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  • il y a 2 mois
Chaque week-end, l’émission pilotée par Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, et Pauline Revenaz, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.

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00:00:00Musique
00:00:00Bonjour à tous, nous sommes dimanche, il est 13h, bienvenue dans Affaires suivantes, ravi de vous retrouver avec mon complice Dominique Ries.
00:00:15Bonjour Pauline, bonjour à tous.
00:00:17Au programme cette semaine, la contre-enquête des grands-parents d'Émile de retour au Auvergne.
00:00:21Huit mois après leur garde à vue, l'oncle, la tante, le grand-père et la grand-mère du petit garçon sont remontés sur les lieux de la disparition.
00:00:27Ils ont exploré avec leurs avocats des sites, des endroits qui méritent, selon eux, que l'on s'y intéresse.
00:00:34Alors qu'est-ce que cela va changer dans cette enquête ?
00:00:37Se souvenir, se souvenir ensemble de cette nuit d'épouvante, de cette nuit sanglante qui a endeuillé Paris et toute la France au soir du 13 novembre 2015.
00:00:46Un bilan effroyable, 132 morts.
00:00:49Mais au-delà des chiffres, comment vivre avec ces traumatismes ?
00:00:54Qui sont les primo-intervenants qui ont agi lors des attentats du Bataclan au Stade de France, sur les terrasses parisiennes ?
00:01:01Une longue, une onde de choc a submergé tout le pays.
00:01:04Nous prendrons le temps d'en reparler avec nos invités.
00:01:07Enfin, un documentaire exceptionnel à découvrir ce soir à 20h50 avec les équipes de Ligne Rouge.
00:01:13Ceux qui ont donné l'assaut à l'intérieur du Bataclan, nous y reviendrons dans cette émission.
00:01:17Allez, affaire suivante, c'est tout de suite.
00:01:19Reste avec nous.
00:01:21Bienvenue à vous quand la famille du petit Émile mène sa propre enquête.
00:01:25Selon nos informations, le grand-père, la grand-mère, l'oncle et la tante d'Émile se sont rendus au Auvernais.
00:01:30Un trajet d'un kilomètre cinq qu'ils ont exploré entre l'église et le lieu de la découverte du crâne du petit garçon.
00:01:37Avec nous, j'accueille en plateau général François Daoust.
00:01:39Bonjour, ancien directeur de l'IRCGN.
00:01:42Boris Karlamov, police, justice, journaliste du service BFM TV.
00:01:46Et avec nous aussi, Valentin Doyen, journaliste qui suit très attentivement cette affaire depuis le début.
00:01:51Depuis cette journée de juillet 2023 où le petit garçon a disparu.
00:01:55Valentin, d'abord, revenons ensemble sur ce déplacement.
00:01:58Les quatre anciens gardés à vue avec leurs quatre avocats ont décidé de retourner au Auvernais.
00:02:05Racontez-nous précisément ce que vous savez.
00:02:08Effectivement, ils se sont rendus sur place hier matin.
00:02:10Aux alentours de 7h30, 8h, ils ont pris la route.
00:02:13Ils se sont déplacés depuis la Bouilladis et ils étaient huit.
00:02:16Donc, Philippe, Anne Védovini, les grands-parents d'Émile.
00:02:19Deux de leurs enfants, Marthe et Maximin, qui étaient donc les quatre placés en garde à vue en mars dernier.
00:02:24Et les quatre avaient leurs avocats respectifs.
00:02:26Ils se sont tout d'abord rendus au Hameau du Auvernais dans la rue du Four.
00:02:29C'est là où s'est volatilisé mystérieusement Émile le 8 juillet 2023.
00:02:33Et ensuite, ils ont effectué une sorte de petit périple.
00:02:36Ils ont fait plusieurs lieux.
00:02:38Que ce soit l'église Saint-Martin, au cœur du Hameau du Auvernais.
00:02:41Également, pas très loin de là, la chapelle Saint-Pancrace.
00:02:44Et ils se sont rendus jusqu'à la colline de Villevieille.
00:02:47C'est à cet endroit que le crâne du petit garçon avait été retrouvé par une randonneuse en mars 2024.
00:02:53Et ils ont pris des photos.
00:02:56Ils se sont déplacés également avec un drone pour mener, en réalité, une sorte d'enquête.
00:03:02Mais également pour aller voir des lieux qui n'avaient pas été inspectés lors de la mise en situation.
00:03:08Souvenez-vous, c'était le 28 mars 2024.
00:03:11Une dizaine de personnes avaient été convoquées par les juges d'instruction, les magistrats, les enquêteurs.
00:03:14Et ils avaient tous revécu leur journée du 8 juillet.
00:03:17Et certains lieux n'avaient pas été explorés.
00:03:19C'est ces lieux qui ont été approchés et visités hier par les proches du petit garçon.
00:03:26Que cherchent-ils précisément, Valentin ? C'est ma dernière question.
00:03:29Je pense qu'ils cherchent deux choses.
00:03:31Tout d'abord, ils cherchent à ouvrir peut-être de nouvelles pistes.
00:03:37Hier, ils se sont rapprochés de lieux saints, de lieux de culte, de granges, de bâtiments agricoles, d'une ruine également.
00:03:44Ils ont emprunté deux chemins pour arriver jusqu'à Villevieille.
00:03:47On sait qu'il y a un chemin qui part du Haut-Vernay qui va jusqu'à cette clairière où les ossements ont été retrouvés, ainsi que les vêtements du petit garçon.
00:03:55Et puis, il y a une autre piste qui part du col du Laboret.
00:03:58Ils ont emprunté ces deux endroits.
00:04:01Donc, je pense que les avocats peuvent se réunir dans les prochains jours ou les prochaines semaines
00:04:06et demander aux juges d'instruction du pôle criminel d'Aix-en-Provence de nouveaux actes d'investigation,
00:04:11pousser les enquêteurs à aller vers de nouvelles pistes.
00:04:13Et puis, il ne faut pas être dupes non plus, ils étaient quatre de la famille Vedovini.
00:04:18Ça fait plusieurs mois qu'ils ne se sont pas rendus sur place.
00:04:21Plus les avocats, ça fait huit personnes qui déambulent dans un mot.
00:04:24Hier, je pense qu'ils souhaitaient aussi être vus de la population.
00:04:27Pourquoi ? Certainement pour faire parler, peut-être pour faire se délier des langues.
00:04:31– Merci beaucoup, Valentin Doyen.
00:04:33Merci pour toutes ces informations.
00:04:35Évidemment, on suit très attentivement ce dossier avec vous
00:04:37et vous intervenez quand vous voulez.
00:04:39Dominique, dans cette affaire, qu'est-ce qui intrigue ?
00:04:41On rappelle qu'il y a eu quatre gardes à vue.
00:04:43C'était en mars et depuis, pas grand-chose, jusqu'à ce déplacement hier après-midi.
00:04:48– Oui, c'était il y a sept mois.
00:04:49Donc, les gardes à vue, c'était eux.
00:04:51C'était les quatre personnes de la famille qui sont venues avec leurs quatre avocats.
00:04:57Ce matin, on en parlait avec François Gapillon dans le live BFM.
00:05:02Est-ce que c'est un pied de nez aux gendarmes et à la justice ?
00:05:04– On va demander au général Daoust.
00:05:06– Est-ce que c'est une façon aussi de les provoquer, de leur dire,
00:05:08vous voyez, vous nous avez placés en garde à vue,
00:05:10vous nous avez posé tout un tas de questions, on est innocents
00:05:12et on aimerait bien maintenant que le travail soit poursuivi,
00:05:18ça ne veut pas dire qu'il n'a pas été fait,
00:05:19soit poursuivi jusqu'à ce qu'on connaisse la vérité
00:05:21ou alors ça peut être autre chose parce qu'à ceux qui nous regardent, on doit la vérité.
00:05:25C'est-à-dire qu'il y a des personnes qui nous regardent et qui sont persuadées
00:05:28que c'est le grand-père, qu'il sait des choses qu'il n'a pas dites.
00:05:31– Ou que c'est quelqu'un d'autre.
00:05:32– Ou que c'est quelqu'un d'autre, mais en tout cas que c'est quelqu'un de la famille
00:05:34et qu'ils se disent, ouais, mais si c'était une stratégie du grand-père,
00:05:37de la grand-mère, de l'oncle et de la tante
00:05:39pour qu'une fois qu'ils sont allés sur place, la justice soit un peu coincée,
00:05:43ça veut dire, regardez, vous ne nous avez pas coincés.
00:05:45Donc, vous voyez, tout ça existe et c'est important pour nous de le dire.
00:05:50Tous les quatre restent des suspects, jusqu'à plus informés,
00:05:53mais eux vont pointer du doigt d'autres pistes qu'il faudrait, selon eux, aller explorer.
00:06:00– Parce que, Général Daoust et Boris Carlamoff,
00:06:02la piste familiale n'est pas complètement écartée,
00:06:05souvenons-nous des mots du procureur lors de sa dernière conférence de presse.
00:06:08– Tout à fait, la piste familiale n'est toujours pas écartée,
00:06:11elle fait partie des hypothèses sur la table,
00:06:14de l'accident avec un tiers ou l'accident intrafamilial, c'est toujours là.
00:06:20Alors, cette manœuvre avec les avocats, je ne dirais pas que c'est une manœuvre dilatoire,
00:06:24mais c'est, comme disait Dominique, c'est vraiment pour essayer de bousculer un petit peu le système
00:06:29pour qu'il y ait des rires et des réactions, que ce soit à la part des magistrats ou autres.
00:06:33Je rappelle que les gendarmes travaillent, les enquêteurs, sous la direction des juges d'instruction,
00:06:39et quand on leur dit, ils ne vous dites rien, vous ne parlez pas, vous continuez à travailler, ils le font.
00:06:43– Et pour ce qui est de la mise en avant des lieux qui n'ont pas été explorés lors de la mise en situation,
00:06:50ont été regardés avec des avocats ou autres, ces lieux, certes, le jour de la mise en situation,
00:06:55n'ont pas été visités, mais ils l'ont été dans le cadre de l'enquête, dans le cadre des prélèvements,
00:07:02et il y a un certain nombre d'heures de vidéos enregistrées avec des moyens très performants
00:07:10pour que chaque élément soit intégré dans l'enquête.
00:07:14– Est-ce que vous en êtes sûr, mon général ?
00:07:16Est-ce que vous êtes sûr que tous les endroits ont été visités ?
00:07:20– Les endroits dont ils ont parlé ? Ah oui.
00:07:23– Il n'y a pas un terrain vierge qui a été inexploré par les enquêteurs ?
00:07:26– Il peut y avoir une zone dans les bois ou autre sur laquelle ils sont passés à côté,
00:07:32qui n'a pas été revisitée, mais la recherche dans les granges, il y en a eu plusieurs.
00:07:38Il y a la première qui a été dans le cadre administratif de la recherche d'un enfant
00:07:43pour voir s'il n'était pas coincé sous un tracteur, dans une pièce particulière,
00:07:51même dans les congélateurs, ça avait été regardé, les frigos, etc.
00:07:55Puis après, dans le cadre judiciaire, tout a été refait avec des prélèvements,
00:08:00des constatations et surtout un ensemble de photographiques et de lasers 3D à des endroits bien précis.
00:08:07– Parce que Boris, il faut rappeler, cette topographie qui est très particulière,
00:08:11et surtout il faut rappeler que l'autopsie du crâne qu'on a découverte
00:08:14sur un chantier de randonnée en mars 2024, révèle des éléments déterminants,
00:08:21un corps déplacé et un coup violent porté sur ce crâne.
00:08:24– Un traumatisme facial violent, c'était les déclarations du procureur Blachon
00:08:27à l'issue de ces gardes à vue en mars dernier à la section de recherche de Marseille,
00:08:33avec des expertises, dit le procureur, qui introduisent la probabilité de l'intervention d'un tiers
00:08:37dans la disparition du petit Émile, des vêtements et des ossements qui ont été transportés
00:08:42et déposés peu de temps avant leur découverte.
00:08:44On va rappeler que leur découverte, elle avait été faite au moment de Pâques,
00:08:48en mars 2024, on avait reçu ce communiqué de presse au petit matin
00:08:53annonçant que des ossements avaient été découverts par une randonneuse
00:08:56que BFMTV avait pu rencontrer à de multiples reprises.
00:09:00Et c'est pour ça, pour tous ces éléments, que la piste criminelle,
00:09:02aux yeux de la justice, elle n'est pas refermée.
00:09:05Alors sur la piste intrat-familiale, il y a deux sons de cloche.
00:09:07Le procureur lui dit que la piste intrat-familiale n'est pas refermée.
00:09:10À côté de ça, souvenez-vous, Isabelle Colombani, l'avocate du grand-père d'Émile,
00:09:13qui était l'invité d'Apolline de Malherbe il y a quelques mois,
00:09:17nous avait annoncé que selon elle, sur le plateau de BFMTV,
00:09:19la piste familiale était totalement refermée.
00:09:22Une avocate qui est dans son rôle aujourd'hui, puisqu'elle défend,
00:09:25elle représente le grand-père d'Émile.
00:09:27Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, les investigations se poursuivent.
00:09:30Ce n'est pas parce qu'il y a une piste privilégiée qu'on va écarter toutes les pistes.
00:09:33On ne peut pas se permettre, en tant qu'enquêteur,
00:09:35de ne plus regarder la piste accidentelle.
00:09:37Elle est toujours sur la table et on explore d'autres pistes aujourd'hui.
00:09:40Écoutons l'avocat de la grand-mère, Maître Pinéli,
00:09:42qui était sur l'antenne il y a quelques instants.
00:09:44Il ne s'agit pas évidemment de rejeter les conclusions de l'enquête,
00:09:47je le disais à l'instant, il s'agit surtout d'y ajouter notre contribution.
00:09:50Nous estimons que certains points méritent ou mériteraient en tout état de cause
00:09:55davantage d'investigations.
00:09:58C'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, à l'issue de l'étude
00:10:01à laquelle nous nous sommes livrés sur site,
00:10:03nous allons prochainement saisir la juge d'instruction
00:10:05qui est en charge de ce dossier d'un certain nombre de demandes.
00:10:09C'est ce que l'on appelle en procédure pénale des demandes d'actes
00:10:12et qui ont vocation à compléter le résultat des investigations
00:10:16qui ont été conduites jusqu'à présent.
00:10:18Dominique ?
00:10:19Moi, j'ai écouté tout à l'heure ce que disait Boris,
00:10:23la conférence de presse, il y a eu deux conférences de presse
00:10:25du procureur de la République, Jean-Luc Blachon.
00:10:27Le mardi 2 avril, la conférence de presse,
00:10:30elle est juste au lendemain de la découverte du crâne d'Émile
00:10:34et il va dire plusieurs choses qui sont intéressantes.
00:10:37Il va nous dire, Jean-Luc Blachon, il est en présence du patron de l'ASR,
00:10:40section de recherche, Christophe Berthelin, le commandant de groupement.
00:10:43« Je ne peux pas affirmer aujourd'hui que chaque mètre carré a été fouillé. »
00:10:47Ça, c'est une phrase du procureur.
00:10:49Il nous dit aussi, je sais, je sais que ma réponse,
00:10:53et ça c'est bien qu'un procureur puisse parler comme ça,
00:10:55n'est pas satisfaisante.
00:10:57Pour qui ? Pour tout le monde ?
00:10:57Pour la famille, pour tout le monde, pour les journalistes,
00:11:00pour la France entière qui veut savoir ce qu'il est arrivé à Émile.
00:11:03Parce qu'il y a encore une énigme.
00:11:04Il y a encore une énigme à ce moment-là.
00:11:06Et il dit, je sais que la réponse n'est pas satisfaisante.
00:11:08Et je trouve que c'est assez élégant, de la part d'un magistrat,
00:11:14d'oser dire les choses comme ça, de dire, pour l'instant, on ne sait pas.
00:11:17Qu'est-ce qu'il manque, Général Daouz, dans ce dossier ?
00:11:20Il manque un lien entre l'EDC et la personne qui a pu intervenir.
00:11:26Est-ce que c'est, si c'est un accident, c'est un tiers qui se trouvait là,
00:11:31alors qu'il n'avait pas à être là, et l'accident est généré ?
00:11:35Est-ce que c'est un accident intrafamilial et ce n'est pas un lien direct ?
00:11:40Et l'absence de ce lien, dans toute enquête, pour un motif bien particulier,
00:11:46si c'est un prédateur, si c'est une intention criminelle pour se venger de la famille, etc.,
00:11:50le lien, il sera établi et on arrivera à le trouver.
00:11:53Mais quand il n'y a pas de lien, c'est la difficulté de certaines enquêtes,
00:11:58eh bien, on n'arrive pas à remonter.
00:12:00– Et il manque le trajet entre le lieu de l'évaporation,
00:12:04de la disparition du petit garçon, le lieu de la découverte du crâne,
00:12:07mais rappelons à nos téléspectateurs qu'il manque, il y a au moins deux scènes de crime.
00:12:11– Il y a au moins deux scènes de crime qui sont, c'est le lieu de là où l'enfant décède,
00:12:17là où l'enfant est entreposé, avant qu'il soit déposé,
00:12:20– Donc il y a trois lieux, finalement.
00:12:22– Il y a trois lieux.
00:12:23– Boris, qu'est-ce que ça vous inspire, vous qui avez suivi ce dossier depuis le début ?
00:12:26L'énigme, elle est entière. Sur quoi ça peut déboucher, ce déplacement au Vernet ?
00:12:31– Sur des demandes d'actes supplémentaires, tout simplement,
00:12:33puisque ces avocats des partis civils, comme ils en ont le droit,
00:12:37ils ont eu connaissance du dossier d'instruction il y a quelques semaines,
00:12:39c'était au mois de septembre dernier.
00:12:41À la lumière de ce qu'ils ont pu découvrir,
00:12:43eh bien, ils ont pris la décision de se rendre sur place.
00:12:45Alors forcément, il y a le secret d'instruction,
00:12:47donc on ignore pour l'instant ce qu'ils ont découvert comme élément nouveau.
00:12:51Ils sont également dans leur rôle, en faisant non pas une contre-enquête,
00:12:55comme le disait Maître Pinelli, mais d'apporter un complément d'enquête.
00:12:59Tout ça, ça peut déboucher sur des investigations
00:13:01qui auraient pu être passées sous les radars ces derniers mois.
00:13:05Il y a quand même un espoir aujourd'hui.
00:13:06C'est de la cuisine interne, mais c'est un élément qui est important.
00:13:09C'est que le commandant de la section de recherche de Marseille a changé cet été.
00:13:13Il s'appelle désormais, c'est le colonel Olivier Leblanc.
00:13:16Leblanc, il va donc avoir un œil neuf, un regard nouveau sur cette enquête
00:13:19qu'il va reprendre à zéro.
00:13:23Il s'est rendu pour la toute première fois il y a quelques semaines au Vernet
00:13:26pour prendre connaissance du site.
00:13:28Donc peut-être que d'avoir un nouveau commandant de section de recherche
00:13:31qui ne connaît pas le dossier, mais qui va apprendre à le connaître au fur et à mesure
00:13:33et qui aura peut-être des idées différentes sur ces investigations,
00:13:35peut-être que cela va susciter un nouvel espoir chez la famille.
00:13:38En tout cas, c'est un commandant de section de recherche qui est assez réputé,
00:13:42qui a notamment travaillé sur Chevaline,
00:13:43qui connaît très bien l'affaire Chevaline, Olivier Leblanc.
00:13:46Et qui a peut-être donc des idées, de nouvelles investigations à suivre.
00:13:49Donc voilà, ça c'est de l'accusation interne,
00:13:50mais peut-être que ça va réviver l'espoir d'avoir la vérité un jour.
00:13:53Ça ne veut pas dire que Berthelin, l'ancien patron,
00:13:54ça ne veut pas dire qu'il n'est pas pour le job.
00:13:56Non, bien sûr.
00:13:56Ça veut dire aussi que peut-être que pour certaines enquêtes,
00:13:59il faut le temps que les choses puissent éclore et qu'il faut un peu...
00:14:02Mais vous savez, en général, en préparant l'émission,
00:14:05on se disait que Pauline, cette affaire,
00:14:06elle va finir par ressembler à l'affaire Grégory.
00:14:08C'est la mort d'un enfant.
00:14:10C'est un mystère.
00:14:11C'est une famille qui est mise en cause,
00:14:13des placements en garde à vue,
00:14:14dans l'affaire Grégory, il s'est même été plus que ça.
00:14:17Et une famille qui, au final, se bat avec ses avocats
00:14:20pour découvrir la vérité.
00:14:22Une enquête des enquêteurs et une justice à la peine.
00:14:26Et là encore, ce n'est pas un jugement de valeur quand je dis ça.
00:14:28Il y a des enquêtes qui sont très compliquées.
00:14:30Il y a des mystères qui sont difficiles à percer.
00:14:32Vous ne trouvez pas que ça commence à ressembler un peu les deux affaires ?
00:14:36Il y a une assimilation qui est naturelle,
00:14:39comme vous l'avez fait, Dominique.
00:14:41Mais on a d'autres moyens, d'autres éléments.
00:14:45C'est vrai.
00:14:46Oui, ce n'est plus la même époque.
00:14:4840 ans d'écart.
00:14:49Exactement, 40 ans d'écart.
00:14:50Il n'empêche que, malgré tous ces moyens,
00:14:52on n'a pas forcément suffisamment d'éléments indiciels
00:14:55pour aller vers un lieu, vers une personne, à ce stade.
00:15:00Sauf parce que l'instruction ne nous ait pas tout dit, pour l'instant.
00:15:04Et on voit bien qu'il manque quelque chose.
00:15:06À la différence de l'affaire Grégory, où il y avait des éléments,
00:15:09certains ont été écartés parce que la Cour de cassation
00:15:12a considéré les actes qui avaient permis de les mettre en évidence
00:15:15comme nuls, et des témoignages qui auraient pu être décisifs
00:15:19qui ont été écartés aussi parce que les personnes
00:15:23n'ont pas voulu témoigner en temps à l'heure.
00:15:24Mais on a cette espèce de schéma qu'on recolle l'un sur l'autre
00:15:30en se disant que c'est une nouvelle affaire Grégory.
00:15:33Là, il n'apparaît pas, au sein de la famille,
00:15:35en tout cas à ce stade de l'enquête, des volontés de vengeance.
00:15:38De haine, il n'y a pas de corbeau, etc.
00:15:41Il y a d'autres choses qui, quand même, différencient largement les deux,
00:15:46si ce n'est la mort d'un enfant.
00:15:47Moi, merci beaucoup pour vos lumières tous les deux.
00:15:50Moi, je retiendrai votre formule, il manque un lien.
00:15:51Il manque un lien et il manque un trajet.
00:15:53Et évidemment, on y reviendra tous ensemble.
00:15:55Je voudrais remercier particulièrement Valentin Doyen
00:15:57pour cette information concernant le dossier Émile.
00:16:00Dans un instant, nous allons nous nous interroger sur les stigmates,
00:16:03les cicatrices du 13 novembre 2015.
00:16:05Comment se souvenir ? Comment avancer ensemble ?
00:16:07Le ministre de l'Intérieur, ce matin, interrogé par nos confrères sur RTL,
00:16:10revient sur l'état de la menace terroriste et appelle à la vigilance.
00:16:14Il n'y a pas de menace précise qui a été détectée,
00:16:17mais on est dans un contexte, commémoration,
00:16:20qui fait qu'évidemment, une attaque terroriste aura un tel retentissement
00:16:25qu'il est normal que l'on rehausse le niveau de sécurisation.
00:16:28Notamment, et c'est ce que j'ai demandé d'ailleurs au préfet dans un télégramme,
00:16:31notamment pendant les commémorations qui vont se dérouler un peu partout sur le territoire national.
00:16:36Restez avec nous, on revient dans une poignée de secondes.
00:16:38Ne bougez pas.
00:16:39C'est une nuit que nous n'oublierons jamais.
00:16:41Chacun de son côté et collectivement, nous avons tous été frappés en plein cœur cette nuit.
00:16:44Il a trois séries d'attaques en plusieurs lieux, 132 victimes décédées et un pays traumatisé.
00:16:50D'abord le Stade de France, puis les terrasses de Paris et enfin la salle du Bataclan.
00:16:54Pour en parler avec nous, des invités que je suis très heureuse d'accueillir aujourd'hui.
00:16:58Nadine Ribé-Rénard, bonjour. Merci d'être avec nous.
00:17:01Membre de l'association 13-11-15, vous avez perdu votre fils Valentin au Bataclan.
00:17:06Sandrine Larmandie, psychologue pour la police judiciaire,
00:17:10vous avez accompagné la BRI lors de la prise d'otage
00:17:13et des personnes retenues dans le Bataclan.
00:17:14Vous nous raconterez aussi votre expérience.
00:17:16Mathieu Langlois, médecin du RAID, vous êtes intervenu ce soir-là, vous nous raconterez aussi.
00:17:20Et puis Christophe, à l'époque vous étiez à la BAC 10
00:17:23et vous avez été appelé, vous aussi, sur le terrain.
00:17:26Merci d'être avec nous pour nous accompagner.
00:17:27Maxime Brunchetter, qui a travaillé sur un documentaire Ligne Rouge
00:17:32au service police-justice de BFMTV.
00:17:35D'abord, démarrons sur une note joyeuse, Nadine,
00:17:38et cette course organisée par l'Association nationale des victimes du terrorisme.
00:17:41Vous pouvez nous annoncer les finishers,
00:17:44vous pouvez nous annoncer ceux qui sont arrivés sur la ligne en premier.
00:17:48Oui, c'est un petit clin d'œil qui n'était pas du tout prévu.
00:17:51Mais ce matin, pour la course organisée par l'AFVT,
00:17:55qui rassemblait plus de 1000 coureurs, je crois,
00:18:00c'est mes neveux, Constantin et Thibaut,
00:18:05je n'en donne pas plus, qui ont gagné la course.
00:18:08Donc, ce sont les cousins de Valentin.
00:18:11Donc, voilà, un petit clin d'œil qui me donne.
00:18:14Et puis, évidemment, il y avait d'autres cousins qui couraient,
00:18:16qui ont fait des moins bons scores.
00:18:17Mais merci, Constantin et Thibaut, vous avez gagné.
00:18:21Et Clément, derrière, a fait troisième.
00:18:24Clément avait 15 ans en 2015.
00:18:27Et donc, c'est aussi une transmission.
00:18:31Et donc, merci à l'AFVT.
00:18:32Et donc, je vous quitterai dès que possible pour aller à la marche,
00:18:36organisée toujours par l'AFVT.
00:18:37On parlera de cet enjeu de mémoire collective avec vous dans un instant.
00:18:39D'abord, ce soir-là, Dominique, ça commence par le Stade de France,
00:18:42des explosions à premier attentat.
00:18:44Et la nuit, en fait, va s'égrener au fil des attaques multiples,
00:18:47en plusieurs endroits, avec plusieurs équipes.
00:18:50C'est une nuit d'épouvante, c'est une nuit d'attente.
00:18:52Et vous, racontez-nous comment ça se passe pour vous.
00:18:55Moi, j'ai une habitude d'ancien.
00:18:56Je prends des notes, c'est comme à l'école.
00:18:58Voilà, et ça, ce sont mes notes du 13 novembre.
00:19:02J'arrive ici à 22 heures.
00:19:05Le présentateur, c'est François Gapillan.
00:19:07Et au départ, voilà, j'ai Stade de France, explosions, plusieurs.
00:19:11On parle de trois explosions.
00:19:12Et puis, ça avance.
00:19:14Une dizaine de tirs au petit Cambodge.
00:19:16Quel rapport entre des explosions au Stade de France ?
00:19:18Des tirs d'armes automatiques au petit Cambodge.
00:19:21Et vous allez passer la nuit à l'antenne ?
00:19:22La nuit à l'antenne.
00:19:23Et alors, le moment où vraiment tout bascule, c'est à 23h55, avec ça, François Hollande, le président, qui parle.
00:19:31Et dans ses déclarations, rapidement, il parle.
00:19:34C'est une horreur.
00:19:35Mise en sécurité des quartiers concernés.
00:19:37Renfort militaire.
00:19:39Conseil des ministres convoqué.
00:19:40État d'urgence sur l'ensemble du territoire.
00:19:43Le président Hollande dit.
00:19:44C'est une nouvelle épreuve.
00:19:45Nous savons d'où elle vient.
00:19:46Qui sont les auteurs ?
00:19:48Français, Françaises, nous n'en avons pas terminé.
00:19:50Il y a actuellement des forces de sécurité qui mènent des assauts.
00:19:54Donc, on parle de vous tous.
00:19:56Vive la République, vive la France.
00:19:58Et là, on se dit, mais où on est, quoi ?
00:20:00Qu'est-ce qui se passe ?
00:20:01C'est la guerre.
00:20:01Et vous, Nadine, à ce moment-là, vous, vous êtes dans l'attente,
00:20:04parce que vous savez que votre fils est dans la salle de spectacle.
00:20:06Vous le cherchez, vous passez des coups de fil, et la nuit va être interminable.
00:20:10Je fais partie des centaines, des milliers de parents
00:20:15qui ont essayé de joindre leur enfant.
00:20:20Et puis, après, les parents qui ont attendu, attendu, attendu, attendu, attendu.
00:20:27Pour l'identification, notamment.
00:20:29On y reviendra.
00:20:30Merci d'être avec nous.
00:20:31Dans l'ordre, c'est vous, Christophe, qui allez être appelé en premier, finalement,
00:20:34puisque vous êtes policier à la BAC de Paris X.
00:20:36Et au départ, vous, quand vous intervenez,
00:20:38vous pensez que c'est un règlement de compte sur fond de stupéfiants.
00:20:41Mais vous ne comprenez pas ce sur quoi vous partez, rue de la Fontaine-Roy.
00:20:45Tout à fait.
00:20:45En fait, on se voit à un appel radio qui nous commande pour des tirs
00:20:49au niveau de rue Alibé, rue Bichard.
00:20:53Mais nous ne sommes pas avisés de ce qui s'est passé au Stade de France, en fait.
00:20:56Donc, en fait, nous, on se rend sur place en pensant qu'on a affaire
00:20:59à des tirs de règlement de compte sur trafic de stupéfiants
00:21:02ou quelque chose comme ça.
00:21:04Donc, très rapidement, on est au niveau de la gare du Nord.
00:21:07Donc, on se rend rapidement au niveau de la rue où on a l'appel.
00:21:12Et là, on arrive au niveau du petit Cambodge et puis du Carillon.
00:21:16Et en fait, on est avisés toujours un peu dans les temps,
00:21:20susceptibilité d'avoir une voiture.
00:21:22On a quelques petites infos.
00:21:24Et tout de suite, nous, notre mission, bien sûr, en tant que BAC,
00:21:27c'est d'interrompre l'effet.
00:21:29Sécuriser.
00:21:30Sécuriser.
00:21:31Et puis aussi, surtout, essayer de voir si on ne peut pas stopper la chose, quoi, en fait.
00:21:37Et du coup, on arrive au niveau des terrasses.
00:21:40On voit tout de suite qu'il y a des corps.
00:21:41Donc, nous, on se dit, restez sur place.
00:21:45On a déjà une police secours qui est là, du 10e.
00:21:48Donc, on se dit, il y a des effectifs GSQ.
00:21:50Donc, on se dit, ça ne sert pas à grand-chose.
00:21:52Donc, avec Mika et Johan, donc mes collègues,
00:21:56on décide de partir et de se diriger vers Fontaine-le-Roy,
00:22:00où on nous dit qu'il y a aussi des coups de feu.
00:22:03Et donc, on prend la rue.
00:22:05Et là, on arrive.
00:22:06Et en fait, on a un flot de personnes qui remontent vers le véhicule.
00:22:09En courant.
00:22:10En courant.
00:22:11Donc, nous, tout de suite, on descend, arme de poing à la main.
00:22:14Et en fait, on voit des victimes tout de suite.
00:22:17Donc, on essaye de porter assistance.
00:22:19Et en même temps, on a des infos qui remontent.
00:22:21Comme quoi, peut-être qu'un des individus est retranché dans un hall d'immeuble.
00:22:25Ce qui va s'avérer fort.
00:22:26Mais dans la panique générale, il faut travailler là-dessus.
00:22:28En fait, quand on a une information, on peut avoir des doutes.
00:22:31Mais quand on a deux, trois informations d'affilée qui nous remontent comme ça,
00:22:34on est obligé de sécuriser.
00:22:35Donc, en fait, on se met en position.
00:22:37On sécurise le hall d'immeuble.
00:22:39Et on reçoit comme instruction d'attendre les services spécialisés.
00:22:44Et donc, à ce moment-là, on décide de se positionner.
00:22:46Et bien sûr, on a toujours ce flux de personnes à qui on dit de rentrer dans l'huile d'immeuble.
00:22:51Ce soir-là, on a beaucoup de gens qui ont ouvert leurs portes.
00:22:54On l'a constaté visuellement.
00:22:55Pour porter secours.
00:22:56Pour porter secours.
00:22:57Et est-ce que vous vous rendez compte, à votre hiérarchie ?
00:22:59Est-ce que vous leur dites, là, on est à la fontaine au roi ?
00:23:02À la fontaine...
00:23:03Oui, la fontaine au roi.
00:23:04Oui, c'est la bonne bière.
00:23:04Est-ce que vous vous rendez compte en disant, ici aussi, il y a des victimes ?
00:23:09Ici aussi, on constate ça ?
00:23:11Tout à fait.
00:23:11Oui, oui.
00:23:11De toute façon, c'est un ensemble sur les ondes.
00:23:13On essaye de passer des...
00:23:15Alors, sur les ondes radio, à ce moment-là, on a un peu comme une soirée normale, en fait.
00:23:21On n'a pas trop de messages.
00:23:23Voilà.
00:23:24Bon, tout de suite, après les terrasses, tout de suite, on sent sur les appels et sur les passages radio.
00:23:29Et en fait, on passe des messages en disant qu'on a également des blessés.
00:23:35Alors, nous, on passe le message.
00:23:37Forcément, qu'on a peut-être un individu retranché sur place.
00:23:40Et à l'issue, je vous dis, les services spécialisés arrivent.
00:23:44Mais par contre, on a constaté un nombre de victimes sur les terrasses.
00:23:49On reviendra justement sur votre prise en charge.
00:23:53C'est là où les services spécialisés vont intervenir.
00:23:55Donc, Mathieu Langlois et vous, Sandrine, qui intervient le premier.
00:23:59Vous vous êtes prévenue à quelle heure, Sandrine, que vous devez vous rendre sur zone ?
00:24:03Je suis prévenue à 21h24, je crois, à peu près, par mon état-major.
00:24:08Qui vous dit ?
00:24:09Qui me dit qu'il y a des attentats multiples.
00:24:12Et je suis destreinte cette semaine-là, comme psychologue rattachée à la négociation de crise.
00:24:17Et du coup, je dois me rendre au 36 qui est désormais fait pour rejoindre les équipes d'intervention.
00:24:23Et après, être projetée au Bataclan pour la négociation.
00:24:27Mathieu Langlois, vous arrivez quand vous, dans la soirée ?
00:24:29Au Bataclan ?
00:24:30Alors, beaucoup plus tard que, évidemment, que Christophe a raconté.
00:24:35Et dans son témoignage, on sent toute l'émotion.
00:24:39Bien sûr.
00:24:41Vous, évidemment aussi, madame.
00:24:42On voit qu'on est face à un chaos qui va tous nous impacter, nous toucher.
00:24:48Alors, les victimes, les familles, mais aussi nous, intervenants.
00:24:51Et quand on peut se tutoyer, quand on parle, évidemment, moi, je sens toute l'émotion.
00:24:58Alors, c'est sûr qu'il y avait des niveaux de préparation.
00:25:00Il y a des rôles pour chacun.
00:25:01Mais après, ce qui est intéressant, c'est vraiment l'engagement collectif.
00:25:04Et on parle de citoyens qui se sont révélés des citoyens.
00:25:09On parle du citoyen sauveteur.
00:25:12Et des exemples comme ça, on en a plein.
00:25:15Et c'est vraiment cet engagement collectif.
00:25:17Après, oui, évidemment, il y a chaque service.
00:25:19Alors, il y a l'équipe qu'on voit sur la photo, qui est une équipe du RAID, qui est allée, qui vous a rejoint.
00:25:24Tout à fait.
00:25:25Alors, les horaires, excuse-moi, j'ai un peu mis ça de côté.
00:25:28Ce n'est pas grave.
00:25:29Et nous, il y a une autre équipe du RAID qui est allée.
00:25:32Alors, il y a eu deux vagues, parce qu'il y a une première équipe d'urgence qui est arrivée en même temps que la première équipe d'urgence de la BRI.
00:25:38Et puis après, il y a eu une montée en puissance dans laquelle il y a les médecins qui sont arrivés.
00:25:43Voilà.
00:25:43Et alors, les horaires, je crois qu'on arrive un tout petit peu avant 23h au Bataclan.
00:25:49Donc, c'est un temps infini, mais de toute façon, le temps, il s'est arrêté, cette nuit-là.
00:25:56Il s'est figé, complètement.
00:25:57En tout cas, moi, c'est mon souvenir.
00:25:59On est dans le chaos absolu et avec un temps qui s'est arrêté.
00:26:02Mais ce qui est positif, c'est qu'on a tous, tous ensemble.
00:26:06Collectivement.
00:26:07Évidemment.
00:26:07Et des gens, encore une fois, nous, RAID, en tout cas, on était préparés, malheureusement, à ce genre de situation.
00:26:15Mais il y a des gens, et en particulier la BAC, le terrorisme et ce qu'on appelle des tueries de masse,
00:26:21c'est quelque chose qu'ils avaient, je ne crois pas, alors depuis...
00:26:25Qui était inexistant.
00:26:26Mais j'ose le dire, mais alors il y a eu plein d'évolutions et c'est ça qui est aussi intéressant.
00:26:30Mais à l'époque, un policier de la BAC ou un policier de sécurité publique se retrouvait dans cet enfer-là.
00:26:36jamais il avait imaginé.
00:26:39Et ils ont fait, à la fois dans votre capacité d'analyse, mais aussi dans votre capacité d'audace
00:26:47et de prendre des décisions qui étaient absolument inimaginables, comme secourir.
00:26:52Un policier, même s'il est formé, ce n'est pas son métier.
00:26:57Or, ils se sont transformés en sauveteurs de l'urgence sous la menace.
00:27:01Mais vous, vous, Sandrine, psychologue, vous, Mathieu, médecin, on vous équipe ?
00:27:06Vous êtes avec la BRI, vous êtes avec l'oreille ?
00:27:08Vous avez un gilet ?
00:27:09Comme eux, vous mettez les mêmes uniformes, des gilets pare-balles, des casques...
00:27:13Bien sûr.
00:27:13Et qu'est-ce que vous faites précisément, Sandrine, lorsque vous êtes projetée au Bataclan ?
00:27:18Quel est votre rôle exact ?
00:27:19Parce que les téléspectateurs, ils ne savent pas que vous êtes auprès des personnes qui vont intervenir.
00:27:24C'est ça qui est intéressant.
00:27:25Sur ce soir-là, mais comme sur les autres crises, en fait, on est rattaché au groupe négociation
00:27:30et on travaille avec eux à établir un profil, à voir évaluer un peu l'état de tension dans lequel sont les individus auxquels on a affaire.
00:27:40Et ensuite, on travaille avec eux sur la gestion et la négociation.
00:27:45Donc concrètement, vous parlez aux négociateurs pour essayer de trouver les mots les plus justes, pour essayer de toucher les touristes ?
00:27:50Voilà, exactement. En fonction de leur profil, de leur état de nervosité, de tension, on travaille avec eux, ces trames et ces questions.
00:27:59Le ton aussi, tout l'infraverbal est important.
00:28:03Donc le ton, le rythme de la voix et qu'est-ce qu'on va leur dire ?
00:28:06Vers quoi on tend ? On essaie de réfléchir à tout ça ensemble.
00:28:10Et qu'est-ce qui vous reste, vous, de ces images, de ces sons ?
00:28:13Je crois que vous, le mot que vous choisissez, c'est que vous dites que c'est un tsunami qui est arrivé ce jour-là.
00:28:19Quelle est l'empreinte ?
00:28:20C'est très particulier, mais c'est vrai que c'est une image qui m'est restée.
00:28:23Et en fait, quand l'assaut est donné, que l'intervention est terminée,
00:28:28en fait, je vois tous mes collègues de services d'enquête avec qui je travaillais, de la BRI.
00:28:34Il y a quelque chose qui se fige, Mathieu l'a très bien dit.
00:28:37Et en fait, je vois tous les dégâts que ça va faire dans les années à venir.
00:28:41Les dégâts psychiques, physiques évidemment, mais aussi psychiques,
00:28:45des familles endeuillées, des survivants,
00:28:48et puis de tous mes collègues policiers qui sont autour de moi
00:28:51et qui vont être évidemment bouleversés par ce qui s'est passé.
00:28:55Et ça s'est confirmé ?
00:28:56Oui, bien sûr.
00:28:57Je pense que tous, il y a un avant et un après 13 novembre,
00:29:01enfin même 2015, parce que Charlie Hebdo a été aussi un moment intense
00:29:06pour nous tous, je pense.
00:29:08Donc oui, c'est une année charnière, je pense,
00:29:11dans notre identité professionnelle et personnelle aussi.
00:29:13Mais sur les dégâts dont vous parliez, ça s'est confirmé dix ans après ?
00:29:16Oui, oui, il y a eu quand même pas mal de dégâts.
00:29:19Mais après, au niveau de la police judiciaire, en tout cas de la BRI, du RAID,
00:29:24nous, on travaille, on fait des exercices, on est vraiment entraînés.
00:29:28Donc je pense que c'est important de dire qu'on n'est pas les victimes
00:29:31dans le sens où on a choisi d'être là.
00:29:33Après, évidemment qu'on est bouleversés dans notre âme et dans notre chair,
00:29:37parce qu'on a beau être préparés, faire beaucoup d'exercices,
00:29:41on n'imagine pas ce qu'on peut voir et ce qu'il va y avoir ce soir.
00:29:46Et Nadine Ribérenard, qui a monté un colloque la semaine dernière,
00:29:51je le montre, qui s'appelle « La mémoire du 13, un enjeu collectif ».
00:29:54Et j'ai pu assister à ce colloque et je voulais juste témoigner avec vous.
00:29:58D'abord, c'était vraiment un très bel exercice intellectuel que vous avez réussi.
00:30:01Et il y a des paroles spontanées qui ont jailli,
00:30:04comme Christophe qui a pris la parole spontanément lors de ce colloque.
00:30:07Qu'est-ce qui est important pour vous de ressouder ensemble et de construire ensemble ?
00:30:11Parce qu'on doit aussi se projeter.
00:30:12Comment est-ce qu'on vit avec ça et comment est-ce qu'on le transmet ?
00:30:15Alors, l'idée c'était, pour ce colloque, depuis 15 mois, 18 mois,
00:30:22on tournait autour avec l'association Fraternité et Vérité 13-11-15,
00:30:26en se disant, il va y avoir des documentaires, il va y avoir des séries,
00:30:30on va publier, il va y avoir des articles,
00:30:32mais nous, association, on voudrait laisser notre trace pour les 10 ans.
00:30:39Qu'est-ce qu'on fait ?
00:30:39Qu'est-ce qu'on fait ?
00:30:40Alors, au fur et à mesure, avec le conseil d'administration de l'association,
00:30:46avec Michel Desplaces, on a identifié plusieurs thèmes,
00:30:50parce que l'idée, et j'espère que tout le monde va bien comprendre mon message,
00:30:54c'était, qu'est-ce que l'on a appris du 13 novembre ?
00:30:59C'est une famille endeuillée qui vous dit ça.
00:31:01Qu'est-ce qu'on a appris ?
00:31:02Alors, comme je suis médecin, je savais qu'on avait beaucoup progressé
00:31:06sur la prise en charge du psychotrauma, sur les blessures de guerre,
00:31:12l'organisation des soins.
00:31:14Et donc ça, je voulais déjà que ce soit une partie qui soit traitée.
00:31:18Qui a été très bien traitée.
00:31:18Et donc, avec une magnifique table ronde.
00:31:21Et ensuite, on a travaillé aussi sur comment on en est arrivé là.
00:31:25Et là aussi, comment la lutte contre le terrorisme a évolué en 10 ans,
00:31:31avec l'apparition de nouvelles formes de menaces,
00:31:35les réseaux sociaux, TikTok, je ne fais pas l'actualité d'il y a 24 heures.
00:31:40Et puis, toujours, qu'est-ce qu'on a appris du 13 novembre ?
00:31:44La création des artistes, des écrivains.
00:31:47Qui se sont emparés.
00:31:48De ce thème.
00:31:49Qui était très traumatique, mais qui ont réussi à en faire quelque chose de beau.
00:31:52Et on retrouvera Catherine Bertrand, justement,
00:31:54qui, elle, s'est sauvée aussi grâce à ses dessins,
00:31:56et qui témoignera dans quelques instants.
00:31:58Et comment les victimes, aussi, sont devenues des artistes.
00:32:01Et c'est vrai qu'il y a eu des magnifiques œuvres.
00:32:04Et voilà.
00:32:04Donc, tout ça, on a voulu embarquer l'ensemble des personnes
00:32:10qui pouvaient assister à ce colloque.
00:32:12Parce que l'idée, c'est de ne pas rester figé.
00:32:16Vous voyez, le 13 novembre, c'est une nuit de terreur.
00:32:19Mais nous, ça a été des jours et des jours de douleur.
00:32:21Et ça continue.
00:32:24D'accord ?
00:32:24Mais qu'il faut en faire quelque chose, c'est ce que vous dites.
00:32:26Il faut, collectivement, que ça serve,
00:32:29qu'on l'apprenne à nos enfants dans les livres d'histoire.
00:32:31Je pense que c'est l'idée, justement, par rapport au trauma,
00:32:34qui vient vraiment figer le temps et figer l'espace.
00:32:37C'est ce qu'on appelle la sublimation.
00:32:39C'est comment on va réussir à transformer ça en quelque chose,
00:32:42en une création.
00:32:44Je ne sais pas si on va arriver à sublimer.
00:32:46Mais en tout cas, c'est toujours dans un regard collectif.
00:32:50Et un regard, vous voyez, un enjeu citoyen.
00:32:53On veut, on souhaite que les personnes, que la nation,
00:32:58ne se souviennent pas seulement du 13 novembre,
00:33:01mais de comment la société a pu évoluer
00:33:04avec ce regard sur le terrorisme, sur les victimes,
00:33:08sur les aidants, les soignants, les forces de l'ordre.
00:33:11Message passé.
00:33:12Bon, il y a eu le 13 novembre, puis il y a les jours qui vont suivre.
00:33:15Vous disiez tout à l'heure, nous, on attend des nouvelles de notre fils.
00:33:18Et nous, journalistes, on a parfois des infos,
00:33:20on en a parfois un peu trop.
00:33:22Et le lendemain, le 14 novembre, en regardant encore dans mes notes,
00:33:25et regardez ça tout à l'heure avec Pauline, Maxime,
00:33:29on a la liste des victimes identifiée le lendemain.
00:33:33On a cette liste.
00:33:34Donc on est 24 heures après.
00:33:36Et moi, personnellement, j'ai trois personnes qui vont m'appeler
00:33:38en me disant, mon neveu était là-bas, ma nièce était là-bas,
00:33:43est-ce que tu peux savoir ?
00:33:45Et les trois noms des trois enfants de ces familles sont dans la liste.
00:33:51Et on est le lendemain, un jour, un jour et demi après.
00:33:56Et je ne leur donne pas.
00:33:58Je ne leur donne pas parce que je ne peux pas le faire.
00:34:00J'ai envie de leur donner, de leur dire,
00:34:01oui, j'ai une réponse à ta question, mais je ne peux pas le faire.
00:34:04Mais ce n'est pas votre rôle.
00:34:05Je pense que ce n'est pas votre rôle.
00:34:07C'est le rôle de la police.
00:34:10Symboliquement, c'est important.
00:34:11Et je pense qu'il faut que vous disiez ça à vous aussi.
00:34:13J'ai toujours du mal avec ça.
00:34:15J'ai toujours du mal avec ça, dix ans après.
00:34:17Je ne peux pas leur avoir dit une vérité que je savais.
00:34:19Je ne sais pas où ils sont décédés.
00:34:21C'est le rôle de la police, évidemment.
00:34:24Mais aussi de tous les services hospitaliers.
00:34:27Oui, mais tu sais, ça a pris du temps.
00:34:30Et Nadine, vous pouvez en témoigner de l'attente interminable.
00:34:32Moi, je travaillais à l'hôpital.
00:34:34Il y a eu aussi un travail très difficile pour les soignants.
00:34:39Alors déjà, notre métier de soignant, c'est d'apprendre...
00:34:42Enfin, évidemment qu'on s'est annoncé des décès à des familles.
00:34:45Mais dans ce contexte-là,
00:34:46et madame, je pense qu'elle sait de quoi je parle,
00:34:50c'est que dans ce contexte-là, avec cette confusion et ce chaos,
00:34:54ça a été...
00:34:56Moi, je connais des médecins qui étaient incapables
00:34:59de donner avec des certitudes des identités.
00:35:05Et ça, ce n'est pas dans les heures,
00:35:06c'est dans les jours qu'on suivit.
00:35:07Parce que le chaos était tellement dense.
00:35:09Oui, mais ce que je veux dire,
00:35:10évidemment, pour les victimes,
00:35:12enfin, pour les familles,
00:35:13c'est quelque chose d'absolument incompréhensible.
00:35:16Mais pour les soignants,
00:35:18on est soignants tous les deux,
00:35:20c'est d'une violence totale.
00:35:22Ça vous marque à vie.
00:35:25Et donc, tout ça a créé, évidemment,
00:35:28a aggravé cette...
00:35:32Moi, je suis anesthésiste réa.
00:35:34Je suis habitué à gérer des accidents, des décès.
00:35:39Mais dans ce contexte-là,
00:35:40en dehors de ce qui s'est passé sur place,
00:35:43il faut imaginer que les répercussions,
00:35:46elles ont été énormes.
00:35:48On parle de dégâts collatéraux,
00:35:50mais on est au-delà du dégât collatéral.
00:35:53Moi, je voulais juste revenir sur ce que vous avez dit,
00:35:56madame, que je trouve très juste.
00:35:57C'est qu'on a tous cette obligation,
00:36:00et c'est peut-être probablement,
00:36:02ça, c'est toi qui le sais,
00:36:03mais le meilleur moyen de se protéger
00:36:06en partie du psychotrauma,
00:36:09ce devoir de...
00:36:10Ce n'est pas un devoir de mémoire,
00:36:12c'est un devoir de tirer les enseignements
00:36:13et de s'améliorer.
00:36:14Devoir d'action.
00:36:15L'action, on l'a faite ce soir-là,
00:36:19chacun dans son rôle.
00:36:21Mais là, on est dans l'après.
00:36:23Et dans l'après, moi, je sais ce qui nous a motivés,
00:36:25les médecins du Rennes,
00:36:26mais au-delà des médecins du Rennes,
00:36:27et ça va être quelque chose qu'on a partagé
00:36:29dans le monde entier,
00:36:30c'est quels sont les enseignements
00:36:31sur comment on intervient
00:36:33dans un Bataclan avec de nombreuses victimes,
00:36:36quelles sont les améliorations apportées
00:36:38dans les secours,
00:36:39dans la médecine d'urgence,
00:36:40dans l'accueil...
00:36:41Des familles.
00:36:42et du blessé grave à l'hôpital.
00:36:45Et il faut vraiment comprendre
00:36:47qu'il y a énormément de choses
00:36:48qui ont évolué,
00:36:49et ça, c'est quelque chose
00:36:50qu'on doit aux familles.
00:36:53Leur dire, les services,
00:36:55quels qu'ils soient,
00:36:56tous ensemble,
00:36:57ont tiré des enseignements,
00:36:59et ils se sont,
00:37:00au-delà de tirer des enseignements,
00:37:01on s'est aussi améliorés.
00:37:03Et améliorer, ça ne veut pas dire
00:37:05qu'on a failli.
00:37:06Nadine, vous vouliez rajouter quelque chose ?
00:37:08Oui, oui, merci pour ces propos,
00:37:09parce que c'est vrai qu'il se trouve que...
00:37:12J'ai rencontré, par exemple,
00:37:13l'équipe de La Pitié-Salpêtrière
00:37:15et le professeur Mathieu Rau,
00:37:17qui a œuvré à la prise en charge des victimes.
00:37:22On a été se rencontrer
00:37:23parce qu'ils avaient fait des publications
00:37:24et que ça m'intéressait de comprendre,
00:37:25parce que déjà, en 2019,
00:37:27avant le Covid,
00:37:28j'étais mue, motivée par
00:37:30comment va-t-on mieux faire
00:37:32pour sauver plus de gens ?
00:37:33Vous voyez, donc, c'était
00:37:34la rencontre d'une mère de famille
00:37:37et d'un médecin
00:37:38qui se disait
00:37:38« Comment on va améliorer ? »
00:37:40Il y a le système civique aussi
00:37:41qui a été mis en place
00:37:42qui permet
00:37:43de mieux repérer les victimes
00:37:45et que ce ne soit pas
00:37:46la tournée des hôpitaux,
00:37:48ce qu'ont fait les familles
00:37:48pour retrouver
00:37:50leurs blessés.
00:37:51Est-ce qu'il y a dit
00:37:52Christophe sur l'implication
00:37:53des primo-intervenants ?
00:37:54Justement, je reviens un peu
00:37:56sur le sujet des avis à victimes.
00:37:58Moi, j'ai discuté un peu
00:37:59avec des collègues
00:38:00après les faits
00:38:02et les fameux téléphones
00:38:04qui sonnaient sur place,
00:38:05sur les terrasses,
00:38:06nous, on les a entendus,
00:38:07on les a vus.
00:38:09Et en discutant
00:38:10quelques jours après,
00:38:11on a tous un peu cette pensée
00:38:12en se disant
00:38:13« Et si j'avais ? »
00:38:14Forcément, on ne peut pas le faire
00:38:15puisqu'on est dans l'action
00:38:16et en porter secours.
00:38:17On ne peut pas.
00:38:18Mais si j'avais répondu tout de suite
00:38:20et si j'avais répondu au téléphone
00:38:21en disant « Venez ! »
00:38:23Mais en fait, on ne peut pas
00:38:24parce qu'en fait,
00:38:25on ne peut pas ramener
00:38:26du monde sur Paris déjà
00:38:27puisque le but,
00:38:27c'est d'exculer un maximum
00:38:29de personnes
00:38:29qui se rendent sur les lieux.
00:38:31Et donc, c'est vrai
00:38:32que je reviens juste
00:38:32sur ce sujet-là.
00:38:33Nous, ça nous a un peu marqués
00:38:35aussi au niveau psychologiquement.
00:38:37C'était assez compliqué.
00:38:38J'entends et ça s'entend.
00:38:40Je voulais comprenne
00:38:40la direction de République
00:38:42parce qu'on va retrouver
00:38:42Catherine Bertrand
00:38:43qui est avec nous
00:38:45pour l'association Très Unis.
00:38:48Vous avez couru,
00:38:48vous avez marché
00:38:49ensemble.
00:38:50Vous, vous avez survécu
00:38:51à cette nuit d'horreur
00:38:52dont on parle.
00:38:52Vous incarnez avec tous
00:38:53ces éléments, je dirais,
00:38:54la force motrice du collectif.
00:38:56Alors, comment ça se passe
00:38:57à République ?
00:38:59Et est-ce que le sport,
00:39:02le mouvement aujourd'hui,
00:39:03c'est important pour lancer
00:39:04aussi cette semaine
00:39:06de commémoration ?
00:39:09Oui, c'est...
00:39:10Bonjour,
00:39:10et c'est extrêmement important
00:39:13de s'appuyer sur le sport.
00:39:15Je crois que ce seront
00:39:15les Jeux Olympiques
00:39:17de Paris 2024
00:39:18qui m'ont inspirée.
00:39:20Je me suis rendue compte
00:39:21à quel point
00:39:22les victimes de terrorisme
00:39:23pouvaient s'appuyer
00:39:25sur le sport
00:39:26pour commémorer autrement
00:39:28et surtout inviter
00:39:29les citoyens
00:39:30à faire de même.
00:39:31Et votre sourire
00:39:33sur votre visage
00:39:34est sans doute
00:39:34la meilleure victoire.
00:39:37Qu'est-ce qui vous touche
00:39:38aujourd'hui
00:39:38et qu'est-ce qui vous fait
00:39:39tenir debout ?
00:39:40On en parlait
00:39:40il y a quelques instants.
00:39:41Vous, c'est le dessin
00:39:42qui vous a permis
00:39:43aussi d'avancer.
00:39:47Oui, en fait,
00:39:48ce qui me porte là,
00:39:50c'est vraiment
00:39:50les messages,
00:39:52les câlins
00:39:53avec des inconnus,
00:39:54les gens qui viennent à moi.
00:39:56Je me sens vraiment
00:39:57très entourée
00:39:58par une vague
00:39:59d'amour,
00:40:01une énergie indescriptible
00:40:03qui est vraiment
00:40:04incroyable à vivre.
00:40:07Donc, j'avais besoin
00:40:08peut-être
00:40:08de me reconnecter
00:40:09à la société
00:40:10et le sport
00:40:12est surtout
00:40:12un moyen,
00:40:14un média
00:40:14pour se reconnecter
00:40:16ensemble.
00:40:17Merci beaucoup,
00:40:18Catherine Bertrand,
00:40:19d'avoir été avec nous.
00:40:20Merci.
00:40:20Encore une fois,
00:40:21votre visage
00:40:22traduit toute la force
00:40:24et toute l'énergie
00:40:24que vous puisez
00:40:25aujourd'hui
00:40:26dans cette manifestation.
00:40:28Maxime Branchetter,
00:40:29vous vous avez recueilli
00:40:30le témoignage
00:40:32de ceux qui,
00:40:33dans le sillage
00:40:34finalement de Sandrine,
00:40:35et c'est ça qui est beau
00:40:35de construire ces ponts,
00:40:36ont ensuite donné
00:40:37l'assaut à l'intérieur
00:40:38de cette salle de spectacle.
00:40:40Qu'est-ce qui vous a
00:40:41le plus touché ?
00:40:41Qu'est-ce que vous retenez
00:40:42de cette expérience
00:40:43au plus près
00:40:44des primo-intervenants ?
00:40:47Ce que je retiens,
00:40:49c'est sans doute
00:40:50leur force,
00:40:51leur courage.
00:40:52Alors, on parlait
00:40:52du traumatisme
00:40:54que certains peuvent avoir.
00:40:55Moi, je n'en ai pas perçu
00:40:56chez eux.
00:40:56Alors, peut-être
00:40:57qu'ils le cachent,
00:40:58peut-être qu'ils l'ont réglé,
00:41:00mais ce qui a le plus marqué,
00:41:02c'est de voir
00:41:02à quel point,
00:41:03dix ans après,
00:41:04ils vivent encore
00:41:06très intensément
00:41:07à ces moments-là.
00:41:08Parfois, avec certains,
00:41:08c'était difficile d'en parler,
00:41:10mais dès qu'on commençait
00:41:10à les interroger,
00:41:11on sentait que tout le récit
00:41:13venait d'un seul coup.
00:41:15Mais ce qui est impressionnant,
00:41:16c'est que dix ans après,
00:41:17ils ont toujours
00:41:17la même force,
00:41:18la même énergie.
00:41:19On ressent
00:41:20ce qu'ils ont fait
00:41:21ce soir-là,
00:41:22ce qu'ils ont
00:41:22l'acte héroïque.
00:41:24Alors, ils détestent ça
00:41:25quand on les appelle
00:41:26des héros.
00:41:26Ils ont horreur de ça.
00:41:27Ce ne sont pas des héros.
00:41:28Ce ne sont pas des héros,
00:41:29c'est ce qu'ils disent.
00:41:30Certains me disent
00:41:31que les héros,
00:41:31ce sont les victimes,
00:41:32les héros,
00:41:33ce sont les autres.
00:41:35Mais en tout cas,
00:41:35ils ont sauvé des gens
00:41:37quand même
00:41:38en intervenant ce soir-là.
00:41:39À la fois,
00:41:40je pense à Grégory,
00:41:42le chauffeur de la BAC de nuit
00:41:43qu'on a interviewé,
00:41:44qui est rentré
00:41:45avec le commissaire Cardi
00:41:46en premier dans le Bataclan
00:41:47et aussi à tous les opérateurs
00:41:48de la BRI
00:41:49qui, ce soir-là,
00:41:49ont donné l'assaut
00:41:50et ont réussi miraculeusement
00:41:52presque à sauver des otages.
00:41:53On en écoute un extrait
00:41:54avec vous ?
00:41:55Allez.
00:41:57Je vois au fond de la salle
00:41:58deux ombres
00:41:59qui ont l'air d'être
00:42:01de mon côté.
00:42:02J'ai tout de suite compris
00:42:03que ces deux ombres,
00:42:04c'était des ombres positives.
00:42:06Elles sont là pour m'aider.
00:42:08Et c'était ma chance.
00:42:10Je vois ces deux ombres
00:42:10se lever assez rapidement
00:42:12et je vois
00:42:13en fait une position
00:42:15professionnelle
00:42:16de l'usage d'une arme.
00:42:20Ça doit être ça.
00:42:21Je comprends tout de suite.
00:42:22Je comprends tout de suite
00:42:23que ces gens-là,
00:42:24ce sont des policiers.
00:42:33Le commissaire tire quatre fois.
00:42:36Il donne le tempo.
00:42:37Il paye.
00:42:38Et moi, je commence à enquiller
00:42:42sur sa troisième
00:42:43ou sa quatrième cartouche.
00:42:46Je fais un tir
00:42:46comme au stand.
00:42:48Un tir debout, droit
00:42:48et zéro idée.
00:42:53Je vois d'ailleurs
00:42:54quelques petits flashs
00:42:57et à ce moment-là,
00:42:59en fait,
00:43:00je comprends tout de suite
00:43:01qu'en fait,
00:43:01il tire sur le terroriste
00:43:03qui est à gauche de moi.
00:43:03que celui-ci dévisse.
00:43:07Je vois que son arme
00:43:08en fait se tourne
00:43:10et que celui-ci
00:43:11s'apprête à tomber aussi.
00:43:13Je vois ça
00:43:13et j'en profite
00:43:14en fait à ce moment-là.
00:43:16Je cours vers la sortie
00:43:18que je n'avais pas vue
00:43:19depuis le début,
00:43:19qui en fait était là
00:43:20depuis tout ce temps.
00:43:21Le terroriste,
00:43:33on le voit,
00:43:33donc il est sur le dos
00:43:34et moi, je vois
00:43:35qu'il relève la tête.
00:43:37Et c'est à ce moment-là
00:43:38que je fais un tir tête
00:43:39et là, ça explose.
00:43:47Alors là,
00:43:47ce que vous venez de voir,
00:43:48c'est le témoignage
00:43:49à la fois de Guillaume
00:43:50et de Grégory.
00:43:51Donc Grégory,
00:43:51c'est ce que je vous ai expliqué,
00:43:52c'est ce chauffeur de la Bac
00:43:53qui est arrivé
00:43:54presque malgré lui
00:43:57parce qu'en fait,
00:43:57ils ont changé
00:43:58plusieurs fois d'itinéraire.
00:44:00Ils allaient sur les terrasses
00:44:00au moment où ils ont appris
00:44:01pour le Bataclan.
00:44:02Ils se sont arrêtés devant,
00:44:03ils sont rentrés tous les deux
00:44:04et quand ils sont rentrés,
00:44:06ils ont vu Guillaume,
00:44:08le témoin que vous voyez
00:44:09qui témoigne anonymement.
00:44:09Guillaume qui est une victime
00:44:10du Bataclan
00:44:11qui en fait
00:44:11avait été pris en otage
00:44:13par le terroriste Samy Amimour
00:44:14et était debout sur la scène
00:44:15mis en joue par Samy Amimour
00:44:17quand ils sont intervenus
00:44:18et en tirant sur Samy Amimour,
00:44:19ils lui ont sauvé la vie.
00:44:21C'est l'extrait
00:44:21que vous venez d'entendre.
00:44:22Dans l'extrait,
00:44:22vous avez entendu aussi
00:44:23d'autres choses,
00:44:24des extraits sonores.
00:44:25C'est un document très difficile
00:44:27qui avait été diffusé
00:44:28après débat au procès.
00:44:30En fait,
00:44:30il y avait un spectateur
00:44:31sans doute
00:44:32qui avait laissé un dictaphone.
00:44:33Il voulait enregistrer le concert
00:44:34et donc il a enregistré
00:44:36toutes les plusieurs heures
00:44:38de l'horreur
00:44:38de ce qui s'est passé
00:44:39dans le Bataclan
00:44:40qu'on entend plutôt bien.
00:44:41On a écouté cet enregistrement
00:44:43et on en a évidemment
00:44:44sélectionné à certaines parties
00:44:45parce que certaines sont
00:44:46trop difficiles,
00:44:47mais on a voulu en produire
00:44:48certaines pour la mémoire,
00:44:51pour témoigner,
00:44:51pour raconter.
00:44:52On s'est notamment appuyé
00:44:53sur l'assaut,
00:44:55l'assaut donné par les opérateurs
00:44:57de la BRI
00:44:57qu'on entend très bien
00:44:58dans cet extrait sonore
00:44:59et qui nous a été raconté
00:45:00par ceux qui ont accepté
00:45:02de témoigner.
00:45:03Je vous propose
00:45:03d'écouter cet extrait.
00:45:06On avait détecté
00:45:07au-dessus de la porte
00:45:07un objet noir
00:45:08qu'on avait pris
00:45:08pour une caméra
00:45:09parce qu'on ne comprenait pas
00:45:11pourquoi,
00:45:11parce qu'à chaque fois
00:45:11qu'on bougeait,
00:45:12les terroristes à l'intérieur
00:45:13se plaignaient auprès
00:45:13du négociateur
00:45:14auprès de nous directement
00:45:15qu'ils nous voyaient.
00:45:19Le début de l'assaut
00:45:20pour nous,
00:45:20ça a été la neutralisation
00:45:21à l'aide d'une arme
00:45:23de cet ustensile
00:45:24qu'on avait pris
00:45:25pour une caméra.
00:45:26Stop, stop, caméra !
00:45:27Il n'y a plus de caméra,
00:45:32il n'y a plus de caméra !
00:45:32Poussez pas !
00:45:33Je reste là !
00:45:36J'ai jamais loué la porte,
00:45:37je ne peux pas.
00:45:39J'ai donné des coups
00:45:40au niveau de la porte.
00:45:41la porte s'est entrouverte.
00:45:50Une première fois,
00:45:51une deuxième fois,
00:45:52elle résistait encore une fois
00:45:54et je crois que la troisième,
00:45:57elle s'est totalement ouverte.
00:45:59Et là,
00:46:00il y a eu le déluge de feu.
00:46:01On se prend une rafale complète
00:46:14de chargeurs complets d'AK-47
00:46:16à 5-6 mètres de distance
00:46:18directement dans le bouclier.
00:46:19Je sens les impacts
00:46:25arrivés sur le bouclier
00:46:26mais je me dis
00:46:28qu'il faut continuer d'avancer
00:46:30pour les acculer,
00:46:31tout simplement.
00:46:31voilà toute la ferveur
00:46:49des opérateurs de la BRI
00:46:50qui sont rentrés
00:46:51et qui ont,
00:46:51on l'a dit miraculeusement,
00:46:52sauvé tous les otages
00:46:53parce que c'était une situation
00:46:54très compliquée,
00:46:55un couloir
00:46:55avec des personnes déterminées
00:46:58qui avaient déjà tué
00:46:58beaucoup de monde.
00:46:59Vous allez découvrir ça
00:47:01mais aussi tout le récit
00:47:02dans notre documentaire ce soir.
00:47:03C'est à 20h50.
00:47:05C'est Bataclan.
00:47:06Ils ont donné l'assaut.
00:47:07Merci beaucoup Maxime.
00:47:08Mathieu Langlois,
00:47:09avant cet assaut,
00:47:10il y a aussi,
00:47:11et il faut le rappeler,
00:47:12l'évacuation de tous les blessés.
00:47:14Il y a des centaines de personnes
00:47:15à l'intérieur de cette salle.
00:47:18Encore une fois,
00:47:18moi j'ai insisté
00:47:19sur le côté très collectif.
00:47:21C'est-à-dire qu'il y avait
00:47:23des équipes de la BRI
00:47:24qui étaient en train de préparer,
00:47:26d'élaborer avec la Nego
00:47:29même si la Nego de 2015
00:47:30n'est plus la Nego
00:47:31qu'on a connue avant.
00:47:33On savait très bien,
00:47:34je pense que vous saviez très bien
00:47:35que ce ne serait pas une Nego
00:47:38avec une...
00:47:39Une reddition.
00:47:40Une reddition des terroristes.
00:47:42C'était une Nego
00:47:42pour préparer,
00:47:43élaborer,
00:47:44gagner du temps.
00:47:45Et en particulier,
00:47:46gagner du temps.
00:47:47Ce qui nous permettait,
00:47:47nous,
00:47:48le rôle du RAID
00:47:50à ce moment-là
00:47:50a été de justement
00:47:51sécuriser tout le reste
00:47:52du théâtre
00:47:54et permettre
00:47:57par cette sécurisation,
00:47:59alors quand je dis sécurisation,
00:48:00il faut bien comprendre
00:48:00qu'on est sur une menace
00:48:02qui est totalement...
00:48:05Diffuse.
00:48:06Mais surtout,
00:48:06impossible à vérifier.
00:48:09On parle de...
00:48:10D'abord,
00:48:10on dit qu'il y a
00:48:11deux terroristes à l'étage,
00:48:12mais rien ne nous interdit
00:48:13de penser.
00:48:13Enfin,
00:48:13ce n'est pas mon rôle,
00:48:14mais pour les policiers,
00:48:16rien ne nous interdit de penser
00:48:17qu'il y en a peut-être d'autres,
00:48:18bien sûr.
00:48:18Y compris chez les blessés.
00:48:20Et puis,
00:48:20il y a du risque de piégeage.
00:48:22Enfin bon,
00:48:22encore une fois,
00:48:24moi,
00:48:24mon rôle,
00:48:24c'est les blessés.
00:48:25Mais ce qu'on a fait
00:48:26pendant tout ce temps-là,
00:48:28c'est que justement,
00:48:29et ça,
00:48:29c'est quelque chose
00:48:29qu'on avait imaginé,
00:48:31mais on n'avait pas imaginé
00:48:32qu'on le réaliserait comme ça,
00:48:33c'est que...
00:48:35Alors,
00:48:36je m'adresse au docteur,
00:48:37mais je m'adresse à tous les Français,
00:48:38c'est-à-dire que c'est des blessés
00:48:39par balles,
00:48:40c'est des traumatismes pénétrants,
00:48:42quel que soit le type d'arme,
00:48:43c'est de l'hémorragie,
00:48:44l'hémorragie,
00:48:45c'est la guerre contre le temps.
00:48:47Il n'y a pas...
00:48:47Il n'y a pas en savoir
00:48:49forcément beaucoup plus
00:48:50pour comprendre
00:48:50que plus le temps va passer,
00:48:52moins les chances de survie
00:48:53vont être là.
00:48:56Et donc,
00:48:57notre rôle
00:48:58et le rôle des médecins,
00:49:00ça a été justement
00:49:01de pouvoir
00:49:01commencer à évacuer,
00:49:04à stabiliser,
00:49:05faire quelques gestes de sauvetage,
00:49:06mais surtout
00:49:06à extraire
00:49:08tous les blessés,
00:49:09en particulier la fausse.
00:49:10Mais quand je dis la fausse,
00:49:11c'est tous...
00:49:12Il y avait des gens cachés
00:49:13absolument partout.
00:49:14Et aller diriger vers les hôpitaux
00:49:16quand ils peuvent être transportables ?
00:49:16Alors nous,
00:49:18notre rôle,
00:49:18il s'est limité,
00:49:20si je peux dire,
00:49:21à les faire sortir,
00:49:23les mettre en sécurité,
00:49:24les emmener,
00:49:25et ça c'est les policiers,
00:49:26on le sait,
00:49:27par les barrières métalliques.
00:49:29Les policiers,
00:49:29alors c'était pas toi,
00:49:30mais c'était tes collègues.
00:49:31Oui, par les barrières métalliques,
00:49:32etc.
00:49:32Le rendre hommage.
00:49:33Non, mais les policiers
00:49:34de la BAC
00:49:34et des commissariats,
00:49:36il faut imaginer
00:49:36dans quel état
00:49:37ils étaient,
00:49:38ceux qui étaient
00:49:39dans l'entrée du Bataclan,
00:49:41ils étaient,
00:49:42pour certains,
00:49:42cas au debout.
00:49:43Et on va regarder
00:49:44cette photo justement
00:49:45qu'on a sélectionnée.
00:49:48Je pense que c'est
00:49:49un collègue à vous
00:49:49qui est pris en photo.
00:49:50Tout à fait,
00:49:51ouais,
00:49:51ouais,
00:49:51ouais,
00:49:52et c'est une belle photo,
00:49:55mais qui résume tout.
00:49:57Qui résume tout.
00:49:57Et qui vous,
00:49:58oui.
00:49:58Oui,
00:49:58mais au-delà du chaos,
00:50:00ils sont pas restés,
00:50:01ils sont pas restés
00:50:03dans cette sidération
00:50:04qui est tout à fait compréhensible.
00:50:07Ensemble,
00:50:08on a évacué,
00:50:09en tout cas pour la fosse,
00:50:10pour le premier rétage,
00:50:12enfin pour le rez-de-chaussée,
00:50:13on a évacué
00:50:14l'ensemble des victimes
00:50:15avant l'assaut
00:50:17au premier étage.
00:50:18Ce qui est aussi
00:50:18pour les opérateurs
00:50:19de la BRI,
00:50:20pour les opérateurs du raid,
00:50:21c'est quand même
00:50:22une tranquillité,
00:50:23si je peux,
00:50:24enfin je suis pas sûr
00:50:25que c'est le mot,
00:50:26mais c'est bien de savoir
00:50:28que,
00:50:29évidemment qu'il y a
00:50:30les otages
00:50:30au premier étage,
00:50:32mais déjà en bas,
00:50:33malheureusement,
00:50:34il n'y a plus que des morts
00:50:34et que tous ceux
00:50:36qui étaient vivants,
00:50:37ils sont sortis.
00:50:39Après,
00:50:39ce qui a été plus compliqué,
00:50:40c'est en termes de temps,
00:50:42et ça n'a pas été
00:50:43si simple à organiser,
00:50:44c'est tous ceux
00:50:45qui étaient cachés
00:50:45dans les bureaux,
00:50:47y compris sur un studio
00:50:49qui était sur le toit
00:50:50du Bataclan,
00:50:52où il y avait
00:50:53au moins une vingtaine,
00:50:56plus de vingtaine
00:50:57de victimes
00:50:58qui n'étaient pas forcément
00:51:00blessées,
00:51:01mais qui étaient
00:51:02psychologiquement
00:51:02évidemment traumatisées.
00:51:05Donc c'est une blessure,
00:51:07c'est celle que tu soignes.
00:51:09Mais surtout,
00:51:11ma mission,
00:51:13c'est le commandement
00:51:16Durand m'a dit
00:51:17tout le monde dehors,
00:51:17enfin ça c'est quelque chose
00:51:18qu'on avait anticipé,
00:51:19mais tout le monde dehors,
00:51:20c'est tout le monde dehors.
00:51:21On n'en oublie pas un quoi.
00:51:22Non, non,
00:51:23mais c'est-à-dire
00:51:23qu'on ne sait pas
00:51:24comment le scénario,
00:51:25on ne sait pas
00:51:25comment l'assaut de la Béry
00:51:26va se passer,
00:51:27ça peut.
00:51:27Bien sûr.
00:51:28Alors là,
00:51:28ça a été un super assaut
00:51:29qui s'est très bien passé,
00:51:31mais ça aurait pu
00:51:31très mal se passer.
00:51:33Et imaginez
00:51:34qu'il y avait
00:51:34un risque de sur-attentat,
00:51:36parce que je n'ai pas envie
00:51:37de parler de tous les détails.
00:51:39C'était une option.
00:51:40En tout cas,
00:51:41nous on l'avait intégré
00:51:42dans le processus.
00:51:43Et nous,
00:51:43on a énormément ressenti
00:51:44sur les terrasses,
00:51:45puisque c'est le commencement
00:51:46des attentats.
00:51:48Et en plus de l'intervention
00:51:49sur place,
00:51:50ensuite on a appris
00:51:51la continuité des faits.
00:51:53Donc en fait,
00:51:53sur l'intervention sur place,
00:51:54on était toujours
00:51:55dans le doute
00:51:55d'un sur-attentat
00:51:57sur les lieux en fait.
00:51:59Sur l'aspect
00:52:00vraiment médical,
00:52:01est-ce qu'on passe
00:52:02ce soir-là
00:52:02de la médecine d'urgence,
00:52:03vous faites de la médecine
00:52:04d'urgence
00:52:04à la médecine de guerre ?
00:52:08On se connaît assez
00:52:10pour...
00:52:11On se connaît bien.
00:52:11On se connaît assez bien.
00:52:13En tout cas,
00:52:14c'est de la médecine
00:52:14en situation de guerre
00:52:16ou en tout cas d'attentat.
00:52:17Moi, je fais une différence.
00:52:18J'ai moins d'expérience
00:52:19de la guerre.
00:52:20J'ai malheureusement
00:52:21une expérience
00:52:22des attentats.
00:52:23Mais on est avec...
00:52:24On est des gens,
00:52:25on est face à des victimes
00:52:26qui ne sont pas des soldats.
00:52:28Ils ne sont pas préparés.
00:52:29Ils ne sont pas
00:52:29des protections balistiques.
00:52:30Ils ne sont pas...
00:52:31Ils sont des civils
00:52:32qui venaient s'amuser
00:52:33à un concert
00:52:33qui sont des jeunes
00:52:35comme...
00:52:36On n'est plus très jeunes.
00:52:38Comme vos enfants.
00:52:39Comme vos enfants.
00:52:40Mais voilà,
00:52:41ça peut être nos enfants
00:52:42et donc l'impact.
00:52:44On n'est pas
00:52:44sur une zone de combat
00:52:46au fin fond
00:52:47d'un pays
00:52:47qu'on ne connaît pas.
00:52:48Je ne dis pas
00:52:49que c'est facile.
00:52:50Mais en tout cas,
00:52:51c'est différent.
00:52:52Et donc,
00:52:52on est sur une médecine,
00:52:53en tout cas,
00:52:54un sauvetage
00:52:55qui est très complexe
00:52:58humainement,
00:52:59techniquement.
00:53:00Il faut se coordonner
00:53:01entre nous.
00:53:02Faire des choix.
00:53:03Alors,
00:53:03faire des choix,
00:53:04mais là aussi,
00:53:06je déteste
00:53:07le terme de triage.
00:53:08Je parle de priorisation.
00:53:10Mais la priorisation
00:53:11qu'on a dû faire
00:53:12dans le Bataclan,
00:53:13c'est...
00:53:14Parfois,
00:53:14il est mal interprété.
00:53:16Pas par vous,
00:53:17mais parfois,
00:53:18il est mal interprété.
00:53:19Il ne faut pas imaginer
00:53:19que les médecins,
00:53:21et je connais très bien
00:53:22les médecins
00:53:23qui étaient là,
00:53:24on n'est pas arrivé
00:53:25devant des victimes
00:53:25en disant
00:53:26lui, il va vivre,
00:53:28lui, il ne va pas vivre.
00:53:28Ben non.
00:53:29Non, mais que ce soit bien dit.
00:53:30Mais disons-le.
00:53:31C'est un métier humain.
00:53:32Mais on est obligé
00:53:33de prioriser,
00:53:34c'est lui sortir en premier
00:53:35ou lui aura tel ou tel
00:53:37geste de sauvetage,
00:53:40mais tout le monde
00:53:41va sortir.
00:53:42Sauf qu'on doit faire
00:53:43des...
00:53:44Des choix.
00:53:44On doit prendre des décisions
00:53:45qui sont de notre ressort
00:53:47en tant que médecin,
00:53:48et c'est pour ça qu'on est...
00:53:49On était des médecins
00:53:50avec de l'expérience,
00:53:52on est formés,
00:53:53entraînés à ça.
00:53:54Mais encore une fois,
00:53:55c'est quelque chose
00:53:55d'humain,
00:53:56c'est que tout le monde
00:53:56doit sortir,
00:53:57et vite,
00:53:58et pour ça,
00:53:59il faut trier
00:54:00ou prioriser.
00:54:01Alors, Sandrine,
00:54:02l'Armandi,
00:54:03je voulais revenir avec vous.
00:54:04Les mots choisis,
00:54:05ce que vous avez soufflé
00:54:06à l'oreille des négociateurs,
00:54:08peut-être que vous ne pouvez
00:54:08pas nous le dire ici,
00:54:09je ne sais pas
00:54:10s'il y a un secret
00:54:10qui vous couvre ou quoi,
00:54:11mais comment est-ce que
00:54:12vous pouvez, vous,
00:54:14expliquer le travail
00:54:15au plus près,
00:54:16et ensuite,
00:54:16comment est-ce que
00:54:17vous avez continué
00:54:18à suivre un certain nombre
00:54:19de personnes
00:54:20qui ont été évacuées,
00:54:21qui sont ces otages,
00:54:23et qui...
00:54:23Ensuite, je crois
00:54:24que vous les avez suivis
00:54:24au fil des mois,
00:54:25très régulièrement,
00:54:26et pendant toutes ces années.
00:54:27Oui.
00:54:28Pour les mots, oui,
00:54:29c'est un peu compliqué
00:54:29d'échanger là-dessus,
00:54:31mais Mathieu,
00:54:32sur ça, a raison,
00:54:33dans le sens où
00:54:33on fait phrase,
00:54:34et on le sait très rapidement,
00:54:36à des personnes déterminées,
00:54:37puisqu'ils nous le disent.
00:54:38Donc, à partir de là,
00:54:40c'est...
00:54:41On garde quand même
00:54:41toujours en tête
00:54:42l'idée de se dire
00:54:43on va peut-être quand même
00:54:45réussir à faire sortir
00:54:46un ou deux otages.
00:54:47Je pense que c'est important
00:54:48de garder cet espoir-là
00:54:49et de cette dynamique-là,
00:54:50parce que si on est résigné
00:54:51avant même d'avoir commencé,
00:54:52évidemment, ça se sent
00:54:53dans le travail.
00:54:54Donc, c'était surtout
00:54:56réussir tous les deux
00:54:59à pouvoir travailler
00:55:01sereinement, parce que...
00:55:02Tous les deux,
00:55:03le négociateur et vous.
00:55:04Oui, voilà.
00:55:04Enfin, tous les trois,
00:55:05il y avait un autre
00:55:06collègue négociateur,
00:55:07mais parce que,
00:55:09lui, avait vu le Bataclan,
00:55:11avait vu les morts,
00:55:12donc c'était aussi difficile
00:55:13de pouvoir reprendre son souffle
00:55:15et de s'apaiser
00:55:16pour pouvoir travailler correctement.
00:55:18Et puis, d'échanger avec eux,
00:55:19l'idée, c'était surtout
00:55:20que pendant ce temps-là,
00:55:21leur attention n'était pas
00:55:24portée sur les otages.
00:55:25Donc, c'était aussi
00:55:27de les faire ventiler suffisamment
00:55:28pour que...
00:55:29Les terroristes ?
00:55:29Oui, les terroristes.
00:55:30Pour gagner du temps.
00:55:31Oui, gagner du temps.
00:55:31C'est ça.
00:55:32Que leur temps est fait
00:55:33d'échanger avec eux
00:55:34pour que la tension redescende
00:55:36et qu'ils soient
00:55:37le moins excités possible
00:55:39et que leur attention
00:55:40ne soit pas focalisée
00:55:41sur les otages.
00:55:43Nadine, vous l'avez...
00:55:44Faire entendre quelque chose
00:55:45à un personnage comme ça
00:55:47qui a...
00:55:48Faire entendre quelque chose.
00:55:49Faire entendre quelque chose.
00:55:50Le rationnel, j'entends.
00:55:51Enfin, entrer comme dans sa tête
00:55:51ou lui faire un type
00:55:53qui est avec un fusil d'assaut
00:55:54sur la scène du Batacou.
00:55:55C'est peut-être mon côté
00:55:56utopiste, humaniste,
00:55:57je ne sais pas.
00:55:58Mais moi, je pars toujours sur...
00:56:00Je partais,
00:56:01puisque je suis partie
00:56:01il y a un an de la BRI,
00:56:03mais sur ce genre de crise
00:56:04avec l'espoir.
00:56:05Parce qu'on peut tromber
00:56:06sur quelqu'un qui doute
00:56:07à un moment donné.
00:56:08On a eu l'exemple.
00:56:09Donc, il faut toujours garder en tête
00:56:11que sur une crise terroriste,
00:56:12on peut avoir à un moment donné
00:56:14un individu
00:56:14qui change d'avis.
00:56:16Malgré tout,
00:56:17ce sont des profits différents
00:56:18aussi aujourd'hui
00:56:19par rapport à 2015.
00:56:22Donc, il faut le garder en tête.
00:56:23La menace et les profits
00:56:24ont évolué.
00:56:24Vous avez raison.
00:56:25Ce que ça me dit,
00:56:26c'est très vrai.
00:56:27Mais il faut toujours garder
00:56:28cet espoir.
00:56:29Et l'hypercachère,
00:56:30le Mera,
00:56:32est un parfait exemple.
00:56:33Il y a,
00:56:34entre les négociateurs
00:56:35et les terroristes,
00:56:38il y a un lien.
00:56:39Il y a un lien d'écoute,
00:56:40il y a un lien...
00:56:42Après, oui,
00:56:43ce n'est pas la négociation
00:56:45comme avec un forcené
00:56:46qui retient...
00:56:48Ce n'est pas les mêmes modes opératoires.
00:56:50Il y a plein de choses
00:56:50qui diffèrent.
00:56:51Mais là,
00:56:52on parle de la négo,
00:56:53elle est évidemment différente.
00:56:55Et tout ça,
00:56:55madame le disait,
00:56:56c'est aussi des évolutions
00:56:58que l'ensemble des services
00:56:59ont tenues
00:57:00depuis, malheureusement,
00:57:02tout le vécu
00:57:02qu'on a eu
00:57:03entre toutes ces périodes.
00:57:04Et puis,
00:57:04il faut bien comprendre
00:57:05qu'on le partage aussi
00:57:06à l'étranger.
00:57:07Nadine,
00:57:07vous voulez rajouter quelque chose ?
00:57:08Oui,
00:57:09moi,
00:57:09je voulais revenir
00:57:10sur plusieurs choses.
00:57:12J'espère que...
00:57:13Enfin,
00:57:14moi,
00:57:14je comprends
00:57:15tout à fait
00:57:15les propos
00:57:16de Mathieu Langois
00:57:18sur la prise en charge
00:57:21des blessés
00:57:21au Bataclan.
00:57:22C'est-à-dire que
00:57:23dix ans après,
00:57:24le temps
00:57:25a fait son œuvre.
00:57:27Donc,
00:57:28on a remis
00:57:28un peu
00:57:28de rationalité
00:57:30sur tout ça.
00:57:32Heureusement,
00:57:33ce n'est pas évoqué
00:57:34dans l'excellente série
00:57:35des vivants.
00:57:36Il y a des choses
00:57:37très, très bien
00:57:37sur cette série.
00:57:39Vraiment,
00:57:40notamment,
00:57:40il y a l'hommage...
00:57:41C'est le qui est diffusé
00:57:41à France Télévisions.
00:57:42Oui,
00:57:42qui est l'hommage,
00:57:43par exemple,
00:57:45tous les 13 novembre,
00:57:47devant les différents
00:57:48lieux d'attaque
00:57:49et notamment
00:57:49au Bataclan.
00:57:51Je trouve que,
00:57:51franchement,
00:57:52c'est très, très bien.
00:57:53Et ce que je voulais dire
00:57:55aussi,
00:57:55parce que je trouve
00:57:55que c'est important
00:57:56dans les messages
00:57:57à faire passer,
00:57:59c'est que nous,
00:58:01pour les parents
00:58:01ou les familles
00:58:02endeuillées,
00:58:03parce qu'il n'y a pas
00:58:04de terme pour dire
00:58:05qu'un parent a perdu
00:58:06un enfant,
00:58:07il y a les orphelins,
00:58:08mais il n'y a pas
00:58:09l'équivalent
00:58:09pour les parents.
00:58:11Un des plus grands
00:58:12traumatismes pour nous,
00:58:14et on l'a dit
00:58:14au procès,
00:58:15ça a été le passage
00:58:16à l'Institut Médico-Légal.
00:58:18Donc,
00:58:19je remets ça
00:58:20sur le tapis.
00:58:21Si, si,
00:58:21vous avez raison,
00:58:22c'est important.
00:58:22Parce que là,
00:58:24le passage
00:58:24à l'Institut Médico-Légal,
00:58:26je l'ai dit
00:58:27au procès,
00:58:29ça a été dit
00:58:30par des dizaines
00:58:32de familles,
00:58:33c'était absolument
00:58:34épouvantable.
00:58:35Et là aussi,
00:58:36comme on a mis,
00:58:37en tant qu'association,
00:58:38travaillé avec
00:58:39la direction
00:58:40d'aide interministérielle
00:58:42des victimes,
00:58:43on a fait évoluer
00:58:44l'annonce des décès.
00:58:46On a travaillé là-dessus
00:58:47et en tant qu'association
00:58:49de victimes
00:58:49avec 13-11-15,
00:58:51on a,
00:58:51à un moment donné,
00:58:53tout le monde parlait
00:58:54et tout,
00:58:54mais il ne savait pas
00:58:54de quoi il parlait.
00:58:55Et nous,
00:58:55avec Philippe Duperron,
00:58:57on a mis le doigt là-dessus.
00:58:58Et vous avez raconté.
00:58:59Et on a dit,
00:59:00voilà,
00:59:00maintenant,
00:59:01l'annonce des décès,
00:59:02dans ces circonstances-là,
00:59:03on veut que ce soit
00:59:04comme ça,
00:59:05comme ça,
00:59:05et qu'à l'IML,
00:59:06et depuis,
00:59:07je sais que l'accueil
00:59:08à l'IML a évolué.
00:59:09Donc,
00:59:09voilà.
00:59:10Si je peux,
00:59:11justement sur ça,
00:59:12c'est vrai que nous,
00:59:12dans nos missions
00:59:13et après janvier
00:59:15et novembre,
00:59:18on a mis en place
00:59:20des psychologues
00:59:21à côté des policiers
00:59:23pour réaliser
00:59:24les annonces d'essai
00:59:25et la remise
00:59:25des effets personnels
00:59:26qui est aussi
00:59:27un moment très éprouvant
00:59:28pour les collègues policiers.
00:59:30Donc,
00:59:30on est en assistance
00:59:32et donc,
00:59:33c'est eux,
00:59:33évidemment,
00:59:33qui prononcent l'annonce
00:59:34et puis nous,
00:59:35on est là en soutien
00:59:36pour essayer de poser
00:59:37des mots adaptés.
00:59:38Donc ça,
00:59:38c'est quelque chose
00:59:39qu'on a beaucoup travaillé
00:59:40et maintenant,
00:59:41on est quasi systématiquement
00:59:42sur les annonces d'essai
00:59:43avec les collègues policiers
00:59:44parce que c'est une tâche
00:59:46difficile pour eux
00:59:47et puis pour les familles.
00:59:49Et alors,
00:59:49si on parle avec vous,
00:59:50Christophe,
00:59:50de la gestion de l'après,
00:59:52vous,
00:59:52vous avez un petit regret
00:59:53et vous l'aviez formulé
00:59:54mardi lors du colloque
00:59:55de la difficile gestion
00:59:58individuelle du traumatisme
00:59:59et vous avez le sentiment
01:00:00que vous n'avez pas forcément
01:00:01eu la main tendue
01:00:03ou l'aide suffisante
01:00:04pour surmonter tout ça ?
01:00:06Disons que l'aide
01:00:07était présente
01:00:08mais souvent,
01:00:09on est sur une...
01:00:11Au sein de la police,
01:00:12on aime une collectivité
01:00:14de la chose.
01:00:15Donc moi,
01:00:15avec mes deux collègues,
01:00:16forcément,
01:00:16on a fait un entretien
01:00:17avec une...
01:00:18Un débriefing.
01:00:18Un débriefing
01:00:19avec une psychologue
01:00:20du SSPO,
01:00:21donc en collectif
01:00:22et c'est vrai
01:00:23qu'en l'occurrence,
01:00:25mes deux collègues
01:00:26ont préféré
01:00:26une prise en charge
01:00:27individuelle
01:00:28à l'extérieur
01:00:29pour justement...
01:00:32Parce que,
01:00:32ben...
01:00:33Ils sentaient...
01:00:34Ils préféraient en fait
01:00:35une aide extérieure
01:00:37à l'institution,
01:00:38on va dire,
01:00:39qui était sûrement
01:00:40une nécessité pour eux.
01:00:41Après,
01:00:41sur le collectif...
01:00:42Vous, non ?
01:00:43Vous n'avez pas senti ça ?
01:00:44Moi, je n'ai pas pris...
01:00:46Je n'ai pas eu
01:00:47une prise en charge
01:00:47par le SSPO,
01:00:50sauf la collective,
01:00:51bien sûr,
01:00:52mais parce que
01:00:53je n'en ai pas
01:00:54ressenti le besoin,
01:00:55mais c'est vrai que...
01:00:56Et aujourd'hui,
01:00:56un peu plus ?
01:00:57Aujourd'hui,
01:00:57un peu plus,
01:00:58parce que d'autres
01:00:58événements ont fait
01:00:59dans ma carrière
01:01:00qu'effectivement,
01:01:02j'en ai eu besoin,
01:01:04mais c'est vrai
01:01:05qu'on en avait justement
01:01:06discuté chez les pompiers,
01:01:08par exemple,
01:01:08il y a eu une prise
01:01:09en charge obligatoire.
01:01:10Christophe,
01:01:11quand on est un policier
01:01:12de la BAC,
01:01:13on est un gaillard
01:01:13ou on est un homme,
01:01:15est-ce qu'en parler,
01:01:17parler de ça,
01:01:17c'est un aveu de faiblesse ?
01:01:19On peut le ressentir
01:01:20comme ça ?
01:01:21On peut le ressentir
01:01:22comme ça,
01:01:22effectivement.
01:01:23Et je pense que
01:01:24souvent,
01:01:25parfois,
01:01:26au sein de la police nationale,
01:01:27c'est ressenti un peu comme ça,
01:01:29par exemple,
01:01:29un moment de faiblesse.
01:01:30Mais justement,
01:01:32le collectif,
01:01:34parce que souvent,
01:01:34dans des unités
01:01:35comme le RAID,
01:01:37la BRI,
01:01:38ou un moindre niveau,
01:01:38par exemple,
01:01:39la BAC...
01:01:39Il n'y a pas de trouillard.
01:01:40Voilà.
01:01:41Et puis,
01:01:42collectivement,
01:01:42on n'est plus fort,
01:01:43mais individuellement,
01:01:44on a toujours un peu
01:01:45cette crainte
01:01:45de se dire
01:01:47est-ce que je vais être...
01:01:48Oui,
01:01:49est-ce que je ne suis pas
01:01:49assez costaud pour ça ?
01:01:51Qu'est-ce qu'on va penser
01:01:51de moi si je raconte
01:01:53que j'ai du mal à vivre avec ça ?
01:01:55Et c'est vrai
01:01:56qu'il y a eu
01:01:57de l'amélioration,
01:01:58mais...
01:01:58Alors moi,
01:01:59c'est le...
01:01:59Merci,
01:02:00Christophe Portet.
01:02:01Mais j'adore la photo
01:02:02qui était des deux flics...
01:02:05On peut la revoir.
01:02:06... du 10e arrondissement.
01:02:07Celle-là,
01:02:07je l'adore.
01:02:09C'est peut-être
01:02:09un problème capillaire.
01:02:12Capillaire,
01:02:12non,
01:02:12je pense que c'est au-delà.
01:02:14Non,
01:02:14mais ça veut dire...
01:02:15Ça dit énormément de choses.
01:02:18Mais ce que Christophe dit,
01:02:19et ça,
01:02:20je pense que c'est un point
01:02:20hyper important,
01:02:21sur ce qu'on connaît
01:02:22du psychotrauma,
01:02:23surtout pour des gens forts
01:02:25comme toi,
01:02:26des gens préparés,
01:02:27des gens...
01:02:28Ce n'est pas
01:02:29dans l'immédiateté
01:02:30de l'action
01:02:31que ça va se révéler.
01:02:33Donc oui,
01:02:33il faut avoir des...
01:02:34connaître
01:02:35les signaux faibles
01:02:36et évidemment
01:02:37la dimension collective
01:02:38dans des unités,
01:02:39que ce soit les BAC,
01:02:40que ce soit le RAID,
01:02:40la mairie.
01:02:41Cette dimension,
01:02:42ça peut être aussi
01:02:43une chance,
01:02:43mais ça peut être aussi
01:02:44un piège.
01:02:46Tout le monde comprendra.
01:02:49Et donc,
01:02:49il faut être très vigilant
01:02:50sur un temps très long.
01:02:52Et là,
01:02:52je suis d'accord avec toi,
01:02:54la police
01:02:54et plein d'autres...
01:02:57Oui,
01:02:58je trouve qu'après 2015,
01:03:00le SSPO déjà
01:03:01a pris de l'ampleur
01:03:02parce qu'il y a aussi...
01:03:04SSPO,
01:03:04c'est Service de Soutien
01:03:05Opérationnel
01:03:06et aux policiers.
01:03:08C'est la cellule
01:03:08d'être psychologique.
01:03:09Exactement.
01:03:10C'est la cumpe des flics.
01:03:11Et du coup,
01:03:12ils ont aussi grossi
01:03:14en effectif
01:03:14parce qu'ils ont été
01:03:15très vite débordés
01:03:16parce qu'ils n'étaient
01:03:16pas suffisamment.
01:03:18Et je pense que
01:03:20petit à petit,
01:03:21les choses
01:03:21se systématisent.
01:03:23Et en tout cas,
01:03:24en ayant aussi
01:03:24des psychologues
01:03:26dans les services
01:03:27directement,
01:03:28nous,
01:03:28on a sollicité
01:03:29nos chefs de service
01:03:30en disant
01:03:30qu'il y a sur telle affaire,
01:03:31il faut que le SSPO
01:03:32vienne.
01:03:33Mais on en discutait
01:03:34tout à l'heure
01:03:34avant l'émission.
01:03:36Je pense que
01:03:36ce qui serait très intéressant,
01:03:38c'est d'avoir,
01:03:39comme il y a une visite
01:03:39médicale annuelle,
01:03:40d'avoir une visite
01:03:41psychologique
01:03:42et ça permettrait
01:03:42à certains policiers,
01:03:44à certains collègues
01:03:45de peut-être pouvoir
01:03:46ouvrir une porte
01:03:47dans ce temps-là.
01:03:49Donc,
01:03:49il y a bien sûr
01:03:50l'immédiatné
01:03:51mais après,
01:03:51il y a aussi
01:03:51sur de très longs termes
01:03:52où il faut toujours être.
01:03:53Et vous, Maxime,
01:03:54les gens que vous avez
01:03:55interviewés,
01:03:56il y avait aussi
01:03:56cette difficulté
01:03:57à poser des mots
01:03:58ou vous avez senti quoi ?
01:04:00Alors,
01:04:01on a senti que
01:04:02quand on leur posait
01:04:03la question,
01:04:04les opérateurs
01:04:05de la Béry
01:04:05mais aussi
01:04:05les policiers de la BAC,
01:04:06eux assurent
01:04:06qu'ils ne sont pas
01:04:07traumatisés.
01:04:08Mais ça,
01:04:09c'est peut-être
01:04:09la façade,
01:04:09c'est ce que vous disiez.
01:04:10C'est peut-être
01:04:11la façade.
01:04:11Moi,
01:04:11j'ai l'impression
01:04:13d'avoir perçu
01:04:13mais c'est difficile
01:04:14de parler à leur place
01:04:14que peut-être
01:04:15qu'il y avait aussi
01:04:16une part de déni
01:04:22pour les opérateurs
01:04:23de la Béry,
01:04:24pour les policiers
01:04:24primo-intervenants
01:04:25de faire un attentat
01:04:27la salle du Bataclan
01:04:28et puis de rentrer
01:04:29chez soi après le soir.
01:04:31Ils comparaient notamment,
01:04:32j'ai beaucoup la comparaison
01:04:33avec les forces spéciales,
01:04:34les militaires
01:04:34qui font des théâtres
01:04:35très difficiles
01:04:36mais qui eux ont un sas
01:04:37avant de rentrer chez eux.
01:04:38Ne vont pas,
01:04:39si vous voulez,
01:04:39le soir même
01:04:40après avoir combattu
01:04:41dans des conditions
01:04:42extrêmement difficiles
01:04:43ne vont pas
01:04:43rentrer chez eux
01:04:45dormir.
01:04:45Et d'ailleurs,
01:04:46vous le verrez
01:04:46dans le documentaire ce soir,
01:04:47la plupart de ceux
01:04:48qui nous racontent
01:04:49avoir craqué,
01:04:50avoir pleuré,
01:04:50je pense,
01:04:52Grégory,
01:04:53le chauffeur
01:04:54du commissaire de la BAC,
01:04:55c'est au moment
01:04:56où il rentre chez lui en fait.
01:04:57C'est au moment
01:04:57où il rentre chez lui,
01:04:58il se couche.
01:04:58Et vous Christophe,
01:04:59comment vous êtes rentré
01:04:59ce soir-là ?
01:05:01Oui, parce que justement
01:05:02quand on rentre,
01:05:03souvent on ne va pas dormir.
01:05:05Souvent on a déjà
01:05:06une première phase,
01:05:07c'est la famille
01:05:08qui vous accueille
01:05:08et la famille
01:05:10qui a vécu les événements
01:05:11aussi à travers
01:05:12la télévision.
01:05:13Quand on a la chance
01:05:14d'en avoir une.
01:05:15Quand on a la chance.
01:05:15Ce n'est pas le cas
01:05:16de tous les policiers.
01:05:16Voilà, exactement.
01:05:18Exactement.
01:05:19Et donc ensuite,
01:05:20on ne trouve pas le sommeil.
01:05:21On ne trouve pas le sommeil,
01:05:23alors on discute.
01:05:26On discute avec sa famille
01:05:28puis ensuite,
01:05:29on prend l'option,
01:05:30on va dire,
01:05:31d'aller à un moment donné
01:05:32se reposer.
01:05:33Mais dès qu'on se repose,
01:05:36dès qu'on se réveille,
01:05:37le lendemain,
01:05:38alors ça revient
01:05:39et on a tout de suite,
01:05:40moi en l'occurrence,
01:05:40la première chose
01:05:41que j'ai fait,
01:05:41c'est de rappeler mes collègues
01:05:42pour savoir
01:05:43si tout se passait bien
01:05:44et d'avoir su justement,
01:05:46et je pense que c'est pareil
01:05:47dans les services spécialisés,
01:05:48je pense qu'on a envie
01:05:49tout de suite derrière
01:05:50de retrouver l'équipe
01:05:51avec qui on était
01:05:52et puis d'en rediscuter
01:05:54et puis justement,
01:05:55il y a une espèce de soutien
01:05:57individuel mais collectif.
01:05:59Mais on a aussi besoin
01:06:00de la bulle familiale.
01:06:03Moi, je sais que
01:06:05quand je rentre,
01:06:06je suis passé à la pitié
01:06:08avant de rentrer chez moi
01:06:09parce que c'était une bêtise,
01:06:12mais j'arrive avec les croissants
01:06:14et tout,
01:06:14et ça a été une matinée
01:06:15absolument normale pour moi
01:06:17avec mon ex-femme,
01:06:19mes enfants.
01:06:20Honnêtement,
01:06:21ils ont dormi,
01:06:22ils ne savaient même pas
01:06:23ce qui s'était passé.
01:06:24Et vous ne leur avez pas dit ?
01:06:25Alors,
01:06:26si,
01:06:26enfin,
01:06:27mon ex-femme,
01:06:28elle savait que j'étais
01:06:28parce que j'étais avec elle
01:06:29quand je pars,
01:06:30donc je lui dis qu'il y a
01:06:31des attentats sur Paris,
01:06:32mais sans la stresser
01:06:33plus que ça,
01:06:34elle,
01:06:34elle a eu cette intelligence,
01:06:36c'est de ne pas allumer
01:06:37votre chaîne de télé,
01:06:38si je peux me permettre.
01:06:39Non,
01:06:39mais vous le trouvez.
01:06:39Et elle a passé une nuit normale
01:06:42et elle m'a dit,
01:06:42bon alors,
01:06:43il s'est passé quoi ?
01:06:44Je lui ai dit,
01:06:44ben,
01:06:45c'est quand même,
01:06:46c'était pas juste,
01:06:48voilà,
01:06:48c'est la vie du pays
01:06:50un peu...
01:06:51Le pays s'est totalement figé,
01:06:52cette nuit-là.
01:06:52Un peu changé
01:06:53et on n'en a pas dit plus
01:06:54et pourtant,
01:06:55les médecins aussi
01:06:56et on a eu,
01:06:57honnêtement,
01:06:58pas une journée normale
01:07:00parce que le soir,
01:07:01on repartait bosser.
01:07:03Ça aussi,
01:07:04moi j'avais un psychiatre
01:07:04un jour qui m'avait dit
01:07:05le meilleur moyen
01:07:06de se protéger
01:07:07de tous les traumatismes,
01:07:10c'est ce que vous avez dit,
01:07:12c'est justement
01:07:13d'être ensuite
01:07:14dans l'analyse des faits.
01:07:16Ce qu'on appelle le rétex,
01:07:17c'est le retour d'expérience.
01:07:18Le but du rétex,
01:07:19c'est ça.
01:07:20On analyse tous ensemble
01:07:21les faits
01:07:22et ensuite,
01:07:22on essaye de dire
01:07:25on va s'améliorer,
01:07:26pour nous en tout cas.
01:07:27On reçoit beaucoup
01:07:28de personnalités,
01:07:29un politique en ce moment,
01:07:30le ministre de l'Intérieur
01:07:31et le préfet de police,
01:07:32l'ancien patron
01:07:32du Parquet national
01:07:34antiterroristiaire
01:07:35et c'est toujours
01:07:35le truc,
01:07:36c'est comment va-t-on faire
01:07:37pour que ça ne se reproduise plus
01:07:39pour lutter contre...
01:07:41Et vous, madame ?
01:07:42Et là, j'entends Nadine
01:07:43qui se pire sur la table.
01:07:45Vous avez vu cette phrase
01:07:46tout à l'heure,
01:07:46vous avez dit,
01:07:47madame,
01:07:47madame Berenard,
01:07:48comment va-t-on faire
01:07:49pour sauver plus de victimes ?
01:07:51Oui.
01:07:51Ce n'est pas comment va-t-on faire
01:07:52pour que ça ne se reproduise plus ?
01:07:54Ça veut dire que,
01:07:55pour vous,
01:07:55ça va continuer ?
01:07:56Comment est-ce qu'on va faire
01:07:57pour sauver plus de victimes ?
01:07:58C'est-à-dire qu'actuellement,
01:08:01on déjoue...
01:08:02Enfin, on,
01:08:02ce n'est pas moi.
01:08:03Non, mais je...
01:08:04Les services d'enquête.
01:08:05On comprend que
01:08:07régulièrement sont déjoués
01:08:10des projets d'attentats.
01:08:11D'accord ?
01:08:11Tous les jours.
01:08:12Mais là, vous voyez,
01:08:13en ce moment-là,
01:08:14j'ai circulé dans Paris ce matin
01:08:15pour aller à la course,
01:08:17etc.,
01:08:17pour venir ici.
01:08:19On voit bien que Paris est tendue.
01:08:20Paris est la région parisienne.
01:08:22Étendue.
01:08:23Donc, oui,
01:08:24il faut faire des...
01:08:26Enfin,
01:08:28j'ai peur.
01:08:31Les prochains attentats,
01:08:32oui, j'ai peur.
01:08:33Voilà.
01:08:34C'est clair, c'est dit.
01:08:35On n'a jamais...
01:08:37On sait que la menace
01:08:37est de plus en plus présente.
01:08:40Elle est encore là.
01:08:41On ne peut rien y faire.
01:08:42Donc, en revanche,
01:08:44ces leçons qu'on a tirées
01:08:46du 13 novembre,
01:08:47oui, je veux qu'elles servent
01:08:48à la collectivité,
01:08:49à la nation,
01:08:50et y compris sur le plan psychologique.
01:08:53Et c'est tous les travaux
01:08:54qui sont menés actuellement
01:08:55par le Centre national de ressources
01:08:58et résilience
01:08:58qui a été créé
01:08:59et qui s'occupe du psychotrauma
01:09:01avec le professeur Bobet
01:09:02et Guillaume Veva.
01:09:05Ça, c'est important.
01:09:07Toutes ces...
01:09:08Voilà.
01:09:08Il y a les blessures visibles
01:09:10et il y a les blessures invisibles.
01:09:12Mais même sur les blessures physiques,
01:09:13on a travaillé tous les services
01:09:15et il faut bien...
01:09:17Alors, on ne sauvera pas
01:09:17toutes les vies,
01:09:18mais je peux vous garantir
01:09:19que si ça devait arriver,
01:09:21j'espère, surtout pas...
01:09:22On continuera.
01:09:22Non, mais on fera...
01:09:23On gagnera la guerre du temps.
01:09:25Enfin, voilà.
01:09:26On ira plus vite
01:09:26dans l'évacuation
01:09:27que ce qu'on a fait en 2015.
01:09:29Merci à tous
01:09:29d'être venus avec nous.
01:09:31J'aimerais aborder avec vous
01:09:31un dernier volet
01:09:32de ce chapitre douloureux
01:09:33avec les orphelins
01:09:34du 13 novembre.
01:09:35Ils sont 72 enfants
01:09:36à avoir perdu un parent
01:09:37pendant et après
01:09:39les attentats du 13 novembre.
01:09:40Une série documentaire
01:09:41leur donne la parole aussi
01:09:42et à tous ceux
01:09:43qui les ont accompagnés,
01:09:44la traversée du traumatisme,
01:09:45du deuil,
01:09:46de la vie d'après,
01:09:47de la reconstruction
01:09:48après ces destins brisés,
01:09:49les orphelins du 13 novembre.
01:09:51C'est une série réalisée
01:09:52par Yves Pulici,
01:09:53Léa Bertrand,
01:09:54Charlotte Lesage,
01:09:55Yannis Choutier
01:09:56et Jean-Baptiste Perra.
01:09:57Écoutez.
01:09:58Je dis un méchant
01:09:59a tué papa.
01:10:00Quand votre fils
01:10:01de 2 ans
01:10:02il vous demande
01:10:04à quoi ressemble une balle
01:10:05et comment elle traverse la peau
01:10:06à 2 ans et demi,
01:10:09ça fait bizarre
01:10:10quand même
01:10:10d'avoir ce genre de demande.
01:10:12Ton papa est un peu bouleversé,
01:10:13ton papa ne dort pas très bien,
01:10:15ton papa si, etc.
01:10:16Personne ne se doutait
01:10:17jusqu'au dernier jour
01:10:19qu'il allait mettre fin à séjour.
01:10:21Moi ça m'a permis
01:10:22de l'aimer
01:10:22et que je ne l'aurais jamais aimé
01:10:23autant s'il n'avait pas traversé ça.
01:10:25Donc d'une certaine manière
01:10:25j'aime autant le Bataclan
01:10:27que je veux le fuir.
01:10:28Merci à tous
01:10:29de nous avoir suivis.
01:10:30N'oubliez pas
01:10:30le documentaire
01:10:31de Maxime Brunchteter
01:10:32ce soir à 20h50.
01:10:33Avec Jérémy Paire,
01:10:35Alexandre Funnel
01:10:35et toute l'équipe
01:10:37de Ligne Rouge.
01:10:37On se retrouve dimanche prochain
01:10:38Dominique à 13h.
01:10:39Et pour prolonger
01:10:40l'information qu'on vous donnait
01:10:41dans le dossier
01:10:42Émile et le retour
01:10:43des grands-parents
01:10:44hier au Vernex,
01:10:45on vous propose
01:10:45un long format
01:10:46dans quelques instants.
01:10:47Restez avec nous.
01:10:48Émile,
01:10:48la piste criminelle
01:10:49ne bougez pas.
01:10:49Sous-titrage Société Radio-Canada
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