00:00Il nous rejoint justement, Franklin Pichard.
00:02Bonjour Franklin.
00:03Bonjour Guillaume.
00:03Directeur général de Kipling Finance, vous allez rendre votre sentence face au marché.
00:08Votre sentence sera-t-elle irrévocable ?
00:12Oui Guillaume, elle est irrévocable.
00:14Alors on l'écoute cette sentence, Franklin Pichard.
00:17J'estime que le secteur bancaire, le troisième poids du CAC 40, n'est pas à vendre.
00:25Et bien au contraire même.
00:26Oh !
00:30Le secteur bancaire, même si le secteur recule depuis quelques jours,
00:33pour vous n'est pas à vendre, bien au contraire.
00:35C'est-à-dire que les gens s'allègent à mesure qu'on s'approche du 8 septembre de la chute du gouvernement.
00:38Et à vos yeux, les gens ont tort.
00:41Oui, je pense que l'approche des investisseurs dans l'immédiat est avant tout émotionnelle.
00:48C'est une réaction très très court-termiste qui se décorèle du long terme
00:54et des perspectives du secteur au-delà de 12-18 mois.
00:58Si on veut échapper au très court terme.
01:01Les positions qui sont prises aujourd'hui sont difficilement explicables.
01:05Elles peuvent s'expliquer par le très beau rallye du secteur depuis le début de l'année.
01:09Le secteur bancaire européen a progressé de 40% depuis janvier.
01:17Il est dans ces conditions-là plus facile de prendre ses bénéfices.
01:23Néanmoins, toutes sortes d'éléments restent favorables au secteur.
01:28On peut énumérer aussi une liste à l'après-verre sur les raisons qui pourraient et qui poussent certains investisseurs à vendre.
01:36Mais on a tout autant d'éléments pour rester positionnés,
01:39voire même ceux qui ont vendu, de racheter et ceux qui n'en ont pas également de prendre des positions.
01:44Vous allez nous présenter ces éléments.
01:45Mais quand même, on a un marché obligataire français qui se tend.
01:48Aujourd'hui, le 10 ans français, Antoine, est à quasiment 3,6.
01:51C'est ça le 10 ans français ?
01:52On est à la porte du niveau symbolique.
01:54On ne veut pas franchir le cap, mais 3,59.
01:57Tout à l'heure, il y a encore quelques minutes.
01:59Le 30 ans français, lui, est sur des plus hauts de 2011.
02:02Les banques françaises sont particulièrement exposées à ces mouvements sur le marché obligataire.
02:06Et plus les rendements des obligations montent, plus leurs valeurs faciales, nominales, elles baissent.
02:10Donc, ce n'est quand même pas bon, ça, Franck.
02:12Oui, alors quand vous regardez les analyses des grandes maisons,
02:15Deutsche Bank, UBS, Jeffrey et compagnie,
02:18eux, considèrent que même avec ce contexte que vous évoquez,
02:23les banques françaises sont bien armées,
02:25elles sont bien structurées,
02:27elles sont solidement capitalisées
02:29et elles peuvent faire face et digérer ce mouvement de hausse.
02:37Et la rentabilité qu'on peut attendre à 3, 4, 5 ans de banques
02:45comme la Société Générale ou la BNP,
02:48reste toujours sur un train très fortement haussier,
02:52malgré les événements politiques français,
02:56hausse des taux en France.
02:57Et surtout, si vous prenez la BNP,
02:59la BNP est vraiment mondiale aujourd'hui,
03:01est moins exposée à ce risque de hausse des taux en France,
03:06à proprement parler.
03:07La France, pour la BNP, c'est un village.
03:09Et aujourd'hui, le raisonnement qu'ont les analystes et les stratégistes,
03:16c'est bien au-delà de notre simple pays.
03:20Donc, premier argument pour relativiser la baisse du secteur bancaire
03:22depuis quelques jours.
03:23Vous en avez d'autres, des arguments,
03:24pour affirmer qu'on est peut-être en train de voir un point d'entrée se former,
03:28même si le gouvernement devait chuter lundi ?
03:30Oui, alors, je vous l'ai évoqué.
03:33Les analyses qui voient les perspectives de rentabilité de ces groupes
03:39restent très, très haussiers,
03:41avec des marges qui peuvent aller,
03:43des rentabilités qui sont à peu près,
03:45pour Société Générale, de 8, à peu près 8 % aujourd'hui,
03:49mais avec des prévisions à 2028 autour de 11,5.
03:53C'est le niveau auquel on est sur BNP qui est déjà très solide,
03:57avec également, là aussi, pour les raisons qu'on vient d'évoquer,
04:01pas d'inquiétude majeure sur la politique intérieure française qui milite.
04:07Mais les banques françaises n'ont pas été les seules à baisser.
04:11Ça a été le cas de Commerce Bank, ça a été le cas de NatWest,
04:14ça a été le cas de Citbank en Europe.
04:17Donc, les banques en général ont corrigé,
04:22mais beaucoup considèrent qu'aujourd'hui,
04:25ça peut être une opportunité dans les values
04:28de pondérer les valeurs bancaires.
04:32Et alors, est-ce que chez Kipling,
04:33avant même la probable chute du gouvernement de lundi prochain,
04:36vous avez commencé à racheter le secteur bancaire ?
04:38Alors non, non.
04:39Typiquement, on est dans une semaine de flottement.
04:42On va voir l'issue.
04:43Alors, tout le monde vous dit que toutes les nouvelles sont dans les cours,
04:46la destitution est dans les cours.
04:48On le sait, il y a un effet psychologique.
04:50que si François Béroud est démis,
04:53les marchés auront à ce moment-là un vote sanction à leur tour
04:59sur la politique économique et les perspectives court terme
05:03de ce qui se passera en France.
05:05On le sait, les marchés n'aiment pas ces incertitudes.
05:08Le temps de trouver un Premier ministre,
05:10le temps d'avoir une déclaration de politique générale, etc.
05:14Toute cette période de flottement ne sera pas en faveur
05:17des actions françaises et du secteur bancaire en particulier.
05:20Mais on est déjà dans le coup d'après.
05:23Ce n'est pas le moment de rentrer, certainement pas aujourd'hui ni demain.
05:27À partir du neuf, on va commencer à regarder comment les marchés internationaux
05:31vont gérer cette crise politique qui sera dans un deuxième effet
05:38qui se colle une crise économique, vraisemblablement,
05:40et un défi pour la France.
05:43Et ce sont ces périodes-là qu'on mettra à profit,
05:47vraisemblablement, pour se pencher sur ces titres.
05:49Mais même aujourd'hui, si je regarde les objectifs de cours d'UBS
05:54sur une société générale, par exemple,
05:57UBS, Deutsche Bank et autres,
05:59les cours de Société Générale est à 52.
06:02UBS et Deutsche Bank ont des objectifs de cours à 62-63.
06:06Sur BNP, les objectifs de cours des grands brokers
06:10sont pour certains, en tout cas, autour de 92 euros.
06:14Donc, on a un potentiel d'appréciation encore de l'ordre de 20%.
06:18Jeudi, la France va passer un test sur le marché de la dette.
06:20Elle doit émettre 9,5 milliards à 11 milliards d'euros.
06:23Enfin, un relatif test, parce qu'en réalité,
06:25la France a quasiment bouclé son programme de refinancement de l'année.
06:28Elle a déjà réalisé 80% de son programme.
06:30Elle est en avance, d'ailleurs, sur les autres années.
06:32Mais ce sera quand même un test intéressant à surveiller,
06:34cette adjudication autour de 10 milliards d'euros qui aura lieu jeudi.
06:39Par rapport à avant l'été, qu'est-ce que vous bougez dans les allocations de cette rentrée ?
06:43Quelles sont les grandes différences dans le marché,
06:45dans vos choix d'investissement par rapport à avant l'été ?
06:48Entre avant l'été et avant l'été, et après l'été, beaucoup de choses ont changé.
06:52Avant, on était très US.
06:54Et puis aujourd'hui, avant l'été, c'est les US qui continuaient de dominer avec la tech.
07:00Et puis l'Europe était décotée.
07:03On a eu ce très beau comportement des marchés européens qui ont surperformé au cours de l'été,
07:11européens, plus 10, plus 12%, alors que les marchés, jusqu'au moins d'août,
07:16les marchés américains contre-performaient notoirement pendant cette période-là.
07:20On a vu arriver dans le courant de l'été des flux de la part des ETF qui ont lâché un peu les méga capitalisations US
07:33et qui sont revenus sur la banque, sur l'énergie, sur l'industrie et les values européennes.
07:40Donc on a eu un vrai changement d'orientation de gestion des grandes maisons.
07:46Et maintenant, Franklin, vous faites quoi alors ? Par rapport à avant l'été, vous, quand vous mettez les mains dans le cambouis,
07:51qu'est-ce qui, dans ce cambouis, dans vos choix d'investissement, diffère d'avant l'été ?
07:55Eh bien, on considère que l'Europe continue d'avoir un potentiel, un potentiel réel sur les États-Unis.
08:03Typiquement, quand on parle avec les investisseurs, ils ne veulent quand même pas sortir des États-Unis.
08:08Ils sont dans le coup d'après, le moment où les États-Unis vont commencer à baisser les taux.
08:12et ce sera un effet de soutien au marché indéniable.
08:16Donc on garde une poche US, mais les stratégistes que nous écoutons sont véritablement toujours très positifs
08:26sur le potentiel d'appréciation compte tenu de sa sous-valorisation sur la zone européenne.
08:34Franklin Pichard avec nous aujourd'hui pour Kipling Finance.
08:37Merci Franklin d'être passé nous voir.
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