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  • il y a 3 mois
Chaque week-end, l’émission pilotée par Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, et Pauline Revenaz, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.

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00:00:00Générique
00:00:00Bonjour à tous, on est dimanche, il est 13h.
00:00:13Bienvenue dans votre émission Affaires suivantes que j'ai le plaisir de présenter avec mon complice Dominique Rizet.
00:00:17Bonjour Pauline.
00:00:18Au programme cette semaine, l'affaire Dany Leprince et son ex-femme Martine Compin
00:00:21sera-t-elle mise en examen pour complicité de meurtre plus de 30 ans après la tuerie de Taurigny surduée ?
00:00:27En 1994, le frère de Dany Leprince, sa femme et deux de leurs filles étaient massacrés.
00:00:32Saurat-on un jour la vérité alors que lui, Dany Leprince, condamné, clame toujours son innocence ?
00:00:37Nous recevons l'avocat de Martine Compin.
00:00:40Troisième semaine et c'est peut-être celle de tous les dangers pour Cédric Jubilard devant les assises du Tarn
00:00:46avec des témoignages très très attendus, importants, voire décisifs.
00:00:51Nous en parlerons tout à l'heure avec nos invités et nous réentendrons la voix de Cédric Jubilard
00:00:55qui a enregistré le surlendemain de la disparition de sa femme, Delphine Jubilard.
00:01:00Enfin, l'incroyable contre-enquête dans l'affaire des tueurs fous du Brabant.
00:01:03Une série de braquages de fusillades, 28 morts et des dizaines de blessés
00:01:06qui avaient endeuillé la Belgique, c'est le plus ancien cold case d'Europe.
00:01:10Et bien grâce à la ténacité d'un gendarme belge que nous recevons,
00:01:13tout est en train de s'éclairer.
00:01:14La piste criminelle de deux frères français est rouverte par la justice.
00:01:18Affaire suivante, c'est tout de suite, juste après une toute petite publique.
00:01:21Vous avez droit à une poignée de cacahuètes.
00:01:25C'est une affaire qui a traversé les 30 dernières années, l'affaire Dany le Prince.
00:01:34Celui que l'on surnomme le boucher de la Sarthe a été accusé puis condamné à perpétuité
00:01:38dans le quadruple meurtre familial de son frère, de sa belle-sœur et de deux de ses nièces.
00:01:43Mais Dany le Prince clame son innocence et de nouveaux éléments ont été posés sur la table.
00:01:47Alors pour ceux qui sont nés après cette tuerie familiale,
00:01:49voici d'abord un rappel des faits signé Pierre-Louis Bousset.
00:01:52Il a longtemps été appelé le boucher de la Sarthe, mais ce surnom serait-il dû à une erreur judiciaire ?
00:01:59C'est en tout cas ce qu'affirme Dany le Prince depuis des décennies.
00:02:02Le 5 septembre 1994, les corps de Christian le Prince, de son épouse Brigitte et de deux de leurs filles
00:02:09sont retrouvés dans leur maison de taurignées surduées.
00:02:12Tous ont été sauvagement tués à l'arme blanche.
00:02:15Seule la petite Solène, deux ans à l'époque, a survécu.
00:02:18Pour les enquêteurs, il est probable que cette feuille de boucher soit l'arme du crime,
00:02:22un imposant couteau que l'on a retrouvé chez Dany le Prince, le frère de Christian le Prince.
00:02:26Le procureur évoque alors un différent financier entre les deux hommes.
00:02:31Des raisons peut-être d'intérêt ou de jalousie,
00:02:35enfin les vieilles motivations qui font malheureusement parfois dans le mauvais sens marcher le monde.
00:02:41En garde à vue, Dany le Prince reconnaît avoir tué son frère, mais ne mentionne pas les autres victimes.
00:02:46Sa femme Martine et sa fille Célia l'ont également désigné comme le meurtrier.
00:02:50Dany le Prince va ensuite revenir sur ses aveux, mais trop tard.
00:02:53Il est condamné à la prison à vie, sans preuve, selon son avocat.
00:02:57Aucune trace matérielle, il n'y avait pas d'empreinte digitale,
00:03:01il n'y avait pas de trace ADN, il n'y avait pas de trace de pas,
00:03:03il n'y avait pas de trace palmaire, il n'y avait rien.
00:03:06Alors que Dany le Prince, aujourd'hui libre, continue de clamer son innocence,
00:03:10de récentes découvertes sont venues relancer le mystère.
00:03:13Un couteau attribué à Martine Compin, l'ex-femme de Dany le Prince,
00:03:17celle qu'il avait dénoncée comme étant l'auteur du crime, a été à nouveau analysée.
00:03:20Selon le rapport, il est probable que l'ADN d'une des victimes de la tuerie figure sur ce couteau.
00:03:26Martine Compin sera-t-elle mise en examen pour cette affaire vieille de plus de 30 ans ?
00:03:30La décision est attendue demain.
00:03:31Alors on accueille sur ce plateau l'un des trois avocats de Martine Compin, Vincent Bringard,
00:03:36merci d'être avec nous, et la journaliste du service préjustice de RTL, Plana Radenovic, merci d'être là.
00:03:43Pourquoi est-ce qu'on s'intéresse à Martine Compin aujourd'hui, maître Bringard ?
00:03:47Parce qu'il y a une échéance majeure demain,
00:03:49elle saura si elle est mise en examen ou pas pour complicité dans ce meurtre.
00:03:53Qu'est-ce que vous, vous avez essayé de faire valoir sur ce dossier d'abord ?
00:03:57Nous, ce que nous avons essayé de faire valoir, c'est que trop, c'est trop.
00:04:01C'est-à-dire qu'on est plus de 30 ans après les faits,
00:04:03et il y a évidemment un épuisement mental de Martine Compin,
00:04:07qui vit avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête,
00:04:10de façon parfaitement injustifiée, parce qu'elle est innocente,
00:04:13et elle vit en fait aussi au rythme des réactivations médiatiques,
00:04:17et des réactivations judiciaires qui peuvent être faites,
00:04:20et notamment ces différentes requêtes auprès de la Cour de révision.
00:04:24Et tout ça est insupportable, et c'est d'autant plus insupportable
00:04:26qu'il n'y a strictement aucune correspondance entre la demande aujourd'hui
00:04:30qui a été faite dans un premier temps par le parquet de la mettre en examen
00:04:32et la réalité des éléments qui figurent dans la procédure.
00:04:35Oui, il y a quand même, la justice est quand même prudente,
00:04:37la justice qui dit que finalement, il y a quand même très peu d'éléments,
00:04:40il n'y a pas suffisamment d'éléments à charge.
00:04:43Vous pouvez nous expliquer ça ?
00:04:44Alors, il faut rappeler que dans ce dossier,
00:04:47Martine Compin, pour l'heure, a été placée sous le statut de témoin assisté
00:04:51par le magistrat instructeur,
00:04:53c'est précisément parce que le magistrat a estimé
00:04:55qu'il n'y avait pas suffisamment d'éléments
00:04:57pour justifier un autre statut procédural.
00:05:00Mais rappelons d'abord.
00:05:01C'est elle et son invocat, c'est elle et vous.
00:05:03Exactement, en fait, le témoin assisté, c'est un statut procédural
00:05:06qui vous permet d'être parti à la procédure,
00:05:08d'avoir accès au dossier, de pouvoir faire des demandes d'actes,
00:05:12et c'est aussi un statut procédural qui est respectueux des droits
00:05:17parce que ça vous permet d'être actif.
00:05:18Mais en revanche, ce statut ne se confond pas
00:05:20avec celui de mis en examen,
00:05:22parce que le statut de mis en examen,
00:05:24c'est contre la personne contre laquelle il existe
00:05:26des indices graves ou concordants
00:05:27d'avoir commis les faits en cause.
00:05:29Et c'est bien ce qui est au cœur de ce dossier,
00:05:31c'est-à-dire qu'on a une position qui a été divergente
00:05:35entre le magistrat instructeur qui a donc décidé
00:05:37de ce statut de témoin assisté en cours de Martine Compin
00:05:40et le procureur de la République
00:05:41qui a décidé de contester ce statut de témoin assisté
00:05:45pour solliciter la mise en examen de Martine Compin.
00:05:48Et ça a donné lieu à une audience devant la chambre d'instruction
00:05:52qui va donc devoir se prononcer demain
00:05:54sur cette demande qui a été faite.
00:05:56Alors, oui, Plana, il va falloir quand même rappeler
00:05:58le rôle de Martine Compin dans l'enquête dès le départ,
00:06:00parce qu'elle a un rôle quand même primordial.
00:06:02C'est elle d'abord qui accuse Dany Leprince en premier
00:06:05avec sa fille Célia.
00:06:06Oui, en fait, si aujourd'hui on se penche sur Martine Compin
00:06:10et que ça intéresse vraiment tout le monde,
00:06:12c'est parce que c'est quand même intimement lié à la requête
00:06:15en révision de Dany Leprince,
00:06:17parce qu'en fait Martine Compin,
00:06:20c'est celle qui accuse Dany Leprince dès le départ,
00:06:22c'est celle en fait qui pousse les gendarmes
00:06:25tout de suite vers la piste de Dany Leprince
00:06:27puisqu'elle dit l'avoir vu tuer son frère
00:06:30près de la boîte aux lettres
00:06:31avec cette fameuse feuille de boucher.
00:06:34Et si aujourd'hui encore on se pose cette question
00:06:36de savoir si par hasard ça ne serait pas finalement
00:06:39Martine Compin alors que c'est fou,
00:06:40on est 30 ans après les faits,
00:06:42c'est aussi parce que l'enquête a été très lacunaire.
00:06:44Donc en fait, cette...
00:06:45On paye les errances du début de l'enquête.
00:06:48Oui, tout à fait.
00:06:49Ça paraissait tellement évident.
00:06:50Martine Compin, je continue à l'appeler Martine Leprince.
00:06:52Oui, elle a divorcé quand même.
00:06:54On est un paquet de journalistes,
00:06:55j'y suis arrivé sur place dès le lundi.
00:06:58On est là, donc c'est Martine Leprince.
00:07:00On la voit qui est en son linge
00:07:03et ensuite on va faire des photos
00:07:04du moment où elle va chercher son linge.
00:07:07Et les enquêteurs disent quand même
00:07:10qu'il y a un truc vraiment bizarre,
00:07:13il s'est passé quelque chose.
00:07:15On les soupçonne d'avoir fait au moins
00:07:16et Martine Leprince et son mari ou l'un des deux
00:07:19des lessives pendant toute la nuit.
00:07:21Pourquoi laver du linge pendant toute la nuit ?
00:07:24Donc c'est vrai qu'on se pose des questions,
00:07:26mais sur les deux, sur le couple.
00:07:28Mais c'est ça, il y a plein d'éléments
00:07:29qui n'ont pas été assez creusés.
00:07:31Je pense que pour que la justice
00:07:33se penche aujourd'hui sur le rôle
00:07:35de Martine Compin, d'ailleurs on va voir,
00:07:37elle va sûrement être restée
00:07:38sous le statut de témoin assisté,
00:07:39mais je veux dire pour que la justice
00:07:41puisse faire ça, c'est parce qu'elle s'engouffre
00:07:43dans des failles qui sont présentes
00:07:45dès 1994.
00:07:46Alors le nouvel élément ADN,
00:07:47ces fameux couteaux jaunes dont on a parlé,
00:07:49est-ce que vous pouvez l'expliciter
00:07:50aux téléspectateurs ?
00:07:51Il y a des traces ADN qui flèchent
00:07:53vers Martine Compin et vers une des victimes
00:07:56de la tuerie, la petite Audrey,
00:07:57qui avait 10 ans à l'époque des faits.
00:07:59Qu'est-ce que ça dit ?
00:08:00Et qu'est-ce que vous vous en concluez
00:08:01face à ces expertises ?
00:08:03Déjà ce que ça dit,
00:08:05c'est ce que je disais tout à l'heure,
00:08:06c'est-à-dire cette volonté
00:08:07d'avoir des réactivations du dossier.
00:08:09On peut comprendre évidemment aujourd'hui
00:08:10que Daniel Le Prince clame son innocence,
00:08:12mais en revanche, ça ne peut pas être fait
00:08:14en transformant la réalité,
00:08:15ce que nous disposons en procédure,
00:08:17parce qu'il faut rappeler en fait
00:08:18que la globalité des scellés dans cette affaire
00:08:21ont été détruites.
00:08:23Donc il n'y a pas de nouvelle expertise,
00:08:24il ne peut pas y avoir
00:08:25de nouvelle expertise ADN.
00:08:27Effectivement, il y a eu une expertise
00:08:28complémentaire qui a été réalisée
00:08:30dans le cadre du travail
00:08:31qui est effectué pour solliciter
00:08:33la révision de ce procès,
00:08:35mais ce n'est pas une nouvelle expertise
00:08:36qui aurait été faite
00:08:38sur le couteau lui-même,
00:08:39puisque nous ne l'avons plus ce couteau.
00:08:41Et en réalité,
00:08:42c'est simplement un rapport d'expertise
00:08:44qui a été rendu d'ailleurs
00:08:45à la demande de la défense
00:08:47des avocats d'Agneprince,
00:08:49qui conclut à une éventuelle compatibilité,
00:08:51mais uniquement en fait
00:08:52sur la base de ce qui avait déjà
00:08:53été fait en procédure.
00:08:54Parce qu'il y a quand même un élément
00:08:55qu'il faut rappeler,
00:08:56au-delà même de l'évidence
00:08:58qui pouvait être celle
00:08:59dès le début de cette procédure,
00:09:00c'est qu'il n'y a pas eu non plus
00:09:01une information judiciaire bâclée.
00:09:03C'est-à-dire que même si on peut estimer
00:09:04effectivement qu'il y a eu
00:09:04des lacunes dans le cadre de l'enquête,
00:09:07en revanche,
00:09:08il y a eu un certain nombre d'auditions,
00:09:10il y a eu des perquisitions,
00:09:11il y a eu des éléments de procédure
00:09:12qui ont été tout à fait importants.
00:09:14Et je rappelle notamment
00:09:14que lorsque les indices convergent
00:09:18vers la personne de Daniel Prince,
00:09:21que lui-même a reconnu les faits.
00:09:22Alors, il reconnaît le meurtre de son frère,
00:09:24mais pas des autres.
00:09:26Mais je veux dire,
00:09:26on voit très bien le cheminement.
00:09:29C'est-à-dire qu'il reconnaît
00:09:30le meurtre de son frère
00:09:32et que le prolongement,
00:09:33évidemment logique,
00:09:34c'est le meurtre du restant
00:09:35du restant de la famille
00:09:36pour lequel, en fait,
00:09:37au vu de ce qui a pu être décrit,
00:09:39il existe aujourd'hui
00:09:40un certain nombre d'éléments.
00:09:42Quand on met en cause
00:09:43le témoignage de Célia,
00:09:44donc on rappelle que ce soir-là,
00:09:46ce dimanche soir,
00:09:47les deux frères se seraient disputés
00:09:48à l'extérieur de la maison,
00:09:49devant la boîte aux lettres.
00:09:51Célia dit,
00:09:51j'ai vu mon père,
00:09:52donc Dany Leprince,
00:09:53frapper mon oncle,
00:09:54Christian Leprince,
00:09:56avec un objet brillant à la main.
00:09:58Ça pourrait être
00:09:58la fameuse feuille de bouchée.
00:10:00On ne parle pas d'un couteau,
00:10:01on parle d'un hachoir,
00:10:02une feuille de bouchée.
00:10:04Et on va retrouver,
00:10:04d'ailleurs,
00:10:05près de la boîte aux lettres,
00:10:05une énorme flaque de sang.
00:10:06C'est ici qu'est mort
00:10:07Christian Leprince.
00:10:08Et ensuite,
00:10:09son corps a été déplacé
00:10:10à l'intérieur de la maison.
00:10:11Il était traîné sur le dos.
00:10:12On le sait,
00:10:12parce que son pantalon est baissé.
00:10:15Son pantalon a heurté
00:10:16une petite bordure
00:10:17en ciment du jardin.
00:10:19Et on le voit,
00:10:19d'ailleurs,
00:10:20lors de la reconstitution,
00:10:21il y a un mannequin
00:10:21qui est tiré aussi.
00:10:22Alors,
00:10:23maintenant,
00:10:24on met en cause,
00:10:24Célia dit,
00:10:24j'ai vu mon père
00:10:26frapper mon oncle.
00:10:27Et ça,
00:10:27Dany Leprince le reconnaît
00:10:28au début.
00:10:30Oui,
00:10:30il a frappé son frère,
00:10:32Christian.
00:10:32Et maintenant,
00:10:33on remet en cause
00:10:34le témoignage de Célia
00:10:35au motif que,
00:10:36de là où elle était,
00:10:37c'est-à-dire,
00:10:38à l'entrée de sa maison,
00:10:39les deux maisons sont
00:10:40l'une à côté de l'autre,
00:10:42elle n'aurait pas pu voir
00:10:43la scène.
00:10:44C'est vrai ou c'est pas vrai ?
00:10:45Mais il n'y a aucune
00:10:46réelle considération matérielle
00:10:47qui permette de considérer
00:10:48que ce qu'elle a déclaré
00:10:49était impossible.
00:10:52On dit maintenant
00:10:52qu'elle a menti
00:10:53qu'elle ne pouvait pas voir.
00:10:53Ça n'existe pas au dossier.
00:10:55C'est-à-dire qu'on voit
00:10:55qu'il y a énormément
00:10:56de spéculations
00:10:57qui sont faites,
00:10:58justement,
00:10:59aussi dans le dessin,
00:11:00peut-être,
00:11:00de tenter de démontrer
00:11:01l'innocence de Dany Leprince.
00:11:03Mais sauf que
00:11:03le dossier ne le dit pas.
00:11:05Le dossier n'a jamais
00:11:06contredit ses déclarations
00:11:08du point de vue logistique,
00:11:09du point de vue matériel,
00:11:10du point de vue
00:11:11de la réalité
00:11:11de la scène.
00:11:13Et au contraire,
00:11:13il est tout à fait
00:11:14compatible aussi
00:11:15avec les déclarations
00:11:15qui ont été faites
00:11:16par Martin Compin.
00:11:18Il est évidemment
00:11:18compatible aussi
00:11:19avec les propres aveux
00:11:20qui ont été salles
00:11:21de Dany Leprince.
00:11:21Donc j'ai le sentiment
00:11:22parfois qu'on cherche
00:11:24en fait à refaire le procès.
00:11:26On cherche à refaire
00:11:27le procès,
00:11:28mais sur la base
00:11:29en fait d'éléments
00:11:29qui ont déjà été discutés
00:11:31et sur la base
00:11:32d'éléments qui ont conduit
00:11:33à une décision
00:11:34de condamnation
00:11:35par la Cour d'Assise.
00:11:36Et aujourd'hui,
00:11:37il n'y a strictement
00:11:37aucun élément nouveau
00:11:39qui permette d'accréditer
00:11:40une quelconque participation
00:11:42de Martin Compin
00:11:44au fait.
00:11:44Et je pense que
00:11:44non seulement
00:11:45vous avez une absence
00:11:46d'éléments nouveaux
00:11:47et que cet élément nouveau
00:11:49en plus
00:11:49qui devrait être requis
00:11:51si jamais on poursuivait
00:11:52la thèse
00:11:53qui était celle
00:11:53du procureur de la République
00:11:54parce qu'il faudrait dire
00:11:54un mot quand même
00:11:55sur le fait
00:11:55que le procureur général
00:11:56lui n'a pas suivi
00:11:57la position du parquet.
00:11:59Mais 30 ans après les faits,
00:12:01cet élément nouveau en plus
00:12:02il doit être spectaculaire.
00:12:04Je veux dire,
00:12:04il doit être à ce point...
00:12:05Et là ça ne l'est pas
00:12:06selon vous.
00:12:07Et là ça ne l'est pas
00:12:07parce qu'en fait,
00:12:08pourquoi est-ce que c'est
00:12:08spectaculaire ?
00:12:09Parce que vous imaginez
00:12:10qu'en 30 ans en fait
00:12:11il y a eu une déperdition
00:12:12des preuves,
00:12:13c'est strictement impossible
00:12:14aujourd'hui d'imaginer
00:12:15que vous puissiez par exemple
00:12:16interroger à nouveau
00:12:17des témoins
00:12:19ou des personnes
00:12:19qui auraient pu
00:12:20éventuellement apporter
00:12:21des indications matérielles
00:12:22parce que déjà,
00:12:23dans n'importe quelle affaire judiciaire
00:12:24vous interrogez des témoins,
00:12:25vous avez toujours
00:12:26des contradictions
00:12:26et vous avez toujours
00:12:27des invraisemblances
00:12:28qui jaillissent.
00:12:30Mais 30 ans après les faits,
00:12:31qui peut imaginer en fait
00:12:32que vous puissiez avoir
00:12:33une information judiciaire
00:12:34qui donne lieu
00:12:35à la révélation
00:12:36d'éléments qui soient des éléments
00:12:37probants.
00:12:37Mais il y a quand même
00:12:38une difficulté technique
00:12:39qui avait été relevée
00:12:40et au procès et après.
00:12:42Plana,
00:12:42qui peut tuer 4 personnes
00:12:44en si peu de temps ?
00:12:4470 coups de couteau
00:12:45en moins de 3 minutes ?
00:12:47Il y a un timing
00:12:47qui est compliqué,
00:12:48il y a des empreintes
00:12:49qui sont compliquées aussi.
00:12:50Est-ce que ça,
00:12:51ça te donne matière
00:12:51quand même à rediscussion
00:12:54si je puis dire ?
00:12:54Ou recontre-encage ?
00:12:55Oui, alors déjà,
00:12:57c'est pas parce que
00:12:58peut-être que ce n'est pas
00:12:59Dany Leprince,
00:12:59ça ne veut pas dire
00:13:00que c'est Martine Compin
00:13:01forcément.
00:13:02Est-ce que ça peut être
00:13:02un peu ce mouvement
00:13:03de balancier ?
00:13:04Oui, en fait,
00:13:05tout est possible,
00:13:06tout est ouvert.
00:13:07Et en fait,
00:13:08il y a plusieurs éléments
00:13:10qui posent question.
00:13:11En tout cas,
00:13:12déjà, vous parliez
00:13:13du timing.
00:13:14On sait que Dany Leprince
00:13:15a regardé la télé,
00:13:17il cite d'ailleurs
00:13:18le programme qu'il a regardé,
00:13:19il cite une scène
00:13:19très précisément.
00:13:20Il a arrêté de regarder
00:13:21la télé selon lui
00:13:22à 21h54.
00:13:23Et selon les légistes,
00:13:24les personnes sont décédées
00:13:26avant 22h.
00:13:27Donc, je ne sais pas
00:13:28qui peut tuer 4 personnes
00:13:29en 6 minutes déjà.
00:13:30Il y allait et tué,
00:13:33pardon.
00:13:33Il y allait en plus,
00:13:34oui, c'est ça,
00:13:34parce qu'en plus,
00:13:35on est à la campagne,
00:13:36ce n'est pas des appartements
00:13:37voisins comme à Paris.
00:13:39C'est à 100 mètres,
00:13:39à peine.
00:13:40Oui, d'accord,
00:13:41mais ce n'est pas non plus
00:13:42la porte.
00:13:43Et ensuite,
00:13:44sur la scène de crime,
00:13:45il n'y a pas de trace
00:13:46ADN de Dany Leprince.
00:13:48Et il y a cette fameuse
00:13:49empreinte de chaussure
00:13:50Doc Martins
00:13:51qui est taille 41,
00:13:52alors que Dany Leprince
00:13:53chose du 44, je crois.
00:13:55Donc, de toute façon,
00:13:56en fait,
00:13:56il y a des choses
00:13:57en tout cas qui interpellent.
00:13:59Et je rappelle que certes,
00:14:01il a été condamné,
00:14:02mais en fait,
00:14:02à l'époque,
00:14:03pour les plus jeunes,
00:14:04en fait,
00:14:05on ne pouvait pas faire appel
00:14:06du verdict.
00:14:06Il n'y avait pas
00:14:07de deuxième procès possible.
00:14:08Voilà, donc même si on contestait,
00:14:09on était condamné
00:14:10et la justice n'était pas tenue
00:14:12d'écrire les motivations,
00:14:14donc ce pour quoi
00:14:14il a été condamné.
00:14:15Donc, son procès en révision,
00:14:17on peut penser que c'est
00:14:18un peu comme un appel,
00:14:18en fait,
00:14:19du verdict,
00:14:20du premier verdict de 97.
00:14:22Ce qui est un peu compliqué
00:14:22dans cette affaire,
00:14:23c'est que si ça n'est pas
00:14:24Dany Leprince,
00:14:25ou alors est-ce que
00:14:26pour démontrer son innocence,
00:14:27Dany Leprince est obligé
00:14:28de trouver quelqu'un d'autre ?
00:14:30On est un peu dans l'affaire
00:14:30de Montigny-les-Messes
00:14:31avec Patrick Dils.
00:14:32Souvenez-vous,
00:14:33Patrick Dils,
00:14:33il est condamné
00:14:34pour les meurtres
00:14:34de deux enfants
00:14:35à Montigny-les-Messes.
00:14:35C'est ce balancier
00:14:36un peu dangereux.
00:14:37Il ne sera pas acquitté
00:14:38tant qu'on n'aura pas
00:14:39des soupçons
00:14:39qui vont commencer
00:14:40à exister et à naître
00:14:41sur quelqu'un d'autre,
00:14:42Francis Holm en l'occurrence,
00:14:44qui finalement
00:14:44va être condamné
00:14:45pour les meurtres.
00:14:46Ça n'était pas Patrick Dils.
00:14:47Donc là,
00:14:48on ne peut pas dire
00:14:48« ça n'est pas Dany Leprince »
00:14:50sans dire
00:14:50« si ce n'est pas Dany Leprince,
00:14:51c'est Martin Kompin ».
00:14:52Il y a vraiment
00:14:54un paradoxe
00:14:55dans ces deux procédures
00:14:56qui sont à la fois
00:14:56des procédures parallèles
00:14:57et des procédures croisées.
00:14:58C'est-à-dire que
00:14:59cette procédure devant
00:14:59la Cour de révision
00:15:00et la procédure
00:15:01qui va donner lieu
00:15:03à cet arrêt
00:15:03rendu demain
00:15:04par la Chambre d'instruction.
00:15:05Ce paradoxe,
00:15:06c'est que devant
00:15:06la Cour de révision,
00:15:07Martin Kompin
00:15:08n'est pas parti.
00:15:09Donc nous ne savons même pas
00:15:10ce qui se discute
00:15:11sauf les éléments
00:15:12qu'on veut bien
00:15:12nous transmettre
00:15:13dans le cadre du dossier
00:15:13auquel nous avons accès,
00:15:15mais elle n'est pas partie.
00:15:16Et à l'inverse,
00:15:17dans le cadre du dossier
00:15:18pour lequel aujourd'hui
00:15:19Martin Kompin
00:15:20a le statut
00:15:21de témoin assisté,
00:15:23Dany Leprince,
00:15:24lui, n'est pas parti.
00:15:26Et en fait,
00:15:26étant donné le principe
00:15:28de la loi
00:15:28sur lequel on ne peut pas
00:15:29poursuivre ou juger
00:15:30deux fois une personne
00:15:31pour un même fait,
00:15:32eh bien il est exclu
00:15:33en fait des investigations.
00:15:35Et donc vous retrouvez
00:15:35avec cette particularité
00:15:36où en fait,
00:15:36vous ne pouvez pas avoir
00:15:37de nouvelles investigations
00:15:38pour ce qui le concerne,
00:15:39mais ça doit être
00:15:40toute autre personne
00:15:40à l'exception
00:15:42de Dany Leprince.
00:15:42Donc évidemment
00:15:43que ça vient parfois
00:15:45faire naître
00:15:46des interrogations
00:15:47parce qu'en fait,
00:15:47vous subtilisez
00:15:49ou en fait,
00:15:49vous enlevez
00:15:50ce qui est aujourd'hui
00:15:51le maillon central
00:15:52de compréhension
00:15:53de ce dossier.
00:15:54Et par rapport
00:15:55à la pluralité,
00:15:56je pense que
00:15:56l'histoire malheureusement
00:15:57judiciaire,
00:15:58ce n'est pas vous
00:15:58que je vais la prendre,
00:15:59a montré
00:15:59que des crimes
00:16:00tout à fait ignobles
00:16:01sur plusieurs personnes
00:16:02pouvaient être commis
00:16:03par un individu seul.
00:16:05C'est-à-dire ça,
00:16:05on n'a pas attendu
00:16:07cette affaire
00:16:08pour le voir.
00:16:10Vous alliez dire
00:16:10l'affaire Dany Leprince
00:16:11et puis vous êtes...
00:16:12Oui, l'affaire Dany Leprince,
00:16:13mais il y a malgré tout
00:16:14cette requête en révision
00:16:15et on verra.
00:16:17Moi, ce qui m'importe
00:16:18surtout,
00:16:18c'est la question
00:16:19de l'innocence
00:16:19et la constatation
00:16:20de l'innocence
00:16:21de Martine Compin.
00:16:22Et puis,
00:16:22autre élément
00:16:23sur la question
00:16:24de ce couteau jaune,
00:16:25c'est qu'on voit déjà,
00:16:26encore une fois,
00:16:27qu'il n'y a pas eu
00:16:28de nouvelle expertise ADN.
00:16:29Il faut aussi ajouter
00:16:30que tous les éléments
00:16:31que nous avons au dossier
00:16:32et notamment
00:16:32les rapports
00:16:34médicaux légaux
00:16:34qui ont été effectués
00:16:35dans le cadre
00:16:36des autopsies
00:16:37des différentes victimes,
00:16:38qu'il n'y avait aucun rapport
00:16:39qui conclut au fait
00:16:40qu'il y aurait eu
00:16:41deux armes du crime.
00:16:43C'est-à-dire que
00:16:43c'est la feuille du boucher
00:16:44et au contraire,
00:16:45on voit que...
00:16:46Le couteau jaune
00:16:47n'a rien à faire là-dedans.
00:16:47Bien sûr.
00:16:48Et on voit en fait
00:16:48qu'au regard de la barbarie
00:16:52des traces physiques
00:16:54qui ont été retrouvées,
00:16:55qu'elles sont en fait
00:16:55tout à fait compatibles
00:16:57d'un point de vue technique
00:16:57avec une feuille de boucher
00:16:59et donc,
00:17:00c'est pour ça qu'en plus,
00:17:00là, on est en train
00:17:01de faire naître un débat
00:17:02par rapport à ce couteau jaune
00:17:03qui de toute façon
00:17:04n'a jamais été considéré
00:17:08qu'elle sera le sort
00:17:08de Martine Compin.
00:17:09On le saura demain
00:17:10au tribunal d'Angers.
00:17:11La décision est attendue
00:17:12dans la journée
00:17:12et on fera ça très près avec vous.
00:17:14Merci beaucoup
00:17:15à tous les deux
00:17:16d'être revenus.
00:17:16Dans un instant,
00:17:17on part à Albi
00:17:17pour décrypter
00:17:18la deuxième semaine
00:17:19du procès jubilard.
00:17:20À l'audience,
00:17:21un enregistrement de l'accusé
00:17:23a été diffusé.
00:17:24Écoutez.
00:17:25Qu'est-ce que vous avez parlé
00:17:26de divorce la première fois ?
00:17:28Entre nous, cet été.
00:17:29D'accord.
00:17:30On s'était donné un mois,
00:17:32un mois et demi,
00:17:33pour sauver le couple,
00:17:35si tu veux.
00:17:36Elle me dit
00:17:36non, non, mais ça sert à rien.
00:17:37De toute façon,
00:17:38ma décision est prise.
00:17:39Je suis déjà très loin
00:17:40dans ma tête.
00:17:40J'ai dit,
00:17:41j'ai fait de toute façon
00:17:41que c'est le mec
00:17:42que t'as rencontré
00:17:42sur Internet et tout.
00:17:43Il n'y a pas de...
00:17:44Je lui dis,
00:17:44dis-moi-le,
00:17:45je vais en foutre.
00:17:46J'ai des doutes,
00:17:48si tu veux,
00:17:48mais j'ai aucune preuve,
00:17:50rien de ça,
00:17:51si tu veux.
00:17:53Restez avec nous,
00:17:53on revient dans un très court instant.
00:17:54Ne bougez pas.
00:17:55Nous sommes exactement
00:18:02au milieu du guet
00:18:03à mi-parcours,
00:18:04c'est-à-dire au milieu
00:18:05des audiences
00:18:06du procès Jubilard.
00:18:07On va entamer
00:18:07la troisième semaine
00:18:08et c'est l'heure
00:18:09de décrypter ensemble
00:18:10ce qui s'est passé
00:18:10ces derniers jours.
00:18:11La défense n'a pas été épargnée,
00:18:13le portrait de Cédric Jubilard,
00:18:15les témoignages
00:18:15des proches de Delphine
00:18:16l'ont éclairé
00:18:17d'un jour assez sombre
00:18:18et pour autant,
00:18:19ça ne signe pas
00:18:19de culpabilité.
00:18:20Alors,
00:18:20Jean-Wilfrid Forkest,
00:18:21on vous retrouve
00:18:22en direct de Toulouse.
00:18:23Qu'est-ce qui vous a frappé
00:18:24le plus, vous,
00:18:25dans cette deuxième semaine ?
00:18:26On a le sentiment
00:18:27que le mystère
00:18:28ne se dissipe pas
00:18:29et que surtout,
00:18:30la vérité judiciaire
00:18:31a un peu de mal à percer.
00:18:35Alors,
00:18:36bonjour Pauline.
00:18:37Ce qu'on retient
00:18:37de cette semaine,
00:18:39ce sont les témoignages.
00:18:40Les témoignages
00:18:41indiscutablement
00:18:42de la part de la famille
00:18:43ou des amis.
00:18:44Des témoignages
00:18:45très très forts,
00:18:46des témoignages
00:18:46de gens qui n'ont pas
00:18:48l'habitude de prendre
00:18:49la parole
00:18:49et qui se font
00:18:50violence, entre guillemets,
00:18:51pour prendre la parole.
00:18:53Ils ne sont pas
00:18:54dans l'émotion,
00:18:55ils sont dans le factuel.
00:18:56Ils disent notamment
00:18:57que Delphine
00:18:58était une amie sympa,
00:19:00une mère de famille
00:19:01qui vraiment tenait
00:19:03à avoir à cœur
00:19:07ce rôle de mère de famille.
00:19:09En tout cas,
00:19:10c'est une femme
00:19:10bienveillante et solaire.
00:19:12Voilà ce qu'ont décrit
00:19:13les amis,
00:19:15les proches
00:19:15de Delphine Jubilard.
00:19:16Maintenant,
00:19:17elles ont décrit
00:19:18aussi ces familles
00:19:19le côté sombre
00:19:20effectivement de Jubilard,
00:19:22le côté bad boy.
00:19:23Il était impulsif,
00:19:25il s'occupait
00:19:26très très mal
00:19:26de son fils.
00:19:27Voilà.
00:19:28Donc ça,
00:19:28c'est la description,
00:19:29c'est l'émotion
00:19:30cette semaine.
00:19:31Pour autant,
00:19:31si on parlait
00:19:33de match
00:19:33dans ce procès,
00:19:34la première semaine,
00:19:35très nettement,
00:19:36est à l'avantage
00:19:37de la défense
00:19:38avec l'éclaircissement
00:19:41autour des gendarmes.
00:19:42Ils disent
00:19:42qu'ils n'ont pas fait
00:19:43une très très bonne enquête.
00:19:44Cette semaine,
00:19:45par contre,
00:19:46la balle est vraiment
00:19:47dans le camp
00:19:47des proches
00:19:49de Jubilard,
00:19:50de la famille
00:19:51qui ont marqué
00:19:53vraiment des points.
00:19:54Bon,
00:19:55restez avec nous
00:19:55Jean-Wilfrid,
00:19:56j'accueille sur le plateau
00:19:57le journaliste
00:19:57à Dépêche du Midi,
00:19:58Brice Vidal,
00:19:59vous êtes avec nous.
00:20:00Vous assistez vous aussi
00:20:00au procès
00:20:01comme Jean-Wilfrid Forkest
00:20:02et puis Marline Baranès,
00:20:04docteur en psychologie
00:20:04clinique,
00:20:05experte judicia
00:20:06auprès des tribunaux.
00:20:08Alors d'abord,
00:20:08mardi,
00:20:09à l'audience,
00:20:10Dominique,
00:20:10vous voulez rajouter
00:20:10quelque chose d'abord ?
00:20:11Je voulais juste
00:20:11demander à Bruce,
00:20:15Jean-Wilfrid dit,
00:20:15les gens n'ont pas fait
00:20:16une très bonne enquête,
00:20:17vous en pensez quoi ?
00:20:20Les avis sont partagés.
00:20:21Oui,
00:20:21les avis sont partagés.
00:20:23Qu'est-ce qui se sont fait
00:20:23défoncer à la barre ?
00:20:25La première semaine
00:20:26a été très difficile
00:20:27pour les partis civils
00:20:30et l'accusation
00:20:30plus exactement
00:20:31puisque les gendarmes
00:20:33ont été un peu secoués,
00:20:35le directeur d'enquête
00:20:37a été questionné
00:20:38très longuement,
00:20:40il est ressorti
00:20:40très fatigué.
00:20:41Le procureur aussi ?
00:20:42Le procureur de l'époque ?
00:20:43Le procureur,
00:20:44j'ai trouvé ça
00:20:45moins définitif
00:20:46parce que,
00:20:47vous le savez sûrement,
00:20:48magistrat,
00:20:49c'est quand même difficile
00:20:50là coincé
00:20:50dans une audience,
00:20:52ils ont quand même
00:20:52l'habitude,
00:20:53ils connaissent la musique.
00:20:54Donc,
00:20:54j'ai trouvé personnellement
00:20:56qu'il avait été
00:20:57moins mis en difficulté.
00:21:00Par la défense ?
00:21:01Par la défense,
00:21:01par la défense,
00:21:02d'aucun parmi la presse
00:21:04annoncé une boucherie,
00:21:05elle n'a pas eu lieu
00:21:05selon moi.
00:21:07En tant qu'observateur,
00:21:08c'est ce que j'ai vu.
00:21:09Le directeur d'enquête
00:21:10lui a été quand même
00:21:11mis à mal
00:21:12durant la première semaine.
00:21:14Et la deuxième ?
00:21:15La deuxième semaine ?
00:21:16Je partage un petit peu
00:21:17l'avis de Jean Wilfrid.
00:21:19C'est-à-dire qu'effectivement,
00:21:20la deuxième partie du procès,
00:21:23la deuxième semaine,
00:21:24les partis civils
00:21:25ont beaucoup parlé,
00:21:27les amis de Delphine
00:21:28ont beaucoup parlé,
00:21:29l'entourage des Jubilards
00:21:30a parlé,
00:21:31et effectivement,
00:21:32ils ont dépeint
00:21:34un peu ce qu'on avait
00:21:34cru comprendre
00:21:35dans la procédure,
00:21:36c'est-à-dire qu'on a affaire
00:21:37à un personnage
00:21:38très clivant,
00:21:39qui n'est pas aimé,
00:21:40qui est un peu seul.
00:21:41Hormis ses avocats,
00:21:42il est quand même très seul,
00:21:43Cédric Jubilard,
00:21:43pour le soutenir,
00:21:45on décrit quand même
00:21:45un type pervers narcissique,
00:21:48qui est désagréable
00:21:50avec ses enfants,
00:21:51voire violent
00:21:51avec le petit Louis
00:21:53quand il le punit.
00:21:54C'est assez documenté,
00:21:55les témoignages démontrent
00:21:58qu'il avait un caractère
00:22:00assez particulier.
00:22:01C'est des indices comportementaux,
00:22:02ça n'en fait pas un criminel.
00:22:03Il n'a pas envie
00:22:04de s'en faire un pote.
00:22:06Alors, justement,
00:22:07ce qui est assez éclairant aussi,
00:22:08c'est que mardi,
00:22:09à l'audience,
00:22:09il y a un document sonore
00:22:10qui a été diffusé,
00:22:11vous étiez dans la salle,
00:22:12enregistré,
00:22:13on le rappelle,
00:22:13à l'insut de Cédric Jubilard
00:22:14par un proche cousin de Delphine.
00:22:16Qu'est-ce qu'il contient ?
00:22:17Comment le comprendre ?
00:22:1833 heures après sa disparition,
00:22:20l'accusé,
00:22:20qui n'était pas encore accusé
00:22:21à l'époque, bien sûr,
00:22:23livre quelques pistes
00:22:24de réflexion.
00:22:24Écoutez.
00:22:24Ce jeudi, dernier jour d'audience
00:22:30de la semaine.
00:22:32Les avocats de la partie civile
00:22:34tentent d'inverser
00:22:35le rapport de force.
00:22:37Ils convoquent des témoins
00:22:38à la barre.
00:22:40Parmi eux,
00:22:41la nounou des enfants,
00:22:43qui raconte avoir été choquée
00:22:44par des propos
00:22:45de Cédric Jubilard
00:22:46un jour où elle regardait
00:22:48un reportage
00:22:49sur le meurtre
00:22:50d'Alexia Daval
00:22:51par son mari,
00:22:52Jonathan.
00:22:53Cédric est arrivé.
00:22:55J'ai dit que c'est malheureux
00:22:56pour cette dame.
00:22:57Et il m'a dit
00:22:57« Oh, il n'est pas malin, lui.
00:22:59Il se fait pleurer.
00:23:00J'aurais fait mieux que ça, moi.
00:23:02Ça m'a estomaqué.
00:23:03Six mois après,
00:23:04sa femme disparaît.
00:23:06Ça fait drôle. »
00:23:09La présidente s'attarde également
00:23:11sur la déposition
00:23:12d'un ami de Cédric Jubilard,
00:23:13absent au procès.
00:23:15Là encore,
00:23:16une confidence troublante.
00:23:18Il m'a dit
00:23:19« Ça se passe pas bien.
00:23:20J'ai envie de la tuer.
00:23:21Cédric était très énervé
00:23:22contre Delphine.
00:23:23Il pensait finir sa vie
00:23:24avec elle. »
00:23:28Cédric Jubilard
00:23:29reconnaît ses paroles
00:23:30mais assure
00:23:31les prononcer
00:23:31avec ironie.
00:23:34Alors,
00:23:34quel degré de crédibilité
00:23:36y accorder
00:23:36pour la cour ?
00:23:38« La question qui se pose
00:23:39à partir du moment
00:23:40où la situation
00:23:41est admise
00:23:42à demi-mot
00:23:43par Cédric Jubilard,
00:23:44c'est de savoir
00:23:44s'il a pu,
00:23:46en amont
00:23:46de la disparition tragique
00:23:47survenue le 15 décembre,
00:23:50fomenter,
00:23:52imaginer
00:23:53la possibilité
00:23:54effectivement
00:23:55de se débarrasser
00:23:56physiquement
00:23:56de son épouse. »
00:23:58Pour que les six jurés
00:23:59puissent se faire
00:24:00leur propre opinion
00:24:01sur la personnalité
00:24:01de l'accusé,
00:24:03la présidente propose
00:24:04un élément matériel,
00:24:06un enregistrement,
00:24:08réalisé à l'insu
00:24:09de Cédric Jubilard
00:24:10par deux membres
00:24:11de la famille
00:24:11de Delphine.
00:24:12La conversation
00:24:14se déroule
00:24:15dans la maison
00:24:15du couple.
00:24:1633 heures
00:24:17après la disparition
00:24:18de la jeune femme,
00:24:20Cédric décrit
00:24:21un mariage en péril.
00:24:22« Quand est-ce que vous avez
00:24:23parlé de Dibourg
00:24:24sa première fois ?
00:24:25Cet été. »
00:24:26« On s'était donné
00:24:27un mois,
00:24:27un mois et demi
00:24:28pour sauver le couple
00:24:30si tu veux.
00:24:32Elle me dit
00:24:32« Non, non,
00:24:32mais ça, c'est rien.
00:24:33De toute façon,
00:24:33ma décision est prise.
00:24:34Je suis déjà
00:24:35très loin dans ma tête.
00:24:36J'ai toujours été
00:24:37sur un second plan.
00:24:38Toujours. »
00:24:39Parfois,
00:24:40durant les 20 minutes
00:24:41de conversation,
00:24:43Cédric Jubilard
00:24:43parle de sa femme
00:24:44au passé
00:24:45avec un certain détachement.
00:24:48Le cousin
00:24:48et le frère
00:24:48de Delphine
00:24:49vont alors le questionner
00:24:51sur la nuit
00:24:51de la disparition
00:24:52comme pour tenter
00:24:53de le perturber.
00:24:55« Qu'est-ce qu'elle avait
00:24:56comme chaussure ? »
00:24:56« Des espèces de boots.
00:24:59Des trucs chauds. »
00:25:01« Non, mais c'est
00:25:01des trucs très chauds.
00:25:02C'est des trucs chauds
00:25:04l'hiver, quoi. »
00:25:04« Et le pyjama dessous. »
00:25:09« Non, plus. »
00:25:10« C'est ce que je suppose. »
00:25:14D'abord,
00:25:15certains de la tenue
00:25:15de sa femme ce soir-là.
00:25:17Cédric Jubilard
00:25:18se reprend ensuite.
00:25:19Comment peut-il savoir
00:25:20alors même
00:25:21qu'il affirme
00:25:22s'être couché avant elle ?
00:25:24Pour la défense
00:25:25de l'accusé,
00:25:26cet enregistrement
00:25:27ne trahit en rien
00:25:28leur client.
00:25:30« Chacun l'interprète
00:25:30comme on veut,
00:25:31cet audio.
00:25:32Nous considérons
00:25:33que c'est Cédric Jubilard.
00:25:35Donc vous avez
00:25:35des personnes
00:25:36qui viennent,
00:25:37qui veulent en savoir plus,
00:25:38qui ont déjà
00:25:38une certaine conviction,
00:25:39qui posent des questions,
00:25:40il y répond,
00:25:41et à la fin,
00:25:41ils s'effondrent
00:25:42dans les bras
00:25:42de ces deux personnes. »
00:25:44Alors que la première
00:25:45moitié de ce procès
00:25:46s'achève,
00:25:47les partis civils
00:25:48ont tenté à leur tour
00:25:49de mettre à mal
00:25:50la défense
00:25:51de Cédric Jubilard.
00:25:52La semaine prochaine,
00:25:54l'amant de Delphine
00:25:55s'exprimera à la barre,
00:25:57l'un des témoignages
00:25:58les plus attendus
00:25:59de ce procès en or.
00:26:03Alors d'abord,
00:26:04je voudrais revenir
00:26:04avec vous,
00:26:05Marine Baranès,
00:26:06sur cette conversation,
00:26:07cet audio.
00:26:08Qu'est-ce que ça révèle
00:26:08de la personnalité
00:26:09de l'accusé ?
00:26:10Si on prend un peu
00:26:11de recul,
00:26:12on est 33 heures
00:26:13après la disparition
00:26:14de sa femme,
00:26:14il n'a pas l'air
00:26:15complètement effondré,
00:26:16il cherche des bribes
00:26:17d'explications,
00:26:18est-ce qu'il n'est pas
00:26:18complètement perdu ?
00:26:20Alors, perdu,
00:26:21je ne crois pas
00:26:22parce qu'en fait,
00:26:25Cédric Jubilard,
00:26:27depuis le départ,
00:26:28il s'exprime
00:26:31en fonction
00:26:33de l'imaginaire
00:26:35qu'il a
00:26:36sur la vision
00:26:39que les gens
00:26:42auraient de lui-même.
00:26:43Donc en fait,
00:26:44il s'identifie.
00:26:46Par exemple,
00:26:47quand la dame
00:26:48qui garde les enfants
00:26:50dit,
00:26:51mais cette pauvre dame,
00:26:53ce qui vient de lui arriver,
00:26:55normalement,
00:26:57tout le monde
00:26:57s'identifie
00:26:58à une victime,
00:26:58d'autant qu'elle le met
00:27:00sur le chemin,
00:27:01elle lui dit,
00:27:01c'est terrible,
00:27:02c'est terrible
00:27:04ce qui vient de lui arriver,
00:27:05et lui,
00:27:07n'arrive pas,
00:27:08n'a absolument
00:27:08aucune émotion,
00:27:09et il s'identifie
00:27:11au mari,
00:27:13il s'identifie
00:27:14à celui
00:27:15qui a tué sa femme.
00:27:16Et donc,
00:27:18déjà,
00:27:18ça c'est très étrange
00:27:20parce que...
00:27:20Mais ça signe quoi ?
00:27:21Un manque d'empathie ?
00:27:22Ça signe quoi ?
00:27:22Non, mais ça signe
00:27:23quelqu'un
00:27:24qui a besoin
00:27:26de maîtriser,
00:27:27de contrôler.
00:27:28Ça signe quelqu'un
00:27:29qui est en permanence
00:27:30en train d'avoir besoin
00:27:31de réparer
00:27:32quelque chose
00:27:33de sa propre image
00:27:34qui est brisée.
00:27:35Ou de sa propre enfance,
00:27:36après il y a des explications.
00:27:36Oui,
00:27:37sa propre image
00:27:37par rapport à sa construction.
00:27:39Donc on connaît
00:27:40sa construction,
00:27:41on sait que ça a été
00:27:41très très difficile.
00:27:42Je rappelle aussi
00:27:43que c'est quelqu'un
00:27:43qui se drogue.
00:27:45Quel est le principe
00:27:46de ce besoin
00:27:48de drogue
00:27:48indépendamment
00:27:49de l'addiction chimique ?
00:27:51C'est que la drogue
00:27:52nous permet
00:27:52de nous dévier
00:27:53de la réalité.
00:27:54La réalité est trop dure.
00:27:56L'image que j'ai
00:27:56de moi-même
00:27:57est trop difficile.
00:27:58Je suis trop rien.
00:28:00Et la drogue
00:28:00va me permettre
00:28:01de sortir de cette image
00:28:04et d'être
00:28:04beaucoup plus fort.
00:28:05Et là,
00:28:06ce qu'il montre
00:28:07à la barre,
00:28:07ce qu'il montre
00:28:08à tout le monde,
00:28:09c'est qu'il est fort.
00:28:10Et donc,
00:28:10pour être fort
00:28:11dans ces moments-là,
00:28:12évidemment,
00:28:13il faut être coupé
00:28:14de toutes les émotions,
00:28:15mais surtout,
00:28:17il faut être
00:28:18dans un théâtre interne
00:28:20qui est
00:28:20je veux te montrer,
00:28:22je veux changer
00:28:22l'image que tu as de moi
00:28:24et je veux surtout
00:28:24te donner l'image
00:28:26que moi,
00:28:26je veux te donner de moi.
00:28:28Et donc,
00:28:28tout le procès
00:28:29est comme ça aujourd'hui.
00:28:31Oui,
00:28:32non,
00:28:32j'écoutais,
00:28:33ça veut dire que
00:28:33s'il avait une réaction normale,
00:28:35quand la nounou lui dit
00:28:37cette pauvre Alexia Daval,
00:28:39il aurait dû dire
00:28:39oui,
00:28:40la malheureuse,
00:28:41elle n'a vraiment pas eu
00:28:41le bol de tomber
00:28:42sur un type pareil,
00:28:43ça serait une réaction normale.
00:28:44Au lieu de parler de lui,
00:28:45de s'intéresser à lui
00:28:46et de dire
00:28:46moi,
00:28:47si je l'avais fait...
00:28:48C'est-à-dire qu'en fait,
00:28:49il n'est pas du tout
00:28:50dans le questionnement.
00:28:52Il n'y a pas de relation
00:28:53à l'autre,
00:28:54c'est-à-dire
00:28:54une absence d'altérité.
00:28:56L'autre n'existe pas.
00:28:57Ce sont des profils,
00:28:58des profils avec ce qu'on appelle
00:29:00de la dissociation,
00:29:01une rupture émotionnelle totale,
00:29:03quelqu'un qui est sûr de lui,
00:29:05qui est dans le contrôle
00:29:05et qui a besoin
00:29:07de renverser,
00:29:09de rendre la justice,
00:29:11de gagner la justice.
00:29:13Vous pensez
00:29:13que vous êtes les plus forts ?
00:29:14Non, c'est moi.
00:29:15Mais comment il se comporte
00:29:16dans le box,
00:29:17vous qui le voyez
00:29:17tous les jours à l'audience ?
00:29:19Qu'est-ce qui vous frappe ?
00:29:19Comment il encaisse,
00:29:20Cédric Jubilard ?
00:29:22Moi, je le trouve
00:29:22assez extérieur à ça.
00:29:24On a parfois l'impression
00:29:25que ce n'est pas son procès.
00:29:27Il n'est aussi
00:29:27pas énormément interrogé
00:29:29par la présidente
00:29:30de la Cour d'assises.
00:29:30Il y a des moments
00:29:33d'interrogatoire,
00:29:34mais ce n'est pas tous les jours.
00:29:36Il y aura un interrogatoire
00:29:37récapitulatif
00:29:38qui sera vendredi prochain.
00:29:40Mais c'est vrai
00:29:40qu'on le sent assez détaché.
00:29:42Après, on imagine,
00:29:43tout le monde a une stratégie
00:29:44dans un procès d'assises.
00:29:45On imagine qu'il y a
00:29:45une stratégie des avocats généraux.
00:29:47Il y en a une aussi
00:29:47de la Défense.
00:29:48Ça en fait peut-être partie
00:29:50d'avoir briefé Cédric Jubilard
00:29:52et lui avait dit
00:29:52d'avoir dit
00:29:53circonscrit ton discours.
00:29:56Le moins tu en dis,
00:29:57pour l'instant,
00:29:57le mieux c'est vrai.
00:29:58Je revendis sur ce que disait
00:29:59madame.
00:29:59Durant l'instruction,
00:30:00il a été dit
00:30:01dans une expertise,
00:30:02il bétonne.
00:30:04Il bétonne.
00:30:04Ça veut dire quoi ?
00:30:05Le discours.
00:30:06Il circonscrit.
00:30:07C'est cloisonné.
00:30:10Il faut qu'on raconte
00:30:11quand même à ceux
00:30:12qui nous écoutent.
00:30:12C'est que pendant
00:30:13le procès d'assises,
00:30:14lui, il va être entendu.
00:30:15Ça va être vendredi.
00:30:15Ça va être l'interrogatoire
00:30:18de Cédric Jubilard.
00:30:19Final.
00:30:20Mais ça veut dire aussi
00:30:21que la présidente,
00:30:21pendant les débats,
00:30:22quand un expert vient parler,
00:30:24quand un ami vient parler,
00:30:26quelqu'un de sa famille,
00:30:27elle peut se tourner vers lui
00:30:28et lui dire
00:30:28vous avez quelque chose
00:30:29à répondre.
00:30:29Elle ne le fait pas.
00:30:30Elle ne lui donne pas la parole.
00:30:31Elle lui donne la parole
00:30:32à des moments précis.
00:30:33Quand les partis civils
00:30:34ont parlé mardi,
00:30:36elle lui a donné la parole
00:30:37mardi en début d'après-midi
00:30:38à la suite de ce qui avait été dit
00:30:40des dépositions du matin.
00:30:42Voilà.
00:30:42C'est circonscrit sur des moments.
00:30:43Ce n'est pas
00:30:44à l'interroger tout le temps.
00:30:45Par contre,
00:30:46les avocats de la partie civile
00:30:47peuvent se signaler
00:30:49pour interagir
00:30:50avec Cédric Jubilard.
00:30:52Alors c'est important
00:30:52ce que vous nous dites
00:30:53parce que cette semaine,
00:30:54Brice,
00:30:55on disait en préparant
00:30:56cette émission
00:30:56avec Delphine tout à l'heure,
00:30:57c'est la semaine de tous les dangers
00:31:04puisque cette semaine,
00:31:05quand même,
00:31:06il y a des témoins
00:31:06qui vont venir
00:31:07et qui sont des témoins importants.
00:31:09Racontez-nous un peu
00:31:09qui va venir cette semaine.
00:31:10Oui, ça va être un tournant
00:31:11puisque demain,
00:31:12on aura Donagent,
00:31:13donc c'est l'amant de Delphine.
00:31:16La Défense aurait aimé
00:31:18en faire un suspect numéro 2,
00:31:19donc ça sera intéressant
00:31:20de l'entendre
00:31:21parce que, voilà,
00:31:22il a été émis.
00:31:23Jean, c'est celui qui fait
00:31:24de Cédric le cocu de l'histoire.
00:31:25Donc surtout,
00:31:26c'est la première fois
00:31:27que Cédric Jubilard
00:31:28et l'amant de sa femme
00:31:29vont se voir physiquement
00:31:31et vont,
00:31:32on l'espère,
00:31:32avoir des choses à dire.
00:31:33Oui, de mémoire,
00:31:34il n'y a pas eu de confrontation
00:31:35dans le bureau du juge d'instruction.
00:31:37Donc effectivement,
00:31:38ça va être intéressant
00:31:39de l'entendre,
00:31:40de les entendre.
00:31:41On aura aussi
00:31:42les deux voisines
00:31:44qui ont entendu
00:31:44les fameux cris dans la nuit.
00:31:45Ça, ça sera lundi après-midi.
00:31:47C'est important.
00:31:48C'est un indice
00:31:49de témoignage
00:31:50qui va être très important
00:31:52pour l'accusation.
00:31:53Puisqu'il y a discussion sur l'heure.
00:31:55Il va être attaqué,
00:31:56cet indice,
00:31:57par la Défense,
00:31:58automatiquement.
00:32:00On a qui encore, Brice ?
00:32:01Et alors, mardi,
00:32:02je crois qu'on va avoir
00:32:03un expert sur la condensation.
00:32:04La condensation,
00:32:05c'est un expert
00:32:06qui va venir expliquer
00:32:07que la buée
00:32:08dans le véhicule,
00:32:10ce n'est pas anodin,
00:32:11ce n'est pas de la rosée.
00:32:13Il devrait venir expliquer ça.
00:32:14C'est ce qui a été documenté
00:32:15dans l'instruction.
00:32:16Il va venir tenter d'expliquer
00:32:17ce qu'est cette condensation
00:32:21dans le véhicule des Jubilars.
00:32:23C'est un indice technique aussi
00:32:24qui va être,
00:32:25à mon avis, intéressant.
00:32:26Et puis, on aura...
00:32:28La mère de Cédric
00:32:29va intervenir également.
00:32:30Mercredi, avec le beau-père.
00:32:32Mercredi.
00:32:32Et puis, les co-détenus dont...
00:32:34Alors, mystère,
00:32:35est-ce qu'il sera là ?
00:32:36Est-ce qu'il ne sera pas là ?
00:32:36Le fameux Marc Aurel.
00:32:38Est-ce qu'il viendra au procès ?
00:32:40Il a déposé...
00:32:41Voilà, c'est documenté
00:32:42dans l'instruction
00:32:43ce qu'il a raconté.
00:32:44Mais est-ce qu'il viendra
00:32:45s'exprimer à l'audience ?
00:32:47Rien n'est moins sûr.
00:32:47Pour l'instant,
00:32:48on n'en a pas la certitude.
00:32:49Parce qu'il est au Portugal.
00:32:50Il est au Portugal, absolument.
00:32:51Il y aura les co-détenus
00:32:52de Cédric Jubilars,
00:32:53donc plusieurs personnages
00:32:55qui étaient au quartier
00:32:56en détention avec lui,
00:32:58donc à Seyce,
00:32:59à la prison de Seyce,
00:33:00donc à l'isolement.
00:33:02Puis les anciennes petites amies,
00:33:03Séverine,
00:33:04Jennifer,
00:33:05qu'on a largement entendu ici,
00:33:07et puis l'interrogatoire final vendredi.
00:33:09Et les voisins aussi,
00:33:10Brice,
00:33:11les voisins qui ont vu la voiture ?
00:33:12Oui, ça c'est mardi, je crois.
00:33:13C'est mardi.
00:33:14Effectivement, il y a les voisins
00:33:15qui arrivent dans le mauvais sens, Pauline.
00:33:16Je vais juste faire un petit tour
00:33:17à Toulouse
00:33:18pour retrouver Jean-Wilfrid Forkest.
00:33:19Vous, la semaine 3,
00:33:20Jean-Wilfrid,
00:33:21qu'est-ce que vous attendez le plus ?
00:33:23Est-ce que le face-à-face
00:33:24avec l'amant de Delphine,
00:33:27ça va être un temps fort ?
00:33:28En tout cas,
00:33:29c'est quelque chose
00:33:29qui est très attendu
00:33:30par la Cour d'Assise.
00:33:33Oui, parce que,
00:33:34vous le rappeliez en plateau,
00:33:35ces deux hommes
00:33:36ne se sont jamais rencontrés.
00:33:38L'amant et Cédric Jubilard
00:33:40ne connaissent pas.
00:33:43Et ça serait...
00:33:46À 10 mètres,
00:33:48la confrontation que l'on attend,
00:33:51que vont-ils se dire ?
00:33:51On verra ça à la barre de main.
00:33:53Très important,
00:33:54je vous entendais parler
00:33:55des voisines.
00:33:56Les voisines sont attendues
00:33:58à la barre demain après-midi.
00:33:59Et effectivement,
00:34:00ce sont ces fameux cris.
00:34:01Elles sont situées
00:34:02à 130 mètres,
00:34:04très exactement,
00:34:05on l'a vu au cours
00:34:06de la reconstitution,
00:34:07à 130 mètres
00:34:08du domicile des Jubilards.
00:34:10Et à la sortie du film,
00:34:11elles vont sur leur terrasse
00:34:12pour fumer une cigarette.
00:34:13Elles entendent
00:34:14ces fameux cris.
00:34:15Est-ce qu'elles vont toujours
00:34:16avoir le même discours,
00:34:17tenir la même version ?
00:34:18Ça sera très intéressant.
00:34:19Et puis, bien sûr,
00:34:20Jennifer.
00:34:21Jennifer attendue à la barre jeudi,
00:34:23ça c'est très important
00:34:24puisque c'est cette rencontre
00:34:25au parloir avec Jennifer,
00:34:26la deuxième compagne
00:34:27de Cédric Jubilard.
00:34:29C'est à elle qu'il dit
00:34:30Delphine,
00:34:32j'en pouvais plus,
00:34:33je l'ai étouffée
00:34:33et je l'ai enterrée
00:34:34quelque part dans le secteur.
00:34:36Est-ce qu'elle va
00:34:36renouveler ses propos ?
00:34:38Que va dire Jubilard ?
00:34:39Ça, ça va être
00:34:40effectivement
00:34:41très intéressant
00:34:42jeudi après-midi.
00:34:43Évidemment,
00:34:43l'interrogatoire
00:34:44final de Jubilard
00:34:47à partir de jeudi après-midi
00:34:48et certainement vendredi,
00:34:49c'est super important
00:34:50parce que ça sera certainement
00:34:51la dernière fois
00:34:52que Cédric Jubilard
00:34:53aura la parole
00:34:54puisqu'ensuite,
00:34:55la semaine prochaine,
00:34:56la semaine 4 justement,
00:34:57ce seront les plaidoiries
00:34:59des partis civils,
00:35:00le réquisitoire,
00:35:01les plaidoiries de la défense
00:35:01et dans la foulée,
00:35:02le verdict.
00:35:03Merci beaucoup Jean-Wilfrid
00:35:04de la difficulté
00:35:05d'être juré dans ce procès.
00:35:07On en parlait avec Dominique
00:35:08cette semaine
00:35:08dans les couloirs de la rédaction.
00:35:09Comment se forger
00:35:10cette intime conviction ?
00:35:12Il y a plein de petits cailloux,
00:35:13il y a des ressentis d'audience
00:35:14mais est-ce qu'on peut dire
00:35:15que là,
00:35:16on est au milieu du procès,
00:35:17il n'y a pas encore
00:35:17de bascule véritable du procès ?
00:35:19Donc ça doit être
00:35:20la tempête dans leur crâne.
00:35:21Comment est-ce que
00:35:21vous les voyez à l'audience ?
00:35:23Comment ils interagissent ?
00:35:25Est-ce qu'ils prennent des notes ?
00:35:26Est-ce qu'ils sont très attentifs ?
00:35:27Racontez-nous.
00:35:27Attentifs et silencieux,
00:35:28ils prennent des notes
00:35:29et j'imagine qu'ils sont aussi
00:35:31accompagnés par la présidente
00:35:33du tribunal et ses assesseurs
00:35:35pour essayer d'être au plus près
00:35:36de ce que la justice réclame,
00:35:38à savoir sur quel quantum de peine,
00:35:40pour quelle infraction.
00:35:41Est-ce que là,
00:35:41il a menti ?
00:35:42Vous l'avez observé.
00:35:43Ils ne doivent pas influencer trop.
00:35:45Je pense que chacun a sa stratégie.
00:35:47Ça, c'est plus un juge du siège
00:35:48qui doit nous répondre.
00:35:49Mais oui, là,
00:35:50on est au milieu du guet
00:35:51et je n'aimerais pas être à leur place.
00:35:53Pour l'instant,
00:35:54c'est le juge bilard
00:35:55les pieds dans l'eau
00:35:56mais il n'a pas la tête sous l'eau.
00:35:58Est-ce qu'il y a une bascule nette ?
00:36:00Est-ce qu'il n'y a pas de bascule ?
00:36:01Comment est-ce que vous voyez les choses ?
00:36:03Il n'y en aura peut-être pas.
00:36:04Cette semaine va être décisive.
00:36:06Effectivement,
00:36:06il y a une première semaine
00:36:07plutôt favorable à la défense.
00:36:10Une deuxième à l'accusation.
00:36:12En tout cas,
00:36:12ça a été très dur.
00:36:13Il a passé quand même une sale semaine.
00:36:15C'est vrai que j'ubilard
00:36:15et on a dit beaucoup de mal de lui.
00:36:17On a aussi parlé de ses mensonges,
00:36:19de ses incohérences dans son récit.
00:36:21Ce n'est pas juste
00:36:22une histoire de comportement.
00:36:23C'est aussi les incohérences du récit
00:36:24qui ont été soulevées
00:36:25pendant toute cette semaine.
00:36:26Et ça,
00:36:27je pense que c'est maintenant
00:36:28la troisième semaine,
00:36:29dira la messe.
00:36:31Est-ce qu'il peut le faire craquer ?
00:36:33Pour l'instant,
00:36:34rien ne l'a fait craquer.
00:36:35Et puis,
00:36:37doit-il craquer ?
00:36:38Est-ce que sa mère,
00:36:40il y a quelque chose à jouer avec sa mère ?
00:36:42Il y a des rapports compliqués ?
00:36:43Il lui a dit des choses ?
00:36:46On sait que la construction familiale
00:36:47est assez chaotique.
00:36:48Est-ce que ça,
00:36:48ça peut être un levier ?
00:36:50Oui, d'ailleurs,
00:36:50il y a les expertises psy
00:36:51en fin de semaine
00:36:52qui vont être intéressantes
00:36:53parce qu'il y a un vécu abandonnique
00:36:54de Cédric Jubilard.
00:36:55Est-ce que ça a joué
00:36:56dans son possible passage à l'acte ?
00:36:57S'il y a eu passage à l'acte,
00:36:58parce qu'on va rester quand même prudents
00:36:59sur ce qui s'est passé.
00:37:01Aujourd'hui,
00:37:01il est présumé innocent.
00:37:03Sa mère,
00:37:04en garde à vue,
00:37:05elle a été entendue.
00:37:07C'était entre le 16 et le 18 juin 2021,
00:37:10je crois.
00:37:11Elle lui a dit
00:37:12« Mais dis,
00:37:13si tu as fait quelque chose,
00:37:13dis-le. »
00:37:14Il n'a jamais craqué.
00:37:15Pourquoi il craquerait aujourd'hui ?
00:37:17Le regard sur les femmes
00:37:18d'un gamin abandonné par sa mère,
00:37:20qu'est-ce que ça change ?
00:37:22Ça peut changer quelque chose ?
00:37:24Alors,
00:37:24être abandonné,
00:37:26oui,
00:37:27ça...
00:37:27Il a été balotté.
00:37:28Il n'a pas été abandonné.
00:37:29Il a été placé en foyer
00:37:30dans une famille d'accueil.
00:37:31Il est revenu,
00:37:32il est reparti.
00:37:32Il y a une construction chaotique.
00:37:33Elle ne s'en est quand même
00:37:34pas très bien occupée de son fils.
00:37:36Donc,
00:37:37en tout cas,
00:37:39comment dirais-je ?
00:37:40C'est toujours la question du vécu,
00:37:43la représentation de quelque chose.
00:37:44C'est-à-dire qu'il y a eu des faits
00:37:46et comment l'enfant, lui,
00:37:48a vécu ces faits.
00:37:49Et il va se construire sur ce vécu-là,
00:37:52qui est un vécu à lui.
00:37:53C'est-à-dire qu'en fait,
00:37:54il n'y a pas des faits objectifs.
00:37:55Il y a des faits objectifs,
00:37:56mais après,
00:37:57comment il les a interprétés,
00:37:59comment il les a vécus
00:38:00et qu'est-ce qui se passe ?
00:38:02En fait,
00:38:02c'est sa construction
00:38:03qui va venir nous le dire.
00:38:05Donc,
00:38:05qu'est-ce qu'on voit
00:38:05de sa construction aujourd'hui ?
00:38:06En fait,
00:38:07sur toutes les auditions
00:38:10qu'on a eues,
00:38:11j'ai été, moi,
00:38:12frappée par le fait
00:38:13qu'on n'a eu quasiment
00:38:15aucune personne
00:38:17qui est venue dire
00:38:18quelque chose de bien sur lui.
00:38:19Quasiment aucune.
00:38:21Donc,
00:38:21c'est quand même très étrange.
00:38:23Mais qu'est-ce qu'on voit ?
00:38:23On voit quelqu'un
00:38:24qui est dominateur.
00:38:25On voit quelqu'un
00:38:26qui ne supporte pas
00:38:27la frustration
00:38:29dès que quelque chose
00:38:30l'embête.
00:38:32En fait,
00:38:33c'est de la colère
00:38:34qui sort,
00:38:35c'est de la punition,
00:38:36c'est...
00:38:37Il ne peut pas du tout
00:38:38être dans un rapport
00:38:39d'égalité et de confiance
00:38:40vis-à-vis de l'autre.
00:38:43Demain,
00:38:43il va être confronté.
00:38:45Alors,
00:38:46je ne sais pas
00:38:46si la présidente du tribunal
00:38:47va vraiment
00:38:49les confronter ou pas,
00:38:50mais en tout cas,
00:38:50il va y avoir
00:38:50des regards
00:38:51entre l'amant
00:38:52et le mari.
00:38:55Et il est fort probable
00:38:57que dans notre imaginaire
00:38:59à nous,
00:38:59on se dit
00:39:00bon,
00:39:00il y en a un
00:39:01qui est quand même
00:39:02dans un box d'accusés,
00:39:04certes,
00:39:04pour l'instant,
00:39:05présumé innocent,
00:39:06mais on est en train de loger
00:39:07et il y a l'autre
00:39:07qui est libre.
00:39:08Mais dans la tête
00:39:09de Jubilard,
00:39:10non.
00:39:11Probablement
00:39:12que si cet homme
00:39:13est vraiment
00:39:15le meurtrier
00:39:16de sa femme,
00:39:17eh bien,
00:39:18dans tout ce profil
00:39:19qu'on a,
00:39:20on aura quelqu'un
00:39:20qui dira,
00:39:21qui regardera l'autre
00:39:22en disant
00:39:23je te l'ai enlevé.
00:39:25Et donc,
00:39:25en fait,
00:39:26ça peut être explosif.
00:39:28Oui,
00:39:29alors soit quelque chose
00:39:30sortira,
00:39:31ça serait intéressant
00:39:31parce que ça,
00:39:33par contre,
00:39:34comme il a besoin
00:39:35de toute puissance
00:39:36et qu'il a besoin
00:39:37d'être dans le contrôle
00:39:38et là,
00:39:39il va y avoir
00:39:40un débat
00:39:43de coq.
00:39:43Mais ce qui manque
00:39:44un peu dans ce procès,
00:39:45on a l'impression,
00:39:45c'est ce jaillissement,
00:39:47c'est ces éclats
00:39:47de vérité
00:39:48qui arrivent dans les assises,
00:39:49on ne les a pas là.
00:39:50Donc comment on le fait ?
00:39:51Je ne sais pas
00:39:52si ça peut aider
00:39:53à comprendre,
00:39:53mais il y a aussi
00:39:53l'accusation
00:39:54qu'on entendra
00:39:55cette semaine,
00:39:55je crois qu'il ne faut
00:39:56pas l'oublier,
00:39:57les deux avocats généraux
00:39:58qui vont devoir
00:39:59ficeler
00:40:00le scénario criminel,
00:40:03la frise du temps,
00:40:04comment dans leur analyse
00:40:06il y a pu avoir
00:40:08passage à l'acte
00:40:08puisque c'est quand même
00:40:09la théorie de l'accusation,
00:40:10ce sera un moment important.
00:40:10Ça,
00:40:11c'est la semaine 4
00:40:11quand il y aura le réquisitoire
00:40:12ou vous pensez que...
00:40:13Ça sera aussi important,
00:40:16cette semaine 4,
00:40:17il y a quand même
00:40:17l'accusation
00:40:18qui va devoir s'exprimer.
00:40:19On parle beaucoup
00:40:20des participants,
00:40:20on parle de la défense.
00:40:21Vous avez raison
00:40:22de ne pas les oublier.
00:40:22Il y a aussi
00:40:23deux avocats généraux
00:40:24qui ont déjà condamné
00:40:26des hommes
00:40:27dans des procès
00:40:27où il n'y avait
00:40:28ni corps,
00:40:29ni aveux.
00:40:29Oui,
00:40:29c'est possible.
00:40:31C'est vrai.
00:40:32On a dit,
00:40:33Brice,
00:40:34il est dans le box,
00:40:36il y a ses avocats
00:40:37devant lui,
00:40:37vous avez dit,
00:40:38il n'a plus personne.
00:40:38Sa mère ne parle plus,
00:40:40ses gamins ne veulent plus
00:40:40lui parler,
00:40:41personne ne veut lui parler,
00:40:42on ne dit que du mal de lui.
00:40:44Est-ce qu'avant
00:40:44de répondre à une question
00:40:45quand on lui en pose une,
00:40:47il se penche vers ses avocats
00:40:48pour...
00:40:49On se demandait ça
00:40:50avec Pauline
00:40:50en préparant l'émission,
00:40:51on se disait,
00:40:52est-ce que nous,
00:40:53on n'a pas eu la chance
00:40:53encore d'aller à l'audience,
00:40:54on a débloqué,
00:40:55il s'en plaît,
00:40:55comment on va y aller ?
00:40:56Mais est-ce qu'il se penche
00:40:57vers ses avocats ?
00:40:58Est-ce qu'avant de répondre,
00:40:58il regarde ses avocats,
00:40:59est-ce qu'il a le droit
00:41:00de faire ça ?
00:41:01Avant l'audience,
00:41:02il répond directement
00:41:03quand il est interrogé.
00:41:06Par contre,
00:41:06les réponses
00:41:07sont souvent
00:41:08assez courtes.
00:41:11Les avocats
00:41:12se tournent vers lui,
00:41:13eux ?
00:41:13Pas forcément,
00:41:14non,
00:41:14je ne l'ai pas trouvé
00:41:16tenu en laisse
00:41:18ou très très briefé
00:41:19au moment de répondre.
00:41:20Tenu en laisse,
00:41:20j'aime bien le terme.
00:41:23Le discours est circonscrit.
00:41:25Il sait ce qu'il a à dire.
00:41:27La présidente a eu
00:41:28à le lui reprocher.
00:41:30Il va falloir développer
00:41:31un peu M. Jubilard.
00:41:32Mais les avocats
00:41:33ont le droit
00:41:34de donner des consignes
00:41:36à leur client
00:41:37Ils peuvent même
00:41:37faire du coaching
00:41:38et les briefer avant.
00:41:39En disant,
00:41:40vous répondez comme ça.
00:41:41Oui, mais plutôt
00:41:42avant l'audience.
00:41:42C'est un peu compliqué.
00:41:45On reprend deux minutes
00:41:45la direction de Toulouse.
00:41:47Jean-Wilfrid,
00:41:48vous vouliez apporter
00:41:48une précision
00:41:49concernant l'accusation.
00:41:52Oui, ça va être
00:41:52plus court que deux minutes.
00:41:54Je vais faire très très court.
00:41:55Effectivement,
00:41:56on parle beaucoup
00:41:56avec les avocats
00:41:57des partis civils,
00:41:58les avocats de la défense
00:41:59de la charge,
00:42:00de la culpabilité.
00:42:02Et j'ai échangé
00:42:02cette semaine
00:42:03avec les avocats
00:42:04de la défense
00:42:05qui me disent
00:42:05pour l'instant,
00:42:06l'accusation
00:42:07n'a toujours pas apporté
00:42:09la preuve
00:42:11de la culpabilité
00:42:12de jubilard.
00:42:13On imagine un peu
00:42:14le mobile,
00:42:15mais la preuve
00:42:16n'est toujours pas apportée.
00:42:17On est toujours
00:42:18sur ce faisceau
00:42:19d'indices graves
00:42:20et concordants.
00:42:21Et j'écoutais
00:42:22Brice,
00:42:23qui suit ce procès
00:42:24également à Albi,
00:42:25il parlait
00:42:25de friser la situation.
00:42:27Effectivement,
00:42:28on a des éléments
00:42:29qui sont mis
00:42:30bout à bout,
00:42:31mais ça sera intéressant
00:42:32d'écouter
00:42:33peut-être cette semaine,
00:42:34mais surtout
00:42:35la semaine prochaine
00:42:36à l'occasion
00:42:37de leur réquisitoire,
00:42:38les deux avocats généraux.
00:42:39Comment ils vont
00:42:40monter le mécano,
00:42:42comment ils vont
00:42:42emboîter les légos
00:42:44de cette histoire ?
00:42:45Pour l'instant,
00:42:45on a des éléments,
00:42:46beaucoup d'éléments
00:42:47à charge et à décharge.
00:42:49Ce qui sera important,
00:42:50c'est l'assemblage,
00:42:50l'assemblage final
00:42:51pour le réquisitoire
00:42:53avec les deux avocats généraux
00:42:54et pour la défense
00:42:55pour essayer de sauver
00:42:57entre guillemets
00:42:58Cédric Jubilard.
00:42:59Merci Jean-Louis Lefride
00:43:00et pour surtout
00:43:01que ces jurés
00:43:03arrivent à se forger
00:43:04cette intime conviction
00:43:05parce qu'il faut le rappeler,
00:43:06il y a un délibéré
00:43:07et ça va être compliqué.
00:43:10Moi, franchement,
00:43:10j'y pensais encore
00:43:11cette semaine.
00:43:13Il y a beaucoup
00:43:13de questionnements,
00:43:14j'imagine.
00:43:14Le doute doit profiter
00:43:15à l'accusé
00:43:16et là, pour l'instant,
00:43:17on n'y est pas complètement.
00:43:18Bien sûr.
00:43:19Et avant ça,
00:43:19l'avocat général,
00:43:20vous l'avez dit,
00:43:21il va se lever
00:43:21et Jean-Louis Lefride
00:43:23l'a dit aussi
00:43:23vont se lever
00:43:24en disant
00:43:25« Monsieur, dans le boxe,
00:43:27vous, je vous soupçonne
00:43:28ou je vous accuse
00:43:30d'avoir tué votre femme
00:43:31dans la nuit
00:43:31du 15 au 16 décembre. »
00:43:32Parce que, parce que, parce que.
00:43:34Voilà.
00:43:34En telles circonstances
00:43:35parce que
00:43:36ces éléments-là
00:43:38nous laissent penser
00:43:39que les lunettes,
00:43:40la couette,
00:43:41la voiture à l'envers,
00:43:42la buée dans la voiture,
00:43:44le podomètre,
00:43:45la situation familiale,
00:43:47la menace de divorce,
00:43:48qu'elle qu'il y avait
00:43:49de l'argent d'honneur.
00:43:49Et c'est là où, concrètement,
00:43:50pour les téléspectateurs,
00:43:51les deux avocats généraux
00:43:52vont monter la fusée.
00:43:53C'est-à-dire qu'ils vont
00:43:54faire de l'assemblage,
00:43:55comme disait Jean Wilfrid,
00:43:56c'est tout à fait ça.
00:43:57Et donc, il y a une première brique,
00:43:58une deuxième brique.
00:43:59Et au final, normalement,
00:44:01avec leur démonstration,
00:44:02tout doit poindre
00:44:03vers leur thèse,
00:44:04c'est-à-dire
00:44:04démontrer la culpabilité
00:44:06de Cédric Jubilat.
00:44:06Mais là, on a l'impression
00:44:07qu'on est au début des briques.
00:44:09Et en droit français,
00:44:10sauf, corrigez-moi
00:44:11si je me trompe,
00:44:12mais les indices graves
00:44:13et concordants
00:44:14mis bout à bout,
00:44:14ça fait la preuve.
00:44:15Oui.
00:44:16Ça convainc ou non.
00:44:18Voilà.
00:44:18Les jurés,
00:44:19donc, leur intime conviction,
00:44:21c'est ça.
00:44:22Et on le rappelle,
00:44:23le verdict est attendu
00:44:24le 17 octobre à lui.
00:44:27Nous, on va essayer
00:44:27de vous le faire vivre
00:44:28en direct sur BFMTV.
00:44:30C'est vrai que c'est
00:44:31quatre semaines.
00:44:32Est-ce que ce n'est pas
00:44:32énorme comme audiencement,
00:44:34vous qui avez quand même
00:44:35l'habitude des cours d'assises,
00:44:36quatre semaines
00:44:36pour une histoire
00:44:37effectivement inouïe ?
00:44:41Est-ce que ce n'est pas
00:44:41quand même beaucoup
00:44:42en termes de jours d'audience ?
00:44:44C'est surtout difficile
00:44:45à analyser.
00:44:45On a du mal
00:44:46à en voir le bout.
00:44:47On voit une semaine,
00:44:47on se dit
00:44:48voilà comment ça tourne.
00:44:49On voit que la deuxième
00:44:49tourne autrement.
00:44:50C'est un marathon,
00:44:53je pense,
00:44:54déjà pour les participants,
00:44:55pour les acteurs.
00:44:57On a du mal
00:44:57à voir ce qu'ils vont en sortir.
00:44:59Et quatre semaines,
00:45:00je pense que c'est
00:45:00à la hauteur
00:45:00de la médiatisation
00:45:01de cette affaire.
00:45:02Ah, c'est le critère,
00:45:03c'est la médiatisation ?
00:45:04Et du nombre de cotes.
00:45:05Cette enquête a duré
00:45:06quatre ans.
00:45:06On parlait en début
00:45:07de l'intervention
00:45:08de est-ce que l'enquête
00:45:09est ratée ou pas.
00:45:10Moi, je ne suis pas
00:45:10en mesure de le dire
00:45:12si elle a été ratée.
00:45:13Ce que je sais,
00:45:13c'est qu'il y a 15 000 cotes
00:45:14de procédure,
00:45:15quatre ans et demi
00:45:16d'enquête,
00:45:18deux suppléments
00:45:18d'information.
00:45:21Elle a été faite,
00:45:21l'enquête, en tout cas.
00:45:22Bien ou pas,
00:45:22je ne sais pas,
00:45:23mais elle a été faite,
00:45:23sérieusement.
00:45:24On rappelle ce qu'on dit
00:45:25tout le temps,
00:45:25c'est que Ranucci
00:45:26a été condamné,
00:45:28jugé, condamné,
00:45:29guillotiné
00:45:30en deux jours,
00:45:31trois jours.
00:45:32Je revérisse.
00:45:33Là, on a quatre semaines.
00:45:34Donc, normalement,
00:45:35on peut aller au fond des choses.
00:45:36Normalement,
00:45:36on peut éclairer tout ça.
00:45:38Mais là,
00:45:38je ne sais pas comment dire,
00:45:39on a le sentiment,
00:45:39mais moi,
00:45:40j'aime bien vos métaphores.
00:45:41Ça frise,
00:45:41ça bétonne,
00:45:42ça patine,
00:45:43je ne sais pas où on en est.
00:45:44Mais en tout cas,
00:45:44on n'a pas encore
00:45:45l'éclat.
00:45:47Oui,
00:45:47mais je crois qu'il faut
00:45:48ce temps-là
00:45:50parce qu'il s'agit
00:45:51de se forger
00:45:52une intime conviction.
00:45:53Exactement.
00:45:53Et je crois que
00:45:54dans la mesure
00:45:56où c'est quelque chose
00:45:57qui doit résonner en nous,
00:46:00parce que se forger
00:46:00une intime conviction,
00:46:02ce n'est pas sur
00:46:02une parole,
00:46:03un fait,
00:46:04et hop,
00:46:05en 48 heures,
00:46:05ça y est,
00:46:06j'ai pris ma décision.
00:46:08Eh bien,
00:46:08je crois que
00:46:09ce temps de l'élaboration,
00:46:11notamment pour les jurés
00:46:12et puis aussi
00:46:13pour la Cour,
00:46:14pour le Président,
00:46:16ses assesseurs,
00:46:17c'est-à-dire qu'ils ont
00:46:18probablement déjà
00:46:20eu une idée,
00:46:21mais je crois
00:46:22que c'est le temps nécessaire
00:46:23d'arriver à une décision
00:46:25et de dire
00:46:26je suis intimement convaincue
00:46:29et donc
00:46:29je suis tranquille
00:46:31quant à ma décision,
00:46:33quant à celle
00:46:33que je vais donner
00:46:34pour le jugement
00:46:36de cet homme.
00:46:37et je crois que ça,
00:46:38c'est très important,
00:46:39surtout pour des jurés,
00:46:40dans des cas
00:46:41où on n'a pas de corps,
00:46:42justement,
00:46:43en tout cas,
00:46:44pas encore,
00:46:44de pouvoir dire
00:46:46bon,
00:46:46j'ai été jusqu'au bout
00:46:48de mon champ du possible,
00:46:50c'est-à-dire que
00:46:50je peux dormir tranquille,
00:46:52je n'ai rien laissé au hasard,
00:46:53j'ai pris le temps,
00:46:54j'ai écouté,
00:46:55j'ai réfléchi,
00:46:56j'ai entendu tout le monde
00:46:57et là,
00:46:58oui,
00:46:59mon opinion,
00:46:59c'est celle-là
00:47:00et je peux maintenant
00:47:01dormir tranquille.
00:47:02Ça,
00:47:02c'est important.
00:47:03Mais là,
00:47:03je ne suis pas sûre
00:47:03qu'ils dorment tranquille,
00:47:04les jurés
00:47:05parce que le procès,
00:47:05encore une fois,
00:47:06est très ouvert.
00:47:07Oui,
00:47:07absolument
00:47:08et puis,
00:47:08il y a déjà
00:47:09la trace
00:47:10que laisse l'histoire
00:47:12et que va laisser
00:47:13l'histoire
00:47:14et le procès jubilard
00:47:15dans la chronique judiciaire
00:47:18et dans l'histoire
00:47:19des dossiers judiciaires
00:47:21et je ne suis pas sûr
00:47:22que pour ceux
00:47:23qui jugent cette affaire,
00:47:24ce n'est pas une affaire
00:47:24qui est jugée
00:47:25au fin fond
00:47:25de la Saône-et-Loire,
00:47:27chère à mon cœur,
00:47:28du cher de la Creuse
00:47:29ou du Calvados
00:47:30et je n'ai rien
00:47:31contre ces départements,
00:47:32ces petits départements,
00:47:33que là,
00:47:35ça va être quand même
00:47:36l'histoire
00:47:37dont on va continuer
00:47:38à parler.
00:47:38Et puis,
00:47:39quoi qu'il arrive,
00:47:39quelle que soit la décision,
00:47:40il y aura un deuxième match,
00:47:41on le sait.
00:47:42C'est à craindre.
00:47:43C'est à craindre.
00:47:43On va en parler encore
00:47:44pendant longtemps.
00:47:45Oui.
00:47:46Parce que le mystère
00:47:46est encore assez épais,
00:47:47finalement.
00:47:49Ça sera une vérité judiciaire
00:47:50dans deux semaines.
00:47:52La première.
00:47:53La première.
00:47:54Mais est-ce que ça sera...
00:47:56Ça sera l'aboutissement judiciaire.
00:47:58La vérité judiciaire,
00:48:00c'est la vérité.
00:48:01Dominique.
00:48:01n'est-ce pas ?
00:48:02Merci.
00:48:03Et ça veut dire que si,
00:48:04bon,
00:48:04de toute façon,
00:48:05on rappelle à ceux
00:48:06qui nous écoutent,
00:48:07s'il est acquitté,
00:48:08il y aura un autre procès
00:48:09parce que le parquet
00:48:10va faire appel
00:48:10de l'acquittement.
00:48:11Vraisemblablement.
00:48:12S'il est condamné,
00:48:13il y aura un autre procès
00:48:14parce que lui
00:48:14va faire appel
00:48:15de sa condamnation.
00:48:17Donc, ça intervient quand
00:48:18et en combien de temps,
00:48:19ça ?
00:48:20Après ?
00:48:21Une année.
00:48:22Une année.
00:48:24Difficile à dire,
00:48:24entre 12 et 18 mois.
00:48:26Encore une année en prison.
00:48:28Nouveau procès.
00:48:30Ailleurs.
00:48:31Ailleurs.
00:48:31À Toulouse, peut-être.
00:48:32Bien sûr, dépaysé.
00:48:34Toulouse.
00:48:35C'est ce qui s'était passé
00:48:35pour Viguier.
00:48:36Absolument.
00:48:36Premier procès à Toulouse.
00:48:38Deuxième inverse.
00:48:40C'est l'inverse.
00:48:40Albi et Toulouse ?
00:48:41Non, Toulouse, puis Albi.
00:48:42Toulouse, puis Albi.
00:48:43Exactement.
00:48:43C'est ça.
00:48:44Bon, merci en tous les cas
00:48:45d'être venu avec nous.
00:48:46Nous, on suivra effectivement
00:48:47cette semaine 3 avec passion
00:48:48et la semaine 4 aussi
00:48:49avec détermination
00:48:51puisque Dominique et moi,
00:48:52on va essayer de descendre
00:48:53à Albi pour la fin du procès.
00:48:55On a fait la direction
00:48:56de la rédaction
00:48:57qu'on va essayer d'aller sur place.
00:48:58L'incroyable contre-enquête
00:49:00à présent des tueurs du Brabant.
00:49:01Nous allons plonger ensemble
00:49:02dans le plus grand
00:49:03cold case d'Europe.
00:49:04Un vrai trauma pour la Belgique.
00:49:05C'était entre 1982 et 1985.
00:49:08Des fusils à démeurtres,
00:49:09des braquages.
00:49:1028 victimes,
00:49:11des dizaines de blessés.
00:49:12Qui sont les tueurs fous du Brabant ?
00:49:14C'est bien la question
00:49:15qui nous occupe aujourd'hui.
00:49:16Rappel des faits
00:49:17avec Pierre-Louis Bousset.
00:49:20Le périple criminel
00:49:21démarre en 1982
00:49:23à Maubeuge
00:49:24lorsqu'un policier est blessé
00:49:25lors du braquage
00:49:26d'une petite épicerie.
00:49:28Le montant du butin
00:49:28est dérisoire
00:49:29mais la violence du casse
00:49:30surprend les autorités françaises.
00:49:33De toute façon,
00:49:33non, c'est pas courant
00:49:34d'avoir,
00:49:35sur un cambriolage,
00:49:37d'avoir affaire
00:49:37à des hommes armés quand même.
00:49:39Si on en arrive là,
00:49:40c'est quand même
00:49:41un peu dommage.
00:49:41Nouveau braquage
00:49:42quelques semaines plus tard
00:49:43dans une armurie belge.
00:49:45Les malfaiteurs
00:49:46tuent sans hésiter
00:49:46un policier municipal.
00:49:48La première victime
00:49:49d'une longue liste funeste.
00:49:52Sont ensuite abattus
00:49:52un veilleur de nuit,
00:49:53un patron de restaurant
00:49:54ou encore un chauffeur de taxi
00:49:56retrouvé mort
00:49:57dans le coffre
00:49:57de sa voiture.
00:49:59En raison de leur méthode
00:49:59particulièrement brutale,
00:50:01les malfrats
00:50:01sont surnommés
00:50:02les tueurs fous du Brabant,
00:50:04une référence
00:50:04à la région
00:50:05autour de Bruxelles
00:50:06où ils ont l'habitude
00:50:07de sévir.
00:50:08A l'automne 1985,
00:50:10les braquages meurtriers
00:50:11reprennent
00:50:12dans trois supermarchés belges.
00:50:14Là encore,
00:50:15la bande n'hésite pas
00:50:15à tirer sur le personnel
00:50:16ou les clients.
00:50:18Les mêmes armes
00:50:19de gros calibre,
00:50:20la même voiture,
00:50:21une Golf GTI,
00:50:22la même détermination meurtrière,
00:50:24tout porte la marque
00:50:25des tueurs fous
00:50:26du Brabant.
00:50:27En moins de quatre ans,
00:50:28cet attelage
00:50:29de meurtriers
00:50:29non identifiés
00:50:30aura fait 28 morts
00:50:32et des dizaines
00:50:32de blessés,
00:50:33dont des enfants.
00:50:35Impossible pour la justice belge
00:50:36de mettre la main
00:50:37sur les criminels.
00:50:38Un procès a bien eu lieu
00:50:39en 1988,
00:50:41mais tous les suspects
00:50:41ont été acquittés.
00:50:43Plus de 40 ans
00:50:43après les faits,
00:50:44la justice belge
00:50:45doit statuer le 28 octobre
00:50:46pour ordonner
00:50:47ou non
00:50:48de nouvelles expertises ADN.
00:50:53Alors,
00:50:53en plateau avec nous,
00:50:54j'accueille avec grand plaisir
00:50:55un acharné de l'enquête,
00:50:56un obstiné,
00:50:57j'ai nommé
00:50:58Jean-Pierre Adam.
00:50:59Vous êtes gendarme,
00:51:00enquêteur
00:51:00et belge de sur quoi
00:51:02ancien commissaire divisionnaire
00:51:03et vous enquêtez
00:51:04sur ce cold case
00:51:05depuis plus de 20 ans.
00:51:06À vos côtés,
00:51:07Patrick Ramel,
00:51:08avocat de 4 familles de victimes
00:51:09et Christelle Brigodeau,
00:51:10journaliste au service
00:51:10poli-justice du Parisien.
00:51:12Vous avez signé
00:51:12plein de papiers
00:51:13et notamment un podcast
00:51:14consacré à ces tueries
00:51:17du Brabant.
00:51:17Alors,
00:51:18Jean-Pierre Adam,
00:51:19qu'est-ce qu'il y a de nouveau
00:51:20dans cette enquête ?
00:51:22Est-ce que vous avez convaincu
00:51:23finalement la justice belge
00:51:24de rouvrir le dossier ?
00:51:26Ce n'est pas moi
00:51:27qui l'ai convaincu,
00:51:28en fait.
00:51:28Vous les avez aidés ?
00:51:29On m'a aidé,
00:51:30oui.
00:51:31Je me suis battu
00:51:32pendant des années
00:51:33et des années
00:51:33à ce sujet-là.
00:51:35Je m'essoufflais,
00:51:36je le reconnais,
00:51:37je m'essoufflais.
00:51:38Et puis,
00:51:38miraculeusement,
00:51:39il y a environ deux ans,
00:51:41on me demande,
00:51:42on m'incite
00:51:43à prendre contact
00:51:44avec Maître Ramel.
00:51:45On me donne
00:51:46ses coordonnées.
00:51:47Ici présent.
00:51:48Je lui téléphone,
00:51:50je lui envoie
00:51:51mon premier livre
00:51:53que j'avais écrit
00:51:54en espérant
00:51:55que la justice belge
00:51:56allait bouger
00:51:57suite à la sortie
00:51:58de ce livre-là.
00:51:59Un livre dans lequel
00:52:00je mets des copies
00:52:02de PV
00:52:03et des copies
00:52:03de rapports officiels,
00:52:05ce qui est interdit
00:52:05ordinairement.
00:52:06C'est une violation
00:52:07au discret
00:52:07de l'instruction,
00:52:09mais j'ai pris le risque.
00:52:10J'ai envoyé le livre
00:52:11à Maître Ramel
00:52:12et je vais vous dire
00:52:13que depuis ce jour-là,
00:52:15ma vie dans l'enquête
00:52:17a changé
00:52:17parce que je n'étais plus seul.
00:52:19Alors,
00:52:20c'est la jonction des forces
00:52:20qui a fait l'arrêt.
00:52:22C'est la jonction des forces
00:52:23qui a fait l'arrêt.
00:52:24Oui,
00:52:24absolument.
00:52:26Comme je vous ai dit,
00:52:27je m'essoufflais,
00:52:28je me retrouvais
00:52:29contre un mur,
00:52:30le mur de la justice belge.
00:52:33Et puis,
00:52:33voilà,
00:52:35subitement,
00:52:35tout a changé.
00:52:37Alors,
00:52:37quels sont les deux malfrats
00:52:38que vous pointez
00:52:39des Français ?
00:52:41Il faut nous expliquer.
00:52:42Christelle,
00:52:42vous allez peut-être
00:52:43pouvoir nous aider.
00:52:43Qui sont ces frères Slimane ?
00:52:45Qui sont-ils ?
00:52:46Que font-ils ?
00:52:46Et pourquoi est-ce que
00:52:47les regards sont maintenant
00:52:48pointés vers eux ?
00:52:50Alors,
00:52:50effectivement,
00:52:51on a deux frères,
00:52:52Thierry et Xavier Slimane.
00:52:54Xavier,
00:52:54c'est l'aîné,
00:52:55Thierry,
00:52:55le petit frère.
00:52:57Et ce sont deux figures
00:52:58du banditisme
00:53:00dans le Charles-Ville-Mézière
00:53:02des années 80.
00:53:03Français.
00:53:04Ils sont tous les deux Français.
00:53:05Ils ont grandi
00:53:06à Charleville
00:53:07et Thierry
00:53:09à le pédigré
00:53:10d'un braqueur
00:53:11très connu localement,
00:53:13très connu
00:53:13dans tout le Grand Est,
00:53:14en fait.
00:53:16Et il se trouve
00:53:17que le nom des Slimane
00:53:18apparaît
00:53:18dès le début
00:53:19des Thierry.
00:53:20C'est ça qui est intéressant.
00:53:22Moi,
00:53:22en tant que journaliste,
00:53:23c'est ce qui m'a interpellée
00:53:24et qui m'a intéressée
00:53:25tout de suite.
00:53:25c'est que
00:53:26dès le deuxième braquage
00:53:28qui concerne
00:53:30une armurerie,
00:53:31l'armurerie Decaise
00:53:32à Wavre
00:53:33en Belgique,
00:53:34il y a un informateur
00:53:35anonyme
00:53:36qui se rend
00:53:37à la gendarmerie
00:53:38en Belgique
00:53:38et qui dénonce
00:53:40Xavier Slimane
00:53:41comme étant
00:53:41l'un des braqueurs.
00:53:42Or,
00:53:43tous les braquages
00:53:44et les Thierry
00:53:45qui vont suivre
00:53:46sont reliés,
00:53:47Jean-Pierre Adam
00:53:48pourra peut-être
00:53:48mieux en parler que moi,
00:53:50ces affaires sont reliées
00:53:51les unes aux autres
00:53:52par des éléments matériels,
00:53:53des preuves
00:53:53balistiques,
00:53:54des voitures,
00:53:55etc.
00:53:55Donc en fait,
00:53:56si on tient
00:53:57un fil,
00:53:58après il faut tirer
00:53:59la pelote
00:53:59et il se trouve
00:54:01que ce fil-là
00:54:01n'a jamais été tiré.
00:54:03Mais Maître Ramel,
00:54:03pourquoi ce fil
00:54:05n'a pas été tiré
00:54:05selon vous ?
00:54:07Alors ça,
00:54:07c'est un grand mystère
00:54:08parce que pour moi,
00:54:10il est tellement évident
00:54:12quand j'ai reçu
00:54:12le livre de Jean-Pierre Adam,
00:54:14ce n'est pas un livre,
00:54:15c'est un procès-herbal
00:54:15de synthèse.
00:54:16Quand vous lisez ça,
00:54:17vous avez presque...
00:54:19J'ai été président
00:54:20de cour d'assises,
00:54:21tout est dit quoi,
00:54:21tout est dit.
00:54:22Mais du coup,
00:54:22vous avez fait quoi
00:54:23avec ce livre ?
00:54:23Vous avez secoué le cocotier,
00:54:24vous avez frappé
00:54:25à toutes les porcs ?
00:54:26Je suis allé déposer
00:54:28une demande de devoir,
00:54:29on appelle ça en Belgique
00:54:31une demande d'acte,
00:54:32ça s'appelle
00:54:32demande de devoir,
00:54:34le jour de la réunion,
00:54:36pour ne pas dire
00:54:37la grand-messe,
00:54:39qui était le 28 juin 2024,
00:54:42où la justice belge
00:54:43annonçait officiellement,
00:54:45à 9h au Parti civil,
00:54:46à 9h30 à la presse,
00:54:48avec des sanglots
00:54:49dans la voie,
00:54:51que tout avait été fait,
00:54:52qu'il n'y avait plus de pistes
00:54:53c'est qu'il fallait
00:54:54qu'on en reste là.
00:54:56Et donc,
00:54:56je suis levé dans la salle
00:54:58quand tous les gens
00:54:59avaient parlé,
00:55:00puisque je me considère
00:55:02comme arrivé récemment.
00:55:05Et je leur ai dit,
00:55:06écoutez,
00:55:06non,
00:55:07je vous ai envoyé
00:55:07une demande d'aide,
00:55:08il y a 14 points à vérifier,
00:55:10vous verrez.
00:55:10On ne va pas s'arrêter là.
00:55:11On ne va pas s'arrêter là.
00:55:12Je suis sorti
00:55:13de la salle d'audience,
00:55:14un journaliste
00:55:15de la RTBF
00:55:16m'a filmé,
00:55:17j'ai pris le contre-pied
00:55:18de tout le monde,
00:55:19qui avait le moral
00:55:20dans les chaussettes,
00:55:20et qui disait
00:55:21c'est une catastrophe,
00:55:22c'est une deuxième mort,
00:55:23etc.
00:55:23Et j'avais dit,
00:55:24moi je suis le seul optimiste
00:55:25dans cette salle,
00:55:26ce dossier ne sera pas clôturé,
00:55:28et vous verrez,
00:55:29on aboutira à la vérité.
00:55:31L'interview n'a pas été diffusée,
00:55:33pourtant je l'avais fait
00:55:3330 secondes
00:55:34pour ne pas qu'elle soit coupée,
00:55:35vous savez.
00:55:35S'il fait que la RTBF,
00:55:36quand elle m'a rappelé
00:55:37pour me dire
00:55:38que mes demandes d'enquête
00:55:39avaient été acceptées,
00:55:41lorsque la journaliste m'appelle,
00:55:43je lui ai dit,
00:55:43c'est quoi la RTBF ?
00:55:44Alors elle s'est demandé
00:55:45si j'étais gâteau.
00:55:47Il fallait juste ressortir
00:55:48les archives.
00:55:49Alors elle m'a dit,
00:55:50est-ce que vous viendriez
00:55:51sur un plateau ?
00:55:51J'ai dit oui,
00:55:52si vous diffusez
00:55:53les 30 secondes avant.
00:55:55Dominique ?
00:55:55Et donc cette histoire,
00:55:56c'est vrai qu'elle est
00:55:57un peu une légende,
00:55:58on en entend parler
00:55:59depuis tellement longtemps
00:56:00des tueurs fous
00:56:01du Brabant belge,
00:56:03qu'on se dit,
00:56:04est-ce que ça a déjà existé ?
00:56:05Puisqu'en fait,
00:56:06il n'y avait absolument rien,
00:56:07personne n'était interpellé,
00:56:09on a l'impression
00:56:09qu'il n'y a même pas d'enquête,
00:56:11et effectivement,
00:56:12Christelle,
00:56:12c'est vos papiers,
00:56:14quand on a lu vos papiers
00:56:15dans le Parmesan.
00:56:15Et la ténacité de Jean-Pierre Hadron.
00:56:16Oui, il faut qu'on y revienne,
00:56:18et donc on a eu l'idée
00:56:20de dire,
00:56:21mais est-ce que ça veut dire,
00:56:23est-ce que ça veut dire en clair
00:56:23que ces gens-là
00:56:24qui sont quand même
00:56:25des sauvages, quoi,
00:56:26ce n'est pas juste
00:56:27des braqueurs de supermarchés,
00:56:28c'est des sauvages,
00:56:29on a raconté,
00:56:31ils tuent 28 personnes,
00:56:32ils vont tirer
00:56:32sur un gamin de 14 ans,
00:56:34le tuer sur un parking,
00:56:35il est sur son vélo,
00:56:36c'est n'importe quoi.
00:56:38Ce n'est pas des braqueurs
00:56:39qui ont l'élégance
00:56:39de braqueurs,
00:56:40ou qui peuvent,
00:56:42sur un,
00:56:42je mets 36 guillemets
00:56:43à malentendus,
00:56:44quelqu'un qui intervient,
00:56:46le tuer,
00:56:46lui tirer,
00:56:46comme ça s'est passé
00:56:47dans d'autres histoires
00:56:48qu'on connaît,
00:56:49ce sont des meurtriers
00:56:50sanguinaires.
00:56:52Comment se fait-il ?
00:56:53Comment se fait-il
00:56:54que la justice
00:56:55ait pu laisser tomber
00:56:56un truc pareil ?
00:56:57Et est-ce que,
00:56:58deuxième question,
00:56:59est-ce que les frères Stiemann
00:57:00sont impliqués vraiment ?
00:57:02Comment est-ce qu'on va le savoir ?
00:57:03On va le savoir,
00:57:04il y a une façon
00:57:06très simple de le savoir,
00:57:07c'est grâce à l'ADN.
00:57:08Donc ici,
00:57:11le 27 octobre,
00:57:12à la cour d'appel de Mons,
00:57:13Maître Ramaël
00:57:14va venir plaider
00:57:16pour demander
00:57:18l'exhumation
00:57:19de la mère
00:57:21parce que le principal
00:57:22suspect,
00:57:23Thierry Stiemann,
00:57:24a été incinéré.
00:57:25Donc plus moyen
00:57:26d'avoir son ADN.
00:57:27Donc le 27,
00:57:28il y aura les plaidoiries
00:57:29pour demander absolument
00:57:32à ce qu'on exhume la mère,
00:57:34on prélève son ADN
00:57:35et on compare
00:57:36avec des traces ADN
00:57:37retrouvées
00:57:38sur les scènes de crime.
00:57:40Et on compare quoi ?
00:57:40Avec le mégot
00:57:41qui a été retrouvé
00:57:42dans la Mercedes ?
00:57:43Non, c'est ça.
00:57:44Les 5 mégots
00:57:46Marlboro
00:57:47retrouvés
00:57:48dans le cendrier
00:57:49derrière
00:57:50le pont de chauffeur
00:57:51en gelou
00:57:52proviennent
00:57:53assurément
00:57:55du même auteur.
00:57:57L'ADN a été prélevé,
00:57:58ADN masculin,
00:58:00groupe sanguin,
00:58:00haut.
00:58:01Donc si ça match
00:58:02avec la mère,
00:58:03la thèse est validée ?
00:58:06Absolument.
00:58:07Absolument.
00:58:08Ça il faut,
00:58:09ils ne devront,
00:58:10ils ne peuvent pas
00:58:11refuser ça.
00:58:12Ou alors c'est la fin.
00:58:14Ce qui est incompréhensible
00:58:15si vous voulez,
00:58:16c'est que quand la cour
00:58:17d'appel de Mons,
00:58:17et je rends vraiment hommage
00:58:18au magistrat de la cour
00:58:19d'appel de Mons,
00:58:20parce qu'ils se sont inscrits
00:58:21contre le parquet fédéral
00:58:23qui ne fait rien
00:58:24dans ce dossier,
00:58:25je le dis clairement,
00:58:27contre le juge
00:58:28d'instruction de Charleroi
00:58:29qui ne fait rien non plus,
00:58:30et ils ont décidé
00:58:32que les devoirs
00:58:33que j'avais demandés
00:58:34étaient acceptés,
00:58:36y compris un devoir
00:58:37même que je n'avais pas demandé,
00:58:39d'initiative.
00:58:41Sauf que je pensais
00:58:43que la juge d'instruction,
00:58:43au vu de ça,
00:58:44allait dire
00:58:45les autres devoirs
00:58:45qu'il a demandé,
00:58:46les exhumations,
00:58:47on le fait,
00:58:48on gagnera du temps.
00:58:49De toute manière,
00:58:50la cour d'appel
00:58:50va forcément dire
00:58:51qu'il faut le faire.
00:58:53Eh bien non,
00:58:53on n'y arrive pas.
00:58:55Alors moi,
00:58:55j'ai écrit au ministre
00:58:56de la Justice
00:58:57et de la mer.
00:58:58Elle s'appelle comme ça
00:58:58en Belgique,
00:58:59mer du Nord.
00:59:00C'est-à-dire qu'en France,
00:59:01le garde des Sceaux...
00:59:02Il y a le rapport
00:59:02entre la justice et la mer.
00:59:03En France,
00:59:04le garde des Sceaux
00:59:05serait le ministre
00:59:06de la Méditerranée,
00:59:07de l'Atlantique,
00:59:07de la Manche
00:59:08et de la mer du Nord.
00:59:09Ça serait un point commun
00:59:09avec la ministre.
00:59:11Sauf que je n'attaque
00:59:12jamais les gens personnellement.
00:59:13Je vous dis,
00:59:14elle m'a répondu,
00:59:15on aurait dit une réponse
00:59:16faite par l'intelligence artificielle,
00:59:18chat GPT.
00:59:19J'ai toute confiance
00:59:19dans mes magistrats,
00:59:21je ne peux pas intervenir.
00:59:22Si,
00:59:22vous pouvez intervenir.
00:59:23Vous avez l'autorité
00:59:24sur le parquet fédéral,
00:59:26l'autorité directe
00:59:27et exclusive.
00:59:28Il suffirait
00:59:28de prescrire cet acte
00:59:30que moi,
00:59:31j'ai déjà demandé.
00:59:32Mais vous le prescrivez,
00:59:33on le fait dans la foulée
00:59:34et c'est bon,
00:59:36c'est pas bon.
00:59:37Comment elle s'appelle
00:59:37cette dame ?
00:59:39La ministre ?
00:59:40Oui.
00:59:40Madame Verlinden.
00:59:42Madame Verlinden,
00:59:43réveillez-vous
00:59:44si vous nous écoutez.
00:59:44Elle ne sera pas partie
00:59:45du prochain romanure mystérielle.
00:59:47Je ne crois pas.
00:59:47C'est intéressant aussi
00:59:48parce que dans votre papier,
00:59:49pardon,
00:59:51vous avez interrogé
00:59:51le fils de Xavier Slimane
00:59:53parce que c'est important.
00:59:55Et qu'est-ce qu'il vous a confié,
00:59:57le fils ?
00:59:57Il vous dit,
00:59:57ils ont fait des choses
00:59:59mais ce n'est pas eux.
01:00:00Oui,
01:00:00alors lui est convaincu
01:00:01du fait que son père
01:00:05et son oncle,
01:00:06qui l'a très bien connu,
01:00:07Thierry Slimane,
01:00:08sont étrangers
01:00:09au tuerie du Brabant.
01:00:11Mais ce qu'ils disent aussi,
01:00:12c'est que cette affaire,
01:00:13finalement,
01:00:13leur colle à la peau
01:00:14à eux,
01:00:16à leur propre enfant aussi.
01:00:17Ils ont un enfant
01:00:18qui a un naissant.
01:00:19Il ne va pas nous dire
01:00:20oui, c'est mon père,
01:00:21oui, c'est mon oncle.
01:00:22Mais en tout cas,
01:00:23ils ont ce poids-là
01:00:24et ce qu'ils m'ont dit,
01:00:25que je trouve intéressant,
01:00:26ils ne l'ont jamais dit auparavant,
01:00:28c'est qu'ils sont pour,
01:00:29justement,
01:00:29que la justice enquête
01:00:30sur cette affaire.
01:00:32Eux,
01:00:32ils ont la conviction
01:00:32que la justice
01:00:33va refermer cette porte.
01:00:36Mais ils veulent aussi
01:00:36la vérité d'une certaine manière.
01:00:37Mais ils veulent aussi la vérité.
01:00:39Leur argument,
01:00:40c'est de dire
01:00:40mon oncle,
01:00:42mon père
01:00:44sera innocenté
01:00:45et donc,
01:00:46on nous laissera tranquille.
01:00:48On peut penser,
01:00:49comme Jean-Pierre Adam,
01:00:50l'inverse.
01:00:51Mais en tant que journaliste,
01:00:53ce que je me dis,
01:00:53c'est surtout,
01:00:54on veut savoir.
01:00:54on veut savoir
01:00:56si oui ou non,
01:00:57ils sont coupables
01:00:59parce qu'il y a des familles,
01:01:01il y a des descendants,
01:01:03des proches de personnes
01:01:05qui ont été tuées
01:01:06lors de ces tueries.
01:01:07Et vous le disiez,
01:01:09c'est inomable
01:01:10ce qui s'est passé.
01:01:10Il y a eu des personnes
01:01:12qui ont été tuées à bout portant
01:01:14sur des parkings de supermarché.
01:01:15Mais on n'imagine pas
01:01:16l'impact.
01:01:16Je crois qu'il y a un gros
01:01:17traumatisme national belge
01:01:19sur ces tueries
01:01:20parce que d'abord,
01:01:20il n'y a pas eu d'auteur
01:01:21pendant longtemps
01:01:22et parce que ça remet
01:01:23tout l'imaginaire collectif.
01:01:25Je vais vous répondre là-dessus
01:01:26parce que c'est incompréhensible
01:01:28si vous voulez.
01:01:29On a pensé,
01:01:30pourquoi on les appelait
01:01:31les tueurs fous du Brebant ?
01:01:32Parce que c'est fou
01:01:32de tuer des gens
01:01:34sans raison.
01:01:35Il n'y a jamais
01:01:35de bonne raison de tuer.
01:01:36Mais là,
01:01:37il n'y en a aucune.
01:01:39Mais pourquoi
01:01:39on a fait ça ?
01:01:41C'est parce qu'en fait,
01:01:42on n'a pas compris pourquoi.
01:01:44Et donc,
01:01:44l'esprit humain
01:01:45qui a besoin de rationalité
01:01:46s'est dit,
01:01:48alors c'est peut-être
01:01:49des terroristes,
01:01:50une déstabilisation
01:01:51d'un État étranger,
01:01:52les services secrets.
01:01:55Toutes les thèses
01:01:55ont été explorées
01:01:58en long,
01:01:59en large,
01:01:59en travers.
01:01:59Le dossier fait
01:02:00entre 2 et 4 millions de pages.
01:02:02Personne n'a pu me dire
01:02:02combien il faisait de pages.
01:02:04Je peux vous dire
01:02:04que c'est sur un disque dur
01:02:05quand même.
01:02:06Ça tient.
01:02:07Mais toutes ces pistes
01:02:09n'ont servi à rien
01:02:10alors que la piste évidente
01:02:11du grand banditisme
01:02:13dès le départ
01:02:14était visible.
01:02:15Maître,
01:02:16et Jean-Pierre,
01:02:18Jean-Pierre Adam,
01:02:18il y a eu quand même
01:02:19à une époque
01:02:20en Belgique,
01:02:20des trucs bizarres
01:02:21qui se sont passés.
01:02:22L'affaire Dutroux,
01:02:23ça a traîné.
01:02:25Ça a été une affaire
01:02:26que la justice
01:02:26a eu du mal à régler.
01:02:27Les tueurs fous du Brabant,
01:02:29ça a été la même chose.
01:02:30Ça a été un peu compliqué.
01:02:33La disparition
01:02:34de la petite Elisabeth Brichet,
01:02:36la PJ de Namur
01:02:37avait aussi traîné là-dessus.
01:02:38On a d'ailleurs
01:02:39révolutionné le système.
01:02:41Je crois qu'il y avait
01:02:41des policiers,
01:02:42des gendarmes.
01:02:43On a dit c'est fini,
01:02:44maintenant il n'y aura
01:02:44plus que des gendarmes ?
01:02:45Non, que la police.
01:02:46Que des policiers, c'est ça ?
01:02:47C'est la police.
01:02:48Je ne suis pas tombé.
01:02:48C'est la police que gagne.
01:02:50Comment vous expliquez ça ?
01:02:52Qu'est-ce qui se passe
01:02:52dans ce pays ?
01:02:53Qu'est-ce qui s'est passé ?
01:02:54C'est très bien
01:02:55que vous venez sur le sujet.
01:02:56En fait,
01:02:57je vais résumer
01:02:58le tout début.
01:02:59Moi, au 15 août 96,
01:03:0196,
01:03:02on m'envoie à Neuchâtel
01:03:03parce qu'on venait
01:03:04d'arrêter un certain Dutroux.
01:03:06Je vais à Neuchâtel.
01:03:07Je n'avais jamais mis
01:03:08à Neuchâtel.
01:03:09C'est loin de chez moi.
01:03:10Donc, on m'envoie là-bas.
01:03:11Et figurez-vous
01:03:12que quelques mois après,
01:03:13je reçois la visite
01:03:14des parents
01:03:15d'une victime
01:03:16de Dutroux.
01:03:18La petite Julie,
01:03:19le jeune victime.
01:03:19Je reçois les parents
01:03:21qui viennent me faire
01:03:21une déclaration
01:03:22comme quoi
01:03:23ils avaient eu des contacts
01:03:24avec un restaurateur
01:03:25de Charleroi
01:03:27qui voulait organiser
01:03:29une soirée
01:03:30et tous les bénéfices
01:03:31iraient à la SBL
01:03:32Julie et Melissa.
01:03:34Sauf que
01:03:34lorsque la date
01:03:36a été fixée
01:03:37et qu'il a annoncé
01:03:38qu'il allait faire
01:03:39des révélations
01:03:40le jour du repas,
01:03:42on est venu l'abattre.
01:03:44Ah oui,
01:03:44on est venu
01:03:45l'abattre
01:03:46sur un parking,
01:03:48ce pyro,
01:03:49cet ancien
01:03:50proxénète restaurateur.
01:03:52Bon,
01:03:53j'acte
01:03:54l'audition
01:03:55des parents,
01:03:56je demande
01:03:57d'aller prendre
01:03:57connaissance
01:03:58du dossier
01:03:58meurtre à Charleroi
01:03:59et là,
01:04:00je me rends compte
01:04:01que beaucoup de personnes
01:04:02ont entendu
01:04:04qu'il allait faire
01:04:04des révélations.
01:04:05Je vais réentendre
01:04:06toutes ces personnes-là
01:04:07et puis à beau jour,
01:04:08j'apprends que deux suspects
01:04:09sont arrêtés en France,
01:04:10à Charleville,
01:04:11pour le meurtre en Belgique
01:04:13de Pirot ici.
01:04:14Je demande
01:04:15d'aller entendre
01:04:15ces gens-là
01:04:16dans le cadre
01:04:17des révélations.
01:04:18Je ne peux pas enquêter
01:04:18sur le meurtre.
01:04:19C'est l'APJ de Charleroi.
01:04:21Mais préalablement à ça,
01:04:24je dois rencontrer
01:04:25les enquêteurs français
01:04:26qui vont m'accompagner
01:04:27dans les prisons respectives.
01:04:29Et en allant
01:04:30à la gendarmerie
01:04:31de Charleville,
01:04:32je demande
01:04:32est-ce que vous avez
01:04:33des dossiers
01:04:34sur ces gens-là ?
01:04:35Et alors,
01:04:35on descend dans les archives
01:04:37et ils extraient
01:04:38le dossier
01:04:40des Slimans ici.
01:04:43En première page,
01:04:44il y a l'avis
01:04:44de recherche belge
01:04:46sur l'attaque
01:04:46de l'armerie à Wavre
01:04:47avec le portrait robot.
01:04:49Donc en fait,
01:04:50ce qui est rageant,
01:04:50c'est que cette piste
01:04:51des frères Slimans,
01:04:52c'est la toute première piste,
01:04:54enfin,
01:04:54c'est une des toutes premières pistes
01:04:55qui a été montrée.
01:04:56Voilà le portrait robot
01:04:58et l'avis de recherche
01:04:59que j'ai retrouvé
01:05:00dans le dossier français
01:05:02à Charleville-Mézières.
01:05:05Pourquoi est-ce que cette piste
01:05:06a été écartée ?
01:05:06Moi,
01:05:06c'est ça que je ne comprends pas.
01:05:07Et en seconde page,
01:05:08il y avait les photos
01:05:09de ce Sliman.
01:05:11C'est pratiquement...
01:05:12Alors,
01:05:13je leur demande,
01:05:13mais qu'est-ce que ça fait
01:05:15dans le dossier ?
01:05:15Ils ne savent pas me le dire.
01:05:17Alors,
01:05:18pour vous répondre,
01:05:19parce que c'est aussi
01:05:19une question
01:05:20que je me suis posée,
01:05:21au début,
01:05:23donc on revient
01:05:24en 1982,
01:05:26deuxième braquage,
01:05:28cette fameuse armurerie
01:05:29où Xavier Sliman
01:05:31est désigné
01:05:32par un anonyme
01:05:33comme étant
01:05:34l'un des braqueurs.
01:05:36Évidemment,
01:05:37les gendarmes
01:05:38font leur travail,
01:05:39ils font
01:05:39des comparaisons,
01:05:41ils demandent aux témoins
01:05:42de regarder des photos.
01:05:44Et les témoins
01:05:45reconnaissent,
01:05:46en partie,
01:05:48les frères Sliman,
01:05:49les deux.
01:05:49Ils sont plusieurs
01:05:50à le dire.
01:05:51Et ça,
01:05:52c'est très bizarre.
01:05:53On voit dans les PV
01:05:54que les enquêteurs
01:05:56concluent
01:05:56à un tapissage
01:05:57quasiment négatif.
01:05:59Déjà,
01:05:59c'est un drôle de terme.
01:05:59Quasiment négatif,
01:06:00ça veut dire quoi ?
01:06:02Si on met des personnes
01:06:02derrière une vie de 60 ans,
01:06:03ça veut dire quoi ?
01:06:03Quasiment négatif,
01:06:04ça veut dire rien qui émerge.
01:06:06Ils considèrent
01:06:06qu'étant donné
01:06:08que les gens
01:06:08n'ont pas été catégoriques
01:06:10en disant
01:06:10c'est sûr,
01:06:11c'est eux,
01:06:11on écarte la piste.
01:06:13Donc,
01:06:13tout le monde est relâché.
01:06:14On dit,
01:06:14c'est pas eux,
01:06:16on arrête.
01:06:17Et ensuite,
01:06:20rentre dans la danse
01:06:21après l'assassinat
01:06:23de Michel Pirot,
01:06:25enfin le meurtre.
01:06:28À ce moment-là,
01:06:30il envoie des tas de courriers,
01:06:31il demande
01:06:32à ce que l'enquête
01:06:32soit relancée
01:06:33sur cette piste française.
01:06:34Entre-temps,
01:06:34il y a des tas
01:06:35d'autres pistes
01:06:35qui ont été examinées
01:06:37en Belgique,
01:06:38mais toujours
01:06:38sur une piste
01:06:39belge au belge,
01:06:41disons.
01:06:42On sort pas
01:06:42des frontières de la Belgique.
01:06:45Et en fait,
01:06:45on a l'impression
01:06:46d'une justice
01:06:47qui s'enferre
01:06:48un petit peu
01:06:48dans ses convictions premières
01:06:51et qui ne veut pas
01:06:52explorer
01:06:53une nouvelle piste
01:06:54qui arrive
01:06:55de l'extérieur,
01:06:56finalement.
01:06:57Et ce qui est
01:06:58important de savoir,
01:06:59c'est qu'en 2018,
01:07:01donc c'est assez récent,
01:07:04un enquêteur
01:07:04de Charleroi
01:07:05va regarder
01:07:08si la piste française
01:07:09a bien été examinée
01:07:10ou pas,
01:07:11puisque les enquêteurs
01:07:11disent que ça a été le cas.
01:07:14Et ce qui conclut
01:07:15au fait que non,
01:07:15la piste n'a pas
01:07:16été examinée.
01:07:17Donc on a la certitude
01:07:19que l'enquête
01:07:19n'a pas été menée
01:07:20sur ce volet-là,
01:07:21sur le volet français.
01:07:23Ça, on le sait maintenant.
01:07:25Et on sait aussi,
01:07:26c'est encore plus grave,
01:07:27que la justice belge
01:07:29et que les enquêteurs
01:07:30ont couvert
01:07:31leurs premières erreurs
01:07:32par des PV
01:07:33disant
01:07:34on a tout examiné,
01:07:35mais c'est sûr,
01:07:35c'est pas eux.
01:07:36En fait,
01:07:36ils n'ont pas à examiner.
01:07:37Donc il faudrait reprendre
01:07:39depuis le début.
01:07:40Alors ça,
01:07:40je l'ai demandé,
01:07:41évidemment.
01:07:41J'ai demandé
01:07:42à la juge
01:07:43d'instruction belge
01:07:44pourquoi en 2011,
01:07:47un commissaire de police
01:07:49avait fait un procès verbal
01:07:50d'une page
01:07:51disant
01:07:51tout a été fait
01:07:52sur les frères Siman,
01:07:54les références
01:07:55seraient trop nombreuses
01:07:56à citer,
01:07:57je n'en donne que 3
01:07:58de 82.
01:07:59sauf qu'en 2019,
01:08:028 ans après,
01:08:02un autre enquêteur
01:08:03alerté par Jean-Pierre Adam
01:08:06va faire un procès verbal
01:08:08alors de 12 pages,
01:08:09donc 1 contre 12,
01:08:10dans lequel il décortique
01:08:11et il dit
01:08:12nous avons constaté
01:08:15que toutes ces mentions
01:08:17sont fausses,
01:08:18sont inexactes.
01:08:19On ne dit pas faux
01:08:20parce que c'est déjà
01:08:20un jugement.
01:08:21Elles sont inexactes.
01:08:22rien n'a été fait
01:08:24dans le cadre
01:08:24de l'enquête
01:08:25CBO,
01:08:26c'est-à-dire
01:08:26Célu,
01:08:27du Brabant,
01:08:27Wallon
01:08:27en acronyme.
01:08:30Voilà.
01:08:31Moi,
01:08:31j'ai demandé l'audition
01:08:32de cet enquêteur
01:08:33qui dit avoir tout fait
01:08:34et éventuellement
01:08:35sa confrontation
01:08:35avec l'enquêteur
01:08:36qui dit
01:08:36que ce n'est pas vrai.
01:08:38Et la juge
01:08:39d'instruction
01:08:39m'a répondu
01:08:40que ça n'est pas utile
01:08:41à la vérité.
01:08:41C'est assez...
01:08:43Ça n'est pas utile ?
01:08:44C'est pas utile.
01:08:45C'est un peu court,
01:08:46c'est pas motivé.
01:08:47J'en ai fait appel.
01:08:49C'est quoi l'histoire ?
01:08:50C'est que c'est un
01:08:50trop vieux dossier ?
01:08:52Non, non.
01:08:52C'est...
01:08:53On n'a pas envie
01:08:54de découvrir quelque chose ?
01:08:55C'est la couverture
01:08:56des premières errances
01:08:56de l'enquête ?
01:08:57Ou qu'on s'en fout
01:08:57complètement ?
01:08:58Parce que ça existe
01:08:59ça aussi ?
01:09:00Honnêtement,
01:09:00je ne crois pas
01:09:00qu'on s'en fout.
01:09:01Je pense qu'on a peur
01:09:03de découvrir
01:09:05justement les erreurs
01:09:06du début
01:09:07qui auraient pu éviter.
01:09:09Quand le titre
01:09:09de mon premier livre,
01:09:10je dis
01:09:11« On pouvait éviter
01:09:1227 morts »,
01:09:13il y en a eu 28.
01:09:14Mais après le premier,
01:09:15la banque était dénoncée
01:09:16sur procès-verbal
01:09:17et on n'a rien fait
01:09:18avec ça.
01:09:19C'est pour ça que...
01:09:19On n'aime pas farfouiller
01:09:20dans nos propres erreurs.
01:09:22On a peur,
01:09:22parce que vous vous rendez compte,
01:09:23de devoir reconnaître
01:09:24qu'on pouvait éviter
01:09:24ces 27 morts,
01:09:26la honte.
01:09:28En fait,
01:09:29si vous voulez,
01:09:29j'avais à l'époque,
01:09:31en 99,
01:09:322000,
01:09:332001,
01:09:332002,
01:09:34de très bons contacts
01:09:34avec la PJ de Reims,
01:09:36Daniel Bourgard,
01:09:37qui m'alimentait
01:09:38sur la banque ici.
01:09:40Et chaque fois,
01:09:41je faisais des rapports
01:09:42officiels
01:09:43depuis Neuchâtel,
01:09:44vers la cellule Brabant-Wallon.
01:09:46Et j'étais convaincu
01:09:47qu'ils investiguaient,
01:09:50convaincu qu'un jour ou l'autre,
01:09:51on allait dire
01:09:52« Ok, on a élucidé
01:09:53les tueries du Brabant ».
01:09:54Ah oui.
01:09:55Il y a quelques années d'ici,
01:09:56la télévision belge,
01:09:58la RTBF,
01:09:59dans leur émission
01:09:59« Investigation »,
01:10:01va au contact
01:10:02du chef d'enquête
01:10:04de l'époque,
01:10:04avec mes rapports.
01:10:06Il lui présente...
01:10:08Vous avez souvenance
01:10:09de ce premier rapport-là ?
01:10:11Bof, peut-être.
01:10:12Deuxième rapport,
01:10:13je ne me rappelle pas.
01:10:14Troisième rapport.
01:10:15Quatrième rapport,
01:10:17mais ça vous est adressé
01:10:18personnellement.
01:10:19Et alors là,
01:10:20qu'est-ce qu'il dit ?
01:10:21Oui, peut-être
01:10:22que cette piste-là,
01:10:24j'ai eu connaissance,
01:10:26mais elle n'entrait pas
01:10:28dans la politique générale
01:10:30menée à l'époque.
01:10:32Merci.
01:10:33J'ai demandé l'audition
01:10:33de ce policier.
01:10:34Merci beaucoup.
01:10:35En tout cas,
01:10:35conclusion de notre discussion,
01:10:36croire en ces instants
01:10:37de gendarme.
01:10:38Là, si je puis dire,
01:10:39vous jouez gros
01:10:40parce que c'est que tout double
01:10:41la piste Slimane
01:10:42ou alors on repart de zéro.
01:10:43Merci à tous d'être venus.
01:10:45Merci d'avoir partagé
01:10:45ce moment avec nous.
01:10:46Toujours un plaisir
01:10:47de partager Affaires Suivantes
01:10:48avec vous.
01:10:49Rendez-vous semaine prochaine,
01:10:50même jour, même heure,
01:10:5013h sur BFM TV.
01:10:52Vous avez rendez-vous
01:10:52maintenant avec l'Info
01:10:53et avec Anne Seft.
01:10:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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