- il y a 17 minutes
Chaque jour, Marc Fauvelle vous accompagne de 19h à 20h dans 60 minutes Fauvelle sur BFMTV.
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00:00Générique
00:00Et on commence donc avec cette nouvelle opération coup de poing des agriculteurs.
00:14Depuis ce matin, 350 tracteurs sont installés aux abords de l'Assemblée nationale à Paris
00:19et ils ont bien l'intention d'y rester.
00:22On va aller sur place dans quelques instants.
00:23Le gouvernement, lui, tente toujours d'éteindre cet incendie qui dure
00:28et il annonce une loi d'urgence au mois de mars.
00:31On va tout vous expliquer dans quelques instants.
00:33Bonsoir Mathieu Zadrovski, consultant sécurité de BFM TV.
00:37Vous êtes avec nous ce soir, soyez le bienvenu.
00:38Étienne Fourmont, bonsoir.
00:39Vous êtes éleveur de vaches laitières dans le département de la Sarthe.
00:43Vous êtes également youtubeur.
00:44Vous racontez votre vie d'agriculteur.
00:47On a eu envie de vous entendre ce soir pour voir le degré de colère et d'inquiétude
00:51en ce moment dans le monde agricole.
00:52Et bonsoir Mathieu Lefebvre, ministre délégué chargé de la transition écologique.
00:56Avant de vous entendre, tous les trois, on va d'abord repartir sur le terrain
01:00du côté de l'Assemblée nationale à Paris où nous attend Naoufel El-Kawafi.
01:04Les tracteurs sont toujours là ce soir.
01:07Vont-ils y rester ?
01:08Les agriculteurs vont-ils passer la nuit sur place, Naoufel ?
01:11C'est la grande interrogation.
01:13En tout cas, c'est en train de se décider en ce moment même.
01:15Tout à l'heure, il y a eu une prise de parole d'un responsable syndical
01:18pour expliquer les différentes mesures annoncées par le Premier ministre.
01:21À la suite de cette prise de parole, vous avez toutes les différentes fédérations
01:25qui se réunissent en ce moment même en fonction de leur région
01:27pour savoir quelle suite donner à cette mobilisation.
01:31Ça dure un peu plus d'une heure.
01:33Preuve que tout le monde n'est pas d'accord.
01:34On est justement avec Gwangel Derumeau.
01:36Vous êtes secrétaire générale des Jeunes agriculteurs des Hauts-de-France.
01:40Tout le monde n'est pas d'accord.
01:41Il y a ceux qui souhaitent rester toute la nuit
01:43parce qu'ils ont l'impression que les mesures qui ont été faites
01:45annoncées par le Premier ministre ne sont que du vent.
01:48D'autres, en revanche, qui disent que c'est satisfaisant et qu'il n'en resterait pas.
01:51Alors, je ne peux pas vous dire exactement la tendance.
01:54Je pense que tout le monde est en train de peser le pour et le contre
01:56parce que quand on se mobilise, on sait que nos exploitations,
01:58il y a du travail qui reste sur nos exploitations.
02:00Donc, c'est plutôt ça qui se joue.
02:02Je n'ai pas l'impression que ce soit le grand soir pour tout le monde.
02:06Là, les départements sont en train de se concerter.
02:08On a un point dans deux minutes avec l'ensemble des départements.
02:12C'est les adhérents, c'est les agriculteurs mobilisés qui vont décider de la suite.
02:16Et donc, on doit se rejoindre là dans deux minutes.
02:18Là, ça veut dire quoi ? On est parti pour rester ou on ne sait pas encore ?
02:21J'aurais plutôt tendance à dire qu'on est parti pour rester.
02:24Maintenant, il y a besoin de se concerter,
02:26de savoir un peu la tendance dans chaque département
02:28pour décider de la suite pour la nuit.
02:31Parce qu'il y a eu ces annonces qui ont été faites par le Premier ministre,
02:35quatre mesures, ces différentes annonces, elles ne sont pas satisfaisantes.
02:38C'est insuffisant à vos yeux encore.
02:40D'où le poursuit de cette mobilisation ?
02:43Il en faut encore un plus plus ?
02:44Tout à fait.
02:45Alors, vous savez, ça fait deux ans qu'on se mobilise
02:48pour avoir du concret en agriculture.
02:50Là, aujourd'hui, il y a 400 tracteurs à Paris.
02:53Il y a des gars qui sont partis depuis hier soir.
02:56La journée a été éreintante.
02:58Et à la fin de cette journée, vous avez un Premier ministre
03:00qui annonce par tweet, alors qu'on est devant l'Assemblée,
03:04à 200 mètres de nos politiques,
03:07qui annonce par tweet des mesures envers les agriculteurs.
03:10Je crois que c'est assez révélateur du mépris
03:12qu'a le gouvernement, qu'ont la sphère politique pour le monde agricole.
03:17Je trouve que rien que sur la manière de faire,
03:20elle est honteuse, honteuse, indigne de nos agriculteurs
03:23qui se mobilisent depuis des semaines, voire des mois,
03:26dans toutes les régions.
03:27Parce que là, on est à Paris.
03:28Il aurait dû venir à votre rencontre ?
03:30Mais tout à fait, tout à fait.
03:31Avoir un peu de courage politique pour aller dire aux agriculteurs
03:35qu'il va sur certaines choses, il ne peut rien faire, etc.
03:40D'avoir un peu de donner des explications du concret aux agriculteurs
03:43et de leur montrer qu'il a au moins le courage de les affronter.
03:47Merci beaucoup.
03:48Vous l'aurez entendu, cette colère des agriculteurs qui ne faiblit pas.
03:51Une partie d'entre eux souhaite d'ailleurs rester une bonne partie de la nuit
03:54ici à l'Assemblée nationale, devant l'Assemblée nationale,
03:57avec les différents tracteurs posés devant.
03:59Reste à savoir, est-ce que les forces de l'ordre vont les laisser,
04:02ceux qui sont positionnés tout autour de ce périmètre,
04:06pour cette mobilisation qui se poursuit ici à Paris ?
04:09Merci à vous Naofen El-Kawafi, avec Théo Touchet devant l'Assemblée nationale.
04:12Plus de 300 tracteurs qui sont là depuis ce matin.
04:15Mathieu Lefebvre, vous allez faire quoi ?
04:17Envoyer les forces de l'ordre pour les déloger ?
04:19D'abord, le Premier ministre n'est pas dans l'inaction ou dans l'incantation.
04:23Il est dans le dialogue puisqu'il a reçu l'ensemble des syndicats agricoles,
04:26pas seulement aujourd'hui, depuis maintenant de nombreux jours
04:29et de nombreuses semaines.
04:30Et puis il est dans l'action avec un plan qui a été dévoilé par Annie Gennevar
04:33à hauteur de 300 millions d'euros vendredi dernier.
04:36Et là, il fait droit à un certain nombre de revendications
04:38qui sont essentielles pour le monde agricole.
04:41Il faut évidemment que le dialogue se poursuive dans le calme
04:44et dans le respect évidemment de la sécurité, notamment des Parisiens.
04:48Ce que vous dites aux agriculteurs qu'on vient d'entendre là, Mathieu Lefebvre,
04:50simplement c'est « on vous a entendu rentrer chez vous »
04:53ou « ils peuvent rester là, à Paris, sous les fenêtres des députés ».
04:58Est-ce que ça pose une question de maintien de l'ordre aussi ou pas ?
05:00Non mais je ne me prononce pas sur le maintien de l'ordre,
05:01je n'en connais pas les conditions.
05:03Simplement ce que je dis aux agriculteurs, c'est poursuivons le dialogue
05:05dans le respect des uns et des autres.
05:08D'abord de la part du gouvernement en entendant le message de détresse
05:11qui est formulé face à ce peuple qui nourrit les Français,
05:15qui travaillent très dur, parfois pour pas grand-chose, on y reviendra peut-être.
05:20Mais surtout en disant aussi aux agriculteurs, j'ai entendu parler de mépris
05:23et le mépris vient d'abord de la part des formations politiques
05:26qui dans leur territoire réclament plus d'argent pour les agriculteurs.
05:29Et une fois qu'ils sont à Paris, ils votent pour la censure du gouvernement.
05:32On retarde l'adoption du projet de budget de la nation.
05:35Ces mesures, je le dis très concrètement, qui sont indispensables pour nos agriculteurs,
05:39ne pourront entrer en vigueur que si notre pays se dote d'un budget le plus rapidement possible.
05:44On peut les détailler, mais en matière d'eau par exemple...
05:46Ça c'est un message adressé aussi aux députés de toutes les couleurs politiques.
05:49On l'a compris ce message, il a été rappelé régulièrement sur les plateaux télé.
05:54Étienne Faumont, je disais tout à l'heure que vous êtes éleveur de vaches laitières,
05:58vous n'étiez pas à ma connaissance devant l'Assemblée tout-à-dire.
06:00Ce qu'on entend le plus, ce qu'on lit le plus sur les panneaux des agriculteurs ces derniers jours,
06:04c'est « on est à bout ».
06:05C'est une expression qui revient quasiment dans toutes les interviews.
06:08Est-ce que votre profession est effectivement à bout ?
06:11J'ai presque envie de dire qu'on est à bout depuis 10, 20, 30 ans.
06:15Enfin, je veux dire, les manifestations, on en fait depuis des dizaines et des dizaines d'années.
06:19Ça veut dire quoi ? On est à bout ?
06:20Ça veut dire trop de normes ?
06:22Ça veut dire qu'on ne gagne pas assez d'argent ?
06:23On est à bout, ça veut dire plein de choses.
06:24Ça veut dire qu'on n'est pas aligné sur les autres pays européens en termes de normes environnementales.
06:29Ça veut dire que les politiques, je vous ai écoutés depuis très longtemps, nous méprisent.
06:34C'est une réalité puisqu'on voit que l'agriculture française est en train de périr depuis des dizaines et des dizaines d'années.
06:40On nous méprise parce qu'on n'est pas payé à la juste valeur du travail qu'on fait.
06:45On nous méprise parce que le travail qu'on fait au quotidien n'est pas reconnu,
06:49que ce soit en termes de production alimentaire ou de protection de l'environnement ou d'entretien du territoire.
06:55On nous méprise parce qu'on a une quantité de réglementations et de normes à devoir assumer sur les épaules qui n'est jamais reconnue.
07:03Vous, dans votre vie d'agriculteur, les normes, les contrôles, ça vous prend quelle proportion ?
07:08Moi, je prends souvent l'exemple de mes parents qui ont une vingtaine d'années.
07:14Moi, je suis en salle depuis 20 ans cette année.
07:16Vous avez repris la ferme de vos parents ?
07:17J'ai repris la ferme de mes parents. Je suis la cinquième génération sur la ferme.
07:20Mes parents, je prends un exemple.
07:22Ils passaient à peu près une après-midi, une journée par semaine à faire du bureau.
07:26On va dire remplir des papiers, des déclarations.
07:28Vous, c'est combien ?
07:28Moi, c'est deux à deux jours et demi, trois jours.
07:31Ça dépend des périodes.
07:33Je commence à passer plus de temps dans mon bureau qu'avec les vaches ou sur mon tracteur.
07:38Mathieu Lefebvre, est-ce que c'est normal qu'un agriculteur passe la moitié de son temps dans un bureau
07:42et l'autre moitié avec ses vaches ?
07:43Ou dans ses champs ?
07:45Bien sûr, ce n'est pas normal. Évidemment qu'il faut simplifier, simplifier et encore simplifier.
07:49Mais encore une fois, dans les mesures qui sont proposées, peut-être que ça ne va pas assez loin
07:52et qu'il faut poursuivre le dialogue.
07:54C'est dommage.
07:55On simplifie par exemple les procédures pour les régimes d'élevage.
07:58Sur le registre phytosanitaire, c'est une demande qui est revenue très fréquemment
08:01dans le dialogue avec les organisations agricoles.
08:03On va l'assouplir.
08:05Moi, j'ai rencontré cette semaine des agriculteurs dans le Jura.
08:07Ils m'ont dit, votre décret sur les haies, il n'offre pas assez de souplesse au niveau local.
08:11C'est très important pour eux.
08:11On va regarder et poursuivons ce dialogue et faisons-le respectueusement des uns et des autres.
08:16Mais je ne peux pas vous laisser dire que le gouvernement m'écrit des agriculteurs.
08:20Votre discours, je suis désolé, je ne sais pas contre vous personnellement.
08:24Votre discours, on l'entend depuis tellement d'années.
08:26On nous dit, on va simplifier, on va vous aider, on va faire ci.
08:29On va mettre des enveloppes de plusieurs centaines.
08:31Déjà, les enveloppes, perso, moi, je n'en vois jamais la couleur.
08:34La simplification, jamais la couleur.
08:36Parce qu'à chaque fois que vous dites, on va simplifier, vous arrivez à complexifier le truc.
08:40Si on prend le nombre de fonctionnaires par agriculteur il y a 20 ans ou aujourd'hui, il a plus que doublé ou triplé.
08:46À un moment donné, vous arrivez, je suis désolé, vous n'arrivez pas à simplifier.
08:50Vous ne savez pas le faire, vous ne savez pas simplifier.
08:52Vous n'avez jamais compris que l'agriculture, c'était un pied de la société et que l'alimentation, c'était un pied de la société
08:57qui fait que le pays peut tenir encore debout.
08:59ou si on est aujourd'hui dépendant alimentairement de plein d'autres pays, je peux vous assurer que ça va être catastrophique.
09:05– Étienne Fourbon, ce que vous demandez, c'est moins de normes environnementales.
09:09Est-ce que le débat, c'est les agriculteurs en ont marre des normes ?
09:12C'est un peu ça, l'unique question qu'on se pose.
09:14Est-ce que vous en avez marre des normes et est-ce que ça va se faire au détriment de l'environnement ?
09:17– Non, non, évidemment que non, si vous regardez aujourd'hui.
09:19– Vous avez une ministre à côté de vous.
09:20– Mais c'est surtout, pardonnez-moi, les agriculteurs sont les premières victimes du dérèglement climatique.
09:24– Ah oui, mais je pense que vous posez les uns aux autres.
09:26– J'essayais de mettre un peu de vie entre vous.
09:27– Vous avez raison, on est d'accord de ce point de vue.
09:30Je sème des cultures tous les ans, j'ai des animaux, je fais avec le changement climatique, je peux vous assurer.
09:35On en est bien conscients.
09:36Le problème, c'est qu'on peut laver plus blanc que blanc et être les plus verts du monde.
09:40Si ça se passe comme aujourd'hui, là, on le voit aujourd'hui, on apporte notre nourriture,
09:44ça n'a absolument aucun intérêt de le faire. Je vous le dis tout de suite,
09:47ça ne sert absolument à rien ce qu'on est en train de faire.
09:49Donc soit on prend nos responsabilités et on se dit, ok, il y a l'environnement,
09:53j'en suis bien conscient de l'environnement, je travaille avec tous les jours les animaux,
09:55la nature, je suis avec tous les jours.
09:57Soit on se dit, d'accord, l'environnement c'est important,
10:00se nourrir c'est très important aussi,
10:02dépendre d'autres pays pour se nourrir c'est très grave,
10:04et donc on se dit, ok, bon, ça on peut, ça on peut pas,
10:07je suis d'accord qu'il y ait des normes, il n'y a aucun problème là-dessus.
10:09Mais vous ne vous rendez pas compte du retard qu'on prend
10:11en termes d'agriculture,
10:15parce qu'on était une des créatures les plus performantes du monde,
10:17on est en train de prendre des années de retard.
10:18On voit que cette année le solde n'est plus en faveur de la France.
10:21Donc je vous coupe un instant, je voudrais qu'on aille sur un autre point de blocage ce soir,
10:26il y a ce qui se passe à l'Assemblée Nationale,
10:27il y a également un mouvement de blocage du côté de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle,
10:31donc au nord de Paris, on nous attend Nicolas Dumas,
10:34là c'est un peu plus modeste, on parle d'une grosse dizaine de tracteurs,
10:38même question que tout à l'heure pour l'Assemblée Nationale,
10:40est-ce que les agriculteurs qui sont à vos côtés, Nicolas,
10:43ont prévu de rester là, de bloquer éventuellement les passagers
10:46qui arrivent ou qui partent de l'aéroport ?
10:50Non, c'est avant tout un blocage symbolique, on va dire ici,
10:53puisqu'ils sont au niveau d'Enterplein, juste devant le siège du groupe ADP,
10:58c'est une quinzaine de tracteurs et une quinzaine d'agriculteurs
11:01qui sont présents ici depuis 15h, 7 après-midi, ça fait beaucoup de 15,
11:06ils sont justement ici pour se mobiliser, pour montrer notamment aux automobilistes
11:13qui passent juste à côté et qui klaxonnent de temps en temps
11:16justement leurs revendications ici sur l'aéroport Charles-de-Gaulle
11:21et je me trouve avec Olivier, le Premier ministre a fait quelques annonces
11:25sur son compte sur les réseaux sociaux, des annonces avec un calendrier
11:30pour une loi d'ici à l'été, est-ce que c'est une date qui vous convient ?
11:35La réponse est dans la question, à l'été, on a une réponse du Premier ministre
11:40qui nous demande d'attendre un Conseil des ministres au mois de mars
11:42et une évaluation des questions avant l'été, mais pas de réponse.
11:48Et encore une fois, on nous balade, donc on a des réponses sur certains points
11:52qui nous vont évidemment, mais on ne peut pas se permettre d'attendre
11:55et encore d'attendre. Ça fait depuis les blocages de tout Paris en 2024,
12:01en février 2024, qu'on attend des réponses.
12:03À quel moment est-ce que ça va s'arrêter ?
12:06Alors mettre la dissolution de l'Assemblée en face de ça,
12:11on n'est pas une variable d'ajustement de la politique nationale.
12:14Nous, ce qu'on veut, c'est des réponses claires et franches.
12:17On vient en soutien de notre manif à Bruxelles,
12:19on vient en soutien au manif de nos collègues de la coordination rurale
12:23qui ont fait le job la semaine dernière.
12:25On continue cette semaine, on ne peut pas continuer dans cet état d'esprit
12:30où personne ne nous donne de réponse.
12:33Et encore une fois, il n'y a pas de cap.
12:35Il n'y a aucun cap pour l'agriculture française.
12:37On comprend que vous auriez aimé un calendrier beaucoup plus resserré
12:41que ce qu'il a été annoncé, en fait, au final, par le Premier ministre.
12:45On peut avoir des lois d'exception aussi.
12:46On a vu que c'était possible pour Notre-Dame de Paris,
12:49pour la réflexion de Notre-Dame de Paris,
12:51qu'on pouvait se passer au travers des règles d'environnement
12:55et des bâtiments de France, etc.
12:57Alors, je n'ai pas tous les tenants et les aboutissants.
12:59Mais je pense qu'une loi d'exception pour l'agriculture,
13:01il la faut vite et rapidement et forte.
13:05On a entendu vos mots.
13:06Vous appelez justement une loi d'exception rapide et forte.
13:09Donc, ces agriculteurs qui sont présents ici depuis 15h cet après-midi,
13:13pour le moment, ils ont un bras zéro.
13:15Ils vont à nouveau faire quelques saucisses grillées,
13:19quelques saucisses pour manger ce soir.
13:22Merci à vous, Nicolas Dumas.
13:23Julie Roser, du côté de l'aéroport.
13:24Voici Charles de Gaulle, près de Paris.
13:26Vous avez entendu ces agriculteurs, monsieur le ministre,
13:28qui disent qu'on a été capable de rebâtir Notre-Dame.
13:31Une volonté, un projet, de l'argent.
13:33On doit être capable, peut-être, de sauver notre agriculture.
13:36Oui, et je pense que c'est un intérêt national.
13:38Ce n'est pas simplement des intérêts économiques.
13:40C'est un intérêt de souveraineté, comme vous l'avez rappelé.
13:42Et c'est aussi un intérêt pour l'esprit de la nation.
13:44La nation est attachée à ses agriculteurs.
13:47Je voudrais leur dire qu'il y a un certain nombre de mesures
13:49qui entrent en vigueur tout de suite.
13:50La simplification des régimes d'élevage, c'est pour tout de suite.
13:53Les mesures budgétaires, elles entreront en vigueur quand on aura un budget.
13:57Mais le gouvernement, sur la base des propositions
13:59qui ont été formulées par Annie Gennevar,
14:01fait le plus vite possible pour que tout ceci rentre en vigueur.
14:04Et surtout, pour que les agriculteurs voient du concret.
14:06Mais encore une fois, on a un Premier ministre
14:08qui n'est pas dans l'incantation,
14:10qui propose des solutions aux agriculteurs.
14:11Et je regrette qu'on ait une partie de la classe politique
14:13qui préfère manifester avec les agriculteurs
14:17à l'extérieur de l'Assemblée nationale et à l'intérieur...
14:18Vous dites ça pour qui ? Pour Yael Brunpivet qui est allé à leur rencontre tout à l'heure ?
14:21Non, je dis ça pour le Rassemblement national.
14:22Pour être honnête, ils y sont tous allés.
14:23Je dis ça pour le Rassemblement national.
14:24Parce qu'on ne peut pas soutenir les agriculteurs devant le parvis de l'Assemblée nationale
14:27et voter la censure du gouvernement à l'intérieur du Palais Bourbon.
14:30Ça ne fonctionne pas comme ça.
14:31Si on aime les agriculteurs, si on veut les aider,
14:33on donne à ce pays un budget.
14:34Mathieu, qu'est-ce qui va se passer ce soir à Paris ?
14:37Est-ce qu'on se souvient des images provoquées par les blindés de la gendarmerie
14:41quand ils sont intervenus pour déloger des manifestants
14:43qui s'opposaient à l'abattage d'un troupeau
14:45qui a un petit peu mis le feu il y a quelques semaines ?
14:47Est-ce que les forces de l'ordre ce soir vont intervenir ?
14:49Ou est-ce que le gouvernement peut laisser des tracteurs
14:52dans le cœur de Paris, dans un quartier qui est un peu sensible ?
14:55Je ne pense pas qu'il se passera quelque chose ce soir.
14:58Déjà, ce n'est même pas sûr que les agriculteurs restent devant l'Assemblée nationale.
15:01C'est le responsable des jeunes agriculteurs, a dit tout à l'heure
15:03que ce n'est pas le grand soir pour tout le monde,
15:04donc il n'y a pas de certitude là-dessus.
15:06Je pense que laisser le blocage ce soir, cette nuit,
15:08ce n'est pas une disruption très importante pour la capitale.
15:12C'est si le blocage se prolonge qu'à ce moment-là,
15:14on prendra peut-être en compte cette éventualité de délogement.
15:17Je précise que la manifestation avait été déclarée en préfecture.
15:19À l'origine, on ne savait pas qu'ils allaient rester simplement.
15:22Absolument, c'était déclaré, c'était autorisé.
15:24Et puis, disons-le très franchement, tout s'est très bien passé.
15:27Il n'y a pas eu de tension particulière aujourd'hui sur ce point de blocage.
15:30Donc, je pense que pour le moment, la priorité est donnée à la négociation.
15:34À la négociation politique d'abord,
15:36ensuite peut-être à la négociation sur le terrain devant l'Assemblée
15:38avant d'utiliser la force.
15:39Etienne Faumont, un dernier mot,
15:41parce qu'on a appris aujourd'hui qu'il n'y aurait pas de bovins
15:43cette année au Salon de l'Agriculture,
15:45qui doit débuter dans un petit peu plus d'un mois.
15:46Est-ce que c'est une mauvaise nouvelle pour les bambins,
15:48les petits franciliens qui viennent tâter le museau de vos vaches
15:51une fois par an et qui découvrent un petit peu ce que c'est aussi,
15:54ou surtout pour la profession ?
15:55C'est une mauvaise nouvelle pour tout le monde,
15:57pour la profession autant que pour les citadins
15:58et autant que pour les parisiens,
15:59parce que c'est vrai que le Salon de l'Agriculture,
16:02c'est un peu la vitrine de l'excellence agricole française,
16:04et ça nous permet de discuter directement avec le consommateur.
16:06Donc, c'est évidemment dommage.
16:07Après, c'est évidemment logique, vu ce qui se passe avec la DNC,
16:10que les éleveurs n'amènent pas leurs animaux.
16:12Je suis éleveur, je vois ce qui se passe,
16:14je serais le premier à dire,
16:14« Non, moi, je n'avais pas mes vaches parce qu'il y a quand même un risque qui est là. »
16:17Alors, maintenant, le risque, il a l'air d'être un peu plus minime
16:19parce qu'on a réussi à contenir un peu la DNC.
16:21Mais c'est du bon sens, c'est malheureux, mais c'est du bon sens.
16:25Merci beaucoup à tous les trois d'être venus ce soir sur le plateau de 60 Minutes.
16:28On en vient maintenant à l'événement du jour,
16:30le coup d'envoi du procès en appel de Marine Le Pen.
16:32Elle comparaît aux côtés de 11 autres prévenus depuis la mi-journée,
16:36soupçonnés d'avoir détourné l'argent du Parlement européen
16:38au profit du FN devenu RN.
16:40Si sa peine est confirmée, l'élection présidentielle se jouera sans elle.
16:44On va voir dans un instant comment s'est passée cette première journée d'audience.
16:48Et on va en parler également avec nos invités qui nous rejoignent à présent
16:52dans l'ordre d'apparition à l'image.
16:54Marie Chantret, chef du service politique de BFM TV.
16:57Bonsoir.
16:57Thuc Doualdonis, directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles.
17:00Soyez le bienvenu également.
17:01Ludovic Fria, bonsoir.
17:03Premier vice-président adjoint au tribunal judiciaire de Paris
17:06et président de l'Union syndicale des magistrats.
17:12Ce n'est pas prévu, je tiens à le dire.
17:12Il n'est pas candidat, s'il y a une dissolution, vous nous le confirmez.
17:15Président de l'Union syndicale des magistrats.
17:17En revanche, votre voisin député, députée de Moselle, Laurent Jacobelli
17:20et porte-parole du Rassemblement national.
17:23Bonsoir.
17:23J'ai tout remis à peu près dans l'ordre.
17:25Merci d'être avec nous ce soir.
17:26On va d'abord prendre la direction justement du palais de justice de Paris.
17:30C'est Sophie Dupont qui a suivi les premières heures de ce procès en appel.
17:34Bonsoir, Sophie.
17:35Comment Marine Le Pen a-t-elle passé cette première journée, ces premières heures ?
17:41Alors, c'est difficile de répondre à cette question
17:42parce que Marine Le Pen, elle n'a pas répondu aux journalistes
17:45ni à son arrivée, ni à sa sortie.
17:47Si on refait le fil de cette journée,
17:49elle est arrivée 15 minutes avant le début de l'audience.
17:52En évitant l'entrée principale où l'attendait une foule de caméras,
17:55elle a utilisé une porte dérobée pour réduire au maximum les images.
17:59Elle s'est ensuite installée au premier rang de cette salle d'audience
18:02qui était pleine à craquer.
18:04Et elle a passé une large partie de son après-midi
18:06à écouter la lecture du rapport par la présidente de la cour d'appel
18:10tout en prenant des notes.
18:12Et c'est au bout de 4 heures d'audience
18:13que Marine Le Pen, appelée à la barre, a déclaré
18:17« Si un délit a été commis, je veux bien l'entendre,
18:19je veux bien l'entendre, mais je veux que la cour sache
18:21que nous n'avions aucun sentiment de commettre un délit. »
18:24Marine Le Pen qui reconnaît donc à demi-mot la matérialité des faits
18:28mais qui insiste désormais sur leur non-intentionnalité.
18:31Pour elle, le Parlement européen n'a pas joué son rôle d'alerte
18:34tel qu'il aurait dû le jouer, dit-elle.
18:37Légère inflexion donc dans sa stratégie
18:39qui est le fruit de longs mois de consultations
18:41pour la patronne des députés RN
18:43parce que Marine Le Pen, elle le sait, elle joue très gros,
18:46elle joue son avenir politique dans ce procès.
18:48Donc elle veut réduire au maximum sa peine.
18:50C'est cette stratégie qu'elle devrait à nouveau développer
18:52lors de son interrogatoire qui est prévu mardi et mercredi prochain.
18:56Fille Dupont, merci au Palais de Justice de Paris avec Marion Delpierre.
18:59« Je n'ai pas le sentiment, » Laurent Jacobelli a dit Marine Le Pen,
19:02« je n'ai pas le sentiment d'avoir commis le moindre délit,
19:05ça y est, elle est passée en mode profil bas. »
19:07Non, je crois que Marine Le Pen a toujours dit qu'elle dirait la vérité,
19:10elle a toujours dit qu'elle s'estimait innocente
19:12et qu'elle était de bonne foi.
19:14Elle n'a jamais eu l'envie ni le sentiment de contourner les règles.
19:18Là, elle ne dit plus, c'est un procès politique, c'est scandaleux.
19:20Je n'ai pas le sentiment, si tant est qu'une faute ait été commise,
19:23le Parlement européen n'a pas joué son rôle d'alerte.
19:25J'ai peut-être fait une bêtise, mais ce n'est pas de ma faute.
19:27Mais tout s'est toujours fait en totale transparence,
19:29tous les contrats étaient visés, je ne sais pas si vous connaissez
19:31le fonctionnement du Parlement européen,
19:33c'est l'administration dans ce qu'elle a de pire,
19:35c'est la paperasse devenue reine.
19:36Et donc, rien ne passe à travers les fourches codines.
19:39Non, tout a été vu et revu par l'administration.
19:42Donc, effectivement, si jamais, et ce n'est pas prouvé,
19:45il y a eu un écart de fait,
19:47il a été fait de manière tout à fait de bonne foi
19:49et involontaire et sous le contrôle de la commission européenne,
19:52du Parlement européen, c'est ce que je comprends de ses dires, en tout cas.
19:56Est-ce qu'elle peut s'en sortir, Edovic Fria ?
19:58Est-ce qu'elle peut, par un début de changement,
20:01de frémissement, de stratégie de défense,
20:04convaincre la justice d'aménager,
20:06de réduire un petit peu cette fameuse peine d'inéligibilité ?
20:08Je vais vous surprendre.
20:09Je ne connais pas le dossier dans son détail
20:11et je ne suis pas non plus dans la tête
20:13ni des prévenus,
20:16ni du procureur, ni des juges,
20:17ni des avocats.
20:18Moi, ce que je constate simplement,
20:20c'est qu'on est en janvier, janvier 26,
20:22on est encore dans la période des vœux
20:23et j'aimais le vœu,
20:25et je pense qu'on peut tous le partager sur cette table,
20:27que ce procès se fasse de façon sereine
20:30et que les choses puissent être développées,
20:33discutées,
20:35qu'on puisse s'opposer,
20:36mais s'opposer dans le cadre judiciaire
20:37pour avoir une décision
20:38qui sera une décision d'appel.
20:40Il faut quand même rappeler ce qu'est l'appel.
20:42L'appel, c'est qu'on repart à zéro,
20:44on reparle du dossier,
20:46des arguments du dossier depuis le début,
20:48et on peut même changer,
20:49c'est le sens de votre question,
20:50on peut même changer,
20:51éventuellement varier sa stratégie de défense.
20:53Je ne sais pas si ce sera le cas ou pas,
20:55mais c'est possible.
20:57Est-ce qu'elle peut s'en sortir ?
20:58Je vous pose la question aussi à vous.
20:59C'est la question à 10 000 euros.
21:01Oui, c'est la question à une présidentielle en tout cas.
21:04Moi, pour vous répondre,
21:06je pense que,
21:08si je vous retourne la question à l'inverse,
21:09si elle ne changeait pas de stratégie de défense,
21:11est-ce qu'elle aurait des chances de s'en sortir ?
21:12Clairement non.
21:13Est-ce qu'elle a des chances de s'en sortir
21:14en ayant changé de stratégie de défense ?
21:17Toujours un peu plus.
21:17Il y a la jurisprudence de François Bayrou,
21:19qui avait quand même un peu fait...
21:21Pour la même affaire,
21:22a été relaxée ?
21:23Pour la même affaire jumelle, on va dire.
21:24Enfin, affaire de contournement...
21:27D'assistants au Parlement européen,
21:30dont on suppose qu'ils ont plus travaillé
21:32pour le modem, en l'espèce,
21:33que pour le Parlement européen,
21:36pour des montants moins, bien moins.
21:37On rappelle qu'on parle de 4,5 millions d'euros
21:38d'argent du Parlement européen détourné.
21:40On va dire.
21:42Mais bon, il y a cette jurisprudence-là,
21:43et c'est, entre guillemets,
21:44ce qu'ont le « ont »
21:46sous-entendant des avocats,
21:49des juristes, des commentateurs,
21:52avaient plutôt conseillé
21:53de faire à Marine Le Pen,
21:55entre la première instance et l'appel.
21:57Bon, moi, je trouve...
21:58On sait qu'elle a d'ailleurs vu
21:59François Sureau,
22:01grand défenseur des libertés publiques,
22:03elle a vu l'avocate historique
22:04de Nicolas Sarkozy aussi,
22:06qu'elle a pris des conseils.
22:07A priori, si on est reparti
22:08dans l'acte 2 comme dans l'acte 1,
22:10on ne prend pas de nouveaux acteurs.
22:11Oui, voilà.
22:12Moi, je trouve qu'il y a des signes faibles
22:13et il y a des signes forts.
22:14Alors, sur les signes faibles,
22:15il y a effectivement
22:16cette nouvelle avocate à ses côtés,
22:18il y a deux, trois phrases,
22:20vous en avez cité,
22:21mais elle a quand même dit
22:22si tenté qu'une faute ait été commise.
22:25Moi, quand j'entends ça,
22:25si vous voulez,
22:26j'entends vraiment quelqu'un
22:26qui, effectivement,
22:28laisse penser qu'il n'y a plus
22:29à avoir une faute,
22:29mais qu'effectivement,
22:30tout le débat,
22:31c'est sur l'intentionnalité.
22:32François Fillon a donné une interview
22:33au Figaro il y a quelques semaines,
22:35pas très longtemps,
22:36moins d'un mois, je dirais.
22:37Il expliquait sur cette question-là
22:39que, pour lui,
22:40ce que devait dire Marine Le Pen,
22:41c'est qu'il y avait un système
22:43à une époque
22:43qui était utilisé entre guillemets
22:46par tout le monde.
22:46Ce système n'a plus lieu d'être
22:48aujourd'hui pour des bonnes
22:49ou des mauvaises raisons.
22:50En tout cas, quoi qu'il en soit,
22:51ne jugeons pas avec les lunettes
22:52du présent des actes passés.
22:55Pour moi, les signes forts,
22:56paradoxalement,
22:57ce n'est pas juridico-juridique.
22:59C'est la communication politique
23:01du Rassemblement National
23:02depuis quelques heures,
23:03quelques jours.
23:04C'est-à-dire qu'on est loin
23:06de l'ambiance de la place Vauban.
23:07Souvenez-vous,
23:08après sa condamnation,
23:09une manifestation organisée
23:10par la place Vauban.
23:11Ce n'est plus l'appel
23:11à manifester contre la justice.
23:12Ce n'est plus l'appel à manifester
23:16les formules sur la politisation
23:17des juges, les juges rouges, etc.
23:19On voit des élus
23:21du Rassemblement National
23:22comme M. Jacobelli
23:23qui sont beaucoup plus
23:24meso-votché.
23:25On n'en parle pas trop, d'ailleurs.
23:26Ils ont laissé Marine Le Pen,
23:27je pense, en accord avec elle,
23:30assez seuls sur ce créneau
23:32du procès, eux parlant
23:34de politique, de la crise agricole, etc.
23:36Je trouve que la communication politique
23:37dit beaucoup de la stratégie de défense.
23:40On va parler inéligibilité
23:42dans un instant, exécution provisoire,
23:44tous ces termes qu'on a découverts.
23:45Ces derniers mois,
23:47avec Marine Le Pen
23:47et aussi un tout petit peu
23:48avec Nicolas Sarkozy.
23:49Mais d'abord, Marie Chantret,
23:50est-ce qu'au fond d'elle-même,
23:51Marine Le Pen, elle y croit encore ?
23:52Elle a pu donner l'impression
23:53ces derniers mois
23:54de lâcher un peu la rampe,
23:56de confier le témoin
23:58à Jordan Bardella.
24:00Qu'est-ce qu'elle en dit
24:00et qu'est-ce qu'elle en pense ?
24:02Il y a eu cette phrase
24:03du « je garde un tout petit,
24:05petit espoir ».
24:06Et c'est vrai que ça,
24:07ça lui est revenu
24:08un peu en boomerang.
24:09Ajouter à cela
24:10un « je vois Jordan Bardella
24:12gagner à ma place »
24:14et c'est une partie
24:15de son entourage,
24:15ces soutiens qui lui ont dit
24:16quand même,
24:17je parle souvent de contrôle,
24:18M. Jacobelli,
24:19qui lui ont dit
24:19« tu lâches la rampe là ».
24:22Certains lui ont dit cela
24:23et de sources bien informées.
24:26Et elle a rebondi
24:27à l'occasion
24:28de différentes interviews
24:29dans la presse écrite.
24:30Je pense à Ouest-France
24:31il y a seulement quelques semaines.
24:33« Non, je ne renonce
24:33absolument à rien.
24:34Je suis extrêmement combative. »
24:36Dans les faits, quand même,
24:38juridiquement,
24:39tu dois le rappeler,
24:42ça s'avère très compliqué.
24:44Et on l'a quand même
24:45acté dans son entourage,
24:47elle-même aussi,
24:47le dit en privé,
24:49considérant que
24:50un acquittement,
24:53enfin en tout cas
24:53qu'elle soit blanchie
24:54de ses faits,
24:55est aujourd'hui impossible.
24:56Ça y est,
24:57elle a repris du poil
24:57de la bête.
24:58L'espoir, juste, je termine,
24:59c'est peut-être
24:59une inéligibilité réduite.
25:02Réduite.
25:02Qui lui permettrait
25:03d'être candidate quand même.
25:04Exactement.
25:05Si elle était réduite,
25:05par exemple, à deux ans,
25:07cette inéligibilité,
25:08elle pourrait être
25:08en candidate en 2025.
25:10C'est l'espoir aujourd'hui.
25:11Elle y croit à nouveau,
25:11votre candidate.
25:12Mais il y a toujours cru.
25:13J'entends des choses
25:14qui ne correspondent pas
25:15à la réalité
25:15que je vis, moi, au quotidien.
25:17Ce sont des interviews
25:18de Marine Le Pen,
25:18que vous rappelez Marie Chantret.
25:19Elle n'a pas inventé.
25:20Marine Le Pen est une combattante.
25:22Elle a ça dans le sang.
25:23Marine Le Pen ne renonce pas.
25:24Tous ceux qui la connaissent
25:25pourront témoigner
25:26que ce que je dis est vrai.
25:27L'expression tout,
25:28tout, petit espoir
25:29a quand même suscité
25:30des interrogations.
25:31C'est quelqu'un qui a,
25:32dans sa vie politique, rencontré
25:32probablement plus d'obstacles
25:33que tous ses opposants réunis.
25:35Et pourtant,
25:36elle a toujours, toujours, toujours
25:37combattu et gagné à la fin.
25:39Donc, honnêtement,
25:40je ne souscris pas
25:40à votre théorie du tout
25:41parce que moi,
25:41la Marine Le Pen que je connais,
25:43c'est une Marine Le Pen déterminée.
25:44Par contre,
25:45il n'y a pas de refus
25:45de l'obstacle pour Marine Le Pen.
25:47Elle sait qu'il y a un risque.
25:48Évidemment qu'elle le sait.
25:48Tout le monde le sait.
25:49Pour autant,
25:50elle met en place
25:51toutes les mesures
25:51pour s'en sortir.
25:52Elle pour gagner.
25:53Et pour si jamais,
25:54par malheur,
25:54elle ne gagne pas
25:55pour que le Rassemblement National
25:57ait un candidat crédible
25:58et aimé des Français,
25:59Jordan Bardella.
26:00Le fameux plan B.
26:01C'est ça qu'a fait Marine Le Pen.
26:02Elle n'a jamais baissé les bras.
26:04Ceux qui nous écoutent
26:05et qui la connaissent
26:06savent que chez Marine Le Pen,
26:07baisser les bras
26:07est une expression
26:08qui n'existe pas.
26:09Raphaël Grabli nous a rejoint.
26:10Bonsoir Raphaël
26:11pour le radar de 60 minutes.
26:13On est donc en plein débat
26:14sur l'exécution prévisoire
26:15et provisoire,
26:16donc immédiate,
26:17et l'inéligibilité.
26:19Il faut dire que si la loi
26:20a été durcie,
26:21Raphaël,
26:21c'est d'abord
26:22tout le monde,
26:23à l'époque,
26:23le réclamait.
26:24Quasiment tout le monde.
26:24Oui, il faut revenir
26:26sur ce déclencheur,
26:27ce séisme,
26:28l'affaire Jérôme Cahuzat,
26:29qui, je rappelle,
26:30était ministre du budget,
26:31qui a été condamné
26:31pour fraude fiscale.
26:33À l'époque,
26:33François Hollande
26:34veut rapidement,
26:34très rapidement d'ailleurs,
26:35en tirer toutes les conséquences.
26:37Le 10 avril 2013,
26:39il promet de nouvelles mesures.
26:41Il évoque notamment
26:41une inéligibilité temporaire,
26:43voire définitive,
26:45pour les élus condamnés.
26:47J'ai plongé, par exemple,
26:48sur la chaîne YouTube
26:49du Rassemblement National
26:50et j'ai trouvé une vidéo
26:51du jour même,
26:52le 10 avril 2013.
26:54Marine Le Pen
26:55improvise une conférence de presse
26:57et elle répond justement
26:58sur cette question.
27:00La chaîne de l'inéligibilité à vie,
27:02elle est séduisante.
27:04Il n'y a qu'un malheur,
27:04c'est que je pensais là
27:05ce qu'elle est effectivement
27:08inconstitutionnel,
27:09car il n'y a pas de peine à vie
27:10dans le droit français.
27:12Qu'en revanche,
27:13il existe une inéligibilité lourde
27:15pour ceux qui ont été condamnés
27:17pour des délits commis
27:19dans le cadre
27:20ou grâce à l'exercice
27:22de leur mandat
27:23me paraît tout à fait sain.
27:26Il y a un autre épisode
27:27quelques années plus tard,
27:28le 9 août 2017,
27:29c'est le vote
27:30à l'Assemblée Nationale
27:31de la loi de moralisation
27:33de la vie politique
27:33avec notamment l'abstention
27:35du Rassemblement National,
27:37de Marine Le Pen,
27:38de Louis Alliot,
27:40le vice-président
27:40du Rassemblement National
27:41qui est interrogé
27:42par le Figaro
27:44et qui estime justement
27:45que le texte
27:45ne va pas assez,
27:46je cite,
27:47en profondeur.
27:48Alors il faut quand même
27:49signaler qu'à cette époque
27:51il y a une demande
27:51très forte des Français
27:52avec un sondage
27:54de mars 2017
27:55sur les qualités
27:56les plus importantes
27:57d'un président
27:58ou d'une présidente
27:58de la République.
27:59L'honnêteté arrive
28:00en première place
28:01très très loin
28:02devant les autres réponses.
28:03Ça c'est en 2017,
28:04aujourd'hui les Français
28:05ils en disent quoi,
28:06ils en pensent quoi
28:06de l'honnêteté en politique ?
28:07Alors j'ai pas retrouvé
28:08de sondage équivalent
28:09plus récent
28:10mais je vais quand même
28:10signaler ce sondage
28:11là pour BFM TV
28:12du 31 mars 2025,
28:13le jour même
28:14de la condamnation
28:15de Marine Le Pen
28:15en première instance
28:17concernant justement
28:18cette question
28:18de l'inéligibilité
28:19avec exécution provisoire.
28:22Laurent Jacobelli regarde
28:23attentivement les résultats
28:24pour savoir ce qu'il va dire
28:24dans un instant.
28:25Le cas de détournement
28:25de fonds publics,
28:26le résultat il est très clair,
28:2868% trouvent que cette sanction
28:30est juste,
28:31alors ça ne s'affiche pas
28:32sur ce graphique
28:32mais chez les électeurs du RN
28:34il est beaucoup plus faible
28:35ce chiffre,
28:36c'est seulement 28%.
28:37Oui, il faut une éligibilité
28:39lourde pour les délits
28:40commis par les élus
28:41dans le cadre de leur fonction.
28:42Marine Le Pen.
28:43Quand ils sont condamnés
28:43définitivement c'est vrai
28:45sauf qu'il ne nous aura pas
28:46échappé que Marine Le Pen
28:47a fait appel
28:47ce qui veut dire qu'au moment
28:48où on se parle
28:49elle est présumée innocente.
28:51Donc ça ne s'applique pas à elle.
28:52Mais si elle est condamnée
28:53en appel
28:53vous ne descendrez pas
28:55dans la rue
28:55pour dire c'est scandaleux
28:56l'inéligibilité ?
28:57Mais ce sera à Marine Le Pen
28:58de voir si elle fait à nouveau
29:00elle va en cours de cassation
29:02ou si elle accepte
29:03le jugement éventuellement
29:04mais aujourd'hui
29:05on parle de quelqu'un
29:05qui est innocent
29:06ça ne s'applique pas.
29:07Ce qui est problématique
29:08c'est l'exécution provisoire
29:10de l'inéligibilité
29:13c'est-à-dire
29:13quelqu'un présumé innocent
29:14qui est leader
29:15de l'opposition en France
29:16dont les sondages disent
29:17qu'elle peut être
29:17notre future présidente
29:18de la République
29:19est empêchée
29:20d'aller à l'élection
29:21en étant innocente.
29:23Parce que quel risque
29:24de récidive ?
29:24Il n'y a absolument aucun.
29:26Marine Le Pen
29:26n'est plus présidente
29:27du Rassemblement National
29:28Marine Le Pen
29:29n'est plus députée européen
29:31et donc
29:31même si elle avait
29:33été coupable
29:34ce qui n'est pas le cas
29:35et qu'elle avait voulu
29:35récidiver
29:36ce qui évidemment
29:37n'est pas le cas
29:37ce n'était pas possible.
29:39Donc à quoi servirait
29:40l'exécution provisoire ?
29:41Donc ce n'est pas du tout
29:42le cas que vous évoquez
29:43à l'instant.
29:45C'est soutenu par les Français
29:46Une fois encore
29:47je le dis
29:48au moment où nous nous parlons
29:50Marine Le Pen
29:51est présumée
29:52innocente
29:52et empêchée
29:53de concourir
29:54à l'exécution présidentielle
29:55dans une démocratie mature
29:56ça pose quand même
29:57des questions fondamentales.
29:58Est-ce qu'il faut faire
29:59le procès
30:00de l'exécution provisoire ?
30:01Je cite Christian Estrosi
30:02maire Horizon de Nice
30:03qui dit aujourd'hui
30:04il faut supprimer
30:04l'exécution provisoire
30:05pour les peines
30:06d'inéligibilité.
30:07Est-ce qu'il faut
30:08effectivement
30:08revenir sur cette règle
30:10qui a été votée
30:10il y a une dizaine d'années
30:11à la quasi-unanimité
30:12à l'Assemblée Nationale ?
30:13C'est le rôle du politique
30:15me semble-t-il.
30:17Ça vous scandaliserait ou pas ?
30:19Cette loi a été votée
30:20avec une très très large majorité
30:22quasiment à l'unanimité
30:23c'était une demande forte
30:25de nos concitoyens
30:25il y a l'exécution provisoire
30:27effectivement
30:28elle existe
30:28elle est là
30:29cet outil a été donné
30:31au juge
30:32comme outil
30:33d'efficacité
30:34de réponse pénale
30:35sur ces situations
30:36C'est pas automatique
30:37le juge peut toujours
30:38faire une exception ?
30:40Oui mais
30:40le juge peut toujours
30:41faire une exception
30:42mais en tout cas
30:43la demande du législateur
30:44c'est avant tout
30:46il faut effectivement
30:47une réponse ferme
30:49et rapide
30:49c'est-à-dire aussi pour ça
30:50que le dossier
30:51a été audiencé
30:52en appel
30:53aussi rapidement
30:54c'est assez simple
30:56la contrepartie
30:58de l'exécution provisoire
31:00on le sait tous ici
31:01qui est lourde
31:01qui est lourde de conséquences
31:02une lourde de conséquences politiques
31:03pour Mme Le Pen
31:04je vais pas dire l'inverse
31:05ça appelle quoi ?
31:06ça appelle
31:07un dossier en appel
31:08à bref délai
31:09jugé plus rapidement
31:10et en ce sens-là
31:11Marine Le Pen
31:12a eu un traitement
31:12plutôt favorable
31:14de la justice
31:14je dirais pas
31:14qu'il y a eu un coup de fil
31:16mais vous imaginez bien
31:17la lourdeur
31:18d'organiser un procès
31:20de cette ampleur
31:21sachant qu'actuellement
31:22sur la Cour Appel de Paris
31:23il y a 900 dossiers
31:25criminels
31:25qui attendent d'être jugés
31:27tu dois le donner
31:27il faut réformer
31:28la réforme
31:29écoutez moi
31:30je veux bien
31:30effectivement
31:31qu'on ressorte
31:32les archives
31:33de Louis Alliot
31:34et de Marine Le Pen
31:34mais honnêtement
31:35à l'époque
31:36où ils tiennent
31:37ses propos
31:38le contexte
31:39politico-juridique français
31:40n'est pas le même
31:41c'est comme si
31:42si vous voulez
31:43quand on ressort
31:43les images
31:44de François Fillon
31:44disant
31:45si je suis mis en examen
31:46évidemment
31:46je renoncerai
31:46à ma candidature
31:47au moment où il prononce
31:48cette phrase
31:49il peut pas imaginer
31:49que la temporalité
31:50classique
31:52d'une mise en examen
31:53en France
31:53d'un homme politique
31:54en général
31:55et d'un candidat
31:56avec son présidentiel
31:56en particulier
31:57soit des délais
31:59qu'il y a eu
31:59dans cette affaire
32:00qu'il y a eu
32:01le changement
32:02enfin
32:02un juge d'instruction
32:04qui a été nommé
32:05on a attendu
32:07quelques jours
32:07pour qu'un juge
32:08sévère
32:09entre guillemets
32:09soit en charge
32:10de cette enquête
32:11etc
32:11vous pourrez pas
32:13faire croire aux français
32:15qu'il s'est rien passé
32:16pour la droite
32:17en général
32:17alors je sais que le RN
32:18ne se revendique pas de droite
32:19mais pour la droite
32:20ces dernières années
32:21avec la justice
32:21aujourd'hui
32:22qu'on soit
32:23d'accord ou pas d'accord
32:24spécialiste ou pas spécialiste
32:25de dossier de Marine Le Pen
32:26il y a une certitude
32:27les français sont en train
32:29d'être privés
32:29de la candidature
32:30de Marine Le Pen
32:30peut-être même
32:32de celle Nicolas Sarkozy
32:33qui est plus hypothétique
32:33ça oui
32:34bah oui
32:35mais écoutez
32:36il y a des gens
32:37qui pensent
32:37que Nicolas Sarkozy
32:38pourrait potentiellement
32:40faire un bon candidat
32:41pour la droite
32:41en 2027
32:42et évidemment
32:43il est inéligible
32:43et ça paraît
32:44extrêmement peu probable
32:45mais
32:46c'est pas son envie non plus
32:49visiblement
32:49ouais
32:50on n'a pas les mêmes infos
32:51ça dépend
32:52ça dépend par où on le prend
32:53mais voilà
32:54et si vous voulez
32:55c'est la sévérité
32:56à l'égard d'un camp politique
32:57qui aujourd'hui
32:58pose question
32:58merci à tous les cinq
33:00on rappelle que le jugement
33:00sera rendu
33:01le procès
33:02un gros mois
33:03et que le jugement
33:03sera rendu
33:04a priori au mois de juin
33:05ou en tout cas
33:05dans l'été
33:06qui arrive
33:07tout de suite
33:07l'invité de 60 minutes
33:08on va un peu poursuivre
33:09sur ces questions de justice
33:11puisque c'est le bâtonnier
33:12le nouveau bâtonnier
33:13de Paris
33:13qui nous rejoint à Paris
33:15c'est même le plus grand
33:16barreau de France
33:1736 000 avocats à Paris
33:19vous avez été désigné
33:21par les avocats
33:22il y a quelques jours
33:22bonsoir Louis Dogos
33:23bonsoir monsieur Fauvert
33:24soyez le bienvenu
33:25sur ce plateau
33:26on vous reçoit
33:26et vous en avez eu
33:27quelques échos
33:28il y a un instant
33:29et on va en parler avec vous
33:30dans un instant
33:30ces critiques contre la justice
33:32est-elle vraiment impartiale ?
33:35faut-il la réformer ?
33:37d'abord les images du jour
33:38si vous le permettez
33:38Marine Le Pen
33:39sur le banc des prévenus
33:40acte 2
33:40vous nous direz dans un instant
33:42ce que vous en pensez
33:42d'abord les images
33:43Stéphane Zenati
33:44et Bertrand Seguier
33:45le retour devant le tribunal
33:50de Marine Le Pen
33:51moins d'un an
33:51après sa condamnation
33:52à 5 ans d'inégibilité
33:54avec exécution provisoire
33:56c'est son avenir politique
33:57qui va se jouer
33:58j'espère pouvoir être entendue
34:01par la cour d'appel
34:02je suis dans un état d'esprit
34:04d'espérance
34:06Marine Le Pen
34:08qui est arrivée
34:09la mine fermée
34:10qui est rentrée
34:11dans cette salle d'audience
34:12elle a été appelée
34:13par la présidente
34:14qui lui a rappelé
34:15l'effet reproché
34:16Marine Le Pen
34:16a acquiescé
34:17n'a pas dit un mot
34:18et est retourné s'asseoir
34:19nous allons
34:21devant le tribunal
34:22démontrer notre totale innocence
34:24sur ce qui apparaît
34:25comme une injustice
34:26avec la question essentielle
34:28évidemment
34:28en filigrane
34:29de ce procès en appel
34:30Marine Le Pen
34:30pourra-t-elle
34:31se présenter
34:32à la présidentielle de 2027
34:34si elle est condamnée
34:35naturellement
34:35dans ce qu'on appelle
34:36la personnalisation
34:37de la peine
34:38bien sûr
34:38on prendra en compte
34:40l'avenir
34:40c'est la moindre des choses
34:41cet été
34:42c'est-à-dire au moment
34:43où la cour d'appel
34:44rendra sa décision
34:46c'est là que se décidera
34:47ma présence
34:48ou mon absence
34:49à l'élection présidentielle
34:51Marine Le Pen
34:52a déjà dit
34:52qu'en cas de condamnation
34:53elle ne se pourvoirait pas
34:55en cassation
34:56et qu'elle passerait
34:57directement la main
34:58à Jordan Bardella
34:59quand vous voyez
35:01ces images
35:02le défi
35:03qu'attend Marine Le Pen
35:04vous auriez pu la défendre
35:05oui bien sûr
35:06toute personne
35:08a droit à être défendue
35:10quelle que soit
35:10la couleur politique
35:11quelle que soit
35:11la couleur politique
35:12quels que soient
35:14les faits
35:14qui lui sont reprochés
35:15aussi
35:16naturellement
35:17quand on interroge
35:18les français
35:18aujourd'hui
35:18il y en a 36%
35:19un gros tiers
35:20qui dit
35:21Marine Le Pen
35:21est traitée
35:22plus sévèrement
35:23par la justice
35:23pour des raisons politiques
35:25ils ont raison
35:26de penser ça ou pas
35:26je ne sais pas
35:30je pense que 33%
35:31des français
35:31ne sont pas des juristes
35:3236%
35:3336%
35:34un gros tiers
35:34non mais
35:36je ne suis pas sûr
35:37qu'elle soit traitée
35:38plus sévèrement
35:40d'être pas sûr
35:41je ne suis pas sûr
35:42vous avez un doute
35:43se pose toujours
35:45le doute
35:46relatif
35:47à cette exécution
35:48provisoire
35:49qui
35:49effectivement
35:50pourrait être
35:51et sera certainement
35:53d'ailleurs très discutée
35:55sans rentrer
35:56dans les détails
35:57moi je ne suis pas
35:58pénaliste
35:58mais
35:59il y a quand même
36:00des choses
36:01qui interrogent
36:02vous dites l'exécution
36:03provisoire
36:03dans le cas précis
36:04de Marine Le Pen
36:05dans le cas précis
36:05de Mme Le Pen
36:07pose question
36:07parce que ce n'est pas
36:09au juge
36:09d'avoir un pouvoir
36:11aussi important
36:12c'est ça ?
36:13alors ça c'est plutôt
36:15l'inégibilité
36:16est-ce qu'un juge
36:16a le pouvoir
36:17ou doit avoir
36:18le pouvoir
36:19de décider
36:21à la place des électeurs
36:22qu'est-ce que vous répondez
36:22à cette question-là ?
36:23à cette question-là
36:24je réponds que
36:25c'est ce qu'ont décidé
36:25les parlementaires
36:26bon
36:27c'est un peu facile
36:28mais effectivement
36:29c'est la loi
36:30et puis
36:30cette question
36:32d'inégibilité
36:33finalement
36:34qui d'autre
36:35que les juges
36:35pourront décider ?
36:37sinon tout le monde
36:38est éligible
36:39alors
36:39il n'y a plus
36:40de conditions
36:41d'éligibilité
36:42et s'il n'y a plus
36:44de règles du jeu
36:45et plus personne
36:45pourront juger
36:46ça devient quoi ?
36:47donc c'est
36:48un vrai problème
36:49mais effectivement
36:50est-ce que c'est
36:51l'autorité judiciaire
36:53ou est-ce que c'est
36:54une souveraineté
36:55indépendante judiciaire
36:57ou est-ce que c'est
36:57l'autorité populaire
36:59qui a sa souveraineté
37:01démocratique aussi
37:02qui doit en décider
37:03mais j'entends
37:03ce que vous dites aussi
37:04donc sur l'exécution
37:05provisoire
37:06dans le cas
37:07de Marine Le Pen
37:08ou en tout cas
37:09il faudrait faire
37:10une exception
37:11pour quelqu'un
37:11qui est candidat
37:12à l'élection présidentielle ?
37:13pour être simple
37:13l'exécution provisoire
37:15très simplement
37:15elle doit être motivée
37:17dans le cas de Marine Le Pen
37:18dans tous les cas
37:19et il doit y avoir
37:21deux critères
37:21à prendre en compte
37:22un
37:22le risque de récidive
37:24assez faible
37:25elle n'est plus
37:25députée européenne
37:26elle n'est plus députée européenne
37:28donc elle n'est plus récidivée
37:29et l'autre
37:29c'est l'intérêt général
37:31donc l'ordre public
37:32et c'est là où
37:33donc sur la récidive
37:35j'ai une petite question
37:35est-ce que c'est vraiment ça
37:37et la récidive
37:38elle a été motivée
37:39par le juge
37:40qui dit
37:40Madame Le Pen
37:41est dans le déni
37:43ne se rend pas compte
37:44et j'ai encore vu
37:45qu'aujourd'hui aussi
37:46ou encore
37:47elle serait encore
37:49et ses équipes
37:50seraient encore
37:50dans cette position-là
37:51qui est de dire
37:52je ne suis pas coupable
37:53c'est une défense
37:55mais vous savez
37:55qu'en disant ça
37:56vous n'allez pas vous faire
37:56que des amis
37:57dans le monde de la justice
37:58à ce que
37:59s'interroger
38:01sur l'exécution provisoire
38:02de Marine Le Pen
38:03ça peut être pris
38:04mon problème là
38:05c'est qu'on ne juge pas
38:07Madame Le Pen
38:08on juge la façon
38:09dont elle se défend
38:10la façon dont elle se défend
38:12c'est vu avec son avocat
38:14et c'est dans les liens intimes
38:16entre le client et l'avocat
38:17que ça se fait
38:17et dans un certain secret
38:19donc ce choix procédural
38:21ce choix de défense
38:22ne devrait pas être mis à charge
38:24pour justifier
38:25une exécution provisoire
38:26quant à l'ordre public
38:27on a parlé d'ordre public démocratique
38:29dans ce jugement
38:31qui justifie
38:32c'est la deuxième branche
38:33on met un peu ce qu'on veut
38:34c'est ce que vous dites
38:34on met un peu ce qu'on veut
38:35dans cette deuxième position
38:37je ne sais pas trop
38:37ce que c'est en revanche
38:38quand vous voyez maître
38:40la succession
38:41des affaires nationales récentes
38:44Marine Le Pen
38:45Nicolas Sarkozy
38:47qui part en prison
38:47François Fillon
38:48mis en examen
38:49pendant la campagne
38:50et qui se casse la figure
38:51dans les sondages
38:52certains peuvent avoir
38:53le sentiment
38:53que la justice
38:54a la main plus lourde
38:55sur les personnalités politiques
38:57d'un camp
38:58y a-t-il un peu de politique
39:00derrière tout ça
39:01ou pas ?
39:03certainement un peu de politique
39:04mais je ne suis pas sûr
39:04que la justice
39:05ait la main plus lourde
39:06visée des politiques
39:07qui sont finalement jugées
39:09alors on nous dit
39:10comme tout à chacun
39:11ça pour le coup
39:12ce n'est pas tout à fait vrai
39:13pendant
39:14vous venez de le dire
39:15certainement la main
39:16un peu plus lourde
39:17quand il s'agit de la politique
39:18de droite
39:18non non c'est pas la main plus lourde
39:18mais on nous dit
39:20ils sont jugés
39:20comme tout le monde
39:21ce n'est pas tout à fait vrai
39:23Madame Le Pen
39:23son audience
39:25son audience
39:26va durer un mois
39:27vous l'avez dit
39:28pendant un mois
39:29il va y avoir
39:30300 000 décisions rendues
39:32aux civils
39:33il va y avoir
39:33près de 80 000 décisions rendues
39:35en justice administrative
39:38avec le pénal
39:39on va être autour
39:39de
39:40un demi million
39:41de décisions
39:43vont être rendues
39:44pour le commun des mortels
39:45pour les français
39:46et nos concitoyens
39:47pendant l'audience
39:48de Madame Le Pen
39:49un seul dossier
39:50donc
39:51ils sont jugés
39:53comme les autres
39:54citoyens
39:56que nous sommes
39:56mais on ne peut pas dire
39:58que la justice
39:58est la main lourde
39:59alors qu'on lui laisse
40:00un mois entier
40:02d'audience
40:02mais je reviens
40:03sur la première partie
40:04de ma question
40:04un camp
40:05et pas l'autre
40:05est-ce que la justice
40:06a la main plus lourde
40:07d'un côté que de l'autre
40:08vous n'avez pas écarté
40:10quand je vous ai posé la question
40:11vous auriez pu me dire
40:11non mais vous attendez
40:12non non
40:13j'ai pas l'impression
40:14finalement
40:15là parce que les affaires
40:16que vous me citez
40:17sont effectivement
40:17plutôt vers un camp
40:18ou vers une
40:19mais je n'ai pas l'impression
40:21qu'il y ait un camp
40:22qui soit plus pointé
40:23du doigt
40:24qu'un autre
40:25il y a quelques jours
40:25le président
40:26quelques images
40:26sur monsieur Cahuzac
40:27oui
40:27la personnalité peut-être
40:29sans lui faire offense
40:30d'un peu moins
40:31un peu moins de premier plan
40:32que les trois
40:33que j'ai cités
40:34il y a quelques jours
40:35le président du tribunal judiciaire
40:37de Paris
40:37s'est inquiété
40:37d'un risque d'ingérence
40:38américaine
40:39lors de ce procès
40:42je vous interromps
40:43priorité au direct
40:44Donald Trump s'exprime
40:45sur l'Iran
40:46en ce moment
40:46depuis Michigan
40:46c'est trop en tout cas
40:5253 dollars le baril
40:57c'est un bon prix
40:58oui oui oui
40:58nous sommes à 68
41:0158 pardon
41:0253 ce serait un bon prix
41:04merci
41:04bon Donald Trump
41:09qui était davantage
41:10sur le prix du baril
41:11que sur l'Iran
41:13on va y revenir sur l'Iran
41:14dans quelques minutes
41:15avec les dernières déclarations
41:16du président américain
41:18on parlait avec vous
41:19Louis de Gauss
41:20du risque d'ingérence
41:21sur le procès de Marine Le Pen
41:22le président du tribunal judiciaire
41:24qui s'en inquiète
41:25il s'appuie sur un article
41:25du journal allemand
41:26Le Spiegel
41:27démenti par la porte-parole
41:29du gouvernement en France
41:29et par l'administration Trump
41:31aux Etats-Unis
41:32qui disait que Donald Trump
41:33aurait envisagé des sanctions
41:34contre les juges
41:35qui ont condamné Marine Le Pen
41:37lors de son premier procès
41:38est-ce qu'il faut s'en inquiéter
41:40ou est-ce que pour vous
41:41tout ça c'est des fake news
41:43comme a pu le dire
41:43le rassemblement national
41:44Moi j'ai lu Der Spiegel aussi
41:47et effectivement
41:47il faut s'en inquiéter
41:48je ne sais pas
41:50si c'est vraiment une fake news
41:52mais on voit quand même
41:54chez M. Trump
41:55ou cette administration américaine
41:57effectivement
41:58une position forte
42:01qui est capable d'ingérence
42:03je ne vais pas
42:04y compris sur la justice française
42:06y compris sur la justice
42:07moi je suis toujours associé
42:10d'un cabinet d'origine
42:10d'un grand cabinet américain
42:11quand vous avez eu affaire
42:12à Donald Trump
42:13Et j'ai été le patron
42:14de ce cabinet
42:15jusqu'au 31 décembre dernier
42:16date à laquelle
42:17je suis devenu
42:18bâtonné de Paris
42:19et j'ai vu
42:20j'ai vu effectivement
42:22aux Etats-Unis
42:22en quelques heures
42:23en quelques jours
42:24l'administration présidentielle
42:27mettre au pas
42:28les juges
42:28et les avocats
42:30et j'ai vu effectivement
42:31alors mon cabinet
42:32est passé sous les radars
42:33parce que
42:34nous n'avons pas
42:35soutenu
42:36les candidats
42:37adverses
42:38de M. Trump
42:39ni M. Trump
42:40d'abord
42:41ne sommes pas intéressés
42:42à cette élection
42:43mais ceux qui s'y sont intéressés
42:45ont été sanctionnés
42:46Mais vous pensez
42:47que Donald Trump
42:47pourrait être tenté
42:48de le faire
42:48comme il l'a fait
42:49sur un juge français
42:50de la Cour pénale internationale
42:51qui vit en France
42:52et qui a vu
42:52ses réseaux sociaux
42:53son compte Amazon
42:54coupé du jour au lendemain
42:55qui n'a plus le droit
42:56de mettre un pied aux Etats-Unis
42:57Bien sûr
42:57le droit américain
42:58a des effets extraterritoriaux
43:00ça c'est quelque chose
43:01qu'on peut vérifier facilement
43:03et tous les jours
43:04et il suffit
43:05d'un exécutif
43:05order présidentiel
43:06de M. Trump
43:07pour qu'un tel
43:09même non-aimant
43:10puisse être sous sanction
43:12et donc
43:12et donc
43:13effectivement
43:14ne plus bénéficier
43:15ne plus bénéficier
43:17tout simplement
43:18de tout ce qui vient
43:18des Etats-Unis
43:19ou ce qui touche
43:19de prix ou de long
43:20au dollar
43:20C'est le cas de M.
43:22le juge français
43:23CPI
43:24Ancien juge
43:25de la CPI
43:26Demain
43:26Louis de Gauss
43:27Gérald Darmanin
43:28le garde des Sceaux
43:29doit venir présenter
43:29ses voeux
43:30au monde de la justice
43:31200 avocats
43:33que vous représentez
43:34donc
43:34s'opposent
43:35à sa venue demain
43:36notamment en raison
43:37de la visite
43:37que Gérald Darmanin
43:38a faite à Nicolas Sarkozy
43:40en prison
43:41sa présence
43:42serait une insulte
43:43pour nos robes
43:44écrivent-ils
43:45finalement les avocats
43:46ils font un peu de politique
43:47Oui
43:48bien sûr
43:48les avocats sont toujours
43:49engagés
43:49et ça n'est pas interdit
43:50d'avoir des avocats
43:51engagés
43:51néanmoins
43:52on s'est un peu trompé
43:54là-dedans
43:54il y a eu un micmac
43:55juste avant
43:57ce n'est pas
43:58M. Darmanin
43:59qui vient présenter
43:59ses voeux aux avocats
44:00ce sont les avocats
44:01qui présentent leurs voeux
44:02par le biais du bâtonnier
44:03au corps constitué
44:05de la République française
44:05Mais vous vous irez
44:06serrer la main
44:07du garde des sots
44:08Mais bien sûr
44:08c'est une tradition
44:10chaque année
44:11effectivement
44:12le bâtonnier présente
44:13les voeux
44:13au corps constitué
44:15en premier lieu
44:16effectivement
44:17au ministre du gouvernement
44:19en revanche
44:20là où ça a créé
44:21des problèmes
44:22c'est que
44:22avant cela
44:23nous avons une assemblée générale
44:24et cette assemblée générale
44:25du barreau
44:26c'est qu'entre avocats
44:27et ça
44:28ce sont
44:29le conseil de l'ordre
44:30le bâtonnier
44:31la vice-bâtonnière
44:32Karine Donovante
44:32qui discute effectivement
44:35et qui parle
44:36avec l'ensemble
44:37des avocats
44:37M. Darmanin
44:38n'est certainement
44:40pas invité
44:40à l'assemblée générale
44:41on le verra
44:42à la fin
44:43avec les autres ministres
44:44et les autres magistrats
44:45et représentants
44:46de la République
44:47merci
44:47merci beaucoup
44:49M. le bâtonnier
44:49d'être venu ce soir
44:50sur le plateau
44:51de 60 minutes
44:52on en vient à présent
44:53à 19h35
44:54à la situation
44:55en Iran
44:56je vous en parlais
44:57il y a quelques instants
44:57nous sommes deux semaines
44:58après le début
44:59de la mobilisation
45:00contre le régime
45:01des MOLA
45:01Donald Trump
45:02appelle désormais
45:02les manifestants
45:03à renverser le pouvoir
45:05il annonce
45:06que l'aide américaine
45:07est en route
45:08et depuis ce matin
45:09les Iraniens
45:10de France
45:10commencent à recevoir
45:11également des nouvelles
45:12de leurs proches
45:12qui sont sur place
45:13on va en parler
45:14avec vous Didier François
45:15bonsoir journaliste défense
45:16à BFM TV
45:17avec Maya Kadra
45:18bonsoir
45:18enseignante journaliste
45:20spécialiste du Moyen-Orient
45:21avec Antoine Basbouz
45:22qui devrait nous rejoindre
45:23dans quelques instants
45:24et avec vous
45:25Fariba Achtroudi
45:26bonsoir
45:26vous êtes journaliste
45:27écrivaine iranienne
45:29et présidente
45:29de l'association
45:30Moshen Achtroudi
45:31je le disais donc
45:32malgré le blackout
45:34qui domine depuis plusieurs jours
45:35ça y est
45:35les Iraniens
45:37certains en tout cas
45:38arrivent
45:38à passer des coups de fil
45:40en dehors de leur pays
45:41et à joindre leurs proches
45:42c'est votre cas
45:42vous avez pu parler
45:44à certains d'entre eux
45:45aujourd'hui
45:45comment ça s'est passé
45:45j'ai enfin parlé
45:46c'est trop dire
45:47j'ai reçu des coups de fil
45:48un peu de partout
45:51d'ailleurs
45:51les numéros
45:52c'était de la Croatie
45:53de Hongrie
45:55parce qu'ils sont passés
45:56par d'autres biais
45:57absolument
45:57et il y a déjà
45:59trois jours
45:59dans le total blackout
46:01j'avais reçu
46:01un coup de fil
46:03c'est très compliqué
46:04de dire comment
46:05les numéros
46:06on ne le dira pas ici
46:07je vous propose
46:07qu'on ne le dise pas
46:08oui
46:08de l'intérieur
46:09ils pouvaient appeler
46:10mais exceptionnellement
46:11qu'est-ce qu'ils vous disent
46:12de la situation là-bas
46:13ils disent
46:13d'abord ils m'ont dit
46:14surtout pas de question
46:15c'est-à-dire
46:16quand ils m'ont appelé
46:17aujourd'hui
46:17on parle avec des codes
46:18parce que c'est
46:19des membres de l'association
46:20et surtout des activistes
46:21c'était un collectif
46:22c'est un activiste
46:23un collectif
46:24d'étudiants
46:25qui m'a fait comprendre
46:26pas de question
46:27et il parle pas
46:29il n'a pas parlé
46:30directement
46:31encore une fois
46:32avec les codes
46:33le coup de fil
46:35que j'ai eu
46:35pardonnez-moi
46:36il y a trois jours
46:36c'était quelqu'un
46:37qui peut parler
46:39et il m'a dit
46:40ce que tu as vécu
46:42pendant la guerre
46:42de 12 jours
46:43c'est amplifié par 100
46:44c'est-à-dire
46:45l'angoisse
46:46etc.
46:48les pénuries
46:49surtout des pénuries
46:51de médicaments
46:51etc.
46:52et là aujourd'hui
46:53pardonnez-moi
46:53aujourd'hui
46:54on m'a fait comprendre
46:55pas de question
46:56on m'a fait comprendre
46:58qu'il y a eu
46:59parmi nos membres
47:00il y avait des gens
47:01qui étaient
47:02arrêtés
47:04on n'a pas de nouvelles
47:05et surtout
47:06que c'est l'angoisse totale
47:09le code
47:10c'était l'angoisse
47:11on a très peur
47:12donc ça s'est arrêté là
47:14et surtout n'appelle pas
47:16je vous lis
47:17l'un des témoignages
47:17qui est parvenu
47:18jusqu'à nos confrères
47:18du Parisien
47:19ces dernières heures
47:21les autorités
47:22laissent volontairement
47:23le sang des victimes
47:24sur le sol
47:24pour effrayer la population
47:25c'est possible
47:26tout est possible
47:28avec eux
47:28mais c'est pas ça
47:30qui est
47:30je veux dire
47:31c'est le sang versé
47:32qui est la pire
47:34des situations
47:34je veux dire
47:35ce bain de sang
47:36qui continue
47:37et qui a
47:38malheureusement
47:39il y a eu
47:39on sait que depuis 47 ans
47:41ce régime
47:42est un régime répressif
47:43mais il y a également
47:45j'allais dire
47:47ces derniers temps
47:48les déclarations
47:50un peu tonitruantes
47:51aller dans les rues
47:52aller prendre les villes
47:54aller
47:54moi je suis extrêmement critique
47:56sur les appels
47:57de monsieur Reza
47:59par la vie
47:59extrêmement critique
48:01sur le fait
48:01de dire
48:02le fils du chat d'Iran
48:03exactement
48:04et donc
48:04ça a donné
48:06quittus
48:06si vous voulez
48:08à ce que la répression
48:09devienne aveugle
48:10la répression
48:11était déjà là
48:11mais elle est devenue aveugle
48:13Maya Kadra
48:13ce soir
48:14des médias américains
48:16en l'occurrence
48:16CBS News
48:17parle de
48:1912 000 morts possibles
48:20peut-être
48:2120 000 morts
48:22en deux semaines
48:22en Iran
48:23alors CBS
48:24qui reprenne
48:25Iran international
48:26ce média là
48:27qui a
48:28lui en premier
48:29divulgué le chiffre
48:30de 10 à 12 000 morts
48:32ce chiffre
48:33permettez-moi
48:34de le commenter
48:35moi je n'ai
48:36aucune évidence
48:37évidemment
48:38c'est le blackout
48:38total en Iran
48:39mais c'est un chiffre
48:40plausible
48:40si on le compare
48:41avec les années
48:43précédentes
48:43qui ont témoigné
48:44de soulèvement
48:45en Iran
48:46on n'a jamais
48:47vraiment eu
48:47de chiffre exact
48:49à 100%
48:49mais ça a toujours été
48:50le nombre de victimes
48:51ont toujours été
48:52recensés
48:53à des milliers
48:54de morts
48:55dont beaucoup
48:55de disparus
48:56que ça soit
48:57dans les prisons
48:58exécutées
48:58évidemment
48:59sans qu'on paraît
49:00devant un tribunal
49:02ou bien
49:02exécutées
49:03chez eux
49:04dans les rues
49:05très sauvagement
49:06il n'y a pas
49:06de limite
49:07au crime
49:08du régime
49:09en Iran
49:10et si on peut faire
49:11un petit parallélisme
49:12c'est exactement
49:12ce que faisait
49:13le régime d'Assad
49:14aussi en Syrie
49:15c'est exactement
49:16les mêmes méthodes
49:17basées sur le renseignement
49:18sur la délation
49:19à l'intérieur même
49:20de chaque quartier
49:21et sur la chasse
49:22aux opposants
49:23et j'ajoute
49:24pour compléter vos propos
49:24que le régime iranien
49:25dit aujourd'hui également
49:26que les émeutiers
49:27sont désormais passibles
49:28de la peine de mort
49:29c'est à dire
49:29ceux qu'on arrête
49:30dans la rue
49:30vont peut-être mourir
49:31dans les jours
49:32qui viennent en vallée
49:32du côté des Etats-Unis
49:33Antoine Nelard
49:34correspondant de BFM TV
49:35à Washington
49:36puisque l'une
49:37des informations du jour
49:38même si on sait
49:39que le président américain
49:40s'exprime beaucoup
49:41et qu'on a parfois
49:42un petit peu de mal
49:42à le suivre
49:43Donald Trump
49:43en tout cas
49:44s'adresse désormais
49:45directement
49:46au peuple iranien
49:47et il demande
49:49aux manifestants
49:50de poursuivre
49:50Oui exactement
49:55dans un message
49:56sur son réseau social
49:57Donald Trump
49:58s'adresse directement
49:59aux manifestants
50:00et clairement
50:00il leur demande
50:01de renverser
50:02le régime des MOLA
50:02continuez à manifester
50:04emparez-vous
50:05des institutions
50:05voilà ce qu'il a écrit
50:07ce matin
50:07Donald Trump
50:08qui écrit aussi
50:09cette phrase
50:09de l'aide est en chemin
50:11alors que faut-il comprendre
50:12est-ce que ça veut dire
50:13que Donald Trump
50:13est décidé à intervenir
50:14militairement
50:15pour aider les manifestants
50:16ça n'est pas très clair
50:17à ce stade
50:17la question lui a été posée
50:19directement
50:19alors qu'il quittait
50:20la Maison Blanche
50:20tout à l'heure
50:21pour se rendre
50:21dans le Michigan
50:22Donald Trump
50:23n'a pas répondu
50:23à cette question
50:24il n'a pas donné
50:25de détails
50:25pas de précisions
50:26on sait que ce matin
50:27à la Maison Blanche
50:28il y a eu une grande réunion
50:29avec les équipes de sécurité
50:31pour faire le point
50:31sur les réponses possibles
50:32ça peut être des frappes
50:34militaires
50:34sur les installations nucléaires
50:36mais ça peut être
50:37des choses plus limitées
50:37comme une cyberattaque
50:38que va décider Donald Trump
50:40à ce stade
50:40on ne le sait pas
50:41une chose semble acquise
50:42en tout cas
50:43une sortie de crise
50:44par la voie diplomatique
50:45semble exclue désormais
50:46puisque Donald Trump
50:47explique qu'il a annulé
50:49des réunions
50:49qui étaient prévues
50:50avec les Iraniens
50:51il explique que
50:52des discussions
50:53ne sont pas possibles
50:54tant que le régime
50:55continuera de tuer des civils
50:56Antoine Hollard
50:57en direct de Washington
50:58pour BFM TV
50:59Antoine Bassebousse
51:00l'aide est en chemin
51:01aidez-nous à décrypter
51:02cette phrase de Donald Trump
51:03l'option diplomatique
51:04est terminée
51:05on va vers le militaire
51:05probablement
51:08il y a eu
51:09un ultimatum
51:10qui a été lancé
51:10le week-end dernier
51:11à travers le sultanat d'Oman
51:13c'était un appel
51:15à reddition
51:16en quelque sorte
51:17et comme les Iraniens
51:18ne pouvaient pas
51:19le régime actuel
51:20ne pouvait pas
51:21absorber
51:22avaler toutes les couleuvres
51:23demandées
51:24il a dit non
51:25et puis là
51:26apparemment
51:26les Etats-Unis
51:27en tout cas
51:28ils ont un dispositif
51:29régional extrêmement puissant
51:31dans tous les pays
51:32qui encerclent
51:33qui entourent l'Iran
51:34et même
51:35sur terre
51:36en mer
51:37ils ont
51:38on l'a vu
51:38en juin dernier
51:39dépêché des B2
51:41à 11 000 kilomètres
51:43de là
51:44donc ils ont
51:44les moyens
51:45d'agir
51:46et peut-être
51:47ils ne vont pas
51:49poster
51:51un seul homme
51:52au sol
51:52c'est sûr
51:53ils peuvent frapper
51:54les bases
51:55des pass-d'Aran
51:56des bas-sij
51:57ils peuvent frapper
51:58les usines
51:59de fabrication
52:00de missiles
52:01ils peuvent surtout
52:02rendre
52:02sourds et aveugles
52:04par des interventions
52:06cyber
52:06les moyens
52:08de communication
52:08des pass-d'Aran
52:09et cette combinaison
52:12de moyens
52:13peut faire tomber
52:14ou affaiblir
52:15énormément le régime
52:17de sorte que
52:18les révoltés
52:21puissent prendre
52:22une, deux villes
52:23trois villes
52:24ainsi de suite
52:24et le régime
52:25s'effondrera
52:26de lui-même
52:26il est pris en étau
52:28il est extrêmement affaibli
52:29il n'a plus de crédit
52:30ni à l'intérieur
52:31ni dans la région
52:32ni sur le plan international
52:35il paye
52:36en quelque sorte
52:37la facture
52:38de son aventurisme
52:39qui a conduit
52:40à placer
52:41des essais de frelons
52:42autour d'Israël
52:43et qui a amené
52:44au 7 octobre
52:46et bien
52:46ces frelons
52:48ces essais de frelons
52:50ont été décapités
52:51l'Iran a été frappé
52:52et maintenant
52:53la facture
52:54le solde de la facture finale
52:55arrive jusqu'à la barbe
52:57d'Emola
52:57et donc je crois
52:59personnellement
53:00que ce régime
53:01n'a aucun avenir
53:03Didier François
53:04est-ce que ces frappes
53:05américaines
53:05si elles arrivent
53:06dans les heures
53:07dans les jours qui viennent
53:07peuvent effectivement
53:08faire tomber
53:09un régime
53:10qui sème la terreur
53:12depuis 1979
53:13les services de renseignement
53:15qui soient occidentaux
53:17israéliens
53:18ou américains
53:18n'en sont pas certains
53:19parce qu'on a quand même
53:21pas certains des frappes
53:22ou pas certains
53:22que ça tombe
53:23que ça tombe
53:24parce qu'on a quand même
53:25un régime
53:25qui reste
53:25alors certes
53:27il est très affaibli
53:28il l'est
53:29comme l'a expliqué
53:30Antoine militairement
53:31parce que
53:32l'axe de la résistance
53:33après le 7 octobre
53:34l'attaque qui avait été
53:35lancée
53:36par Gaza
53:38par les Hamas
53:38contre Israël
53:40a fait qu'ils ont perdu
53:41un certain nombre
53:42de leurs supplétifs
53:45avec le Hezbollah
53:46avec le Hamas
53:47avec les Youtis
53:47mais ils tiennent encore
53:48le pouvoir
53:49néanmoins
53:49ils ont un appareil sécuritaire
53:51qui reste pour l'instant
53:52à ce stade
53:54parce qu'on en voit là
53:54quand même assez
53:55lié au régime
53:56on n'a pas encore vu
53:57pour l'instant
53:58et encore
53:59brouillard de la guerre
54:00attention on ne voit pas
54:01tout ce qui se passe
54:02parce qu'on voit bien
54:03un vrai problème de communication
54:04on a quand même
54:05un appareil répressif
54:08et pas seulement
54:09un appareil répressif militaire
54:10la justice aujourd'hui
54:11est un élément
54:12utilisé
54:13même si on n'a pas
54:15par exemple
54:16les chiffres de mort
54:16rien que sur 2025
54:18qui est un chiffre
54:18qui est quand même
54:19très intéressant
54:19et malheureusement
54:21impressionnant
54:22rappelez-vous que
54:23lors de la répression
54:24de 2022-2023
54:27il y a eu 12 condamnements
54:28condamnés à mort
54:29exécutés
54:30là on en est à 1500
54:31sur l'année
54:32on voit bien
54:33indépendamment
54:33donc vous voyez bien
54:34qu'il y a un durcissement
54:35parce que le régime a peur
54:36et avant d'avoir peur
54:38de son affaiblissement
54:39régional et militaire
54:40il a peur
54:40de la mobilisation
54:41de son peuple
54:42qui n'a jamais été aussi fort
54:43donc la mobilisation
54:45est très forte
54:45parce que toutes les couches
54:46de la société s'y mettent
54:47en revanche
54:48l'appareil militaire est fort
54:49c'est pour ça que
54:49quand Donald Trump
54:50dit allez-y
54:51il prend une sacrée responsabilité
54:52il faut que derrière
54:53et c'est ça qu'ils sont
54:54en train de travailler
54:54ils les envoient peut-être
54:55à la mort aussi
54:55il y a un risque
54:56c'est qu'après derrière
54:57le ciblage
54:58ça ne sera pas une opération
54:59militaire classique
55:00a priori
55:01si on veut aider
55:02les manifestants
55:04il faut cibler
55:05l'appareil répressif
55:06de manière extrêmement précise
55:07pour empêcher
55:08l'effet de regroupement
55:09autour du drapeau
55:10et du régime
55:11Fariba Astrodi
55:11est-ce que vous les souhaitez
55:12ces frappes américaines
55:13avec le risque
55:14qui vient d'attraper
55:15je suis désolée
55:15non
55:16vous dites la révolution
55:17doit la faire tout seul
55:18j'ai vécu la guerre
55:19pardonnez-moi madame
55:20je ne suis pas d'accord
55:21ni avec les analyses
55:23de l'Iran internationale
55:24ni forcément
55:25avec l'analyse
55:26très
55:27que je respecte
55:28énormément monsieur
55:29je peux ne pas être d'accord
55:31mais vous n'avez pas
55:31à lever les yeux au ciel
55:33ce que vous dites
55:33c'est laisser nous faire
55:34cette révolution
55:35sans intervention extérieure
55:37le régime va tomber
55:38c'est le prix à payer
55:40qui pour moi
55:41est extrêmement important
55:43et surtout
55:44on a vu
55:45on a vu
55:46toute la
55:47j'ai des témoignages
55:49de l'intérieur
55:50j'ai vécu
55:50ces 12 jours de guerre
55:52sous les bombardements
55:53j'ai vu que même
55:54les purs royalistes
55:56intramuros
55:57se sont détournés
56:00ou du moins
56:01beaucoup ont eu des doutes
56:03quand ils ont su
56:04que monsieur Reza Pahlavi
56:07était protégé
56:10et était l'allié
56:12de monsieur Netanyahou
56:13qui pardonnez-moi
56:15n'est pas
56:16tout au moins
56:18criminel de guerre
56:19excusez-moi
56:20donc il y a eu
56:22quand on parle
56:23d'hommages collatéraux
56:24j'ai vu des familles
56:26entières
56:26qui n'avaient déjà
56:28pas grand-chose
56:28qui ont tout perdu
56:29ça n'a pas empêché
56:30la répression
56:31bien au contraire
56:32ça a augmenté
56:34la répression en Iran
56:35ça donne chaque fois
56:36les cutus
56:36le régime est condamné
56:38le régime va tomber
56:39ces criminels
56:41seront jugés
56:42par les Iraniens
56:44tôt ou tard
56:45mais ce que dit monsieur
56:46je reviens au moins
56:47à une position sensée
56:51c'est qu'effectivement
56:52ces bombardements
56:53ne feront déjà
56:55pas
56:56on ne parachute pas
56:57la démocratie
56:58avec des bombes
56:59on n'accouche pas
57:00d'une démocratie
57:01avec des bombes
57:01et surtout
57:02quoi après
57:03et comment
57:04on entend parfaitement
57:05ce que vous dites
57:06et je vais vous dire
57:06je voudrais simplement
57:07entendre tout le monde
57:07sur ce plateau
57:08juste une question
57:09si monsieur Trump
57:10arrivait à détourner
57:11une partie des gardiens
57:12de la révolution
57:13les pires
57:14il n'hésiterait pas
57:15je n'en doute pas
57:16c'est ce que j'allais demander
57:17à Maya Kadra
57:18est-ce que
57:19l'armée
57:20les gardiens
57:21de la révolution
57:21à un moment
57:22pourrait lâcher le régime
57:23se dire
57:23retournons notre veste
57:25s'il en est encore
57:26temps
57:27et lâcher les mots là
57:28l'armée
57:28très probablement
57:30mais moins probablement
57:32les gardiens
57:32de la révolution
57:33parce que ça fait partie
57:34vraiment
57:34de l'appareil idéologique
57:36des mots là
57:37en fait
57:37c'est toute la théorie
57:38révolutionnaire
57:40madame
57:40je vous ai laissé parler
57:41donc arrêtez
57:42vos gesticulations
57:43merci
57:43on s'écoute
57:44et ce régime même
57:46il faut savoir
57:47que concernant
57:48les gardiens
57:48de la révolution
57:49dont la force Al-Quds
57:51qui est le bataillon
57:52qui est responsable
57:52de l'exportation
57:53de la révolution islamique
57:56dans tout le Moyen-Orient
57:57se targuait encore
57:58il y a quelques mois
57:59de contrôler
58:00quatre capitales arabes
58:01donc ce n'est pas
58:02uniquement un problème
58:03iranien
58:03c'est le problème
58:04de toute la région
58:05du Moyen-Orient
58:06et ce régime
58:06doit tomber
58:07et malheureusement
58:08il ne peut pas tomber
58:09à travers les soulèvements
58:12il faut qu'il y ait
58:13une intervention
58:13militaire
58:14on verra ce qui se passe
58:16dans les heures
58:16dans les jours qui viennent
58:17merci beaucoup
58:17à tous les quatre
58:18d'être venus ce soir
58:18sur le plateau
58:19de 60 minutes
58:19Fariba
58:20je trouvais
58:21j'ai oublié de citer
58:21tout à l'heure
58:22votre dernier livre
58:22la guerre de 12 jours
58:24merci à vous
58:25dans un instant
58:26le 20h
58:27BFL TV
58:28il n'est pas sorti encore
58:28mais bon
58:29pardon
58:29à votre prochain livre
58:30j'aurais dû dire
58:31vous avez raison
58:32de me reprendre
58:32Maxime Switek
58:33est bien là
58:34en chair et en os
58:35bonsoir Maxime
58:36le programme
58:36bonsoir Marc
58:36l'info en direct
58:37dans un instant
58:38on attend une prise de parole
58:39de Donald Trump
58:40en direct ce soir
58:43doit évoquer la situation en Iran
58:45donc évidemment
58:46on diffusera ça
58:46tout à l'heure en direct
58:47on va suivre ça
58:48et puis l'actualité en direct
58:49ce seront aussi les agriculteurs
58:50avec des manifs
58:51et des blocages
58:52qui se poursuivent ce soir
58:53on est évidemment
58:53avec nos reporters sur le terrain
58:54le 20h
58:55Maxime Switek
58:56à suivre
58:56belle soirée à tous
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