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  • il y a 4 mois
Ce mardi 2 septembre, Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finance, s'est penché sur le secteur bancaire français et ses opportunités d'investissement en tant que troisième poids du CAC 40 malgré l'incertitude politique actuelle, ainsi que les grandes différences de la rentrée dans le marché boursier et dans les choix d'investissement par rapport à l'avant-été 2025, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Il nous rejoint justement, Franklin Pichard.
00:02Bonjour Franklin.
00:03Bonjour Guillaume.
00:03Directeur général de Kipling Finance, vous allez rendre votre sentence face au marché.
00:08Votre sentence sera-t-elle irrévocable ?
00:12Oui Guillaume, elle est irrévocable.
00:14Alors on l'écoute cette sentence, Franklin Pichard.
00:17J'estime que le secteur bancaire, le troisième poids du CAC 40, n'est pas à vendre.
00:25Et bien au contraire même.
00:26Oh !
00:30Le secteur bancaire, même si le secteur recule depuis quelques jours,
00:33pour vous n'est pas à vendre, bien au contraire.
00:35C'est-à-dire que les gens s'allègent à mesure qu'on s'approche du 8 septembre de la chute du gouvernement.
00:38Et à vos yeux, les gens ont tort.
00:41Oui, je pense que l'approche des investisseurs dans l'immédiat est avant tout émotionnelle.
00:48C'est une réaction très très court-termiste qui se décorèle du long terme
00:54et des perspectives du secteur au-delà de 12-18 mois.
00:58Si on veut échapper au très court terme.
01:01Les positions qui sont prises aujourd'hui sont difficilement explicables.
01:05Elles peuvent s'expliquer par le très beau rallye du secteur depuis le début de l'année.
01:09Le secteur bancaire européen a progressé de 40% depuis janvier.
01:17Il est dans ces conditions-là plus facile de prendre ses bénéfices.
01:23Néanmoins, toutes sortes d'éléments restent favorables au secteur.
01:28On peut énumérer aussi une liste à l'après-verre sur les raisons qui pourraient et qui poussent certains investisseurs à vendre.
01:36Mais on a tout autant d'éléments pour rester positionnés,
01:39voire même ceux qui ont vendu, de racheter et ceux qui n'en ont pas également de prendre des positions.
01:44Vous allez nous présenter ces éléments.
01:45Mais quand même, on a un marché obligataire français qui se tend.
01:48Aujourd'hui, le 10 ans français, Antoine, est à quasiment 3,6.
01:51C'est ça le 10 ans français ?
01:52On est à la porte du niveau symbolique.
01:54On ne veut pas franchir le cap, mais 3,59.
01:57Tout à l'heure, il y a encore quelques minutes.
01:59Le 30 ans français, lui, est sur des plus hauts de 2011.
02:02Les banques françaises sont particulièrement exposées à ces mouvements sur le marché obligataire.
02:06Et plus les rendements des obligations montent, plus leurs valeurs faciales, nominales, elles baissent.
02:10Donc, ce n'est quand même pas bon, ça, Franck.
02:12Oui, alors quand vous regardez les analyses des grandes maisons,
02:15Deutsche Bank, UBS, Jeffrey et compagnie,
02:18eux, considèrent que même avec ce contexte que vous évoquez,
02:23les banques françaises sont bien armées,
02:25elles sont bien structurées,
02:27elles sont solidement capitalisées
02:29et elles peuvent faire face et digérer ce mouvement de hausse.
02:37Et la rentabilité qu'on peut attendre à 3, 4, 5 ans de banques
02:45comme la Société Générale ou la BNP,
02:48reste toujours sur un train très fortement haussier,
02:52malgré les événements politiques français,
02:56hausse des taux en France.
02:57Et surtout, si vous prenez la BNP,
02:59la BNP est vraiment mondiale aujourd'hui,
03:01est moins exposée à ce risque de hausse des taux en France,
03:06à proprement parler.
03:07La France, pour la BNP, c'est un village.
03:09Et aujourd'hui, le raisonnement qu'ont les analystes et les stratégistes,
03:16c'est bien au-delà de notre simple pays.
03:20Donc, premier argument pour relativiser la baisse du secteur bancaire
03:22depuis quelques jours.
03:23Vous en avez d'autres, des arguments,
03:24pour affirmer qu'on est peut-être en train de voir un point d'entrée se former,
03:28même si le gouvernement devait chuter lundi ?
03:30Oui, alors, je vous l'ai évoqué.
03:33Les analyses qui voient les perspectives de rentabilité de ces groupes
03:39restent très, très haussiers,
03:41avec des marges qui peuvent aller,
03:43des rentabilités qui sont à peu près,
03:45pour Société Générale, de 8, à peu près 8 % aujourd'hui,
03:49mais avec des prévisions à 2028 autour de 11,5.
03:53C'est le niveau auquel on est sur BNP qui est déjà très solide,
03:57avec également, là aussi, pour les raisons qu'on vient d'évoquer,
04:01pas d'inquiétude majeure sur la politique intérieure française qui milite.
04:07Mais les banques françaises n'ont pas été les seules à baisser.
04:11Ça a été le cas de Commerce Bank, ça a été le cas de NatWest,
04:14ça a été le cas de Citbank en Europe.
04:17Donc, les banques en général ont corrigé,
04:22mais beaucoup considèrent qu'aujourd'hui,
04:25ça peut être une opportunité dans les values
04:28de pondérer les valeurs bancaires.
04:32Et alors, est-ce que chez Kipling,
04:33avant même la probable chute du gouvernement de lundi prochain,
04:36vous avez commencé à racheter le secteur bancaire ?
04:38Alors non, non.
04:39Typiquement, on est dans une semaine de flottement.
04:42On va voir l'issue.
04:43Alors, tout le monde vous dit que toutes les nouvelles sont dans les cours,
04:46la destitution est dans les cours.
04:48On le sait, il y a un effet psychologique.
04:50que si François Béroud est démis,
04:53les marchés auront à ce moment-là un vote sanction à leur tour
04:59sur la politique économique et les perspectives court terme
05:03de ce qui se passera en France.
05:05On le sait, les marchés n'aiment pas ces incertitudes.
05:08Le temps de trouver un Premier ministre,
05:10le temps d'avoir une déclaration de politique générale, etc.
05:14Toute cette période de flottement ne sera pas en faveur
05:17des actions françaises et du secteur bancaire en particulier.
05:20Mais on est déjà dans le coup d'après.
05:23Ce n'est pas le moment de rentrer, certainement pas aujourd'hui ni demain.
05:27À partir du neuf, on va commencer à regarder comment les marchés internationaux
05:31vont gérer cette crise politique qui sera dans un deuxième effet
05:38qui se colle une crise économique, vraisemblablement,
05:40et un défi pour la France.
05:43Et ce sont ces périodes-là qu'on mettra à profit,
05:47vraisemblablement, pour se pencher sur ces titres.
05:49Mais même aujourd'hui, si je regarde les objectifs de cours d'UBS
05:54sur une société générale, par exemple,
05:57UBS, Deutsche Bank et autres,
05:59les cours de Société Générale est à 52.
06:02UBS et Deutsche Bank ont des objectifs de cours à 62-63.
06:06Sur BNP, les objectifs de cours des grands brokers
06:10sont pour certains, en tout cas, autour de 92 euros.
06:14Donc, on a un potentiel d'appréciation encore de l'ordre de 20%.
06:18Jeudi, la France va passer un test sur le marché de la dette.
06:20Elle doit émettre 9,5 milliards à 11 milliards d'euros.
06:23Enfin, un relatif test, parce qu'en réalité,
06:25la France a quasiment bouclé son programme de refinancement de l'année.
06:28Elle a déjà réalisé 80% de son programme.
06:30Elle est en avance, d'ailleurs, sur les autres années.
06:32Mais ce sera quand même un test intéressant à surveiller,
06:34cette adjudication autour de 10 milliards d'euros qui aura lieu jeudi.
06:39Par rapport à avant l'été, qu'est-ce que vous bougez dans les allocations de cette rentrée ?
06:43Quelles sont les grandes différences dans le marché,
06:45dans vos choix d'investissement par rapport à avant l'été ?
06:48Entre avant l'été et avant l'été, et après l'été, beaucoup de choses ont changé.
06:52Avant, on était très US.
06:54Et puis aujourd'hui, avant l'été, c'est les US qui continuaient de dominer avec la tech.
07:00Et puis l'Europe était décotée.
07:03On a eu ce très beau comportement des marchés européens qui ont surperformé au cours de l'été,
07:11européens, plus 10, plus 12%, alors que les marchés, jusqu'au moins d'août,
07:16les marchés américains contre-performaient notoirement pendant cette période-là.
07:20On a vu arriver dans le courant de l'été des flux de la part des ETF qui ont lâché un peu les méga capitalisations US
07:33et qui sont revenus sur la banque, sur l'énergie, sur l'industrie et les values européennes.
07:40Donc on a eu un vrai changement d'orientation de gestion des grandes maisons.
07:46Et maintenant, Franklin, vous faites quoi alors ? Par rapport à avant l'été, vous, quand vous mettez les mains dans le cambouis,
07:51qu'est-ce qui, dans ce cambouis, dans vos choix d'investissement, diffère d'avant l'été ?
07:55Eh bien, on considère que l'Europe continue d'avoir un potentiel, un potentiel réel sur les États-Unis.
08:03Typiquement, quand on parle avec les investisseurs, ils ne veulent quand même pas sortir des États-Unis.
08:08Ils sont dans le coup d'après, le moment où les États-Unis vont commencer à baisser les taux.
08:12et ce sera un effet de soutien au marché indéniable.
08:16Donc on garde une poche US, mais les stratégistes que nous écoutons sont véritablement toujours très positifs
08:26sur le potentiel d'appréciation compte tenu de sa sous-valorisation sur la zone européenne.
08:34Franklin Pichard avec nous aujourd'hui pour Kipling Finance.
08:37Merci Franklin d'être passé nous voir.
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