- il y a 4 mois
Chaque week-end, l’émission pilotée par Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, et Pauline Revenaz, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Bonjour à tous, la mère de Philippine est venue vendredi ici sur notre antenne raconter avec ses mots son deuil impossible, sa soif de vérité et ce qu'elle a encore sur le cœur après la mort de sa fille tuée il y a un an dans le bois de Boulogne.
00:17C'est un récit bouleversant des questions multiples qui tournent dans sa tête.
00:21Pour en parler j'accueille sur ce plateau Virginie Leroy, vous êtes l'avocate des parents de Philippine, j'accueille aussi Johanna Rosenblum, psychologue, clinicienne et conseillante BFMTV et puis Maxime Branchetter, journaliste, reporter à ligne rouge qui a signé un documentaire sur l'affaire Jubilard.
00:36D'abord la force des mots choisie par la mère de Philippine, c'est presque un crime et très digne comme une douleur sourde qui ne passe pas un deuil impossible, écoutez-la.
00:44Pour la police et les juges, on a l'impression qu'ils ont leur présumé coupable sous les verrous qui sera jugé, donc c'est bien.
00:55Que ça y est, qu'ils ont fait le job.
00:57Voilà. Or nous, je peux dire nous parce que mon mari, ses frères et soeurs, on veut connaître son calvaire, on veut le suivre, on veut être avec elle.
01:12C'est votre manière de lui tenir la main à ce moment-là.
01:14Et c'est, je pense, un moyen aussi de faire le deuil.
01:20Là, je n'y arrive pas.
01:23Je n'y arrive pas.
01:23Les personnes m'entourant sont extrêmement bienveillantes, sont très généreuses.
01:30Mais j'ai besoin de savoir.
01:32Ils nous ont parqués.
01:34Mais parqués comme des animaux pour ne pas qu'on s'approche.
01:38J'ai voulu la voir.
01:42J'ai voulu la déterrer.
01:43Elle est née de moi.
01:45C'était normal que je la sorte de la paire.
01:49Je voulais l'embrasser.
01:51Je voulais la bercer une dernière fois.
01:55Et pour le protocole, ils m'ont dépossédée de ma fille.
02:00Mon intellect peut essayer de le comprendre.
02:03Les traces d'ADN, salir une scène de crime.
02:08Mais je m'en fiche.
02:10C'est ma fille.
02:12Maître Leroy, bonjour.
02:13Merci d'être avec nous.
02:14On sent effectivement cette émotion, ces larmes, ce deuil impossible.
02:18Cette maman, dit-elle, n'a pas pu se recueillir auprès de sa fille juste après la découverte de son corps.
02:22C'est normal en termes de protocole.
02:25En revanche, ce que vous dites, c'est qu'il y a le fond et la forme.
02:28Oui, tout à fait.
02:29Sur le fond, on comprend très bien les nécessités de l'enquête.
02:32Mais la forme, on sait que c'est important, primordial aussi.
02:35Et moi, je voudrais quand même rendre un hommage particulier à la famille de Philippines.
02:40Parce qu'il y a quand même quelque chose qu'on ne peut pas nier.
02:43C'est que s'ils ne s'étaient pas inquiétés dès leurs premières heures,
02:47s'ils n'avaient pas tout mis en branle, tout, dès le vendredi,
02:51en poursuivant leur recherche le samedi,
02:54eh bien aujourd'hui, je ne sais pas où on serait l'enquête.
02:57Je ne sais pas si on aurait pu arrêter le meurtrier de Philippines.
03:00Et ça, c'est un hommage qui me tenait à cœur.
03:02Parce qu'ils ont été d'un courage.
03:07Et aujourd'hui, quand on écoute Blandine, on voit le désarroi.
03:10On voit aussi que finalement, après presque un jour et demi de recherche,
03:17on trouve Philippines.
03:20Ils sont parqués, je reprends leur mot, c'est leur ressenti et il est légitime.
03:24Et puis dépossédés.
03:25Parce que la police prend le relais.
03:27Et moi, j'entends ce cri.
03:28J'entends ce cri.
03:29Vous reprochez à la police de ne pas avoir fait son travail immédiatement ?
03:32De ne pas avoir réagi assez vite ?
03:35Oui, ça, elle l'a expliqué.
03:37Mais vous, maître, vous qui êtes dans le dossier.
03:40Oui, je pense qu'on aurait pu avoir une réaction plus rapide.
03:42En fait, ce que vous dites, c'est que c'est des battues citoyennes
03:44qui ont permis la découverte du corps de Philippines,
03:47mais pas forcément.
03:47Et qui a permis donc une enquête très rapide.
03:50Parce que c'est ça, la conséquence immédiate.
03:51Et c'est ça aussi.
03:53Lui, il se met en fuite.
03:54Il est finalement arrêté.
03:55Il a le temps quand même de passer en Suisse.
03:58Mais si cette famine ne s'était pas mobilisée aussi vite,
04:00est-ce que ça aurait été le cas ?
04:02Et c'est ça, son cri de douleur à Blandine de Carlin.
04:05Et je le comprends.
04:06Il est légitime ?
04:06Maxime ?
04:07Il faut quand même.
04:08Oui, c'est parce qu'il faut expliquer que
04:09Philippines, elle disparaît le vendredi.
04:12Alors attendez, il y a un sujet.
04:13Vous allez bien comprendre.
04:14Pour comprendre ce qui se passe,
04:15on va se souvenir de l'émotion qu'a traversée le pays.
04:17Les battues organisées par les proches.
04:19Le suspect arrêté quatre jours plus tard à Genève.
04:21C'est Pierre-Louis Bousset qui nous rappelle tout ça.
04:24Un an après le drame,
04:26c'est une stèle portant le prénom de Philippine Lenoir de Carlin
04:29qui a été inaugurée dans le bois de Boulogne,
04:32l'endroit de sa disparition.
04:33Un lieu de mémoire où ont été déposées fleurs, bougies
04:36et un badge de l'université Paris-Dauphine
04:39où la jeune fille de 19 ans suivait des cours.
04:42Cette même université, dont Philippine Lenoir de Carlin,
04:45était partie le 20 septembre 2024,
04:48en début d'après-midi.
04:49Elle devait se rendre chez ses parents dans les Yvelines.
04:52Ne la voyant pas arriver, sa famille prévient la police.
04:55Le lendemain, une battue est organisée dans le bois de Boulogne,
04:58là où son téléphone avait été géolocalisé pour la dernière fois.
05:02Après une heure de recherche,
05:04le corps de Philippine Lenoir de Carlin est retrouvé.
05:06L'annonce de son meurtre bouleverse l'opinion publique.
05:09Très choquant pour une jeune fille de 19 ans.
05:11Elle avait toute la vie devant elle surtout
05:13et ses parents, moi je pense surtout à eux.
05:16On n'est pas censé voir partir ses enfants avant nous.
05:20Le soir de la disparition de l'étudiante,
05:22sa carte bancaire est utilisée pour faire un retrait d'argent à Montreuil-sous-Bois.
05:26C'est l'un des éléments qui va guider les enquêteurs dans la traque du suspect.
05:30Quatre jours plus tard, le 24 septembre,
05:32un homme est interpellé à Genève où il était en fuite.
05:35Taha Walidat, de nationalité marocaine, alors âgé de 22 ans.
05:39Condamné pour viol en 2019,
05:41il était visé par une obligation de quitter le territoire français à l'issue de sa peine.
05:45Mais cet OQTF n'avait pas pu être exécuté.
05:48Il est aujourd'hui mis en examen pour meurtre suivi de viol en récidive et vol en récidive.
05:53Alors l'amertume de la mère de Philippine,
05:56elle vient aussi du fait, et il faut le rappeler,
05:58que juste après sa disparition,
06:00de manière assez logique,
06:01elle va pousser la porte d'un commissariat.
06:04Déclarer sa disparition, et que lui répond-on ?
06:06Oui, il la pousse très très vite,
06:08parce qu'en fait, ce n'est pas dans les habitudes de Philippine.
06:10Je pense que quand des parents se présentent en désarroi,
06:13on peut quand même faire confiance aux parents
06:14qui connaissent leur enfant, qui connaissent ses habitudes.
06:17Et c'est vrai, Philippine, elle est majeure.
06:19Elle a 20 ans.
06:21C'est une étudiante.
06:22et ils sont éconduits d'un premier commissariat
06:24et ils décident d'aller faire intervenir le commissariat du 16e,
06:29où là, les choses se mettent en place,
06:31mais enfin, très très lentement,
06:33en tout cas pas suffisamment rapidement,
06:35et c'est eux qui prennent le relais immédiatement.
06:38Alors un an après, il faut faire un point complet, Maxime,
06:40sur l'enquête avec vous.
06:41Où est-ce qu'on en est ?
06:42Que dit le suspect ?
06:44Et est-ce qu'il est capable d'expliquer ?
06:45Et c'est ça qui nous intéresse aussi aujourd'hui,
06:47ce basculement et ce passage à l'acte.
06:49L'instruction a bien avancé.
06:51Il y a peut-être encore quelques actes à faire,
06:53mais c'est vrai que beaucoup de choses sont rentrées au dossier.
06:55Le suspect est en détention provisoire.
06:57On a des éléments de preuve.
07:00À la fois, il y a l'autopsie de Philippine,
07:03il y a les éléments de téléphonie.
07:05On sait à peu près ce qui s'est passé,
07:07même si, et c'est la mère qui le disait,
07:09il manque, il y a un delta de deux heures
07:12que le suspect passe peut-être entièrement avec Philippine,
07:16où on ne sait pas ce qui se passe,
07:17où la mère voudrait,
07:18la famille voudrait savoir ce qui se passe.
07:20Et pour l'instant, ce qu'on attend,
07:22c'est peut-être que le sujet parle,
07:24dit ce qu'il s'est passé,
07:25et justement sur qu'est-ce qu'il dit.
07:27Il a été interrogé deux fois à notre connaissance,
07:30et il ne dit rien.
07:31Tout juste, il reconnaît,
07:32j'ai commis un acte monstrueux.
07:34Si vous me montrez ces preuves,
07:36c'est sans doute que c'est moi.
07:37Mais dès qu'on lui demande des détails,
07:38dès qu'on lui demande ce qui s'est passé,
07:39ce qu'il a fait, pourquoi il l'a fait,
07:40il répond, je ne m'en rappelle pas,
07:42je ne me souviens pas,
07:43ce qui, selon les expertis,
07:45est simplement une stratégie.
07:47Johanna, c'est un signe de manipulation,
07:50d'extrême dangerosité,
07:51les expertis cicatriques ?
07:53Si vous voulez,
07:55ces personnes qui sont capables du pire
07:56et du passage à l'acte meurtrier,
07:58c'est des personnes souvent
07:59qui ont un trouble de la personnalité borderline,
08:01c'est-à-dire un défaut d'empathie,
08:04une personnalité antisociale
08:05qui fait qu'il n'y a pas de règles,
08:07il n'y a pas de lois,
08:08il n'y a pas de foi,
08:08il y a leur propre jugement,
08:10leur propre pulsion.
08:11Lorsqu'on a cette façon de penser,
08:14de réagir au monde
08:15et de ne fonctionner qu'en fonction
08:17de ses pulsions et de son désir,
08:19vous pouvez avoir la justice,
08:20les parents de la victime,
08:21qui vous voulez devant vous
08:22qui demandent d'avoir des réponses
08:23qui sont bien légitimes,
08:24avec toutes les émotions
08:25que ça peut susciter derrière,
08:27ça ne fait rien bouger.
08:28Lui, il peut rester avec son secret
08:30toute sa vie, en réalité.
08:31Il n'y a rien qui le fera bouger.
08:33Alors peut-être qu'il se décidera
08:34un jour de passer aux aveux.
08:36Le procès ?
08:37Peut-être, mais peut-être pas.
08:38Il n'y a pas d'obligation pour lui
08:39dans son esprit,
08:40continuera à fonctionner
08:41comme il a toujours fonctionné.
08:42Et je crois que c'est un jeune homme
08:44qui a toujours été emprunt
08:46de sombre, de colère, d'amertume.
08:49Je crois que c'est ses propres parents
08:50qui disaient que...
08:52Son père qui disait
08:53qu'il y a beaucoup de colère en lui,
08:54beaucoup de noirceur.
08:56C'est la promotion de la cruauté
08:57et du mal depuis tout petit.
08:59Donc, à moins d'un énorme travail
09:02d'introspection,
09:03d'être touché en plein cœur
09:04par cette mère qui souffre
09:05par la demande qu'elle fait
09:07d'avoir la restitution du récit
09:09de ce qui s'est passé.
09:10Voilà.
09:11Il n'a pas d'obligation.
09:12Alors, Maître,
09:13comment est-ce qu'on les accompagne,
09:14ses parents,
09:14dans le chemin vers le procès ?
09:16Et j'imagine qu'il y a toujours
09:18des questions lancinantes.
09:19On l'a entendu.
09:19Elle, elle veut savoir
09:20quasiment minute par minute
09:22ce qui est arrivé à sa fille.
09:23Les mots qu'elle...
09:24Peut-être qu'elle a essayé
09:25de le convaincre
09:25que c'était dangereux,
09:26ce qu'il faisait.
09:27Elle, elle veut savoir vraiment
09:29exactement le film précis
09:31des événements jusqu'à sa mort.
09:32Oui, et on comprend.
09:33C'est légitime.
09:34Il y a quand même,
09:35oui, vous le rappeliez,
09:36un peu moins de deux heures,
09:38c'est énorme.
09:38C'est peu, mais c'est énorme.
09:40Et en plus,
09:41il y a la posture
09:42du mis en examen
09:43qui n'est pas satisfaisante.
09:45Alors, moi, je pars du principe
09:46qu'il y a deux sortes d'aveux.
09:48Il y a des aveux circonstanciés
09:50qui, là, sont sérieux,
09:52qui permettent à des victimes
09:53de comprendre, de savoir.
09:55La maman de Philippine,
09:56elle a une expression
09:58qui est incroyable.
09:59Elle dit,
10:00je veux connaître son calvaire.
10:02Ce n'est quand même pas rien.
10:04C'est le cri d'une maman.
10:06Mais c'est pour le porter avec elle ?
10:07C'est quoi ?
10:08Donc, il y a ces aveux circonstanciés
10:09qui peuvent être compris,
10:11entendus, acceptés.
10:12Et puis, il y a les aveux
10:12de circonstances.
10:13Quand on est coincé,
10:15finalement, on se dit,
10:16OK, c'est une stratégie de défense.
10:19Enfin, moi,
10:20je n'ai pas de doute là-dessus.
10:22OK, c'est moi qui l'ai fait,
10:24mais je ne vous dirai rien.
10:25Et c'est d'une cruauté toute particulière.
10:28Et c'est ce qu'il avait fait,
10:29d'ailleurs,
10:29dans le viol précédemment commis.
10:33Vous dites posture,
10:34vous dites stratégie de défense.
10:36C'est la même chose.
10:36On a des postures de défense,
10:38des stratégies de défense.
10:39Supposons que ce soit ça.
10:40Quel intérêt a-t-il à en jouer ?
10:44On le sait,
10:45mais je voudrais que vous nous donniez la réponse.
10:46Quel intérêt a-t-il à en jouer ?
10:48À se faire passer ?
10:49À se faire passer ?
10:50Pour un fou ?
10:51Oui, mais ça,
10:51ça a été définitivement écarté.
10:53Ça l'avait été
10:54dans le cadre du premier dossier.
10:55Si vous voulez,
10:56moi, je ne trouve pas ça très utile.
10:57Son avocat va en jouer, maître.
10:58Vous le savez,
10:59à l'audience.
11:00Même si on dit,
11:00même si les experts disent
11:01non, non,
11:01il est tout à fait responsable
11:02de ses actes au sens pénal,
11:04blablabla.
11:04Pour moi,
11:04ce ne sont pas des stratégies
11:05de défense utiles,
11:07sérieuses.
11:08Au contraire,
11:08au contraire.
11:09Je trouve que c'est un mépris
11:11affiché à la famille de Philippines,
11:13affiché aux victimes,
11:14et je ne me prive pas de le dire
11:16parce que c'est la réalité.
11:18Vous l'avez entendu,
11:19Blandine Lenoir de Carlin,
11:20vous avez entendu son cri.
11:22Ce deuil impossible,
11:24voilà.
11:24Il faut des réponses.
11:26Il faut absolument des réponses.
11:27Johanna,
11:28pourquoi est-ce qu'elle a besoin
11:29de porter ce calvaire ?
11:30C'est ça qui m'intéresse,
11:31moi,
11:31sur le plan psychiatrique,
11:32psychologique.
11:33Mais juste pour réagir
11:33à ce que disait Dominique,
11:35pourquoi...
11:36Ce n'est pas qu'une stratégie
11:36de défense.
11:37C'est peut-être une stratégie
11:37de défense,
11:38mais il y a de la perversion
11:39quand on passe à l'acte.
11:40C'est un homme qui est récidiviste,
11:42qui a déjà violé,
11:43il y a du plaisir dans sa...
11:44À 22 ans seulement.
11:45À 22 ans seulement,
11:46mais il éprouve du plaisir
11:47à tuer,
11:48à dominer,
11:48à assujettir.
11:50En ne parlant pas,
11:51en ayant l'air comme ça,
11:53je suis là,
11:53je ne suis pas là,
11:53je réponds.
11:54Au final,
11:54si vous le dites,
11:55si vous avez les preuves,
11:55c'est que ça doit être vrai.
11:56Il possède encore la situation.
11:58Il vole à chaque personne
12:00qui a besoin d'avoir une réponse
12:01la réalité
12:02et la possibilité
12:02de faire un deuil.
12:04C'est une ultime façon
12:05d'éprouver du plaisir
12:06et de dominer les gens.
12:08Ça fait partie
12:08de sa personnalité.
12:10Et pour la maman
12:10qui a besoin de savoir
12:11le calvaire de sa fille,
12:14imaginez,
12:15elle vit tous les jours,
12:16évidemment,
12:17avec la tristesse
12:18de la perte
12:18et le fait
12:20de ne pas savoir,
12:21en plus,
12:22ce qui a traversé
12:22sa propre fille,
12:23son bébé.
12:24Elle a besoin de ça
12:28pour pouvoir souffrir
12:29peut-être
12:30un tout petit peu
12:32autant que sa fille.
12:33C'est une façon
12:33de gérer aussi
12:34la culpabilité,
12:36l'effroi,
12:37la souffrance
12:38d'avoir perdu son enfant,
12:39son bébé,
12:41sa fille qu'on a fait naître,
12:42alors que soi-même,
12:44on est quelque part
12:45dans une bulle
12:47écartée
12:47de la réalité
12:48que sa fille a vécue.
12:49Et donc,
12:50en prenant connaissance
12:51au plus près
12:52de la souffrance
12:52de sa fille,
12:53elle se rapprochera
12:54d'elle et je pense
12:55que c'est une façon
12:55aussi pour elle
12:56de rester maman,
12:57en fait.
12:58Et c'est pour ça
12:58qu'elle a voulu aussi
12:59la prendre dans ses bras
13:00et la déterrer.
13:01C'est pour remplir
13:02son rôle de mère
13:03et je pense qu'il doit y avoir
13:04une profonde culpabilité.
13:06Quand on est maman,
13:07on se dit toujours
13:08qu'on veut protéger
13:08nos enfants,
13:09que lorsqu'il leur arrive
13:10quelque chose,
13:10c'est un drame.
13:11On a échoué
13:12en tant que maman,
13:13elle est responsable
13:13de rien, évidemment.
13:14Mais en prenant connaissance,
13:16en vivant toute sa vie
13:17avec ce qu'a vécu sa fille
13:18et en pouvant la prendre
13:19dans ses bras,
13:20quelque part,
13:20elle embrasse un peu
13:21les ténèbres
13:23et ce qu'a traversé sa fille.
13:24Qu'est-ce qui va se passer
13:25dans ce dossier ?
13:26Est-ce qu'on peut espérer
13:26un procès ?
13:27Qu'est-ce que vous dites
13:28à vos clients
13:28dans quelques mois,
13:29dans quelques années ?
13:30C'est quoi la temporalité ?
13:32Oui, il y aura un procès.
13:33Je ne l'envisage pas autrement.
13:35On a quand même
13:35un dossier d'instruction
13:36qui est solide
13:37avec des preuves directes,
13:39matérielles,
13:40en tout cas de mon analyse.
13:41Donc, il y aura un procès
13:42quand il reste
13:43quelques actes d'investigation
13:45et ensuite l'audiencement.
13:47On sait que les cours
13:48sont assez surchargés.
13:50J'espère un procès
13:51dans un an, un an et demi
13:52s'il n'y a pas
13:54de nouveaux éléments
13:55qui viennent retarder
13:57l'instruction.
13:58Qu'est-ce qui vous choque
13:59le plus dans ce dossier ?
14:02Est-ce que c'est aussi
14:02en filigrane ?
14:03D'ailleurs,
14:03elle l'a évoqué,
14:04la maire de Philippine,
14:06la difficile prise en charge
14:07des victimes dans ce dossier.
14:09Qu'est-ce qui vous saute
14:10le plus aux yeux ?
14:11Oui, il y a la difficile
14:12prise en charge des victimes.
14:14On vient de l'aborder.
14:15C'est évident
14:16parce que...
14:18Voilà.
14:19Et...
14:20Je pense qu'on n'a pas
14:21appréhendé l'alarme
14:22qui a été donnée
14:23parce qu'eux savaient
14:24et Blandine me le disait
14:26et me dit
14:26mais moi,
14:27dès le vendredi après-midi,
14:28je sais qu'il y a un problème.
14:30Et puis,
14:30ce qui saute aux yeux
14:31dans ce dossier,
14:32très malheureusement,
14:32c'est aussi l'absence totale,
14:34je dis totale,
14:35je pèse mes mots,
14:36de prise en charge
14:38des récidivistes
14:39et de la récidive.
14:39immédiatement après
14:41le meurtre
14:42et le viol
14:42de Philippines,
14:43le Sénat
14:44a mis en place
14:45une commission d'information
14:46en novembre 2024,
14:48donc c'était assez rapide,
14:50qui a rendu son rapport
14:51en mai dernier,
14:52un rapport
14:53de plus d'une centaine
14:53de pages
14:54et on ne peut faire
14:55que ce constat,
14:56c'est de l'impossible
14:58prise en charge
14:59de la récidive
15:01des auteurs
15:02d'infractions
15:03à caractère sexuel.
15:05Et cette impossibilité,
15:06moi,
15:06elle me gêne beaucoup
15:07parce qu'on a un tas de lois
15:08avec un tas de mesures
15:09mais qui ne sont pas
15:10mises en œuvre.
15:11Ce n'est pas une impossibilité,
15:12c'est une absence
15:13de mise en œuvre.
15:14Et dans le dossier
15:15du meurtre de Philippines,
15:17c'est criant,
15:18que ce soit au niveau
15:19de l'OQTF d'ailleurs
15:20ou au niveau
15:20tout simplement
15:21de la récidive
15:22sur ces infractions
15:23à caractère sexuel,
15:24c'est qu'il n'y a pas
15:25de moyens.
15:26Et ça,
15:26c'est de la volonté politique.
15:28Et c'est d'ailleurs
15:29le sens de ce rapport
15:30et ses conclusions
15:31en long et large
15:32en travers.
15:33Et là,
15:33il faut véritablement
15:34un sursuit.
15:34Je ne sais pas
15:35combien il faudra
15:36de drames de ce style
15:37pour qu'il y ait
15:37un véritable sursaut
15:38sur ce point-là.
15:39L'alerte a été lancée.
15:41Merci beaucoup.
Écris le tout premier commentaire