- il y a 2 mois
Chaque jour, Marc Fauvelle vous accompagne de 19h à 20h dans 60 minutes Fauvelle sur BFMTV.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Est-ce un renoncement ou une victoire ? Peut-être même les deux à la fois. En tout cas, les députés ont donc voté assez largement cet après-midi.
00:16La suspension de la réforme des retraites d'Elisabeth Borne, elle devrait être mise en mode pause jusqu'à janvier 2028.
00:24Pas Elisabeth Borne, sa réforme. Alors fallait-il sacrifier cette réforme des retraites pour tenter de sortir de l'impasse politique ?
00:29Et à quel prix ? C'est notre débat ce soir dans 60 minutes.
00:33Pour en parler à cette table, j'ai le plaisir d'accueillir Virginie Calmel, présidente de Croissance Plus.
00:37Bonsoir Croissance Plus.
00:38Bonsoir.
00:39Mouvement entrepreneurial patronal qui regroupe plus de 500 entreprises.
00:42A vos côtés Mathieu Plann, économiste, directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFCE.
00:47Bonsoir. Bienvenue également.
00:49Thomas Cazenave, ancien ministre des comptes publics. Bonsoir.
00:51Bonsoir.
00:52Député macroniste de Gironde. On peut encore dire macroniste ?
00:55C'est correct.
00:56C'est correct. Très bien.
00:57Alain Duhamel, éditorialiste politique à BFM TV, est avec nous ce soir et j'en suis ravi.
01:02Bonsoir à vous.
01:03Bonsoir.
01:03Alain, on va commencer avec vous, si vous voulez bien.
01:06Pour Emmanuel Macron, quel est le nom, le titre de cette journée ?
01:10C'est la journée du renoncement ?
01:12C'est la journée du pisalet.
01:13Ça n'est pas une bonne nouvelle économique, c'est une petite nouvelle sociale et ça n'est pas une bonne nouvelle politique.
01:24Ça signifie quand même que la plus grande réforme qu'il a voulu depuis qu'il est entré à l'Elysée est mise en pause.
01:31C'est une défaite.
01:34Ça veut dire que dans ces circonstances, on fait passer la stabilité politique toute relative avant d'autres préoccupations économiques, financières.
01:47Alors, il y a un aspect social positif, évidemment.
01:51Je comprends ce que doivent ressentir ceux qui vont se dire, je partirai trois ou six mois plus tôt, même si ça ne va pas être instantané.
02:01Tant mieux pour eux, je veux dire, si c'est ce qu'ils souhaitent ou si c'est ce dont ils ont besoin aussi, peut-être.
02:07Bon, mais sur le fond, pour Emmanuel Macron, c'est quand même une dépossession politique.
02:15C'est quand même sa réforme emblématique.
02:18Bon, et pour ce gouvernement, c'est une course de haie, tout le monde le sait.
02:26La plupart des gens pensent que le cornu va se prendre les pieds dans la première haie, la deuxième.
02:33Ben voilà, il en a passé deux.
02:36Il en reste quelques-unes encore, comme dans un fond du même.
02:38Il en restera une par semaine, ça, il n'y a aucun doute.
02:42Mais c'est déjà plus que ce que la plupart pronostiquaient.
02:45Thomas Cazenaf, votre groupe s'est abstenu dans sa quasi-totalité.
02:51Aujourd'hui, honnêtement, vous êtes allé comment à l'Assemblée ce matin avec des semelles de plomb ?
02:54Non, mais on a porté cette réforme.
02:58Donc là, on n'a pas soutenu la suspension, mais on a accepté de s'abstenir.
03:01Pourquoi ?
03:02Vous avez accepté votre défaite ?
03:03Non, on a accepté de donner de la stabilité au pays.
03:06Je crois que c'est ça, le sens de notre abstention.
03:08C'était la condition mise par les socialistes pour qu'il n'y ait pas de censure de Sébastien Lecornu.
03:13Et donc, on replonge de nouveau dans l'incertitude que nous n'ayons pas de budget avant la fin de l'année.
03:19Et on sait que c'est terrible pour les entreprises, pour les Françaises et les Français, les élus locaux.
03:24Donc, le prix de la stabilité, du compromis, c'était la suspension de la réforme.
03:29Et moi, je crois qu'on y reviendra.
03:31Tout commence.
03:32Parce qu'une fois qu'on a suspendu la réforme des retraites, reste quand même sur la table la question demain de son financement,
03:38la question de cette réforme.
03:39Et nous avons commencé à faire des propositions en disant, et maintenant, que faisons-nous ?
03:43J'essaye de me mettre dans la tête d'un électeur qui a voté Emmanuel Macron, peut-être même deux fois,
03:48qui vous a élu d'ailleurs aux législatives, quand vous allez aller faire le marché en Gironde,
03:52chez vous ce week-end. Je ne sais pas s'il y a une pause de l'Assemblée, mais je crois que oui.
03:55Est-ce que vous allez vous faire féliciter ou engueuler par les électeurs ?
03:58Moi, la plupart des électeurs que je rencontre sur le terrain, ils m'ont dit,
04:02trouvez un accord, parce qu'il faut de la stabilité pour notre pays.
04:05Trouvez un accord.
04:06Donc, les mêmes qui ont voté pour cette réforme, indirectement.
04:09Parce qu'ils ont vécu la période censure de Michel Barnier, une fin d'année sans budget,
04:15une incertitude, le sentiment d'être plongé dans un chaos terrible.
04:18Et ils nous le disent de manière très claire.
04:20Mais entendez-vous, dans l'hémicycle, entendez-vous.
04:23Et si le prix de cette stabilité, de cet accord trouvé entre les socialistes et Sébastien Lecornu,
04:28c'est la suspension de la réforme des retraites, très bien.
04:31En revanche, la question demeure.
04:33La question du financement du régime de retraite est la question, notamment, de notre avenir.
04:38Et moi, je considère, avec Gabriel Attal, qu'il faut qu'on remette sur la table un certain nombre de propositions.
04:43Et on aura peut-être l'occasion d'en parler tout à l'heure, le retour de la réforme à point enterrée il y a quelques années par un certain Édouard Philippe.
04:51Je voudrais qu'on aille faire un tour du côté de l'Assemblée nationale pour retrouver l'un de vos collègues députés, lui aussi,
04:57mais sur les bancs du Parti Socialiste, c'est Philippe Brun.
04:59Bonsoir, M. Brun.
05:00Vous avez été, pendant cette bataille du budget, l'un des négociateurs du PS pour arracher cette suspension.
05:07C'est quoi le message ce soir ? On a gagné.
05:08En tout cas, c'est une belle victoire.
05:13Ce qu'on constate, c'est que notre détermination à payer, que nous avons obtenue,
05:18ce que 10 millions de Français ont demandé dans la rue au mois de février, de mars 2023,
05:24la suspension et en vérité l'abrogation de la réforme Borne.
05:27Puisqu'aujourd'hui, ce que nous savons, c'est qu'y compris ceux qui l'ont voté,
05:30M. Attal, M. Philippe, disent qu'en 2027, 2028, ils souhaitent un nouveau système.
05:35Et donc, c'est la fin de cette réforme injuste qui faisait travailler deux ans de plus des gens
05:40qui avaient commencé à travailler tôt et qui exerçaient les métiers les plus pénibles.
05:44Et c'est aussi donner sa chance à un nouveau système que nous allons proposer, nous aussi, les socialistes,
05:48et qui va permettre de prendre en compte davantage la pénibilité, ce que ne permettait pas la réforme Borne.
05:54On a été extrêmement patient, on a été déterminés et c'est une belle victoire.
05:59Philippe Brun, vous avez entendu tout à l'heure les mots de l'insoumis.
06:01Emmanuel Bompard, qui sera d'ailleurs notre invité dans quelques minutes, disant que c'est de la compromission ce que fait le parti socialiste.
06:08On a entendu d'autres partis ces dernières semaines dire qu'Olivier Faure était même le premier ministre bis.
06:12Qu'est-ce que vous répondez à tout ça ?
06:15Moi, je dis à Emmanuel Bompard pour qui il se bat.
06:19La politique du tout ou rien, c'est la politique du rien du tout.
06:22Emmanuel Bompard, il a voté contre le rétablissement de l'ISF.
06:26Il a voté contre la hausse de la taxation du capital.
06:30Et maintenant, il vote contre la suspension de la réforme des retraites.
06:34Qui défend ? Que défend Emmanuel Bompard ?
06:36Il ne défend pas les ouvriers et les employés.
06:38Il ne défend pas les gens à qui on a volé deux années de vie et qui ont exercé les métiers les plus pénibles et qui sont cassés
06:43et qui devaient partir génération 64 et 65 à 64 ans.
06:48Ce n'est pas eux qui défend aujourd'hui.
06:49Il défend le tout ou rien.
06:50Eh bien, le tout ou rien, c'est le rien du tout.
06:52Merci beaucoup, Philippe Brun.
06:54Virginie Calmetz, je vous voyais lever les yeux au ciel il y a quelques instants en écoutant Philippe Brun.
06:58Pourquoi ?
06:59Je n'ai pas aimé ce à qui on a volé deux ans de vie.
07:03Parce que je pense que le cœur de notre débat, ça devrait être autour du travail, autour de la croissance.
07:08Je représente des entrepreneurs.
07:09Vous voyez qu'on s'appelle Croissance Plus.
07:10C'est des entreprises qui vont bien, qui sont en croissance.
07:13Et tout le débat auquel nous assistons tous, auquel les députés participent, c'est un débat sur davantage de taxes.
07:19Donc 53 milliards quand même, vous le savez, qui sont en plus dans ce budget voté ce week-end.
07:26Et derrière, un renoncement qui est dramatique sur une réforme qui n'était pas parfaite,
07:31mais qu'il faut faire pour des raisons évidentes, de déficit, mais aussi d'allongement de la durée de vie,
07:37du fait qu'on n'a pas assez d'enfants aujourd'hui pour financer ce modèle.
07:40Et au-delà de ça, moi j'ai envie de reparler du travail.
07:44On a tous les autres pays européens, allonge la durée, il faut travailler davantage tout au long de la vie,
07:51on rentre trop tard sur le marché de l'emploi en France et on a un problème de cumul emploi-retraite
07:56et il faut valoriser le travail des seniors et on fait exactement le contraire.
08:01Donc là, c'est vrai que quand j'entends ça, pardon, parce que la victoire du Parti Socialiste,
08:05le renoncement des macronistes, tout ça n'a aucun sens.
08:08Personne ne pense à l'avenir réellement du poids qui va peser sur les générations futures,
08:14tout ça au nom d'une stabilité.
08:15Vous avez raison, en tant que chef d'entreprise, on apprenait la stabilité.
08:18Les patrons vous représentez aujourd'hui, est-ce qu'ils disent, on est horrifiés,
08:21je ne sais plus quelle est l'expression utilisée par Patrick Martin, le patron du Medef,
08:25une hérésie, pardon, on le voit même, si je regardais l'écran devant moi, ce serait plus simple,
08:29la réforme, le report de la réforme est une hérésie.
08:31Est-ce qu'honnêtement, ils disent ça tous les soirs en rentrant à la maison,
08:33c'est une hérésie, on n'en peut plus ?
08:34Ou est-ce qu'ils disent, si ça nous permet d'éviter une dissolution, une élection,
08:38une nouvelle période d'incertitude, après tout, pourquoi pas ?
08:41Alors, on était, les artisans, rappelez-vous, on avait pris la parole,
08:44d'ailleurs plusieurs organisations patronales en septembre, pour dire,
08:48on est plutôt enclin à vouloir de la stabilité, bien évidemment,
08:52puisque l'ennemi de l'économie, c'est justement cette instabilité.
08:55Donc là, ce soir, vous vous débouchez le champagne à la maison, vous aussi ?
08:57Parce que la stabilité, à quel prix ?
09:01Vous vous rendez compte de ce qui est en train de se passer à l'Assemblée nationale ?
09:0453 milliards, on vient d'écrire à Sébastien Lecornu,
09:08les 13 organisations patronales réunies, ensemble, qui ne se divisent pas,
09:12qui sont d'accord pour dire, écoutez, au bout d'un moment, trop, c'est trop.
09:16À quel prix ?
09:17Pas au prix du renoncement de la seule réforme structurelle.
09:20Pas au prix de plomber encore un peu l'économie,
09:23avec 53 milliards d'impôts supplémentaires.
09:25Là, si vous voulez, on n'est pas en train de parler d'avenir.
09:28Bien sûr que toute réforme peut être adaptée, corrigée, améliorée.
09:33Là, on est en train de revenir en arrière.
09:35Pour faire quoi ?
09:36Pour stabiliser les postes des députés qui ont peur d'être balayés.
09:41Nous, on en est, mais je vous le dis,
09:42et il n'y a pas que les acteurs économiques aujourd'hui disent
09:46qu'on préférerait le même budget que l'année dernière,
09:50que ce budget, alors évidemment, il va être revu par le Sénat,
09:52et heureusement, mais non, la stabilité,
09:55à tout prix, ce n'est pas vrai.
09:57Le Covid, on a vu le quoi qu'il en coûte.
09:59Au bout d'un moment, voyez-le,
10:00on fait comme si ça ne coûtait rien au pays,
10:02ça va coûter très cher ce renoncement.
10:04Ça va coûter sur les marchés financiers,
10:06ça va coûter en visibilité.
10:08Et les 15 milliards qu'on nous chiffre d'une pseudo-dissolution,
10:11on ne parle pas forcément d'ailleurs d'une dissolution,
10:13on parle de reconduite d'un budget existant,
10:15ça peut coûter beaucoup plus cher, là,
10:17ce qui est en train de se passer pour l'économie française.
10:19On a parlé, Virginie Calmet, j'ai une mauvaise nouvelle.
10:20Pour vous, l'Assemblée nationale rejette largement le gel des pensions de retraite
10:24et des minima sociaux.
10:25C'était certes attendu,
10:27mais effectivement, ce n'est pas ça qui va combler le trou aujourd'hui dans le budget.
10:31Mathieu Plain, je vais venir vers vous dans un instant
10:32pour essayer de comprendre combien va coûter cette suspension
10:35et qui va la payer ?
10:36Parce que ça a un peu bougé ces derniers jours,
10:40on envisageait de faire payer les retraités,
10:42et puis ce n'est plus tout à fait le scénario qui tient la corde ce soir.
10:44Alain De Vamel, est-ce que tout le monde joue une sorte de grand jeu de rôle en ce moment ?
10:48Le patronat qui crie au loup en disant qu'il y a 50 milliards de trop d'embudgets,
10:52sachant qu'une partie ne sera jamais taxée,
10:56les insoumis qui disent qu'on veut la brogation et rien d'autre,
10:58le parti socialiste qui dit « regardez, c'est nous ».
11:00Non, mais il y a un jeu de rôle, oui,
11:02que le patronat, comme les autres, le joue à plein,
11:07oui, il ne faut pas oublier, parce que moi j'ai lu,
11:09je regarde ça assez attentivement,
11:11j'ai lu les déclarations d'un certain nombre d'organisations patronales, etc.
11:16Enfin ça c'est bien gentil,
11:17mais qui a fait échouer le conclave qui était prévu,
11:21qui pouvait passer,
11:23et qui, en matière de retraite,
11:26faisait accepter par les organisations syndicales
11:29ce qui maintenant est rejeté ?
11:32Qui l'a fait louper ?
11:33Qui l'a, il faut dire les choses,
11:36qui l'a fait rater ?
11:38Eh ben c'est le patronat.
11:39C'est le MEDEF en l'occurrence.
11:41C'est pas vous, personne ne vous regardez, madame Tadinelle.
11:43Non, mais vous êtes d'accord ?
11:46Je suis d'accord pour vous dire que c'est dommage.
11:49C'est une énorme occasion perdue.
11:50Après il y avait un sujet sur la pénibilité,
11:53mais oui c'est une occasion perdue.
11:54Il y a toujours des sujets, bien sûr.
11:55Et oui, je suis d'accord avec vous,
11:57néanmoins là, ce que je veux vous dire,
11:58c'est qu'on ne crie pas au loup.
11:59Quand vous avez 13 organisations patronales,
12:02qui représentent donc des très gros ou tout petits,
12:05qui se mettent d'accord pour dire
12:06« halte au feu, cette stabilité à tout prix
12:09va coûter 53 milliards à l'économie,
12:11donc finalement nous mettre en panne
12:12et casser la machine économique »,
12:14c'est qu'il y a un vrai sujet.
12:15Je n'ai rien contre les entreprises, évidemment.
12:21Heureusement parce qu'elles financent
12:22le modèle social quand même très largement.
12:24Non, mais ça ne m'a pas tout à fait échappé.
12:26Donc je n'ai rien contre les entreprises,
12:28simplement il y a des moments aussi difficiles
12:31que ceux qu'on est en train de traverser,
12:33c'est-à-dire une période épouvantable,
12:35politiquement, économiquement et socialement.
12:39Ben oui, vous êtes conscients ?
12:41Non mais on est conscients,
12:42mais 53 milliards ça fait une grosse addition à l'indu.
12:45Quand je dis « vous », ce n'est pas « vous »
12:47Virginie Calmel, bon,
12:48mais on est dans une période anormale
12:51et dans cette période anormale,
12:54même le patronat doit avoir une politique responsable
12:59et surtout pas faire louper la première occasion intelligente
13:06qu'il y a eu.
13:07Mais rappelez-vous, l'année dernière,
13:09rappelez-vous parce que le budget a été bouclé l'année dernière
13:13grâce à 15 milliards de plus sur les entreprises ?
13:16Bien sûr.
13:17C'est-à-dire qu'on est toujours mis à contribution.
13:18Bien sûr.
13:19Et ce qu'on entend aujourd'hui au Parlement,
13:20c'est qu'il faut prendre l'argent là où il est,
13:22donc chez les entreprises ou chez les riches.
13:24C'est terrifiant de ne pas regarder
13:26ce qui doit conduire pour la France entière
13:30à une baisse de la dépense publique.
13:31Et on le sait, ça passe par une baisse de la dépense sociale
13:34et ça passe par un allongement du travail.
13:36Donc, tous les moyens sont bons,
13:38mais honnêtement, le renoncement sur la réforme des retraites,
13:41et vous le savez très bien,
13:42ça va avoir des conséquences très lourdes économiquement et politiques.
13:46Alors justement, Mathieu Plannes, sur la partie politique,
13:48peut-être pas, mais sur la partie économique
13:49de la suspension de la réforme des retraites,
13:51combien ça coûte et qui paye ?
13:53Alors, ce qu'il faut savoir, c'est qu'au fond,
13:56c'était le prix à payer pour avoir peut-être un budget,
13:59ce qui n'est pas encore fait non plus,
14:00il va falloir attendre.
14:02Le coût, en fait, à court terme, il n'est pas énorme.
14:04Il n'est pas énorme parce qu'au fond,
14:07on voit que c'est une réforme structurelle
14:08et donc il y a une montée en charge qui est prévue jusqu'à 2030.
14:11Et donc la suspension, à court terme, elle est assez faible.
14:13On parle de 400 millions la première année.
14:16Et là, ça gonfle assez vite.
14:182007, on est déjà à 2 milliards.
14:20Si cette suspension est permanente,
14:22en revanche, ce n'est pas 2 milliards.
14:23On est plutôt entre 6 et 7 milliards
14:25auxquels il faut rajouter les effets d'activité.
14:28C'est-à-dire que ça fait moins d'emplois,
14:30donc moins de croissance.
14:31Vous êtes plutôt sur 13 milliards.
14:32C'est là le problème.
14:3413 milliards, c'est pour quand ?
14:35Pour 2035.
14:352035.
14:36Si vous mettez un effet direct.
14:37Qui s'ajoute aux déficits par ailleurs.
14:39Vous avez 6 ou 7 milliards d'effets directs
14:40de dépenses supplémentaires
14:42parce que les gens partent plutôt en retraite.
14:44Mais aussi que si les gens raillent moins longtemps,
14:46font moins d'emplois, donc moins d'activités,
14:47donc vous doublez à peu près la mise
14:48en termes de déficit,
14:50vous êtes plutôt à 13 milliards.
14:52Donc la grande question,
14:54elle est que c'était peut-être le prix à payer à court terme,
14:55mais comment on règle ça à moyen long terme ?
14:59C'est un cadeau fait aux prochains locataires,
15:01l'Élysée aussi.
15:02On va remettre,
15:03ce sujet va être central
15:04parce que les déficits seront encore élevés
15:06en 2026-2026,
15:08qu'on est engagé à revenir à moins de 3% du PIB,
15:11le déficit public, à 2029.
15:12Donc ça va être central.
15:13La question du financement,
15:15elle est juste reportée.
15:16Elle est reportée,
15:17mais elle va être là.
15:19Et si on ne veut pas travailler plus longtemps,
15:20alors en ce moment-là,
15:21il va passer pour plus de fiscalité.
15:23Est-ce qu'on change de régime
15:24et on passe sur un système plus hybride
15:26dans lequel c'est les durées de cotisation
15:28et moins l'âge légal qui compte,
15:30mais avec des systèmes de surcote
15:31et de décote un peu différents ?
15:32Voilà, on peut repenser les choses.
15:33Mais fatalement, effectivement,
15:35c'est difficile d'imaginer
15:37qu'on ne va pas travailler plus longtemps
15:38vu les enjeux démographiques qu'on a,
15:41surtout si on veut maintenir
15:41le niveau des pensionnés.
15:42C'est-à-dire que la question,
15:44pour le moment,
15:44c'est que personne ne souhaite réduire
15:46le niveau des pensions de retraite.
15:47Et donc, fatalement, j'allais dire,
15:49mécaniquement, il ne va pas trouver
15:50une façon de travailler collectivement
15:52plus longtemps, de façon peut-être plus juste,
15:54c'est sûr, mais c'est clair
15:56qu'on va avoir besoin
15:57d'un supplément d'activité.
15:59Vous nous dites, Mathieu Plannes,
16:00d'une façon ou d'une autre,
16:01il faudra travailler un peu plus.
16:03Et Gabriel Attal sort de sa manche
16:05la retraite à la carte
16:06qui, sur le papier, fait rêver
16:07à peu près tous les Français
16:08puisqu'on pourrait partir quand on veut,
16:10sans âge légal.
16:12En tout cas, on en parlait hier
16:13avec l'un de ses architectes
16:14qui nous a dit,
16:15attendez, il faudra quand même bien lire
16:16parce qu'il y aura quand même
16:17peut-être un montant minimum de pension.
16:20Donc, il faudra quand même
16:21avoir cotisé suffisamment d'années,
16:22mais c'est trop tôt pour le dire.
16:23Et avec, en plus, le cadeau bonus,
16:26la prime de 1 000 euros
16:27offert par l'État
16:28à tout enfant qui naît en France
16:30charge à lui ou à ses parents
16:31de le faire fructifier
16:31jusqu'à la retraite.
16:34On en parlait hier.
16:35Est-ce que c'est vraiment réaliste
16:36de vendre ça aujourd'hui ?
16:38Deux choses.
16:39D'abord, moi, je voudrais rebondir
16:40sur l'idée
16:40qu'il y aurait des parlementaires
16:42qui prendraient la stabilité
16:44pour éviter de retourner
16:45devant leurs électeurs.
16:46Moi, je suis désolé,
16:47ce n'est pas du tout
16:48ni mon état d'esprit
16:49ni ceux de mon groupe.
16:50On n'a pas peur de retourner
16:51vers les électeurs.
16:51On y a retourné.
16:52Non, non, mais
16:52on est retourné en 2024.
16:55Le sujet,
16:56si on avait cette discussion-là,
16:58s'il y avait eu,
17:00non pas la suspension,
17:01mais une dissolution,
17:03un gouvernement qui tombe,
17:04vous serez les premiers,
17:05les représentants
17:05des chefs d'entreprise
17:06en disant
17:06ce n'est pas possible,
17:07entendez-vous,
17:08c'est un grand bazar,
17:09on n'a aucune visibilité.
17:11Notre boussole,
17:13c'est l'intérêt supérieur du pays.
17:15On a dit qu'il faut...
17:15Sur la retraite version Gabriel.
17:16Et alors,
17:17sur la version des retraites
17:19façon Gabriel Attal,
17:21quand même deux choses.
17:21On voit bien que notre système,
17:22il est complètement
17:23à bout de souffle.
17:24Même la réforme Borne
17:25ne permettait pas
17:26d'assurer la pérennité
17:27du système par répartition.
17:29Pour une raison très simple,
17:30c'est la démographie.
17:31Il a été construit,
17:32ce régime,
17:33il y avait quatre actifs
17:34pour un retraité
17:35et on arrive péniblement
17:36à 1,5 actifs
17:38pour un retraité.
17:39Donc,
17:39on voit que tout le système
17:41va reposer sur celles
17:42et ceux qui travaillent,
17:43qui en même temps nous disent,
17:44très justement,
17:45on n'arrive pas à s'en sortir.
17:46Le travail ne paie pas assez
17:47dans notre pays.
17:48Et donc,
17:49au lieu de rafistoler
17:50ce système-là,
17:51il faut complètement
17:52le remettre à plat.
17:53On dit,
17:53on fait un régime universel,
17:55plus juste,
17:56un euro cotisé
17:57rapporterait les mêmes droits,
17:59quelle que soit finalement
18:00la nature de votre travail,
18:01dans le privé,
18:02dans le public.
18:02Plus lisible,
18:03parce que la grande anxiété
18:04des Françaises et des Français,
18:05ils ne comprennent pas ce régime.
18:07Il y a une quarantaine de régimes,
18:08ils ont l'impression
18:08que d'autres sont mieux traités.
18:10Et donc,
18:10il faut le remettre à plat,
18:11universel,
18:12lisible,
18:13avec de la retraite à points
18:14et une dose de capitalisation,
18:16parce que,
18:17par la démographie seulement,
18:18on n'arrivera pas
18:19à garantir
18:20un niveau de pension
18:21suffisamment élevé
18:22et surtout permettre
18:23une stabilité.
18:24Alain Pamel,
18:25est-ce que c'est réaliste,
18:26le projet de Gabriel Attal,
18:27ou est-ce que c'est
18:27de la poudre de Perlin-Papa ?
18:29Je ne vais pas être hypocrite.
18:31Ce qu'il propose,
18:33c'est ce qui me plaisait
18:34au moment de la première
18:35tentative de réforme.
18:37Et en plus,
18:38je trouve plus intelligent,
18:39effectivement,
18:39de parler de points
18:41ou de francs
18:42que de dénominations abstraites
18:46comme il en était question.
18:48Vous savez bien.
18:50Je n'ai pas dit ancien franc.
18:52Pardon.
18:54Non, mais,
18:57le système
18:58qui est proposé,
19:00là,
19:01qu'on tente d'améliorer,
19:03entre guillemets,
19:05je n'ai jamais considéré
19:06que c'était un bon système.
19:08La proposition
19:09de réforme des retraites
19:11avec un système à points,
19:12je n'aimais pas
19:13le mot point
19:14parce que je trouve
19:15que ça avait un côté,
19:16on ne savait pas très bien
19:17ce que ça voulait dire
19:18et quelle serait la valeur
19:19et comment on saurait
19:21si vraiment c'est un point
19:22qui vaut ceci,
19:23qui vaut cela.
19:23Donc,
19:24je trouve que la dénomination
19:25était mauvaise
19:26mais je trouve qu'en revanche,
19:27l'idée était bonne.
19:28Et de voir ça
19:29ressurgir maintenant,
19:31je dirais que
19:31dans cette journée
19:32que je trouve personnellement
19:34assez catastrophique
19:35sur le plan politique
19:36et pas encourageante
19:38du tout
19:38sur le plan économique,
19:40dans cette journée,
19:41c'est la seule chose positive
19:42que je repère.
19:43C'est-à-dire
19:44une réforme
19:44qui a une chance
19:45de fonctionner
19:46et dont on peut se dire
19:47qu'au moins,
19:49il y a une tentative
19:49de quelque chose.
19:50réaliste ou pas,
19:53Mathieu Plannes ?
19:53Alors,
19:54je pense qu'effectivement,
19:55il faut revoir le système
19:56mais c'était
19:56dans le mandat
19:58de Macron 1
19:59et ça s'est épuisé
20:01en 2019
20:02avec le choc Covid
20:03qui est arrivé,
20:03etc.
20:04Mais on voit que c'était déjà
20:05une réforme compliquée
20:07en fait,
20:07ce n'est pas si simple.
20:08Moi,
20:08je suis plutôt favorable,
20:09ça a été demandé
20:10par pas mal d'acteurs.
20:13La réalité aussi,
20:14c'est que même
20:15si vous transformez le système,
20:16malgré tout,
20:17il faut le financer.
20:18C'est-à-dire que,
20:19et pourquoi ça n'a pas marché ?
20:20C'est à partir du moment
20:21où on a mis
20:22l'âge pivot.
20:23On a considéré
20:24que l'âge pivot
20:24devait être à 64 ans.
20:25Ça, c'est Édouard Philippe
20:26qui ajoute ça.
20:26Mais ça sera toujours pareil.
20:28C'est-à-dire que,
20:29si vous mettez un système à point,
20:30c'est quelle valeur
20:30vous donnez à ce point,
20:32en fait.
20:32Et donc, la valeur,
20:33c'est soit vous cotisez plus
20:34pour avoir tant de points,
20:35soit vous diminuez
20:36la valeur du point
20:36mais vous diminuez
20:37les pensions de retraite à venir,
20:38c'est qu'à un moment donné,
20:39vous partagez le fardeau.
20:40C'est-à-dire que,
20:41forcément,
20:42même avec la réforme
20:43à 64 ans,
20:44en 2035,
20:46si on montait
20:46complètement en charge
20:47et les durées de cotisation
20:48à 43 ans,
20:49il y avait quand même encore
20:4913 à 14 milliards
20:51de besoins de financement
20:51d'après le conclave,
20:53la mission flash
20:54de la Cour des comptes.
20:55Donc, ça veut dire que,
20:57OK, pour transformer le système,
20:58le rendre plus lisible
20:59mais le financement
21:00va rester là.
21:01Ce qui est certain,
21:01peut-être juste un complément,
21:03ce qui est certain,
21:03c'est qu'avec cette réforme
21:04plus lisible,
21:05plus juste,
21:06il faut néanmoins
21:07qu'on crée plus de richesses.
21:08Voilà, il faut qu'on soit
21:09plus nombreux à travailler,
21:11probablement plus longtemps,
21:12mais on voit bien
21:12que ça cristallise
21:13cette tâche de départ
21:14à la retraite,
21:15cristallise le débat politique
21:16et la rend difficile
21:18aussi à devenir.
21:18Donc, c'est pour ça
21:19qu'en changeant
21:20et en bâtissant
21:20un nouveau système,
21:21je pense qu'on donne
21:22une chance
21:22à relancer le chantier
21:24sur de bons rails.
21:25Et on se déparasse
21:27d'un mauvais symbole.
21:28Oui, absolument.
21:29Avant de vous libérer
21:29tous les quatre
21:30et d'accueillir Manuel Bompard,
21:31le coordinateur
21:32de la France Insoumise,
21:33j'ai quelques questions
21:34pour vous,
21:35Thomas Cazenave,
21:35au sujet de quelqu'un
21:36que vous connaissez bien,
21:37vous avez travaillé
21:37à l'étage au-dessus
21:42Vous étiez son bras droit
21:43à Bercy en 2023 et 2024.
21:45Vous avez vu comme nous
21:46ces déclarations faites
21:47il y a trois jours
21:48dans lesquelles
21:48il affirme qu'il a alerté
21:50à de très très nombreuses reprises
21:52Matignon et l'Elysée
21:53du dérapage des comptes publics
21:55notamment en 2024.
21:56Trou de 40 milliards d'euros
21:58à la fin de l'année
21:58par rapport aux prévisions
21:59faites par vous,
22:00faites par Bercy.
22:02Les oppositions dénoncent
22:04pour certaines
22:04un mensonge d'État.
22:06D'abord,
22:06cette fameuse lettre
22:07d'alerte de Bruno Le Maire
22:10adressée à Emmanuel Macron
22:11en avril 2024.
22:13Est-ce que vous l'avez vu ?
22:14Est-ce que vous l'avez lu ?
22:15Oui, bien sûr.
22:16Et on a déjà eu...
22:17Donc elle n'est pas secrète ?
22:17On a déjà eu ce débat.
22:19Vous savez,
22:19il y a eu une commission d'enquête
22:21à l'Assemblée nationale
22:22qui a permis d'abord
22:23de tuer l'idée
22:24selon laquelle
22:25on aurait caché
22:26quoi que ce soit.
22:27Et la lettre,
22:28elle n'était pas secrète ?
22:28Non, mais attendez,
22:29il y a un courrier,
22:30une correspondance.
22:31Le secret de la correspondance,
22:32ça existe,
22:32mais que l'état des lieux...
22:32Il y a un gros tampon secret
22:33dessus, c'est pour ça
22:34qui a fallu faire
22:35des coûts budgétaires
22:36très durs
22:37de 10 milliards d'euros,
22:38le fait qu'il fallait
22:39continuer les économies.
22:41Mais sur quoi est tombé
22:43le gouvernement Barnier ?
22:44Sur les économies.
22:45Sur quoi est tombé
22:47François Bérou
22:48sur son projet ?
22:48Sur les économies.
22:49La réalité,
22:50ce qu'on voit
22:50et ce que disait
22:51très justement
22:51Virginie Calmelz,
22:53qu'est-ce qui se passe
22:53au Parlement en ce moment ?
22:54C'est sur les économies
22:55que ça bute.
22:56Je reviens un tout petit peu
22:58en arrière, Bruno Le Maire.
22:58Tout le monde revient
22:59après sur les augmentations
23:00d'impôts
23:00parce que c'est bien beau
23:01de dire autour des plateaux
23:03ça ne va pas ce déficit public,
23:04il faut les redresser.
23:05Et quand on arrive
23:06aux travaux pratiques
23:06sur les économies,
23:08je dois dire
23:08qu'on est parfois bien seuls.
23:10Y a-t-il eu
23:10omission d'État,
23:11mensonge d'État
23:12en 2023 et 2024 ?
23:13Pour cacher la réalité
23:15des comptes aux Français ?
23:16C'est pour ça que je vous renvoie
23:17à la commission d'enquête.
23:17C'est quand même très sérieux
23:18à l'Assemblée nationale.
23:19La commission d'enquête
23:20qui est devant moi,
23:20c'est vous l'ancien ministre.
23:21Moi, j'ai été auditionné
23:22comme un cent en nombre
23:23de responsables politiques.
23:24Tout a été mis sur la table
23:25et tout le monde a bien vu
23:26que toutes les informations
23:27qui étaient connues
23:28ont été partagées.
23:29Si tout était connu,
23:30pourquoi Bruno Le Maire
23:31dit ça aujourd'hui ?
23:31Je ne sais pas,
23:31il faut lui poser la question.
23:32Vous n'avez pas parlé
23:33depuis dimanche
23:34pour essayer de comprendre
23:35pourquoi il est en train
23:36d'essayer de mouiller.
23:36Quand il a regardé le budget,
23:38il n'a pas censuré
23:39sur l'insincérité.
23:40Donc, tous les éléments
23:41d'information de disposition
23:42étaient sur la table.
23:44Donc, c'est circulé,
23:45il n'y a rien à voir.
23:45Et le courrier dont vous parlez,
23:47il a même d'ailleurs
23:47déjà été diffusé,
23:49je crois, par le Figaro
23:50il y a plusieurs mois.
23:51En février dernier.
23:52Voilà, donc,
23:53pour vous,
23:53il n'y a pas de polémique,
23:55il n'y a pas de sujet.
23:56Tout ce que dit Bruno Le Maire,
23:57on le savait déjà.
23:59Et donc, les oppositions,
24:00les insoumis ou le RN
24:01qui disent scandale d'État
24:03se trompent.
24:03Pourquoi ils le font ?
24:04Parce que quand il s'agit
24:05de passer aux travaux pratiques,
24:07ils refusent les économies
24:08ou alors ils augmentent
24:09des fois ensemble.
24:10Vous savez que ce qui a lancé
24:11ce débat,
24:11c'est la déclaration de Bruno Le Maire.
24:12Le Rassemblement National
24:13avec la France Insoumise
24:15qui vote ensemble
24:16des augmentations considérables
24:17d'impôts de 20, 30 milliards
24:19parce qu'ils refusent
24:20un sujet difficile,
24:21parfois impopulaire,
24:23qu'il faut faire des économies.
24:24Le mot de la fin
24:24sur cette affaire,
24:25c'est affaire Ilia, Alain ?
24:26Je pense que Bruno Le Maire
24:28a le sentiment
24:29d'être un calvaire
24:31et qu'en réalité,
24:32il a un peu la tentation
24:33que je trouve vraiment paradoxale
24:36et même offensante
24:37de lui-même se présenter
24:41comme digne d'une statue.
24:43Je trouve que c'est,
24:44pour employer un mot
24:46de mon époque,
24:47je trouve qu'il est inconvenant.
24:49Merci beaucoup à tous les quatre
24:52d'être venus ce soir
24:53sur le plateau de 60 minutes.
24:55Tout de suite,
24:55l'invité du jour,
24:56il était sur les bancs
24:57de l'Assemblée Nationale
24:57cet après-midi
24:58pour s'opposer, lui,
25:00à la suspension
25:00de la réforme des retraites.
25:02Il nous dira pourquoi
25:02dans quelques instants.
25:04Bonsoir, Manuel Bompard.
25:07Soyez le bienvenu.
25:08Vous connaissez Alain de Hamel,
25:09vous connaissez M. Cazenap,
25:11coordinateur de la France Insoumise,
25:12député des Bouches-du-Rhône.
25:13On va parler du budget.
25:14D'abord, si vous le permettez,
25:16un mot de la libération
25:18de Boilem Sansal.
25:19On a appris aujourd'hui
25:19qu'il allait bénéficier
25:20d'une grâce
25:21de la part du régime algérien.
25:22Ça fait un an, quasiment,
25:24jour pour jour,
25:25qu'il était emprisonné
25:25en Algérie.
25:27Tout simplement,
25:27votre réaction ?
25:28C'est une très bonne nouvelle.
25:29C'est un soulagement,
25:30je pense,
25:30pour l'ensemble des Françaises
25:32et des Français.
25:34C'est la démonstration aussi,
25:35je crois,
25:36et il faut saluer le travail
25:37qui a été fait
25:37par les diplomates,
25:39la diplomatie française,
25:40je crois,
25:40la diplomatie allemande aussi.
25:41qui a contribué
25:42à cette libération.
25:45C'est la démonstration,
25:46je pense,
25:46que ce travail-là,
25:47il paye.
25:47Il paye davantage d'ailleurs
25:48que les coups de menton,
25:50qu'un certain nombre
25:50de responsables politiques.
25:51Je parle d'un moment
25:52de l'ancien ministre
25:53de l'Intérieur,
25:54M. Retailleau,
25:55qu'ils se sont livrés.
25:57Et surtout,
25:58je veux dire
25:59qu'il y a un journaliste
26:00qui s'appelle
26:01Christophe Glez,
26:02qui est toujours aujourd'hui
26:03retenu.
26:04Il doit être jugé
26:05dans quelques jours.
26:05J'espère qu'il y aura
26:06aussi une mesure
26:07de libération pour lui
26:08le plus rapidement possible.
26:09Mais quand Emmanuel Macron
26:10dit que c'est le fruit
26:11des efforts constants
26:12de la France
26:12et d'une méthode
26:13faite de respect,
26:14de calme et d'exigence,
26:17vous êtes d'accord avec lui
26:17pour dire halte au feu,
26:19il faut qu'on se parle
26:19des deux côtés
26:20de la Méditerranée ?
26:20Évidemment,
26:21c'est la position
26:22que l'on défend,
26:22nous les Insoumis,
26:23depuis des mois et des mois.
26:25Et quand M. Macron
26:26dit ça,
26:27j'ai l'impression
26:27qu'il désavoue surtout
26:29la méthode
26:29qui a été celle
26:30de M. Retailleau
26:31dans le gouvernement précédent.
26:32Vous venez de saluer
26:33le rôle de la diplomatie allemande,
26:34de la diplomatie française.
26:35Vous saluez aussi le rôle
26:36pour le coup
26:38du nouveau ministre
26:38de l'Intérieur,
26:39Laurent Nunes,
26:39qui a pris ses distances
26:40avec cette politique
26:41du bras de fer
26:42de son prédécesseur,
26:43Bruno Retailleau.
26:43Saluer est un bien grand mot,
26:44mais évidemment,
26:45je préfère quand le ministre
26:46de l'Intérieur
26:46ne se livre pas
26:47aux mêmes outrances
26:48que le ministre
26:49de l'Intérieur précédent.
26:51On parlait il y a quelques instants
26:52sur ce plateau,
26:53Manuel Bompard,
26:53de Bruno Le Maire
26:54qui fait donc à nouveau
26:56parler de lui
26:56depuis trois jours
26:57puisqu'il affirme avoir alerté
26:59à très nombreuses reprises
27:00l'Elysée et Matignon
27:02du dérapage
27:03des comptes publics
27:03quand il était à Bercy.
27:04Je rappelle qu'il a quitté Bercy
27:05il y a un an.
27:08À l'instant,
27:08Thomas Cazenave
27:09qui était sombre à droit
27:10a dit rien de neuf.
27:12Cette lettre,
27:13on la connaissait.
27:14Il y a eu une commission
27:15d'enquête.
27:16On a alerté.
27:17C'est normal ?
27:18Vous êtes d'accord avec lui ?
27:19Je vais peut-être vous surprendre
27:20mais je trouve qu'effectivement
27:21il y a quelque chose
27:22dans la méthode de Bruno Le Maire
27:23qui essaye un petit peu
27:24si vous voulez
27:25de mettre à distance
27:26ses propres responsabilités
27:28dans la situation budgétaire
27:29difficile que connaît le pays
27:30aujourd'hui
27:30que je trouve quand même
27:32d'une mauvaise foi
27:33c'est incroyable.
27:34Si M. Le Maire
27:35à l'époque pensait vraiment
27:36que le pays allait dans le mur
27:37peut-être qu'il aurait dû
27:39quitter le gouvernement
27:40démissionner, le dire
27:41pas juste envoyer un courrier.
27:44Donc ça c'est la première chose
27:45que je veux vous dire
27:45et la deuxième chose
27:46c'est que
27:47évidemment que la situation budgétaire
27:48du pays
27:49elle est catastrophique
27:50mais elle n'est pas catastrophique
27:51en raison de la position
27:53de Bruno Le Maire
27:54ou de je ne sais pas qui est.
27:55Elle est catastrophique
27:56en raison de la politique économique
27:57qui a été mise en place
27:58par tous les gouvernements
28:00d'Emmanuel Macron
28:01depuis 2017.
28:03Et pourquoi ?
28:04Et là je prends mes distances
28:05avec ce qui a été dit
28:06précédemment sur le plateau
28:07parce que contrairement
28:08à ce qui a été dit
28:09la politique d'Emmanuel Macron
28:10elle s'est traduite
28:11par une baisse des recettes
28:12de l'État
28:13et pas par une augmentation
28:15vertigineuse des dépenses
28:16contrairement à ce qu'on dit
28:17tout le temps.
28:17Donc vous, vous ne faites pas
28:19le procès de Bruno Le Maire ?
28:20Ah si, si, je fais le procès
28:21de Bruno Le Maire
28:22mais au même titre
28:23que les membres
28:25des différents gouvernements
28:26macronistes
28:27et ils sont tous responsables
28:28du chaos
28:29et de l'impasse
28:31de la politique économique
28:32qui a été mise en place.
28:33Éric Coquerel
28:34un soumis
28:35qui dirige
28:35la commission des finances
28:36de l'Assemblée
28:37a dit
28:37c'est une omission d'État
28:38omission d'État
28:40on n'est pas très loin
28:40de mensonge d'État
28:41ça veut dire quoi ?
28:43ça veut dire que
28:44vous savez
28:45moi j'étais en commission
28:46des finances
28:46entre 2022 et 2024
28:47année après année
28:49nous, nous prenions la parole
28:50en commission des finances
28:51en disant
28:51arrêtez
28:52vous faites des projections
28:53économiques
28:54pour justifier votre budget
28:56qui s'appuie
28:57sur des hypothèses farfelues
28:58et à la fin
28:59vous verrez
28:59il y aura davantage de déficits
29:00de ce que vous proposez
29:01initialement
29:02et à chaque fois
29:03à la fin de l'année
29:03on se rend compte
29:04qu'effectivement
29:04c'est farfelu
29:06et qu'il y a des déficits
29:07plus importants
29:08que ce qu'il y avait précédemment
29:09donc oui bien sûr
29:10qu'il y a eu une manière
29:11de cacher
29:11le résultat
29:13de la politique économique
29:14d'Emmanuel Macron
29:16et de ses gouvernements
29:17et qu'aujourd'hui
29:18on a sous les yeux
29:19le résultat de cette politique
29:20attendez
29:20c'est quand même ça
29:21qui est important
29:21encore une fois
29:22je veux le redire
29:23la politique d'Emmanuel Macron
29:24elle s'est traduite
29:25par des baisses massives
29:26des recettes de l'État
29:27en proportion du PIB
29:28on a perdu à peu près
29:29trois points
29:29sur les recettes de l'État
29:31et c'est des cadeaux
29:32qui ont été faits
29:33qui ont profité
29:34écoutez-moi bien
29:3480 fois plus
29:36aux plus riches
29:37qu'aux plus pauvres
29:37et aujourd'hui
29:38une fois qu'on a vidé
29:39la caisse
29:39en faisant des cadeaux
29:40aux plus riches
29:40on vient voir les françaises
29:41et les bons français
29:42on leur dit
29:42et maintenant c'est à vous
29:43de payer la facture
29:44excusez-moi
29:44mais il y a des gens
29:45comme moi qui disent
29:45non c'est pas eux
29:46de payer la facture
29:47c'est à ceux
29:47à qui on a fait ces cadeaux
29:48Vous arrivez tout juste
29:50de l'Assemblée nationale
29:51où vous avez pris part au vote
29:51il y a quelques minutes
29:52qui a abouti
29:53à une majorité assez large
29:55plus d'une centaine
29:55de voix d'écart
29:56à une suspension
29:57de la réforme des retraites
29:57que vous avez combattue
29:58mordicus
30:00à l'Assemblée
30:01et dans la rue
30:02il y a deux ans
30:02sous Elisabeth Borne
30:03vous êtes un homme heureux
30:05ce soir de cette suspension ?
30:06Non parce que je sais
30:07que c'est une entourloupe
30:09c'est une esbrouffe
30:10Vous dites encore ça ?
30:11Oui bien sûr
30:12Pourquoi ?
30:12Et je le dis parce que c'est vrai
30:13D'abord, pardon
30:14mais ce n'est pas une suspension
30:17je veux dire
30:18moi j'ai lu
30:19la lettre rectificative
30:21puisque c'est le terme employé
30:22du gouvernement
30:23ce qu'il y a écrit
30:24à l'intérieur
30:25c'est que
30:25la progression
30:27la montée en marche
30:28vers la retraite
30:29à 64 ans
30:29qui normalement
30:30devait arriver
30:31pour les personnes
30:32nées en 1968
30:33c'est décalé d'un an
30:34Vous êtes d'accord
30:35que c'est bien
30:36trois mois plus tôt
30:37le départ
30:37même six mois
30:38C'est pas ça
30:39une suspension
30:40ce serait une situation
30:41dans laquelle on dirait
30:42Le mot est important
30:44Si je vous dis
30:45que vous êtes journaliste
30:46ou autre chose
30:46vous allez trouver
30:47que c'est important
30:48que je vous dise
30:48que vous êtes journaliste
30:48On est bien d'accord
30:49qu'il y a des millions
30:50de personnes
30:51qui vont
30:51à partir d'aujourd'hui
30:53et jusqu'au 1er janvier
30:542028
30:55attendez
30:55je n'ai pas fini ma question
30:56pouvoir partir
30:57trois mois plus tôt
30:58que ce qui était prévu
30:59Non c'est faux
30:59il n'y a pas
31:00des millions de personnes
31:01qui vont pouvoir
31:013 millions
31:02Ah bon ?
31:03Sur la base de quel calcul
31:04vous faites ce chiffre-là ?
31:05Je crois qu'il y a
31:05si je ne dis pas de bêtises
31:067 ou 800 000 départs par an
31:07et qu'on est sur
31:08trois générations
31:09Alors d'abord
31:09Allez-y
31:11On va préciser les choses
31:12En vérité
31:13personne n'est capable
31:14de dire
31:14combien de personnes
31:15seraient concernées
31:16par l'idée
31:17qu'ils partiront
31:17trois mois plus tôt
31:18Pourquoi ?
31:19Parce que
31:20dans une génération
31:21il y a à peu près
31:21800 000 personnes
31:22Oui
31:22La question c'est
31:23Je ne me trompe pas
31:24sur tous les chiffres
31:25Je n'ai pas dit
31:25que vous vous trompiez
31:26sur tous les chiffres
31:26Dans une génération
31:27ça c'est facile
31:28Il suffit d'aller
31:28sur le site de l'INSEE
31:29Les gens qui sont nés
31:30en 1964
31:30Il y en a à peu près
31:32800 000
31:32Oui mais attendez
31:34D'abord
31:34la première génération
31:35bénéficie de ces trois mois-là
31:37D'accord ?
31:37Ensuite il y a une élection
31:38présidentielle
31:39et une élection législative
31:40Donc en fait
31:40personne n'a de garantie
31:42sur ce qui va se passer après
31:42C'est-à-dire
31:43il peut y avoir
31:44un gouvernement
31:44comme le mien
31:46et dans ce cas-là
31:47on abrogera
31:48totalement la réforme
31:49et puis il peut y avoir
31:50un autre gouvernement
31:51évidemment je ne le souhaite pas
31:52par exemple comme
31:52si M. Edouard Philippe
31:54gagne l'élection présidentielle
31:55et dans ce cas-là
31:56on va à la retraite à 67
31:57Vous savez
31:57pardon Manuel Bombard
31:58Vous savez ce que répond
31:59la patronne de la CFDT
32:00à cet argument-là
32:01Marine Levéon
32:02C'est un argument de loser
32:03Oui très bien
32:04Mieux vaut une suspension
32:05aujourd'hui
32:06qu'une abrogation
32:06qui n'arrivera peut-être jamais
32:08Vous n'avez qu'à gagner
32:09C'est homme qui dit
32:10Vous n'avez qu'à gagner l'élection
32:11Vous pouvez répéter
32:11dix fois les mêmes choses
32:12Et après allez
32:13à la limite
32:14mettons ça de côté
32:15La question qui est posée
32:16indépendamment du nombre
32:18de personnes qui sont concernées
32:19c'est est-ce que vraiment
32:20ils vont y gagner
32:20ces personnes-là
32:22Moi je vous dis
32:23que ces personnes-là
32:24n'y gagneront pas
32:25parce que peut-être
32:26qu'ils pourront partir
32:27trois mois plus tôt
32:28à la retraite
32:29Oui
32:29Mais la question c'est
32:30comment vous financez
32:31cette mesure
32:32Alors ce que propose
32:33le gouvernement
32:33c'est de financer
32:34cette mesure
32:35par un gel
32:36des pensions de retraite
32:37l'année prochaine
32:38et une sous-indexation
32:39des pensions de retraite
32:40pendant 4 ans
32:40Ce que vous dites
32:41si je peux me permettre
32:42Manuel Bombard
32:42n'est pas tout à fait exact
32:43puisque le gouvernement
32:44a changé
32:45Et alors qu'est-ce qu'il dit ?
32:46Il dit peut-être
32:47que n'êtes-vous pas au courant
32:47C'est une déclaration
32:48Si je suis très au courant
32:49Bon pardon
32:49Jean-Pierre Farandou
32:50a dit ce matin
32:51désormais pour financer
32:52la suspension
32:53de la réforme des retraites
32:55nous abandonner
32:56non d'ailleurs
32:57le gel des pensions de retraite
32:59a été rejeté
33:01il y a quelques minutes
33:02à l'Assemblée nationale
33:03et c'est désormais
33:04l'argent qui a été
33:05Ah ben ne me regardez pas comme ça
33:07C'est pas moi qui le dis
33:08C'est la hausse
33:09de la flat tax
33:10c'est-à-dire
33:10la taxation du capital
33:12hausse qui a été votée
33:13il y a quelques jours
33:14par un amendement
33:14du parti socialiste
33:15qui rapporterait
33:162,8 milliards d'euros
33:18qui permettra
33:18de financer la suspension
33:19Ok alors on va rentrer
33:21dans les détails
33:21sans être
33:22en essayant de ne pas être technique
33:23on est un peu obligé
33:25parce que c'est un sujet
33:26Le gouvernement dit
33:27on a fait cette concession
33:29au parti socialiste
33:30on ne touchera plus au retraité
33:31désormais
33:31c'est le capital
33:32Excusez-moi de vous le dire
33:33mais je vous l'avais dit vous-même
33:34je reviens de l'Assemblée nationale
33:35la ministre Mme Monchalin
33:37a pris la parole tout à l'heure
33:38précisément
33:38avant le vote
33:40que vous venez d'indiquer
33:41et elle a dit
33:42qu'elle était opposée
33:44à l'idée
33:44qu'il n'y ait aucune mesure
33:45de sous-indexation
33:46des pensions de retraite
33:47Donc je suis désolé
33:48c'est sur les bancs
33:50tout à l'heure
33:51de l'Assemblée nationale
33:51La déclaration de M. Farandou
33:53date de ce matin
33:55Parce qu'en vérité
33:56il y a une ambiguïté
33:56sur le sujet
33:57Vous pouvez dire
33:57que vous renoncez au gel
33:59c'est-à-dire que
34:01le gel ça veut dire
34:01qu'il n'y ait aucune revalorisation
34:02mais vous pouvez décider
34:04d'avoir une revalorisation
34:05qui est en dessous
34:05de l'inflation
34:06Donc le résultat est le même
34:08c'est donc des retraités
34:09qui vont payer
34:09le prix de ce décalage
34:11Or M. Fauvel
34:14si vous considérez
34:15que ce décalage-là
34:16coûte pour les finances publiques
34:19l'année prochaine
34:19à peu près 300 millions
34:20c'est ce que dit le gouvernement
34:21et que dans le même temps
34:22le gel
34:23juste des pensions de retraite
34:24coûte à peu près
34:252 milliards
34:27c'est ce que dit le gouvernement
34:28C'est-à-dire qu'il y a
34:29un ratio de 6
34:29entre les deux
34:30Si demain je viens
34:31et je vous donne
34:32un euro
34:33et que je vous en prends 6
34:34est-ce que vous allez me dire
34:36que vous avez bénéficié
34:36de la situation ?
34:37Évidemment non
34:38Ça dépend si j'ai un trou
34:40dans mon compte en banque
34:40comme c'est le cas de la sécu
34:41aujourd'hui de 23 milliards d'euros
34:43Non, ça ne dépend pas
34:43Pour une personne
34:45la personne concernée
34:46vous lui aurez donné
34:47un euro
34:48et vous lui en avez repris 6
34:49Le bilan à la fin
34:50c'est que vous lui en avez enlevé 5
34:51C'est un peu technique
34:51mais c'est important
34:52C'est ça la réalité du débat
34:53La suspension de la réforme des retraites
34:55elle fait partie d'un tout
34:56qui s'appelle le budget de la sécu
34:57qui a un trou
34:58cette année de 23 milliards d'euros
34:59Oui mais alors ça
35:00après si vous voulez
35:00on parle du déficit
35:01de la sécurité sociale
35:02est-ce que vous savez
35:03que chaque année
35:04on prend dans le budget
35:06de la sécurité sociale
35:07de l'argent
35:07pour aller rembourser une dette
35:08qu'on verse dans une caisse
35:10qui s'appelle la CADES
35:11c'est à peu près
35:1225 milliards d'euros par an
35:14si on enlève ces versements
35:15le déficit de la sécurité sociale
35:16il n'existe pas aujourd'hui
35:17Donc vous voyez
35:18on peut débattre de ça
35:18par exemple nous on a proposé
35:19un amendement
35:19pour arrêter de verser à la CADES
35:21et là il n'y aurait plus
35:21de déficit de la sécurité sociale
35:23Juste c'est ça
35:24qui est important pour les gens
35:25Moi évidemment
35:25que si les gens
35:26pouvaient en bénéficier
35:27et en profiter
35:28même si ça ne concernait pas tout le monde
35:29j'aurais dit super
35:30on y va
35:31sauf que le problème
35:32c'est que à la fin
35:33même les personnes
35:34qui pourraient peut-être
35:35partir trois mois
35:36plus tôt à la retraite
35:36ils vont payer
35:37trois ou quatre fois plus
35:38le prix
35:39parce que leur pension de retraite
35:40serait sous-indexée
35:41pendant quatre ans
35:42Vous ne pensez pas
35:44que ça va
35:44vous suivre comme un boulet
35:46pendant la campagne présidentielle
35:48on va vous le reprocher
35:49le parti socialiste
35:51va sans doute vous le reprocher
35:52pendant l'élection présidentielle
35:53sur comment
35:53Olivier Faure donne le ton
35:55ce soir
35:55vous l'avez entendu
35:56à la sortie
35:58juste après le vote
35:59dire
36:00jamais je n'aurais imaginé
36:01qu'un homme ou une femme de gauche
36:02puissent voter contre
36:03un progrès social
36:04et voter avec la droite
36:05la plus rétrograde
36:06allusion au fait que le RN
36:07le RN a voté comme le parti socialiste
36:11vous avez raison
36:11retournez l'argument
36:12ça n'a pas de sens
36:13cet argument
36:14la vérité c'est
36:15est-ce que c'est un progrès social ou pas
36:16c'est ça la seule question
36:17ça aurait été trois mois plus tôt
36:18on peut considérer
36:19vous pouvez faire comme si
36:20vous n'avez pas entendu
36:21la démonstration de juste avant
36:22mais je vous ai fait la démonstration
36:23qu'en échange de ça
36:24vous allez avoir des coupes
36:25qui sont beaucoup plus importantes
36:27et qui vont impacter
36:28directement les français
36:29coupes qui auraient peut-être
36:30été réelles
36:31même sans la suspension
36:32ah oui mais pas avec la censure
36:33du gouvernement
36:34parce que c'est ça la question
36:35qui est posée
36:35c'est pas la suspension
36:36ou pas la suspension
36:37c'est en échange de la suspension
36:39le parti socialiste
36:40laisse ce gouvernement en place
36:41et donc le laisse
36:42développer un certain nombre
36:43de mesures
36:43par exemple
36:44le gouvernement a l'intention
36:45de doubler
36:46les franchises médicales
36:472,3 milliards d'euros
36:49de recettes pour l'état
36:50c'est un décret
36:50donc c'est pas dans le budget
36:51ce sera pas dans le budget
36:52voilà
36:52est-ce qu'en échange
36:54de la non-censure
36:55le parti socialiste
36:56a obtenu un engagement
36:57du gouvernement
36:58à ne pas doubler
36:58les franchises médicales
36:59évidemment non
37:00donc vous voyez
37:01vous devez prendre le sujet
37:02dans sa globalité
37:03et dans sa globalité
37:04si vous laissez passer
37:05ce budget de la sécurité sociale
37:06même avec ce décalage
37:07de la réforme des retraites
37:08les gens
37:09les retraités en particulier
37:10vont payer davantage
37:12que ce qu'ils vont recevoir
37:13et donc ça
37:13ça s'appelle pas
37:14un progrès social
37:14et pour le reste
37:15je pourrais vous dire
37:16avec un peu d'humour
37:16que recevoir de la part
37:18du parti socialiste
37:19qui est quand même
37:19le parti qui a fait
37:20par exemple
37:21la réforme touraine
37:22c'est-à-dire l'accélération
37:23du nombre de trimestres
37:24l'augmentation du nombre
37:25de trimestres nécessaires
37:25pour partir à la retraite
37:26recevoir de leur part
37:28des leçons
37:29sur ce qui va dans le sens
37:30des françaises
37:31et des français
37:31pour qu'ils puissent partir
37:32à la retraite plus tôt
37:33ce serait un peu risible
37:35si ça n'était pas vrai
37:36l'examen du budget de la sécu
37:38dans lequel se trouve donc
37:39cette fameuse suspension
37:40de la réforme
37:41se poursuit en ce moment même
37:42vous avez marqué
37:42une petite pause
37:44pour nous rejoindre
37:44sur le plateau
37:45de 60 minutes
37:46l'examen est censé
37:48se terminer ce soir
37:49cette nuit à minuit
37:50je crois
37:50vous réclamez un vote
37:53vous dites même
37:54que vous êtes prêt
37:55à aller au bout de la nuit
37:56pourquoi ?
37:57expliquez-nous
37:57d'abord c'est le deuxième
37:58non-dit de ce décalage
38:00c'est qu'en fait
38:01il n'existe pas
38:01puisque en fait
38:03c'est un article
38:04qui a été voté
38:05cet après-midi
38:06mais si à la fin
38:07il n'y a pas de vote global
38:08pour valider le budget
38:09de la sécurité sociale
38:10ça part au Sénat
38:12ça part au Sénat
38:13et le gouvernement
38:14s'est engagé à reprendre
38:15tous les amendements votés
38:15dans le texte
38:16qui part chez les sénateurs
38:17peut-être qu'il reprendra
38:18tous les amendements
38:20mais il suffira
38:21d'une minute
38:22l'idée c'est de dire
38:24nous on veut aller au vote
38:25à tout prix
38:25pour obliger les socialistes
38:27à voter le budget de la sécu
38:29dans lequel il y a
38:30la suspension de la réforme
38:30mais aussi toutes les mesures
38:31que vous avez rappelées
38:32c'est ça
38:32c'est de mettre le PS
38:34face à un mur
38:34mais non mais mon sujet
38:35c'est pas le parti socialiste
38:36l'idée principale
38:37monsieur Fauvel
38:37c'est peut-être quand même
38:38qu'il me semble que
38:39pendant des semaines
38:40et des semaines
38:40vous m'avez dit
38:41vous devriez être content
38:41il y a plus de 49-3
38:42c'est l'Assemblée Nationale
38:43qui va écrire le budget
38:44et donc en fait
38:46peut-être que c'est bien
38:46que l'Assemblée Nationale
38:47elle vote sur le budget
38:48tout simplement
38:48parce que si elle veut écrire
38:49le budget
38:49il faut peut-être qu'elle vote
38:50c'est pas une façon
38:51de dire au PS
38:51si vous voulez mon avis
38:54le PS est de toute façon
38:56tout à fait ridiculisé
38:58dans cette séquence
38:59et c'est pas
39:00c'est le cadet de mes soucis
39:02le parti socialiste
39:02la réalité c'est qu'il me paraît
39:04quand même normal
39:04que les députés puissent voter
39:05pour dire on est d'accord
39:06avec ce budget
39:07de la sécurité sociale
39:08ou on n'est pas d'accord
39:08or le gouvernement
39:09a l'intention ce soir
39:10à minuit de mettre
39:11un terme au débat
39:12pourquoi ?
39:12parce qu'un article
39:13de la Constitution
39:14dit qu'après 20 jours
39:15en première lecture
39:15du débat sur la sécurité sociale
39:17on peut partir au CELA
39:18mais on peut
39:19on n'est pas obligé
39:20donc il suffit
39:21il reste à peu près
39:22300 amendements
39:23dans le débat
39:23il suffit que le gouvernement
39:25nous dise
39:25on va travailler cette nuit
39:26ou on va travailler demain
39:27c'est tout à fait légal
39:29tout à fait possible
39:30la Constitution le permet
39:31au moins on va au bout
39:32on examine tous les amendements
39:34et on vote
39:34et ensuite
39:35s'il y a une majorité
39:36des députés
39:37qui valident ce budget
39:38de la sécurité sociale
39:39je m'incline
39:39mais au moins
39:41qu'on puisse le vérifier
39:41parce que le gouvernement
39:43et le parti socialiste
39:43sont en train de se mettre d'accord
39:44pour ne pas avoir besoin de voter
39:46pour qu'on ne voit pas
39:47la réalité de l'entourloupe
39:48la réalité de l'entourloupe
39:49c'est que
39:49ce décalage
39:50de la réforme des retraites
39:52n'existe pas
39:53si en face
39:53vous ne dites pas
39:54avec quoi vous le financez
39:55et pourquoi ils ne veulent pas dire
39:57avec quoi ils le financent
39:58précisément
39:58pour la raison que je vous ai indiqué
39:59parce qu'ils le financent
40:00avec des efforts sur les retraités
40:02des efforts sur les malades
40:03etc etc
40:04il y a un homme
40:04Manuel Bompard
40:05qui fait une autre proposition
40:06de réforme des retraites
40:07en ce moment
40:07c'est Gabriel Attal
40:08qui propose
40:10en quelque sorte
40:11le retour
40:11de la version Macron
40:13celle qui a été enterrée
40:14par Edouard Philippe
40:16en 2019
40:17c'est-à-dire une retraite
40:18à la carte
40:19sauf que Gabriel Attal
40:20va un peu plus loin
40:21il dit
40:21il n'y aurait pas d'âge légal
40:23là où Edouard Philippe
40:24avait mis un âge pivot
40:25au-delà duquel il y avait un malus
40:26il n'y aurait pas d'âge légal
40:28et il y aurait un cadeau
40:29de l'État
40:30à chaque enfant
40:31à chaque futur travailleur
40:32de 1000 euros
40:32sur un compte
40:33placé
40:34charge à lui
40:35de le faire fructifier
40:36pour sa future retraite
40:38ce qu'on appelle
40:38une retraite par capitalisation
40:40est-ce que c'est un mot tabou
40:41pour vous ?
40:41la retraite par capitalisation
40:42évidemment
40:43moi je suis totalement opposé
40:45à la retraite par capitalisation
40:46et je défends
40:47le système de retraite
40:48à la française
40:49on va dire
40:49c'est-à-dire
40:50un système de retraite
40:51par répartition
40:52mais ça existe déjà
40:53vous dites
40:54je défends le système français
40:55les fonctionnaires sont déjà
40:56il y a des retraites complémentaires
40:58dans lesquelles il y a
40:59une partie de capitalisation
40:594 millions de fonctionnaires
41:00ça existe depuis 20 ans
41:01vous ne remettez pas ça en cause
41:03moi je préfère un système
41:05qui est un système
41:05purement un système de répartition
41:07maintenant il y a des choses
41:07qui ont été faites
41:08je ne suis pas en train de vous dire
41:09qu'il faut les supprimer
41:10c'est vrai qu'on n'entend pas
41:11on ne voit pas les fonctionnaires
41:12descendent dans la rue aujourd'hui
41:14pour demander qu'on arrête
41:15ce système là
41:15ok mais là ce n'est pas le sujet
41:17si c'est ma question
41:18attendez
41:19la question que pose monsieur Attal
41:20c'est est-ce qu'on remplace
41:21un système de retraite actuel
41:22par répartition
41:23donc avec une durée de cotisation
41:24nécessaire et un âge légal
41:25par un système de retraite
41:27qui est un système de retraite
41:28par points
41:29alors monsieur Attal
41:29pour ne pas donner l'impression
41:30de reprendre la mesure
41:31de la dernière fois
41:32explique que plutôt qu'on convertisse
41:34des points en euros à la fin
41:35on va le faire chaque année
41:36mais le problème est le même
41:37c'est à dire que ça s'appelle
41:38une retraite tombola
41:39chaque année
41:40vous savez ce que vous allez verser
41:42mais vous ne savez pas
41:43ce que vous allez recevoir
41:43quand vous allez arriver à la retraite
41:45quant à la part de retraite
41:47par capitalisation
41:48est-ce que vous savez par exemple
41:49qu'après la crise financière de 2008
41:5025% des retraites
41:52par capitalisation
41:53se sont évanouies
41:54parce que si vous placez ça
41:55sur des comptes en banque
41:56et bien vous êtes
41:57dépendant des aléas du marché
42:00et bien moi par exemple
42:00il n'y a jamais eu de problème
42:01en France
42:01sur les fonctionnaires
42:02ça fait 20 ans que ça existe
42:03il y a 40 milliards d'euros
42:04c'est autre chose
42:05c'est une retraite complémentaire
42:06oui et tout dépend aussi
42:07si vous le mettez sur un marché
42:08à risque
42:09ou sur un marché
42:10très bien
42:11mais moi je préfère
42:12un système de retraite
42:13par répartition
42:13qui est lui et garanti
42:14qui permet aux gens
42:15qu'on sache
42:16qu'ils vont avoir
42:17une pension de retraite
42:18qu'ils connaissent
42:18à quel niveau
42:19sera cette pension de retraite
42:21et il n'y a pas
42:22de problème
42:23de financement
42:24de notre système
42:25des retraites
42:26en France
42:26il faut quand même le dire
42:27est-ce que vous savez
42:28que sur les 4 dernières années
42:30si on avait pris
42:31les projections
42:31du conseil d'orientation
42:32des retraites
42:32il y aurait dû avoir
42:3320 milliards de déficit
42:34en vérité
42:34sur les 4 dernières années
42:35il y a eu 9 milliards d'excédents
42:36donc il faut arrêter
42:39cette fake news
42:41pardon
42:41ce mensonge
42:42qui consiste à dire
42:43les dépenses de retraite
42:45sont à la dérive
42:46on ne va pas s'en sortir
42:47etc
42:47ce n'est pas vrai
42:48les dépenses de retraite
42:49dans les prochaines années
42:50elles vont augmenter
42:51de manière plus faible
42:52que la croissance
42:52et que la richesse générale
42:54produite par le pays
42:55donc on a tout à fait
42:56la possibilité
42:57non seulement d'abroger
42:58la réforme de la retraite
42:59pour la ramener
43:00à 62 ans
43:00pas d'obtenir
43:01un décalage d'un an
43:02il y a une majorité
43:03des députés
43:04pour abroger
43:05votons
43:06et si on vote
43:07il y a une abrogation
43:08et vous allez d'ailleurs
43:09le proposer
43:10et ensuite
43:10on défend l'idée
43:11de la réforme
43:12à 60 ans
43:13Emmanuel Macron disait
43:14que ça coûtait
43:15c'est les chiffres
43:15d'Emmanuel Macron
43:1628 milliards d'euros par an
43:1728 milliards
43:18c'est précisément
43:19les exonérations
43:20de versements
43:22de cotisations sociales
43:22qui n'ont pas été compensées
43:23par l'Etat
43:24ou qui sont contournées
43:25c'est tout à fait possible
43:26de financer une mesure
43:26comme celle-ci
43:27Emmanuel Bonpar
43:28un dernier mot
43:28au sujet de Nicolas Sarkozy
43:30remis en liberté
43:30avant-hier
43:31sous contrôle judiciaire
43:32avec notamment
43:32l'interdiction de rencontrer
43:33le ministre de la justice
43:36Gérald Darmanin
43:37certains de ses partisans
43:39y voient une forme
43:40d'acharnement judiciaire
43:42ou au moins
43:42d'humiliation
43:43qu'est-ce que vous dites vous ?
43:45il ne faut pas exagérer
43:46monsieur Sarkozy
43:47a été condamné
43:49par la justice
43:49il a écopé
43:50d'une peine de prison
43:51il a bénéficié
43:53en début de semaine
43:54d'une libération
43:56il n'est plus en prison
43:57aujourd'hui
43:58si vous voulez
44:00que je vous démontre
44:00des acharnements
44:01je ne suis pas sûr
44:02que le cas de monsieur Sarkozy
44:04y corresponde
44:04vous soupçonnez
44:05l'un ou l'autre
44:06de pouvoir
44:06non je ne soupçonne rien
44:09et je vais vous dire
44:10moi je ne suis pas un partisan
44:11de la détention
44:12et de la prison
44:12à tout prix
44:13je ne suis pas sûr
44:14que ce soit le meilleur système
44:15y compris pour empêcher les gens
44:16et pour prévenir
44:18la récidive notamment
44:19mais juste
44:20il ne faut pas exagérer
44:21monsieur Sarkozy
44:22a été libéré de prison
44:23la justice a considéré
44:25qu'il y avait un sujet
44:26sur les contacts
44:27qu'il pouvait avoir
44:28avec le ministre Darmanin
44:29ce n'est pas un acharnement
44:30de dire qu'ils ne peuvent pas se voir
44:31tout dernier mot
44:32pour en revenir au climat social
44:33du moment
44:34la CGT appelle
44:34une journée de grève
44:35le 2 décembre prochain
44:36vous serez dans la rue
44:37vous aussi ce jour-là
44:38je sais que vous êtes un parti
44:39et que c'est un syndicat
44:40oui mais on les appuie
44:40les initiatives
44:41de mobilisation
44:42des organisations syndicales
44:43on les appuie
44:44et évidemment
44:45quand il s'agit de protester
44:46contre le budget
44:47le budget de la sécurité sociale
44:48puisque globalement
44:49c'est le sujet
44:49de cette manifestation
44:50bien sûr qu'on sera à leur côté
44:52et d'ailleurs contrairement
44:53à ce que j'ai entendu
44:54encore un peu
44:55toute la journée
44:56sur les plateaux de télévision
44:57les organisations syndicales
44:58ou en tout cas
44:59la CGT
45:00et Force Ouvrière
45:01pour prendre ces exemples-là
45:02demandaient de surtout
45:04ne pas voter ce décalage
45:05parce que voter ce décalage
45:06revenait à voter
45:07la retraite
45:08pas la CFDT
45:09qui soutenait la suspension
45:10merci beaucoup
45:11mais il y avait un avis différent
45:12chez les syndicats
45:12comme manifestement
45:13chez les partis politiques
45:14merci à vous
45:15merci à vous
45:15je vous laisse retourner
45:17à l'Assemblée nationale
45:18où la nuit va être longue
45:20jusqu'à minuit
45:21sauf si on arrive
45:22à prolonger les débats
45:23on a compris
45:23auquel cas ça pourrait durer
45:25une bonne partie de la nuit
45:26il est devenu le visage
45:27de la brouille
45:28entre Paris et Alger
45:30Boilem Sansal a donc été libéré
45:31aujourd'hui
45:32et c'est un immense soulagement
45:33pour tous ses proches
45:34des deux côtés de la Méditerranée
45:35l'écrivain franco-algérien
45:36de 81 ans
45:37a été gracié
45:39par le régime d'Alger
45:40après un an de détention
45:41il est en ce moment
45:41dans un avion
45:42à destination de Berlin
45:43puisque c'est l'Allemagne
45:44qui a joué les médiateurs
45:45dans sa libération
45:46avant d'en parler dans un instant
45:47puisqu'on sera notamment
45:48avec son avocat
45:49Sansal
45:50Gracié c'est l'événement du jour
45:51image signée Raphaël Redon
45:53et Bertrand Séguier
45:54Cette information
45:58qui vient de nous parvenir
45:59la grâce
46:00de Boilem Sansal
46:02C'est un écrivain
46:03qui est à la fois français
46:05et algérien
46:05qui est critique
46:06du régime en Algérie
46:07Boilem Sansal
46:09qui au mois de mars
46:10a été condamné
46:11en première instance
46:11à 50 prisons fermes
46:12pour atteinte
46:13à l'unité nationale
46:14Son état de santé
46:16déjà fragile
46:17s'est dégradé en prison
46:18il souffre notamment
46:19d'un cancer
46:20de la prostate
46:21C'était l'objet
46:23d'intenses tractations
46:24entre les autorités françaises
46:26et le gouvernement algérien
46:27dont on sait
46:28que les relations
46:28ces derniers mois
46:29se sont ô combien
46:31dégradées
46:32Je tiens à remercier
46:34du fond du coeur
46:36celles et ceux
46:36qui ont contribué
46:38à cette libération
46:39fruit d'une méthode
46:40faite de respect
46:41et de calme
46:43le président
46:44de l'Allemagne
46:46qui a fait justement
46:47cette demande
46:48de grâce
46:49et un geste
46:50humanitaire
46:51Je tenais à remercier
46:52évidemment les autorités
46:53allemandes
46:53qui sont intervenues
46:55pour obtenir
46:56sa grâce
46:57Les délits d'opinion
46:58les délits de plume
46:59ne doivent pas entraîner
47:00une détention
47:01et je suis très heureux
47:02de la libération
47:02de Boilem Sansal
47:03et je les souhaite
47:03pour en rétablissement
47:04L'état allemand
47:05prendra en charge
47:06le transfert
47:07et les soins
47:08Un avion
47:09est en vol en ce moment
47:10Bonsoir
47:13Maître Cornu Gentil
47:13Bonsoir
47:14Vous êtes l'as des avocats
47:15de Boilem Sansal
47:16On va prendre les dernières
47:17informations avec vous
47:18dans quelques instants
47:19Emmanuel Macron
47:20nous apprend une dépêche
47:21de l'AFP
47:21C'est entretenu aujourd'hui
47:22avec l'écrivain
47:24Alain De Vamel
47:25vous nous avez rejoint
47:26On sera également
47:27dans quelques minutes
47:27et je le salue
47:28avec Daniel Cohn-Bendit
47:29qui est avec nous
47:30comme chaque mercredi
47:31puisque c'est l'Allemagne
47:33qui a joué un rôle important
47:33dans sa libération
47:34d'abord au-delà
47:35j'allais dire au-delà
47:36des polémiques
47:37au-delà de la diplomatie
47:38Alain De Vamel
47:38d'abord peut-être
47:40l'immense soulagement
47:40ce soir
47:41Bah écoutez
47:41c'est la bonne nouvelle
47:43pas simplement de la journée
47:45c'est la bonne nouvelle
47:46du mois quand même
47:47Et on n'a pas tant que ça
47:48en ce moment
47:48C'est ce que je voulais dire
47:50et je pense qu'il y a
47:51beaucoup de gens
47:52qui ont été vraiment
47:53très heureux
47:53d'apprendre ça
47:55on y reviendra
47:57c'est aussi la preuve
47:58qu'une diplomatie intelligente
48:00est plus efficace
48:01que la méthode
48:01Scrognogneu
48:02Ça c'est pour le message politique
48:04Maître
48:05d'abord est-ce que vous avez pu parler
48:06à Boulême Sansa
48:07depuis cette annonce ?
48:08Non malheureusement je n'ai pas encore pu
48:09m'entretenir avec lui
48:10alors que je remarque
48:11que le président de la République
48:12a eu cette chance
48:12d'après la MESEP
48:13Le président lui parle avant son avocat
48:14Voilà mais c'est pas complètement
48:16anormal non plus
48:17Non voilà
48:18j'ai pas eu de contact avec lui
48:20depuis la bonne nouvelle
48:21que j'ai attendu
48:23et espéré
48:24sans en être certain
48:26jusqu'à la dernière minute
48:27compte tenu du fait
48:28que par le passé déjà
48:29il y a quelques mois
48:30on avait espéré
48:32qu'une grâce
48:32pourrait intervenir
48:33à peu près dans les mêmes conditions
48:34que celles qui ont été
48:36mises en oeuvre aujourd'hui
48:37Est-ce que vous savez
48:38très simplement
48:38comment il va ?
48:39Il est malade ?
48:40Il a 81 ans ?
48:40Moi je ne l'ai pas vu depuis juillet
48:42j'ai bénéficié
48:43si j'ose dire
48:44d'un visa
48:44pour quelques jours en juillet
48:46je l'ai rencontré à deux reprises
48:47et il était en bonne forme
48:49il était bien traité
48:49il était en bonne forme
48:50il était évidemment
48:51dans la situation
48:53de quelqu'un qui est privé de liberté
48:54c'est-à-dire une situation
48:55très douloureuse
48:56mais il est très courageux
48:57il ne se plaignait pas
48:57et il était physiquement en forme
48:59Depuis
48:59je n'ai pas pu le rencontrer
49:01donc je ne peux pas
49:02vous donner un témoignage
49:04quelconque sur son état de santé
49:05mais les échos
49:05que j'ai pu avoir
49:06laissent penser
49:08qu'effectivement
49:09son état
49:10n'est pas alarmant
49:11même s'il est souhaitable
49:12compte tenu de son âge
49:13et ce qu'il vient de subir
49:14qu'il soit examiné attentivement
49:16par des médecins
49:16mais voilà
49:16je n'ai pas eu de rumeurs
49:18ou d'informations
49:19trop négatives
49:21mais enfin
49:21c'est les médecins
49:22qui le diront
49:22quand ils le verront
49:23Vous saviez ces derniers jours
49:24qu'il allait se passer quelque chose ?
49:26Oui
49:26c'est-à-dire que depuis quelques jours
49:27effectivement
49:28on avait compris
49:29que ça bougeait
49:30que ça avançait
49:30je n'étais pas dans le secret
49:32des négociations diplomatiques
49:34mais j'avais compris
49:35que c'était plus avancé
49:37que ça n'avait été
49:37la dernière fois
49:38où j'avais eu ces échos-là
49:39puisque
49:40A quoi vous comprenez ça ?
49:41Parce qu'il y a quelques jours
49:42il y a eu un message
49:43ça a été officialisé
49:44c'est-à-dire
49:45en juillet
49:47nous espérions
49:47mais rien n'avait été
49:48officialisé
49:49par les autorités allemandes
49:51ni par les autorités algériennes
49:52et puis effectivement
49:53malheureusement
49:54la grâce n'a pas été prononcée
49:56là depuis quelques jours
49:58on sait qu'officiellement
50:01il y avait des tractations
50:02très avancées
50:03ce qui fait que
50:04j'avais repris espoir
50:05mais encore une fois
50:05j'étais circonspect
50:07compte tenu des fausses alertes
50:09que nous avions connues
50:09par le passé
50:10Au moment où on se parle
50:11Maître il est dans un avion
50:12en direction non pas de la France
50:14mais de l'Allemagne donc
50:15qui est intervenu diplomatiquement
50:17il arrive ce soir en Allemagne ?
50:18C'est ce que j'ai compris aussi
50:19mais encore une fois
50:20comme je n'ai pas eu de contact direct
50:21avec lui
50:22je n'en sais pas plus que vous
50:23à ce sujet
50:23Et pour y être soigné
50:24c'est ce qu'on a cru comprendre
50:25C'est ce que j'ai compris aussi
50:26et je pense que c'est une bonne chose
50:27et que voilà
50:28c'est sans doute
50:29ce qui a facilité
50:29l'aboutissement des négociations
50:31c'est que ce soit
50:32un pays tiers
50:33et qui n'a pas les relations difficiles
50:35que nous avons avec l'Algérie
50:37c'est porté en médiateur
50:40L'Italie avait tenté une médiation
50:42il y a quelques mois
50:43qui n'avait pas fonctionné
50:44cette fois c'est l'Allemagne
50:45Daniel Kohn-Bendit
50:46ce qui vous fait dire ce soir
50:47que c'est une victoire diplomatique
50:49la libération de Boilem Sansal
50:51pour Berlin également
50:52Je ne sais pas si Berlin veut
50:55qu'on me dise
50:56que c'est une victoire diplomatique
50:57c'est une victoire
50:58pour Boilem Sansal
51:00ils ont réussi
51:01c'est le président allemand
51:03qui s'est beaucoup investi
51:05c'est lui qui a organisé
51:07les négociations
51:08il faut savoir
51:09qu'il y a des relations
51:10très spéciales
51:11entre l'Allemagne
51:12et l'Algérie
51:15par exemple
51:15il y a un temps
51:17le président Bouteflika
51:18était soigné
51:19dans un hôpital militaire allemand
51:21et le président actuel
51:23Teboun
51:24a lui aussi
51:25après Corona
51:26été soigné
51:26dans un hôpital militaire allemand
51:28il y a deux ou trois ans
51:30donc il y avait
51:31et toujours
51:32le président pour Teboun
51:34le président Steinmeier
51:35avait organisé
51:37la possibilité
51:38que le président algérien
51:40soit soigné
51:42dans un hôpital militaire allemand
51:44et c'est pour cela
51:46que dans ces relations
51:47et bien depuis
51:48depuis quelques mois
51:49l'office officiel
51:51du livre allemand
51:52le président
51:53qui dessert
51:55cet office
51:55qui dessert
51:56le prix de la paix
51:57chaque année à Francfort
51:58pendant la foire de Francfort
51:59Boilem Sansal
52:01l'avait eu en 2011
52:02et bien
52:03ce président
52:04avec des intellectuels
52:05dont un professeur
52:06d'université
52:07monsieur Legevi
52:08avait donc
52:09discuté
52:11avec le président allemand
52:13et le bureau
52:14du président allemand
52:16a négocié
52:16et depuis
52:17une semaine
52:19ça s'est
52:20accéléré
52:21les Algériens
52:22ont signifié
52:23à la présidence allemande
52:25qu'il allait être
52:26gracié
52:27et c'est pour cela
52:29que les allemands
52:30ont envoyé
52:30ce matin
52:31un avion militaire
52:33à Alger
52:34pour que Boilem Sansal
52:35puisse revenir
52:36à Berlin
52:37où il y aura
52:38un check-up
52:39de sa santé
52:40et puis il pourra aller
52:41où il veut
52:42les toutes dernières informations
52:44avec l'envoyé spécial
52:45de BFM TV
52:46en Allemagne
52:47Daniel Kohn-Bendit
52:48merci beaucoup
52:48pour ces informations
52:50Daniel
52:51il y a évidemment
52:52le soulagement
52:52Alain Demel
52:53et puis il y a
52:53le message politique
52:54adressé par l'Elysée
52:57ce soir
52:57l'Elysée
52:58qui dit
52:59dans une déclaration
53:00à l'AFP
53:01c'est donc l'entourage
53:01du président
53:02dans ces cas-là
53:02on sait comment ça se passe
53:03le bras de fer
53:04avec l'Algérie
53:05ne fonctionne pas
53:05là
53:06c'est un clin d'œil
53:07et même un peu plus que ça
53:08adressé à l'ancien ministre
53:10de l'Intérieur
53:10Bruno Retaille
53:10ça c'est vraiment clair
53:12je dis clin d'œil
53:13tu aurais pu dire autre chose
53:14oui
53:14depuis le début
53:16en fait
53:16il y avait deux lignes
53:18y compris au sein
53:19du même gouvernement
53:20il y avait
53:21la ligne Retailleau
53:23ce que j'appelais
53:24la ligne Scrognogne
53:25qui consistait
53:26à
53:27c'est une épreuve de force
53:29plus on sera dur
53:31plus on obtiendra
53:32etc
53:33et puis il y avait
53:34la ligne
53:34Jean-Noël Barraud
53:35le ministre des Affaires étrangères
53:37qui était de dire
53:38il faut négocier
53:40il faut
53:40trouver des alliés
53:41il faut essayer
53:43de sortir de cette situation
53:46qui est une situation
53:46épouvantable
53:48et de trouver une solution
53:50et pour ça
53:51c'est pas
53:52c'est pas une question
53:53de rouler des épaules
53:54ou bien de mettre
53:55des gants de boxe
53:57c'est
53:58essayer de trouver
53:59des interlocuteurs
54:00et des intermédiaires
54:01c'était
54:02non pas
54:03être viril
54:05mais
54:06être
54:07diplomate
54:08pas chercher
54:09à jouer
54:10les gros bras
54:11chercher
54:12à trouver
54:13des moyens
54:14de s'en sortir
54:15et franchement
54:16il y avait
54:17deux attitudes
54:18ça je l'ai dit
54:19je le pense
54:19depuis le début
54:20ceux qui croyaient
54:22que c'était
54:23en criant plus fort
54:24qu'on arracherait
54:25quelque chose
54:26avec l'Algérie
54:26ça prouve
54:26qu'ils n'ont rien compris
54:28au rapport
54:28entre la France
54:29et l'Algérie
54:29qui sont déjà
54:30assez compliqués
54:31comme ça
54:31pour des raisons historiques
54:32et ceux qui au contraire
54:34essayaient de trouver
54:35des alliés
54:36des détours
54:37des moyens modestes
54:39et bien ceux-là
54:40je ne vais pas raconter
54:41maintenant que j'avais prévu
54:42que ça marcherait bien
54:43parce que ça n'est pas vrai
54:44mais je me disais
54:45il y a une possibilité
54:47pour dire les choses
54:48Bruno Retailleau
54:50en a fait une affaire personnelle
54:52de façon maladroite
54:54et inefficace
54:56et Jean-Noël Barraud
54:57a été plus intelligent
54:59et au bout du compte
55:01plus heureux
55:02Dieu merci
55:03puisque quand même
55:04au-delà des bagarres politiques
55:06l'essentiel
55:06c'est qu'ils soient libres
55:08et j'espère en bonne santé
55:10On l'espère tous
55:11Maître
55:11est-ce que
55:12je ne vais pas vous demander
55:13de commenter Bruno Retailleau
55:14ou Jean-Noël Barraud
55:14je sais que vous ne le ferez pas
55:15mais est-ce que le changement
55:16de stratégie affiché
55:18en tout cas par la France
55:18vis-à-vis d'Alger
55:19a joué un rôle
55:20dans sa libération ?
55:21Ce que je peux dire
55:22c'est que
55:23François Imre
55:24mon confrère
55:25qui est l'autre avocat
55:25de Boualem Sansal
55:26et moi-même
55:27nous avons toujours pensé
55:29que d'associer le cas
55:31de Boualem Sansal
55:32aux différents politiques
55:35entre la France et l'Algérie
55:36était une erreur
55:37et qu'effectivement
55:38compte tenu de ce que
55:40on sait
55:40des relations difficiles
55:42sensibles
55:43avec des
55:44effectivement
55:45des prolongements
55:47politiques
55:48économiques
55:49géostratégiques
55:50quand on sait
55:50ce que sont
55:51les relations
55:51entre la France et l'Algérie
55:52effectivement
55:53Boualem Sansal
55:54n'avait pas été mêlé
55:55à ces différents-là
55:57et donc nous avons toujours pensé
55:59que la bonne solution
56:00c'était la bonne méthode
56:01c'était celle
56:01qui a été employée
56:02et qui a fini
56:03par porter ses fruits
56:03Qui vous remercie ce soir ?
56:05Il faut remercier
56:06l'Allemagne
56:07d'abord l'Allemagne
56:08parce que je pense
56:09que ça a été déterminant
56:10l'intervention de l'Allemagne
56:11et puis les diplomates français
56:12effectivement
56:13les diplomates français
56:13qui ont fait
56:15ce qu'il fallait faire
56:16et le résultat est là
56:17L'une des filles
56:18de Boualem Sansal
56:19a dit quelques minutes
56:19après l'annonce
56:20de sa grâce ce matin
56:21je n'y croyais presque plus
56:23ces derniers temps
56:23vous avez pu leur parler
56:24au défi ?
56:26Je sais qu'elles ont souhaité
56:27m'appeler
56:28j'avais donné à l'ambassadeur
56:29mes coordonnées
56:31pour qu'elles m'appellent
56:31elles ne l'ont pas fait
56:32mais peu importe
56:33Alain Deumel
56:34est-ce que
56:34cette grâce
56:36et ce retour probable
56:37possible en tout cas
56:38de Boualem Sansal
56:38en France sans doute
56:39on l'espère
56:40dans les gens
56:41après ces examens
56:42après ces soins
56:44peut servir de déclic
56:45et amorcer le dégel
56:46je rappelle
56:48c'est important
56:49qu'il y ait un autre français
56:50aujourd'hui
56:51qui est décrit
56:51dans des conditions
56:52très particulières
56:52qui est journaliste
56:53qui s'appelle
56:54Christophe Gleize
56:55condamné à 7 ans
56:56de prison
56:56pour apologie du terrorisme
56:58c'est un journaliste sportif
57:00qui attend son procès
57:01en appel
57:01qui est prévu
57:01dans les tout premiers jours
57:03du mois de décembre
57:03son incarcération
57:04est tout aussi injuste
57:06mais
57:06comme pour Boualem Sansalem
57:09il faut en réalité
57:11essayer de trouver
57:12des moyens
57:14discrets
57:15modestes
57:16flexibles
57:17pour arriver
57:18à un bon résultat
57:19et pas des rodomontades
57:21et pas jouer
57:23les pardaillants
57:24ou je ne sais quoi
57:26en politique
57:31pour marquer des points
57:32il ne faut pas toujours croire
57:34que c'est en faisant
57:37du grand théâtre
57:40c'est pas celui
57:40qui fait le plus de bruit
57:41qui est le plus efficace
57:43ça n'est pas guignol
57:44qui marche
57:44et vous pensez
57:47que ça pourra te permettre
57:48de débloquer
57:49quelques-uns des dossiers
57:50qui pourrissent
57:50les relations
57:51entre les deux pays
57:52on pense aux OQTF
57:53qui ne sont pas respectés
57:54par l'Algérie
57:55au VISA
57:56mais attention
57:57je ne dis pas du tout
57:58qu'on n'est pas
57:59à se plaindre
58:00et en matière
58:01d'immigration
58:02c'est évident
58:04qu'on a à se plaindre
58:05mais justement
58:06quand il y a des sujets
58:07sérieux
58:08qu'il faut traiter
58:08sérieusement
58:09pas traiter
58:10de façon
58:11outrecuidante
58:12pas traiter
58:12en faisant sans arrêt
58:13monter la pression
58:15mais essayer de le faire
58:16intelligemment
58:17il y a des gens
58:17où c'est le métier
58:18on aboutit
58:20et si au contraire
58:22on ne connaît
58:22que les rapports de force
58:23quand on a des rapports
58:26psychologiques
58:28aussi compliqués
58:29mais comme c'est inévitable
58:30avec l'Algérie
58:31quand il s'agit de l'Algérie
58:33il faut être plus intelligent
58:34qu'on a envie de l'être
58:35voilà
58:36et il ne faut pas
58:38en permanence brailler
58:39merci beaucoup
58:41Alain Dehamel
58:42vous n'avez pas de date
58:43prévue encore
58:44pour le retour en France
58:44de Boilem Sans Salle
58:45aucune information
58:46on suivra ça évidemment
58:47merci beaucoup Maître
58:48d'être venu sur ce plateau
58:49bonsoir Maxime
58:50Suitec
58:51bonsoir Marc
58:51non pas un
58:52mais deux rendez-vous
58:53à nous donner ce soir
58:54c'est Suitec puissance 2
58:56Suitec au carré
58:58d'abord évidemment
58:59on va guetter tous ensemble
59:00le retour de Boilem Sans Salle
59:01en Europe
59:02en Allemagne
59:02donc on l'a compris
59:03avec ce que vous venez de dire
59:04l'avion de Boilem Sans Salle
59:05doit atterrir
59:06dans les minutes qui viennent
59:07dans les heures qui viennent
59:08du côté de Berlin
59:09on est déjà à Berlin
59:10BFM est sur place
59:11et on y sera dans un instant
59:13et puis l'autre actualité
59:14ce sont les retraites
59:14vous en avez parlé
59:15avec
59:16il s'est passé quelque chose
59:17alors une journée
59:18qui a été électrique
59:19d'ores et déjà
59:19avec le vote de la suspension
59:20de la réforme des retraites
59:21mais la soirée risque d'être électrique
59:23aussi avec le vote du budget
59:24du budget de la sécu
59:26et on va vivre tout ça
59:27dans une soirée spéciale
59:28jusqu'à minuit évidemment
59:29sur BFM TV
59:30l'info continue
59:30Maxime Suitec dans un instant
59:32bonne soirée à tous
Commentaires