street et de l'Europe,
05:01le risque est là où on croit finalement ?
05:02Lequel de ces deux marchés le plus risqué ?
05:04C'est la question d'Antoine, Arnaud.
05:06Est-ce qu'il faut choisir là ?
05:07Lequel vous semble le plus à risque ?
05:08Franchement, moi, je n'arrive pas à choisir.
05:10Aujourd'hui, je n'arrive pas à choisir.
05:12Pourquoi ?
05:12Parce que le marché américain
05:14est de facto le plus innovant
05:17et qui offre le plus de croissance.
05:20Mais il a quand même de gros, gros problèmes.
05:22Problème de diversification,
05:23de manque de diversification.
05:25Voilà les dix principales valeurs
05:27qui pèsent très, très lourd dans les indices.
05:29Et puis, problème de diversification sectorielle aussi.
05:32Parce que ça revient à ça.
05:32On a énormément de valeurs technologiques.
05:34Alors qu'en Europe, on est beaucoup plus diversifiés.
05:36On est bien moins cher, évidemment.
05:38C'est très, très compliqué de répondre à cette question.
05:41En plus, vous avez un risque de vise
05:42parce qu'on a tendance un peu à l'occulter.
05:45Mais OK, les marchés américains font des plus hauts.
05:47Mais si vous êtes européen
05:48et que vous avez acheté des actions américaines
05:49depuis le début de l'année,
05:49vous ne gagnez pas grand-chose.
05:51Vous perdez quasiment tout sur le dollar.
05:53C'est un risque en plus.
05:55Franchement, j'aimerais bien pouvoir vous dire
05:57que j'ai une conviction,
05:57je préfère les États-Unis ou l'Europe,
05:59mais aujourd'hui, je n'en ai pas.
06:00Oui, et parallèlement,
06:01l'Europe a progressé en moyenne 12% de hausse
06:03sur les indices européens.
06:04Certains indices du sud de l'Europe
06:05ont encore plus progressé.
06:06Alors que les perspectives de croissance de 2026
06:08restent très faibles en Europe
06:10et de bénéfices des entreprises aussi.
06:12Peut-être que le marché va un peu trop...
06:13Peut-être... Enfin, certains experts nous disent
06:14que ça va un petit peu trop vite en Europe.
06:16Autant aux États-Unis, on peut comprendre
06:17parce que vraiment,
06:18les entreprises continuent de nous étonner.
06:19Et même là, sur le début de la saison des publications,
06:21c'est incroyablement supérieur aux attentes régulièrement.
06:24Autant en Europe, peut-être que le marché est monté trop vite
06:26par rapport à ce qu'on peut espérer des entreprises.
06:28Oui, moi, je ne pense pas
06:30parce qu'en fait, on était tellement peu chers en Europe
06:33et tout le monde ne jurait que par les États-Unis
06:38jusqu'au mois de décembre dernier, en fait.
06:41Après l'élection de Trump,
06:42il y a eu encore une poussée de chèvre supplémentaire
06:44sur les marchés américains.
06:46Tout le monde ne jurait que par les marchés américains.
06:48Et donc, on avait un écart de performance
06:50et donc de valorisation
06:52qui était très, très grand entre Europe et États-Unis.
06:55Donc, en fait, ce qu'on voit là en Europe
06:56depuis le début de l'année,
06:57c'est un petit rattrapage en termes de valo
07:00qui est assez justifié
07:02parce que, quoi qu'on en dise,
07:04OK, il n'y a pas de croissance en Europe,
07:05il y a peu d'innovation,
07:06mais la situation économique
07:08n'est quand même pas si mauvaise que ça.
07:09Les taux de chômage sont super bas.
07:11Il y a un grand plan de relance en Allemagne
07:13qui n'a pas encore du tout commencé
07:14à porter ses fruits.
07:16Donc, ça, c'est quelque chose à venir.
07:18Et puis, on a une banque centrale
07:19qui a quand même pas mal baissé ses taux.
07:21Et qui doit encore les baisser.
07:22Elle est trop restrictive, la baissée de coût.
07:24On espère peut-être des bonnes surprises.
07:26Comment ça, trop restrictive ?
07:27Les taux, ils sont à 2%.
07:28Donc, après, moi, je veux bien
07:30qu'elle continue à les baisser,
07:31mais il faut garder des cartouches quand même.
07:33Il faut garder des munitions.
07:33En fait, c'est les Français qui se disent ça
07:35parce que comme l'inflation en France
07:36est assez inférieure à celle de nos voisins,
07:37parce qu'on a moins de croissance
07:38que l'Europe du Sud
07:39et elle est inférieure aussi en France
07:40l'inflation à celle de l'Allemagne,
07:41on se dit qu'elle pourrait plus baisser ses taux.
07:43Mais oui, mais les autres,
07:44ils ne le voient pas de cet oeil-là
07:45parce que l'inflation est un peu supérieure
07:46chez nos voisins.
07:47Le CAC est presque au record quand même.
07:49On va voir si on vit un record cet après-midi.
07:51On est à 20 points,
07:52pile 20 points du record historique du CAC 40.
07:54Il est en hausse de 0,4% cet après-midi.
07:57Et je voulais aussi vous faire part
08:03Afuera, il nous dit
08:04« Arrêtez de nous faire peur avec la tech américaine.
08:07Il n'y a pas de bulle.
08:08Les valorisations des géants du CAC 40
08:10sont souvent supérieures à celles des 7 magnifiques. »
08:12Et il a raison.
08:13La valorisation, le PE de Microsoft par exemple,
08:16donc le cours sur bénéfice estimé
08:17les 12 prochains mois de Microsoft,
08:18il est 33.
08:20Sur Hermès, c'est 44.
08:21Sur Essilor, c'est 38.
08:22Apple, 31.
08:2431, c'est Airbus.
08:2531 aussi.
08:25Donc, il n'y a pas tant d'excès de ça
08:27de valorisation, nous dit cet auditeur
08:28sur la tech américaine.
08:30Il a complètement raison.
08:31Sur les grands champions,
08:32que ce soit américains ou européens,
08:35puisqu'on pourrait rajouter
08:36plein d'autres exemples en Europe,
08:38mais les valos sont assez élevés.
08:40Dès qu'on achète de la très grande qualité,
08:43on paye assez cher.
08:44Que ce soit Essilor, que ce soit SML,
08:46que ce soit ADN, que ce soit SAP en Allemagne,
08:49on paye assez cher.
08:50Et parce que les gens ont besoin aussi
08:52de focaliser leurs investissements
08:54sur ce genre d'entreprises
08:56qui sortent vraiment du lot.
08:57Que ce soit en termes de capacité d'innovation,
08:59de CAPEX,
09:01de lancement de nouveaux produits,
09:03de prise de part de marché.
09:05Et donc, ça se paye.
09:05Ça se paye.
09:07Arnaud Tourlé avec nous.
09:07Il est conseiller en gestion de patrimoine
09:09pour KMH et spécialistes des marchés.
09:11Merci Arnaud d'être passé le voir.
09:12Merci beaucoup.
09:12Merci beaucoup.
09:12Merci beaucoup.
09:12Merci beaucoup,
09:13beaucoup.
09:14'
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