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  • il y a 2 mois
Chaque jour, Marc Fauvelle vous accompagne de 19h à 20h dans 60 minutes Fauvelle sur BFMTV.

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00:00:00Et sans plus attendre, comme promis, le grand débat de 60 minutes avec face à ce soir le président du MEDEF et le secrétaire national du parti communiste.
00:00:19Bonsoir Fabien Roussel.
00:00:20Bonsoir.
00:00:21Avec cravate, j'ai bien noté. Bonsoir Patrick Martin.
00:00:24Bonsoir.
00:00:25Sans cravate, on se lâche un peu du côté du MEDEF. Ravi de vous accueillir ce soir pour ce débat.
00:00:29Je vais me lâcher.
00:00:30XXL, on va voir si vous lâchez. On va essayer de voir ce qui vous éloigne peut-être ce soir sur les grands dossiers du moment et ce qui vous rapproche également.
00:00:38On parlera dans quelques minutes du budget de la Sécu qui a donc été finalement adopté hier.
00:00:43Mais d'abord, si vous voulez bien, c'est deux études publiées ces derniers jours sur les ultra-riches sur la planète et en France.
00:00:49Première étude signée de l'économiste Thomas Piketty sur les ultra-riches dans le monde
00:00:53qui explique que les 56 000 personnes les plus riches de la planète possèdent aujourd'hui trois fois plus que la moitié de l'humanité
00:01:02et que l'écart s'est creusé ces dernières années.
00:01:04Deuxième étude menée cette fois-ci par l'INSEE.
00:01:06En France donc, les 10% des Français les plus fortunés possèdent la moitié du patrimoine de tout le pays.
00:01:12Et là aussi, l'écart s'est creusé.
00:01:15Est-ce qu'il faut s'en inquiéter ? Patrick Martin.
00:01:17Je voudrais commencer par... D'abord, salut Fabien Roussel, avec qui j'ai des accords profonds.
00:01:22On va s'en expliquer à l'instant.
00:01:23Mais je me permets de le dire, probablement un certain nombre de convergences.
00:01:27Nous sommes des patriotes, nous sommes attachés à nos territoires, nous sommes attachés à l'industrie.
00:01:33Et je crois soucieux que notre pays crée de la richesse.
00:01:35Après, c'est sur la répartition qu'on peut diverger le cas échéant.
00:01:38J'espère pas trop.
00:01:39Mais pour revenir à votre question, moi je voudrais simplement souligner que la France est le pays d'Europe.
00:01:44toute proportion gardée, où il y a le moins de milliardaires.
00:01:48Il y en a beaucoup moins qu'en Allemagne, il y en a beaucoup moins qu'en Italie.
00:01:51Et ça me vaut de dire que notre vrai problème, c'est donc de créer de la richesse, avant de la partager.
00:01:5710% les plus fortunés qui possèdent la moitié du patrimoine, ça vous semble...
00:02:0110% des Français qui payent 74% des impôts.
00:02:05Donc tout va bien, Fabien Roussel, à partir du moment où il paye des impôts.
00:02:08Je suis très heureux de débattre avec Patrick Martin.
00:02:10Je suis, moi, un responsable politique qui défend autant le monde du travail que les entreprises.
00:02:18Je sais faire la différence entre les petites entreprises et les grandes entreprises.
00:02:23Celles qui sont cotées en bourse, celles du CAC 40.
00:02:26Je vois que vous, vous préférez, vous aimeriez qu'il y ait plus de milliardaires en France,
00:02:31parce que par rapport à d'autres pays d'Europe, il y en a moins.
00:02:33Moi, j'aimerais surtout que les salariés qui travaillent gagnent mieux leur vie,
00:02:39qu'ils puissent vivre de leur travail.
00:02:40Et ça, c'est un vrai sujet.
00:02:42Et vous avez donc introduit tout de suite la question de la répartition des richesses.
00:02:46Notre pays produit des richesses.
00:02:49Je pense que nous pourrions en produire plus.
00:02:51Et c'est un vrai sujet.
00:02:53La production, investir dans l'outil de production, relocaliser l'industrie.
00:02:57Nous avons véritablement un vrai enjeu là-dessus, de produire plus de richesses.
00:03:01Et bien sûr, de mieux la répartir.
00:03:04C'est-à-dire qu'il y a la question de la répartition de la richesse.
00:03:07Et il y a la question aussi du sens que l'on donne au travail.
00:03:10Pourquoi on travaille ?
00:03:10Est-ce que chacun et chacune, ceux qui nous regardent,
00:03:14doivent travailler pour enrichir des actionnaires pour qu'il y ait plus de milliardaires ?
00:03:19Ou est-ce qu'on doit travailler ?
00:03:21Mais je parle du chef d'entreprise comme du salarié, du cadre, de l'ingénieur, du soudeur.
00:03:26Ou est-ce qu'on travaille pour pouvoir vivre de son travail,
00:03:30être heureux au travail, apprendre au travail, se former au travail ?
00:03:34C'est une vraie question de société quand même.
00:03:37Est-ce que chacun, chacune d'entre nous, on bosse pour enrichir et faire des milliardaires ?
00:03:42Ou est-ce qu'on bosse pour pouvoir vivre et vivre dignement tout simplement ?
00:03:46Et en même temps, à travers nos salaires,
00:03:48financer la protection sociale, financer notre retraite,
00:03:52financer notre sécurité sociale, notre santé,
00:03:54financer la dépendance de nos parents, de nos grands-parents ?
00:03:58C'est tout ça qu'on a comme enjeu en face de nous.
00:04:00Je trouve qu'ils sont merveilleux, mais on a un vaste chantier pour reconstruire la France.
00:04:06J'évoquais des points de convergence relatifs dans tous les propos que vous venez de tenir.
00:04:11Il y a des points de convergence.
00:04:13Il y a un phénomène qui, en définitive, dans le débat public, je veux dire dans le débat politique, est occulté.
00:04:18C'est que la France, étant encore la septième puissance économique mondiale,
00:04:22elle n'est plus qu'au 25e rang en termes de pouvoir d'achat par habitant.
00:04:28C'est un vrai scandale.
00:04:29Il y a quelques années encore, on était sur un pied d'égalité avec les Allemands, avec les Hollandais.
00:04:33Dorénavant, les Hollandais ont un pouvoir d'achat de 50% supérieur à celui des Français.
00:04:37Les Allemands, 30%.
00:04:38Je ne parle pas des Suisses.
00:04:39Et donc, le vrai sujet, me semble-t-il, sur lequel on doit débattre, avant de parler du partage à valeur,
00:04:47c'est donc de la création de valeur.
00:04:48Qu'est-ce qui se passe actuellement dans le cadre des budgets, du vote des budgets ?
00:04:52Projet de loi de finances, projet de loi de finances de la sécurité sociale.
00:04:55On vient réduire la quantité de travail et on vient dissuader l'investissement.
00:05:01Sauf erreur de ma part, pour produire, il faut du capital et du travail.
00:05:06Ça évoque évidemment quelque chose pour eux.
00:05:08Je finis simplement en vous présentant de loin, c'est assez compliqué.
00:05:11Je n'ai pas le bras assez long.
00:05:12Montrez-le à la caméra ou je vais le montrer, si vous voulez, Patrick Partin.
00:05:15Si vous pouvez le glisser jusqu'à moi, vous êtes venu avec vos courbes, je viens les chercher.
00:05:18Ce sont des chiffres de Telsat, donc ce ne sont pas des chiffres du MEDEF, qui établissent quoi ?
00:05:22Qui établissent que quoi qu'on en pense, le partage de la valeur dans les entreprises françaises est le plus équitable.
00:05:28Je vais le montrer, mais honnêtement, je pense qu'on ne verra rien de si loin.
00:05:30Mais je vais le tenter quand même.
00:05:31Je l'ai un peu en tête.
00:05:33Le partage de la valeur dans les entreprises françaises est de loin, de loin, le plus favorable aux salariés de l'Union européenne.
00:05:40Le rendement des capitaux investis dans les entreprises françaises est de loin le plus faible de l'Union européenne.
00:05:45Et je crois que c'est ça notre vrai sujet.
00:05:47On s'est accordé il y a quelques années avec les syndicats, hormis la CGT,
00:05:50pour constater qu'au fil des ans, ce partage de la valeur ne s'était pas déformé au détriment des salariés.
00:05:56Il s'est déformé au profit de l'État, avec des prélèvements qui sont toujours plus lourds.
00:06:00Et que par comparaison avec les autres pays, nous étions, pardon de l'expression, c'est un peu provocateur, les plus vertueux.
00:06:06Je reviens simplement sur ces deux études que je citais il y a quelques instants,
00:06:09qui disent aussi la même chose sur un autre point.
00:06:12Ce n'est pas en travaillant qu'on s'enrichit aujourd'hui, c'est avec le patrimoine qu'on hérite.
00:06:16C'est ce que disent l'étude Piketty et l'étude de l'INSEE, le poids de l'héritage ou de la transmission pendant la vie
00:06:22est bien plus important que tout ce qu'on peut gagner, en tout cas c'est le meilleur moyen de s'enrichir aujourd'hui.
00:06:27En une solution, et on n'est même pas obligé de parler de la taxe Zuckman,
00:06:31mais en une solution, qu'est-ce que vous faites, vous Fabien Roussel, là-dessus ?
00:06:34Rien en disant tant mieux si tout le monde s'enrichit, ou vous prenez aux plus riches pour donner aux autres ?
00:06:38Ce n'est pas seulement la part de l'héritage.
00:06:41J'ai regardé ce beau reportage fait par Elise Lucet sur Bernard Arnault,
00:06:47c'est aussi les dividendes.
00:06:49C'est-à-dire qu'il y a aujourd'hui une part des grandes entreprises, des grands actionnaires,
00:06:55des grands actionnaires de notre pays, comme Bernard Arnault,
00:06:58qui se versent un très petit revenu, un très petit salaire,
00:07:01mais qui a perçu en 2023 3,7 milliards, je crois, de dividendes.
00:07:07Lui, personnellement, pas sa famille, pas le groupe, lui, lui, personnellement,
00:07:11il a perçu plus de 3 milliards de dividendes, sur lesquels le taux d'imposition est extrêmement faible,
00:07:17puisque c'est un taux d'imposition lié à la PFU, le prélèvement fétérinique, c'est 30%.
00:07:24C'est-à-dire que là-dessus, il n'y a pas de cotisation, ils ne cotisent pas.
00:07:28Ils payent de la CSG, comme moi, ils payent de la CRDS, comme moi,
00:07:33ils payent de l'impôt, comme moi, mais ils ne cotisent pas quand même.
00:07:36Et donc, ils se versent. C'est ça, le problème.
00:07:39Est-ce que ça, c'est un problème ?
00:07:40Ce que nous proposons, M. Fauvel, c'est que sur ces revenus que nous, nous appelons des revenus financiers,
00:07:47c'est un revenu pour lui. Il gagne plus d'argent par les dividendes que par ses salaires,
00:07:50mais qu'il cotise, tout simplement, comme n'importe quel employeur, comme n'importe quel salarié,
00:07:55qu'il y ait une cotisation de ceux qui financent notre modèle social. C'est la moindre des choses.
00:07:58Alors, je voudrais simplement rappeler, mais vous le savez pertinemment,
00:08:01que dans le prélèvement forfaitaire unique, il y a 17% de cotisation sociale à travers la CSG.
00:08:08Donc, ça contribue bien à l'équilibre des régimes sociaux.
00:08:10Comme nous, nous cotisons tous à la CSG.
00:08:12Premier point, quel est le rendement des capitaux investis dans des entreprises françaises ?
00:08:16En moyenne, 3%. Est-ce que pour gagner 3% par an en dividendes, vous vous mettriez en risque,
00:08:24comme Bernard Arnault l'a fait, et comme bien d'autres, comme moi, je le fais ?
00:08:27Je rappelle que quand Bernard Arnault a pris la tête de son entreprise, c'était Férinel à l'époque,
00:08:31il devait y avoir quelques 250 salariés. Il a maintenant, simplement en France, 40 000 salariés.
00:08:37Je ne crois pas que les salariés de LVMH soient les plus maltraités de France.
00:08:40Et moi, je m'honore, je m'honore que nous ayons dans notre pays, mais dans les rangs du MEDEF,
00:08:45aussi bien des très grands groupes comme celui que vous évoquez, et bien d'autres encore,
00:08:49autant que des PME, des TPE. Nous avons 240 000 entreprises dans nos rangs.
00:08:53Eh bien, je peux vous dire qu'opposer les grandes entreprises aux petites entreprises,
00:08:57c'est peut-être facile sur le plan de la polémique, mais c'est une hérésie sur le plan économique.
00:09:03Moi, je vais parler de ma propre entreprise.
00:09:04Si ma propre entreprise n'avait pas des clients qui sont des grands groupes, en partie internationalisés,
00:09:09je peux dire que mon entreprise ne serait pas dans l'état dans lequel elle est.
00:09:11Et donc, c'est un tissu économique, c'est un écosystème, comme on dit maintenant.
00:09:16Je pense que c'est très dangereux de vouloir opposer les grands et les petits.
00:09:19Mais là où je les oppose, M. Martin, et ce qui est regrettable,
00:09:24c'est que ces grands groupes qui brassent énormément d'argent,
00:09:28qui ont des avocats fiscalistes,
00:09:29qui leur permettent de faire de l'évitement fiscal à gogo,
00:09:33qui leur permettent de transférer leurs bénéfices, une part de leurs dividendes,
00:09:37dans des paradis fiscaux, dans des pays, via des holdings, où ils payent moins d'impôts.
00:09:43Cela trahisse le contrat social du pays, justement.
00:09:47Une petite entreprise, elle n'a pas les moyens de faire ça.
00:09:49La deuxième chose que je regrette, c'est que ces grands groupes, justement,
00:09:53sont ceux qui, depuis des années, ont fait le choix d'investir à l'étranger,
00:09:58de délocaliser une partie de la production de notre pays,
00:10:01au lieu d'investir dans notre pays.
00:10:03Et c'est là où nous avons vécu une désindustrialisation totale.
00:10:07Nous avons perdu plus de 2 millions d'emplois ces 30 dernières années.
00:10:13Mais c'est une catastrophe.
00:10:15Et c'est là où je dis que nous avons un véritable défi à relever ensemble.
00:10:19C'est la réindustrialisation du pays.
00:10:21Or, aujourd'hui, encore maintenant, ils investissent aux États-Unis,
00:10:25ils investissent en Chine, et la France et le pays où ces groupes
00:10:29investissent le plus à l'étranger par rapport à l'Allemagne et l'Italie,
00:10:32qui sont deux pays européens que l'on compare souvent entre nous.
00:10:35La réponse de Patrick Martin, et on parle juste après du budget de la sécu.
00:10:38Alors, pourquoi ces groupes ? Il ne faut pas en faire une généralité.
00:10:41Beaucoup d'entre eux continuent à investir en France.
00:10:43Pourquoi ces groupes vont-ils investir à l'étranger,
00:10:46y compris au sein de l'Union européenne ?
00:10:47D'abord parce qu'il y a des marchés dynamiques,
00:10:49et ensuite parce que leurs conditions d'exploitation sont plus favorables.
00:10:52J'imagine qu'on va parler des aides aux entreprises.
00:10:54Si nous avions en France les mêmes conditions,
00:10:59le même niveau de prélèvements obligatoires fiscaux et sociaux qu'en Allemagne,
00:11:04on aurait de l'ordre de 100 milliards d'économies,
00:11:07et donc la France serait plus compétitive,
00:11:08par voie de conséquence plus attractive pour les investisseurs.
00:11:11L'impôt sur les bénéfices en Allemagne et en Italie sont plus élevés qu'en France.
00:11:16Et eux investissent moins en Chine et aux États-Unis.
00:11:21Les chiffres sont têtus.
00:11:22Nous on a, de par nos grands groupes,
00:11:25on a 62% des emplois de ces grands groupes qui sont à l'étranger,
00:11:29quand l'Allemagne et l'Italie sont autour de 30%.
00:11:31On est un des pays où les grands groupes tricolores investissent le plus à l'étranger.
00:11:36Si encore c'était pour vendre dans ces continents ce que certains font,
00:11:42mais c'est pas ça, c'est qu'ils produisent là-bas
00:11:46pour ensuite importer en France et en Europe.
00:11:49Et c'est là où il y a un coup de poignard dans le dos,
00:11:51où il y a une trahison et qu'il faut empêcher.
00:11:55Et il doit y avoir des lois aujourd'hui qui empêchent,
00:11:58qui interdisent ces délocalisations, ces délocalisations boursières.
00:12:02Parce que le seul objectif, c'est la rentabilité financière.
00:12:05C'est pas de servir le pays, c'est pas de servir les emplois,
00:12:08c'est pas de servir le climat.
00:12:09Fabien Roussel, Patrick Partin, pardon, je voudrais qu'on avance un tout petit peu.
00:12:12Promis, je vais vous redonner la parole dans quelques instants
00:12:14pour parler de l'actualité du jour, actualité économique et politique,
00:12:17l'adoption du budget de la sécurité sociale hier avec 13 voix d'avance,
00:12:22mais pas les voix des communistes qui ont voté contre.
00:12:25D'ailleurs, ça va peut-être vous rapprocher ce sujet-là,
00:12:28parce que vous étiez inquiet du budget de la Sécu, Patrick Martin,
00:12:32les communistes ont voté contre aussi, sans doute pas pour les mêmes raisons,
00:12:35mais est-ce que ce soir vous êtes soulagé par cette adoption
00:12:38ou encore inquiet, Patrick Martin ?
00:12:41D'abord, le MEDEF n'a pas eu à voter, j'en rappelle que le MEDEF...
00:12:43Vous n'étiez pas dans l'hémicycle, je crois.
00:12:44Vraiment au Parti communiste.
00:12:47Ensuite, ce PLFSS est extrêmement décevant, et je dirais inquiétant,
00:12:52il est décevant parce qu'il y a des économies qui s'imposent
00:12:54au regard de l'État critique de nos finances publiques,
00:12:57et par ailleurs, en ce sens que, je le redis,
00:13:00il fait exactement l'inverse de ce qu'il faudrait faire
00:13:02pour favoriser le site France, la production en France,
00:13:05l'attractivité de la France.
00:13:07La reculade sur la réforme des retraites va porter préjudice à qui ?
00:13:12Pas aux entreprises, aux pays, aux futures générations,
00:13:16et on ne règle pas ce problème cruel de déficit et de dette publique.
00:13:20On fait payer les plus jeunes, c'est ça ce que vous dites ?
00:13:23On a revalorisé les retraites finalement qui ne devaient pas être indexées,
00:13:27on suspend la réforme ?
00:13:27D'une certaine manière, on est dans le déni.
00:13:29Je crois que tous les chiffres convergent du Conseil d'orientation des retraites,
00:13:33ceux de l'OCDE, ceux de la Cour des comptes,
00:13:35pour dire qu'on va droit dans le mur,
00:13:37d'une manière générale sur notre protection sociale,
00:13:40singulièrement sur nos retraites.
00:13:42Et donc, on cale devant l'obstacle,
00:13:44on met la poussière sous le tapis,
00:13:45le problème ne pourra que s'amplifier.
00:13:47Et donc, c'est l'intérêt des salariés et des retraités
00:13:51d'avoir quand même des régimes de retraite qui s'équilibrent.
00:13:53Nos concitoyens, les jeunes en particulier,
00:13:55ne font plus confiance dans les régimes sociaux.
00:13:57Eh bien, je pense qu'ils sont plein de bon sens
00:13:58et que malheureusement, ils ont bien raison.
00:14:00Fabien Roussel, sur les retraites d'abord, peut-être ?
00:14:02Le déni de réalité que décrit Patrice Parfait ?
00:14:04C'est révélateur, mais là, c'est un point de divergence profond.
00:14:07C'est que, le point de divergence entre nous,
00:14:10c'est que nous nous regrettons qu'il y ait eu cette réforme des retraites
00:14:14à 64 ans pour l'ensemble des salariés,
00:14:1762 pour les métiers pénibles,
00:14:19qui devaient partir à 61 ans.
00:14:21Tout le monde a pris deux ans.
00:14:23Tout le monde a pris plus de trimestres pour avoir droit à une pension pleine.
00:14:25des femmes vont devoir travailler jusqu'à 67 ans.
00:14:28Cette réforme est injuste et a été brutale,
00:14:33imposée violemment par un 49-3.
00:14:35Et les Français, aujourd'hui, sont toujours vent debout
00:14:37contre cette réforme des retraites.
00:14:38Et je suis très heureux qu'elle s'impose encore dans le débat politique aujourd'hui.
00:14:42Et je suis très heureux que, sous la pression,
00:14:45nous ayons réussi à obtenir un petit bouger,
00:14:49c'est-à-dire une suspension-décalage de trois mois
00:14:51à partir de la génération 64.
00:14:53C'est bien modeste, je suis très content pour ceux qui vont pouvoir en bénéficier.
00:14:57Et je pense, moi, à ces hommes et ces femmes qui ont des métiers durs,
00:15:01pénibles, qui sont cassés par le travail,
00:15:03qui n'ont qu'une hâte, c'est de pouvoir partir avec une retraite
00:15:06qui, aujourd'hui, représente même pas 50%, 55% de ces 25 meilleures années.
00:15:11C'est-à-dire des retraites qui ne sont même pas au niveau.
00:15:13L'enjeu, aujourd'hui, c'est de leur permettre de partir au plus tôt.
00:15:17Nous, nous nous battons contre cette réforme des retraites
00:15:20et donc pour son abrogation et pour relever le niveau des pensions.
00:15:24Pour que ceux qui ont travaillé 40, 42 ans puissent vivre et vivre heureux.
00:15:28Et le vrai débat qu'on a entre nous,
00:15:30on l'a déjà eu à la fête de l'humanité, d'ailleurs,
00:15:32c'est quelle part des richesses du PIB,
00:15:36des richesses que nous produisons,
00:15:37quelle part des richesses nous investissons dans notre système de retraite ?
00:15:40Est-ce que nous le maintenons à 13% tel qu'il est aujourd'hui ?
00:15:45Est-ce qu'on le maintient à ce niveau-là ?
00:15:47Ou est-ce que, vous, vous voulez le baisser ?
00:15:49Et nous, nous disons qu'il faut l'augmenter d'un point.
00:15:51Pourquoi ? Parce qu'on vit plus longtemps.
00:15:53Parce qu'il y a des personnes qui sont aujourd'hui en état de dépendance
00:15:56et qu'il faut prendre en charge, évidemment,
00:15:59parce que ce sont nos grands-parents
00:16:00et qu'on ne peut pas les laisser dans des mouroirs sans soins.
00:16:02Et donc, oui, il faut y consacrer plus de richesses.
00:16:05C'est une question de dignité et d'humanité.
00:16:08Le meilleur moyen d'y consacrer plus de richesses,
00:16:10c'est déjà de produire plus.
00:16:11Exactement. Là, on est d'accord.
00:16:12Que faut-il pour produire plus ?
00:16:15Que faut-il pour produire plus ?
00:16:16C'est là-dessus qu'il faut s'accorder.
00:16:17Il faut travailler plus et attirer les investisseurs.
00:16:22Vous avez failli être d'accord sur trois phrases à la suite.
00:16:24Que l'on soit plus nombreux à travailler avant de travailler plus.
00:16:26Alors, Patrick Martin, avant de travailler plus,
00:16:29soyons plus nombreux à travailler.
00:16:31Il y a 5 millions de personnes.
00:16:32Vous le savez, pour ainsi dire, une obsession.
00:16:36Le terme est peut-être inapproprié, mais je l'assume.
00:16:38C'est qu'on s'occupe beaucoup plus des jeunes.
00:16:41Parce qu'on a une poche scandaleuse de chômage,
00:16:46de jeunes qui sont des exclus, etc.
00:16:47Et donc, il faut qu'on travaille ça beaucoup plus qu'on ne le fait.
00:16:51Je vous propose un deal.
00:16:52Non, mais attendez, je finis.
00:16:53La réponse est le deal ensuite.
00:16:55Je finis et on le deal éventuellement ensuite.
00:16:57Tout ce que vous dites là, d'un point de vue humain.
00:17:02On peut l'entendre, on peut le partager.
00:17:04Ça ne donne pas l'ombre d'une esquisse de solution quant au financement.
00:17:08Et vous savez, comme moi, et je le redis, tous les chiffres en attestent,
00:17:11qu'en suspendant, sans même revenir à 62 ou à 60 ans, a fortiori,
00:17:16on va creuser massivement le déficit des retraites.
00:17:20Comme d'ailleurs, on est en train délibérément de creuser le déficit de l'assurance chômage.
00:17:24Donc, à un moment donné, il y a un principe de réalité.
00:17:27Et moi, je veux bien croire à l'argent magique.
00:17:30Je ne l'ai encore jamais vu.
00:17:31Non, mais il n'y a pas d'argent magique.
00:17:33L'argent, il est issu des richesses que nous produisons et de la justice sociale.
00:17:37Et vous savez que dans les propositions de financement d'une meilleure réforme des retraites,
00:17:42nous proposons par ailleurs l'égalité femmes-hommes dans les salaires.
00:17:45Ça fait tout de suite gagner 4 à 5 milliards d'euros de cotisations supplémentaires.
00:17:49Mais il y a aussi ce que je disais tout à l'heure,
00:17:51une cotisation sociale sur les revenus financiers.
00:17:54500 milliards d'euros de revenus financiers en 2024.
00:17:57Vous mettez 10% dessus, ça fait tout de suite 50 milliards.
00:17:59Mais je vais vous proposer un deal concernant la jeunesse.
00:18:02Allons-y.
00:18:03La jeunesse, c'est un sujet de préoccupation majeure.
00:18:06Nous devrions avoir toutes nos priorités, toute notre énergie consacrée
00:18:09à faire en sorte que chaque jeune de notre pays ait la meilleure éducation,
00:18:13la meilleure formation et un avenir.
00:18:16Un avenir correspondant à ses compétences, à ce qu'il sait faire,
00:18:19que ce soit dans l'industrie, dans la recherche, dans les services publics.
00:18:22Ils sont 800 000 à sortir de nos écoles tous les ans.
00:18:26Garantissons-leur, vous avec l'État, mais vous les entreprises,
00:18:30à chacun et chacune d'entre eux un emploi.
00:18:32Un emploi correspondant à leur formation,
00:18:35avec un salaire correspondant à leur formation, à leur niveau de diplôme.
00:18:39Je suis scandalisé de voir des jeunes ingénieurs sortir avec un Bac plus 5,
00:18:44Bac plus 6, en fonction de ce qu'ils ont fait,
00:18:46et à qui on leur propose des salaires de 2200, 2300 euros nets.
00:18:50C'est indécent.
00:18:51Ce n'est pas juste, ce n'est pas au niveau.
00:18:53On a des cerveaux chez nous, des mathématiciens, des data-scientistes
00:18:57qui sont encore en train de chercher du boulot.
00:19:00Et on a des jeunes qui pourraient être soudeurs,
00:19:03qui pourraient être mécano, qui pourraient être électriciens.
00:19:05On en a besoin dans l'industrie, on a tué ces filières dans nos lycées professionnels,
00:19:09et je le regrette profondément.
00:19:11On a transmis ça à des officines privées aujourd'hui, de plus en plus,
00:19:17et ça ne va pas.
00:19:19Faisons de la formation un enjeu, et faisons avec les entreprises un deal
00:19:24que chacun de nos jeunes, chacun de nos enfants ait un boulot et un salaire.
00:19:29Écoutez, qui, sinon le MEDEF, s'est emparé, séance tenante,
00:19:33quand l'État l'a souhaité, de l'accueil des stagiaires de seconde ?
00:19:36Où sont 98% des apprentis ?
00:19:39Dans les entreprises privées.
00:19:40C'est assez étonnant qu'il n'y en ait pas plus dans le secteur public.
00:19:43Qui s'est emparé très résolument de la réforme des lycées professionnels ?
00:19:46Le MEDEF.
00:19:47Moi, j'ai encore visité, il y a 15 jours, deux lycées professionnels.
00:19:50Nous avons des lycées professionnels d'excellence.
00:19:53Mais appelons un chat un chat.
00:19:54Nous avons aussi des lycées professionnels,
00:19:56et ça n'est en rien lié aux enseignants eux-mêmes,
00:19:58où on égare dans des filières et dans des formations
00:20:02qui n'ont plus aucun débouché,
00:20:04des jeunes qui, à la fin, ne trouveront pas d'emploi,
00:20:07seront frustrés et seront dans la misère.
00:20:10Je suis prêt pour ce deal.
00:20:11On a parlé, messieurs, beaucoup de la France depuis tout à l'heure.
00:20:13Je voudrais qu'on dézoome un peu
00:20:15pour parler de trois mots qui sont en train peut-être de révolutionner
00:20:18ce qui se passe à l'échelle de la planète.
00:20:20Ces trois mots, ce sont droits de douane,
00:20:23imposés, relancés.
00:20:24On le sait depuis que Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche.
00:20:27Emmanuel Macron, récemment, à son retour du voyage de Chine,
00:20:29a dit que si on n'arrive pas à convaincre les Chinois
00:20:31d'exporter moins chez nous,
00:20:34il faudra envisager des droits de douane supplémentaires.
00:20:36Je voudrais connaître votre position à tous les deux là-dessus.
00:20:38Est-ce que vous dites qu'on n'y échappera pas,
00:20:41il va falloir taxer davantage ceux qui arrivent en France,
00:20:43qui d'ailleurs a en survivre les conséquences,
00:20:46ou est-ce que vous dites surtout pas,
00:20:47parce que ça garantit aujourd'hui le pouvoir d'achat des Français ?
00:20:50Patrick Martin.
00:20:51Très intéressant ce que vous venez de dire, bien sûr.
00:20:54Je crois être le seul dans ce pays
00:20:55avoir reçu à deux reprises le patron mondial de Chine,
00:20:59qui fait mine de découvrir
00:21:02que certaines des livraisons qu'il fait,
00:21:04que le groupe Chine fait,
00:21:06ne sont pas conformes à nos réglementations,
00:21:08y compris sanitaires,
00:21:09qu'au cas par cas,
00:21:10ils contournent nos règles douanières,
00:21:12qu'ils ne sont peut-être pas tout à fait réalistes
00:21:15dans la valorisation de leurs expéditions
00:21:17pour ne pas payer de TVA.
00:21:18Je suis le seul à l'avoir rencontré.
00:21:19Donc je peux vous dire qu'à l'issue de chacune de ces deux conversations,
00:21:23chacune de deux heures,
00:21:24le même monsieur Donald Tang,
00:21:26avec un petit sourire en coin,
00:21:27m'a dit,
00:21:28enfin, en attendant,
00:21:29j'ai des clients.
00:21:30Et donc,
00:21:31il faut que chacun de nos concitoyens
00:21:32se mette d'accord avec lui-même.
00:21:34C'est-à-dire que les mêmes
00:21:35qui dénoncent
00:21:36des atteintes à l'environnement,
00:21:38qui dénoncent
00:21:38des conditions de travail,
00:21:40qui,
00:21:40dans certains cas,
00:21:41ne sont pas conformes à nos s'en bas,
00:21:43ne sont pas les derniers
00:21:45à acheter chez Chine.
00:21:47Et je finis là-dessus.
00:21:48Il se passe quelque chose extraordinaire.
00:21:48Et vous avez raison,
00:21:49mais est-ce que l'État a un pari rôle aussi ?
00:21:51Je suis pour la sobriété,
00:21:52je suis pour la frugalité.
00:21:53J'ai découvert
00:21:54que là où nous devrions
00:21:56consommer moins de vêtements en particulier,
00:21:59défendre notre industrie du textile
00:22:00et de l'habillement,
00:22:01en réalité,
00:22:02en volume,
00:22:03la consommation de vêtements
00:22:04explose
00:22:05parce que
00:22:06ces grands sites chinois
00:22:07inondent le marché
00:22:08avec du dumping tarifaire.
00:22:10Je donne la parole à Fabien Roussel,
00:22:12mais je vous reposerai la question
00:22:13dans un instant.
00:22:13Est-ce qu'il faut taxer davantage ou pas ?
00:22:15Fabien Roussel,
00:22:15taxe ou pas ?
00:22:16Droits de douane ou pas ?
00:22:18À l'entrée de nos frontières,
00:22:19frontières européennes ?
00:22:20Non.
00:22:21Je vais vous dire.
00:22:21Non mais,
00:22:22on pourrait en mettre
00:22:24un peu,
00:22:26mais
00:22:26je ne pense pas
00:22:27que ce soit la solution.
00:22:29Ce que fait Donald Trump
00:22:30avec les droits de douane,
00:22:32c'est une déclaration
00:22:34de guerre commerciale
00:22:35qu'il fait à tous les continents,
00:22:36à tous les pays,
00:22:37y compris à l'Union Européenne
00:22:38et à la France.
00:22:39Et d'ailleurs,
00:22:40j'ai honte
00:22:41de voir l'attitude
00:22:42de la France
00:22:43et de l'Union Européenne
00:22:43qui se couche.
00:22:45Il déclare une guerre commerciale
00:22:47et cette guerre commerciale
00:22:49avec des droits de douane,
00:22:51c'est les peuples
00:22:51qui vont la supporter
00:22:53et qui vont payer plus cher
00:22:54les produits
00:22:54qui seront taxés
00:22:56en rentrant
00:22:56dans les pays
00:22:58de l'Union Européenne
00:22:59ou en rentrant
00:22:59aux Etats-Unis.
00:23:00Parce que tous ces
00:23:01produits
00:23:02qui sont importés,
00:23:03qui rentrent aux Etats-Unis
00:23:05avec des droits de douane
00:23:05de 10, 20, 30%
00:23:07comme il les annonce,
00:23:08qui les payent ?
00:23:08Ce sont les travailleurs américains
00:23:09qui, demain,
00:23:11vont payer les droits de douane
00:23:12que nous mettrions
00:23:13aux frontières européennes.
00:23:15Mais c'est les travailleurs,
00:23:16les salariés,
00:23:16les familles françaises,
00:23:18espagnoles, italiennes.
00:23:20Et donc,
00:23:20c'est toujours les mêmes
00:23:21qui payent
00:23:21quand c'est une guerre commerciale.
00:23:23Donc,
00:23:23pour moi,
00:23:24la solution,
00:23:25c'est pas ça.
00:23:26La solution,
00:23:26c'est de soigner
00:23:27notre outil de production.
00:23:29C'est faire en sorte
00:23:29qu'en France
00:23:30comme en Europe,
00:23:31il y ait une sorte de...
00:23:32En Europe,
00:23:32c'est un European by Act
00:23:34et la même chose en France,
00:23:35c'est-à-dire choisir
00:23:36la production française.
00:23:38Je reviens de Pont-à-Mousson,
00:23:39Saint-Gobain,
00:23:40où on produit
00:23:42ces tubes,
00:23:43ces tuyaux en fonte.
00:23:45C'est la seule usine
00:23:46de France,
00:23:47700 salariés,
00:23:48qui produisent des tubes
00:23:49en fonte
00:23:50pour transporter l'eau
00:23:51dans nos canalisations.
00:23:53Ils sont en concurrence
00:23:54avec des tubes indiens,
00:23:56des tuyaux indiens
00:23:57et chinois.
00:23:58Et il y a un enjeu majeur
00:24:00à faire en sorte
00:24:00qu'en France,
00:24:01on choisisse,
00:24:02bien sûr,
00:24:02la production française
00:24:03que la production chinoise
00:24:05et indienne.
00:24:06Et ça,
00:24:07c'est des appels d'offres,
00:24:08c'est des choix politiques,
00:24:09c'est la commande publique
00:24:10qui le fait.
00:24:11Et donc,
00:24:11investissons d'abord
00:24:12ArcelorMittal.
00:24:13Mais ArcelorMittal,
00:24:14il investit au Brésil,
00:24:16aux Etats-Unis,
00:24:17on va le laisser.
00:24:17Et c'est lui qui importe,
00:24:19c'est Mittal qui importe
00:24:20en Europe,
00:24:21l'acier qu'il produit
00:24:22en Inde.
00:24:23Mais l'enjeu,
00:24:24c'est de nationaliser
00:24:26Mittal en France
00:24:28et de produire
00:24:28de l'acier en France.
00:24:30Produisons en France
00:24:31plutôt que de nous occuper
00:24:32de ce qui se passe
00:24:32à l'extérieur.
00:24:33Est-ce que vous dites
00:24:33la même chose,
00:24:34Patrick Marfaz ?
00:24:34Non, pas tout à fait.
00:24:35Pas tout à fait.
00:24:36Et je dénonce
00:24:37cette forme de naïveté
00:24:38ou d'angélisme
00:24:38de la France
00:24:39et de l'Europe
00:24:40qui, en ne privilégiant
00:24:41que le consommateur
00:24:43au détriment du producteur,
00:24:44ont laissé s'affaisser
00:24:45des pans entiers
00:24:46de notre industrie
00:24:47en matière de compétitivité.
00:24:49Ça renvoie quand même
00:24:50au débat
00:24:50qu'on a eu initialement.
00:24:51Si on ne réunit pas
00:24:52les conditions
00:24:53de la compétitivité
00:24:54pour notre industrie,
00:24:54il ne faut pas s'étonner
00:24:55qu'elles se fassent
00:24:56écrabouillées,
00:24:57en particulier
00:24:57par les industriels chinois
00:24:59qui sont très prédateurs.
00:25:01Donc, au cas par cas,
00:25:02au cas par cas,
00:25:03qu'on ait temporairement
00:25:05des mesures de protection
00:25:07sur certains secteurs
00:25:08d'activité,
00:25:09pourquoi pas ?
00:25:09Mais ça n'a aucun sens
00:25:11si rapidement,
00:25:13dans l'urgence,
00:25:13on ne mobilise pas
00:25:14des moyens
00:25:15pour regagner
00:25:15en compétitivité,
00:25:16pour investir beaucoup plus
00:25:17qu'on ne le fait.
00:25:18En France,
00:25:19l'investissement est en baisse
00:25:20depuis deux ans.
00:25:21Alors qu'on devrait
00:25:21se digitaliser,
00:25:22on devrait se décarboner.
00:25:24Et je finis là-dessus
00:25:24parce que c'est la microéconomie
00:25:26moi qui m'intéresse.
00:25:27On demande par exemple
00:25:28à nos cimentiers
00:25:29et à nos sidérurgistes
00:25:29de se décarboner.
00:25:31Très bien.
00:25:32Mais dans le même temps,
00:25:33on les laisse se faire
00:25:34concurrencer sauvagement
00:25:35par des prédateurs étrangers.
00:25:38Donc, à un moment donné,
00:25:38il y a un principe
00:25:39de cohérence,
00:25:40de réalité.
00:25:41Si notre industrie
00:25:42n'a pas les moyens
00:25:42de ses ambitions,
00:25:43il ne faut pas...
00:25:44D'un mot.
00:25:45Je vais aller vite.
00:25:46Vous avez défendu
00:25:47les accords de libre-échange
00:25:49qui ont été signés
00:25:50avec la Chine,
00:25:51avec les Etats-Unis,
00:25:52avec l'Inde
00:25:52et c'est bien la raison
00:25:53pour laquelle aujourd'hui
00:25:54est failli aussi
00:25:55par ces produits,
00:25:56je ne parle pas
00:25:56des petits colis,
00:25:57ces produits,
00:25:58ces voitures,
00:25:59cet acier qui vient ici.
00:26:00Et donc,
00:26:01c'est à ça
00:26:01qu'il faut s'attaquer
00:26:02à cette Europe,
00:26:03l'Europe de Maastricht
00:26:04notamment que nous avons combattue.
00:26:06Si, si.
00:26:06J'avais dit un mot.
00:26:07Il y a une coïncine.
00:26:09C'est pour ça
00:26:09que c'est plus intelligent
00:26:11de s'attaquer
00:26:11à ces traités
00:26:13de libre-échange
00:26:13qui nous mettent
00:26:15en concurrence
00:26:15avec des pays
00:26:16qui forcément ont
00:26:17des coûts de travail
00:26:17qui sont inférieurs aux nôtres
00:26:19plutôt que de demander
00:26:20aux Français
00:26:20de s'aligner
00:26:21sur le coût de travail
00:26:21de l'Inde
00:26:22de la Chine.
00:26:23Ce n'est pas du tout
00:26:24mon propos.
00:26:24Et ensuite,
00:26:25le coût de l'énergie,
00:26:26le coût de l'énergie,
00:26:27Patrick Martin,
00:26:28si on veut investir
00:26:29en France,
00:26:29si on veut soutenir
00:26:30notre industrie,
00:26:31ce n'est pas une hérésie
00:26:32aujourd'hui
00:26:33d'avoir un coût
00:26:34de l'électricité
00:26:35qui est deux fois,
00:26:35trois fois plus fort
00:26:36qu'aux Etats-Unis
00:26:38alors que nous avons
00:26:39des centrales nucléaires.
00:26:40Nous avons tout ce qu'il faut
00:26:41pour produire l'électricité
00:26:43la moins chère,
00:26:44la moins chère d'Europe
00:26:45et moins chère que l'État.
00:26:45Ce que je vous propose
00:26:46parce que je n'ai pas fini
00:26:47le débat ce soir.
00:26:48Très bien que je suis
00:26:48un nucléariste.
00:26:49C'est encore un point
00:26:50de convergence pour vous.
00:26:52Je vous propose,
00:26:53Patrick Martin,
00:26:53Fabien Roussel,
00:26:54de vous relancer
00:26:55cette invitation
00:26:56si vous souhaitez
00:26:56débattre à nouveau
00:26:57dans les semaines qui viennent.
00:26:58J'avais une toute dernière
00:26:59question pour vous deux d'ailleurs.
00:27:00C'est terminé.
00:27:01Réponse rapide s'il vous plaît.
00:27:02Et là, on est davantage
00:27:03dans la politique.
00:27:04Fabien Roussel,
00:27:04je ne sais pas si vous avez lu
00:27:05l'interview de Nicolas Sarkozy
00:27:06qui l'accorde à l'hebdomadaire
00:27:08le point cette semaine.
00:27:09On lui demande
00:27:09s'il est pour ou contre
00:27:10le RN dans l'arc républicain
00:27:12et il fait cette réponse.
00:27:13Il dit,
00:27:14à partir du moment
00:27:14où l'on considère
00:27:15que le Parti communiste
00:27:16ou la France insoumise
00:27:17sont républicains,
00:27:18je ne vois pas pourquoi
00:27:18le RN ne le serait pas
00:27:19lui aussi.
00:27:21Eh bien, il a oublié
00:27:22une leçon d'histoire.
00:27:24C'est que pendant
00:27:24la Seconde Guerre mondiale,
00:27:26le Parti communiste français
00:27:27avec les gaullistes
00:27:28était dans le camp
00:27:28de la résistance,
00:27:29ce qui n'était pas
00:27:30le cas de l'extrême droite
00:27:31et des collabos.
00:27:33Ça, c'est la première chose.
00:27:33Et ensuite, la deuxième chose,
00:27:35ce qui m'intéresse moi,
00:27:36c'est les programmes,
00:27:37c'est le fond,
00:27:38c'est le projet pour la France.
00:27:39Et il y a quand même
00:27:40un projet,
00:27:41le projet que nous défendons,
00:27:42il est foncièrement républicain
00:27:44pour une république sociale
00:27:45et laïque,
00:27:46ce qui n'est pas le cas,
00:27:47justement,
00:27:48du projet défendu.
00:27:49Une partie de la droite
00:27:49dit que le programme
00:27:50du RN est de gauche.
00:27:51Ben, écoutez...
00:27:51Et un dernier mot, Patrick,
00:27:53si vous permettez,
00:27:53est-ce que l'arrivée
00:27:54de Jordan Bardella
00:27:55ou Marine Le Pen à l'Élysée,
00:27:56ce serait nécessairement
00:27:57une mauvaise nouvelle
00:27:58pour l'économie française ?
00:28:00Moi, je ne comprends pas
00:28:01le programme économique,
00:28:02vous m'interrogez sur l'économie
00:28:03du Rassemblement national.
00:28:05Mais je vais vous dire,
00:28:06je ne comprends plus
00:28:09ça crée un stress terrible
00:28:10dans nos rangs.
00:28:11Le PLF qui va être débattu
00:28:13de nouveau à l'Assemblée
00:28:14dans les prochains jours
00:28:15nous inquiète...
00:28:16Là, vous renvoyez
00:28:16tout le monde dans les 22,
00:28:17mais pas spécifiquement le RN.
00:28:18Mais qui a parlé
00:28:19dans ces débats ?
00:28:20Qui a parlé de compétitivité ?
00:28:22Qui a parlé de croissance ?
00:28:24Qui a même parlé d'emploi ?
00:28:25Personne.
00:28:26Si, nous,
00:28:27Patrick Martin,
00:28:28admettez que
00:28:29quand on débat à chaque fois,
00:28:30produire en France,
00:28:31créer des emplois,
00:28:32produire de la richesse,
00:28:33réduire le coût de l'énergie,
00:28:35défendre une croissance
00:28:36juste et utile pour le pays...
00:28:37Non, non, non, on ne parle pas.
00:28:38Nous sommes...
00:28:39Pardon, Fabien Roussel,
00:28:40pardon, Patrick Martin.
00:28:41Je ne vous ai pas envenue
00:28:41en tout cas pas assez
00:28:42dans le cadre des débats
00:28:43de l'État et de l'État.
00:28:44Avec grand plaisir.
00:28:46Merci Fabien Roussel,
00:28:47merci beaucoup Patrick Martin
00:28:48d'avoir accepté
00:28:49ce grand débat
00:28:50ce soir dans 60 minutes.
00:28:52Dans un quart d'heure,
00:28:52c'est le chef de file
00:28:53des députés socialistes,
00:28:54Boris Vallaud,
00:28:55qui nous rejoindra.
00:28:56Il répondra notamment
00:28:57aux critiques
00:28:58de la France insoumise
00:28:59qui accuse le PS
00:28:59de trahison
00:29:00après son vote
00:29:01du budget de la Sécu,
00:29:03mais avancera,
00:29:04c'est le président de l'UDR.
00:29:05Éric Ciotti
00:29:05qui est l'invité
00:29:06de 60 minutes,
00:29:07l'UDR parti allié
00:29:08du Rassemblement National.
00:29:10Bonsoir M. Ciotti.
00:29:12Bonsoir.
00:29:12Soyez le bienvenu.
00:29:13Merci.
00:29:14Hier, vos 15 députés
00:29:15et vous-même,
00:29:1616, donc si je compte bien,
00:29:18ont voté comme un seul homme
00:29:19contre ce budget de la Sécu,
00:29:21ce qui ne l'a pas empêché
00:29:22d'être adopté
00:29:22à 13 voix près.
00:29:24Est-ce que vous dites
00:29:24que c'est une défaite
00:29:25pour vous ce soir ?
00:29:27C'est une défaite
00:29:27pour la France
00:29:28parce que ce budget
00:29:29de la Sécurité sociale
00:29:30est un très mauvais budget.
00:29:32C'est un budget
00:29:33qui prévoit
00:29:3424 milliards d'euros
00:29:36de déficit.
00:29:38C'est considérable.
00:29:39Là où on aurait été
00:29:40à 30 de crise.
00:29:41S'il n'y avait pas eu de budget.
00:29:42C'est une projection.
00:29:44Nous verrons bien.
00:29:46Et surtout,
00:29:46qui prévoit
00:29:47tout à la fois
00:29:48une augmentation
00:29:49de 2 milliards et demi
00:29:50des prélèvements obligatoires
00:29:52alors que nous sommes déjà
00:29:53le pays qui paye
00:29:55le plus d'impôts
00:29:56de charges,
00:29:57de cotisations
00:29:58au monde.
00:29:59Et c'est un souci.
00:30:00J'ai écouté
00:30:01le débat précédent.
00:30:03Bien sûr,
00:30:05on produit peu,
00:30:06on ne produit pas assez,
00:30:07on a plus de chômage
00:30:08qu'ailleurs
00:30:09parce que,
00:30:10essentiellement,
00:30:11nos entreprises,
00:30:12ceux qui créent
00:30:13de la richesse
00:30:13et des emplois,
00:30:15subissent trop de charges.
00:30:16On a ce problème en France,
00:30:17des salaires trop faibles
00:30:18et des coûts
00:30:19trop élevés
00:30:20pour nos entreprises.
00:30:21Vous dites comme
00:30:22Bruno Retailleau,
00:30:23le patron des Républicains,
00:30:24c'était un budget de gauche,
00:30:25un budget de hold-up.
00:30:25Bien sûr.
00:30:26Ce budget,
00:30:27il a été rédigé
00:30:28par M. Hollande
00:30:30et par M. Vallaud.
00:30:31C'est un budget socialiste.
00:30:34Le gouvernement
00:30:34n'a qu'un objectif
00:30:36dans cette affaire.
00:30:37Ce n'est sûrement pas
00:30:38l'intérêt
00:30:39des Françaises
00:30:40et des Français,
00:30:40ce n'est sûrement pas
00:30:41l'intérêt
00:30:42de l'économie française.
00:30:44Le seul intérêt,
00:30:45c'est de durer,
00:30:46je l'ai dit hier
00:30:47à la tribune
00:30:47de l'Assemblée nationale,
00:30:48on est face
00:30:49à un gouvernement
00:30:50sans projet,
00:30:51sans idée,
00:30:52sans conviction,
00:30:53sans courage,
00:30:54qui ne veut simplement
00:30:55rester en place
00:30:57pour assurer
00:30:58la pérennité
00:30:59du pouvoir
00:30:59macroniste.
00:31:01Et ce que je déplore
00:31:02avec beaucoup de force,
00:31:03c'est que
00:31:04mes anciens amis,
00:31:06j'étais le dernier
00:31:06président
00:31:07des Républicains
00:31:08libre,
00:31:09c'est-à-dire
00:31:09pas allié
00:31:10avec la Macronie,
00:31:12pas allié
00:31:12avec ce pouvoir.
00:31:13Bruno Retailleau
00:31:14n'est pas tout à fait
00:31:15un allié
00:31:15de la Macronie
00:31:15aujourd'hui.
00:31:16Il a même
00:31:17claqué la porte
00:31:18du gouvernement.
00:31:18Il a été élu
00:31:18président des Républicains,
00:31:20il était membre
00:31:21d'un gouvernement
00:31:21macroniste,
00:31:23nommé par le président
00:31:24Macron.
00:31:25Moi,
00:31:25j'ai toujours
00:31:26refusé
00:31:27de participer
00:31:29à quelque
00:31:30collaboration
00:31:30que ce soit
00:31:31avec un pouvoir
00:31:32qui a créé
00:31:333 400 milliards
00:31:35d'euros de dettes,
00:31:36180 milliards
00:31:37d'euros de déficit,
00:31:38qui accueille
00:31:39550 000 étrangers
00:31:41chaque année,
00:31:42qui a laissé
00:31:42exploser la violence.
00:31:43Mais puisque vous parlez
00:31:44de votre ancien parti
00:31:45Éric Sauti,
00:31:46quand on regarde
00:31:46les votes
00:31:47des Républicains,
00:31:48hier,
00:31:49je vous devance
00:31:4918 voix pour,
00:31:523 contre,
00:31:5228 abstentions.
00:31:53L'abstention,
00:31:54c'est ce qu'avait réclamé
00:31:55le patron des députés
00:31:56LR Laurent Wauquiez.
00:31:57Comment vous l'expliquez ?
00:31:58Le parti est coupé
00:31:59en trois,
00:32:00mais à part ça ?
00:32:01Le parti,
00:32:02aujourd'hui,
00:32:03est éclaté.
00:32:05Il n'existe plus.
00:32:06Il a une vocation,
00:32:07aujourd'hui,
00:32:08tout simplement
00:32:09à être un supplétif
00:32:11du gouvernement,
00:32:13et désormais des socialistes
00:32:14et des écologistes,
00:32:15ce qui est extrêmement grave.
00:32:16Vous considérez aujourd'hui
00:32:17que les députés LR,
00:32:18ils sont supplétifs
00:32:19du PS ?
00:32:20Oui,
00:32:20il y a eu 18,
00:32:21pas tous,
00:32:21les amis de M. Wauquiez,
00:32:23parce que c'est M. Wauquiez
00:32:24qui leur a demandé
00:32:25de voter pour,
00:32:26pour que ça passe.
00:32:27abstention,
00:32:28c'était la règle
00:32:28de Laurent Wauquiez.
00:32:29Ça, c'est son discours,
00:32:30mais ses amis
00:32:31ont voté pour.
00:32:32Vous avez la preuve
00:32:33de ce que vous dites.
00:32:34Laurent Wauquiez va dans
00:32:34les médias pour dire
00:32:35qu'il faut s'abstenir.
00:32:36Vous connaissez,
00:32:37tout le monde connaît
00:32:38à peu près son insincérité,
00:32:40il suffit de regarder
00:32:40les votes,
00:32:41et vous avez tous les proches
00:32:42de M. Wauquiez,
00:32:44Mme Tabarro,
00:32:45qui ont voté ce budget.
00:32:47De quoi s'agit-il ?
00:32:48Il s'agit simplement,
00:32:50pour lui,
00:32:50de déstabiliser Bruno Retailleau.
00:32:52C'est de la politique politicienne.
00:32:54Mais comment,
00:32:55quand on est député,
00:32:57ce budget est passé
00:32:58grâce à ces 18 voix
00:33:00des amis de M. Wauquiez ?
00:33:0218 voix.
00:33:03Vous soulignez les chiffres,
00:33:04vous avez totalement raison.
00:33:06Il fallait 13 voix.
00:33:0713, 18 et celle du PS.
00:33:09LR en a apporté 18.
00:33:11Donc, il est passé,
00:33:12ça veut dire que LR a approuvé
00:33:14l'augmentation de 16%
00:33:16de la CSG
00:33:17sur les revenus du capital.
00:33:20C'est un coût très important
00:33:22pour l'économie.
00:33:23LR a approuvé
00:33:24la suspension...
00:33:2516%, pardon,
00:33:26je vous écoute,
00:33:271,4%.
00:33:27Non, voyez l'erreur.
00:33:301,4%.
00:33:311,4%.
00:33:32Vous le mettez en pourcent.
00:33:34Les gens regardent
00:33:35leur taux d'imposition,
00:33:36ça augmente de 1,4%.
00:33:37Non, non, non.
00:33:3716%, c'est plus spectaculaire.
00:33:39Les gens vont payer
00:33:4016% de CSG en plus.
00:33:42Les actionnaires,
00:33:43ceux qui sortent du PEA,
00:33:46ceux qui sortent
00:33:46de l'assurance-vie,
00:33:48les professions libérales,
00:33:49les commerçants,
00:33:49les artisans
00:33:50qui se paient en dividende,
00:33:52ils auront 16%
00:33:54de prélèvements en plus.
00:33:56Si je suis votre raisonnement,
00:33:57Éric Ciotti,
00:33:58vous nous dites une partie...
00:33:58Je rajoute les retraites,
00:33:59je rajoute les mutuelles.
00:34:00Une partie des Républicains,
00:34:02aujourd'hui,
00:34:02sous la houlette de Laurent Wauquiez,
00:34:03est prêt à s'allier
00:34:04à la Macronie.
00:34:06Vous êtes donc du côté
00:34:07de Bruno Retailleau.
00:34:09Ça veut dire quoi
00:34:09que vous appelez
00:34:10Bruno Retailleau
00:34:10à vous rejoindre ?
00:34:11Bien sûr.
00:34:12Moi, vous savez,
00:34:13le choix que j'ai fait
00:34:14l'année dernière,
00:34:15au moment de la dissolution,
00:34:16j'ai voulu qu'il y ait
00:34:17cette union des droites.
00:34:18Je suis le seul
00:34:19à l'avoir faite.
00:34:20Beaucoup en parlent,
00:34:21beaucoup tirent des plans
00:34:22sur la comète,
00:34:23de façon plus ou moins sincère.
00:34:25Moi, j'ai pris mes responsabilités.
00:34:27Je n'étais pas,
00:34:28je ne suis pas membre
00:34:29du Rassemblement National.
00:34:31J'ai des différences
00:34:32avec le Rassemblement National,
00:34:33mais ce qui me rapproche
00:34:34du Rassemblement National
00:34:35est infiniment supérieur
00:34:37en ce qui m'en éloigne.
00:34:38Et ce qui nous rapproche,
00:34:39c'est quelque part
00:34:40l'amour de la France,
00:34:41le constat que notre pays
00:34:43est engagé sur le chemin
00:34:44du déclin
00:34:45et qu'il faut un sursaut.
00:34:47Il faut remettre
00:34:48de l'ordre dans les comptes
00:34:49et de l'ordre dans la rue.
00:34:51Eric,
00:34:52ouvre la porte,
00:34:52j'arrive.
00:34:53Mais bien sûr,
00:34:53il va y avoir un dilemme
00:34:55aujourd'hui pour les Républicains.
00:34:56Aujourd'hui,
00:34:57plusieurs centaines de militants
00:34:58nous ont rejoints
00:34:59et je les appelle
00:35:00ce soir.
00:35:00Des militants des Républicains ?
00:35:02Bien sûr,
00:35:02je les appelle
00:35:03à venir à l'UDR.
00:35:05Depuis ce matin,
00:35:05il y a eu des centaines
00:35:06de militants des Républicains
00:35:07qui ont appelé l'UDR
00:35:08pour dire
00:35:09qu'on déchire notre carte
00:35:10et on revient chez vous.
00:35:10Regardez,
00:35:11il y a des papiers
00:35:12de certains de vos confrères
00:35:13qui soulignent
00:35:13la pression qu'il y a eue
00:35:15sur le standard de LR.
00:35:16Les militants,
00:35:17je comprends,
00:35:18aujourd'hui,
00:35:18quelque part,
00:35:19ils sont coquifiés.
00:35:20Ils sont trompés.
00:35:22On leur a fait voter
00:35:23un budget.
00:35:25Leurs représentants,
00:35:26ceux en qui ils avaient confiance,
00:35:28ont voté le budget
00:35:29de M. Fort
00:35:30et de M. Hollande
00:35:31avec des augmentations
00:35:33d'impôts,
00:35:33avec des mesures
00:35:34totalement contraires
00:35:36à l'intérêt du pays.
00:35:37C'est de la tambouille
00:35:38politicienne.
00:35:39Donc,
00:35:39pourquoi ces députés
00:35:41ont fait ça ?
00:35:41Parce qu'ils ont peur
00:35:42du retour devant les urnes.
00:35:44Nous,
00:35:45nous avons une volonté,
00:35:46c'est de dire
00:35:47le pays,
00:35:48aujourd'hui,
00:35:48est face à une situation
00:35:49de chaos.
00:35:50Quand il y a une crise,
00:35:52la seule solution,
00:35:53c'est l'élection.
00:35:54Revenons devant les urnes
00:35:55pour clarifier les choses
00:35:56d'une façon ou d'une autre.
00:35:57Vous parlez encore
00:35:58avec Bruno Retailleau ?
00:35:59J'ai l'occasion
00:36:00de parler avec lui.
00:36:02Vous lui parlez de ça ?
00:36:03J'ai du respect pour lui.
00:36:06J'ai des désaccords.
00:36:07Est-ce que c'est réciproque ?
00:36:08J'ai des désaccords.
00:36:09Vous lui demanderez,
00:36:10je ne vais pas parler à sa place.
00:36:12J'ai des désaccords avec lui,
00:36:13notamment le fait
00:36:13que l'année dernière,
00:36:15il n'a pas suivi,
00:36:16avec d'autres,
00:36:17la position que j'ai prise,
00:36:18qui aurait été une position
00:36:20qui nous aurait permis,
00:36:21aujourd'hui,
00:36:21d'être au pouvoir,
00:36:22d'avoir un groupe
00:36:23parlementaire important,
00:36:25et surtout,
00:36:25de nous attaquer
00:36:26aux problèmes structurels
00:36:28du pays.
00:36:28Donc,
00:36:28il ne m'a pas suivi.
00:36:30Il a participé
00:36:31à un gouvernement macroniste,
00:36:33je vous l'ai dit,
00:36:33c'est une différence notable,
00:36:34notable,
00:36:35mais je reconnais en lui
00:36:36une constance
00:36:38dans les convictions,
00:36:39ce qui n'est pas le cas,
00:36:40naturellement,
00:36:41de celui qui,
00:36:42aujourd'hui,
00:36:42veut le déstabiliser,
00:36:44M. Wauquiez,
00:36:45qui a occupé
00:36:46tous les spectres
00:36:47de l'échiquier politique,
00:36:50qui a épousé
00:36:51toutes les positions.
00:36:52Non,
00:36:52mais parce que je suis en colère
00:36:54face à la position
00:36:55qu'il a tenue.
00:36:56Aujourd'hui,
00:36:57si on en est là,
00:36:58c'est parce qu'il y a eu,
00:36:59quelque part,
00:37:00ce reniement.
00:37:01Donc,
00:37:01je dis à Bruno Retailleau
00:37:02de venir avec nous,
00:37:04de mettre ses actes
00:37:07en accord
00:37:07avec ses convictions,
00:37:08de privilégier
00:37:09l'intérêt du pays,
00:37:11de faire cette véritable union
00:37:12des patriotes,
00:37:14de ceux qui partagent
00:37:16des convictions,
00:37:17qui épousent
00:37:19l'intérêt général,
00:37:20le bien commun
00:37:21de notre pays,
00:37:22qu'on peut qualifier
00:37:23de droite.
00:37:23Moi,
00:37:23je suis un homme de droite,
00:37:25je crois que Bruno Retailleau
00:37:26l'est également,
00:37:27il ne peut pas
00:37:28se complaire
00:37:29dans un vote
00:37:30d'un budget socialiste.
00:37:31ce n'est pas possible.
00:37:32Je voudrais qu'on dise
00:37:33un mot des municipales,
00:37:33vous êtes un homme de droite
00:37:34et vous tentez
00:37:35de prendre
00:37:36la ville de Nice
00:37:38à celui qui a été
00:37:38il y a quelques années
00:37:39maintenant votre mentor politique
00:37:41Christian Estrosi
00:37:41qui est devenu
00:37:42votre ennemi juré
00:37:43au début du mois.
00:37:45Éric Ciotti,
00:37:45tous les candidats
00:37:46à la mairie de Nice
00:37:46se sont engagés par écrit
00:37:48à ne pas insulter
00:37:49leurs adversaires,
00:37:50à ne pas diffuser
00:37:51de fausses infos
00:37:51pendant la campagne.
00:37:53Une charte de respect
00:37:54mutuelle
00:37:55a été signée
00:37:55par tous les candidats,
00:37:56c'est inédit.
00:37:57En France,
00:37:58à la demande
00:37:59notamment de la presse locale
00:38:00qui n'en peut plus
00:38:00de se faire engueuler
00:38:01par tous les candidats,
00:38:02on en est vraiment là.
00:38:03à Nice,
00:38:03vous êtes obligé
00:38:04de signer un papier
00:38:05pour dire qu'il n'y aura
00:38:05pas de fake news
00:38:06pendant la campagne.
00:38:07C'est une initiative
00:38:08de vos confrères,
00:38:09moi je l'ai signée
00:38:10avec beaucoup d'enthousiasme,
00:38:11moi je fais une campagne
00:38:12de propositions,
00:38:13d'idées.
00:38:14Et vous ne direz
00:38:15jamais de mal
00:38:15le question introduit.
00:38:15Je pense qu'il faut
00:38:16tourner une page,
00:38:17par exemple je pose
00:38:18une idée importante,
00:38:19on parlait de la fiscalité,
00:38:21la fiscalité elle pèse
00:38:22sur le pouvoir d'achat.
00:38:23Là vous allez me parler
00:38:24des impôts locaux à Nice.
00:38:30C'est une taxe foncière
00:38:30de 25%,
00:38:31ce n'est pas une attaque
00:38:32personnelle,
00:38:33c'est une problématique
00:38:35de gestion.
00:38:35Donc moi je veux faire
00:38:36une campagne d'idées,
00:38:37notre ville a besoin
00:38:38de retrouver
00:38:39de la stabilité financière,
00:38:41remettre de l'or
00:38:42dans les comptes,
00:38:43elle a besoin de sécurité.
00:38:45Depuis le début de l'année,
00:38:46vous savez à Nice,
00:38:47il y a eu 7 morts
00:38:48par arme blanche
00:38:50ou par arme à feu
00:38:51et 90 victimes,
00:38:5490 blessés.
00:38:55Donc il y a aujourd'hui
00:38:57une insécurité
00:38:58qui s'installe
00:38:59dans notre ville.
00:39:00sous fond de narcotrafic
00:39:01malheureusement
00:39:02comme dans beaucoup de lieux.
00:39:03Allez on ne va pas faire
00:39:03le débat des municipales à Nice
00:39:04mais il y aura sans doute
00:39:05d'autres occasions
00:39:06sur d'autres plateaux.
00:39:07Excusez-moi
00:39:08mais c'est vous
00:39:08qui m'interrogez,
00:39:09je réponds à vos questions.
00:39:11Question très simple,
00:39:12Eric Ciotti,
00:39:13une enquête de Mediapart
00:39:13il y a quelques jours
00:39:14affirme que l'un de vos députés,
00:39:15Géraud Verny,
00:39:16qui est d'ailleurs
00:39:16votre porte-parole
00:39:17lors du budget,
00:39:19a utilisé pendant
00:39:20une dizaine d'années
00:39:20un compte Twitter anonyme
00:39:22aujourd'hui fermé
00:39:23dans lequel il aurait
00:39:24multiplié les postes
00:39:25racistes ou sexistes.
00:39:27« Va choper du bédouin
00:39:28dans les dunes,
00:39:28ça nous fera des vacances.
00:39:29Arrête de guiquer.
00:39:31Il y a une machine
00:39:31à laver, à étendre. »
00:39:32Ça c'est un message
00:39:33adressé à une femme politique.
00:39:35L'article est sorti
00:39:36il y a cinq jours.
00:39:37Est-ce qu'il a vraiment écrit ça ?
00:39:39Alors, d'abord
00:39:40ses propos sont insoutenables,
00:39:42inqualifiables,
00:39:43je les condamne.
00:39:44Ils sont contraires
00:39:45à tout ce que porte
00:39:46ma famille politique
00:39:47depuis toujours
00:39:48et ce que moi je défends.
00:39:51Je me suis entretenu
00:39:52avec Géraud Verny.
00:39:53Il m'a dit très clairement
00:39:56que ce compte
00:39:56n'était pas le sien.
00:39:58Il a déposé plainte
00:39:59pour usurpation d'identité
00:40:02et il a déposé plainte
00:40:04contre Mediapart.
00:40:05Ce compte n'est pas le sien,
00:40:06c'est ce qu'il vous a dit.
00:40:07Sur cette affaire.
00:40:07Je précise.
00:40:08C'est pas simplement
00:40:08ce qu'il m'a dit
00:40:09puisqu'il a déposé plainte
00:40:11pour usurpation d'identité.
00:40:12Et on va évidemment
00:40:12laisser faire la justice
00:40:13sereinement.
00:40:14Je précise que le compte
00:40:15a été écrit avec une adresse
00:40:16qui renvoie
00:40:17vers son numéro de téléphone
00:40:18et son mail personnel
00:40:20et qu'à plusieurs reprises
00:40:21ce compte,
00:40:21la personne qui écrivait
00:40:23a adressé des « je t'aime »
00:40:25à la femme de votre député.
00:40:26Ça fait des indices.
00:40:29Il a déposé plainte.
00:40:30C'est un peu plus compliqué
00:40:32que ce que vous soulignez.
00:40:33Il y a eu d'autres comptes
00:40:34qui ont été créés manifestement.
00:40:36En tout cas,
00:40:36il a déposé plainte
00:40:37pour usurpation d'identité.
00:40:40Il a fait une procédure
00:40:41sur les réseaux sociaux
00:40:43et il a déposé plainte
00:40:44contre tous les organes de presse
00:40:45qui diffusent cette information.
00:40:47S'il était avéré
00:40:48que c'est lui
00:40:49qui a écrit ça,
00:40:50est-ce qu'il pourra
00:40:51rester député de votre parti ?
00:40:52Naturellement, non.
00:40:54Naturellement, non.
00:40:55C'est très clair.
00:40:56Un mot sur la commission
00:40:57d'enquête
00:40:58sur l'audiovisuel public
00:40:59qui auditionnait aujourd'hui
00:41:00la patronne de France Télévisions
00:41:02Delphine Ernot.
00:41:04C'est une commission
00:41:04que vous avez réclamée,
00:41:06dont le rapporteur
00:41:06est l'un de vos députés,
00:41:08Charles Alloncle.
00:41:09Aujourd'hui,
00:41:09la patronne de France Télévisions
00:41:10a défendu l'exemplarité
00:41:11et la neutralité
00:41:12du service public.
00:41:13Je voudrais juste comprendre
00:41:14quel est le principal reproche
00:41:16que vous faites aujourd'hui
00:41:17à l'audiovisuel public ?
00:41:18Est-ce que ça coûte trop cher
00:41:20ou est-ce que c'est
00:41:21le manque de neutralité ?
00:41:22Quel est le fond de cette commission ?
00:41:23Le fond de cette commission,
00:41:25d'abord,
00:41:26elle est partie
00:41:26de l'affaire Cohen-Le Grand
00:41:28où on a deux journalistes
00:41:29du service public
00:41:30qui sont pris
00:41:32en flagrant délit
00:41:33de collusion
00:41:34avec des responsables
00:41:34du Parti Socialiste,
00:41:36notamment pour influer
00:41:37sur le scrutin municipal
00:41:38à Paris
00:41:39contre la ministre de la Culture,
00:41:41Rachida Dati,
00:41:41qui ne fait pas partie
00:41:42de ma famille politique.
00:41:44Thomas Legrand dit
00:41:45qu'il s'agissait
00:41:46de s'occuper
00:41:46en tant que journaliste
00:41:48de démonter
00:41:48les fake news
00:41:49de Rachida Dati.
00:41:49Vous ne déjeunez jamais
00:41:50avec des politiques ?
00:41:51Avec des journalistes, pardon ?
00:41:53Bien sûr,
00:41:53mais c'est fréquent
00:41:55et avec beaucoup de journalistes.
00:41:57Mais quand un journaliste dit
00:41:59qu'on va s'occuper
00:42:00de Mme Dati,
00:42:02c'est au-delà
00:42:03de l'échange
00:42:04sur l'actualité politique.
00:42:06Sur l'objectif
00:42:07de cette commission.
00:42:07Ça me paraît traduire
00:42:07une collision.
00:42:08D'ailleurs,
00:42:09je note qu'il n'y a pas
00:42:10que moi
00:42:10qui ai eu cette interprétation
00:42:11puisque M. Legrand
00:42:13a été suspendu
00:42:14par Radio France.
00:42:16Ça veut dire
00:42:17qu'il y avait bien un sujet.
00:42:18Vous considérez,
00:42:19selon votre question,
00:42:19qu'il n'y en a pas.
00:42:21Manifestement,
00:42:22Radio France...
00:42:22Non, non,
00:42:22mon avis importe peu.
00:42:23Je vous demande juste
00:42:24quel est l'objectif numéro 1
00:42:25de cette commission.
00:42:25Radio France a considéré
00:42:26qu'il y en avait un.
00:42:27Donc ça veut dire
00:42:27qu'il y a un sujet.
00:42:28Nous, ce que nous disons,
00:42:29l'audiovisuel public
00:42:31coûte 4 milliards d'euros
00:42:32aux contribuables,
00:42:33à vous,
00:42:34à moi,
00:42:35et tout le monde
00:42:36ne regarde pas
00:42:36l'audiovisuel public.
00:42:37Donc c'est de l'argent public
00:42:39qui coûte beaucoup.
00:42:40Donc, un,
00:42:41nous voulons regarder
00:42:42comment cet argent
00:42:43est utilisé.
00:42:44Dans une période de crise
00:42:46pour tous les Français,
00:42:47on ne peut pas se permettre
00:42:48de gaspiller de l'argent public.
00:42:50Et deuxièmement,
00:42:51quand il y a
00:42:52de l'argent public,
00:42:53l'information,
00:42:54encore plus qu'ailleurs,
00:42:56elle doit être neutre.
00:42:57Vous,
00:42:58vous êtes financé
00:42:59par un actionnaire privé.
00:43:00Si M. Saadé
00:43:01décide demain
00:43:03de soutenir M. Macron,
00:43:04c'est son droit.
00:43:05Si M. Bolloré,
00:43:07sur CNews,
00:43:07décide de soutenir
00:43:08un autre,
00:43:09c'est son argent.
00:43:10Il y a des règles,
00:43:11mais c'est son argent.
00:43:12Mais le public
00:43:12doit être plus irréprochable encore.
00:43:14Bien sûr.
00:43:15L'argent public,
00:43:16il doit être garant,
00:43:19l'utilisation
00:43:19de l'argent public,
00:43:20il doit être garant
00:43:21d'une neutralité absolue.
00:43:23Et il y a quand même
00:43:24des indices
00:43:25qui nous ont fait dire
00:43:27que le service public,
00:43:29il avait un léger penchant
00:43:31d'un côté,
00:43:32et vous en conviendrez,
00:43:34qui n'est pas vraiment
00:43:35le côté droit.
00:43:35Ça veut dire que les 69%
00:43:37qui, dans le sondage
00:43:38et lab de la tribune
00:43:39dimanche,
00:43:4069% des Français
00:43:41qui disent qu'ils apprécient
00:43:42l'audiovisuel public,
00:43:43c'est des gauchistes.
00:43:44Il y a 69% de...
00:43:45L'audiovisuel public,
00:43:47il y a des séries,
00:43:48il y a des programmes
00:43:49de qualité,
00:43:50et moi,
00:43:50je ne suis pas un ennemi
00:43:51du service public.
00:43:52Il y a une réflexion
00:43:53à voir s'il est nécessaire
00:43:55d'avoir autant de chaînes
00:43:56sur le service public,
00:43:57comment elles sont gérées,
00:43:59comment la production
00:44:00est faite,
00:44:01est-ce que c'est fait
00:44:01en interne,
00:44:02est-ce que c'est fait
00:44:03par des sociétés
00:44:04et c'est donc l'objectif
00:44:05de cette commission ?
00:44:05Et après,
00:44:06il y a la question
00:44:06de l'information.
00:44:08Et là,
00:44:08les questions du même sondage
00:44:10étaient un peu différentes
00:44:11sur l'information.
00:44:12Donc, moi,
00:44:13ce que je souhaite,
00:44:14c'est transparence
00:44:15sur la gestion
00:44:16et indépendance
00:44:18sur l'information.
00:44:18Si vous restez avec nous,
00:44:19Éric Ciotti,
00:44:19je voudrais qu'on retrouve
00:44:20Daniel Kohn-Bendit
00:44:21qui est avec nous
00:44:21comme chaque mercredi.
00:44:22Bonsoir.
00:44:23Daniel,
00:44:23je voudrais avoir
00:44:24votre regard
00:44:25sur ce débat
00:44:26autour de l'audiovisuel public.
00:44:28Est-ce qu'on a raison
00:44:29de l'ouvrir
00:44:30à la fois d'ailleurs
00:44:30sur la question
00:44:31de la neutralité
00:44:32et sur celle
00:44:32du financement ?
00:44:34Alors,
00:44:34on a toujours raison
00:44:36d'ouvrir des dossiers
00:44:37pour voir
00:44:38si les choses
00:44:38marchent bien ou pas.
00:44:40Mais je ne crois pas
00:44:41dans la neutralité.
00:44:43Jean-Luc Godard
00:44:44a dit une fois
00:44:45la neutralité
00:44:46dans les médias,
00:44:48c'est 5 minutes
00:44:48pour les Juifs
00:44:49et 5 minutes
00:44:50pour les Nazis.
00:44:51Ça n'existe pas.
00:44:53Alors,
00:44:53est-ce que l'information
00:44:54est juste ?
00:44:55Est-ce que ce sont
00:44:56des informations
00:44:57qui ont été vérifiées ?
00:44:59Est-ce que ce sont
00:45:00des informations
00:45:00équilibrées
00:45:02dans le sens
00:45:03qu'on recherche
00:45:04partout la vérité ?
00:45:06Est-ce qu'on fait
00:45:06la différence
00:45:08entre information
00:45:09et opinion ?
00:45:11Là,
00:45:11c'est vrai
00:45:12qu'il faut voir
00:45:13et trouver
00:45:14si le service public
00:45:15va dans la bonne direction.
00:45:17Mais moi,
00:45:17je me rappelle
00:45:18d'un service public
00:45:19qui s'appelait
00:45:20l'ORTF.
00:45:22L'ORTF,
00:45:23dans les années 60,
00:45:24de la droite,
00:45:26eh bien,
00:45:26l'ORTF,
00:45:27les informations
00:45:28passaient
00:45:28d'abord
00:45:29par le bureau
00:45:30du ministre
00:45:31de la Culture
00:45:32et de l'Information.
00:45:33Donc,
00:45:34il y a des évolutions
00:45:35aujourd'hui.
00:45:36Donc,
00:45:36de dire que
00:45:37le service public
00:45:38aujourd'hui
00:45:39n'est pas neutre
00:45:39ou n'est pas équilibré,
00:45:41c'est faux.
00:45:42Est-ce qu'ils font
00:45:43des erreurs ?
00:45:44Oui.
00:45:44Est-ce que M. Ciotti
00:45:45fait des erreurs ?
00:45:46Oui.
00:45:47Est-ce que M. Danny
00:45:47Cohn-Bendit
00:45:48fait des erreurs ?
00:45:49Oui.
00:45:50Mais l'équilibre,
00:45:51l'équilibre,
00:45:53ce n'est pas
00:45:53la neutralité.
00:45:55Donc,
00:45:55premièrement,
00:45:56parce qu'aucun journaliste
00:45:57n'est neutre.
00:45:59Aucun.
00:46:00Ni Marc Fauvel
00:46:00ni un autre.
00:46:01Il a son opinion
00:46:02mais il essaye
00:46:04de faire comprendre
00:46:06les informations
00:46:07à ses auditeurs
00:46:08ou ses auditrices.
00:46:10Voilà.
00:46:10Donc,
00:46:11pour moi,
00:46:12il y a un véritable problème
00:46:13aujourd'hui,
00:46:14c'est la trumpisation
00:46:15de l'information.
00:46:17Regardez bien
00:46:18ce qui se passe
00:46:18aux États-Unis
00:46:19et ça n'a rien à voir
00:46:21avec,
00:46:22si vous voulez,
00:46:23chaînes publiques
00:46:24ou chaînes privées.
00:46:26Dans les années 60,
00:46:27ce sont les chaînes privées
00:46:28américaines
00:46:29qui étaient à la pointe
00:46:30de l'information
00:46:32équilibrée
00:46:33contre la guerre
00:46:34au Vietnam.
00:46:35Donc,
00:46:36ce n'est pas ça
00:46:37le problème.
00:46:38Le problème,
00:46:38c'est qu'il y a,
00:46:39vous dites,
00:46:40M. Ciotti dit,
00:46:41CNews a le droit
00:46:42de dire n'importe quoi
00:46:44parce que c'est une chaîne
00:46:45d'opinion.
00:46:46Je dis non.
00:46:47En pratique,
00:46:48non.
00:46:49Non,
00:46:49mais c'est moi
00:46:50qui dis,
00:46:51je paraphrase un peu
00:46:53ce que vous avez dit
00:46:56sur Amiciotti.
00:46:57Voilà,
00:46:57il l'a précisé tout à l'heure.
00:46:58Merci beaucoup,
00:46:59Daniel Condendit.
00:47:01Merci beaucoup,
00:47:02Eric Ciotti,
00:47:02d'être venu ce soir
00:47:03sur ce plateau.
00:47:04Cette question à présent,
00:47:05le Parti Socialiste
00:47:06a-t-il sauvé la Macronie
00:47:07et trahi ses électeurs
00:47:09depuis 24 heures ?
00:47:10C'est l'accusation
00:47:11lancée par la France Insoumise
00:47:12contre le parti d'Olivier Ford
00:47:13depuis que ses députés
00:47:14ont voté en faveur
00:47:15du budget de la Sécu
00:47:16hier permettant
00:47:17son adoption
00:47:18dans un instant.
00:47:19C'est le patron
00:47:19des députés socialistes
00:47:20Boris Vallaud
00:47:21qui sera avec nous.
00:47:23Mais d'abord,
00:47:23les images et les mots.
00:47:24Bonsoir,
00:47:25M. Vallaud,
00:47:25je vais vous saluer.
00:47:26Avant,
00:47:26d'abord,
00:47:27disais-je,
00:47:27les images et les mots
00:47:28de la discorde,
00:47:29c'est l'événement
00:47:29de 60 minutes.
00:47:30Il est signé
00:47:31Manuela Braune et Raphaël
00:47:32Rodon.
00:47:32Rodon.
00:47:36Majorité 241 pour 247
00:47:39contre 234.
00:47:40L'Assemblée nationale
00:47:41a adopté.
00:47:44Première fois depuis 2022
00:47:46qu'un budget de la Sécu
00:47:47est adopté 149,3.
00:47:49Le résultat d'un alliage
00:47:50hétéroclite autour
00:47:51de Renaissance,
00:47:52du Modem,
00:47:53du PS,
00:47:53une poignée d'écologistes.
00:47:54C'est le budget de l'UMPS.
00:47:58L'un des vainqueurs
00:47:59de la soirée,
00:47:59le patron du PS,
00:48:00Olivier Faure.
00:48:02Nous avons cherché
00:48:03à être utile aux Français
00:48:05et aux Français
00:48:05et je crois que
00:48:07nous n'avons trahi personne.
00:48:10Nous sommes rentrés
00:48:10dans une logique
00:48:11de discussion,
00:48:12de négociation,
00:48:12considérant qu'on pourrait
00:48:14y obtenir plus et mieux
00:48:15que l'espèce
00:48:17d'opposition stérile.
00:48:19On voit les socialistes
00:48:21qui se rapprochent du pouvoir
00:48:23et les insoumis
00:48:25qui s'en éloignent.
00:48:28Je ne comprends pas
00:48:29comment depuis des mois
00:48:30le parti socialiste
00:48:32a pu se fourvoyer,
00:48:33se perdre à ce point.
00:48:35Les socialistes
00:48:35ont voté pour.
00:48:36Donc en votant pour,
00:48:37évidemment,
00:48:37ils ont confirmé
00:48:38ce changement d'alliance
00:48:39et ils ont rejoint
00:48:39les rangs de la Macronie
00:48:41agonisante et finissante.
00:48:42Ça, c'est clair.
00:48:45Louis Vallaud,
00:48:46quand vous entendez
00:48:47les accusations
00:48:48lancées par LFI
00:48:49sur tous les plateaux
00:48:49depuis hier soir,
00:48:50est-ce que le PS
00:48:51a un peu la gueule de bois ?
00:48:52Pas du tout.
00:48:53Je me demande
00:48:53qui a été le plus utile
00:48:54à la vie quotidienne
00:48:55des Françaises
00:48:55et des Français.
00:48:57Moi, je regarde
00:48:58où nous en étions
00:48:59au moment où nous avons
00:49:00renversé François Bayrou.
00:49:01Il devait y avoir
00:49:01la suppression
00:49:02de deux jours fériés,
00:49:02il n'en est plus question.
00:49:03Il devait y avoir
00:49:04le gel des pensions,
00:49:05il n'en est plus question.
00:49:06Il devait y avoir
00:49:06le gel des minimas sociaux,
00:49:08de l'âge,
00:49:09du RSA,
00:49:10il n'en est plus question.
00:49:10Il devait y avoir
00:49:11le gel du barème
00:49:12de la CSG,
00:49:13il n'en est plus question.
00:49:14Il devait y avoir
00:49:14un doublement
00:49:15des franchises médicales,
00:49:16il n'en est plus question.
00:49:17Nous avons obtenu
00:49:17plus de moyens
00:49:18pour l'hôpital,
00:49:194 milliards de plus
00:49:20sur le budget
00:49:21de l'endame
00:49:22par rapport au début
00:49:22de la discussion,
00:49:238 par rapport
00:49:24à ce qui a été
00:49:25Mais moi, je pourrais
00:49:25vous dire en face
00:49:25par exemple
00:49:26que certaines mesures
00:49:26risquent de vous revenir
00:49:28en boomerang
00:49:29dans les semaines
00:49:29et les mois qui viennent.
00:49:30J'en prends une seule,
00:49:31la hausse d'1,1 milliard
00:49:33de la taxe
00:49:34sur les mutuelles
00:49:35que les mutuelles
00:49:36vont probablement répercuter.
00:49:37Sophie Binet à la CGT dit
00:49:38tout le monde va payer
00:49:394 à 10% de plus.
00:49:41Est-ce que vous ne pensez pas
00:49:41que vous allez vous faire
00:49:42engueuler par vos électeurs ?
00:49:43Regardez bien
00:49:43ce qui se passe.
00:49:44D'abord,
00:49:44les tarifs des mutuelles
00:49:46pour l'année 2026
00:49:47ont déjà été fixés
00:49:48et nous avons voté
00:49:48dans la loi
00:49:49l'obligation d'un dialogue
00:49:51entre les mutuelles
00:49:53et l'assurance maladie
00:49:54pour que précisément
00:49:55ne soit pas répercutée
00:49:56l'année suivante
00:49:56cette taxe.
00:49:58Donc la loi
00:49:58va interdire aux mutuelles
00:50:00d'augmenter leurs tarifs.
00:50:01C'est exactement ça.
00:50:02Dans une discussion
00:50:03entre l'assurance maladie
00:50:04et ces mutuelles.
00:50:06Mais je voudrais...
00:50:06Est-ce que vous pensez
00:50:08que quand on suspend
00:50:08la réforme des retraites
00:50:09on trahit nos engagements ?
00:50:11Non, quand on ne se bat pas.
00:50:12Quand on dit
00:50:13c'est tout ou rien
00:50:13et qui du coup
00:50:14c'est rien pour les Français
00:50:15là on peut se poser la question
00:50:16de savoir si on a été utile.
00:50:17Donc moi vous savez
00:50:18je ne perds jamais de vue
00:50:20ni les raisons de nous battre
00:50:22ni celles et ceux
00:50:23pour lesquels nous nous battons.
00:50:24Ceux qui sont dans ma circonscription
00:50:25que je croise tous les jours
00:50:26ils sont inquiets
00:50:27pour leur pension
00:50:27ils sont inquiets
00:50:28pour leur minima social
00:50:29ils sont inquiets
00:50:30pour leur hôpital.
00:50:31Eh bien je crois
00:50:32que nous avons fait
00:50:33œuvre utile
00:50:34et je ne suis pas sûr
00:50:35que nos amis insoumis
00:50:36puissent en dire autant.
00:50:37Ça c'est la réponse politique
00:50:38Boris Vallaud
00:50:38mais techniquement parlant
00:50:40quand Manuel Bompard
00:50:41le patron des insoumis
00:50:42dit
00:50:42ils ont rejoint la Macronie
00:50:44à partir du moment
00:50:45où vous avez voté
00:50:45le budget de la Sécu
00:50:47techniquement parlant
00:50:48il n'a pas tort.
00:50:49C'est le budget
00:50:49non d'abord
00:50:49nous n'avons pas changé d'alliance
00:50:50nous sommes dans un parlement
00:50:52qui est sans majorité
00:50:53vous savez
00:50:54il y a une France insoumise
00:50:54qui rêve de la 6ème République
00:50:56qui rêve d'un régime parlementaire
00:50:57et quand on l'a entre les mains
00:50:59on n'en fait rien.
00:51:01Non je crois que
00:51:02nous avons l'obligation
00:51:03parce qu'il n'y a pas de majorité
00:51:04d'utiliser tout ce qui est
00:51:05en notre pouvoir
00:51:06de parlementaire
00:51:07pour faire reculer une politique
00:51:09que nous combattons
00:51:09depuis 8 ans
00:51:10tout de suite
00:51:10maintenant
00:51:11parce que les Français
00:51:12pour lesquels les fins de mois
00:51:13sont de plus en plus difficiles
00:51:15qui n'ont rien d'autre
00:51:15que leur travail pour vivre
00:51:17que les services publics
00:51:18et bien ceux-là
00:51:19ils ne peuvent pas se payer
00:51:20le luxe d'attendre 2027.
00:51:22C'est la raison pour laquelle
00:51:23nous nous battons
00:51:23tout de suite.
00:51:24J'ai l'impression
00:51:25Boris Vallaud
00:51:26à vous écouter depuis tout à l'heure
00:51:27peut-être que je me trompe
00:51:28que vous en avez marre
00:51:29de vous faire engueuler
00:51:29par les insoumis.
00:51:30Non en fait je vais vous dire
00:51:30ça va vous avez le cuir épais
00:51:32vous en prenez tous les jours
00:51:33depuis des semaines et des semaines.
00:51:34Ça m'est totalement indifférent
00:51:34vous savez moi
00:51:35quand je me bats comme parlementaire
00:51:37je me bats pour la vie
00:51:38des Françaises et des Français
00:51:38je ne perds pas de vue
00:51:39que ce qui menace
00:51:41l'ordre républicain
00:51:42ce qui menace
00:51:43la République sociale
00:51:44c'est l'extrême droite
00:51:45et si d'autres se combattent
00:51:46se trompent de combat
00:51:47se trompent d'adversaire
00:51:48et bien je vais vous dire
00:51:50je considère qu'on n'a
00:51:51pas grand chose
00:51:52à se dire.
00:51:53Bon on va laisser les insoumis
00:51:54pour parler d'un économiste
00:51:56Thomas Piketty
00:51:57proche de la gauche
00:51:57qui hier matin
00:51:58sur France Inter
00:52:00a expliqué
00:52:00pourquoi selon lui
00:52:02ce budget de la sécu
00:52:02était invotable
00:52:03il a cité une mesure
00:52:04précisément
00:52:05je vous propose de le regarder
00:52:06Pour faire comprendre
00:52:08aux auditeurs
00:52:08il y a des choses très bizarres
00:52:09par exemple
00:52:09vous avez une baisse
00:52:10des allocations familiales
00:52:11qui est quand même
00:52:12assez sensible
00:52:12quand vous avez des enfants
00:52:13de plus de 14 ans
00:52:14c'est à dire par exemple
00:52:15actuellement
00:52:15mettons vous avez deux enfants
00:52:16dont le plus jeune
00:52:18a plus de 14 ans
00:52:19vos allocations familiales
00:52:20mensuelles vont passer
00:52:21de 230 euros par mois
00:52:22à 150 euros par mois
00:52:23donc c'est 80 euros de moins
00:52:24par mois
00:52:251000 euros sur l'année
00:52:26Repousser à 18 ans
00:52:28au lieu de 14 ans
00:52:28la majoration
00:52:29des allocations familiales
00:52:30pour le deuxième enfant
00:52:31c'était effectivement
00:52:32dans le texte initial
00:52:33est-ce que vous l'avez voté ça ?
00:52:34C'est une mesure réglementaire
00:52:36que nous combattons
00:52:38qui ne concernera aucune
00:52:39des familles
00:52:40qui aujourd'hui bénéficient
00:52:41de ces allocations
00:52:42c'est donc une mesure
00:52:42Mais c'est bien dans le budget
00:52:43de la Sécu
00:52:43Aujourd'hui ça doit être pris
00:52:46par décret
00:52:46et nous nous avons dit
00:52:47au gouvernement
00:52:48que nous y étions opposés
00:52:49que nous sommes contre
00:52:50est-ce que c'est un budget parfait ?
00:52:51Certainement pas
00:52:52Attendez pardon
00:52:53Je m'arrête juste sur cette
00:52:53monsieur Bridevalot
00:52:54Ce n'est pas dans le budget
00:52:55de la Sécu
00:52:56Aujourd'hui ça n'est pas dans le budget
00:52:57ça peut être pris par décret
00:52:58et nous nous disons
00:52:59et nous nous disons
00:53:00au gouvernement
00:53:00qu'il ne faut pas la prendre
00:53:02par ailleurs
00:53:03sachez que l'intention
00:53:04du gouvernement
00:53:04est d'utiliser
00:53:06l'argent
00:53:07que ça dégagerait
00:53:08pour améliorer
00:53:10le congé
00:53:10le congé parental
00:53:12Mais vous n'avez pas
00:53:12la certitude
00:53:13que ça ne va pas revenir
00:53:14en deuxième semaine
00:53:15par un autre biais
00:53:16décret ou autre
00:53:17du gouvernement ?
00:53:18Si ça doit être le cas
00:53:19et bien notre travail
00:53:20d'opposition
00:53:21est de nous y opposer
00:53:22Vous avez demandé
00:53:24des garanties
00:53:25là-dessus au gouvernement
00:53:25ou pas ?
00:53:26J'ai dit moi
00:53:27explicitement
00:53:28et au Premier Ministre
00:53:29et à la Ministre
00:53:30en charge des comptes publics
00:53:31que les socialistes
00:53:32y étaient parfaitement opposés
00:53:34et donc nous continuerons
00:53:35nous continuerons
00:53:36elle a dit
00:53:36oui oui
00:53:37j'ai bien compris
00:53:37la bagarre
00:53:38elle continue
00:53:39elle continue dans le budget
00:53:40elle continue en dehors du budget
00:53:42nous n'avons pas changé
00:53:43d'alliance
00:53:44nous ne sommes pas
00:53:44dans la majorité
00:53:45nous demeurons
00:53:45dans l'opposition
00:53:46mais moi vous savez
00:53:48il y a beaucoup de gens
00:53:49qui toujours raisonnent
00:53:50mais jamais ne décident
00:53:50à un moment donné
00:53:51il faut décider
00:53:52à un moment donné
00:53:52il faut prendre ses responsabilités
00:53:53à un moment donné
00:53:54il faut se poser la question
00:53:55de savoir
00:53:55si l'absence de budget
00:53:56et de la sécurité sociale
00:53:58n'aurait pas au contraire
00:54:00exposé les français
00:54:01bien plus
00:54:02que ce que nous avons réussi
00:54:04à négocier
00:54:04moi j'assume
00:54:06d'avoir suspendu
00:54:08une réforme emblématique
00:54:09comme celle de la réforme des retraites
00:54:10qui va bénéficier
00:54:11à des centaines de milliers
00:54:12de français
00:54:13dès cette année
00:54:14j'assume
00:54:14d'avoir ébranlé
00:54:15le totem
00:54:16de la flat tax
00:54:17avec l'augmentation
00:54:18de la CSG
00:54:19sur les revenus
00:54:19du patrimoine
00:54:21j'assume
00:54:21d'avoir réussi
00:54:23à obtenir
00:54:23plus d'argent
00:54:24pour l'hôpital
00:54:25vous savez que les fédérations hospitalières
00:54:26demandaient 3%
00:54:27et bien nous y sommes
00:54:28ça sont les écologistes
00:54:29qui l'ont demandé
00:54:30c'est tous ceux
00:54:31qui ont accepté
00:54:32de se battre
00:54:33et qui ont permis
00:54:33que ce budget
00:54:34soit adopté
00:54:35la prochaine étape
00:54:36Boris Vallaud
00:54:36c'est le budget
00:54:37celui de l'état
00:54:37après le budget
00:54:38de la sécu
00:54:39est-ce que vous pourriez le voter ?
00:54:41je veux dire
00:54:41je regarde aujourd'hui
00:54:42où nous en sommes
00:54:43et je ne vois pas le chemin
00:54:44je veux dire avec sincérité
00:54:46je ne vois pas le chemin
00:54:47ça veut dire quoi
00:54:47je ne vois pas le chemin ?
00:54:48c'est-à-dire que
00:54:49ce qui a été possible
00:54:50pour le PLFSS
00:54:51je crois que ça ne sera pas possible
00:54:53pour le PLF
00:54:54ça c'est d'entrée
00:54:55on n'est pas reparti
00:54:56dans le même scénario
00:54:57pour le budget de la sécu
00:54:58avec les lignes rouges
00:54:59les contrôles lignes rouges
00:55:00les discussions
00:55:00je veux dire pourquoi
00:55:00évidemment on va continuer
00:55:01de débattre
00:55:02de discuter
00:55:03de négocier
00:55:04parce qu'on le fait
00:55:05dans l'intérêt des français
00:55:06on le fait dans l'intérêt du pays
00:55:07qu'il est évidemment important
00:55:08qu'à un moment donné
00:55:09le pays ait un budget
00:55:11mais moi quand je regarde
00:55:12le vote hier
00:55:13il a manqué quand même
00:55:14beaucoup de soutien
00:55:16au premier ministre
00:55:17dans son bloc central
00:55:18il est premier ministre
00:55:19parce qu'il est théoriquement
00:55:20il peut théoriquement
00:55:21compter sur 210 députés
00:55:22ils étaient où hier ?
00:55:24ils étaient où hier ?
00:55:25et donc
00:55:26vous dites quoi ?
00:55:27de toute façon
00:55:27le budget ne sera pas voté
00:55:28parce que la majorité
00:55:29va exploser là-dessus
00:55:30je dis
00:55:30que
00:55:31quand je regarde
00:55:33comment s'est passée
00:55:34la première lecture
00:55:35à l'Assemblée nationale
00:55:36où un certain nombre
00:55:37de batailles
00:55:38que nous avons menées
00:55:39ont été
00:55:39disons-le
00:55:40perdues
00:55:42quand je regarde
00:55:43ce qu'il est prévu
00:55:44comme économie
00:55:45quand je regarde
00:55:46ce qui se passe au Sénat
00:55:47avec la droite sénatoriale
00:55:48qui aggrave plus encore
00:55:51un budget qui était dur
00:55:51et bien je dis
00:55:53que le chemin
00:55:54va être particulièrement
00:55:55tortueux et compliqué
00:55:55tortueux est compliqué
00:55:56ou impossible ?
00:55:58tortueux est compliqué
00:55:59au moment où je parle
00:56:00mais par exemple
00:56:01vous discutez encore
00:56:02avec le gouvernement
00:56:02il y a des discussions
00:56:04depuis hier soir
00:56:04nous ne sommes pas reparlés
00:56:06tout le monde a dormi un peu
00:56:07tout le monde a dormi un peu
00:56:08les discussions sont possibles
00:56:10pour l'instant
00:56:10elles sont au Sénat
00:56:11les discussions
00:56:11pour l'instant
00:56:12elles sont au Sénat
00:56:12les discussions
00:56:13et elles doivent avoir lieu
00:56:14et elles doivent avoir lieu
00:56:15avec ce qui est
00:56:17prétendument
00:56:18le bloc central
00:56:19d'abord
00:56:19donc le gouvernement
00:56:20doit faire aussi un peu
00:56:21la police chez lui
00:56:22si le parti socialiste
00:56:24ne vote pas de budget
00:56:25le vote d'un budget
00:56:26devient encore plus improbable
00:56:27quelle porte de sortie
00:56:29proposez-vous ?
00:56:30mais ça je veux dire
00:56:31c'est pas à nous
00:56:31de proposer des portes de sortie
00:56:32il y a un gouvernement
00:56:34et un premier ministre
00:56:35qui n'a pas abdiqué
00:56:36il détermine
00:56:37c'est pas à nous de proposer
00:56:37des portes de sortie
00:56:38François Hollande
00:56:39il y a quelques jours encore
00:56:41à lui pour sortir
00:56:41le 49-3
00:56:42j'attends que l'exécutif
00:56:44que le gouvernement
00:56:45nous dise lui
00:56:46à quoi il songe
00:56:47donc le gouvernement
00:56:48attend que le parti socialiste
00:56:49dise finalement
00:56:50on n'est pas contre le 49-3
00:56:51et le PS dit
00:56:52c'est pas à nous de le faire
00:56:52je ne suis pas à premier ministre
00:56:55je ne suis pas dans la majorité
00:56:56je ne suis pas au gouvernement
00:56:57nous essayons
00:56:59d'être une opposition utile
00:57:00dans un parlement
00:57:01sans majorité
00:57:01je pose la question différemment
00:57:02est-ce que vous tombez de la chaise
00:57:03si Sébastien Lecornu
00:57:05dans quelques jours
00:57:06sort le 49-3
00:57:06pour vous permettre
00:57:08de ne pas avoir à voter ce budget
00:57:10tout en le faisant passer
00:57:10moi je ne veux pas
00:57:11spéculer
00:57:12ni dans un sens
00:57:13j'ai entendu le Premier ministre
00:57:15écarter cette hypothèse-là
00:57:19voilà
00:57:19donc
00:57:20l'ont acte
00:57:21maintenant je le dis
00:57:21il est censé avoir
00:57:22un bloc central
00:57:23aujourd'hui
00:57:24y compris
00:57:25les groupes
00:57:26de son bloc central
00:57:27sont divisés
00:57:28entre eux
00:57:29et bien
00:57:30qu'il ait un acte d'autorité
00:57:32dans la construction
00:57:33du budget de l'État
00:57:33ce matin
00:57:34la porte-parole du gouvernement
00:57:35a demandé
00:57:36qu'on laisse tranquille
00:57:37Brigitte Macron
00:57:38après ses propos
00:57:38du week-end dernier
00:57:39elle avait qualifié de sale conne
00:57:41des féministes
00:57:41qui ont interrompu
00:57:42un spectacle
00:57:43d'Harry Habitant
00:57:43qui a bénéficié
00:57:44je le rappelle
00:57:44d'un non-lieu
00:57:45confirmé en appel
00:57:46après des accusations
00:57:47de viol
00:57:48est-ce que les propos
00:57:49de Brigitte Macron
00:57:50vous ont choqué
00:57:51ou est-ce que vous dites
00:57:52maintenant ça suffit
00:57:52on passe à autre chose
00:57:53mais les propos
00:57:54de Brigitte Macron
00:57:54compte tenu de
00:57:55ce qu'elle est
00:57:56ce qu'elle incarne
00:57:57évidemment
00:57:58m'ont choqué
00:57:58ont choqué
00:57:59beaucoup de françaises
00:58:00et de français
00:58:00c'est pas des mots
00:58:01qu'on attend
00:58:02dans la bouche
00:58:03de la première dame
00:58:05parce que c'est le terme
00:58:05consacré
00:58:06à propos
00:58:07de militantes
00:58:08féministes
00:58:08par ailleurs
00:58:09des militantes féministes
00:58:10qui probablement
00:58:11pour un certain nombre
00:58:11d'entre elles
00:58:12se sont battues
00:58:13pour
00:58:14j'allais dire
00:58:15condamner
00:58:16les rumeurs
00:58:17infamantes
00:58:18qui visait
00:58:19madame Macron
00:58:20est-ce que vous soutenez
00:58:22les féministes
00:58:22quand elles interrompent
00:58:23un spectacle
00:58:23de monsieur Bitton
00:58:24écoutez
00:58:25là vous m'avez demandé
00:58:26parce que derrière
00:58:27vous avez la question
00:58:28c'est celle de la prétomption
00:58:29ou pas d'innocence
00:58:29vous savez
00:58:30quand une décision de justice
00:58:31est rendue
00:58:32je crois qu'il faut se tenir
00:58:32à cette décision de justice
00:58:34pardon
00:58:35Sandrine Tondelier
00:58:36qui était sur ce plateau
00:58:37au moment où l'affaire
00:58:38Marine Tondelier
00:58:39pardon
00:58:39au moment où cette affaire
00:58:41a éclaté
00:58:42a dit
00:58:42dont je ne connais
00:58:43honnêtement
00:58:44ni les tenants
00:58:44ni les aboutissants
00:58:45a dit
00:58:46il a raison
00:58:47il doit pouvoir remonter
00:58:48sur scène
00:58:48et elles doivent pouvoir
00:58:49l'interrompre
00:58:50oui c'est une façon
00:58:52de menager
00:58:53la chèvre et le chou
00:58:53en tout cas
00:58:54vous m'avez interrogé
00:58:54sur madame
00:58:55sur madame Macron
00:58:56et ses propos
00:58:57ils ont été choquants
00:58:58et je crois que
00:59:00ça n'est pas
00:59:02les mots que doit employer
00:59:03la première dame
00:59:04compte tenu de ce qu'elle est
00:59:06ce qu'elle représente
00:59:07un mot Boris Vallaud
00:59:07sur les milices
00:59:07de la grande cause nationale
00:59:08qui est la lutte
00:59:10contre les violences faites aux femmes
00:59:11un mot sur le scrutin
00:59:12des municipales
00:59:13à la mi-mars
00:59:14question très simple
00:59:15est-ce qu'il y aura
00:59:15entre les deux tours
00:59:16de l'élection
00:59:17entre le 15 mars
00:59:17et le 22 mars
00:59:18des accords
00:59:19entre le parti socialiste
00:59:20et les insoumis
00:59:21écoutez
00:59:22il n'y aura pas
00:59:22d'accord national
00:59:24je ne sais pas
00:59:24si vous avez constaté
00:59:25par ailleurs
00:59:25que les insoumis
00:59:26ont un objectif prioritaire
00:59:28qui est faire chuter
00:59:29dans un certain nombre
00:59:30de municipalités
00:59:31les mairies socialistes
00:59:33c'est le cas notamment
00:59:34à Paris
00:59:34et donc je ne crois pas
00:59:38que ce soit à l'ordre du jour
00:59:39il peut y avoir
00:59:40compte tenu
00:59:40des circonstances locales
00:59:42des accords locaux
00:59:44des habitudes de travail
00:59:45il peut y avoir
00:59:46des accords PS-LFI
00:59:47entre les deux tours
00:59:48en fonction de
00:59:49il ne peut pas y avoir
00:59:49d'accord général
00:59:50ça n'existe pas
00:59:52est-ce qu'il y aura
00:59:52entre les deux tours
00:59:53des accords
00:59:54alors je rajoute
00:59:54locaux
00:59:55entre le PS et les insoumis
00:59:56il y a 36 000 communes
00:59:5735 000
00:59:58vous n'êtes pas
00:59:59en opposition avec
01:00:00je suis strictement
01:00:01incapable de vous le dire
01:00:02probablement
01:00:03il n'y a pas de veto
01:00:04de principe
01:00:05à des alliances
01:00:05par exemple
01:00:06dans une ville
01:00:06qui pourrait basculer
01:00:07dans quelques communes
01:00:08il se trouve
01:00:09que les insoumis
01:00:10sont parfois déjà
01:00:11dans les majorités municipales
01:00:12déjà dans la majorité municipale
01:00:14et donc les accords
01:00:14électoraux
01:00:15se sont construits
01:00:16parfois
01:00:16sur la base
01:00:17sur cette géographie
01:00:17et puis il y a d'autres endroits
01:00:18où ce sera strictement
01:00:19impossible de le faire
01:00:20mais localement
01:00:21pardon je précise ma question
01:00:22localement
01:00:22il pourrait y avoir
01:00:23des retraits des socialistes
01:00:25en faveur des insoumis
01:00:26des fusions de listes
01:00:27je ne veux pas faire de spéculation
01:00:28dans certains cas
01:00:29c'est possible
01:00:30chaque cas
01:00:30le principe
01:00:32au parti socialiste
01:00:32c'est que ce sont des décisions
01:00:34qui sont d'abord
01:00:34des décisions locales
01:00:35qui appartiennent
01:00:36aux militants locaux
01:00:37qui connaissent mieux que nous
01:00:38les géographies locales
01:00:39vous avez forcément
01:00:40un avis là-dessus
01:00:41vu le climat actuel
01:00:43entre les deux parties
01:00:43vous avez l'impression
01:00:44que c'est une histoire d'amour
01:00:46qu'on est en train de vivre
01:00:47en ce moment
01:00:47c'est pas le mot que je mettrais
01:00:48non l'adversité est grande
01:00:49forte
01:00:49et nos désaccords sont profonds
01:00:51merci beaucoup
01:00:52Boris Vallaud
01:00:53d'être venu
01:00:53merci à vous
01:00:54ce soir dans 60 minutes
01:00:55moi j'ai une histoire d'amour
01:00:56tous les soirs
01:00:57avec Maxime Switek
01:00:58que je retrouve en douce
01:00:59là comme ça
01:01:00à 19h50 pour parler
01:01:01bonsoir Maxime
01:01:02t'es un grand malade
01:01:02oui pardon
01:01:03vous allez bien
01:01:04le programme du 20h
01:01:06dans quelques minutes
01:01:06le 20h dans un instant
01:01:08je vous donne deux des impôts
01:01:08qu'on va développer
01:01:09notamment 30 secondes
01:01:1030 petites secondes
01:01:11voilà à quoi s'est joué
01:01:11visiblement le casque du Louvre
01:01:13à 30 secondes près
01:01:13les policiers les arrêtés
01:01:14sur place
01:01:16les voleurs
01:01:16on va vous expliquer pourquoi
01:01:17dans un instant
01:01:17c'est ballot
01:01:18et effectivement
01:01:19et puis on reviendra
01:01:19sur l'enquête
01:01:20sur la mort du petit Emile
01:01:21c'est une information
01:01:21BFM TV
01:01:224 membres de sa famille
01:01:23ont été entendus
01:01:24par les juges d'instruction
01:01:25on va se demander ce soir
01:01:26si la piste familiale
01:01:27est toujours privilégiée
01:01:28par les enquêteurs
01:01:29le 20h
01:01:30Maxime Switek
01:01:31à suivre dans quelques instants
01:01:32belle soirée à tous
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