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  • il y a 5 semaines
Chaque week-end, l’émission pilotée par François Gapihan avec à ses côtés Laurent Valdiguié, consultant police/justice BFMTV, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.

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00:08Voilà deux ans et demi que l'affaire Emile a débuté.
00:14Aujourd'hui, l'enquête n'est pas au point.
00:16Mort, elle avance, d'après le procureur de la République d'Aix-en-Provence.
00:19Pour preuve, ces éléments qui émergent régulièrement, ce fut le cas encore cette semaine.
00:23On en parle dans un instant, mais d'abord, le rappel des faits,
00:26les grandes dates de cette affaire par Pierre-Louis Bousset.
00:30Dès le lendemain de la disparition d'Emile Soleil, le 8 juillet 2023,
00:34des dizaines de personnes affluent au Auvergne avec un espoir.
00:37Retrouvez le petit garçon de deux ans et demi.
00:40Regardez autour de vous pour voir si vous ne voyez pas,
00:44soit des traces dans les champs de blé, soit un t-shirt, quelque chose qui ressort.
00:49De toute façon, il faut regarder, chercher dans les recoins.
00:53Mais leurs efforts et leur bonne volonté ne suffisent pas.
00:55Emile Soleil, qui avait échappé à la vigilance de ses grands-parents la veille,
00:59demeurent introuvables.
01:01Comment un si jeune garçon aurait-il pu s'aventurer aussi loin dans ses reliefs alpins ?
01:05Des mois durant, les actes d'enquête se multiplient pour essayer d'établir la vérité.
01:10Puis le 30 mars 2024, le crâne du jeune Emile est retrouvé,
01:14à moins de 2 km du domicile des grands-parents.
01:17Une découverte inattendue, faite par une promeneuse.
01:20Je prends l'initiative de le ramasser avec les fameux sacs plastiques,
01:25parce que dans ma tête, il me dit qu'il ne faut pas qu'il y ait d'empreintes.
01:27Méticuleusement, je l'enveloppe.
01:30Un an plus tard, le 25 mars 2025, 4 membres de la famille d'Emile Soleil sont entendus par les autorités.
01:36Ses grands-parents maternels, ainsi qu'un oncle et une tante.
01:39Tous en garde à vue pour homicide involontaire et recel de cadavres.
01:43Ils sont finalement relâchés sans poursuite, 2 jours plus tard.
01:46Dans la foulée, le procureur d'Aix-en-Provence partage les dernières découvertes de l'enquête.
01:51Les conclusions de ces expertises permettent de considérer l'hypothèse que le corps n'est pas demeuré au même endroit
01:57au cours du processus de décomposition et qu'il n'a pas été enfoui.
02:01Et enfin de caractériser la présence sur le crâne découvert de stigmates anatomiques,
02:06évocateurs d'un traumatisme facial violent.
02:09L'expertise a également révélé une lésion liée à un coup volontaire,
02:12potentiellement à l'aide d'un objet sur le crâne d'Emile.
02:15Une découverte qui nourrit l'hypothèse de l'intervention d'un tiers dans la mort du garçonnet.
02:20Les grands-parents d'Emile sont depuis retournés au Auvernais.
02:23Le 9 décembre, ils ont également été à nouveau entendus par les autorités,
02:26tout comme l'oncle et la tante d'Emile.
02:28Mais cette fois-ci, en qualité de partie civile.
02:32Bonjour cher Laurent, Vanuier, avec moi pour co-animer cette émission.
02:36Je présente nos invités.
02:37Bonjour maître Julien Pinelli.
02:38Merci d'avoir accepté notre invitation en cette mi-journée dans l'affaire suivante.
02:43Vous êtes l'avocat d'Anne Védovini, la grand-mère maternelle d'Emile.
02:48A vos côtés Jean-Alphonse Richard, bonjour.
02:49Bonjour.
02:50Journaliste, présentateur de l'heure du crime sur RTL.
02:53Bienvenue.
02:53Avec nous également Boris Kerlamov, bien sûr journaliste politique de justice de BFM TV,
02:57qui connaît très bien l'affaire Emile.
02:59Vous êtes à de nombreuses, très nombreuses reprises rendues, Boris au Auvernais.
03:02Et Valentin Doyen, lui aussi journaliste spécialiste de l'affaire Emile, avec nous à distance.
03:08Bienvenue à tous les quatre.
03:10D'abord peut-être pour celles et ceux qui n'auraient pas suivi les derniers développements de l'affaire Emile,
03:15cette semaine, en cette fin de semaine même Boris,
03:18arrêtons-nous sur une expertise scientifique portant sur le crâne.
03:23Absolument, puisque dans cette affaire, vous le savez, il y a plusieurs expertises à la fois
03:26qui sont menées à l'IRCGN, l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale à Pontoise,
03:29mais également des expertises qui sont menées cette fois-ci dans un laboratoire privé,
03:33à savoir celui du professeur d'Outre-Mepuche.
03:36Il y a un rapport d'expertise qui est dans le dossier depuis le début de cette année 2025.
03:41Et cette expertise, qui portait sur la boîte crânienne du petit garçon,
03:46a bien révélé une lésion située à côté du zygomatique.
03:51Vous le savez, c'est ce petit os qui est situé en haut de la pommette.
03:55Et selon ce rapport anthropologique qui a été rendu début 2025,
03:59cette lésion écarte la possibilité d'un choc avec un véhicule,
04:04d'une intervention animale ou encore de la chute accidentelle du petit garçon.
04:09À ce salle, il y a eu l'hypothèse privilégiée par l'expert
04:12et que cette lésion a été consécutive à un coup volontaire porté potentiellement
04:18avec un objet, avec une difficulté pour le médecin légiste,
04:21puisqu'il sera difficile de savoir si, oui ou non, ce coup était bel et bien volontaire.
04:26Ce rapport, il était donc dans le dossier depuis 2025.
04:29Il a été complété par ailleurs.
04:31Le complément d'expertise n'a pas contredit les premiers résultats.
04:36Souvenez-vous ce que disait le procureur Jean-Luc Blachon au mois de mars dernier
04:38à l'occasion d'une conférence de presse qui était consécutive aux trois gardes à vue à Marseille.
04:43Il y avait donc l'affirmation aujourd'hui que l'intervention d'un tiers
04:48était donc jugé très probable dans la disparition d'Emile avec un traumatisme violent
04:52sur le visage du petit garçon.
04:55Donc c'est une donnée qui n'est pas nouvelle mais qui a été portée à notre connaissance ces derniers jours.
04:59Julien Pinelli, je rappelle que vous êtes donc l'avocat de la grand-mère maternelle d'Emile
05:04qui, comme son mari notamment, avait été placé en garde à vue juste avant le printemps.
05:09Ils ont été auditionnés par les juges d'instruction il y a quelques jours en qualité de partie civile.
05:14Soyons clairs maître, les questions que vous et votre cliente vous posez aujourd'hui c'est
05:18qui a tué Emile et pourquoi en fait ?
05:22On en est là, l'enquête avance un petit peu à chaque fois ?
05:26Naturellement, c'est avec des sentiments extrêmement douloureux
05:29que ma cliente prend connaissance page après page des éléments que nous livre l'enquête.
05:35Chacun peut le comprendre parce que ces éléments déjà livrent des détails extrêmement difficiles
05:40pour cette grand-mère endeuillée, chacun peut le comprendre.
05:42et décrivent ce qu'ont pu être les derniers instants de son petit-fils.
05:49Néanmoins, et presque paradoxalement, la prise de connaissance de ces éléments
05:53est également porteuse d'espoir pour ma cliente parce que cela lui permet,
05:57et c'est un petit peu le prix finalement de la vérité,
06:00passer ce trouble, passer ses difficultés.
06:02Il faut faire preuve de beaucoup de lucidité pour elle pour finalement prendre ce qu'il y a à prendre
06:06dans ces éléments, à savoir des résultats d'enquête.
06:09Celle-ci avance, celle-ci est conduite jour après jour.
06:12Mais pour vous, le coup volontaire ne fait plus de doute ?
06:15Écoutez, c'est un petit peu délicat pour moi parce que vous avez, vous, toute liberté pour évoquer
06:19certains éléments issus de rapports que je ne peux pas, moi, évoquer devant vous
06:23en raison du secret de l'instruction auquel je suis soumis.
06:26Néanmoins, je m'en remets un petit peu à une autorité qui, elle, a le droit d'évoquer ses points,
06:30qui est le parquet d'Aix-en-Provence.
06:32M. le procureur Blachon avait fait état, notamment à l'époque de la garde à vue,
06:36d'une partie des éléments issus de ce rapport dont vous avez donné non-connaissance,
06:39mais quelques éléments.
06:40Il s'agit d'une option choisie par les différents experts.
06:45Nous avons affaire à des experts qui, et c'est leur fonction première,
06:48sont raisonnés et prudents.
06:51Et dans leur prudence, ils évoquent des options, un éventail d'éléments
06:56qui pourrait peut-être être la cause effective du décès du petit Émile.
07:00On a quand même le sentiment que les portes se ferment les unes après les autres.
07:03Naturellement.
07:03Après deux ans et demi d'enquête.
07:04Et tant mieux.
07:06C'est aussi le mérite de cette enquête que d'apporter à chaque palier, finalement, une vérité nouvelle.
07:10Ce n'est pas aussi certain aujourd'hui.
07:12Ce que les enquêteurs posent, en tout cas, c'est que le petit Émile est donc décédé
07:16assez rapidement dans un trou de 7 à 10 minutes qui suive sa disparition,
07:22entre 17h15 et 18h12, le moment où la famille va appeler les gendarmes.
07:27Dans cet intervalle de temps, on ne sait pas qui, mais ils ne sont que 17 dans le hameau,
07:33dont une dizaine de la famille d'Émile.
07:35Et ensuite, la personne qui l'aurait donc entreposée, manifestement qui l'aurait entreposée
07:41alors que tout le village était en effervescence à ce moment-là, dans ces journées de juillet,
07:46cette personne-là aurait pris sur elle de laisser, c'est assez morbide,
07:52décomposer cet enfant quelque part pendant huit mois.
07:56Et ensuite, et c'est là que c'est intéressant, parce que si ça avait été un rôdeur de passage,
08:01une fois qu'il n'y restait d'Émile qu'une boîte à chaussures d'ossements,
08:06on peut imaginer que le rôdeur de passage, c'est ça qui intrigue beaucoup les enquêteurs,
08:10que le rôdeur de passage se soit débarrassé de ces ossements que personne n'aurait jamais retrouvé.
08:14Mais là, la personne qui a fait ça, elle a voulu rendre Émile.
08:19D'une certaine façon, vous savez, sa maman, elle a dit à deux reprises pendant cet intervalle,
08:24« Rendez-le-nous, qui que vous soyez, pour que nous puissions l'enterrer. »
08:28Donc ça, c'est vrai que ça interpelle, et c'est pour ça que ça fait partie des éléments
08:32qui ont conduit les enquêteurs à soupçonner quelqu'un de la famille.
08:36C'est tout à fait logique, nous l'avons toujours dit, d'ailleurs, dans le cadre de cette procédure,
08:39et dès le placement en garde à vue de ma cliente, de son époux et de deux de leurs enfants,
08:42nous comprenions parfaitement que cela était une étape nécessaire à la conduite de l'enquête,
08:47parce que, vous l'avez rappelé à l'instant, la configuration des lieux, la démographie des lieux
08:50faisaient que des regards devaient se porter nécessairement sur ce groupe familial.
08:55Ils l'ont parfaitement admis, et là encore, même si c'était quelque chose d'extrêmement douloureux
08:59pour une grand-mère, celle que j'assise, de se retrouver mise en cause dans cette procédure,
09:03elle l'a parfaitement compris.
09:05C'est l'une des pistes.
09:06On a vu que la famille faisait une contre-enquête.
09:08On vous a vu dans le village, avec la famille, reprendre des photos, essayer de faire des repérages.
09:13Est-ce que vous avez d'autres hypothèses, vous, qui ne sont pas au dossier ?
09:17Il ne s'agit pas d'une contre-enquête, nous l'avions indiqué également.
09:19Il ne s'agit pas d'un mécanisme de défiance à l'égard du travail des enquêteurs
09:22qui ont accompli jusqu'à présent un travail admirable, et chacun l'admet totalement,
09:26mais simplement d'apporter un complément, le nôtre.
09:28Parce que, vous l'avez rappelé, la famille connaît les lieux.
09:31La famille, naturellement touchée, au-delà de tout, par ce drame,
09:36est en mesure aussi, peut-être, par sa connaissance, d'apporter quelques éléments de réponse.
09:40Et les relevés que nous avons faits portaient en réalité sur quoi ?
09:43Nous avions le dossier, cela nous permettait de cibler un petit peu les lieux
09:47qui avaient donné lieu à des investigations,
09:49de nous demander si ces investigations avaient été complètes,
09:52si d'autres lieux, peut-être, méritaient d'autres investigations.
09:55Quelques relevés de cette nature, nous avons travaillé la journée, en réalité,
09:58sur ce terrain, enfin, sur ces deux lieux, finalement,
10:02le lieu du domicile et puis les alentours.
10:05Et nous nous apprêtons pour janvier, je pense, en tout cas,
10:08à déposer auprès de la juge d'instruction en charge du dossier
10:11une série de demandes complémentaires.
10:13On va y revenir, mais Jean-Alphonse Richard,
10:15on a beaucoup entendu cette expression,
10:17en deux ans et demi d'affaires, d'enquêtes,
10:21ce village du Auvergne qui serait sous cloche.
10:24On a l'impression d'une affaire sous cloche,
10:27d'un très épais mystère recouvrant cette affaire, Émile.
10:32Même si l'enquête avance, petit à petit.
10:34Oui, mais c'est ça qui est intéressant.
10:36Laurent Valguier rappelait, il y a un instant,
10:38le nombre de personnes qui sont dans ce hameu à ce moment-là.
10:41C'est vrai qu'on est dans un huis clos, quasiment.
10:43On est dans un huis clos, c'est tout petit.
10:45Alors, il y a plusieurs choses qui sont très intéressantes.
10:47Parce que là, il faut revenir quand même un petit peu au dossier.
10:49Il y a la symbolique, évidemment, de la remise du crâne, etc.
10:53Moi, je crois beaucoup à ça.
10:55Il y a le timing.
10:56Le timing, il est très important.
10:59C'est-à-dire ?
11:00Un timing, la dernière fois qu'Émile quitte la maison,
11:04le fait qu'on voit passer le grand-père,
11:06et puis un oncle et une tante ensuite à sa recherche
11:09dans les cinq minutes qui suivent.
11:11Et ensuite, la gendarmerie qui est appelée à 18h12.
11:15On est entre 17h30 et 18h12.
11:17Donc, ça va très, très vite.
11:19Dans ce laps de temps, il faut à la fois avoir un geste maladroit
11:23ou quelqu'un qui est passé par là pour prendre le petit garçon,
11:27le cacher, etc.
11:28Donc, est-ce que ce timing est vrai ?
11:30On peut se poser la question.
11:32Est-ce qu'il est exact ?
11:33On peut se poser la question.
11:34Ensuite, il y a autre chose.
11:35C'est qu'Émile, on sait qu'il descend jusqu'à la brevoire,
11:38à peu près à cette hauteur du village.
11:41Et là, il y a quelque chose qui est étonnant,
11:42c'est que les chiens s'arrêtent.
11:47Un chien qui s'arrête, ça on le sait,
11:50un chien qui s'arrête, ce n'est pas un problème.
11:52Deux, trois, quatre, cinq chiens qui ont cherché et qui s'arrêtent,
11:56ça devient vraiment un problème.
11:57Ça veut dire que c'est à ce lieu stratégique
11:59que le petit garçon a été enlevé.
12:03Tout à fait, Jean-Alphonse.
12:04D'ailleurs, les gendarmes n'ont jamais cru au fait qu'il se soit perdu tout seul en forêt.
12:08Ce n'aurait pas été possible que tous les Saint-Hubert ne marquent pas.
12:12En plus, un petit garçon, il a des couches,
12:14il déposerait des odeurs olfactiles.
12:18Tous ces chiens l'auraient suivi.
12:19Je propose qu'on rejoigne Valentin Doyen.
12:21Valentin, vous n'avez cessé de vous rendre au Vernais.
12:25Vous êtes journaliste, vous connaissez parfaitement l'affaire Émile.
12:28Vous n'avez cessé d'y retourner au Vernais en l'espace de deux ans et demi.
12:33C'est un des éléments marquants, en effet, de cette affaire.
12:36La dimension géographique du mystère, tout est extrêmement restreint.
12:43Oui, c'est petit.
12:44Vous avez raison de le dire, c'est petit,
12:46mais j'entends régulièrement que c'est un cul-de-sac.
12:47Ça, c'est faux.
12:48Ça fait partie des fake news qui sont régulièrement données.
12:51C'est un cul-de-sac.
12:52Non, le Vernais, ce n'est pas un cul-de-sac.
12:54Il y a au moins trois, voire quatre chemins pour y accéder.
12:56Il y a un chemin principal.
12:57Vous et moi, si on va au Vernais, on va mettre le GPS
12:59et on va s'y rendre par la route départementale
13:03qui relie le Bas-Vernay au Vernais.
13:04Sauf qu'il y a des pistes agricoles qui sont empruntées
13:06par des agriculteurs, par des champignonneurs,
13:09par des randonneurs, par des personnes qui ont des quads,
13:10par des personnes qui ont des 4x4
13:13et qui peuvent allègrement rejoindre ce hameau.
13:17Donc oui, c'est petit,
13:19mais il faut, moi je pense,
13:22avancer avec beaucoup de prudence.
13:23Il faut surtout se baser sur ce que dit la seule autorité compétente
13:28dans ce dossier, le procureur Jean-Luc Blachon,
13:31qui ne s'est, depuis le départ de cette affaire,
13:34exprimé que trois fois.
13:35Trois fois.
13:36Il y a eu deux communiqués de presse,
13:38enfin quatre fois, deux communiqués de presse
13:39et deux prises de position
13:42avec le patron de la section de recherche à l'époque
13:44qui était à ses côtés.
13:46Il y a beaucoup de choses qu'on imagine dans ce dossier
13:50et qui sont fausses.
13:51Maître Pineli, qui est sur le plateau,
13:52ne dira pas le contraire,
13:52ne lui peut pas rentrer dans le détail
13:54parce que c'est couvert par le secret de l'instruction.
13:56Je vais vous prendre un exemple.
13:5817 personnes dans le hameau.
13:59Ça, c'est faux.
14:0017 personnes étaient convoquées à la mise en situation
14:02du 28 mars 2024.
14:04Or, au moment où Émile disparaît,
14:06il y a bien plus de personnes que cela
14:08qui sont dans le hameau du Auvergne.
14:10Il y a des personnes qui étaient dans le hameau
14:11qui n'ont pas été convoquées à la mise en situation.
14:13Pour autant, elles ont intéressé les enquêteurs.
14:16Ça, ça fait partie un peu des légendes
14:19qui sont écrites parfois dans les articles de presse,
14:21qui ne sont pas toujours vérifiées,
14:23qui sont données comme ça.
14:23Mais jamais le procureur Blachon n'a dit
14:25que 6 solutions il y avait.
14:27Elle était parmi les 17 personnes.
14:29Je vais vous prendre l'autre exemple de cette semaine.
14:31Cette semaine, il y a cette information
14:33qui est révélée sur le zygomatique.
14:35C'est une information qui n'était pas connue
14:37du grand public et de la plupart des journalistes.
14:39C'est vrai.
14:39Or, les enquêteurs ont en leur possession
14:42cette donnée scientifique
14:43depuis fin 2024, début 2025.
14:45Ça veut donc dire que quand les 4 personnes,
14:48membres de la famille des 1000,
14:49sont mises en garde à vue,
14:50les enquêteurs ont déjà cette donnée.
14:52Ça veut donc dire que même si cette donnée est importante,
14:55elle ne paraît pas pour l'instant suffisante
14:57pour incriminer.
14:59Et aux yeux de la justice,
14:59elle n'est pas suffisante pour poursuivre,
15:02pour mettre en examen.
15:04Mais alors ?
15:05Ça, c'est tout à fait logique.
15:06Pourquoi ?
15:07Parce que le professeur en question,
15:09qui n'est pas le professeur d'Outre-Meupuiche,
15:11je tiens à le dire,
15:12mais le professeur en question,
15:13qui trouve ce traumatisme facial important,
15:16il est factuel.
15:17Il a trouvé ce coup au niveau des égomatiques.
15:19Et après, il émet des hypothèses.
15:21Et moi, je peux vous dire qu'à l'heure où l'on se parle,
15:23il n'y a qu'une seule hypothèse
15:24qui est rayée de la carte par ce professeur.
15:26Je ne vais pas rentrer dans le détail là encore,
15:28parce que c'est couvert par le secret de l'instruction
15:30et ça n'a pas vocation à être commenté.
15:31Ça pourrait entraver la manifestation de la vérité.
15:34Mais si la probabilité qu'Émile a reçu un coup
15:38par la main d'un homme ou d'une femme
15:39avec un objet existe,
15:41il y a d'autres hypothèses sur la table.
15:43C'est bien pour ça que c'est très compliqué.
15:46Justement.
15:46Et bien plus compliqué qu'un article de presse
15:48ou des commentaires,
15:49bien plus compliqué que ça pour les enquêteurs
15:51et pour le magistrat de poursuivre leur tâche.
15:54Je vais vous donner, tenez une information.
15:55Mais alors attendez Valentin,
15:56parce que ce que vous dites,
15:56et vous avez raison de le rappeler.
15:58C'est de nouveau rendu sur site
15:59pour prélever un objet assez volumineux.
16:01Je ne peux pas dire lequel
16:02parce que je n'en ai pas le droit,
16:04mais ils continuent à travailler.
16:05Ça veut donc dire qu'il y a plusieurs hypothèses sur la table.
16:07Et moi, je terminerai juste rapidement mon propos
16:08en citant trois personnes
16:10que j'ai régulièrement,
16:11très régulièrement dans ce dossier.
16:13Le procureur Blachon,
16:14qui m'a dit qu'il n'avait pas d'intime conviction
16:16qu'il cessait encore plusieurs portes ouvertes.
16:18C'est pas rien qu'il me dise ça quand même
16:20lorsque l'on a une discussion.
16:21Le général Bertelin,
16:22l'ancien patron de la section recherche de Marseille,
16:24aujourd'hui, il s'occupe des gendarmes
16:27dans le département de l'Oise.
16:28Il m'a dit, Valentin,
16:29du début à la fin,
16:29cette affaire restera laborieuse.
16:31Une enquête laborieuse.
16:33Et puis, je citerai son successeur,
16:35le colonel Olivier Leblanc,
16:36patron de la SR de Marseille.
16:38Je l'ai eu encore il n'y a pas longtemps au téléphone.
16:40Il m'a dit,
16:41cette affaire, elle est quand même compliquée.
16:42Il a géré Chevaline,
16:44qui est gérée en ce moment
16:45par le Paul Colquès de Nanterre.
16:46Donc, tant que des officiers de gendarmerie
16:49me disent que c'est très difficile,
16:50que c'est très compliqué.
16:52Je pense qu'il faut prendre un peu de recul
16:54sur la situation
16:54et se dire qu'il y a beaucoup d'hypothèses
16:56encore qui sont sur la table.
16:57Et miser sur l'avenir,
16:58Maître Pinelli,
16:59de nouvelles investigations,
17:00des actes nouveaux
17:01seront menés prochainement.
17:03C'est vous qui le dites.
17:04Quel type d'acte cela peut être ?
17:06C'est une réserve.
17:07J'indique simplement,
17:07et c'est mon droit en qualité de partie civile,
17:09que je vais soumettre au juge d'instruction
17:11une série de demandes d'actes.
17:13Une procédure, très simplement.
17:15On remet des demandes au magistrat
17:16et ensuite, il lui appartient...
17:18Il pourrait balayer d'un revers de main
17:19ces demandes ?
17:20Je n'en suis pas certain.
17:21Je pense même le contraire, en réalité.
17:23Qu'est-ce qui pourrait être mené, alors ?
17:24Je ne peux pas rentrer sur ce terrain.
17:26J'en suis vraiment navré.
17:27Des endroits qui n'ont pas encore
17:28été suffisamment fouillés ?
17:29Notamment.
17:30La contre-expertise,
17:31avec des guillemets
17:31que l'on a évoqués
17:32lorsque vous êtes retourné
17:33au Auvergne,
17:34avec les grands-parents maternels
17:35des mille,
17:36huit ou neuf mois
17:37après leur garde à vue,
17:39au début de l'automne,
17:40c'était notamment à des endroits
17:42qui, d'après vous,
17:43n'ont pas encore fait
17:44suffisamment l'objet
17:45des grands-parents de fonds.
17:46Tout à fait.
17:46Il y a notamment une série de lieux,
17:48alors qu'ils peuvent être
17:49notamment des terrains
17:50qui sont aux alentours
17:52du Haut-Vernay,
17:53qui, de notre point de vue,
17:54n'ont pas donné lieu
17:56à suffisamment d'investigations,
17:58des points précis
17:58que nous avons relevés.
18:00Cela fait partie, notamment,
18:01c'est un des aspects,
18:02en tout cas,
18:02de ces demandes.
18:02Ça paraît surprenant,
18:03mais c'est peut-être
18:03parce qu'on ne connaît pas bien
18:04les lieux,
18:06la géographie.
18:08Cela paraît surprenant.
18:08Ça paraît surprenant
18:08que tout n'ait pas été fouillé
18:10au peigne fin.
18:10Ça a déjà été admis
18:11à l'époque de la découverte
18:13du crâne du petit Émile.
18:14Et je crois que c'est
18:15une des limites aussi
18:15qu'il faut considérer,
18:16quel que soit le travail
18:17des hommes et des femmes
18:17qui se travaillent sur ce dossier,
18:19aucun d'entre eux
18:20n'a le sentiment
18:21d'être infaillible.
18:22Et il nous apparaît
18:22que certains lieux encore
18:23n'ont pas été investigués,
18:24sous réserve peut-être,
18:26des investigations
18:27qui se conduisent
18:28quasiment quotidiennement.
18:30Est-ce qu'il y a des gens,
18:30maîtres, des personnes
18:31qui, alors au-delà des 17
18:33qui étaient là
18:33le jour de la mise en situation,
18:35est-ce qu'il y a des gens
18:35qui n'ont pas été entendus
18:36à votre avis ?
18:37Nous estimons qu'en tout cas,
18:38certaines personnes
18:38ne l'ont pas été suffisamment.
18:40Qui, par exemple ?
18:42Vous m'autoriserez tout de même
18:43l'élémentaire courtoisie
18:44qui consiste à réserver
18:45au magistrat instructeur
18:46en charge du dossier
18:47les demandes qui lui seront
18:48soumises prochainement.
18:50Boris ?
18:51Oui, effectivement,
18:51il y a ces 17 personnes,
18:53il y a des personnes
18:53qui ont été entendues
18:54à plusieurs reprises,
18:56même récemment
18:57depuis la rentrée de septembre,
18:59des personnes qui ont fait
19:00l'objet de deux,
19:01de trois,
19:02de quatre auditions
19:03avec toujours les mêmes questions
19:04où étiez-vous
19:05à l'heure de la disparition
19:06du petit Émile
19:07et pendant les minutes
19:08qui s'en sont suivies
19:09jusqu'à l'appel
19:10à la gendarmerie.
19:12On va rappeler
19:13que dans cette affaire,
19:14il y a aussi des personnes
19:15qui ont été accusées
19:16à tort,
19:17notamment ce jeune agriculteur
19:19dont on soupçonnait
19:20le fait de rouler vite
19:21dans le village
19:22et qui a été entendu
19:24par les enquêteurs
19:26de la section de recherche
19:27de Marseille
19:28qui aujourd'hui encore
19:29est victime de calomnie
19:31et il y a du mal
19:32à supporter cette étape
19:33qui n'en est pas une finalement
19:34dans ce dossier
19:35puisqu'il a été relâché
19:36sans poursuite.
19:37Il n'y a pas eu de poursuite
19:38ni de mesure de garde à vue
19:39à son encontre.
19:40Donc voilà,
19:40il y a une sorte de traumatisme
19:41aussi qui s'est installé
19:42dans ce village
19:42où tout le monde
19:43soupçonne son voisin
19:44mais à l'heure où l'on se parle,
19:45deux ans et demi après,
19:46eh bien,
19:47aucune garde à vue
19:48n'a débouché
19:48sur une mise en examen.
19:49Merci Boris,
19:50merci Maître Pinelli
19:51d'avoir accepté
19:51l'invitation d'affaires suivantes
19:52aujourd'hui sur BFM TV.
19:54Merci.
19:55Merci.
19:55Merci.
19:56Merci.
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