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  • il y a 3 mois
Regardez L'esprit de l'info avec Laeticia Strauch-Bonart avec Thomas Sotto du 16 octobre 2025.

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Transcription
00:00Un participant.
00:01Thomas Soto, RTL Matin.
00:03A 9h15, c'est l'esprit de l'info avec notre grand témoin du jeudi,
00:06Laetitia Stroche-Bonard. Bonjour et bienvenue, Laetitia.
00:08Bonjour.
00:09Journaliste, essayiste et auteur de La Gratitude.
00:11Et si vous étiez de droite, aux éditions de l'Observatoire.
00:14La droite qui se cherche un peu en ce moment même à l'Assemblée.
00:16L'examen des deux motions de censure, RN et LFI, a débuté.
00:20En ce moment, c'est Marine Le Pen qui est à la tribune,
00:22qui dénonce un budget musée des horreurs
00:24et parle d'une piteuse coalition pour sauver Emmanuel Macron.
00:27Hier, encore, Sébastien Lecornu disait ça
00:30pour essayer de justifier sa décision de suspendre la réforme des retraites.
00:34Suspendre, ce n'est pas renoncer.
00:36Ce n'est pas reculer non plus.
00:37Si nous savons utiliser ce temps avec intelligence et volonté d'avancer.
00:42Voilà, suspendre, ce n'est pas renoncer.
00:44Il a dit qu'il n'y avait pas d'abandon de cette réforme.
00:46Est-ce que selon vous, Laetitia, le gouvernement Lecornu
00:48peut survivre aux motions de censure d'aujourd'hui
00:51ou peut-être à celles qui arriveront dans quelques jours ?
00:53Aujourd'hui, peut-être, à quelques voix près.
00:55Mais avec le temps, je pense tout de même
00:58que ceux qui tentent de faire bloc derrière lui
01:00ne seront pas suffisants.
01:04On arrive quand même à un moment assez paradoxal
01:08où ce sont les quelques macronistes qui restent,
01:12qui composent le gouvernement du macronisme finissant,
01:16qui s'est progressivement, finalement, érodé à droite et à gauche.
01:20Donc, simplement, l'agonie est un peu longue.
01:25Pour vous, il faudrait en finir ?
01:27Il faudrait que le gouvernement tombe ?
01:28Il faudrait une dissolution ?
01:29Oui, je le dis tout le temps.
01:31J'ai l'impression d'être un peu obsessionnelle.
01:33Mais je pense qu'il faut une dissolution
01:35parce que la représentation nationale telle qu'elle existe aujourd'hui
01:41n'est plus légitime aux yeux de l'opinion.
01:44Et je ne dis pas cela parce que...
01:48Mais elle est légitime d'un point de vue institutionnel.
01:50Bien sûr, elle est légale.
01:52Elle est absolument légale et légitime d'un point de vue institutionnel.
01:55Mais d'un point de vue politique,
01:57d'un point de vue, j'oserais même dire, moral,
02:00elle ne l'est plus.
02:01Elle ne l'est plus parce que le lien de confiance est rompu,
02:05d'une certaine façon, entre l'opinion...
02:09Plus que l'opinion, entre ce que les citoyens du pays voudraient en majorité
02:14et ce qui s'exprime via cette représentation nationale.
02:18Imaginez que nous soyons un système parlementaire.
02:22Ça ferait bien longtemps qu'Emmanuel Macron,
02:25qui serait à ce moment-là notre Premier ministre, aurait chuté.
02:28Dans les autres pays, il y a un lien beaucoup plus immédiat
02:32entre la volonté populaire et son expression politique.
02:37Notre système politique, avec ce double exécutif,
02:41rend très compliqué des situations comme celles d'aujourd'hui.
02:44Vous avez un président qui appartient à une certaine couleur politique
02:48et une majorité qui n'est plus absolue.
02:50La majorité, on comprend.
02:51On ne sait plus très bien qui pense quoi.
02:52On ne sait plus très bien ce que pense la gauche de manière générale.
02:55En tout cas, il y a beaucoup de divisions.
02:57Les socialistes, pour l'instant, vont, semble-t-il,
02:59tenir à bout de bras le gouvernement Lecornu,
03:03mais visiblement, ça tangue aussi.
03:04Et alors la droite, je rappelle votre livre,
03:06et si vous étiez de droite,
03:09où elle va la droite ?
03:10Je crois que tiens, on va écouter Florence Portelli,
03:13qui est vice-présidente du Parti des Républicains,
03:14qui était l'invité d'RTL le matin de telle heure à 7h40,
03:17et qui répondait à la tentation de plus en plus fréquente chez LR
03:21d'accepter la main tendue par le Rassemblement National.
03:24Écoutez ce qu'en dit Florence Portelli.
03:26Avec moi, ce n'est pas la peine.
03:27Et on est quelques-uns à dire quand même que déjà,
03:30ce ne sont pas nos valeurs.
03:30Et en plus qu'économiquement, ce serait un désastre,
03:34que sur plein d'autres aspects, le RN dit n'importe quoi,
03:36donc ce n'est pas mes valeurs,
03:38ce n'est pas mon programme,
03:39ce n'est pas moi.
03:40Ce n'est pas toute la classe politique
03:41qui est en train de se dissoudre en ce moment, non ?
03:43Enfin, pas toute.
03:44Regardez, le RN va bien.
03:46La classe politique qui se dissout,
03:48c'est celle, à mon avis,
03:49qui confond le compromis et la compromission.
03:52Et je pense notamment à l'attitude des Républicains
03:54qui me semble incompréhensible
03:57et surtout assez regrettable.
04:00Ceux qui veulent l'union ont des droites
04:01ou ceux qui ne la veulent pas ?
04:01Alors, je pensais d'abord à ceux
04:03qui ne veulent pas censurer.
04:05Parce que, vous voyez,
04:06ça ne se recoupe pas forcément parfaitement.
04:09Aujourd'hui, le parti des Républicains
04:12a une position qui n'est pas claire.
04:13On ne peut pas être à la fois à l'intérieur
04:16et à l'extérieur.
04:17Je fais ça sans mauvais jeu de mots.
04:19À partir du moment où on décide
04:20de quitter le gouvernement,
04:22de ne plus le soutenir,
04:23comme l'a décidé Bruno Retailleau,
04:27eh bien, il faut aller jusqu'au bout
04:28et il faut censurer.
04:29D'autant plus que,
04:31ce qui est très étrange,
04:33c'est que le gouvernement d'aujourd'hui
04:36tient grâce au soutien des socialistes
04:38parce qu'il y aura,
04:40on le dit, on le répète suffisamment
04:41depuis quelques jours,
04:42suspension de la réforme des retraites
04:44alors que les Républicains
04:45sont pour la réforme des retraites,
04:48sont pour toutes les réformes
04:49des retraites.
04:50Donc là, on est dans le paradoxe absolu.
04:54Donc, là, c'est le premier point.
04:56Le second point sur l'union des droites.
04:59Alors ça, c'est quand même
04:59un petit peu l'arlésienne.
05:00L'union des droites, on en parle.
05:02C'est déterminant quand même.
05:03Est-ce que, depuis les années Chirac,
05:06il y a eu toujours une cloison
05:08qui était étanche
05:09entre l'extrême droite et la droite ?
05:10Bien sûr, mais alors, regardez déjà
05:12le paradoxe qu'il y a à parler
05:14d'une union des droites
05:16avec ou autour d'un parti
05:17le Rassemblement National
05:18dont la principale figure,
05:21Marine Le Pen, considère
05:22qu'elle-même n'est pas de droite.
05:23Oui.
05:24Quand vous interrogez Marine Le Pen,
05:25elle vous explique un peu
05:28qu'elle n'est pas de droite,
05:29elle n'aime pas la droite,
05:30elle n'aime pas les bourgeois.
05:31Et je pense qu'elle est assez sincère
05:33quand elle dit tout cela.
05:34Elle est bien différente de son père.
05:35Elle est de gauche, Marine Le Pen ?
05:37Elle vous répondrait qu'elle est patriote.
05:39Je ne sais pas ce qu'elle est.
05:40En tout cas, ce que dit le programme
05:42du Rassemblement National aujourd'hui,
05:44c'est quand même plus compliqué.
05:47Ce n'est pas un programme
05:48qui est entièrement de droite.
05:49Économiquement, ça n'est pas du tout
05:50un programme de droite.
05:51Il y a quelqu'un qui met tout le monde
05:52d'accord contre lui en ce moment.
05:54C'est le Président de la République,
05:55Emmanuel Macron.
05:56Écoutez la charge de Florence Portelli,
05:57toujours elle,
05:58contre le chef de l'État.
06:00Le macronisme,
06:01il ne propose pas de méthode,
06:02il propose de la tambouille.
06:03Et tambouille, ça rime avec magouille.
06:05J'ai entendu le Premier ministre dire
06:06mon seul objectif,
06:07c'est la survie du gouvernement.
06:08Moi, mon seul objectif,
06:09c'est la survie du pays.
06:10Ce qu'il faut,
06:11c'est la démission du Président de la République.
06:12Moi, j'ai été constante,
06:13je le dis depuis un an.
06:15On ne peut pas rester avec quelqu'un
06:17qui s'accroche à son poste
06:18et qui attend le délitement
06:22Emmanuel Macron,
06:22Laetitia Stroche-Bonnard.
06:23Vous avez co-signé une tribune
06:24dans le Figaro avec Sylvain Fort,
06:25ancien conseiller d'Emmanuel Macron.
06:27Et vous dites,
06:28il est vain d'appeler le Président
06:29un sursaut moral personnel.
06:31Ça veut dire quoi ?
06:32Ça veut dire que
06:34on peut condamner Emmanuel Macron,
06:37bien sûr.
06:37On peut estimer qu'il n'est pas
06:38à la hauteur du moment.
06:39Mais lui est persuadé
06:41qu'il agit selon la pratique
06:44des institutions de la Ve République.
06:47Il considère que
06:48s'il ne veut pas dissoudre,
06:50il n'a pas à dissoudre.
06:51Il considère qu'on lui a confié un mandat.
06:53Il considère qu'il n'a évidemment
06:54pas à démissionner.
06:56Ah, donc il n'y a pas de morale,
06:57il n'y a pas de jugement de valeur
06:58à mettre là-dedans.
06:58Pour lui, c'est les institutions,
07:00rien que les institutions.
07:00Nous disons que
07:01nous n'allons pas le condamner moralement.
07:03En revanche, ce que nous critiquons,
07:04c'est qu'il a vraisemblablement
07:06une mauvaise compréhension
07:07des institutions de la Ve République.
07:10Parce que si l'on se réfère
07:11en tout cas à la fondation
07:12de la Ve et à ce qu'elle était
07:14dans l'esprit de Charles de Gaulle,
07:17il y a quand même
07:18une responsabilité de l'ordre du soin
07:21de l'intérêt général.
07:23Quand on est président de la République,
07:25même si l'on n'est pas responsable
07:27devant le Parlement,
07:28ce qui à mon avis est un problème,
07:30mais bon, pour l'instant c'est ainsi,
07:32eh bien on se doit d'accepter
07:34que les décisions qu'on prend
07:36auront des conséquences.
07:37Et si ces conséquences
07:38sont problématiques,
07:40il faut à un moment le reconnaître.
07:41C'est ce qu'a fait Charles de Gaulle
07:42en 1969,
07:44quand il a quitté le pouvoir,
07:45après l'échec du référendum
07:47qu'il avait proposé.
07:48Référendum sur le Sénat.
07:48Voilà, exactement.
07:49Merci beaucoup à vous
07:50Laetitia Stroche-Bonnard.
07:51Vous restez avec nous dans un instant.
07:53On va mettre un peu de...
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