00:00Il vient de nous rejoindre, Arnaud Tourlet. Bonjour Arnaud.
00:03Bonjour messieurs.
00:04Conseiller en gestion de patrimoine chez KMH.
00:08Vous allez, Arnaud, rendre votre verdict et le prononcer dans un instant en direct, ce moment, cet instant qu'on va vivre, ce verdict.
00:13Est-ce que vous l'assumez ?
00:14Bien sûr, totalement. Je l'assume. Je l'assume complètement.
00:19On vous écoute.
00:20Le risque ne paye pas en bourse.
00:23Hein ?
00:24Attendez là.
00:25Non mais la bourse, c'est un investissement risqué, plus à risque que l'immobilier, on a coutume de le dire.
00:32Et vous venez nous expliquer aujourd'hui, Arnaud, qu'en fait, c'est GP que vous êtes.
00:36Donc vous avez une vision panoramique sur l'ensemble des placements.
00:38C'est ça.
00:38Le risque en bourse, aujourd'hui, ne paye pas, ne paye plus.
00:41Ce n'est pas aujourd'hui. C'est depuis 10 ans, 15 ans, 20 ans.
00:44La prise de risque en bourse ne paye pas.
00:47Et je suis d'accord, c'est un peu étonnant parce qu'on n'a pas été éduqués comme ça.
00:51On a tous suivi des études, des cours, lu des livres sur l'investissement financier,
00:58avec des papes de l'investissement financier, notamment de la value.
01:01On ne parlait que de la value dans les années 70-80.
01:05Des Benjamin Graham, même des Warren Buffett, d'une certaine manière.
01:08Faire attention aux prix auxquels on achète les choses, il ne faut pas acheter cher, etc.
01:12La value, c'est le premier exemple.
01:14Vous savez bien que depuis 15 ans, la value ne fonctionne pas en bourse.
01:19par rapport à la croissance.
01:21Et pourtant, on n'achète pas cher.
01:22Et on pourrait se dire qu'on est en droit d'attendre plus de performance.
01:27Et bien, ça ne marche pas.
01:28Et pourtant, c'est plus risqué.
01:29Pourquoi ? Parce que la value, forcément, ce sont des secteurs matures, traditionnels.
01:33La finance, l'industrie lourde, les loisirs, plein de secteurs comme ça,
01:37où il n'y a pas d'innovation, les marges sont faibles.
01:40C'est plus risqué, par nature, et ça marche moins bien.
01:42C'est un premier exemple.
01:44Mais il y en a plein d'autres.
01:45Regardez les small caps.
01:46On a tendance à se dire qu'on va acheter des petites valeurs
01:50parce que le marché est moins efficient,
01:53parce qu'il y a peut-être un peu d'innovation,
01:54et puis ils sont moins chers.
01:56Depuis 10-15 ans, en bourse, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis,
01:59ça ne marche pas.
02:00Ça marche mieux cette année, quand même, les small caps.
02:01Ça marche un peu mieux.
02:02Il y a un petit réveil depuis le début de l'année.
02:04Mais sur le long terme, ça sous-performe.
02:06Allez, dernier exemple.
02:08Parce que je vois que vous n'êtes pas très convaincus.
02:10Les émergents.
02:12Il y a eu, vous vous souvenez,
02:13il y a eu une phase, on va dire,
02:16où les émergents étaient vraiment à la mode,
02:17où on avait inventé un acronyme, les BRICS.
02:20Et en effet, pendant quelques années, ça a bien marché.
02:23Mais regardez la performance des marchés émergents depuis 10 ans,
02:26par rapport aux Etats-Unis ou à l'Europe.
02:28Ce n'est pas bon.
02:29Alors qu'on prend plus de risques, on est d'accord.
02:30Il y a un risque pays, il y a un risque politique,
02:32il y a un risque de méconnaissance des entreprises.
02:35Et ça ne marche pas.
02:36Et à l'inverse, en face, les actifs qu'on pourrait qualifier de plan-plan,
02:40cartonnent.
02:41Les actifs, on va dire, les très grandes valeurs,
02:45super rentables, bien implantés,
02:47qui sont là depuis 50, 100 ans.
02:49Et c'est ça qui fonctionne le mieux.
02:52Saint-Gobain, 400 ans d'existence.
02:54C'est la plus vieille entreprise française, Saint-Gobain.
02:57Mais je ne pensais pas vraiment à Saint-Gobain,
02:59mais je pensais à des valeurs de fonds de portefeuille typiques
03:02que les épargnants français ont, comme Air Liquide, Essilor, L'Oréal, etc.
03:06C'est ça qui marche le mieux.
03:08Et aux Etats-Unis, c'est la même chose si on prend du Microsoft, du Apple.
03:11Vous en parliez tout à l'heure d'Apple.
03:13Eh bien, c'est ça.
03:14Ça, ça marche.
03:15Ce n'est pas la peine de prendre beaucoup de risques.
03:17On investit sur des boîtes qui sont très, très rentables,
03:20qui n'ont pas de dette, la plupart du temps,
03:23et qui innovent un peu, qui font de la croissance.
03:25Et c'est ça qui marche le mieux.
03:26Et alors, juste pour illustrer ce que vous nous dites,
03:28en bourse, dites-vous, c'est provocateur,
03:30mais c'est intéressant, justement.
03:31En bourse, dites-vous, le risque ne paye plus.
03:33Le point de risque ne paye plus.
03:35Cette année, l'or a plus progressé.
03:38L'or, vraiment, on en a plus progressé qu'NVIDIA.
03:41Plus 60% l'or, c'est plus qu'NVIDIA.
03:43Oui, c'est encore un autre exemple.
03:45L'or, c'est par définition l'actif refuge
03:48qu'on veut mettre dans un portefeuille
03:51pour se prémunir de crises et de moments difficiles.
03:55Et bien là, quelque part, c'est une anomalie aussi.
03:58C'est rare qu'on ait l'or qui progresse autant
04:01quand les marchés vont bien
04:02et font des plus hauts historiques tous les jours.
04:05Il y a quelque chose qui est un peu gênant,
04:07d'ailleurs, de ce côté-là.
04:08On pourra en parler peut-être une autre fois.
04:09Mais en effet, l'or,
04:11mais on peut parler sans prendre d'exemples aussi extrêmes
04:14d'actifs qui ont pris 50 ou 60% depuis le début de l'année,
04:17mais des actifs refuge typiques,
04:19comme le franc suisse ou le yen,
04:22ça, ça fonctionne.
04:23On ne prend pas de risques,
04:25on se réfugie dans ces devises fortes
04:27et ça prend de la valeur contre le dollar ou contre l'euro.
04:31Antoine ?
04:31Au milieu de ce monde changeant
04:36autour de l'appréciation du risque sur les marchés,
04:39qu'est-ce qui représente le risque
04:42entre marché américain et marché européen ?
04:46Lequel est le plus risqué ?
04:48Alors là, on a vraiment deux marchés
04:50qui n'ont vraiment rien à voir l'un avec l'autre.
04:51Ne serait-ce qu'en termes de composition
04:54des grands indices américains et européens.
04:57Mais est-ce que de Wall Street et de l'Europe,
05:01le risque est là où on croit finalement ?
05:02Lequel de ces deux marchés le plus risqué ?
05:04C'est la question d'Antoine, Arnaud.
05:06Est-ce qu'il faut choisir là ?
05:07Lequel vous semble le plus à risque ?
05:08Franchement, moi, je n'arrive pas à choisir.
05:10Aujourd'hui, je n'arrive pas à choisir.
05:12Pourquoi ?
05:12Parce que le marché américain
05:14est de facto le plus innovant
05:17et qui offre le plus de croissance.
05:20Mais il a quand même de gros, gros problèmes.
05:22Problème de diversification,
05:23de manque de diversification.
05:25Voilà les dix principales valeurs
05:27qui pèsent très, très lourd dans les indices.
05:29Et puis, problème de diversification sectorielle aussi.
05:32Parce que ça revient à ça.
05:32On a énormément de valeurs technologiques.
05:34Alors qu'en Europe, on est beaucoup plus diversifiés.
05:36On est bien moins cher, évidemment.
05:38C'est très, très compliqué de répondre à cette question.
05:41En plus, vous avez un risque de vise
05:42parce qu'on a tendance un peu à l'occulter.
05:45Mais OK, les marchés américains font des plus hauts.
05:47Mais si vous êtes européen
05:48et que vous avez acheté des actions américaines
05:49depuis le début de l'année,
05:49vous ne gagnez pas grand-chose.
05:51Vous perdez quasiment tout sur le dollar.
05:53C'est un risque en plus.
05:55Franchement, j'aimerais bien pouvoir vous dire
05:57que j'ai une conviction,
05:57je préfère les États-Unis ou l'Europe,
05:59mais aujourd'hui, je n'en ai pas.
06:00Oui, et parallèlement,
06:01l'Europe a progressé en moyenne 12% de hausse
06:03sur les indices européens.
06:04Certains indices du sud de l'Europe
06:05ont encore plus progressé.
06:06Alors que les perspectives de croissance de 2026
06:08restent très faibles en Europe
06:10et de bénéfices des entreprises aussi.
06:12Peut-être que le marché va un peu trop...
06:13Peut-être... Enfin, certains experts nous disent
06:14que ça va un petit peu trop vite en Europe.
06:16Autant aux États-Unis, on peut comprendre
06:17parce que vraiment,
06:18les entreprises continuent de nous étonner.
06:19Et même là, sur le début de la saison des publications,
06:21c'est incroyablement supérieur aux attentes régulièrement.
06:24Autant en Europe, peut-être que le marché est monté trop vite
06:26par rapport à ce qu'on peut espérer des entreprises.
06:28Oui, moi, je ne pense pas
06:30parce qu'en fait, on était tellement peu chers en Europe
06:33et tout le monde ne jurait que par les États-Unis
06:38jusqu'au mois de décembre dernier, en fait.
06:41Après l'élection de Trump,
06:42il y a eu encore une poussée de chèvre supplémentaire
06:44sur les marchés américains.
06:46Tout le monde ne jurait que par les marchés américains.
06:48Et donc, on avait un écart de performance
06:50et donc de valorisation
06:52qui était très, très grand entre Europe et États-Unis.
06:55Donc, en fait, ce qu'on voit là en Europe
06:56depuis le début de l'année,
06:57c'est un petit rattrapage en termes de valo
07:00qui est assez justifié
07:02parce que, quoi qu'on en dise,
07:04OK, il n'y a pas de croissance en Europe,
07:05il y a peu d'innovation,
07:06mais la situation économique
07:08n'est quand même pas si mauvaise que ça.
07:09Les taux de chômage sont super bas.
07:11Il y a un grand plan de relance en Allemagne
07:13qui n'a pas encore du tout commencé
07:14à porter ses fruits.
07:16Donc, ça, c'est quelque chose à venir.
07:18Et puis, on a une banque centrale
07:19qui a quand même pas mal baissé ses taux.
07:21Et qui doit encore les baisser.
07:22Elle est trop restrictive, la baissée de coût.
07:24On espère peut-être des bonnes surprises.
07:26Comment ça, trop restrictive ?
07:27Les taux, ils sont à 2%.
07:28Donc, après, moi, je veux bien
07:30qu'elle continue à les baisser,
07:31mais il faut garder des cartouches quand même.
07:33Il faut garder des munitions.
07:33En fait, c'est les Français qui se disent ça
07:35parce que comme l'inflation en France
07:36est assez inférieure à celle de nos voisins,
07:37parce qu'on a moins de croissance
07:38que l'Europe du Sud
07:39et elle est inférieure aussi en France
07:40l'inflation à celle de l'Allemagne,
07:41on se dit qu'elle pourrait plus baisser ses taux.
07:43Mais oui, mais les autres,
07:44ils ne le voient pas de cet oeil-là
07:45parce que l'inflation est un peu supérieure
07:46chez nos voisins.
07:47Le CAC est presque au record quand même.
07:49On va voir si on vit un record cet après-midi.
07:51On est à 20 points,
07:52pile 20 points du record historique du CAC 40.
07:54Il est en hausse de 0,4% cet après-midi.
07:57Et je voulais aussi vous faire part
08:03Afuera, il nous dit
08:04« Arrêtez de nous faire peur avec la tech américaine.
08:07Il n'y a pas de bulle.
08:08Les valorisations des géants du CAC 40
08:10sont souvent supérieures à celles des 7 magnifiques. »
08:12Et il a raison.
08:13La valorisation, le PE de Microsoft par exemple,
08:16donc le cours sur bénéfice estimé
08:17les 12 prochains mois de Microsoft,
08:18il est 33.
08:20Sur Hermès, c'est 44.
08:21Sur Essilor, c'est 38.
08:22Apple, 31.
08:2431, c'est Airbus.
08:2531 aussi.
08:25Donc, il n'y a pas tant d'excès de ça
08:27de valorisation, nous dit cet auditeur
08:28sur la tech américaine.
08:30Il a complètement raison.
08:31Sur les grands champions,
08:32que ce soit américains ou européens,
08:35puisqu'on pourrait rajouter
08:36plein d'autres exemples en Europe,
08:38mais les valos sont assez élevés.
08:40Dès qu'on achète de la très grande qualité,
08:43on paye assez cher.
08:44Que ce soit Essilor, que ce soit SML,
08:46que ce soit ADN, que ce soit SAP en Allemagne,
08:49on paye assez cher.
08:50Et parce que les gens ont besoin aussi
08:52de focaliser leurs investissements
08:54sur ce genre d'entreprises
08:56qui sortent vraiment du lot.
08:57Que ce soit en termes de capacité d'innovation,
08:59de CAPEX,
09:01de lancement de nouveaux produits,
09:03de prise de part de marché.
09:05Et donc, ça se paye.
09:05Ça se paye.
09:07Arnaud Tourlé avec nous.
09:07Il est conseiller en gestion de patrimoine
09:09pour KMH et spécialistes des marchés.
09:11Merci Arnaud d'être passé le voir.
09:12Merci beaucoup.
09:12Merci beaucoup.
09:12Merci beaucoup.
09:12Merci beaucoup,
09:13beaucoup.
09:14'
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