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  • il y a 4 mois
Chaque week-end, Affaire suivante, avec plusieurs consultants police/justice BFMTV, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.

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Transcription
00:00Il appartient à la catégorie des cold case, des affaires non élucidées en français.
00:04L'affaire de la disparition de Tatiana Andujar, introuvable depuis 30 ans.
00:10La lycéenne, alors âgée de 17 ans, s'était volatilisée le 24 septembre 1995
00:16dans le quartier de la gare de Perpignan.
00:19Première disparition d'une série en l'espace de quelques années dans ce secteur.
00:24Mais à la différence des autres jeunes femmes assassinées,
00:27Tatiana Andujar, elle n'a jamais été retrouvée.
00:31Bonjour Marie-Josée Garcia.
00:33Merci d'être avec nous aujourd'hui dans Affaires suivantes.
00:36Vous êtes la maire de Tatiana.
00:38Si l'on vous reçoit aujourd'hui en compagnie de votre avocat, maître Philippe Capsier.
00:42Bonjour maître.
00:43Bonjour.
00:44C'est parce qu'un nouvel appel à témoins a été lancé cette semaine par la gendarmerie
00:48en lien avec le pôle cold case de Nanterre qui a repris le dossier, voilà trois ans.
00:53D'abord, madame Garcia, comment avez-vous accueilli cette annonce, cet appel, ce nouvel appel à témoins ?
01:02Écoutez, c'est très important.
01:06C'est très important parce que je pense qu'effectivement, il y a même 30 ans après,
01:11peut-être des gens qui ne disent pas tout.
01:12Parce que vous dites 30 ans après, cette semaine, ça a fait donc 30 ans jour pour jour que votre fille s'est volatilisée.
01:22J'imagine qu'en 30 ans, on passe par plein de phases différentes psychologiquement face à l'absente.
01:29Mais une mère ne perd, j'imagine, jamais espoir.
01:34Non, je ne peux pas perdre espoir, en fait, de faire voir ce qui est devenu ma fille, c'est impossible.
01:41Il faut qu'on avance et la seule façon d'avancer, c'est de garder espoir, qu'on sache un jour la vérité.
01:48Cet appel à témoins, c'est vraiment une source d'espoir ?
01:51L'espoir d'une avancée, de l'enquête, d'un rebondissement, d'explications, d'éléments ?
02:00Dites-nous, quel est votre état d'esprit, justement, aujourd'hui ?
02:02Oui, cet appel à témoins, c'est très important parce qu'il y a certainement des gens qui, peut-être, n'ont pas tout dit
02:09parce que, peut-être, ils pensaient que ce n'était pas nécessaire ou que ce n'était pas important.
02:15En fait, on se rend compte, il y a les réseaux sociaux, qu'il y a encore des gens qui disent des choses qu'ils n'avaient pas dit à l'époque.
02:21Donc, oui, c'est très important, cet appel à témoins.
02:24Et je compte beaucoup sur les différents témoignages qui pourraient intervenir.
02:30Maître Capsier, je rappelle que vous êtes l'avocat de la famille de Tatiana.
02:34Intéressant ce que dit votre cliente à l'instant, faisant notamment référence aux réseaux sociaux.
02:40Il y a 30 ans, il n'y avait pas toute la technologie qu'il y a aujourd'hui, à commencer par les téléphones portables.
02:45Vous diriez que ce nouvel appel à témoins représente potentiellement un tournant,
02:50qu'il permet de nouveaux moyens d'enquête ?
02:52Parce qu'on rappelle qu'à la section de recherche de Montpellier, un gendarme travaille à plein temps sur ce dossier.
02:59Sur cet appel à témoins, il y a des avis partagés.
03:03Des esprits plus pessimistes y verraient peut-être la marque d'un échec.
03:08On ne fait pas partie de cela.
03:11Notre état d'esprit à nous, c'est d'y voir là, au contraire, d'abord peut-être un élément de communication.
03:16Le pôle de Nanterre et la section de recherche de Montpellier communiquent sur ce dossier.
03:21Donc pour nous, c'est important.
03:23Ils ont peut-être aussi évidemment l'idée de réveiller le souvenir chez quelqu'un
03:28qui pourrait être déterminant dans l'évolution de cette enquête.
03:32Et puis peut-être, on ne peut pas l'exclure, il y a peut-être derrière cet appel à témoins
03:36une stratégie d'enquête qui peut-être permettrait ou pas de surveiller un suspect.
03:42Vous dites peut-être à plusieurs reprises.
03:44On vous a contacté, on vous a expliqué la gendarmerie, les raisons ?
03:51Non, mais comme on n'a pas beaucoup d'informations, ce n'est pas un reproche pour personne,
03:55on est obligé, nous, à notre niveau, d'être souvent dans l'interprétation à partir d'informations que l'on reçoit.
04:01Et donc c'est aujourd'hui l'interprétation que nous faisons de cet avis de recherche.
04:05Un élément de communication, c'est sûr.
04:07Un élément peut-être d'investigation pour confondre ou piéger une piste, peut-être.
04:14Nous, en tout cas, on est encore bordés d'optimisme et dans l'attente de résultats.
04:20Alors c'est vrai qu'en 2022, quand le Paul Colquès s'est saisi de ce dossier, un dossier de 30 ans,
04:27il a estimé, parce que c'est le critère du Paul Colquès quand il a pris les affaires,
04:33il a estimé qu'il y avait un espoir.
04:36Parce qu'ils ont estimé, les magistrats de Nanterre et les gendarmes,
04:39ils ont estimé que dans tout ce qui avait été fait, il y avait peut-être des pistes qu'il fallait encore creuser.
04:44Ça, c'est la bonne nouvelle.
04:46Parce que c'est vrai que Tatiana, elle se volatilise en 1995,
04:48c'est la première de quatre jeunes filles depuis la gare de Perpignan.
04:51Et alors le malheur pour la famille...
04:52Les disparus de la gare de Perpignan.
04:53Les disparus de la gare de Perpignan.
04:55Le malheur pour la famille, c'est que les trois autres affaires criminelles ont été résolues.
04:59C'est Jacques Rançon, un tueur en série épouvantable,
05:02qui a finalement été arrêté en 2014 grâce à son ADN,
05:05parce que deux des victimes, les corps avaient été retrouvés, il y avait de l'ADN.
05:09Et puis la quatrième, celle de 2001, Fatima Hydraou, son tueur a été avoué, a été arrêté.
05:17C'est quelqu'un de Perpignan, Marc Delpech, il s'appelle.
05:20Il a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle.
05:24Il a été libéré en 2022.
05:27Et c'est vrai qu'aujourd'hui, et c'est ça qui paraît important,
05:30il y a des nouveaux témoignages qui semblent établir
05:33qu'il y aurait pu avoir un lien entre Tatiana et lui en 1995.
05:39Qu'est-ce que vous en pensez, Maître ?
05:42Je ne sais pas si ma propre conviction intéresse à la fois l'opinion publique et le juge d'instruction.
05:50Effectivement, nous avons, nous, à notre niveau, à partir de notre analyse du dossier,
05:54établi un certain nombre de faisceaux d'indices
05:57qui nous a mené assez naturellement sur la piste de Marc Delpech,
06:01qui a été placée en garde à vue en suivant, en 2017,
06:04qui n'a pas donné davantage de résultats.
06:07Mais, nous, notre conviction aujourd'hui,
06:10ce n'est que la conviction d'une partie civile,
06:12c'est que c'est une piste et une hypothèse extrêmement sérieuse
06:16et, de mon point de vue, toujours d'actualité.
06:17Néanmoins, il y a des faits.
06:20Et je vous propose qu'on se raccroche à ces faits pour ensuite essayer d'émettre des hypothèses.
06:26Marc Delpech, lorsqu'il tue Fatima et Draoult en 2001,
06:30il y a ensuite des perquisitions, chez lui, entre autres.
06:33Chez lui, les enquêteurs découvrent alors les épreuves d'un roman intitulé Tatiana,
06:39qui raconte la disparition d'une jeune fille près de la gare de Perpignan.
06:42Delpech évoque alors simplement un intérêt pour cette affaire.
06:49Problème, a priori, cette piste qui relie Delpech à Tatiana n'a pas été creusée,
06:53en tout cas pas plus que cela.
06:54Et puis, il y a un autre élément troublant.
06:57Le père de Tatiana avait entendu parler de Delpech avant la disparition de Tatiana,
07:02quelques jours avant, me semble-t-il.
07:03Il cherchait alors du travail.
07:04Tatiana lui avait parlé d'une connaissance qui pouvait peut-être lui proposer un boulot.
07:08« Cette personne s'appelait Marc Delpech ».
07:12Ça fait beaucoup, non ?
07:16Ça fait beaucoup et ça faisait en tout cas suffisamment pour caractériser
07:21ces fameuses raisons plausibles de le replacer en garde à vue en 2017.
07:25Ça n'a pas fait suffisamment d'éléments pour le mettre en examen,
07:30puisqu'on a considéré qu'il n'existait pas alors à ce moment-là d'indice grave
07:33ou concordant justifiant qu'il soit présenté en suivant un juge d'instruction.
07:37C'est pour ça que la piste Delpech s'est arrêtée en 2017.
07:41Sachant qu'il a purgé sa peine pour le meurtre de Fatima Hedraou.
07:44Il n'est plus en prison.
07:46Il est remis en liberté, effectivement.
07:47Il a exécuté l'intégralité de sa peine criminelle
07:50et est remis en liberté depuis, je crois, mars 2023.
07:54Nous sommes également avec Général François Daoust.
07:57Bonjour, bienvenue.
07:58Vous êtes l'ancien directeur de l'IRCGN,
07:59l'Institut de Recherche Criminel de la Gendarmerie Nationale
08:02et du Pôle Judiciaire de la Gendarmerie.
08:03Vous êtes aussi professeur de sciences criminelles à l'université de Sergi-Pontoise.
08:07Comment on fait évoluer une enquête en l'espèce entre 1995 et 2025 ?
08:16Comment travaillent aujourd'hui les enquêteurs ?
08:18Comment ne pouvaient-ils pas le faire il y a 30 ans ?
08:20Alors, il y a ce qu'on appelle l'effet tunnel.
08:23Les premiers enquêteurs sont partis billes en tête
08:26sur plusieurs hypothèses qu'ils ont développées, qu'ils ont travaillées.
08:29Et à une période, en plus, où il y avait un tueur en série,
08:34le tueur de la gare de Pignan, on en a parlé tout à l'heure, Rançon.
08:38Et ils ont ressorti le dossier de Tatiana pour voir si ça pouvait coller.
08:42Mais ça ne pouvait pas coller.
08:44Rançon, à ce moment-là, il était en prison.
08:47Donc, il purgeait une peine pour 8 ans de réclusion criminelle
08:50dans une autre affaire, donc écarté.
08:52Ce qui fait qu'on revient à, point d'interrogation,
08:55est-ce qu'il y avait d'autres tueurs dans la région ?
08:58Une petite hypothèse qui a été très vite mise de côté,
09:03pas forcément approfondie.
09:04Patrice Allègre, Toulouse, Paris, Amiens,
09:08parce qu'il était voyageur.
09:10Elle part de Matabiau, qui est la gare de Toulouse,
09:13pour aller à Parpignan.
09:15Mais ça n'a rien à accrocher.
09:18Et on en revient à ce Delpêche,
09:21mais à l'époque, il n'y avait pas autant d'éléments que maintenant.
09:26Et c'est surtout, c'est pour ça que ça a décidé le pôle de Nanterre,
09:33un autre regard.
09:34Et pour éviter de repartir sur les mêmes façons de penser, etc.,
09:40la juge d'instruction a décidé de saisir non plus la police judiciaire,
09:44mais la section de recherche de Montpellier.
09:47C'est pas que la police judiciaire était incapable de travailler,
09:50loin de là, ils ont fait le travail qu'il y avait à faire,
09:52mais pour éviter cette pensée unique
09:54et se raccrocher aux mêmes indices.
09:56– Sous-titrage Société Radio-Canada –
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