- il y a 2 jours
Chaque week-end, l’émission pilotée par Pauline Revenaz avec à ses côtés Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.
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00:00Nous allons maintenant prendre la direction de Cran-Montana parce que l'enquête avance.
00:03Après une nouvelle audition vendredi, il a été décidé de placer le gérant Jacques Moretti en détention provisoire.
00:09On va retrouver Marie Roux qui est à Sion pour BFM TV. Bonjour Marie.
00:13Jacques Moretti doit encore être auditionné dans les prochaines heures.
00:19Oui, théoriquement, Jacques Moretti devrait être présenté devant le tribunal des mesures de contrainte sous les 48 heures suivant son incarcération.
00:27Mais à ce stade, il n'est pas certain qu'une audience soit prévue.
00:31Jacques Moretti, vous l'avez dit, qui a été placé en détention provisoire après une audition qui a duré plus de 6h30 vendredi après-midi.
00:41Jacques Moretti qui a été donc placé en détention puisque le ministère public a estimé qu'il y avait un risque concret de fuite au regard de ses déclarations,
00:49de son parcours de vie et de sa situation à l'étranger comme en Suisse.
00:53Actuellement, le magistrat du tribunal des mesures de contrainte, c'est l'équivalent du juge de la liberté et de la détention en France,
01:00examine le dossier de Jacques Moretti et doit statuer sur son placement en détention ou sur la mise en place de mesures de substitution
01:08comme le port d'un brassard électronique ou encore l'interdiction de quitter le territoire suisse.
01:13Mais comme je vous le disais, à ce stade, aucune audience n'est programmée aujourd'hui.
01:17Et selon nos informations, cette procédure, elle peut même se faire sans audience si Jacques Moretti accepte le principe de sa détention.
01:24Si c'est le cas, cette détention, elle peut durer jusqu'à 3 mois avec la possibilité à la fin de ce délai d'un nouvel examen.
01:31En revanche, si Jacques Moretti présente les garanties nécessaires à la justice suisse, il pourrait ressortir libre dans l'attente de son procès.
01:39Sa femme, Jessica Moretti, elle, elle ressortit libre vendredi après-midi sous contrainte.
01:44Le ministère public a estimé que le risque de fuite était moindre en raison notamment de sa situation familiale avec ses deux enfants en bas âge.
01:52Pour rappel, Jacques Moretti et Jessica Moretti sont tous les deux mis en cause pour homicides, lisons corporelles et incendies par négligence.
02:01Merci beaucoup Marie Roux. En direct de Sion pour BFM TV avec William Guay.
02:05J'accueille sur ce plateau Maître Lucas Veil. Il ne faut pas que je me plante parce que la dernière fois j'ai écorché votre nom.
02:11Donc c'est fait, c'est rétabli. Avocat pénaliste français, merci d'être avec nous.
02:15Et j'accueille Maxime Branchetter et Boris Karlamov. Vous êtes les deux journalistes du service, des journalistes du service PJ de BFM TV.
02:23Hier BFM TV vous révélait le contenu des auditions des deux gérants auprès des enquêteurs.
02:28Qu'est-ce qui avait de 24 heures de recul, Maxime, maintenant vous semble le plus saillant dans ce que vous avez pu regarder ?
02:35Sans doute les premières explications que fournissent Jacques Moretti, un peu plus Jacques Moretti, sur les conditions de sécurité de ce bar.
02:45Puisqu'il répond sur toutes les questions qu'on se pose depuis le début de cette affaire.
02:48À savoir, j'ai fait les travaux moi-même. La mousse isolante, c'est moi qui l'ai changé et j'ai acheté les matériaux dans tel magasin.
02:55Il assure qu'il y avait des extincteurs. Les sorties de secours, il dit qu'il y en avait bien deux.
02:59Il assure qu'elles étaient bien indiquées, que la signalétique fonctionnait bien.
03:04Quoi d'autre ? Il répond avec une franchise, j'ai envie de dire, presque désarmante.
03:07On avait peur qu'il essaie un petit peu de noyer les enquêteurs.
03:10Quand les enquêteurs lui demandent, est-ce que vos salariés étaient formés à la gestion d'un événement type incendie ?
03:16Il répond très franchement non, dès la première audition.
03:17Donc c'est toutes ces réponses-là, qui ne sont évidemment pas suffisantes pour une responsabilité,
03:22parce que ça va être une bataille d'expertise et de normes,
03:24mais toutes ces réponses qui brossent un petit peu, qui en tout cas nous donnent sa version à lui
03:28de tous ces détails, de tous ces défauts de sécurité que nous on a pointés depuis une semaine.
03:33En tout cas, c'est une espèce de première brique qui est posée.
03:35Et puis ensuite, évidemment, il y aura d'autres auditions, on l'a compris avec Mariru.
03:37Qu'est-ce qui vous questionne, vous encore, Maître Luc Aveil ?
03:40À ce stade et de ce qu'on connaît, ce qui va être important,
03:45alors je réfléchis par analogie avec le droit français, évidemment.
03:48Mais ce qui va être important, ça va être, pour la justice suisse,
03:51de caractériser ce qui constitue ou non un manquement,
03:54et un manquement aux règles particulières de sécurité.
03:58Est-ce que les mousses isolantes étaient autorisées par le règlement
04:04ou par les règlements de sécurité ?
04:06Est-ce que les extincteurs devaient ou non être accessibles ?
04:09Et ça va être le cumul de ces éventuels manquements qui seront mis en œuvre,
04:13qui permettront ou non de caractériser une responsabilité pénale.
04:18Et c'est sur ces points-là qu'il va falloir s'attarder maintenant,
04:22peut-être de manière plus méthodique, un par un,
04:25et voir la lourdeur ou non des charges.
04:27Après, il va quand même falloir vérifier tous ces dires qu'on énonce,
04:30parce que typiquement, je prends les extincteurs.
04:32Lui, il assure qu'il y en avait trois ou quatre,
04:34il donne les positions précises aux enquêteurs, près du bar,
04:37alors que nous, on a eu plusieurs ex-salariés qui nous disent
04:41non, non, il n'y avait pas d'extincteurs, ex-salariés qui travaillent à moi.
04:44Est-ce qu'il les a mis depuis ?
04:45Et il dit vrai.
04:46Est-ce que ce n'est pas vrai, il n'y avait pas d'extincteurs ?
04:48Ça va être aussi intéressant de savoir qu'est-ce que les experts,
04:51les enquêteurs de la police suisse,
04:52ont déduit, eux, de leur investigation dans le bar.
04:55Mais alors, donc, manquement suisse, manquement français,
04:58enfin, la notion de manquement n'est peut-être pas tout à fait la même.
05:03Et déjà, sur le droit 6, le droit français, la façon de faire là-bas,
05:07la façon de faire chez nous, le fait que, dès le départ,
05:09la procureure générale laisse M. Moretti dehors,
05:14ça vous surprend, ça vous interroge ?
05:16C'est une appréciation personnelle.
05:19Je n'ai pas connaissance du dossier dans le détail.
05:22Néanmoins, on parle là d'un homicide involontaire en France.
05:28Ce serait qualifié d'homicide involontaire en France.
05:3040 fois, 40 fois, 40 fois, évidemment, mais néanmoins involontaire.
05:35Et je ne dis pas ça pour prendre une quelconque défense,
05:38évidemment, ce n'est pas la question.
05:40Mais dans la mesure où c'est basé sur des manquements
05:43et non pas nécessairement sur une volonté de commettre une infraction,
05:48ou en tout cas pas une volonté délibérée,
05:50ça n'aurait pas nécessairement conduit, en France,
05:54selon moi en tout cas, à une détention provisoire.
05:57Donc, notamment, il y a un des critères qui permet la détention provisoire
06:01sur le fondement du retentissement à l'ordre public,
06:05ou du trouble à l'ordre public,
06:06et ça, c'est possible uniquement en matière criminelle.
06:08Nous ne sommes pas en matière criminelle.
06:09Justement, je vais vous proposer de réécouter un témoignage sur notre antenne.
06:12Marie, une maman,
06:15ses deux filles qui ont été grèvement blessées dans cet incendie,
06:18elle ne comprend pas que les deux gérants ne soient pas justement placés en détention.
06:22On exige punition exemplaire.
06:27On exige, je répète, justice.
06:31On exige que les coupables soient écroués.
06:35Je mesure ce que je suis en train de dire,
06:38c'est-à-dire que je refuse, je le dis bien,
06:41l'hypothèse de la libération.
06:43Il n'en est pas question.
06:45Nous ne voulons pas qu'ils sortent,
06:48ni lui, ni elle,
06:50car ils savaient très bien ce qu'ils ont fait.
06:52Ils le savent.
06:54Il y a 40 morts.
06:56C'est la moindre des choses qu'ils soient en détention.
06:58Mais il aurait dû être en détention à la minute même
07:01où le Constellation, il a brûlé.
07:04À la minute même.
07:06Mais ils sont responsables.
07:08C'est leur établissement.
07:10Ils savaient très bien ce qu'ils faisaient.
07:11Mais...
07:15Je veux dire, il n'y a pas de mots.
07:18Il n'y a rien à discuter.
07:20Il n'y a rien à m'expliquer.
07:23Alors avec nous, Sébastien Fanti,
07:24avocat suisse qui défend 4 familles de victimes.
07:28Merci d'être avec nous, maître.
07:30Et on essaie de comprendre ensemble
07:31pourquoi est-ce que dans un premier temps,
07:33ces 2 personnes, ces 2 gérants ont été laissés libres
07:35et que ça a changé.
07:37Moi, ma question, elle est peut-être un peu naïve.
07:38Est-ce que c'est sous la pression des familles de victimes
07:40et des avocats comme vous qui les défendez ?
07:43Comment est-ce qu'on explique ce revirement ?
07:45Alors ce revirement a été expliqué en audience de ce vendredi.
07:49Comme vous le savez, nous avons une interdiction
07:51d'évoquer les déclarations des prévenus lors de cette audience.
07:56C'est une décision qui nous a été signifiée
07:58sous la sanction pénale du non-respect d'une décision de l'autorité.
08:02Ce droit de ne pas parler est assez surprenant puisque vous avez une procureure générale
08:07qui s'épand dans les médias, notamment français,
08:09et nous allons attaquer en justice cette décision du pôle de procureurs
08:13et requérir un certain nombre d'actes à cet égard.
08:17Donc je ne peux pas vous dire les motifs qui ont conduit au placement
08:21en détention provisoire de M. Moretti.
08:24Ce que je peux vous dire, c'est que ma famille que vous avez entendue
08:28par la voix de Marie ne comprend pas pourquoi Madame n'est pas en détention préventive.
08:33Elle considère que c'est injuste puisque Madame était présente le soir des faits.
08:38J'aimerais juste insister sur une chose.
08:41On a un risque de collusion.
08:42Ce risque de collusion, c'est quand les gens se parlent
08:45ou font par exemple occulte des preuves.
08:47Nous avons des preuves qui ont été occultées.
08:49C'est factuellement et objectivement démontré par la désactivation...
08:52Alors quelles preuves ont été occultées ?
08:55Allez-y, précisez comment est-ce qu'elles ont été.
08:57Oui, par la désactivation notamment des pages des réseaux sociaux
08:59où on avait beaucoup de photographies
09:02qui permettaient notamment de savoir
09:04si la manière dont les bouteilles étaient apportées à table
09:07était une manière ordinaire et récurrente ou non
09:10puisque comme vous l'avez très bien expliqué,
09:12c'est la question de l'intention qui va focaliser l'intérêt de chacun.
09:18Alors quelles étapes à venir ?
09:19Parce qu'on entre maintenant dans le temps de l'instruction.
09:20Qu'est-ce que vous allez demander, vous, concrètement, comme acte d'enquête ?
09:25Alors, je vais vous dire deux choses.
09:27La première des choses, c'est que nous sommes dans l'expectative
09:29et dans l'espérance puisqu'aujourd'hui, si M. Moretti était libéré,
09:32ce qui est en tout cas théoriquement possible,
09:35ou s'il était soumis à des mesures de substitution
09:38et que le tribunal des mesures de contrainte ordonnait
09:41au ministère public d'aller plus vite dans ses actes d'instruction,
09:44nous serions évidemment très déçus.
09:46Donc nous attendons cette décision qui doit arriver rapidement,
09:49même si le délai de 48 heures est un délai d'ordre.
09:52Nous escomptons du tribunal des mesures de contrainte
09:54qu'il rende rapidement cette décision
09:56et qu'elle soit surtout communiquée à tout le monde
09:59parce que les familles sont dans l'attente.
10:00J'ai quitté l'audience de vendredi pour accomplir un certain nombre d'actes
10:07parce que nous avons des urgences absolues, procédurales,
10:10puisque cette histoire concerne plusieurs pays.
10:13Trois pays ont ouvert des procédures.
10:15Ce ne sont donc pas que les Suisses qui vont s'en occuper,
10:18mais également les Italiens, les Belges et les Français
10:21par le biais de la procédure miroir.
10:22Donc je ne vous dirai pas ce que j'ai requis
10:24des différentes autorités judiciaires de ces pays,
10:27mais des actes ont été requis.
10:29Vous comprendrez évidemment que je ne puisse pas vous révéler ces actes,
10:33mais dans les heures et les jours qui viennent,
10:35vous en saurez plus.
10:36L'attention en Suisse se focalise maintenant
10:38sur la responsabilité de la Commune et du canton du Valais.
10:41Un certain nombre d'articles sont parus ce jour
10:45sur la responsabilité évidemment des personnes
10:48qui assurent la sécurité incendie de la Commune,
10:51avec la révélation hier par la radio-télévision suisse
10:54d'un certain nombre d'antécédents concernant des communes du haut plateau,
10:58mais aussi concernant la formation de ces gens,
11:00puisque vous savez que c'est une formation très brève en Suisse.
11:03En trois jours, vous pouvez être le responsable sécurité
11:05d'une collectivité publique, ce qui est totalement ubuesque.
11:09Et puis nous attendons donc maintenant un examen
11:11par rapport à la responsabilité de l'Office cantonal du feu,
11:14l'Office donc qui est responsable de faire appliquer la loi.
11:19Nous sommes en train d'examiner un certain nombre de faits
11:21qui ont été portés à la connaissance du public,
11:23qui ne ressortent pas du dossier,
11:25puisque nous n'avons pas l'autorisation de vous en parler,
11:28de tout ce qui est dans le dossier.
11:29Et ces faits sont susceptibles d'engager la responsabilité du canton.
11:34Merci. Dominique, il y a une question pour vous.
11:36Oui, on est six, on est cinq autour du plateau,
11:38et je crois qu'on réagit tous de la même façon.
11:42Qu'est-ce qu'on peut penser d'une justice
11:43dans un pays qui fait un drame pareil
11:45et qui demande à ses avocats de se taire ?
11:48Vous avez dit ce droit de ne pas parler,
11:49c'est une obligation de ne pas parler,
11:51qui demande à ses avocats de se taire.
11:53On peut penser que cette justice craint
11:57que la pression qui est mise sur elle
11:59aboutisse à ce qu'elle doive accélérer le mouvement,
12:04remettre le train sur les rails,
12:06et puis qu'elle craigne évidemment
12:08qu'un certain nombre de démarches
12:11qui ont été accomplies,
12:12que je ne peux pas évoquer,
12:13soient critiquables.
12:15Vous savez, quand une procédure débute mal,
12:17elle se termine généralement encore plus mal.
12:19Et donc, parfois, il vaut mieux avoir l'humilité
12:22de dire qu'on ne peut pas faire certaines tâches.
12:25Vous voyez, moi, j'ai l'humilité de vous dire
12:26que je ne pourrais pas être le président
12:27d'une commune comme Grand Montana
12:28parce que mes connaissances en matière de finances
12:30et de controlling sont totalement lacunaires
12:34pour gérer une collectivité aussi importante.
12:37Parfois, il vaut mieux dire
12:38que je ne suis pas la bonne personne.
12:40Voilà, on a choisi d'abord une première personne,
12:42ensuite on a renforcé l'équipe.
12:44Alors, le but, ce n'est pas de critiquer les personnes
12:46et le team, c'est simplement de dire
12:48à situation exceptionnelle,
12:50si vous voulez, dispositif exceptionnel.
12:53Et aujourd'hui, nous sommes mentis du dossier.
12:55Nous pouvons voir ce qui a été fait,
12:56mais surtout ce qui n'a pas été fait.
12:58Et il y a un certain nombre de choses
12:59qui sont surprenantes.
13:01Je ne les qualifierai pas,
13:02mais je vous donne un exemple.
13:04J'ai des avocats italiens qui m'appellent
13:05en me disant qu'il n'y a pas eu d'autopsie.
13:07On a identifié les corps,
13:09mais il n'y a pas eu d'autopsie.
13:10Nous l'avions requis formellement.
13:12Est-ce que je vous laisse imaginer
13:13les conséquences de l'absence d'autopsie
13:15alors qu'il va falloir maintenant
13:18exhumer des corps dans d'autres pays
13:19parce que vous pouvez avoir
13:20les membres d'une même famille
13:21qui, malheureusement,
13:23sont décédés dans cet incendie.
13:25Et il faudra déterminer
13:26qui est mort avant qui
13:27parce que ça pourrait avoir
13:28des conséquences successorales.
13:30La cause de la mort
13:31doit être fixée précisément
13:32puisque les régimes juridiques
13:33des pays concernés sont différents.
13:35Donc l'autopsie,
13:36c'est quand même quelque chose
13:37à quoi on peut s'attendre
13:39de la part d'une instruction diligente.
13:41Et aujourd'hui,
13:42ces familles ne comprennent pas.
13:43Elles doivent faire réaliser
13:44des autopsies dans leur pays,
13:46ce qui signifie que la procédure
13:48va s'éparpiller.
13:49Donc nous avons tout de même
13:50un certain nombre
13:52de préoccupations
13:53qui sont importantes.
13:56Merci beaucoup,
13:57Maître Fanti,
13:57d'avoir été avec nous,
13:58nous avoir éclairés sur ce plateau.
13:59Évidemment,
14:00on suivra avec vous
14:01ces actes d'enquête.
14:02Et on l'a compris,
14:03il faut que le train
14:04se remette sur les rails.
14:05C'est l'esprit
14:06de son intervention.
14:08Maître Veil,
14:08je voulais vous poser une question.
14:09Le parquet de Paris
14:10a ouvert une procédure miroir.
14:11La procureure de Paris
14:12est venue sur notre plateau
14:13la semaine dernière
14:13pour le rappeler.
14:15Est-ce que c'est fréquent ?
14:15Est-ce que c'est utile ?
14:16En quoi ça va nous aider ?
14:18Alors,
14:19c'est fréquent
14:20en matière d'accidents
14:21transfrontaliers.
14:23Je n'ai pas d'autres exemples
14:24en tête,
14:25mais il me semble que
14:25c'est l'utilité même
14:29d'une procédure miroir.
14:30Et on le comprend aujourd'hui,
14:31cette procédure,
14:32elle n'a pas vocation
14:33à déboucher sur un procès
14:34en France.
14:34Est-ce qu'on a compris
14:35des déclarations du parquet
14:36ou en tout cas
14:36des différentes communications
14:38du parquet ?
14:39Et donc,
14:39c'est l'utilité même
14:40de cette procédure.
14:41C'est d'être au service
14:42d'une enquête étrangère
14:44pour coordonner
14:45la prise en charge
14:46des victimes françaises,
14:48coordonner leurs éventuelles auditions,
14:50coordonner des actes d'enquête
14:51qui devraient se réaliser
14:52en France.
14:53Si je peux parler par analogie,
14:55on voit ce type de procédure
14:57en matière d'accidents aériens.
15:00Oui, collectifs.
15:01Collectifs et aériens,
15:02j'y pense,
15:03parce que ça intervient régulièrement.
15:05On voit que des enquêtes
15:06s'ouvrent dans différents pays,
15:07collaborent,
15:09ordonnent des actes d'enquête.
15:10En ce qui concerne
15:11la prise en charge
15:11des victimes notamment,
15:12j'ai compris des déclarations
15:13du parquet de Paris
15:14et je pense que
15:15c'est ça qui est important,
15:17c'est de voir que
15:18il va falloir les expertiser,
15:21il va falloir les auditionner.
15:22Les indemniser aussi.
15:23Alors, les indemniser,
15:24ça viendra probablement
15:25dans un deuxième temps
15:26ou en tout cas
15:26dans un temps parallèle.
15:29Et à ce titre-là,
15:30pour le coup,
15:31ce sera uniquement
15:31une procédure française
15:32en ce qui concerne
15:33les victimes françaises.
15:35Mais cette enquête,
15:36elle va donc coordonner
15:37la prise en charge
15:38de ces victimes,
15:39leur audition
15:39et probablement
15:41servir une procédure suisse.
15:43L'intérêt peut-être
15:43qu'on peut voir,
15:44notamment compte tenu
15:45des interrogations
15:47qui sont celles
15:48des familles de victimes,
15:49c'est qu'une collaboration
15:51des justices européennes saisies,
15:53donc françaises,
15:54italiennes,
15:55suisses,
15:55je le comprends aujourd'hui,
15:56belges,
15:56probablement écartera
16:00toute crainte
16:02de collusion
16:03et ou de dissimulation
16:06d'actes judiciaires.
16:07Et ça,
16:07on peut s'en réjouir
16:09puisqu'on voit bien
16:10qu'aujourd'hui,
16:11au travers des réseaux sociaux,
16:13émerge,
16:13et je pense qu'il faut
16:14être très prudent avec ça,
16:15notamment pour
16:16le bien-être psychologique
16:18des victimes
16:19et des familles de victimes,
16:20on voit émerger
16:21un certain nombre
16:22de théories
16:24qu'on pourrait
16:25cayer de complotir,
16:26je n'en sais rien,
16:26en tout cas,
16:27qui tentent de voir...
16:29En tout cas,
16:29hors les clous,
16:30on va dire.
16:31Voilà,
16:31exactement,
16:31pour parler simplement
16:32et je pense que
16:33cette coopération
16:34des différents parquets
16:34va permettre d'écarter
16:36ce risque
16:36et probablement
16:37fera du bien aux victimes.
16:38Alors,
16:38on rappelle le numéro
16:39de France Victime,
16:39ça peut être aussi utile,
16:41le 116 006
16:42si vous avez besoin
16:42de rentrer en contact
16:43avec cette association référente
16:45qui va donc centraliser
16:46tout cela.
16:48Je voudrais qu'on regarde
16:49ensemble ce plan,
16:50le plan du Constellation
16:52parce que c'est là
16:53où on va se poser
16:54toutes les questions.
16:55Il y a ces issues de secours,
16:57il y a cette porte de service.
16:58Maxime,
16:58est-ce que vous pouvez
16:59nous expliquer ?
17:00On a beaucoup travaillé
17:01là-dessus hier ensemble.
17:02Il y a des issues de secours
17:03mais il y a aussi
17:04le récit de Jacques Moretti
17:06qui raconte
17:06qu'il a fait le tour
17:07par l'arrière
17:08et qu'il a essayé
17:10de forcer une porte.
17:11Racontez-nous.
17:11Oui,
17:12alors,
17:12selon les auditions
17:13de Jacques Moretti
17:14qui, évidemment,
17:14devront être corroborés
17:16par les enquêteurs,
17:16il assure qu'il y avait
17:17deux issues de secours
17:18dans son bar.
17:19Il y a deux issues de secours
17:21qui partent du sous-sol
17:22forcément.
17:23Il y a la première
17:24que vous voyez
17:24sur la grande flèche jaune
17:26qui est, vous savez,
17:26cet escalier
17:27qu'on vous a montré
17:28sur plusieurs photos
17:29qui a été rénové
17:29et notamment
17:30dont le diamètre
17:31a été réduit.
17:32Ça, ça pourrait poser
17:33question aussi.
17:34C'est aussi l'escalier
17:34d'entrée, Maxime ?
17:35C'est l'escalier.
17:36Alors, il y a la porte d'entrée
17:37au rez-de-chaussée.
17:38L'étage que vous voyez
17:38au-dessus, c'est le rez-de-chaussée
17:39et l'étage du dessous,
17:40c'est le sous-sol.
17:41La porte d'entrée,
17:49c'est l'escalier
17:49qui part du sous-sol
17:50vers le rez-de-chaussée
17:51et la porte d'entrée
17:52du rez-de-chaussée.
17:52Tout ça est une seule
17:53sortie de secours.
17:54Il y a une deuxième
17:56sortie de secours,
17:56explique Jacques Moriti,
17:57qui est celle que vous voyez
17:58tout au fond,
17:59qui est en fait au fond du bar
18:01et qui, elle,
18:02mène à un escalier
18:03qui amène dans les bâtiments
18:04qui se trouvent
18:04au-dessus du bar
18:05de la constellation.
18:06Et alors, c'est vrai
18:07que vous le disiez vous-même,
18:08Jacques Moriti parle
18:09d'une troisième porte
18:10qui était fermée,
18:11qui était une porte de service
18:12que lui dit
18:13comme n'étant pas
18:14une sortie de secours
18:15et pas désignée comme telle.
18:17Comment il a découvert
18:18qu'elle était fermée ?
18:18Parce qu'une fois
18:19que sa femme l'a appelée
18:20que l'incendie était en cours,
18:21il est arrivé,
18:22il explique qu'il a voulu
18:23prêter main forte au secours,
18:24il connaît son établissement,
18:26il a fait le tour
18:26et il y a une porte de service.
18:28Alors, je ne sais pas exactement
18:29de quel côté elle est,
18:30mais elle se trouve
18:30au rez-de-chaussée.
18:32Elle est accessible
18:32du rez-de-chaussée.
18:33En fait, vous passez
18:33par une galerie marchande
18:34et cette porte de service
18:35donne sur la galerie marchande.
18:37Il est arrivé devant cette porte,
18:38elle était fermée de l'intérieur
18:40par un loquet.
18:41Il n'explique pas pourquoi,
18:42il ne sait pas pourquoi.
18:43Il l'a forcé à l'aide
18:44de deux autres personnes
18:45et derrière,
18:45il a trouvé cinq personnes inanimées,
18:48dont Sian,
18:48qui est malheureusement décédée.
18:49Et donc, Boris,
18:50vous-même,
18:50vous avez été en contact
18:51avec la famille de Sian
18:52et ça a corrobore
18:53avec le récit
18:54qu'eux vous ont livré
18:55et peut-être
18:56des derniers instants
18:57de cette jeune femme.
18:58Oui, puisqu'on a pu rencontrer
18:59sa maman, Astrid Panine,
19:00ainsi que sa grande sœur
19:01et Oline,
19:02mardi dernier à Grand-Montana
19:03et elles nous ont fait part
19:05que le corps de Sian
19:06avait été découvert
19:07derrière une porte,
19:08ce qui corrobore
19:09donc les déclarations
19:10de Jacques Moretti.
19:12Sian ainsi que la famille Moretti
19:13entretenaient
19:13une très bonne relation.
19:15Ils étaient extrêmement proches.
19:18C'est ça qu'on a découvert
19:18effectivement
19:19parce que Jacques Moretti
19:20était très proche
19:21du petit ami
19:22de cette serveuse.
19:23Absolument.
19:24Ils considéraient Sian
19:24comme sa belle-fille.
19:26Deux familles extrêmement
19:27proches aujourd'hui.
19:29Ça a un peu forcément changé
19:31avec les faits qu'on connaît.
19:33Sian,
19:33cela faisait plusieurs saisons
19:34qu'elle travaillait
19:35dans ce bar du Constellation.
19:37Elle appréciait ce travail.
19:38Elle était considérée
19:39comme la mascotte
19:40de cette commune
19:40de Grand-Montana.
19:42Elle était âgée de 24 ans,
19:43originaire de Ced.
19:44Justement, hier,
19:45il y a eu cette cérémonie
19:46d'hommage
19:47avant les obsèques
19:48qui vont se dérouler
19:49prochainement
19:50avec quand même
19:50plusieurs centaines
19:51de personnes réunies.
19:52Sian était considérée
19:53comme vraiment
19:54le rayon de soleil
19:54de cette commune
19:55de Grand-Montana.
19:56Elle avait ce soir-là
19:57convié sa meilleure amie
19:58à la soirée.
20:00Sa meilleure amie
20:00est une survivante
20:01de l'incendie.
20:02Elle a des brûlures
20:03notamment sur le bras droit
20:05et elle a témoigné
20:06justement hier
20:07à nos équipes.
20:08On va l'écouter tout de suite.
20:10C'est très grave
20:12ce qui s'est passé.
20:12Moi, je suis encore
20:13sous le choc.
20:15Là, c'est une journée
20:16vraiment pour elle
20:17et en hommage.
20:19Elle avait beaucoup de gens,
20:20beaucoup de familles,
20:20beaucoup de proches.
20:21C'est très dur
20:22ce qui se passe.
20:23Et là, on a besoin
20:25de ce moment
20:26pour être en famille
20:27et pour essayer
20:29de se relever
20:31même si on n'arrivera jamais.
20:33C'est terrible
20:33ce qui s'est passé.
20:33Et je souhaite à tout le monde
20:35de relever la tête
20:37après ce drame.
20:39Alors, si on parle maintenant
20:40des auditions
20:41de Jacques Moretti
20:41et de Jessica Moretti
20:42aux enquêteurs,
20:43on parle des auditions
20:44du lendemain du drame
20:45parce qu'il y en a eu
20:46d'autres depuis.
20:47Est-ce qu'on peut essayer
20:47ensemble
20:48de dresser la liste
20:50de ce qu'on peut lui reprocher,
20:51des questions
20:52que l'on se pose encore ?
20:53Comment est-ce que...
20:53D'abord, c'est lui
20:54qui a fait les travaux
20:55et c'est lui
20:55qui a posé
20:55cette fameuse liste ?
20:57Alors oui, dans les...
20:58Ça, c'est à charge.
20:59À charge, effectivement.
21:00Il reconnaît
21:01qu'il a fait lui-même
21:01les travaux
21:02et il reconnaît
21:03qu'il a lui-même
21:04arraché la mousse précédente
21:05et il en a acheté
21:06une nouvelle
21:06qu'il a lui-même
21:08collée au plafond.
21:09Alors, à charge,
21:10a priori,
21:11sous réserve
21:11que ce soit confirmé
21:13que la mousse
21:13était illicite.
21:15Qu'est-ce qu'il peut
21:15y avoir d'autre à charge ?
21:16La jauge de personne,
21:18Jessica Moretti,
21:19dans son audition,
21:20elle dit elle-même
21:21que c'était une soirée
21:21où il n'y avait pas
21:22beaucoup de monde.
21:23Elle s'inquiétait
21:23de l'ambiance, d'ailleurs.
21:24Au début, peut-être ?
21:25Au début ?
21:26Non, elle dit
21:26juste avant l'incendie.
21:27Ah, juste avant l'incendie.
21:28Elle se souvient
21:28s'inquiéter de l'ambiance
21:29et elle estime
21:30que dans le bar,
21:31il y avait une centaine
21:32de personnes.
21:33Ce qui paraît étonnant
21:34aujourd'hui
21:34quand on voit
21:34le nombre de blessés
21:35qu'on additionne
21:36au nombre de décédés
21:38plus les survivants.
21:39On a l'air au-dessus
21:41et surtout,
21:42la jauge
21:43que pouvait contenir ce bar
21:44parce que
21:45Jacques Moretti,
21:46dans son audition,
21:46dit qu'il pouvait accueillir
21:47jusqu'à 300 personnes.
21:49La commune dit
21:49que c'est 200 personnes.
21:51100 et 100.
21:52100 à l'étage
21:53et 100 en dessous.
21:53Je crois qu'elle explique
21:54que la règle,
21:54c'est 100 personnes
21:55par sortie de secours.
21:56Donc ça,
21:57ça pourrait être à charge.
21:57Qu'est-ce qui pourrait
21:58être à charge aussi ?
21:59L'âge.
22:00L'âge des personnes
22:01parce qu'en Suisse,
22:05vous avez le droit
22:05d'aller dans un bar
22:06et de consommer
22:07certains alcools,
22:08de la bière, du vin,
22:09si vous avez plus de 16 ans.
22:11Donc il y avait
22:11beaucoup de mineurs
22:12de plus de 16 ans.
22:14Mais il y a aussi
22:14des mineurs
22:16qui ont 15 ans,
22:1714 ans,
22:18on en a vu par des victimes.
22:19Ça, ça peut être à charge.
22:20Jacques Moretti,
22:21il s'explique là-dessus.
22:22Il assure que Sissi
22:23passait bien la consigne
22:25au videur
22:26de contrôler les identités.
22:28Soit dit en passant,
22:29Boris et moi,
22:29quand on a interrogé
22:30des ex-employés,
22:31il nous disait le contraire.
22:32Mais bon,
22:32ce sera vérifié.
22:33Mais il dit que voilà,
22:34il avait passé cette consigne,
22:35mais il explique tout de suite
22:36aux policiers que
22:37bon, c'est pas facile.
22:39Parfois,
22:39il y a des fausses cartes
22:40d'identité.
22:40Parfois,
22:41il triche un peu.
22:42Je ne peux pas vous garantir
22:43que ce soir-là,
22:43il n'y avait personne
22:44de moins de 16 ans.
22:45Donc ça,
22:46ça peut être
22:46quelque chose
22:47à charge.
22:49Qu'est-ce qu'il pourrait
22:50y avoir d'autre ?
22:51Les issues de secours ?
22:52Les issues de secours,
22:53moi, pour l'instant,
22:54en l'état des déclarations,
22:55je les mettrais plutôt
22:56à décharge.
22:57Parce qu'on a parlé
22:59du nombre d'issues de secours.
23:01Lui,
23:01il assure qu'il y en a bien deux.
23:02Il assure qu'elles étaient
23:03bien ouvertes
23:04et bien signalées.
23:05Il va falloir que l'enquête
23:06corrobore ça.
23:07Bien signalées,
23:07ça veut dire voyants lumineux ?
23:09En gros,
23:11il dénombre,
23:11il y a des voyants lumineux
23:12pour chaque porte,
23:13mais il y a aussi
23:14des espèces de petits,
23:15juste,
23:15sans voyants lumineux,
23:17des espèces de carrés verts,
23:18vous voyez,
23:18qui indique des sorties de secours.
23:19Il dénombre exactement
23:20combien il y en a.
23:21Il faudra vérifier que c'est vrai.
23:23Ça, ça pourrait être,
23:24même si les deux issues de secours
23:25ne correspondent pas à la jauge.
23:27Et puis,
23:27on avait beaucoup parlé,
23:28vous savez,
23:28de cette issue de secours fermée.
23:30Il y a celle du fond,
23:31où je vous ai dit,
23:32il faudra savoir
23:32s'il a été vraiment fermé ou pas.
23:33On n'a pas trouvé
23:34de personnes qui étaient sorties par là.
23:37Mais ce qui est sûr,
23:37c'est que la porte fermée,
23:38si c'est la porte de service,
23:41à vérifier avec les normes,
23:42mais normalement,
23:45donc ça, ce serait plutôt à décharge.
23:48À décharge,
23:49les extincteurs,
23:50lui, il assure qu'il y en avait
23:51trois, quatre,
23:52ce qui est suffisant.
23:55Si je repasse à charge
23:56la non-formation de ces salariés
23:58à ce type d'événement,
24:01parce que,
24:01imaginons l'hypothèse
24:03où il y a bien une deuxième sortie de secours,
24:05qu'elle est bien ouverte,
24:06qu'il a fait dans les règles.
24:07Franchement,
24:08arrête-moi Boris,
24:09si je me trompe,
24:10mais on n'a trouvé personne
24:11qui nous dit
24:11je suis sorti par cette sortie de secours.
24:13Peut-être qu'on peut imaginer
24:14que cette sortie de secours
24:15personne ne l'a trouvée
24:16parce que les salariés
24:17n'étant pas formés
24:18n'ont pas du tout dit aux gens
24:19« venez, venez, venez, venez, venez, venez. »
24:20Et puis, panique, noir, fumé, tout ça.
24:23Le fait que Sian Panin,
24:24qui est une serveuse,
24:25se retrouve devant une porte de service
24:26qui est fermée,
24:27ça peut aussi poser question
24:28où peut-être que cette formation
24:29aurait pu jouer.
24:30Et également le partage
24:31des responsabilités
24:32à décharge
24:33parce que la commune,
24:34c'est elle qui mène
24:35les inspections.
24:36Au-dessus de la commune,
24:37il y a le canton,
24:38donc il y a au moins encore
24:39plusieurs personnes
24:40qui pourraient être auditionnées.
24:42Les inspections,
24:42aucune entre 2020 et 2025
24:44alors que normalement
24:45c'est une inspection par an.
24:47Jacques Moretti avait déclaré
24:48qu'il avait eu
24:49trois inspections
24:49en l'espace de dix ans.
24:51Donc il y a aussi
24:52peut-être une responsabilité
24:53de la part de la commune
24:55de Nicolas Ferrault,
24:56le président du conseil communal
24:57de Grand-Montana
24:59avec tout autant de personnes
25:01qui appartiennent à cette commune
25:02qui risquent fortement
25:03d'être auditionnées
25:04si ce n'a pas déjà été fait.
25:05Gérardine Générale,
25:06vous vous souvenez
25:06des mots du président de la commune
25:07qui dit
25:08« on ne quitte pas un navire
25:08pendant la tempête »
25:09mais globalement,
25:10ce texte sera insurmontable ?
25:12C'est ça.
25:12La difficulté,
25:13c'est que pour les familles,
25:16ils sont focalisés
25:17sur la responsabilité
25:18pleine et entière
25:19des gérants.
25:21Mais la difficulté,
25:23ils ne sont pas tout seuls
25:24parce que même s'ils font
25:24les travaux,
25:25rien n'interdit à quelqu'un
25:26de refaire des travaux seuls.
25:28Ce qui se passe après
25:29dans les communes
25:30ou autres,
25:31c'est qu'il y a
25:31la réception des travaux
25:33par les personnes
25:34qui sont chargées
25:35de vérifier
25:36tous les établissements
25:37recevant du public,
25:38que ce soit du bar
25:39à la boîte de nuit,
25:40etc.
25:41Et qui là,
25:42doivent dire
25:42si c'est conforme
25:44ou pas
25:44à l'ensemble
25:45des normes
25:46du pays
25:46en question.
25:48Et on sent bien,
25:49il y a eu d'ailleurs
25:50dans une des interviews
25:51où une personne
25:53à la municipalité
25:53disait « oui,
25:54mais on n'a pas
25:54assez de personnel
25:55pour tout contrôler ».
25:56Ce n'est pas une excuse,
25:58je suis désolé.
25:58Je ne suis désolé.
25:59Et à la question posée
26:02pourquoi ça n'a pas été fait,
26:04le silence est intersidéral.
26:05Je le regrette amèrement,
26:07dit-il,
26:07mais ce n'est pas suffisant.
26:08Mais oui,
26:09désolé,
26:10mais ça vient
26:11à des charges
26:12des gérants
26:13qui ont présenté
26:15pour la réception
26:17des travaux
26:17où la commune,
26:19voire le canton,
26:20ont dit
26:20« tout va bien »
26:21alors que
26:22tout avait été réduit
26:24pour l'escalier,
26:25etc.
26:25lors des visites,
26:27ça a été confirmé
26:28alors que
26:29s'il y avait eu
26:30vraiment
26:31une véritable inspection,
26:33que ce soit la mousse,
26:33que ce soit l'ensemble,
26:35etc.,
26:36il aurait pu y avoir
26:36des réserves
26:37et là,
26:38il n'y en a pas eu.
26:40Maxime ?
26:40Peut-être moi,
26:40j'ajouterais à des charges
26:42leur émotion sincère
26:43à tous les deux
26:44qui ressortent des auditions.
26:45Alors vous allez me dire
26:45comment ne pas être touché
26:47par un tel événement ?
26:48Oui,
26:48je suis d'accord avec vous.
26:49Les larmes de Jessica
26:50à la sortie de l'audition
26:51de Jessica Maurici,
26:52elles sont sincères pour vous ?
26:54Vous ne savez pas.
26:54Les larmes à la sortie,
26:56c'est difficile à dire
26:57parce que je ne la connais pas,
26:58mais ce qui est sûr,
26:59c'est que quand on lit les...
27:00Si on parle au-delà
27:01des sentiments
27:02qu'ils expriment,
27:03des actes concrets,
27:05Jacques Moretti,
27:05il arrive tout de suite
27:06de ce qu'il raconte en tout cas,
27:08il essaie de rentrer
27:09à l'intérieur
27:09pour sauver des gens.
27:10Lorsqu'il découvre
27:11Sian Panin,
27:12dont il était très proche,
27:13Boris nous l'a expliqué,
27:14il essaie de faire
27:15un massage cardiaque
27:15pendant une heure
27:16à Sian
27:17pour essayer de la réanimer
27:18jusqu'à ce que les secours
27:19arrêtent.
27:20À ce moment-là,
27:20l'enquêteur
27:21de la poésie judiciaire suisse,
27:22quand on est à ce moment
27:23de l'audition,
27:24il a rajouté une note
27:25en disant
27:25« Monsieur Jacques Moretti
27:27s'effondre en racontant
27:28ce passage du récit ».
27:30C'est quelque chose
27:31qui a l'air quand même
27:31assez sincère.
27:32C'est du déclaratif.
27:33Ils sont tellement indéfendables
27:35que même sur ce plateau,
27:36quand on a dit,
27:37moi j'ai fait attention
27:38quand Madame Moretti pleurait,
27:40je disais,
27:40comment est-ce qu'on peut
27:41inventer des larmes pareilles ?
27:43C'est impossible
27:43d'inventer des larmes pareilles.
27:45Ce n'est pas possible.
27:46Mais ils sont tellement indéfendables
27:47que quand j'ai dit ça,
27:48je me suis fait écorcher
27:50sur les réseaux sociaux
27:51de ma traité de franc-maçon,
27:52d'illuminatine.
27:54Je veux dire,
27:54je suis juste quelqu'un
27:55qui comme tous ceux
27:56qui regardent la télévision
27:57parce qu'il y a des personnes
27:58qui regardent la télé
27:58qui se disent
27:59« Madame Moretti,
28:00elle pleure sincèrement.
28:01Monsieur Madame Moretti
28:02ils vivent la pire période
28:06de leur vie. »
28:08Mais on pense d'abord
28:09aux victimes
28:09et aux familles de victimes.
28:11Et même si c'est
28:12les pires des commerçants,
28:13même si c'est les pires
28:14des tenants,
28:15et que vraiment
28:15ils ont sacrifié la sécurité
28:16pour avoir plus d'argent,
28:19en vrai c'est impossible
28:19qu'ils aient voulu ça.
28:20Ou alors vraiment
28:21on est face à des serial killers.
28:22Et l'enquête,
28:23on la suivra pas à pas.
28:24Et vous Boris,
28:24un dernier mot ?
28:24Juste pour revenir
28:25sur la présence des mineurs,
28:26un élément très factuel,
28:2717 personnes de 16 ans et moins
28:29sont décédées
28:30dans cet incendie.
28:31Merci à tous
28:32d'être venus
28:32et je voudrais faire
28:33un salut
28:34et un merci particulier
28:35aux forces vives
28:35de ce service PJ
28:36de BFM TV.
28:38On suivra attentivement
28:39la suite de l'instruction
28:40en Suisse.
28:41Merci à tous.
28:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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