- il y a 9 mois
Chaque week-end, l’émission pilotée par François Gapihan traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.
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00:00:00Il est 13h, vous regardez Affaire suivante, soyez les bienvenus.
00:00:10Dans un instant, on fait le point sur l'enquête sur le casse du siècle au Louvre.
00:00:13Voilà cinq semaines qu'elle a démarré depuis ce fameux dimanche 19 octobre
00:00:16où le musée le plus grand, le plus visité au monde a été cambriolé.
00:00:20Une partie de ses joyaux dérobés, il reste introuvable.
00:00:24Trois des quatre membres présumés du commando sont en prison.
00:00:27Une cinquantaine de policiers continuent de travailler sur ce dossier absolument hors normes
00:00:30et qui est loin, très loin même, d'être refermé.
00:00:34À 13h30 dans Affaire suivante, un entretien exceptionnel.
00:00:37La mère et le frère de Lola nous ont reçus chez eux dans le Pas-de-Calais
00:00:41un mois tout juste après la condamnation de la meurtrière de la fillette à la peine maximale.
00:00:45Delphine et Thibaut Davier se confient longuement sur ce procès
00:00:48qui fut à l'image des faits épouvantable, mais aussi sur la vie sans Lola.
00:00:53Ils sont tout simplement bouleversants, vous les entendrez.
00:00:55Et puis à 14h, on s'arrêtera sur une affaire qui concerne des dizaines de patients
00:01:00d'un chirurgien grenoblois accusé d'opérations ratées.
00:01:04À nos côtés, trois plaignants et leur avocat.
00:01:06Le docteur V, lui, clame son innocence.
00:01:09Affaire suivante.
00:01:09C'est parti dans quelques toutes petites minutes.
00:01:11Restez bien avec nous.
00:01:12Soyez les bienvenus si vous nous rejoignez dans Affaire suivante.
00:01:26Bonjour cher Laurent.
00:01:27Bonjour François.
00:01:28Cinq semaines après le casse du siècle Louvre.
00:01:31Où en est l'enquête ?
00:01:32On fait le point dans Affaire suivante avec nos invités.
00:01:35Ils s'y réunis dans quelques tout petits instants.
00:01:37Bienvenue à tous les quatre.
00:01:39D'abord le rappel des faits et les principales étapes depuis le 19 octobre,
00:01:43que nous ne sommes pas prêts d'oublier.
00:01:44Nous étions en direct.
00:01:46Rappel des faits avec Pierre-Louis Bousset.
00:01:47Ce dimanche 19 octobre, comme chaque matin,
00:01:52des cohortes de touristes se pressent
00:01:54pour visiter le plus grand musée d'art du monde.
00:01:57Mais à la surprise générale,
00:01:59moins d'une heure après l'ouverture,
00:02:01la sécurité du Louvre ordonne l'évacuation des visiteurs.
00:02:05La situation sur place est alors tendue, confuse.
00:02:09En cause, deux individus équipés de disqueuses
00:02:13viennent de briser une fenêtre
00:02:14et de pénétrer dans la galerie Apollon du musée.
00:02:17À l'aide de ces disqueuses,
00:02:19ils ont non seulement fracturé la baie d'accès à la galerie,
00:02:24ils ont également fracturé les vitrines qui les intéressaient,
00:02:28mais ils ont également menacé les gardiens
00:02:30qui étaient présents sur les lieux.
00:02:32Broche, boucle d'oreille, diadème,
00:02:35les malfrats mettent la main sur un ensemble de bijoux
00:02:37de très grande valeur.
00:02:38Des objets d'exception faisant partie des joyaux
00:02:40de la couronne de France.
00:02:42Aussitôt le butin en leur possession,
00:02:44les voleurs repartent par la nacelle
00:02:46avec laquelle ils avaient pénétré dans la galerie,
00:02:48avant de prendre la suite avec deux autres complices en scooter
00:02:51via les berges de Seine.
00:02:54L'épilogue d'un braquage hors normes,
00:02:55réalisé en quelques minutes seulement,
00:02:58qui a choqué la France entière.
00:03:00Mais dans la précipitation,
00:03:02les malfrats font tomber une partie de leur butin,
00:03:04une découverte faite presque par hasard
00:03:06par un des agents de la sécurité.
00:03:08Il y a un petit objet qui a attiré mon attention,
00:03:12mais c'était tellement petit
00:03:14et tellement mis bizarrement
00:03:18que je me suis demandé
00:03:20si ce n'était pas un élément du décor.
00:03:22Cet objet, il s'est avéré
00:03:24que c'était la couronne de génie.
00:03:26Un des objets les plus importants
00:03:27que les malfrats visaient.
00:03:29Les enquêteurs s'attellent ensuite
00:03:32à remonter la piste des malfrats,
00:03:34à la recherche de chaque indice,
00:03:36de la moindre trace d'ADN.
00:03:39Puis tout s'accélère.
00:03:40Le 25 octobre, six jours après le vol,
00:03:42deux suspects sont arrêtés.
00:03:44L'un d'entre eux s'apprêtait
00:03:45à quitter la France en avion.
00:03:47Soupçonnés d'être ceux
00:03:48qui se sont emparés des bijoux
00:03:49dans la galerie d'Apollon,
00:03:51ils ont partiellement reconnu les faits.
00:03:52Le premier, âgé de 34 ans
00:03:55et de nationalité algérienne.
00:03:57Déjà connu des services de police
00:03:58et de justice pour des faits
00:04:00relevant essentiellement
00:04:01de la délinquance routière,
00:04:03il a également été condamné
00:04:05pour un fait de vol.
00:04:06Le deuxième suspect est âgé de 39 ans.
00:04:09Il est déjà connu pour des faits
00:04:11de vol aggravés,
00:04:13perpétrés en 2008 et 2014.
00:04:16Puis le 29 octobre,
00:04:18quatre jours plus tard,
00:04:19nouveau coup de filet.
00:04:20Cinq hommes sont placés en garde à vue.
00:04:21Selon la procureure,
00:04:23l'ADN permet de lier
00:04:24l'un d'entre eux au braquage.
00:04:26À ce jour,
00:04:27quatre personnes ont été mises
00:04:28en examen dans ce dossier.
00:04:30L'une d'entre elles,
00:04:30une femme de 38 ans,
00:04:32a été remise en liberté
00:04:33sous contrôle judiciaire.
00:04:35Plus d'un mois après le cambriolage,
00:04:37les bijoux n'ont toujours pas été retrouvés.
00:04:40On en parle avec les invités
00:04:41d'Affaires suivantes.
00:04:42Bonjour David Desclos.
00:04:43Merci d'être avec nous aujourd'hui.
00:04:44Vous êtes ancien braqueur et détenu.
00:04:46Aujourd'hui, comédien.
00:04:47Soyez le bienvenu.
00:04:48Nous accompagne également
00:04:49Jacques-Charles Fonbonne.
00:04:50Bonjour.
00:04:50Général de gendarmerie,
00:04:52consultant police,
00:04:52justice BFM TV.
00:04:54À vos côtés,
00:04:54Général Jean-Yves Leborgne.
00:04:55Bonjour maître,
00:04:56avocat,
00:04:57pénaliste au barreau de Paris,
00:04:59auteur du livre intitulé
00:04:59« Coupable liberté »
00:05:01aux éditions Fayard.
00:05:02Céline Rose David
00:05:03complète ce plateau.
00:05:04Bonjour et bienvenue.
00:05:05Vous êtes gémologue
00:05:06et directrice des expertises
00:05:07de la société de vente
00:05:08de bijoux,
00:05:09les héritières.
00:05:10Bienvenue à tous les cinq.
00:05:12Je vous inclue,
00:05:13Laurent,
00:05:14un mois après,
00:05:16cinq semaines pour être exact.
00:05:17Est-ce que vous êtes surpris
00:05:19qu'on en soit là ?
00:05:19C'est-à-dire trois membres
00:05:20présumés du commando
00:05:21mis en examen,
00:05:22placés en détention provisoire,
00:05:23le quatrième toujours dans la nature,
00:05:24d'autres suspects recherchés
00:05:25et puis les bijoux de la couronne,
00:05:27des joyeux de la couronne,
00:05:28eux,
00:05:28introuvables,
00:05:29huit pièces en réalité inestimables.
00:05:31– Il manque les bijoux,
00:05:33il manque le quatrième homme
00:05:34puisqu'on sait qu'ils étaient quatre
00:05:35le 19 novembre autour de la nacelle
00:05:39et puis surtout il manque le commanditaire,
00:05:42c'est-à-dire on le sent bien
00:05:44dans les auditions des trois suspects
00:05:46à ce stade qu'ils ne sont pas,
00:05:50c'est à la conviction des policiers,
00:05:52à l'initiative de tout ça.
00:05:54Ils ont agi sur…
00:05:55D'ailleurs, ils le reconnaissent,
00:05:56il y en a deux,
00:05:57les deux qui ont été arrêtés en premier
00:06:00qui disent qu'on leur a demandé de faire ça
00:06:02et qu'ils auraient remis les bijoux
00:06:04à un mystérieux intermédiaire.
00:06:07On les voit mal dire autre chose à ce stade,
00:06:09mais c'est vrai que les policiers
00:06:11sont sur la piste d'un possible cerveau
00:06:14de toute l'opération.
00:06:15– Il y a encore énormément de questions
00:06:17sans réponses, de bijoux,
00:06:19aussi, voire surtout,
00:06:21d'après nos informations,
00:06:2250 enquêteurs sont toujours sur le dossier,
00:06:26ils restent mobilisés sur ce dossier extraordinaire,
00:06:29ces deux fois moins que les premières semaines,
00:06:31mais ça reste encore tout à fait conséquent,
00:06:33n'est-ce pas ?
00:06:34– Oui, ça reste très important,
00:06:35mais je pense qu'il y a eu peut-être
00:06:37un changement de direction d'enquête.
00:06:40La Direction nationale de la police judiciaire,
00:06:42qui est à Nanterre,
00:06:43dispose d'un office particulier
00:06:44qui est l'OCBC,
00:06:46l'Office central de lutte
00:06:48contre le vol et le trafic des biens culturels.
00:06:50Ce qu'ils apportent dans cette affaire,
00:06:54c'est leur spécialité,
00:06:56surtout leur spécialité,
00:06:57dans un segment d'infraction
00:06:59qui est très réduit.
00:07:01Ça veut dire quoi ?
00:07:02Ça veut dire qu'ils ont des informateurs,
00:07:05ça veut dire qu'ils connaissent les receleurs,
00:07:07ça veut dire qu'ils ont connaissance
00:07:09des circuits d'exfiltration des bijoux,
00:07:13des circuits de vente.
00:07:14Alors, malgré, j'allais dire,
00:07:16malgré le foin qu'a fait cette affaire,
00:07:17malgré le retentissement médiatique,
00:07:19ça doit forcément bouger à un moment donné.
00:07:22Il est possible, en revanche,
00:07:23que ça bouge lentement.
00:07:24C'est-à-dire, comme on dit,
00:07:26les objets sont un peu chauds.
00:07:28Personne ne veut sortir tout de suite
00:07:30parce que si une information fuite,
00:07:32si quelqu'un se met à table,
00:07:34à ce moment-là,
00:07:35eh bien, on a encore les bijoux en sa possession
00:07:37et il sera beaucoup plus difficile
00:07:39de se cacher et de les garder
00:07:41que si on bouge,
00:07:42si on essaye de les vendre,
00:07:43si on reprend contact avec le milieu
00:07:45dans deux ans, trois ans, quatre ans.
00:07:47C'est-à-dire qu'un membre présumé du commando
00:07:49manque toujours à l'appel.
00:07:51Les langues peuvent se délier
00:07:52avec le temps ?
00:07:54Le temps favorise l'erreur
00:07:56d'un ou plusieurs suspects
00:07:57toujours en fuite ?
00:07:59Les langues pourraient se délier,
00:08:01mais généralement, à ce niveau-là,
00:08:03il y a le code d'honneur,
00:08:04ça ne parle pas.
00:08:05Il y a aussi la peur des représailles.
00:08:06Si on parle, il y a les représailles.
00:08:08Donc, c'est un tout.
00:08:09Et donc, c'est vrai que ça pourrait,
00:08:12les langues pourraient se délier,
00:08:13mais moi, je pense qu'il y a une grande chance
00:08:16que ça ne parle pas.
00:08:18Ça ne parle pas parce qu'on ne choisit pas,
00:08:21quand on fait le casting pour monter sur ce coup-là,
00:08:24on fait le casting en fonction de personnes
00:08:26qui, probablement, ont le code d'honneur,
00:08:28ne parlent pas.
00:08:29Et ils savent aussi, il y a les représailles,
00:08:30c'est des pères de famille,
00:08:31il y a toute la famille.
00:08:32Donc, c'est trop, trop chaud.
00:08:33Ils ne peuvent pas parler.
00:08:35C'est trop...
00:08:35Parfois, on parle sans le savoir,
00:08:37si je puis dire.
00:08:37Laurent, 50 enquêteurs toujours mobilisés,
00:08:40ça veut dire aussi potentiellement
00:08:42des opérations d'écoute.
00:08:44Oui, ça a des surveillances.
00:08:46Mais ça, on le sait, les policiers,
00:08:47enfin, ils avaient...
00:08:49Le braquage a lieu le dimanche.
00:08:51Le mardi ou le mercredi,
00:08:52le mercredi au plus tard,
00:08:53ils ont les ADN.
00:08:54Ils ont trois ADN suspects.
00:08:56Ils savent que ces ADN, ils matchent,
00:08:57puisque au moins les trois personnes arrêtées,
00:09:00ils ont déjà des antécédents judiciaires.
00:09:02Donc, leur ADN était déjà dans le fichier.
00:09:04Ils en arrêtent deux, on le sait pourquoi,
00:09:05parce qu'un des deux,
00:09:07est à Roissy
00:09:09et est en train de prendre l'avion pour l'Algérie
00:09:10avec un billet, un aller simple.
00:09:12Donc, les policiers,
00:09:13qui sont déjà derrière lui à ce moment-là,
00:09:15décident le go de l'interpellation.
00:09:18Donc, ils arrêtent le premier,
00:09:19ils arrêtent le second,
00:09:21le fameux doudou Crosbitum.
00:09:23Ils l'arrêtent à Aubervilliers,
00:09:25dans la foulée de l'arrestation de Roissy.
00:09:27Ce n'est pas leur timing aux enquêteurs,
00:09:29à ce moment-là,
00:09:29puisque leur timing,
00:09:30c'est plutôt de les surveiller.
00:09:32D'ailleurs, ils vont surveiller le troisième,
00:09:33puisque le troisième et sa femme
00:09:34sont arrêtés quatre jours plus tard.
00:09:38Ils étaient évidemment sous surveillance.
00:09:39C'est un père de famille de trois enfants,
00:09:42et il a déjà été condamné en 2019
00:09:46avec Dodo Crosbitum
00:09:47pour trois ans de braquage
00:09:48d'une bijouterie à Barbès.
00:09:52Donc, les enquêteurs avaient son ADN,
00:09:54ils le soupçonnent d'être
00:09:55l'auteur du vol de la nacelle.
00:09:57Donc, ils étaient derrière lui,
00:09:58ils sont derrière lui au maximum.
00:10:00Le général sait bien ça,
00:10:01dans le but d'aller au plus loin possible,
00:10:03de complices,
00:10:04et puis éventuellement des bijoux.
00:10:07Mais là, c'est vrai que, pour l'instant,
00:10:08autant ils ont été très rapides
00:10:10dans le démantèlement de ces trois,
00:10:12même s'il n'y en a que trois pour les quatre,
00:10:14et qu'ils ne donnent pas le quatrième,
00:10:16évidemment.
00:10:17Mais en revanche,
00:10:18ils sont un peu à sec,
00:10:19à ce stade,
00:10:21sur le commanditaire
00:10:22et la décennation des bijoux.
00:10:24Maître Leborgne,
00:10:25vous êtes bien placé pour savoir
00:10:26que le temps judiciaire
00:10:28n'est pas le temps médiatique
00:10:29ou l'inverse.
00:10:31Il peut, en apparence,
00:10:32ne rien se passer,
00:10:34mais ça peut beaucoup s'agiter en coulisses.
00:10:36– Il est clair qu'il se passe…
00:10:37– Dans une affaire comme celle-là,
00:10:38y compris.
00:10:38– Oui, il se passe certainement
00:10:40beaucoup de choses en coulisses
00:10:41dans le cadre de l'enquête
00:10:42qu'on ne peut pas rendre publiques,
00:10:44c'est une évidence.
00:10:46Mais, comme le disait Laurent Valdiguier
00:10:47tout à l'heure,
00:10:48je pense qu'on a affaire
00:10:50à une équipe d'exécutants.
00:10:52D'abord, je ne suis pas sûr
00:10:54que la personnalité de ceux
00:10:56qu'on a interpellés
00:10:57corresponde à des visiteurs
00:10:59habituels du Louvre
00:11:00et à la connaissance
00:11:01de l'existence, simplement,
00:11:03de ces bijoux
00:11:03qui ont été dérobés.
00:11:05Donc, probablement,
00:11:06il s'agit d'une commande,
00:11:08comme vous le disiez.
00:11:09À partir de là,
00:11:10l'inquiétude sur la récupération
00:11:13des bijoux peut être forte
00:11:15parce qu'il n'est pas certain
00:11:17que l'idée soit
00:11:19de décortiquer ces bijoux
00:11:22et de les vendre
00:11:23pierre par pierre
00:11:24car je me suis laissé dire,
00:11:25mais vous nous le préciserez,
00:11:27madame,
00:11:27que ces bijoux du XIXe siècle
00:11:29n'étaient pas
00:11:30faits de pierre extraordinaire.
00:11:33Alors, s'il s'agissait
00:11:34d'une commande
00:11:36pour l'objet entier,
00:11:38d'une sorte de collectionneur
00:11:41un peu fou,
00:11:42c'est concevable,
00:11:44c'est imaginable.
00:11:45On n'en sait rien, nous,
00:11:46à ce jour.
00:11:47Si telle était la situation,
00:11:50il n'est pas impossible
00:11:51qu'on ait beaucoup de mal
00:11:53à retrouver ces bijoux.
00:11:54Vous êtes-vous fait une raison ?
00:11:56Alors, selon moi,
00:11:57on est vraiment
00:11:58dans ce système de commande
00:12:00parce que ce ne sont pas
00:12:01des bijoux, on va dire,
00:12:03les plus chers
00:12:03qui ont été choisis.
00:12:04Ils n'ont pas de prix.
00:12:05Voilà.
00:12:06Mais en fait,
00:12:07quand on est expert,
00:12:08on met un prix sur les choses.
00:12:09Mais il s'agit
00:12:11de bijoux emblématiques,
00:12:13de bijoux historiques.
00:12:14et ça correspond parfaitement
00:12:16au désidérata
00:12:17d'un collectionneur.
00:12:18Alors, ce qui se passe,
00:12:19et ça s'est vu déjà
00:12:20de multiples fois,
00:12:22on a vu,
00:12:23lors d'ouverture de coffres,
00:12:24après 3, 4, 5 générations,
00:12:27des bijoux réapparaître
00:12:28et refaire surface
00:12:30et on les croyait perdus
00:12:31ou détruits.
00:12:32Et je dois signaler
00:12:33que, par exemple,
00:12:34avec les héritières,
00:12:35nous avons l'habitude
00:12:37de faire l'ouverture
00:12:38de ces coffres
00:12:39dans des familles,
00:12:41on va dire,
00:12:43voilà, respectables.
00:12:44Et nous avons souvent
00:12:46les bijoux
00:12:47qui sont accompagnés
00:12:48des archives de la famille.
00:12:50Et donc, là,
00:12:50ça justifie tout à fait
00:12:52la présence
00:12:53de tel ou tel bijou
00:12:53dans le coffre.
00:12:54Les hypothèses
00:12:56qui se présentent à nous
00:12:57nous conduisent à penser
00:12:58que, potentiellement,
00:12:59les enquêteurs
00:12:59ne travaillent pas seuls.
00:13:00En tout cas,
00:13:01pas seulement
00:13:02sur le plan franco-français.
00:13:04Non, évidemment.
00:13:05Alors, il y a forcément...
00:13:06C'est aussi une difficulté
00:13:07pour les enquêteurs aujourd'hui.
00:13:07Oui, c'est une difficulté.
00:13:10Je pense que les enquêteurs
00:13:12disposent, en fait,
00:13:13de deux atouts.
00:13:15Il y a évidemment
00:13:16le fait qu'Interpol
00:13:17a rentré dans ses fichiers
00:13:19avec leur description,
00:13:20parce qu'évidemment,
00:13:20la description,
00:13:21le musée du Louvre
00:13:22l'avait,
00:13:23ces objets
00:13:23comme étant des objets
00:13:24recherchés.
00:13:25Mais, à l'aune
00:13:26de ce que je disais
00:13:26tout à l'heure,
00:13:28à mon avis,
00:13:28ça ne va pas bouger,
00:13:29ça ne va pas bouger
00:13:30tout de suite.
00:13:31Et puis,
00:13:31les trafics de diamants
00:13:33se font surtout
00:13:34sur le nord de l'Europe.
00:13:36Le Benelux
00:13:37et notamment la Belgique.
00:13:39Envers ?
00:13:39Voilà,
00:13:40qui enversent,
00:13:41évidemment,
00:13:41parce que c'est
00:13:42le plaque tournante
00:13:43des diamants
00:13:44et aussi parce que
00:13:45la Belgique avait
00:13:46un système particulier
00:13:47pour envisager
00:13:48le recel.
00:13:50Ce qui fait que ça
00:13:50attirait tous les objets
00:13:51volés d'Europe
00:13:52et, évidemment,
00:13:54dans le cadre
00:13:55de l'Union,
00:13:55dans le cadre de l'Union
00:13:56européenne,
00:13:57on aura
00:13:58et on a
00:13:59une collaboration
00:14:00policière
00:14:01qui est complète
00:14:02et qui est facile.
00:14:02Au passage,
00:14:03il y a un réseau officiel,
00:14:04si je puis dire,
00:14:04un réseau parallèle,
00:14:05mais quand on est
00:14:05un braqueur
00:14:06et, en l'occurrence,
00:14:06qu'on s'empare
00:14:08de bijoux,
00:14:09la méthode privilégiée,
00:14:10si je puis dire,
00:14:11c'est de s'en débarrasser
00:14:13le plus vite possible.
00:14:13Exactement.
00:14:14Comme on vient de dire,
00:14:15ils sont chauds,
00:14:16c'est chaud.
00:14:16Donc, plus vite
00:14:17on s'en débarrasse,
00:14:18plus vite on est tranquille.
00:14:19Et moi,
00:14:20je rejoins tout ce que
00:14:21vous venez de dire,
00:14:22mais j'ai aussi
00:14:23une autre petite hypothèse
00:14:24qu'il faut mettre en bas.
00:14:25J'ai connu
00:14:26un grand reselleur
00:14:27qu'on appelait
00:14:28le chimiste des bijoux,
00:14:30qui savait décortiquer
00:14:31les bijoux,
00:14:31qui savait les tailler,
00:14:32qui savait les trucs
00:14:33et on ne se la donnait pas,
00:14:34on ne pouvait plus savoir
00:14:35d'où ils venaient,
00:14:36ces bijoux,
00:14:36voilà,
00:14:37une fois qu'ils étaient...
00:14:38Alors, certes,
00:14:39ils perdent de leur valeur,
00:14:41ils perdent énormément
00:14:41de leur valeur,
00:14:42mais ils valent encore.
00:14:43Vous m'arrêtez,
00:14:44si je me trompe ?
00:14:44Absolument,
00:14:45ils valent encore quelque chose.
00:14:46Ils vaudront encore.
00:14:47Et même si c'est
00:14:48plus 88 millions
00:14:50et que ça reste
00:14:514, 5, 6, 7 millions,
00:14:52ça vaut encore le coup
00:14:53pour...
00:14:54Voilà.
00:14:55Et c'est une chaîne,
00:14:56le reselle.
00:14:56Vous avez les braqueurs,
00:14:57vous avez le fusible
00:14:58qui est intermédiaire
00:15:00avec les reselleurs
00:15:01et le fusible,
00:15:02il ne parle pas,
00:15:03donc il donne aux reselleurs
00:15:04et si c'est les reselleurs
00:15:05comme j'en ai connu
00:15:06qui savent décortiquer,
00:15:08qui savent tailler,
00:15:08qui savent rien
00:15:09et qui ensuite part
00:15:10et ça part,
00:15:11ça peut même partir
00:15:11à les narcos,
00:15:12ça part tellement de choses
00:15:14que les bijoux,
00:15:15vous avez quand même
00:15:16beaucoup de chance
00:15:16de ne jamais les retrouver.
00:15:18Et voilà.
00:15:19Alors, ce que je voulais dire,
00:15:20c'est que,
00:15:21en tout cas pour les pierres précieuses,
00:15:23nous avons là des pierres de couleur,
00:15:24des émeraudes,
00:15:25des saphirs de très belle qualité,
00:15:27notamment des saphirs de Ceylan.
00:15:28Il est clair que tous les experts
00:15:30d'Europe, voire du monde,
00:15:32parce qu'on fait partie
00:15:33d'une très grande confédération,
00:15:35aussi bien experts civils
00:15:36que judiciaires,
00:15:37on connaît parfaitement
00:15:38les inclusions
00:15:39qui se trouvent dans ces pierres.
00:15:41Donc, il y en a certaines
00:15:42qui sont reconnaissables
00:15:43au premier coup d'œil.
00:15:43On pourrait les retailler.
00:15:45Au lieu de les faire carrer
00:15:46et les faire ronds,
00:15:47les inclusions qui sont
00:15:48au centre des pierres
00:15:49seraient reconnaissables.
00:15:50Donc, dès qu'on voit arriver
00:15:52un saphir de Ceylan
00:15:53de grande dimension
00:15:54ou une émeraude colombienne
00:15:56de grande dimension,
00:15:58on aurait déjà
00:15:58la puce à l'oreille
00:15:59et il est le devoir
00:16:00de l'expert,
00:16:01à ce moment-là,
00:16:02d'avertir la police judiciaire
00:16:03d'éventuellement
00:16:06quelque chose qui se passe
00:16:07et qui n'est pas normal.
00:16:08Les émerauds,
00:16:09c'est les grosses pierres vertes
00:16:11offertes par Napoléon
00:16:12à Marie-Louise
00:16:13pour leur mariage.
00:16:14Et les saphirs,
00:16:15c'est ces énormes pierres bleues
00:16:17du diadème.
00:16:19Mais le risque,
00:16:21c'est de retailler
00:16:23tous les petits diamants.
00:16:24Il y a 8 000 petits diamants.
00:16:25On se dit que ces 8 000 petits diamants,
00:16:27ils ont une valeur marchande
00:16:28alors qu'elle n'est pas énorme.
00:16:29Ils n'en tueront jamais
00:16:3088 millions d'euros.
00:16:31Donc il faut savoir,
00:16:32on est sur des bijoux anciens.
00:16:33Donc ce sont des diamants
00:16:35qui sont des tailles anciennes.
00:16:36Pour les retailler
00:16:37en taille moderne,
00:16:39on perd plus de 30 à 40 %
00:16:41du poids des pierres.
00:16:42Donc ça,
00:16:42c'est aussi à prendre en compte.
00:16:44Et il faut savoir aussi
00:16:45que lorsque les diamants
00:16:46étaient sortis des mines
00:16:47au 19e siècle,
00:16:48on ne regardait pas
00:16:49la qualité et les inclusions
00:16:50qui étaient dedans.
00:16:51Donc ils sont fragiles.
00:16:52Général Fombein.
00:16:53Oui, mais je ne suis pas sûr
00:16:55qu'une des deux hypothèses
00:16:57prenne le lead.
00:16:59Démonter,
00:17:00ça perd effectivement
00:17:01de sa valeur,
00:17:02même si ça en garde
00:17:03beaucoup.
00:17:06Mais ça peut aussi
00:17:07intéresser un collectionneur
00:17:09parce qu'en l'état,
00:17:11c'est évidemment
00:17:11un souvenir historique.
00:17:13Mais je crois
00:17:13qu'il y avait
00:17:13à quelques dizaines
00:17:15de centimètres
00:17:16le fameux Réjean,
00:17:17le fameux diamant
00:17:19qui est énorme.
00:17:21Ça, évidemment,
00:17:22ce n'est pas travaillable.
00:17:23C'est la troisième vitrine.
00:17:24Voilà, c'est la troisième vitrine.
00:17:25Est-ce qu'ils n'ont pas eu le temps ?
00:17:27Mais si c'est un collectionneur,
00:17:28pourquoi ne l'ont-ils pas pris ?
00:17:30Maître Leborgne,
00:17:30Dernier point,
00:17:31dernière question.
00:17:32Est-ce que quelqu'un qui parle
00:17:33peut voir sa peine diminuer ?
00:17:36Celui qui collaborerait
00:17:41avec l'enquête,
00:17:42c'est-à-dire avec la poursuite judiciaire,
00:17:45pourrait faire valoir,
00:17:47bien évidemment.
00:17:48Et je pense qu'il y aurait
00:17:49une réception à cet argument
00:17:52pour sa défense,
00:17:54qu'il a collaboré,
00:17:55qu'il a permis,
00:17:56par exemple,
00:17:57soit d'identifier des personnes,
00:17:59en face de ça,
00:18:00il y a la cote d'honneur.
00:18:01Sous les réserves,
00:18:03bien sûr,
00:18:03du risque,
00:18:04soit encore de retrouver les bijoux.
00:18:07Mais je voulais juste faire un petit point.
00:18:09Nous avons,
00:18:11quelques heures après le vol,
00:18:13un individu
00:18:14qui est à l'aéroport
00:18:16et qui va partir.
00:18:17Ça veut dire
00:18:17qu'il ne s'intéresse plus à l'affaire.
00:18:19Ça veut dire
00:18:19qu'il n'est plus dans l'opération.
00:18:21Ça veut dire aussi
00:18:22qu'il a été probablement
00:18:24payé
00:18:25de ce qui lui était dû
00:18:27pour cette intervention.
00:18:29Nous sommes donc,
00:18:30à cause de cet élément-là,
00:18:33dans une situation
00:18:34de commandite probable.
00:18:36Et pour ma part,
00:18:38j'inclinerais plutôt
00:18:39à l'idée du collectionneur
00:18:41parce que ça suppose
00:18:42une mise de fond initiale,
00:18:45celle qui rétribue
00:18:46les acteurs,
00:18:47qui n'attend pas
00:18:48la commercialisation
00:18:50du butin.
00:18:51Affaire suivante,
00:18:52c'est le cas de le dire.
00:18:53On ne lâche pas cette affaire,
00:18:55en tout cas sur BFM TV,
00:18:56encore moins dans cette émission.
00:18:57Merci à tous les quatre
00:18:58dans quelques instants.
00:18:59Un entretien exceptionnel
00:19:01et bouleversant,
00:19:02je dois le dire,
00:19:03celui que nous ont accordé
00:19:05cette semaine
00:19:06la mère et le frère de Lola.
00:19:08Ils nous ont reçus
00:19:09chez eux
00:19:09dans le Pas-de-Calais.
00:19:11Entretien en longueur,
00:19:12confession,
00:19:13dans quelques instants.
00:19:13On va faire suivante.
00:19:14A tout de suite.
00:19:1613h30,
00:19:16soyez les bienvenus
00:19:17si vous nous rejoignez
00:19:17dans l'affaire suivante.
00:19:18Il y a un mois,
00:19:19tout juste,
00:19:20la meurtrière de Lola,
00:19:2112 ans,
00:19:21devenait la première femme
00:19:22en France à être condamnée
00:19:23à la peine maximale,
00:19:24la perpétuité incompressible.
00:19:26Depuis ce verdict,
00:19:27les proches de Lola,
00:19:28sa mère, son frère,
00:19:29ne se sont quasiment pas exprimés.
00:19:31Delphine et Thibault Davier
00:19:32nous ont accordé
00:19:33un long entretien
00:19:34cette semaine.
00:19:35Chez eux,
00:19:36interview réalisée
00:19:37avec Stan Guéhenne,
00:19:38Lucie Mamon,
00:19:38Romain Smith
00:19:39et Quentin Roland
00:19:40pour affaire suivante.
00:19:42Delphine,
00:19:43Davier,
00:19:44Thibault,
00:19:44Davier,
00:19:44bonjour.
00:19:45Bonjour.
00:19:45Merci à tous les deux
00:19:47d'avoir accepté
00:19:47de nous recevoir
00:19:48chez vous
00:19:49à Lillère,
00:19:50dans le Pas-de-Calais.
00:19:51un mois tout juste
00:19:53après le verdict.
00:19:55Comment allez-vous,
00:19:56Delphine ?
00:19:57Ça va,
00:19:57soulagée.
00:19:59Une partie de moi
00:20:00est soulagée
00:20:00en sachant
00:20:01que la chose
00:20:03sera toujours enfermée
00:20:04jusqu'au bout de sa vie.
00:20:07Mais après,
00:20:07bon,
00:20:08il faut un jour
00:20:09après l'autre.
00:20:10C'est ce qu'on se dit.
00:20:10Il faut attendre
00:20:11petit à petit
00:20:12que ça s'atténue.
00:20:14Mais c'est encore compliqué.
00:20:16Vous, Thibault,
00:20:17un mois après le verdict,
00:20:18comment vous digérez,
00:20:20si je puis dire,
00:20:21la conviction ?
00:20:21Au début,
00:20:23c'était dur
00:20:23parce que j'avais toujours
00:20:26les images en tête
00:20:27de tout ce qui s'était dit.
00:20:29Et là,
00:20:30je commençais à être soulagé
00:20:31car elle n'a pas pu
00:20:32faire appel.
00:20:33Du coup,
00:20:33on ne va pas pouvoir
00:20:34revivre ça.
00:20:36Et après,
00:20:37il y a toujours
00:20:37une partie de moi
00:20:38qui me dit
00:20:39que ça ne ramènera pas
00:20:41ma sœur
00:20:41dans tous les cas.
00:20:42Vous le disiez,
00:20:43vous l'évoquiez.
00:20:44Il y a quelques jours,
00:20:46par la voix de son avocat,
00:20:47Dabia Benkired
00:20:48a annoncé
00:20:49qu'elle ne ferait pas
00:20:50appel de sa condamnation.
00:20:52Elle est donc désormais
00:20:53condamnée définitivement
00:20:55à la prison à vie.
00:20:56Il n'y aura pas
00:20:57de nouveau procès.
00:20:58Quand vous avez appris
00:20:59qu'elle ne ferait pas appel,
00:21:02quelle avait été
00:21:02votre première réaction ?
00:21:03Vous avez été étonnée ?
00:21:06Oui, quand même.
00:21:07Parce qu'en sachant
00:21:08qu'elle aime parler d'elle,
00:21:10on s'était dit
00:21:11qu'elle va faire appel.
00:21:13Donc on craignait
00:21:14un petit peu ceci.
00:21:16Mais à la fin,
00:21:17au bout des dix jours,
00:21:18on se dit
00:21:18ça y est,
00:21:19c'est fini.
00:21:20On ne parlera plus d'elle.
00:21:22Je n'ai plus envie
00:21:22qu'on parle d'elle.
00:21:23Elle ne le mérite pas.
00:21:24Pour nous,
00:21:25pour moi.
00:21:25Vous disiez à ce moment-là,
00:21:27avant de savoir
00:21:27qu'elle ne ferait pas appel,
00:21:28que vous ne pourriez pas
00:21:29affronter un nouveau procès,
00:21:31revivre ces jours d'audience.
00:21:32Non, ça aurait été compliqué.
00:21:34Ça aurait été très compliqué
00:21:35de revivre
00:21:36six jours intensifs
00:21:38comme on a vécu, oui.
00:21:40Dabia Benkired
00:21:41pourra faire
00:21:43une demande
00:21:43de libération conditionnelle
00:21:45après 30 ans
00:21:46de réclusion criminelle.
00:21:47La procédure,
00:21:47je le précise,
00:21:48pour obtenir
00:21:49ce type d'aménagement
00:21:50de peine
00:21:51est extrêmement stricte.
00:21:53Néanmoins,
00:21:53elle pourrait,
00:21:54sur le papier,
00:21:55sortir de prison
00:21:57un jour.
00:21:59Qu'est-ce que cette
00:22:00perspective
00:22:01très hypothétique
00:22:03suscite
00:22:04chez vous,
00:22:05Delphine ?
00:22:06Je le vivrai très mal
00:22:08si un jour
00:22:09elle serait dehors,
00:22:10oui.
00:22:11Je ne serai pas bien.
00:22:12Pas bien.
00:22:13Même si au bout
00:22:13de 30 ans,
00:22:14j'en aurais quand même...
00:22:16Je ne serai peut-être
00:22:17plus là dans 30 ans,
00:22:18mais je ne serai pas bien.
00:22:22Non.
00:22:23Je n'aimerais pas
00:22:24qu'elle sorte.
00:22:24Enfin,
00:22:25je ne pense pas
00:22:25qu'elle sortira.
00:22:26Je ne pense pas.
00:22:27Je ne l'espère pas.
00:22:29Vous y pensez,
00:22:29vous, des fois ?
00:22:30Que peut-être
00:22:31elle pourrait
00:22:32un jour,
00:22:33dans longtemps,
00:22:34sortir de prison.
00:22:35Ça n'est pas
00:22:35complètement exclu.
00:22:38Déjà,
00:22:39je n'espère pas
00:22:39parce qu'elle ne mérite pas
00:22:41de revoir la lumière
00:22:42du jour.
00:22:43Et pour moi,
00:22:45ça reste une personne
00:22:45dangereuse.
00:22:47Ça veut dire,
00:22:48la laisser enfermer
00:22:49en prison,
00:22:49c'est quand même,
00:22:50pour moi,
00:22:51sauver plusieurs
00:22:52personnes plus faibles
00:22:53qu'elles.
00:22:55Du coup,
00:22:56ça a été quand même
00:22:57un soulagement
00:22:58quand on a entendu
00:22:59qu'elle
00:22:59ne sortira
00:23:01pas de prison
00:23:02normalement.
00:23:04La perpétuité réelle,
00:23:06la peine à laquelle
00:23:07elle a été condamnée
00:23:07et qui est désormais
00:23:08définitive,
00:23:09selon certains avocats
00:23:10qui ont réagi
00:23:11après le verdict,
00:23:12c'est une peine de mort
00:23:13qui ne dit pas son nom.
00:23:15Une façon pour eux
00:23:15de regretter,
00:23:16finalement,
00:23:16que cette peine existe.
00:23:18En tout cas,
00:23:18ça ressemble
00:23:19à un regret,
00:23:20à une critique.
00:23:22C'est,
00:23:23pour vous,
00:23:23une peine de mort
00:23:25déguisée,
00:23:26pour vous aussi ?
00:23:27Non,
00:23:28pour moi,
00:23:31de toute façon,
00:23:31elle ne mérite plus
00:23:31de sortir.
00:23:32Elle ne mérite pas
00:23:33d'autre pas
00:23:35que d'être
00:23:36entre quatre murs.
00:23:38Donc,
00:23:39non,
00:23:39pour moi,
00:23:40c'est une peine de mort.
00:23:43Non,
00:23:43pour moi,
00:23:43non.
00:23:44Et après,
00:23:44je ne suis pas pour
00:23:45la peine de mort.
00:23:47Si vous voulez savoir,
00:23:49je ne suis pas pour ça
00:23:49parce que,
00:23:50pour moi,
00:23:51il faut qu'elle
00:23:51qu'elle mérite
00:23:52d'être enfermée.
00:23:53Donc,
00:23:54pour moi,
00:23:54la peine de mort,
00:23:55c'est trop rapide.
00:23:57Donc,
00:23:57du jour au lendemain,
00:23:58voilà,
00:23:58c'est fini,
00:23:59on n'en parle plus.
00:23:59Ben non.
00:24:00Non,
00:24:00il faut qu'elle
00:24:01fasse sa vie
00:24:03et ses jours là-bas.
00:24:05Le 24 octobre,
00:24:07fin d'après-midi,
00:24:08le verdict est donc rendu.
00:24:10Peine maximale,
00:24:11perpétuité incompressible.
00:24:13Quand il tombe,
00:24:13ce verdict,
00:24:14vous êtes encore
00:24:14dans la salle d'audience,
00:24:15donc,
00:24:16vous ressentez quoi
00:24:17sur le moment ?
00:24:19Vous réagissez comment ?
00:24:20Sur le moment,
00:24:21je m'effondre
00:24:22dans les bras de mon fils
00:24:23en lui disant
00:24:25on l'a eu,
00:24:26on l'a eu.
00:24:28Donc,
00:24:28contente du verdict
00:24:30et contente
00:24:30qu'en France,
00:24:33il y a des peines
00:24:34qui existent
00:24:34et qu'il faut
00:24:35les appliquer.
00:24:38Donc,
00:24:38oui,
00:24:39je suis très contente
00:24:40de ce qui a été dit
00:24:41et de ce qui a été fait.
00:24:42Même réaction pour vous,
00:24:43Thibaut,
00:24:44au moment où
00:24:44le verdict est rendu ?
00:24:45Ben oui,
00:24:46parce que j'ai toujours eu peur
00:24:47qu'ils ne mettent pas
00:24:50cette peine
00:24:50et qu'ils mettent en dessous
00:24:51et qu'elle pourrait
00:24:52la sortir un jour.
00:24:53Et du coup,
00:24:54voir qu'ils ont vraiment
00:24:55mis la peine maximale
00:24:56et que tous les jurés
00:24:58ont dit oui
00:25:00à toutes les questions
00:25:01que le président
00:25:03avait écrites,
00:25:04ben ça m'a vraiment
00:25:05mis un soulagement
00:25:07et ça m'a fait
00:25:08beaucoup de bien.
00:25:09La justice
00:25:10a été rendue.
00:25:11Oui.
00:25:12C'est ce que vous disiez
00:25:13quand le verdict
00:25:15a été rendu,
00:25:15vous le dites toujours
00:25:16aujourd'hui avec un mois
00:25:17de recul.
00:25:18Oui, toujours, toujours.
00:25:19Je suis satisfaite
00:25:20de leurs décisions,
00:25:22des jurys,
00:25:22du président,
00:25:23de tout ce qui a été fait
00:25:24pour Malola.
00:25:27En sortant de la salle
00:25:28d'audience,
00:25:29il y a ce moment
00:25:29extrêmement poignant
00:25:31devant toutes les caméras
00:25:33qui étaient réunies.
00:25:35Vous laissez vraiment
00:25:35exprimer votre émotion.
00:25:37Oui, c'est rare.
00:25:39Très touchant.
00:25:41Dites, c'est rare.
00:25:42C'est très rare
00:25:43de ma part, oui.
00:25:43Je n'ai pas l'habitude
00:25:45de m'effondrer comme ça.
00:25:48Mais là, je pense
00:25:49que les nez,
00:25:50tout est parti.
00:25:52Il fallait que ça sorte.
00:25:53Donc, c'est sorti.
00:25:56Mais c'est très rare
00:25:57que je m'effondre comme ça,
00:25:58surtout devant des inconnus,
00:26:00encore.
00:26:00Même devant ma famille,
00:26:01je ne le fais pas.
00:26:03Donc, oui,
00:26:05mon corps,
00:26:06il fallait qu'il lâche.
00:26:07vous avez laissé
00:26:09exploser,
00:26:10si je puis dire,
00:26:10tout ce que vous avez
00:26:11contenu,
00:26:12notamment pendant
00:26:13une semaine,
00:26:14pendant ces six jours
00:26:15d'audience, en fait.
00:26:16C'est ça.
00:26:17Tout est sorti.
00:26:19Il fallait que ça sorte.
00:26:20Il faut que ça sorte.
00:26:21On me le conseille,
00:26:22mais des fois,
00:26:23ça reste trop ancré
00:26:24en moi.
00:26:26Voilà.
00:26:27Et en particulier,
00:26:28pendant ces six jours,
00:26:29c'est ça.
00:26:29d'un procès,
00:26:31d'une dureté
00:26:32à laquelle,
00:26:33j'imagine,
00:26:34vous attendiez,
00:26:35vous étiez préparée,
00:26:38vous avez vécu
00:26:38de quelle manière
00:26:40ce procès ?
00:26:42Après, oui,
00:26:44moi,
00:26:44je travaille beaucoup
00:26:45sur moi-même.
00:26:46J'ai toujours ma psy,
00:26:47aussi,
00:26:47qui me suit depuis trois ans
00:26:49et qui m'a aussi aidée
00:26:51à pouvoir combattre
00:26:53ces six jours
00:26:53à l'avance,
00:26:54on va dire.
00:26:56Et donc,
00:26:57je pense,
00:26:57oui,
00:26:57elle m'a beaucoup aidée
00:26:58sur ce sujet-là.
00:26:59Et je pense que
00:27:00c'est ce qui m'aide aussi.
00:27:01Ma famille était là aussi.
00:27:03Donc,
00:27:03toute ma famille,
00:27:04et ça aide beaucoup
00:27:05d'avoir ses proches
00:27:06à côté de soi.
00:27:07Oui.
00:27:07Comment vous l'avez vécu,
00:27:08Thibault,
00:27:09ce procès ?
00:27:10C'était aussi difficile
00:27:12que vous l'imaginiez ?
00:27:13Est-ce que la préparation
00:27:15à ce procès
00:27:16a permis d'atténuer
00:27:18un peu cette souffrance
00:27:20pendant le procès ?
00:27:21Comment vous l'avez vécu ?
00:27:22Moi,
00:27:23en préparation,
00:27:24je ne suis pas suivi.
00:27:26Du coup,
00:27:28moi,
00:27:29c'était juste
00:27:29moi et moi-même
00:27:30parce que
00:27:32je n'aime pas trop
00:27:33être suivi
00:27:34par un psy
00:27:34ou quoi.
00:27:36Et après,
00:27:37comment je l'ai vécu ?
00:27:39Dès le premier jour,
00:27:40on a vu la couleur.
00:27:42Ça commence d'un coup
00:27:43avec les images,
00:27:46la reconstitution.
00:27:50Et du coup,
00:27:51après,
00:27:52dès le premier jour,
00:27:53j'ai eu peur
00:27:53j'ai eu peur
00:27:53d'aller au second jour
00:27:57pour vivre ça.
00:28:00Vous vous êtes dit
00:28:00je ne vais pas pouvoir
00:28:02continuer
00:28:02à être
00:28:04présent
00:28:05à ce procès
00:28:06par moment
00:28:07et peut-être
00:28:08après les premières
00:28:08journées
00:28:10avec des moments
00:28:10qui ont dû être
00:28:11abominables,
00:28:12même si on vous l'avait dit,
00:28:13le fait de le vivre,
00:28:14c'est quand même
00:28:14autre chose.
00:28:16Il y a eu des moments
00:28:16comme ça
00:28:17dans le procès
00:28:17où vous avez eu
00:28:18des doutes sur
00:28:18est-ce que je reste ?
00:28:19Est-ce que je m'en vais ?
00:28:20Jamais ?
00:28:20Jamais.
00:28:21Non.
00:28:22Il fallait que je reste.
00:28:23Ah ouais ?
00:28:23Non.
00:28:24Il fallait que je sois là
00:28:25du début à la fin.
00:28:27Oui.
00:28:27Vous avez tout affronté.
00:28:28Oui.
00:28:29Vous avez tout,
00:28:30c'est un terme
00:28:30que vous utilisez,
00:28:31vous avez tout assumé.
00:28:32Oui.
00:28:33Les photos.
00:28:35Les photos.
00:28:37Et le regard.
00:28:39C'est ça.
00:28:40De ce monstre,
00:28:41de cette chose.
00:28:42Ce sont vos mots,
00:28:43Delphine.
00:28:44Ce sera les murs, oui.
00:28:45Vous l'avez regardé
00:28:45droit dans les yeux.
00:28:46Oui.
00:28:46Vous aussi, hein, Thibaut ?
00:28:48Oui.
00:28:48Pendant ce procès.
00:28:50Qu'est-ce que vous y avez vu
00:28:51dans ces yeux-là ?
00:28:52Rien.
00:28:53Rien.
00:28:53Vide.
00:28:55Rien.
00:28:55Pas de sentiments.
00:28:57Pas de peine.
00:28:59Rien.
00:29:00On n'en déduit rien
00:29:01de son regard, en fait.
00:29:03Rien.
00:29:03Elle ne nous a jamais regardé
00:29:04vraiment à nous.
00:29:05Nous, elle ne nous a pas fixé.
00:29:07Alors, est-ce qu'elle osait pas
00:29:08ou je ne sais pas.
00:29:09Mais le premier jour
00:29:11qu'on lui a demandé
00:29:12de dire,
00:29:14c'est mon fils
00:29:14qui lui a demandé,
00:29:15mon droit dans les yeux,
00:29:16toute la vérité,
00:29:17rien que la vérité,
00:29:19il n'y avait rien
00:29:19dans son regard.
00:29:20Rien du tout.
00:29:21Vous aussi,
00:29:22vous avez tenu, Thibaut,
00:29:23à affronter son regard,
00:29:25en tout cas,
00:29:26vous,
00:29:27à la regarder.
00:29:27Si elle ne vous a pas regardé,
00:29:29vous,
00:29:29vous l'avez regardé.
00:29:30C'était vraiment délibéré.
00:29:31C'était une volonté
00:29:32ferme de votre part.
00:29:33Il fallait que je la regarde
00:29:35parce qu'en quelque sorte,
00:29:37c'est ma sœur.
00:29:39La dernière personne
00:29:40qu'elle a vue,
00:29:41c'est elle.
00:29:44Du coup,
00:29:44il fallait que je vois
00:29:45vraiment à quoi elle ressemble,
00:29:46ses sentiments ou quoi.
00:29:49Et après,
00:29:50pendant tout le long du...
00:29:50Les sentiments,
00:29:51pardon,
00:29:51vous en avez perçu ?
00:29:52Non.
00:29:53Chez cette femme,
00:29:54cette jeune femme.
00:29:55Pendant tout le long du procès,
00:29:57je n'ai pas eu un seul moment
00:29:58où j'avais l'impression
00:30:00qu'elle était dégoûtée
00:30:01d'être là.
00:30:03Juste,
00:30:03elle était là
00:30:04et pas en bas,
00:30:05même pendant...
00:30:06Vous auriez préféré
00:30:06de la colère
00:30:07ou quelques formes
00:30:10de sentiments que ce soit
00:30:10plutôt que ce rien,
00:30:13comme vous dites ?
00:30:13Peut-être même pas.
00:30:15Je n'attendais rien d'elle,
00:30:15en fait.
00:30:17Donc,
00:30:18moi,
00:30:18je n'attendais rien
00:30:19en retour de sa part.
00:30:19Tout le compte fait.
00:30:21Peut-être autre chose,
00:30:22ça ne m'aurait pas non plus...
00:30:25Voilà.
00:30:25Lors de sa dernière prise de parole,
00:30:28à la fin,
00:30:29à la toute fin du procès,
00:30:30d'Abiyah Benkirède
00:30:31a demandé pardon.
00:30:33Vous souriez,
00:30:34Delphine.
00:30:35Est-ce que vous pensez
00:30:36pouvoir le lui accorder un jour ?
00:30:38Non.
00:30:40Non.
00:30:41Ça, je ne peux pas.
00:30:42Non.
00:30:43C'est pas...
00:30:44Non, je ne pourrais pas.
00:30:45Ce n'est pas pardonnable.
00:30:47Il n'y a pas de mots.
00:30:48Il n'y a pas de...
00:30:49C'est tellement cruel
00:30:50de ce qu'elle a fait
00:30:51que je ne pourrais jamais
00:30:54la regarder et lui dire
00:30:55je te pardonne.
00:30:57Non, je ne peux pas.
00:30:58Moi, pareil.
00:31:01Ce n'est même pas un mot
00:31:02qui me reste dans la tête.
00:31:05Le pardon, pour elle,
00:31:06je n'en ai aucun.
00:31:07Vous aviez demandé la vérité.
00:31:09Vous, vous aviez demandé la vérité.
00:31:10Vous ne l'avez pas obtenue.
00:31:12C'est-à-dire qu'elle n'a pas livré
00:31:13de véritable réponse
00:31:13sur le processus
00:31:15qui l'a fait passer à l'acte
00:31:17quand vous disiez au tout début
00:31:18qu'une part de vous
00:31:20était soulagée.
00:31:23Et c'est lié à ça, notamment ?
00:31:24Au fait que vous n'avez pas eu
00:31:25toutes les explications
00:31:26que vous attendiez
00:31:26pendant ce procès ?
00:31:28On ne saura vraiment jamais
00:31:30la vérité à 100%
00:31:31de sa part
00:31:33parce qu'elle a tellement changé
00:31:34et changé de version
00:31:35que je pense que...
00:31:38Non, on ne saura jamais
00:31:39le pourquoi.
00:31:40Pourquoi Lola ?
00:31:41Pourquoi nous ?
00:31:42Pourquoi...
00:31:44On n'aura jamais la réponse.
00:31:44Malheureusement, on ne l'aura pas.
00:31:47Et ça reste un regret
00:31:50ou vous avez tourné la page
00:31:51même de cela ?
00:31:52Ça reste dans ma tête.
00:31:53Ça reste dans vos têtes ?
00:31:54Oui.
00:31:55Je me poserai toujours la question.
00:31:57Pourquoi elle l'a suivie ?
00:31:58Pourquoi...
00:31:59Pourquoi elle l'a choisi elle ?
00:32:02Pourquoi...
00:32:04Tout ça, tout ça, on ne sait pas.
00:32:05Elle ne l'a jamais dit.
00:32:07Et puis comme elle a changé
00:32:08de version tout le temps,
00:32:11on ne saura jamais vraiment
00:32:12le fameux, je ne pense pas.
00:32:14Et pour cette absence
00:32:16d'explications concrètes parfois,
00:32:18est-ce que, je ne sais pas,
00:32:19vous vous accrochez
00:32:20à une hypothèse ?
00:32:22Je ne sais pas, vous me dites
00:32:23de toute façon,
00:32:24il n'y a rien à comprendre.
00:32:25Un tel geste, un tel acharnement,
00:32:27il n'y a rien à comprendre.
00:32:28Non, vous...
00:32:29Non, je ne pense pas...
00:32:29Vous voudriez quand même avoir...
00:32:31Oui, j'aurais aimé quand même.
00:32:32Au fond de moi, oui.
00:32:33J'aurais aimé avoir
00:32:34des réponses plus claires,
00:32:35plus nettes.
00:32:39Et je me poserai toujours
00:32:40au sérieux avec la question
00:32:41pourquoi Lola l'aurait suivie.
00:32:42Après, c'est une très grande
00:32:46manipulatrice.
00:32:47Donc, Lola était très gentille aussi,
00:32:50elle disait oui aussi.
00:32:51Donc, elle a sûrement voulu l'aider
00:32:53et en contrepartie, voilà.
00:32:56Voilà ce qui s'est passé derrière.
00:32:57Qu'est-ce que vous dites
00:32:58aux gens qui,
00:33:02et ils sont très nombreux,
00:33:03s'émeufs de votre dignité,
00:33:08de votre force ?
00:33:10Vous avez impressionné.
00:33:12Vous vous impressionnez même.
00:33:13Vous en avez conscience ?
00:33:15Non, parce que...
00:33:16Alors, je n'aime pas les compliments.
00:33:19C'est peut-être bête,
00:33:21mais je n'aime pas recevoir
00:33:22des compliments.
00:33:25Je ne sais pas pourquoi,
00:33:26c'est comme ça.
00:33:27Je suis naturelle.
00:33:28Je ne veux pas expliquer
00:33:30le pourquoi du comment.
00:33:33J'ai été éduquée comme ça.
00:33:34Mes enfants sont éduqués pareil.
00:33:36Donc, voilà.
00:33:38On espère que...
00:33:39Et il fallait le faire pour Lola.
00:33:41Oui.
00:33:42Être comme on est
00:33:43de tous les jours.
00:33:45Votre naturel,
00:33:46vous l'avez, si je puis dire,
00:33:48augmenté.
00:33:49On regarde ce que vous estimiez
00:33:50de voir à votre fille.
00:33:52C'est un peu ça, en fait.
00:33:53C'est ça.
00:33:54Voilà.
00:33:55Il fallait combattre...
00:33:58Être fort pour Lola.
00:33:59Être fort aussi pour mon mari,
00:34:01qui n'est plus là non plus.
00:34:02Johan.
00:34:04Donc, ouais, c'est...
00:34:05Et on a vécu tellement de drames
00:34:07aussi dans notre famille.
00:34:09Ça renforce peut-être,
00:34:11pour ma part,
00:34:12peut-être que j'ai un caractère
00:34:14aussi comme ça.
00:34:16Donc, ouais,
00:34:17il fallait se battre.
00:34:19Une immense dignité aussi,
00:34:21au passage,
00:34:23au regard de la dimension politique
00:34:25de ce meurtre sordide
00:34:29d'Abiya Benkiré
00:34:30des temps algériennes,
00:34:31sous OQTF au moment des faits.
00:34:33Vous êtes devenue, malgré vous,
00:34:34symbole d'un combat.
00:34:36Vous avez toujours rejeté
00:34:37les tentatives d'exploitation politique.
00:34:39Oui.
00:34:39On n'est pas politique
00:34:40et on ne le saura jamais.
00:34:42Et ça, je veux qu'on respecte
00:34:44notre choix,
00:34:45parce qu'on n'a rien à faire là-dedans.
00:34:49C'est leur combat, eux,
00:34:50ce n'est pas le nôtre.
00:34:51Voilà, tout simplement.
00:34:53C'est tentant, parfois,
00:34:54c'est une question,
00:34:55c'est tentant, parfois,
00:34:56de se laisser aller,
00:34:59si je puis dire,
00:35:00à des choses qu'on peut ressentir
00:35:01dans ces tripes,
00:35:04de la colère à la haine.
00:35:07Vous parliez tout à l'heure
00:35:09de la peine maximale
00:35:11à laquelle elle a été condamnée.
00:35:12La peine de mort n'existe plus en France.
00:35:14Est-ce que, parfois, vous,
00:35:15Thibaut,
00:35:16un jeune homme,
00:35:17un jeune adulte,
00:35:18est-ce que, parfois,
00:35:19c'est des choses qui vous traversent
00:35:20l'esprit ou pas du tout ?
00:35:23Sur la peine de mort.
00:35:24Sur une volonté, parfois,
00:35:26de vengeance
00:35:28et sur la peine de mort.
00:35:31Par exemple,
00:35:32mais est-ce que c'est quelque chose
00:35:33qui vous a traversé l'esprit
00:35:34au regard de ce que vous avez vécu ?
00:35:36Pour être honnête,
00:35:39j'avais juste envie
00:35:41de lui sauter dessus
00:35:42dès que je l'ai vu arriver
00:35:44dans la salle.
00:35:46Après, je ne l'ai pas fait
00:35:46parce qu'on reste humain
00:35:49et on avait envie
00:35:51que ce procès se fasse
00:35:53dans les règles,
00:35:54on va dire.
00:35:54et après,
00:35:59comment dire ?
00:36:01Ouais, non,
00:36:02en tout cas,
00:36:02ça n'aurait servi à rien
00:36:03de franchir ce mur
00:36:06qui était entre elle et nous.
00:36:08Ça aurait fait plus de mal
00:36:09déjà à nous
00:36:12et ça aurait remis
00:36:15une mauvaise image
00:36:17que nous, en tout cas,
00:36:18on veut apporter.
00:36:22Vous êtes fière de votre fils ?
00:36:23Je vois votre regard.
00:36:26Ouais.
00:36:27Je suis très fière de lui.
00:36:28Il a mûri d'un coup
00:36:29et je le trouve très fort également.
00:36:33Ouais.
00:36:34Et je lui dis bravo.
00:36:36Je ne le dis pas tous les jours.
00:36:37Il le sait,
00:36:37mais il le sait ce que je pense
00:36:39et je suis fière de mon fils.
00:36:42Depuis le procès,
00:36:43depuis le verdict particulier,
00:36:44qu'est-ce qui a changé pour vous ?
00:36:46Qu'est-ce qui a changé en vous,
00:36:47même, je dirais, Delphine ?
00:36:50Moi, pas grand-chose.
00:36:53Je suis toujours suivie.
00:36:57Après, non,
00:36:58je n'ai pas changé plus que ça.
00:37:00Je penserais toujours la même chose.
00:37:04Après, peut-être des gens pensent
00:37:06que j'ai changé,
00:37:07mais peut-être que moi,
00:37:09je ne le vois pas comment je peux changer.
00:37:11Parce que des fois,
00:37:12on ne se rend pas compte
00:37:12comment on peut être
00:37:13et comment...
00:37:14Mais comme vous disiez tout à l'heure,
00:37:17il y a une part de moi
00:37:18qui est soulagée.
00:37:19Oui.
00:37:20Ça, c'est l'effet,
00:37:21l'effet verdict.
00:37:22C'est ça.
00:37:23La justice
00:37:23qui a été rendue,
00:37:25qui est passée.
00:37:25Oui.
00:37:26C'est une part seulement de vous
00:37:27qui est soulagée.
00:37:29C'est ça.
00:37:29L'autre part
00:37:30sera toujours
00:37:32triste
00:37:34et une partie de moi-même,
00:37:36moi,
00:37:36qui est partie avec Lola.
00:37:38Comme je dis,
00:37:39ma mini-moi,
00:37:39je l'ai toujours dit.
00:37:41On a été très fusionnel.
00:37:43Donc,
00:37:43cette partie-là,
00:37:44oui,
00:37:44me manquera tout le temps.
00:37:46Tout le temps.
00:37:46Et on a du mal
00:37:47à s'en remettre.
00:37:49Sur ça,
00:37:49en tout cas.
00:37:51C'est le temps
00:37:51qui atténue...
00:37:54Je ne sais pas
00:37:54si le temps peut atténuer
00:37:56parce que des fois,
00:37:58je me dis,
00:37:58ce n'est pas réel.
00:37:59Des fois,
00:37:59je me dis,
00:37:59c'est réel.
00:38:00Dans ma tête,
00:38:01c'est encore un peu ambigu,
00:38:03on va dire.
00:38:04Encore aujourd'hui ?
00:38:04Voilà.
00:38:05Encore aujourd'hui,
00:38:05oui.
00:38:06Malgré le procès
00:38:07qui a rendu
00:38:08très réel.
00:38:10Et des fois,
00:38:11je vais penser
00:38:11d'un seul coup,
00:38:12je vais repenser
00:38:12à tout ça
00:38:13et ça va m'arriver
00:38:15de faire des crises d'angoisse.
00:38:16Mais je ne le montre pas.
00:38:18On est ici à Lillère.
00:38:20Oui.
00:38:20Dans le Pas-de-Calais.
00:38:22Là où vous êtes née.
00:38:23Moi, je suis née,
00:38:24oui,
00:38:24dans le Pas-de-Calais.
00:38:25Je suis une vraie ch'ti,
00:38:27moi.
00:38:28Depuis le meurtre,
00:38:29vous avez déménagé.
00:38:32Voilà.
00:38:32Vous n'habitez plus Paris.
00:38:33Non.
00:38:34Vous vous dites
00:38:35que vous avez changé de vie
00:38:37d'une certaine manière
00:38:38à travers ce déménagement ?
00:38:40À travers tout ça,
00:38:41oui.
00:38:41On a changé de vie,
00:38:42oui, complètement.
00:38:43Parce qu'il fallait...
00:38:44On a tout perdu.
00:38:46On a perdu...
00:38:47Moi, j'ai perdu mon travail.
00:38:49Lui, ses amis,
00:38:50son lycée.
00:38:51Enfin, on perd tout.
00:38:53Tout s'effondre.
00:38:54Et on se dit,
00:38:56il faut se relever.
00:38:57Donc, oui,
00:38:58je suis revenue
00:38:58dans ma ville natale,
00:39:01on va dire.
00:39:01Et je suis très bien ici
00:39:03et je suis très bien entourée
00:39:04par les amis,
00:39:05la famille.
00:39:06Donc, oui,
00:39:07on est bien là.
00:39:08On est bien.
00:39:08Un retour aux sources,
00:39:09d'une certaine manière.
00:39:10C'est ça.
00:39:10Je crois que vous avez...
00:39:11C'est dans le Pas-de-Calais
00:39:12que vous avez donné naissance
00:39:13à Lola et à Thibaut.
00:39:16À Thibaut,
00:39:17puis à Lola.
00:39:17Lala, c'est ça.
00:39:18C'est ça.
00:39:19Oui, oui.
00:39:19Je voulais absolument accoucher
00:39:20dans le Pas-de-Calais.
00:39:22Voilà.
00:39:23Et j'en ai fait,
00:39:23oui, des ch'tis,
00:39:24du coup,
00:39:25plus ou moins,
00:39:25entre guillemets.
00:39:26Et donc,
00:39:26c'était réconfortant
00:39:27de revenir ici ?
00:39:28Oui.
00:39:29Ici ?
00:39:30Moi, je me sens bien ici.
00:39:31Dans ma ville natale,
00:39:32je me sens bien.
00:39:34Parlier des conséquences
00:39:35du meurtre de Lola,
00:39:37pour vous, Delphine,
00:39:38pour vous, Thibaut,
00:39:40aussi,
00:39:40ça nous amène
00:39:41à la question
00:39:42des dommages collatéraux.
00:39:44Une telle abomination
00:39:45après une telle horreur,
00:39:47celle de perdre un enfant,
00:39:48surtout dans ces conditions,
00:39:50notamment le lien
00:39:51sur le lien avec les autres.
00:39:54Leur empathie,
00:39:55mais parfois aussi
00:39:55leur pitié.
00:39:57Ça, c'est quelque chose
00:39:58dont on n'a pas forcément
00:40:00conscience
00:40:00quand on n'est pas concerné.
00:40:01Et vous, Delphine,
00:40:02vous le vivez au quotidien,
00:40:03j'imagine,
00:40:04ce changement du lien
00:40:05avec les autres
00:40:06depuis ce qui vous est arrivé.
00:40:08Moi, j'apprécie
00:40:09parce que les gens
00:40:10que je côtoie
00:40:11et ma famille
00:40:13respectent
00:40:14que je n'ai pas envie
00:40:15d'en parler.
00:40:16Quand j'ai envie,
00:40:17voilà,
00:40:17je vais le faire.
00:40:18Sinon,
00:40:19s'ils voient que
00:40:19je n'en parle pas,
00:40:23en fait,
00:40:23c'est très, très rare
00:40:25que je vais évoquer
00:40:26le sujet
00:40:26en famille
00:40:28ou entre amis.
00:40:29Et tous les gens
00:40:30respectent.
00:40:31Ils ne me posent pas
00:40:31de questions.
00:40:32Ils ne me regardent pas
00:40:33en pitié.
00:40:34Et ça,
00:40:35je préfère.
00:40:36Vous n'êtes pas que
00:40:38la mère de Lola
00:40:40comme si c'était inscrit
00:40:42sur votre front
00:40:43et que vous ne représentiez
00:40:44que ça.
00:40:45Je mets des guillemets,
00:40:46évidemment.
00:40:46Je suis une femme aussi.
00:40:48Je suis maman.
00:40:49Je suis une femme.
00:40:50j'ai un peu plusieurs rôles.
00:40:54Mais je n'aime pas
00:40:56qu'on me prenne en pitié.
00:40:57Ça,
00:40:58je ne voudrais pas.
00:41:00Je n'aimerais pas
00:41:00que quelqu'un dans la rue
00:41:01dise,
00:41:02oh,
00:41:02regarde,
00:41:02c'est la pauvre maman.
00:41:05Ben non,
00:41:06non,
00:41:06il ne faut pas dire ça.
00:41:07J'ai des beaux enfants.
00:41:09Voilà.
00:41:10Et ça,
00:41:11je suis fière
00:41:11de mes enfants.
00:41:12C'est la question
00:41:15d'avancer,
00:41:17de comment avancer
00:41:18après un tel drame
00:41:21où vous dites
00:41:21je suis une maman,
00:41:22je suis une femme.
00:41:24Il y a la vie sentimentale aussi.
00:41:26C'est ça.
00:41:27Il faut avancer.
00:41:28Il faut essayer
00:41:29jour après jour
00:41:30de...
00:41:31On se lève.
00:41:32Voilà.
00:41:33On se dit
00:41:33un jour après l'autre.
00:41:35Moi,
00:41:36actuellement...
00:41:36On se lève,
00:41:36on se relève.
00:41:38On se lève.
00:41:38Petit à petit,
00:41:39quand même,
00:41:39vous diriez-vous ?
00:41:39Petit à petit.
00:41:40Voilà.
00:41:41Des fois,
00:41:41je n'ai pas envie
00:41:41de me lever.
00:41:43Voilà.
00:41:43Mais je lui ai dit
00:41:44non,
00:41:44il faut y aller,
00:41:46il faut se battre.
00:41:47Et ouais.
00:41:48Donc, je le fais.
00:41:50Thibaut, c'est pareil.
00:41:50Vous êtes très fort.
00:41:51Vous êtes comme votre mère.
00:41:52Elle disait
00:41:53il y a quelques instants,
00:41:53mais sur vous aussi,
00:41:54évidemment,
00:41:55ça a eu des conséquences.
00:41:56Le fait de devoir,
00:41:58au-delà du drame,
00:41:59bien sûr,
00:41:59du meurtre,
00:42:00changer de ville,
00:42:02perdre ses amis,
00:42:05refaire une vie,
00:42:07se refaire un entourage,
00:42:08d'une certaine manière.
00:42:08Ça,
00:42:09vous estimez,
00:42:11avec le temps qui passe,
00:42:12que vous réussissez plutôt bien
00:42:13à le faire.
00:42:14C'est quand même un cataclysme
00:42:15dans une vie.
00:42:17Vous êtes jeune.
00:42:19Au début,
00:42:20ça a été très compliqué.
00:42:21Car on était chez ma mamie.
00:42:24et moi,
00:42:26je restais dans ma chambre.
00:42:27Je ne bougeais pas.
00:42:28Je m'enfermais dans ma bulle.
00:42:32Et après,
00:42:33on a commencé à déménager
00:42:34dans plusieurs endroits.
00:42:35Et là,
00:42:35on s'est retrouvés ici.
00:42:37J'ai rencontré ma copine,
00:42:39j'ai rencontré ma copine,
00:42:41qui maintenant m'aide beaucoup
00:42:43dans ma vie.
00:42:46Franchement,
00:42:47je suis très content
00:42:50de l'avoir rencontrée
00:42:51à ce moment-là.
00:42:54Et après aussi,
00:42:54ma mère m'aide beaucoup.
00:42:57Et tous nos proches
00:42:58qui sont ici,
00:43:00notre famille,
00:43:01ils sont vraiment formidables,
00:43:04en tout cas avec nous,
00:43:05au quotidien.
00:43:07Il y a de la lumière,
00:43:08quand même.
00:43:08Oui.
00:43:09Non ?
00:43:11Oui.
00:43:14Nous,
00:43:14on est une famille unie,
00:43:15soudée.
00:43:17Donc,
00:43:17pour moi,
00:43:18ça m'aide beaucoup.
00:43:20Et les amis aussi.
00:43:22J'ai des amis qui,
00:43:23pour moi,
00:43:23font partie de ma famille aussi.
00:43:25C'est ma famille de cœur.
00:43:29Notamment,
00:43:29les gens du camping.
00:43:32Voilà.
00:43:33Et mes amis d'enfance,
00:43:34du coup,
00:43:35que je revois,
00:43:37que j'apprécie beaucoup.
00:43:40Donc,
00:43:40tout ça,
00:43:40ça aide,
00:43:41je pense aussi,
00:43:41à se lever tous les jours.
00:43:43Le mot bonheur,
00:43:44ça vous parle ?
00:43:45Moi aussi.
00:43:46Ça vous parle ?
00:43:47Oui,
00:43:47quand même.
00:43:48Quand même.
00:43:49On rigole,
00:43:50on essaie de s'amuser
00:43:53quand même au maximum,
00:43:55pour ne plus trop penser,
00:43:56peut-être.
00:43:58Et vous y arrivez ?
00:43:58Oui.
00:44:00Oui.
00:44:01Oui.
00:44:01Vous êtes croyante ?
00:44:04Oui.
00:44:05Vous parlez à Lola ?
00:44:06Vous échangez avec Lola ?
00:44:07J'ai lu que vous voyez
00:44:09quelqu'un
00:44:11qui vous rapproche
00:44:13de votre fille.
00:44:13C'est ça.
00:44:14Oui.
00:44:15Ça fait depuis le début
00:44:16que je vois cette personne
00:44:18qui parle à Lola
00:44:20à travers...
00:44:22Voilà.
00:44:22Donc,
00:44:23je peux lui parler
00:44:23à travers elle,
00:44:24on va dire.
00:44:24et à mon mari aussi.
00:44:29Après,
00:44:29mon fils me prend un peu
00:44:30pour une folle des fois
00:44:31là-dessus.
00:44:32Mais voilà.
00:44:34Moi,
00:44:34j'y crois beaucoup.
00:44:36Et ça me fait du bien,
00:44:38oui.
00:44:38Et c'est quelqu'un
00:44:40en qui je peux avoir confiance
00:44:42parce que c'est une dame
00:44:44qui fait partie
00:44:45de la famille de mon mari.
00:44:47Donc,
00:44:48du coup,
00:44:49c'est pas quelqu'un
00:44:50qui va se moquer de moi,
00:44:53on va dire.
00:44:53Donc,
00:44:54oui,
00:44:54j'y crois
00:44:54et je veux y croire.
00:44:57Et vous lui parlez
00:44:58à Lola
00:44:59et elle vous parle ?
00:45:00Voilà.
00:45:00Oui.
00:45:03Et comment vous ressortez
00:45:04de ces moments-là ?
00:45:06Des fois,
00:45:06c'est compliqué
00:45:07quand je ressors.
00:45:08Quand je m'en vais,
00:45:09je me dis
00:45:09c'est réel,
00:45:11c'est pas réel.
00:45:12Mais j'y crois.
00:45:14Oui,
00:45:14parce qu'il y a des choses
00:45:15où
00:45:15cette dame
00:45:18qui m'a dite
00:45:19que personne
00:45:20ne pouvait savoir.
00:45:22Donc,
00:45:23je me dis
00:45:24oui,
00:45:25elle me parle
00:45:26à travers elle
00:45:27et j'attends toujours
00:45:29un signe.
00:45:30J'espère
00:45:30l'avoir un jour,
00:45:31ce signe.
00:45:32Oui,
00:45:33Thibaut,
00:45:33ce lien
00:45:34avec votre petite sœur,
00:45:37vous le maintenez
00:45:38de quelle manière ?
00:45:40On a bien compris
00:45:41que vous ne vous réfugiez pas.
00:45:44Non,
00:45:44mais...
00:45:45moi,
00:45:46je ne suis pas du tout
00:45:47croyant.
00:45:48J'étais comme mon père.
00:45:49Mon père,
00:45:50il était pareil.
00:45:52On croit,
00:45:53on va dire,
00:45:54quand ce qu'on voit.
00:45:56Mais après,
00:45:56moi,
00:45:57ce qui m'unit
00:45:58à ma sœur
00:45:58et à mon père aussi,
00:46:00c'est
00:46:01le sport.
00:46:03Le sport,
00:46:03ça m'aide beaucoup
00:46:04à extérioriser.
00:46:08On va dire,
00:46:08ça me guérit un peu.
00:46:09C'est le sport,
00:46:13votre psy ?
00:46:14Oui,
00:46:14c'est ça.
00:46:16C'est le sport
00:46:17qui fait toute ma vie
00:46:18sur soi.
00:46:19Le basket.
00:46:20Oui.
00:46:21Merci.
00:46:22Merci Delphine,
00:46:23merci Thibaut Davier.
00:46:24Merci à vous.
00:46:25Merci de nous avoir fait confiance
00:46:26et de nous avoir réussi
00:46:27ici,
00:46:27chez vous,
00:46:28aujourd'hui.
00:46:29Merci à vous.
00:46:30Voilà,
00:46:31entretien exceptionnel
00:46:31de Delphine et Thibaut,
00:46:33Davier à la mère
00:46:33et le frère de Lola
00:46:34retrouvés,
00:46:35bien entendu,
00:46:35sur le site
00:46:36et sur l'appli
00:46:37de BFM TV.
00:46:38Soyez les bienvenus
00:46:39si vous nous rejoignez.
00:46:40Il est 14h,
00:46:41vous regardez
00:46:41Affaire suivante,
00:46:43Affaire suivante justement
00:46:44qui a débuté
00:46:46il y a des années.
00:46:47Ça fait près de 20 ans même
00:46:49pour certains
00:46:50qu'ils attendent des réponses
00:46:51et des sanctions
00:46:52plus lourdes encore
00:46:53que celles déjà prononcées
00:46:54jusque-là.
00:46:56Ils,
00:46:56ce sont les patients
00:46:57du docteur V,
00:46:58chirurgien grenoblois.
00:47:00Ils l'accusent
00:47:01d'avoir raté
00:47:01des opérations
00:47:02par dizaines.
00:47:04Certains patients
00:47:04ont terminé
00:47:05en fauteuil roulant,
00:47:06deux sont même décédés.
00:47:08Bonjour Edouard Bourgin.
00:47:10Bonjour.
00:47:10Merci d'être avec nous
00:47:11aujourd'hui
00:47:12dans l'affaire suivante.
00:47:12Vous êtes le principal
00:47:14avocat dans ce dossier
00:47:16côté partie civile.
00:47:17Bien sûr,
00:47:17vous représentez
00:47:17des dizaines de plaignants.
00:47:18Combien exactement ?
00:47:19Je représente
00:47:2050 victimes
00:47:21de ce chirurgien.
00:47:22En face de vous,
00:47:23il y a René Santimone.
00:47:24Bonjour.
00:47:24Bonjour.
00:47:25Merci d'avoir accepté
00:47:26notre invitation.
00:47:27Vous avez porté plainte
00:47:29contre le docteur V.
00:47:31vous allez nous expliquer
00:47:32pourquoi nous accueillerons
00:47:34également dans quelques instants
00:47:36les deux filles de Catherine
00:47:39qui a été elle-même,
00:47:40elle aussi opérée
00:47:41par le docteur V.
00:47:42Et elles estiment
00:47:43que la mort de leur mère
00:47:44est liée aux conséquences
00:47:45de ces opérations.
00:47:46Commençons par vous,
00:47:47René Santimone.
00:47:48Oui.
00:47:48Que vous est-il arrivé ?
00:47:50Moi, ça s'est passé en 2017.
00:47:54D'accord.
00:47:55J'avais mal à l'aine,
00:47:56vous voyez.
00:47:58Bon, je suis allé voir
00:48:00ce neurochirurgé
00:48:03la première fois.
00:48:06Il m'a dit,
00:48:06passez une radio
00:48:08et revenez.
00:48:09La deuxième fois,
00:48:10je suis allé.
00:48:11De suite,
00:48:12il a programmé
00:48:13l'opération
00:48:14pour le 25 octobre
00:48:16de la même année.
00:48:19Alors, le 25 octobre,
00:48:21il m'a opéré.
00:48:23C'était un mercredi.
00:48:26Le jeudi,
00:48:27on m'a fait marcher.
00:48:29J'ai fait quelques pas.
00:48:30Le vendredi, pareil.
00:48:33Le samedi,
00:48:34il n'y avait pas de kiné
00:48:35comme c'était samedi.
00:48:36Je me suis levé de moi-même.
00:48:38J'ai fait ma toilette.
00:48:40Puis, je me suis couché.
00:48:41Vers 11h,
00:48:42je sentais que ça n'allait pas.
00:48:46Mon corps serait d'ici.
00:48:47On appelait l'inferme
00:48:49et l'infirmière,
00:48:51croyant que j'étais douillet,
00:48:55m'a dit,
00:48:56monsieur,
00:48:57comment j'avais dit que
00:48:58je n'arrivais pas à uriner
00:49:00puisque tout était bloqué.
00:49:04Elle m'a dit, monsieur,
00:49:04je reviendrai à 20h.
00:49:06Et là,
00:49:07je vais employer ces termes.
00:49:09Elle m'a dit,
00:49:09si vous n'avez pas pissé,
00:49:12je vous sondorais
00:49:13et sans vous endormir.
00:49:15Et sur ce,
00:49:16elle a claqué la porte.
00:49:18Elle est revenue à 20h.
00:49:19Elle m'a sonné.
00:49:21Je n'ai rien senti.
00:49:22Mon corps était...
00:49:24Le soir,
00:49:25à 21h à peu près,
00:49:27il est venu un docteur de garde
00:49:29qui ne lui savait pas trop
00:49:31et m'a dit,
00:49:33bon, demain,
00:49:33vous passerez un scanner.
00:49:36Plus tard,
00:49:36vers 22h,
00:49:38il est venu une infirmière
00:49:40qui m'a dit,
00:49:42restez à jeûne,
00:49:43demain matin,
00:49:45il faut être...
00:49:46ne buvez pas,
00:49:47ne mangez pas,
00:49:48restez à jeûne.
00:49:49Ce que j'ai fait,
00:49:51le lendemain,
00:49:53le docteur V,
00:49:56puisqu'il ne faut pas dire son nom,
00:49:57je suppose,
00:49:59le docteur V
00:50:00s'est confondu en excuse
00:50:01parce que
00:50:02le téléphone ne passait pas
00:50:05où il était
00:50:05et je ne sais qui passait le téléphone.
00:50:07et il m'a opéré
00:50:09en fin de journée.
00:50:11Après,
00:50:12je suis resté deux jours
00:50:13en soins intensifs
00:50:16et il m'a dit,
00:50:19vous avez fait un hématome,
00:50:21mais bon,
00:50:21ça va.
00:50:22De là,
00:50:24j'étais rentré pour six jours
00:50:25et ça a duré six mois.
00:50:27Je suis resté sur un fauteuil roulant
00:50:29pendant quatre mois
00:50:30parce qu'il m'avait coincé un nerf.
00:50:33Aujourd'hui, vous dites,
00:50:34j'ai subi les séquelles à vie
00:50:37de ces opérations
00:50:40où vous vous déplacez
00:50:41à l'aide d'une béquille,
00:50:42c'est lié.
00:50:43Oui.
00:50:44À ça,
00:50:45bien sûr.
00:50:47Depuis,
00:50:47il m'a coincé son nerf
00:50:49et je ne peux plus marcher,
00:50:50je ne peux plus faire
00:50:51ce que je faisais avant,
00:50:52c'est impossible.
00:50:53Parce qu'en plus,
00:50:55il avait fait sept opérations
00:50:57et il m'avait dit,
00:50:59là,
00:50:59c'est un truc
00:51:01vraiment sensationnel.
00:51:02il m'a placé
00:51:04des rondelles en silicone,
00:51:08c'est des opérations
00:51:09qu'on n'a jamais parlé de ça.
00:51:11Vous avez subi sept opérations ?
00:51:13Non.
00:51:14Combien ?
00:51:15Deux.
00:51:15Deux opérations.
00:51:16Voilà,
00:51:16c'est la deuxième
00:51:17qui m'a arrangé.
00:51:19Et c'est à l'issue
00:51:19de ces opérations
00:51:20que vous estimez
00:51:21commencer à avoir
00:51:24eu des problèmes
00:51:25de santé.
00:51:26Je vous redonnerai
00:51:27la parole
00:51:27dans quelques instants.
00:51:28D'accord.
00:51:29René,
00:51:30Samantha et Lara
00:51:30viennent de nous rejoindre.
00:51:31Bonjour.
00:51:32Bienvenue à toutes les deux.
00:51:33Vous êtes les filles
00:51:35de Catherine.
00:51:36Donc,
00:51:37vous dites qu'elle est,
00:51:38elle a été,
00:51:39elle est décédée
00:51:40aujourd'hui,
00:51:41victime
00:51:41de ce chirurgien.
00:51:45Vous pouvez nous expliquer
00:51:47assez brièvement,
00:51:48s'il vous plaît,
00:51:49ce qui s'est passé.
00:51:50C'était il y a combien de temps ?
00:51:52Alors,
00:51:52elle a eu la première opération
00:51:53en 2010.
00:51:55Donc,
00:51:55ça commence à faire longtemps.
00:51:56Et puis,
00:51:57après,
00:51:57ça a été un enchaînement
00:51:58moyenne d'une opération
00:52:00par an.
00:52:00au total,
00:52:01elle en a eu sept.
00:52:02Sept opérations ?
00:52:03Sept.
00:52:04Et donc,
00:52:06c'était une opération,
00:52:07initialement,
00:52:07c'était prévu pour quel type
00:52:09de problème ?
00:52:10C'était pour son dos.
00:52:12D'accord.
00:52:12Parce que le chirurgien
00:52:14dont on parle,
00:52:15il est chirurgien orthopédiste
00:52:17et spécialisé en chirurgie
00:52:18de la colonne vertébrale.
00:52:20Les ennuis,
00:52:21si je puis m'exprimer ainsi,
00:52:23les vrais ennuis,
00:52:23entre guillemets,
00:52:24ils ont commencé combien de temps
00:52:25après la première opération,
00:52:27l'opération initiale ?
00:52:28Quatre mois après,
00:52:29ça a été la dégringolade.
00:52:31C'est-à-dire ?
00:52:33Elle a commencé à avoir
00:52:33des douleurs incessantes
00:52:35et tout de suite après,
00:52:36il a fallu un déambulateur
00:52:37à la maison
00:52:38et partir de là,
00:52:39c'était pire en pire.
00:52:41Et ça a duré ?
00:52:43Jusqu'à sa mort.
00:52:45Jusqu'en 2021,
00:52:46quand elle a été sédé.
00:52:47C'est une descente aux enfers
00:52:50que votre mère a vécu ?
00:52:54Son état,
00:52:54il n'a fait que s'aggraver
00:52:55à partir du moment
00:52:56où elle a eu
00:52:56la première opération.
00:52:58Il n'y a pas eu d'amélioration,
00:53:00il n'y a eu que du pire en pire.
00:53:02Et en face d'elle,
00:53:03en face de vous,
00:53:06il y avait qui ?
00:53:07C'est-à-dire que
00:53:07les réponses que vous attendiez,
00:53:10qu'elle attendait
00:53:11de la part du docteur V,
00:53:13elles arrivaient ?
00:53:15Non.
00:53:16C'était toujours,
00:53:17à chaque fois qu'il opérait,
00:53:18ça ne changeait rien.
00:53:20Ça changeait de moins en moins
00:53:21grand-chose.
00:53:22Plus il opérait,
00:53:23moins ça faisait de bien,
00:53:26même si ça n'avait pas commencé
00:53:27en lui faisant du bien.
00:53:28Vous avez le sentiment
00:53:29que les opérations précédentes,
00:53:31c'était pour,
00:53:32entre guillemets,
00:53:32réparer,
00:53:33tenter de réajuster,
00:53:34réparer les erreurs
00:53:35qu'il aurait commises
00:53:37au départ ?
00:53:39Je pense, oui.
00:53:40Est-ce qu'elle a consulté
00:53:41d'autres médecins
00:53:42dans l'intervalle ?
00:53:43Oui,
00:53:44qui ont aussi essayé
00:53:45de réparer ce qu'il avait fait
00:53:47sans succès.
00:53:48En lui disant
00:53:49qu'il y avait eu quelque chose
00:53:51qui n'aurait pas dû être fait ?
00:53:53En disant que,
00:53:55d'abord,
00:53:56il disait qu'opérer encore,
00:53:58c'était peut-être pas
00:53:59la bonne solution.
00:54:00et certains médecins
00:54:03se demandaient pourquoi
00:54:04il y avait eu
00:54:05autant d'opérations.
00:54:08Maître Bourgin,
00:54:09vous représentez
00:54:10une cinquantaine
00:54:12de patients
00:54:13du docteur V.
00:54:16Plusieurs procédures
00:54:17sont en cours,
00:54:19existent,
00:54:19depuis près de 20 ans,
00:54:22que ce soit
00:54:22sur le plan civil,
00:54:23sur le plan pénal,
00:54:24mais aussi ordinal,
00:54:27du côté de l'Ordre
00:54:27national des médecins.
00:54:29Quel est le sens du message
00:54:32que vous souhaitez faire passer
00:54:33aujourd'hui ?
00:54:33Parce que le médecin,
00:54:34lui,
00:54:34il y a son avocat,
00:54:36un,
00:54:36il est présumé innocent,
00:54:37et deux,
00:54:38il conteste,
00:54:39il clame son innocence.
00:54:41Le message que je peux passer
00:54:42se résume en deux chiffres.
00:54:45Une date, déjà,
00:54:462007,
00:54:47c'est la date d'opération
00:54:48de Christophe Fuselier.
00:54:49Donc 2007,
00:54:50ça fait 17 ans.
00:54:51Ça fait 17 ans
00:54:51que je suis l'avocat
00:54:52de victime de ce chirurgien.
00:54:55Christophe Fuselier
00:54:55a été opéré
00:54:56dans une opération catastrophique
00:54:57par ce chirurgien.
00:54:58Il y a eu des complications médicales
00:54:59qu'il n'a pas diagnostiquées.
00:55:01Mon client Christophe Fuselier
00:55:02a été amputé trois fois.
00:55:04Il en est mort.
00:55:05On est sur un dossier
00:55:06d'homicide involontaire.
00:55:07Les experts disent
00:55:08que l'opération a causé
00:55:09le décès de Christophe Fuselier.
00:55:11Et Christophe Fuselier,
00:55:12encore une fois,
00:55:12a été opéré en 2007.
00:55:14Ça fait donc 17 ans
00:55:15qu'à Grenoble,
00:55:16un chirurgien
00:55:17qui a causé
00:55:18le décès d'une personne
00:55:19n'est toujours pas jugé
00:55:20correctement
00:55:20par les institutions disciplinaires.
00:55:22Deuxième chiffre...
00:55:23un chirurgien
00:55:23qui aujourd'hui
00:55:24n'opère plus
00:55:24mais qui n'est pas médecin.
00:55:26Ce n'est pas tout à fait
00:55:26l'interdiction
00:55:27au moins de mener
00:55:28des consultations.
00:55:28Ce n'est pas un médecin.
00:55:30Ce n'est pas un médecin.
00:55:32Il est interdit
00:55:32à plusieurs reprises
00:55:33d'opérer
00:55:34mais effectivement
00:55:35les consultations
00:55:36sont encore licites
00:55:37acceptées pour lui.
00:55:38Deuxième chiffre important
00:55:39pour comprendre cette affaire,
00:55:4060.
00:55:42Ce chiffre hallucinant,
00:55:43c'est le nombre
00:55:44de victimes
00:55:44pour lesquelles
00:55:45ce chirurgien
00:55:46a été condamné définitivement
00:55:48soit par la justice
00:55:49disciplinaire
00:55:50ou ordinale
00:55:51soit par la justice civile.
00:55:52Donc je répète,
00:55:53ça fait 17 ans
00:55:54que ce chirurgien
00:55:55qui a causé un décès
00:55:56ou plusieurs d'ailleurs
00:55:57a encaissé
00:55:5960 condamnations
00:56:02qui sont définitives
00:56:03et qui émanent
00:56:06de différentes juridictions.
00:56:07Juridictions civiles,
00:56:08juridictions disciplinaires
00:56:09ou de ce qu'on appelle
00:56:10la section des assurances sociales.
00:56:11Donc c'est catastrophique.
00:56:12Ça veut dire que
00:56:13la justice est inadaptée
00:56:14pour ce type de procès
00:56:15et que très probablement,
00:56:17on pourrait s'en expliquer
00:56:18assez longuement,
00:56:19un corporatisme médical
00:56:20freine
00:56:21à tous les niveaux
00:56:22l'évolution de ces procédures.
00:56:26Empêche et freine.
00:56:27C'est votre impression aussi
00:56:28dans cette affaire,
00:56:30dans ces affaires,
00:56:31une espèce d'omerta
00:56:32planant sur ce praticien,
00:56:36voire sur la clinique.
00:56:37C'est un délinquant
00:56:38de la médecine.
00:56:39C'est un délinquant
00:56:40de la médecine.
00:56:42D'abord,
00:56:44sur une autre chaîne,
00:56:45il appelait
00:56:45le boucher de Grenoble.
00:56:48Sur une autre chaîne
00:56:49avec vous.
00:56:50Une fois,
00:56:51c'est passé aussi,
00:56:52c'était Gilles Le Boulot.
00:56:54Gilles Le Boulot
00:56:54avait commencé
00:56:55par dire
00:56:56qu'on ne savait pas
00:56:57qu'en France,
00:56:58il existait
00:56:58ce genre de personnes.
00:57:01Qu'espérez-vous ?
00:57:02Qu'espérez-vous aujourd'hui ?
00:57:04Qu'ils soient condamnés
00:57:05à plus rien faire
00:57:06en médecine.
00:57:09Ni consulter,
00:57:10parce que s'il va consulter,
00:57:12c'est facile,
00:57:13il va dire,
00:57:13il va appeler
00:57:15un de ses acolytes.
00:57:18Il y en a beaucoup
00:57:20qui étaient au courant
00:57:22de ça.
00:57:23Il y a beaucoup
00:57:23de casserole.
00:57:25Il y en a beaucoup.
00:57:26Depuis 2019,
00:57:27notre position
00:57:28n'a jamais changé.
00:57:29Nous contestons fermement
00:57:30les faits reprochés.
00:57:32Ainsi s'exprime
00:57:33le docteur V
00:57:34par la voix de son avocat.
00:57:35auprès de BFM TV.
00:57:37Des condamnations,
00:57:39il y en a eu
00:57:39depuis
00:57:41toutes ces années,
00:57:42maître.
00:57:43On a,
00:57:43contrairement
00:57:44aux pétitions de principe
00:57:46de ce chirurgien
00:57:47qui a le droit
00:57:47de se défendre,
00:57:47qui est présumé innocent,
00:57:49on a 60 condamnations.
00:57:53La section
00:57:53des assurances sociales
00:57:54a pris une décision
00:57:55qui a été confirmée
00:57:56par le Conseil national
00:57:57de l'ordre des médecins.
00:57:58Et dans cette décision,
00:57:59on a les termes suivants.
00:58:01Ce chirurgien
00:58:02présente des comportements
00:58:03d'une extrême dangerosité.
00:58:05Ce rapport a été édité
00:58:07en 2016.
00:58:09Il a été notifié
00:58:09au Conseil de l'ordre
00:58:10des médecins d'ISER
00:58:11fin 2016
00:58:12par des voix recommandées.
00:58:14Naturellement,
00:58:14le Conseil de l'ordre
00:58:15des médecins d'ISER
00:58:15n'a rien fait.
00:58:17Et un signalement
00:58:18fait au procureur
00:58:19en 2016
00:58:20n'a pas donné lieu
00:58:21à aucune procédure.
00:58:22C'est-à-dire qu'il a fallu
00:58:22en 2019
00:58:23et la médiatisation
00:58:25devant votre antenne
00:58:26d'ailleurs
00:58:27pour qu'effectivement
00:58:28un juge d'instruction
00:58:28soit saisi.
00:58:29À ce jour,
00:58:30seule une toute petite dizaine
00:58:31de mises en examen
00:58:32subsistent
00:58:32en attente
00:58:33des toutes dernières expertises.
00:58:34C'est encore une fois
00:58:35le communiqué
00:58:37de l'avocat
00:58:38du Dr V
00:58:38à ABFM TV.
00:58:40Vous,
00:58:40vous en êtes où
00:58:40de la procédure
00:58:41qui concerne
00:58:42votre maman ?
00:58:44Nous,
00:58:45on en est.
00:58:47Vous avez l'impression
00:58:48que le temps est long,
00:58:48que les réponses
00:58:50n'arrivent pas,
00:58:51que...
00:58:53Ça,
00:58:53c'est le moins
00:58:54qu'on puisse dire,
00:58:54oui.
00:58:55Surtout qu'on ne comprend pas
00:58:57tout ce qui se passe
00:58:57avec les résumés juridiques.
00:58:59Donc,
00:59:00c'est compliqué
00:59:00de comprendre vraiment
00:59:02où est-ce qu'on en est.
00:59:03Est-ce qu'un jour,
00:59:06ça va marcher ?
00:59:07Je suis condamné.
00:59:09C'est vrai que ce qui frappe,
00:59:10c'est l'ancienneté des faits.
00:59:11Vous le disiez tout à l'heure,
00:59:14la première opération litigieuse,
00:59:16elle est de 2007.
00:59:18Il y a eu toute une vague
00:59:19d'abord de la sécurité sociale,
00:59:22de la CPAM,
00:59:22qui s'est rendue compte
00:59:23qu'il y avait
00:59:24des indices statistiques,
00:59:26même si ce sont des patients.
00:59:29C'est d'abord de la statistique.
00:59:30La CPAM,
00:59:31elle se rend compte
00:59:31qu'il y a un taux de...
00:59:34Il y a des taux anormaux
00:59:35suite à ces opérations.
00:59:37Et puis ça,
00:59:37ça ne va rien donner.
00:59:39Alors ensuite,
00:59:39il y a des plaintes en 2019.
00:59:41Il y a la justice pénale
00:59:42qui s'en occupe.
00:59:43Je ne sais pas
00:59:43combien de juges d'instruction
00:59:45vous en êtes,
00:59:45mais c'est vrai que
00:59:46la plainte pénale,
00:59:47ça veut tout de suite dire
00:59:48qu'il y a des juges
00:59:50dont ce n'est pas vraiment
00:59:50la spécialité.
00:59:52En France,
00:59:52on fonctionne avec un juge d'instruction
00:59:54qui va être spécialiste
00:59:55sur son secteur,
00:59:56mais qui n'est pas forcément...
00:59:57Ce ne sont pas forcément
00:59:58des médecins.
00:59:59Alors,
01:00:00ils vont s'entourer
01:00:00d'expertises.
01:00:01Donc,
01:00:01il y a une enquête
01:00:02depuis le 2019.
01:00:04Oui,
01:00:04c'est ça.
01:00:05Cette enquête,
01:00:06elle a donné lieu
01:00:06à une mise en examen
01:00:07pour...
01:00:08Au départ,
01:00:08il y avait 70 cas.
01:00:09Rendez-vous compte.
01:00:10Maintenant,
01:00:10il y en a une dizaine
01:00:11puisque j'imagine
01:00:12qu'il y a des prescriptions
01:00:13dans tout ça.
01:00:15Et là,
01:00:15maintenant,
01:00:16depuis 2019
01:00:17et X juges d'instruction,
01:00:19les enquêtes
01:00:21suivent leurs cours.
01:00:22Mais vous avez l'impression,
01:00:23en tout cas,
01:00:23c'est l'impression
01:00:23que donnent les familles,
01:00:25au fond,
01:00:26que la justice
01:00:27est beaucoup trop lente.
01:00:28Alors,
01:00:28effectivement,
01:00:29on s'autorise
01:00:30à critiquer la justice,
01:00:31mais pas les magistrats.
01:00:32Les magistrats
01:00:32font un travail formidable.
01:00:34Il y a des experts
01:00:35qui travaillent
01:00:36d'arrache-pied.
01:00:36Donc,
01:00:37on critique
01:00:37le système judiciaire,
01:00:39notamment par le manque
01:00:39de moyens.
01:00:40Il n'y a pas assez
01:00:40de magistrats
01:00:41et il n'y a pas assez
01:00:41de magistrats spécialisés.
01:00:43Je pourrais même m'aventurer
01:00:43à dire qu'il n'y a pas assez
01:00:44d'avocats spécialistes
01:00:45de la responsabilité médicale
01:00:47parce que c'est un domaine
01:00:47très particulier.
01:00:48Il faut avoir
01:00:49l'air insolide.
01:00:49Il faut être assez solide
01:00:52pour s'attirer
01:00:52les inhumitiés.
01:00:53Plus de preuves
01:00:54que dans d'autres spécialités,
01:00:55vous diriez ?
01:00:55C'est certain.
01:00:57C'est certain.
01:00:57Vous êtes expertisé
01:00:58par potentiellement...
01:00:59Le risque existe toujours
01:01:00lorsqu'on est opéré.
01:01:01C'est ça,
01:01:03c'est la limite
01:01:04que vous identifiez ?
01:01:05La limite,
01:01:05elle est fondamentale.
01:01:07Quand un médecin
01:01:08commet une erreur,
01:01:10il est jugé
01:01:11exclusivement
01:01:12par un autre médecin.
01:01:15Et ce qui s'est passé
01:01:15à Grenoble,
01:01:16c'est que dans un premier temps,
01:01:18le médecin,
01:01:18la première enquête
01:01:19de la CPM
01:01:19a été,
01:01:20je pense,
01:01:21ralentie
01:01:21par le fait
01:01:22qu'en réalité,
01:01:22il a été jugé
01:01:23par ses pairs.
01:01:24Des gens que vous croisez
01:01:25au café le matin,
01:01:26des gens avec qui,
01:01:27potentiellement,
01:01:27vous êtes en lien professionnel.
01:01:29Donc ça,
01:01:30ça ralentit les investigations.
01:01:31Ce sont des accusations
01:01:31assez graves.
01:01:32C'est très clair.
01:01:33Non, mais c'est très simple.
01:01:34C'est très simple.
01:01:35Il y a des liens
01:01:36de professionnels
01:01:37évidents qu'on a démontrés
01:01:38à plusieurs reprises
01:01:39dans ce dossier.
01:01:40Le docteur V,
01:01:40il a porté plainte lui aussi.
01:01:41Alors,
01:01:42de façon tout à fait
01:01:43catastrophique,
01:01:46ce chirurgien a osé,
01:01:49il a osé,
01:01:50poursuivre au pénal
01:01:53Christophe Fuselier,
01:01:55trois autres de ses victimes.
01:01:57Christophe Fuselier
01:01:57est décédé
01:01:58par la faute
01:01:58de ce médecin
01:02:01d'après une expertise
01:02:02et d'après une autopsie.
01:02:03Eh bien,
01:02:04avant même que le procès
01:02:04de Christophe Fuselier
01:02:05soit rendu,
01:02:07ce chirurgien a osé,
01:02:08c'est du jamais vu
01:02:09en procédure,
01:02:10c'est du jamais vu
01:02:10dans l'histoire récente,
01:02:13il a attaqué au pénal
01:02:14ses victimes.
01:02:15aux civils,
01:02:16aux civils,
01:02:17les condamnations
01:02:18ont déjà été prononcées.
01:02:20Je le précise
01:02:21parce que vous,
01:02:21René,
01:02:21par exemple,
01:02:22vous avez déjà été indemnisé.
01:02:25Non.
01:02:26Vous n'avez pas encore
01:02:26été indemnisé ?
01:02:27Le jugement vient d'être rendu.
01:02:28Rien.
01:02:29Ah.
01:02:29Rien.
01:02:30C'est ça.
01:02:31En réalité,
01:02:31pour M. Santimon,
01:02:32le jugement vient d'être rendu,
01:02:34le chirurgien est condamné,
01:02:36in solidum,
01:02:37avec une autre partie,
01:02:38à indemniser M. Santimon
01:02:39des erreurs médicales communes.
01:02:40Et ça,
01:02:41ça vient d'arriver ?
01:02:42Ça vient d'arriver
01:02:42il y a 15 jours.
01:02:43Les faits remontent à ?
01:02:44Les faits remontent à 2017.
01:02:482017.
01:02:49Vous,
01:02:50que demandez-vous concrètement ?
01:02:52Aujourd'hui,
01:02:53j'imagine que l'argent,
01:02:54ce n'est pas forcément
01:02:54la priorité
01:02:55quand on a perdu sa mère.
01:02:56Non.
01:02:59Principalement,
01:02:59demander à ce qu'il arrête
01:03:00d'opérer.
01:03:01C'est ça.
01:03:02Logiquement.
01:03:03C'est la radiation ?
01:03:04Oui, totale.
01:03:05Qui ne touche plus à personne.
01:03:08Personne n'est à vivre
01:03:09ce qu'on a vécu.
01:03:09Est-ce que notre mère,
01:03:10elle a vécu ?
01:03:11Et tous les autres.
01:03:12C'est inimaginable
01:03:13que ça se reproduise
01:03:14à l'infini comme ça,
01:03:16sans impunité.
01:03:17C'est ça.
01:03:17Votre impression,
01:03:18c'est que le danger existe
01:03:19toujours,
01:03:21on se parle,
01:03:22pour d'autres personnes,
01:03:25voire des futurs patients
01:03:26du Dr V.
01:03:28Qui ne peut plus,
01:03:28qu'on soit bien d'accord,
01:03:29qui ne peut plus opérer,
01:03:31mais qui a l'autorisation,
01:03:32en tout cas sur le papier,
01:03:33de mener des consultations.
01:03:35Effectivement,
01:03:35les juges d'instruction
01:03:36alertés par une masse
01:03:38incroyable de victimes
01:03:39en 2019 ont interdit
01:03:40à ce chirurgien
01:03:42d'exercer.
01:03:43Il a récemment tenté
01:03:44de se faire réautoriser
01:03:46à opérer.
01:03:48Nous, victimes,
01:03:49nous nous sommes opposés.
01:03:51Et la Chambre de l'instruction
01:03:52a refusé à ce chirurgien
01:03:53de reprendre la chirurgie.
01:03:55Preuve en est
01:03:56que si présomption d'innocence,
01:03:57il y a un certain nombre
01:03:58d'éléments graves
01:03:59et concordants
01:04:00pèsent contre ce chirurgien.
01:04:01Son avocat
01:04:02dit aussi,
01:04:04je le cite,
01:04:05au-delà de sa carrière,
01:04:05c'est sa santé,
01:04:06sa vie personnelle
01:04:07et familiale
01:04:08qui ont été profondément
01:04:09bouleversées
01:04:09par ces procédures
01:04:10longues et complexes.
01:04:12Comme les nôtres.
01:04:14Comme beaucoup.
01:04:17Vous croyez que nous,
01:04:19notre vie personnelle
01:04:20n'est pas bouleversée ?
01:04:21Ma famille,
01:04:24elle n'a pas demandé
01:04:24à avoir quelqu'un
01:04:26d'infirme.
01:04:27J'ai des petits enfants
01:04:28et je ne peux pas
01:04:29les prendre un bras.
01:04:31Vous croyez ?
01:04:32Et je souhaite
01:04:32la même chose
01:04:33à ce type.
01:04:34À lui
01:04:35et toute sa famille.
01:04:38Sa famille,
01:04:39parce que la mienne,
01:04:41elle n'a rien à voir.
01:04:42Alors,
01:04:42je souhaite
01:04:43la même chose.
01:04:44Qu'il vive 5 ans
01:04:45mais avec des douleurs
01:04:46abominables.
01:04:49Voilà.
01:04:50Merci.
01:04:50Merci à tous les quatre.
01:04:53Merci Laurent
01:04:54d'avoir accepté
01:04:55notre invitation
01:04:56aujourd'hui
01:04:57dans l'affaire suivante.
01:04:59On se retrouve
01:04:59dans une semaine
01:05:00et dans quelques instants.
01:05:02L'information,
01:05:02évidemment,
01:05:02continue sur BFM TV.
01:05:05Vous retrouvez
01:05:05Anne Seften
01:05:06pour la formation.
01:05:07A tout.
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