- il y a 5 semaines
Chaque week-end, l’émission pilotée par Laurent Valdiguié, consultant police/justice BFMTV, et François Gapihan, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.
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00:00Générique
00:00Il est 13h30 et vous regardez Affaire suivante. Soyez les bienvenus si vous nous rejoignez.
00:16Sera-t-on un jour qui a tué Emile Soleil et pourquoi ?
00:20Deux ans et demi après le début de l'enquête, on s'arrête dans un instant sur plusieurs éléments apparus ou réapparus cette semaine
00:25qui vont dans le sens de l'hypothèse criminelle. L'avocat de la grand-mère maternelle, Emile, est avec nous pour en parler.
00:32Affaire suivante porte bien son nom aujourd'hui puisqu'un procès vient de s'achever.
00:36Il a abouti à la condamnation à la perpétuité du docteur Frédéric Péchier, présenté par l'accusation comme l'un des plus grands criminels de l'histoire.
00:44Il a empoisonné 30 patients, 12 sont morts. L'un des principaux avocats des parties civiles va nous raconter ce procès extraordinaire.
00:51On vous expliquera aussi les conditions de détention de Frédéric Péchier qui le sont tout autant.
00:56Et puis si vous pensiez tout savoir de l'affaire Grégory, détrompez-vous.
01:01On se penchera à partir de 14h sur les trois années qui précèdent le meurtre du petit garçon dont la famille a été harcelée jour et nuit,
01:08par téléphone, par courrier, physiquement aussi.
01:11Et puis via des canulars macabres, Ligne Rouge y consacre une enquête inédite à découvrir.
01:16Ce soir, vous entendrez tout à l'heure notamment la voix du ou des corbeaux.
01:21On ne le sait pas encore. Affaire suivante, c'est parti.
01:36Voilà deux ans et demi que l'affaire Émile a débuté.
01:38Aujourd'hui, l'enquête n'est pas au point.
01:41Morel avance, d'après le procureur de la République d'Aix-en-Provence, pour preuve ces éléments qui émergent régulièrement.
01:47Ce fut le cas encore cette semaine.
01:48On en parle dans un instant, mais d'abord, le rappel des faits, les grandes dates de cette affaire par Pierre-Louis Bousset.
01:53Dès le lendemain de la disparition d'Émile Soleil, le 8 juillet 2023, des dizaines de personnes affluent au Auvergne avec un espoir.
02:02Retrouvez le petit garçon de deux ans et demi.
02:05Regardez autour de vous pour voir si vous ne voyez pas soit des traces dans les champs de blé ou soit un t-shirt, quelque chose qui ressort.
02:14De toute façon, il faut regarder, chercher dans les recoins.
02:17Mais leurs efforts et leur bonne volonté ne suffisent pas.
02:20Émile Soleil, qui avait échappé à la vigilance de ses grands-parents la veille, demeure introuvable.
02:26Comment un si jeune garçon aurait-il pu s'aventurer aussi loin dans ses reliefs alpins ?
02:30Des mois durant, les actes d'enquête se multiplient pour essayer d'établir la vérité.
02:35Puis le 30 mars 2024, le crâne du jeune Émile est retrouvé, à moins de deux kilomètres du domicile des grands-parents.
02:42Une découverte inattendue, faite par une promeneuse.
02:45Je prends l'initiative de le ramasser avec les fameux sacs plastiques, parce que dans ma tête, je me dis qu'il ne faut pas qu'il y ait d'empreintes.
02:52Méticuleusement, je l'enveloppe.
02:55Un an plus tard, le 25 mars 2025, quatre membres de la famille d'Émile Soleil sont entendus par les autorités.
03:01Ses grands-parents maternels, ainsi qu'un oncle et une tante.
03:04Tous en gardent à vue pour homicide involontaire et recèlent de cadavres.
03:08Ils sont finalement relâchés sans poursuite, deux jours plus tard.
03:11Dans la foulée, le procureur d'Aix-en-Provence partage les dernières découvertes de l'enquête.
03:16Les conclusions de ces expertises permettent de considérer l'hypothèse que le corps n'est pas demeuré au même endroit au cours du processus de décomposition et qu'il n'a pas été enfoui.
03:26Et enfin de caractériser la présence sur le crâne découvert de stigmates anatomiques, évocateurs d'un traumatisme facial violent.
03:33L'expertise a également révélé une lésion liée à un coup volontaire, potentiellement à l'aide d'un objet sur le crâne d'Émile.
03:40Une découverte qui nourrit l'hypothèse de l'intervention d'un tiers dans la mort du garçonnet.
03:45Les grands-parents d'Émile sont depuis retournés au Auvergne.
03:48Le 9 décembre, ils ont également été à nouveau entendus par les autorités, tout comme l'oncle et la tante d'Émile.
03:53Mais cette fois-ci, en qualité de partie civile.
03:55– Bonjour cher Laurent, Vanuier, moi pour co-animer cette émission, je présente nos invités.
04:02Bonjour maître Julien Pinelli, merci d'avoir accepté notre invitation en cette mi-journée dans l'affaire suivante.
04:08Vous êtes l'avocat d'Anne Védovini, la grand-mère maternelle d'Émile.
04:12À vos côtés Jean-Alphonse Richard, bonjour.
04:14– Bonjour.
04:14– Journaliste, présentateur de l'heure du crime sur RTL, bienvenue.
04:18Avec nous également Boris Kerlamov, bien sûr journaliste politique de justice de BFM TV qui connaît très bien l'affaire Émile.
04:23Vous êtes à de nombreuses, très nombreuses reprises rendues Boris au Auvergnet.
04:28Et Valentin Doyen, lui aussi journaliste spécialiste de l'affaire Émile avec nous à distance.
04:33Bienvenue à tous les quatre.
04:35D'abord peut-être pour celles et ceux qui n'auraient pas suivi les derniers développements de l'affaire Émile,
04:39cette semaine, en cette fin de semaine même Boris,
04:43arrêtons-nous sur une expertise scientifique portant sur le crâne.
04:47– Absolument, puisque dans cette affaire, vous le savez, il y a plusieurs expertises à la fois
04:51qui sont menées à l'IRCGN, l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale à Pontoise,
04:54mais également des expertises qui sont menées cette fois-ci dans un laboratoire privé,
04:58à savoir celui du professeur d'Outre-Mepuich.
05:00Il y a un rapport d'expertise qui est dans le dossier depuis le début de cette année 2025.
05:06Et cette expertise, qui portait sur la boîte crânienne du petit garçon,
05:11a bien révélé une lésion située à côté du zygomatique.
05:16Vous le savez, c'est ce petit os qui est situé en haut de la pommette.
05:20Et selon ce rapport anthropologique qui a été rendu début 2025,
05:24cette lésion écarte la possibilité d'un choc avec un véhicule,
05:29d'une intervention animale ou encore de la chute accidentelle du petit garçon.
05:34À ce stade, il y a eu l'hypothèse privilégiée par l'expert
05:37et que cette lésion a été consécutive à un coup volontaire,
05:41porté potentiellement avec un objet, avec une difficulté pour le médecin légiste,
05:46puisqu'il sera difficile de savoir si, oui ou non, ce coup était bel et bien volontaire.
05:51Ce rapport, il était donc dans le dossier depuis 2025.
05:54Il a été complété par ailleurs.
05:56Le complément d'expertise n'a pas contredit les premiers résultats.
06:00Souvenez-vous ce que disait le procureur Jean-Luc Blachon au mois de mars dernier,
06:03à l'occasion d'une conférence de presse qui était consécutive aux trois gardes à vue à Marseille.
06:08Il y avait donc l'affirmation aujourd'hui que l'intervention d'un tiers
06:12était donc jugée très probable dans la disparition d'Emile,
06:15avec un traumatisme violent sur le visage du petit garçon.
06:19Donc c'est une donnée qui n'est pas nouvelle,
06:21mais qui a été portée à notre connaissance ces derniers jours.
06:24Julien Pinelli, je rappelle que vous êtes donc l'avocat de la grand-mère maternelle d'Emile,
06:29qui, comme son mari notamment, avait été placé en garde à vue juste avant le printemps.
06:34Ils ont été auditionnés par les juges d'instruction il y a quelques jours en qualité de partie civile.
06:40Soyons clairs maître, les questions que vous et votre cliente vous posez aujourd'hui,
06:43c'est qui a tué Emile et pourquoi en fait ?
06:47On en est là, l'enquête avance un petit peu à chaque fois ?
06:51Naturellement, c'est avec des sentiments extrêmement douloureux
06:54que ma cliente prend connaissance page après page des éléments que nous livre l'enquête.
07:00Chacun peut le comprendre parce que ces éléments déjà livrent des détails extrêmement difficiles
07:05pour cette grand-mère endeuillée, chacun peut le comprendre,
07:09et décrivent ce qu'ont pu être les derniers instants de son petit-fils.
07:14Néanmoins, et presque paradoxalement, la prise de connaissance de ces éléments
07:18est également porteuse d'espoir pour ma cliente,
07:20parce que cela lui permet, et c'est un petit peu le prix finalement de la vérité,
07:24passer ce trouble, passer ces difficultés, il faut faire preuve de beaucoup de lucidité pour elle
07:30pour finalement prendre ce qu'il y a à prendre dans ces éléments,
07:32à savoir des résultats d'enquête, celle-ci avance, celle-ci est conduite jour après jour.
07:37Mais pour vous, le coup volontaire ne fait plus de doute ?
07:40Écoutez, c'est un petit peu délicat pour moi,
07:41parce que vous avez, vous, toute liberté pour évoquer certains éléments issus de rapports
07:46que je ne peux pas, moi, évoquer devant vous,
07:48en raison du secret de l'instruction auquel je suis soumis.
07:50Néanmoins, je m'en remets un petit peu à une autorité qui, elle, a le droit d'évoquer ces points,
07:55qui est le parquet d'Aix-en-Provence.
07:57Et M. le procureur Blachon avait fait état, notamment à l'époque de la garde à vue,
08:01d'une partie des éléments issus de ce rapport dont vous avez donné non-connaissance,
08:04mais quelques éléments.
08:05Il s'agit d'une option choisie par les différents experts.
08:10Nous avons affaire à des experts qui, et c'est leur fonction première,
08:13sont raisonnés et prudents.
08:16Et dans leur prudence, ils évoquent des options,
08:19un éventail d'éléments qui pourraient peut-être être la cause effective du décès du petit Émile.
08:25On a quand même le sentiment que les portes se ferment les unes après les autres.
08:27Naturellement.
08:28Après deux ans et demi d'enquête.
08:29Et tant mieux.
08:30C'est aussi le mérite de cette enquête que d'apporter à chaque palier, finalement, une vérité nouvelle.
08:35Ce n'est pas aussi certain aujourd'hui.
08:36Ce que les enquêteurs posent, en tout cas, c'est que le petit Émile est donc décédé assez rapidement,
08:42dans un trou de 7 à 10 minutes, qui suivent sa disparition, entre 17h15 et 18h12,
08:49le moment où la famille va appeler les gendarmes.
08:52Dans cet intervalle de temps, on ne sait pas qui, mais ils ne sont que 17 dans le hameau,
08:57dont une dizaine de la famille d'Émile.
08:59Et ensuite, la personne qui l'aurait donc entreposée, manifestement qui l'aurait entreposée,
09:06alors que tout le village était en effervescence, à ce moment-là, dans ces journées de juillet,
09:12cette personne-là aurait pris sur elle de laisser, c'est assez morbide,
09:17décomposer cet enfant quelque part pendant huit mois.
09:21Et ensuite, et c'est là que c'est intéressant, parce que si ça avait été un rôdeur de passage,
09:25une fois qu'il n'y restait d'Émile qu'une boîte à chaussures d'ossements,
09:31on peut imaginer que le rôdeur de passage, c'est ça qui intrigue beaucoup les enquêteurs,
09:34que le rôdeur de passage se soit débarrassé de ces ossements que personne n'aurait jamais retrouvé.
09:39Mais là, la personne qui a fait ça, elle a voulu rendre Émile.
09:44D'une certaine façon, vous savez, sa maman, elle a dit à deux reprises pendant cet intervalle,
09:49« Rendez-le nous, qui que vous soyez, pour que nous puissions l'enterrer. »
09:53Donc ça, c'est vrai que ça interpelle, et c'est pour ça que ça fait partie des éléments
09:57qui ont conduit les enquêteurs à soupçonner quelqu'un de la famille.
10:01Tout à fait logique, nous l'avons toujours dit, d'ailleurs, dans le cadre de cette procédure,
10:04et dès le placement en garde à vue de ma cliente, de son époux et de deux de leurs enfants,
10:08nous comprenions parfaitement que cela était une étape nécessaire à la conduite de l'enquête,
10:11parce que vous l'avez rappelé à l'instant, la configuration des lieux, la démographie des lieux,
10:16faisait que des regards devaient se porter nécessairement sur ce groupe familial.
10:20Ils l'ont parfaitement admis, et là encore, même si c'était quelque chose d'extrêmement douloureux
10:24pour une grand-mère, celle que j'assiste, de se retrouver mise en cause dans cette procédure,
10:28elle l'a parfaitement compris. C'est l'une des pistes.
10:31Et on a vu que la famille faisait une contre-enquête.
10:33On vous a vu dans le village avec la famille reprendre des photos, essayer de faire des repérages.
10:38Est-ce que vous avez d'autres hypothèses, vous, qui ne sont pas au dossier ?
10:41Il ne s'agit pas d'une contre-enquête, nous l'avions indiqué également.
10:44Il ne s'agit pas d'un mécanisme de défiance à l'égard du travail des enquêteurs
10:47qui ont accompli jusqu'à présent un travail admirable, et chacun l'admet totalement,
10:51mais simplement d'apporter un complément, le nôtre.
10:53Parce que vous l'avez rappelé, la famille connaît les lieux.
10:56La famille, naturellement touchée, au-delà de tout, par ce drame,
11:01est en mesure aussi, peut-être, par sa connaissance, d'apporter quelques éléments de réponse.
11:05Et les relevés que nous avons faits portaient en réalité sur quoi ?
11:08Nous avions le dossier, cela nous permettait de cibler un petit peu les lieux
11:12qui avaient donné lieu à des investigations, de nous demander si ces investigations avaient été complètes,
11:17si d'autres lieux peut-être méritent d'autres investigations.
11:20Quelques relevés de cette nature, nous avons travaillé la journée, en réalité, sur ce terrain,
11:25sur ces deux lieux, finalement, le lieu du domicile et puis les alentours.
11:30Et nous nous apprêtons pour janvier, je pense en tout cas,
11:33à déposer auprès de la juge d'instruction en charge du dossier,
11:36une série de demandes complémentaires.
11:37On va y revenir, mais Jean-Alphonse Richard, on a beaucoup entendu cette expression
11:41en deux ans et demi d'affaires, d'enquêtes, ce village du Haut-Vernay qui serait sous cloche.
11:49On a l'impression d'une affaire sous cloche, d'un très épais mystère recouvrant cette affaire, Émile.
11:56Même si l'enquête avance petit à petit.
11:59Oui, mais c'est ça qui est intéressant.
12:01Laurent Valguier a rappelé, il y a un instant, le nombre de personnes qui sont dans ce hameau à ce moment-là.
12:05C'est vrai qu'on est dans un huis clos, quasiment, on est dans un huis clos, c'est tout petit.
12:10Alors, il y a plusieurs choses qui sont très intéressantes, parce que là, il faut revenir quand même un petit peu au dossier.
12:15Il y a la symbolique, évidemment, de la remise du crâne, etc.
12:18Moi, je crois beaucoup à ça.
12:20Il y a le timing.
12:21Le timing, il est très important.
12:24C'est-à-dire ?
12:25Un timing, la dernière fois qu'Émile quitte la maison, le fait qu'on voit passer le grand-père et puis un oncle et une tante ensuite à sa recherche dans les cinq minutes qui suivent.
12:35Et ensuite, la gendarmerie qui est appelée à 18h12.
12:40On est entre 17h30 et 18h12.
12:42Donc, ça va très, très vite.
12:43Dans ce laps de temps, il faut à la fois avoir un geste maladroit ou quelqu'un qui est passé par là pour prendre le petit garçon, le cacher, etc.
12:53Donc, est-ce que ce timing est vrai ?
12:55On peut se poser la question.
12:57Est-ce qu'il est exact ?
12:58On peut se poser la question.
12:59Ensuite, il y a autre chose.
13:00C'est qu'Émile, on sait qu'il descend jusqu'à l'abreuvoir, etc.
13:04À peu près à cette hauteur du village.
13:06Et là, il y a quelque chose qui est étonnant, c'est que les chiens, en tout cas, les chiens s'arrêtent.
13:12Un chien qui s'arrête, ça on le sait, un chien qui s'arrête, ce n'est pas un problème.
13:17Deux, trois, quatre, cinq chiens qui ont cherché et qui s'arrêtent, ça devient vraiment un problème.
13:22Ça veut dire que c'est à ce lieu stratégique que le petit garçon a été enlevé.
13:28Tout à fait, Jean-Alphonse.
13:29D'ailleurs, les gendarmes n'ont jamais cru au fait qu'il se soit perdu tout seul en forêt.
13:33Ce n'aurait pas été possible que tous les Saint-Hubert ne marquent pas.
13:37En plus, un petit garçon, il a des couches, il déposerait des odeurs olfactiles.
13:43Tous ces chiens l'auraient suivi.
13:44Je propose qu'on rejoigne Valentin Doyen.
13:46Valentin, vous n'avez cessé de vous rendre au Vernais.
13:50Vous êtes journaliste, vous connaissez parfaitement l'affaire Émile.
13:53Vous n'avez cessé d'y retourner au Vernais en l'espace de deux ans et demi.
13:57C'est un des éléments marquants, en effet, de cette affaire.
14:00La dimension géographique du mystère, tout est extrêmement restreint.
14:08Oui, c'est petit.
14:09Vous avez raison de le dire, c'est petit, mais j'entends régulièrement que c'est un cul-de-sac.
14:12Ça, c'est faux.
14:13Ça fait partie des fake news qui sont régulièrement données.
14:16C'est un cul-de-sac.
14:17Non, le Auvernais, ce n'est pas un cul-de-sac.
14:19Il y a au moins trois, voire quatre chemins pour y accéder.
14:21Il y a un chemin principal.
14:22Vous et moi, si on voit Auvernais, on va mettre le GPS.
14:24Et on va s'y rendre par la route départementale qui relie le Bas-Vernay au Auvernais.
14:29Sauf qu'il y a des pistes agricoles qui sont empruntées par des agriculteurs,
14:33par des champignonneurs, par des randonneurs, par des personnes qui ont des quads,
14:35par des personnes qui ont des 4x4 et qui peuvent allègrement rejoindre ce hameau.
14:42Donc oui, c'est petit, mais il faut, moi je pense, avancer avec beaucoup de prudence.
14:49Il faut surtout se baser sur ce que dit la seule autorité compétente dans ce dossier,
14:54le procureur Jean-Luc Blachon, qui ne s'est, depuis le départ de cette affaire,
14:58exprimé que trois fois.
15:00Trois fois.
15:01Il y a eu deux communiqués de presse, enfin quatre fois,
15:03deux communiqués de presse et deux prises de position
15:07avec le patron de la sélection de recherche à l'époque qui était à ses côtés.
15:12Il y a beaucoup de choses qu'on imagine dans ce dossier et qui sont fausses.
15:15Maître Pinéli, qui est sur le plateau, ne dira pas le contraire,
15:17ne lui peut pas rentrer dans le détail parce que c'est couvert par le secret de l'instruction.
15:21Je vais vous prendre un exemple.
15:2217 personnes dans le hameau, ça c'est faux.
15:2517 personnes étaient convoquées à la mise en situation du 28 mars 2024.
15:29Or, au moment où Aimé disparaît, il y a bien plus de personnes que cela
15:33qui sont dans le hameau du Auvergne.
15:35Il y a des personnes qui étaient dans le hameau qui n'ont pas été convoquées à la mise en situation.
15:38Pour autant, elles ont intéressé les enquêteurs.
15:41Alors ça, ça fait partie un peu des légendes qui sont écrites parfois dans les articles de presse,
15:46qui ne sont pas toujours vérifiées, qui sont données comme ça.
15:48Mais jamais le procureur Blachon n'a dit que 6 solutions il y avait.
15:52Elle était parmi les 17 personnes.
15:54Je vais vous prendre l'autre exemple de cette semaine.
15:56Cette semaine, il y a cette information qui est révélée sur le zygomatique.
16:00C'est une information qui n'était pas connue du grand public et de la plupart des journalistes.
16:03C'est vrai.
16:04Or, les enquêteurs ont en leur possession cette donnée scientifique depuis fin 2024, début 2025.
16:10Ça veut donc dire que quand les 4 personnes membres de la famille d'Émile sont mises en garde à vue,
16:15les enquêteurs ont déjà cette donnée.
16:17Ça veut donc dire que même si cette donnée est importante,
16:20elle ne paraît pas pour l'instant suffisante pour incriminer.
16:23Et aux yeux de la justice, elle n'est pas suffisante pour poursuivre, pour mettre en examen.
16:29Ça, c'est tout à fait logique. Pourquoi ?
16:32Parce que le professeur en question, qui n'est pas le professeur d'outre-me-puiche,
16:36je tiens à le dire, mais le professeur en question qui trouve ce traumatisme facial important,
16:40il est factuel. Il a trouvé ce coup au niveau du zygomatique.
16:44Et après, il émet des hypothèses.
16:45Et moi, je peux vous dire qu'à l'heure où l'on se parle,
16:48il n'y a qu'une seule hypothèse qui est rayée de la carte par ce professeur.
16:51Je ne vais pas rentrer dans le détail là encore.
16:53Parce que c'est couvert par le secret de l'instruction et ça n'a pas vocation à être commenté,
16:56ça pourrait entraver la manifestation de la vérité.
16:59Mais si la probabilité qu'Émile a reçu un coup par la main d'un homme ou d'une femme avec un objet existe,
17:06il y a d'autres hypothèses sur la table.
17:08C'est bien pour ça que c'est très compliqué.
17:11Justement.
17:11Et bien plus compliqué qu'un article de presse ou des commentaires,
17:14bien plus compliqué que ça pour les enquêteurs et pour le magistrat de poursuivre leur tâche.
17:18Je vais vous donner, tenez une information.
17:20Mais alors attendez, Valentin, parce que ce que vous dites,
17:21et vous avez raison de le rappeler.
17:23Il est devenu rendu sur site pour prélever un objet assez volumineux.
17:26Je ne peux pas dire lequel parce que je n'en ai pas le droit.
17:28Mais il continue à travailler.
17:30Ça veut donc dire qu'il y a plusieurs hypothèses sur la table.
17:31Et moi, je terminerai juste rapidement mon propos en citant trois personnes que j'ai régulièrement,
17:36très régulièrement dans ce dossier.
17:38Le procureur Blachon, qui m'a dit qu'il n'avait pas d'intime conviction,
17:41qu'il cessait encore plusieurs portes ouvertes.
17:43C'est pas rien qu'il me dise ça, quand même, lorsque l'on a une discussion.
17:46Le général Berthelin, l'ancien patron de la section recherche de Marseille,
17:49aujourd'hui, il s'occupe des gendarmes dans le département de l'Oise.
17:53Il m'a dit, Valentin, du début à la fin, cette affaire restera laborieuse.
17:56Une enquête laborieuse.
17:58Et puis, je citerai son successeur, le colonel Olivier Leblanc, patron de l'ASR de Marseille.
18:03Je l'ai eu encore il n'y a pas longtemps au téléphone.
18:04Il m'a dit, cette affaire, elle est quand même compliquée.
18:07Il a géré Chevaline, qui est gérée en ce moment par le Paul Colquès de Nanterre.
18:11Donc, pour que des officiers de gendarmerie me disent que c'est très difficile,
18:15que c'est très compliqué, je pense qu'il faut prendre un peu de recul sur la situation
18:19et se dire qu'il y a beaucoup d'hypothèses encore qui sont sur la tête.
18:22Et miser sur l'avenir, Maître Pinelli, de nouvelles investigations,
18:25des actes nouveaux seront menés prochainement.
18:28C'est vous qui le dites. Quel type d'acte cela peut être ?
18:31C'est une réserve. J'indique simplement, et c'est mon droit en qualité de parti civil,
18:34que je vais soumettre au juge d'instruction une série de demandes d'actes.
18:38Une procédure, très simplement, on remet des demandes au magistrat,
18:41et ensuite, il lui appartient d'apprécier...
18:43Il pourrait balayer d'un revers de main ces demandes ?
18:45Je n'en suis pas certain. Je pense même le contraire, en réalité.
18:48Qu'est-ce qui pourrait être mené, alors ?
18:49Je ne peux pas rentrer sur ce terrain. J'en suis vraiment navré.
18:51Des endroits qui n'ont pas encore été suffisamment fouillés ?
18:54Notamment.
18:54La contre-expertise, avec des guillemets que l'on a évoqués lorsque vous êtes retourné au Auvergne avec les grands-parents maternels
19:00des mille, huit ou neuf mois après leur garde à vue, au début de l'automne,
19:05c'était notamment à des endroits qui, d'après vous, n'ont pas encore fait suffisamment l'objet...
19:10Tout à fait. Il y a notamment une série de lieux, alors qu'ils peuvent être notamment des terrains qui sont aux alentours du Auvergne,
19:18qui, de notre point de vue, n'ont pas donné lieu à suffisamment d'investigations, des points précis que nous avons relevés.
19:25Cela fait partie, notamment, c'est un des aspects, en tout cas, de ces demandes...
19:27Ça paraît surprenant, mais c'est peut-être parce qu'on ne connaît pas bien les lieux, la géographie.
19:32Ça paraît surprenant que tout n'ait pas été fouillé au peigne fin.
19:35Ça a déjà été admis à l'époque de la découverte du crâne du petit Émile, et je crois que c'est une des limites aussi qu'il faut considérer,
19:41quel que soit le travail des hommes et des femmes qui se travaillent sur ce dossier,
19:44aucun d'entre eux n'a le sentiment d'être infaillible,
19:46et il nous apparaît que certains lieux, encore, n'ont pas été investigués, sous réserve, peut-être,
19:51des investigations qui se conduisent quasiment quotidiennement.
19:54Est-ce qu'il y a des gens, maîtres, des personnes qui n'ont...
19:57Alors, au-delà des 17 qui étaient là le jour de la mise en situation,
19:59est-ce qu'il y a des gens qui n'ont pas été entendus, à votre avis ?
20:02Nous estimons qu'en tout cas, certaines personnes ne l'ont pas été suffisamment.
20:05Qui, par exemple ?
20:06Vous m'autoriserez tout de même l'élémentaire courtoisie,
20:09qui consiste à réserver au magistrat instructeur en charge du dossier
20:12les demandes qui lui seront soumises prochainement.
20:14Boris ?
20:16Oui, effectivement, il y a ces 17 personnes,
20:18il y a des personnes qui ont été entendues à plusieurs reprises,
20:21même récemment, depuis la rentrée de septembre,
20:24des personnes qui ont fait l'objet de deux, de trois, de quatre auditions,
20:28avec toujours les mêmes questions.
20:29Où étiez-vous à l'heure de la disparition du petit Émile,
20:32et pendant les minutes qui s'en sont suivies jusqu'à l'appel à la gendarmerie ?
20:37On va rappeler que dans cette affaire,
20:39il y a aussi des personnes qui ont été accusées à tort,
20:42à tort, pardon, notamment ce jeune agriculteur,
20:44dont ont soupçonné le fait de rouler vite dans le village,
20:47et qui a été donc entendu par les enquêteurs de la section de recherche de Marseille,
20:53qui aujourd'hui encore est victime de calomnies,
20:56et il y a du mal à supporter cette étape,
20:58qui n'en est pas une finalement dans ce dossier,
20:59puisqu'il a été relâché sans poursuite,
21:02il n'y a pas eu de poursuite, ni de mesure de garde à vue à son encontre.
21:04Donc voilà, il y a une sorte de traumatisme aussi qui s'est installé dans ce village,
21:07où tout le monde soupçonne son voisin,
21:09mais à l'heure où l'on se parle, deux ans et demi après,
21:11eh bien, aucune garde à vue n'a débouché sur une mise en examen.
21:14Merci Boris, merci Maître Pinelli d'avoir accepté l'invitation d'affaires suivantes,
21:17aujourd'hui sur BFM TV.
21:19A tout à l'heure Boris,
21:20à tout à l'heure Jean-Alphonse Richard vous retrouve pour la dernière partie consacrée à l'affaire.
21:25Grégory, d'ici là, on en vient à l'un des plus grands criminels de l'histoire.
21:30Alors, je cite l'avocate générale, l'un des plus grands criminels de l'histoire,
21:34qui a été condamné jeudi à la prison à perpétuité, le docteur Frédéric Péchier.
21:37Il a été reconnu coupable de 30 empoisonnements, dont 12 mortels,
21:41pendant une décennie, dans deux cliniques privées de Besançon.
21:45Pierre-Louis Bousset.
21:47C'est un homme libre que Frédéric Péchier était arrivé à l'ouverture de son procès en septembre.
21:52A l'issue du verdict cette semaine, il est finalement reparti,
21:55escorté par les policiers, direction la maison d'arrêt de Besançon.
22:00Justice et soulagement, après huit ans de combat, c'est ça qui me vient.
22:04Il y a un semblant de réparation, un espoir qu'on va pouvoir reprendre une vie sereine, normale.
22:09Un jour tant attendu, tant d'émotions, un aboutissement, la fin d'un cauchemar.
22:16L'ex-anesthésiste de 53 ans a été reconnu coupable de l'ensemble des faits qui lui étaient reprochés.
22:2130 cas d'empoisonnement sur des patients, dont 12 mortels,
22:25survenus entre 2008 et 2017 dans deux cliniques privées de Besançon.
22:30Des crimes pour lesquels Frédéric Péchier a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité,
22:35assorti d'une période de sûreté de 22 ans.
22:37Je n'ai pas du tout été convaincu par l'accusation,
22:39je reste convaincu de l'innocence de Frédéric Péchier.
22:42Nous on estime que non seulement il n'y a aucun mobile cohérent,
22:45mais deuxièmement que la personnalité de Frédéric Péchier n'est pas non plus cohérente par rapport aux accusations.
22:50La conclusion d'un procès aux dimensions hors normes ayant duré trois mois et demi,
22:54mais aussi le commencement d'un nouvel épisode judiciaire, car la défense a interjeté appel.
23:00Il reste une étape majeure, c'est des explications.
23:04Pourquoi il a empoisonné ces personnes ? Pourquoi elles ? Pourquoi ces dates-là ?
23:07Nous sommes prêts, nous serons prêts, nous irons jusqu'au bout pour l'affronter.
23:11Frédéric Péchier, qui devra être rejugé dans un délai d'un an,
23:15a d'ores et déjà demandé sa remise en liberté.
23:18Bonjour Frédéric Bernard.
23:20Bonjour.
23:20Merci d'avoir accepté notre invitation aujourd'hui.
23:22Vous êtes l'un des principaux avocats des partis civils de ce procès Frédéric Péchier,
23:28qui s'est donc terminé cette semaine avec une condamnation maximale,
23:31condamnation à la perpétuité du médecin anesthésiste,
23:35qui a aussi l'interdiction définitive d'exercer Boris Karlamoff,
23:38journaliste de justice de BFM TV.
23:40Et re-bonjour Boris, vous avez suivi ce procès extraordinaire.
23:44Tout comme vous, Willy Graf.
23:45Bonjour et merci.
23:46Vous êtes journaliste, chef de l'agence de l'Est républicain à Besançon.
23:51J'ai envie de commencer avec vous, Willy Graf.
23:53Vous avez assisté quasiment à tous les jours d'audience de ce procès,
23:58qui a duré 15 semaines, dense, technique, souvent poignante.
24:03Est-ce que vous avez eu l'impression d'observer, d'écouter aussi parfois un tueur en série dans le boxe ?
24:12En tout cas, c'était ce pourquoi on était tous là, savoir si Frédéric Péchier était bien ce tueur en série.
24:19Et j'insiste sur peut-être un premier point important, c'est que, certes, on a eu cette condamnation, cet appel, et puis l'absence d'aveu.
24:28Mais ce premier procès a permis une avancée majeure.
24:31C'est qu'il est désormais établi qu'un tueur en série, en tout cas, existe.
24:34Et ça, c'est quelque chose qui était jusqu'alors contesté.
24:39Alors après, ce tueur a empoisonné des patients pendant 10 ans.
24:45Combien ? Je pense qu'on ne le saura jamais.
24:46Frédéric Péchier admet 12 empoisonnements avérés.
24:50Son avocat dit 13.
24:51La cour d'assises du doux dit 30.
24:52Les policiers disent le doux, peut-être.
24:54Mais en tout cas, on a déjà avancé sur ce point.
24:59Maître Bernard, dans ce procès, vous êtes intervenu pour 16 cas d'empoisonnement sur les 30.
25:04Quel est l'état d'esprit de vos clients ?
25:07C'est le soulagement, ou il y a aussi, et ce n'est pas incompatible,
25:10une part de frustration, parce qu'on ne connaît toujours pas le mobile,
25:13de ces agissements dont certains sont bel et bien des crimes.
25:17Vous avez parfaitement raison, c'est exactement ça.
25:19C'est-à-dire qu'il y a une part de soulagement,
25:21encore qu'ils savent qu'il va falloir remettre le couvert en appel,
25:24si je puis m'exprimer ainsi,
25:25mais il y a une part de soulagement parce que, comprenez bien,
25:27que pendant 8 ans et demi, et face aux assauts répétés de Péchier et de sa défense,
25:32elles ont parfois douté, elles ont cru que la justice n'irait jamais au bout de ce procès.
25:37Donc le vrai soulagement, c'est de se rendre compte qu'on a réussi à y aller,
25:41qu'on est allé au bout, qu'on a eu une décision.
25:44Maintenant, il y a de la frustration forcément parce que...
25:45D'abord parce que vous n'avez pas réussi à le faire craquer, si je puis dire.
25:48Il n'a jamais varié et il n'a jamais avoué et il s'est toujours, et encore aujourd'hui, dit innocent.
25:56Alors, qu'il n'ait jamais varié, ça je ne peux pas vous laisser dire ça.
26:00Il n'a fait que varié, justement, et comme l'a rappelé à l'instant Boris, au contraire.
26:05C'est-à-dire qu'il s'est présenté en disant,
26:07ce sont des accidents médicaux qu'on a transformés en empoisonnement pour faire porter le chapeau.
26:10Au bout de quelques jours d'audience, il a fini par reconnaître que c'était bien l'empoisonnement Sandra Simard
26:14et pas un complot contre lui.
26:16Enfin non, il n'a fait que varier en permanence.
26:18Et jusqu'au dernier jour, il nous a raconté des histoires extraordinaires.
26:21Là où il n'a pas varié d'un iota, c'est qu'après...
26:24Sur l'affirmation de son innocence, voilà.
26:26N'avouant jamais, mais...
26:28Il n'a jamais avoué qu'il était l'empoisonneur, comme le rappelait M. Graff.
26:31Il a admis qu'il y avait bien un empoisonneur, mais qu'au final, ce n'était pas lui.
26:35Mais je pense qu'il est incapable de, entre guillemets, craquer.
26:39Et parce qu'on a vu son fonctionnement est complètement clivé.
26:44Et il est dans l'impossibilité d'avouer ses crimes,
26:48dont j'ai la conviction qu'il en a pleinement conscience.
26:49Est-ce que vous l'avez senti ? C'était un procès long.
26:52C'est vrai que c'est un procès extraordinaire.
26:54Il y a 30 quarts, rendez-vous compte.
26:56C'est à peu près l'équivalent de Michel Fourniret, en termes de nombre de victimes.
27:00Ça veut dire à quel point c'est colossal.
27:02L'avocate générale dit que Frédéric Péchier est l'un des plus grands criminels de l'histoire.
27:05Il faut d'ailleurs lui rendre hommage à l'avocate générale, à Christine de Curez,
27:08qu'il y a eu des scènes avec les familles à la fin de cette audience qui a été bouleversante.
27:14Est-ce que vous l'avez senti, Frédéric Péchier ?
27:16On sait aussi que vous avez combattu pied à pied avec son avocat.
27:19C'était le match dans le match des avocats.
27:21Est-ce que vous l'avez senti à un moment ou à un autre ?
27:24Parce qu'un long procès d'assise, ça peut basculer en une seconde, une minute,
27:27au bord de dire quelque chose.
27:30Non, on l'a senti parfois en très très grande difficulté
27:33pour essayer d'asseoir des positions dont on se rendait compte qu'il savait lui-même qu'elles étaient intenables.
27:38Mais honnêtement, moi j'ai eu le sentiment que jamais il n'admettrait qu'il était l'empoisonneur
27:44quand bien même on lui apporterait des éléments qu'il ne pourrait pas contester.
27:50Il a contesté quasiment l'incontestable.
27:52Mais jamais j'ai eu le sentiment qu'il était capable de dire, je pense,
27:55vis-à-vis des siens, vis-à-vis de sa famille et peut-être vis-à-vis de lui-même,
27:58je suis l'empoisonneur et je vais vous expliquer pourquoi ça s'est passé.
28:00C'est peut-être d'ailleurs l'occasion, Willy Graff, de souligner ce contraste.
28:05Et vous aussi d'ailleurs, Boris, vous avez assisté à ce procès,
28:07souligner le contraste entre l'émotion des partis civils, Willy Graff,
28:14et la froideur, l'extrême froideur peut-être, diriez-vous-même, de Frédéric Péchier ?
28:20Oui, c'était d'autant plus frappant que la configuration faisait que Frédéric Péchier
28:26était vraiment à deux mètres des gens qui venaient témoigner à là-bas.
28:30Il n'était pas dans le corps des accusés de comparer ses livres.
28:32Il avait une petite chaise avec un bureau.
28:35Et on a vu pendant ces 15 semaines des gens s'effondrer devant lui.
28:41Et j'inclus notamment les soignants.
28:43Et ça, ça m'a marqué parce que je l'avais sous-estimé.
28:45Et je pense que je ne suis pas le seul, les soignants des deux établissements de soins
28:47qui vraiment étaient rongés, détruits de l'intérieur.
28:51Et d'un côté, ces gens qui s'effondraient.
28:52Et puis c'est vrai, Frédéric Péchier, qui était complètement impassible tout au long de l'audience.
28:57Et ça a franchement frappé tout le monde.
29:00Alors, il s'est expliqué là-dessus.
29:01Lui disait qu'il ne voulait rien montrer en termes d'empathie parce qu'il avait peur
29:05que ce soit mal interprété.
29:07Mais on peut quand même se poser la question d'utiliser ses propres émotions
29:12comme une forme de stratégie.
29:13C'est assez particulier.
29:14Sur le comportement de Frédéric Péchier, que vous aussi vous avez pu observer, Boris,
29:19pour BFMTV, lors de ce procès très long,
29:22est-ce que vous diriez aujourd'hui, vu l'issue, que Frédéric Péchier s'est mal défendu ?
29:26En tout cas, il n'a pas su apporter les réponses que la Cour espérait, souhaitait.
29:31Il n'a pas su argumenter, convaincre ce jury populaire et les trois magistrats professionnels.
29:36Comme Willy Graff le disait, c'est une personne qui n'a pas montré d'émotion
29:41jusqu'au dernier moment, jusqu'à la dernière seconde.
29:43Il y a une scène qui m'a marqué, c'était lors des réquisitions, la semaine dernière,
29:46quand les deux avocates générales, pendant deux jours, sont revenus sur chacun des 30 cas.
29:52Deux jours de réquisitions ?
29:53Deux jours de réquisitions.
29:54Donc, par moment, Frédéric Péchier lisait une sorte de livre de fascicule,
29:58en n'écoutant même pas les deux avocates générales.
30:01Cette scène a pu durer plusieurs dizaines de minutes.
30:03On le sentait comme détaché de ce procès.
30:06Et pour revenir, et en faisant le parallèle, même si ça n'a rien à voir,
30:09j'ai trouvé la même attitude que Cédric Jubilard.
30:12C'est-à-dire qu'il était absent de son propre procès.
30:15On débattait, on argumentait, on explorait des pistes.
30:17Mais lui, il n'entrait jamais en confrontation avec la cour d'assises.
30:21Il n'apportait pas de réponse.
30:23C'est quelqu'un qui n'a pas marqué d'émotion,
30:24qui n'a pas eu de regard pour sa famille lorsqu'il est arrivé dans la cour d'assises,
30:28escorté par les policiers le jour du verdict,
30:30avec une famille qui était présente à quelques centimètres des journalistes.
30:34Et c'est ça qui est assez inédit, c'est que le banc des journalistes était juste devant la famille.
30:36Donc, on pouvait entendre les échanges qu'ils avaient.
30:38Et parfois, des échanges, on ne va pas se mentir, assez surprenants
30:41à l'encontre des avocats des partis civils
30:43ou encore à l'encontre du jury populaire.
30:45Mais j'ai senti Frédéric Péchier comme absent de son propre procès, Maître Bernard.
30:50Intéressant ce que dit Boris.
30:51Vous vous attendiez à autre chose ?
30:53À plus de combativité, peut-être ?
30:55Oui. En fait, il a cru, au départ,
30:58pouvoir se défendre sur un plan purement médical, en tant que technicien.
31:02Et il n'arrêtait pas de dire, les experts sont tous nuls.
31:05Surplombant la cour un peu.
31:06Voilà, exactement.
31:07Et dès qu'il a été mis en défaut par les experts,
31:11qui étaient plutôt de très grande qualité,
31:13et qui ont démontré par A plus B que ce qu'il racontait sur le plan technique
31:16ne tenait pas debout,
31:17sur le reste, il était incapable,
31:20il avait l'air d'être, de mon point de vue en tout cas,
31:22comme quelqu'un qui n'appartient pas forcément au monde qui nous entoure.
31:26Il avait l'air totalement détaché.
31:29Et émotionnellement, c'était extrêmement frappant aussi.
31:31Très surprenant.
31:32C'est vrai que l'autre vertige de cette affaire, au-delà du nombre,
31:35au-delà de la personnalité énigmatique de Péchier,
31:38c'est la durée.
31:39Ça commence en 2008,
31:41ça s'arrête en 2017,
31:42un peu parce que Frédéric Péchier,
31:44vous le racontez là, tout à l'heure, vous le racontez en studio,
31:47il essaye de se fabriquer un alibi dans le dernier cas,
31:51parce que la foi d'avant a été découverte.
31:54Et puis ça, il se met les pieds dans le tapis de ce propre alibi,
31:56ça va entraîner sa chute.
31:57Mais pourquoi ?
31:58Est-ce que le procès a répondu à ça ?
32:00Pourquoi la médecine, les collègues, la sécurité sociale,
32:03l'hôpital, les cliniques ?
32:05Pourquoi on ne s'est pas rendu compte plus tôt
32:07que quelque chose dysfonctionnait aussi gravement ?
32:09Très rapidement, et pour deux raisons
32:11que j'ai moi-même découvertes lors de ce procès.
32:13Premièrement, parce que les crimes, en fait, étaient des crimes parfaits.
32:16Je vous le fais très rapide.
32:17Si vous empoisonnez quelqu'un avec du potassium,
32:19il faut savoir que quand la personne meurt
32:21ou qu'elle se fait réanimer,
32:22elle dégage naturellement du potassium.
32:24Donc vous retrouvez du potassium dans un cadavre
32:26ou même dans quelqu'un qui a survécu,
32:28c'est pas comme si vous retrouviez de l'arsenic.
32:29C'est introuvable.
32:31Et en plus, le potassium était placé dans des poches de soluté
32:34qui ne sont jamais examinées.
32:36Donc c'est quelqu'un qui connaissait parfaitement la technique
32:37et qui a commis le crime parfait pendant des années.
32:40Et puis le deuxième point sur ce qu'on a démontré
32:42sur la polyclinique de Franche-Comté,
32:44c'est qu'il avait réussi par avance
32:45à se créer des alibis extraordinaires
32:47quand il quitte la polyclinique de Franche-Comté.
32:49Parce qu'à la polyclinique de Franche-Comté,
32:50les enquêtes disent,
32:51on sait qu'il y a un empoisonneur,
32:52on a trouvé du potassium.
32:53Il a réussi à déposer des poches empoisonnées
32:55au moment où il avait quitté la clinique.
32:57C'est-à-dire, il les dépose au dernier moment,
32:59il les laisse dans le stock,
33:00et alors qu'il est parti depuis dix jours,
33:02boum, il y a un empoisonnement.
33:03Et là, l'enquête dit, ça ne peut pas être lui.
33:05Et c'est comme ça qu'il était très fort.
33:06– Il y a une question concernant,
33:07Willi Graf, le profil psy de Frédéric Péchier.
33:11Qu'est-ce qui m'a été dit lors de ce procès ?
33:14C'est quelqu'un de machiavélique, de pervers,
33:16de froid, et encore une fois,
33:19avec une dimension psy ?
33:20– On a eu des expertises qui étaient assez contrastées,
33:25que ce soit du côté des psychologues
33:27comme du côté notamment de Daniel Zaguri,
33:30psychiatre qui est connu pour avoir examiné
33:33des tueurs en série.
33:34Oui, du coup, dès lors que c'est contrasté,
33:37c'est difficile d'aller piocher,
33:38on peut aller piocher d'un côté au l'autre.
33:40J'ai retenu une phrase, moi,
33:41qui finalement me paraissait pertinente,
33:43c'est qu'il y a des crimes,
33:44et là, je pense que c'est le cas,
33:45il y a des affaires où ce sont plutôt les faits
33:48qui éclairent la personnalité
33:49que la personnalité qui éclaire les faits.
33:52En tout cas, c'est quelqu'un d'assez insondable,
33:54même pour les experts psy.
33:56Et il y a une expertise un peu profileuse, finalement,
34:00qui a fait une autre démarche
34:01qui était très intéressante,
34:02parce que ça a été assez débattu pendant les débats.
34:05C'était de partir du profil type
34:07d'un tueur en série médicale
34:09et de voir si le profil de Frédéric Péchier,
34:12notamment à travers ses auditions
34:13et à travers ses écoutes téléphoniques,
34:15pouvait correspondre.
34:16Et là, pour le coup,
34:17ses conclusions étaient cinglantes pour l'accusé.
34:19ça marchait à 100%.
34:21– Boris, le profil psy de Frédéric Péchier
34:24nous amène à l'autre question,
34:27celle du mobile,
34:28la disproportion entre un mobile évoqué
34:31et les drames qu'il a provoqués,
34:35puisqu'il a été reconnu coupable.
34:36– Oui, avec un début de mobile qui a été évoqué par l'accusation
34:39et qui avait été aussi évoqué lors de l'instruction,
34:41c'est nuire à ses collègues,
34:42justement porter préjudice à ses confrères soignants
34:45pour arriver comme le sauveur,
34:47comme un héros.
34:49Frédéric Péchier arrive toujours là où on ne l'attend pas,
34:51il est toujours dans le bloc ou la pièce à côté.
34:53Personne ne lui demande de venir en aide
34:55quand il y a un arrêt cardiaque
34:56et ça a été le cas notamment de Sandra Simard en 2017
34:58par qui l'affaire Péchier, on va le rappeler,
35:01éclate et voit le jour.
35:03C'est que Frédéric Péchier,
35:04il est décrit tout au long de l'accusation
35:06et pendant l'instruction comme un manipulateur,
35:08comme un menteur qui veut un peu
35:10se faire pousser des ailes auprès de la communauté scientifique.
35:13Il se considère comme la star de l'anesthésie,
35:15c'est quelqu'un qui a un égo surdimensionné,
35:18il triche, c'est ça, la Cour l'a dit,
35:20il triche dans les blocs opératoires
35:21mais également il triche lors de ses activités sportives,
35:24lors d'une partie de golf à Besançon
35:26ou pour frauder les achats.
35:27Donc il est toujours en train de franchir la ligne jaune,
35:30non pas seulement dans sa profession médicale
35:33mais également dans sa vie privée
35:34et il se met en scène,
35:35il se met en avant en permanence.
35:38Ça ne veut pas dire qu'il ait une pathologie derrière,
35:40il a été jugé responsable pénalement,
35:42il n'y a pas eu de discernement, d'abolition du discernement
35:44mais il y a toujours deux mots qui reviennent lors de l'accusation,
35:47c'est Frédéric Péché est un menteur,
35:48Frédéric Péché est un manipulateur.
35:50C'est vrai que c'est le pompier pyromane du bloc opératoire,
35:52donc il en sauve.
35:53Il fait une sorte de loterie macabre
35:56puisqu'il y en a qui sauvent.
35:57Mais alors sa famille, sa fille Boris,
36:00sa fille le croit innocent jusqu'au bout.
36:03L'ensemble de la famille croit Frédéric Péché innocent,
36:06il a trois enfants, deux filles et un garçon,
36:08l'une de ses filles a prêté serment il y a quelques jours,
36:11il y a les parents de Frédéric Péché qui est également présent
36:12et puis Nathalie Péché, son ex-femme,
36:14qui elle n'a montré aucune émotion lors du verdict
36:17comme absence de ce rendez-vous
36:18où on a vu la vie d'un homme basculer
36:20puisqu'on va rappeler qu'il est,
36:21il comparaissait libre tous les jours,
36:22tous les soirs, on voyait Frédéric Péché,
36:24on pouvait échanger avec lui.
36:25Il est pu cette fin de semaine en prison pour la première fois ?
36:27Il est en prison pour la première fois de sa vie derrière les barreaux
36:30et le jour même de son incarcération,
36:32ses avocats n'ont pas perdu du temps
36:33puisqu'ils ont déposé quelques heures après
36:34une demande de mise en liberté
36:35qui sera examinée dans un délai de deux mois
36:38par la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Besançon.
36:40On termine justement avec les conditions de détention
36:42de Frédéric Péché, Willy Graf, qu'en sait-on ?
36:45Il a été pris en charge de manière très spéciale,
36:49vraiment sur le jour.
36:51Frédéric Péché a été placé à un lit de mort,
36:53c'est un quartier à part,
36:54dans la maison d'arrêt de Besançon
36:56dès la vente de son verdict.
36:58C'est une cellule de 9 mètres carrés
37:00avec une interdiction de rentrer en interaction
37:04avec d'autres détenus.
37:08En fait, pourquoi cette prise en charge particulière ?
37:12Il y a deux raisons principales.
37:13La première, c'est son statut médiatique
37:15et on sait qu'en prison,
37:16c'est vraiment une mauvaise chose de passer à la télé
37:20parce que les autres détenus peuvent être menaçants,
37:22oppressants, voire agressifs avec la personne.
37:25Et puis la deuxième chose, bien sûr,
37:26c'est la fragilité psychologique,
37:29ce risque suicidaire qui accompagne
37:31Frédéric Péché depuis des années,
37:33avant même la révélation de l'affaire,
37:35puisqu'on a un premier abord de tentative de suicide en 2014.
37:38Et ça, c'est la hantise de l'administration pénitentiaire
37:42qui se suicide en prison.
37:43Il y a notamment une mesure qui est très très forte,
37:45c'est que toutes les heures, en tout cas sur ces premiers jours,
37:48toutes les heures, on vérifie que Frédéric Péché est vivant,
37:50c'est-à-dire qu'y compris la nuit,
37:52on allume sa cellule et on vient voir si tout va bien,
37:55ce qui peut être évidemment très éprouvant psychologiquement
37:58et physiquement, même pour faire des pétiers.
38:03Voilà, vraiment une attention très particulière
38:05sur les conditions de santé.
38:07– Merci Willy Graf,
38:09merci d'avoir accepté de revenir sur ce procès avec nous
38:11en cette mi-journée dans l'affaire suivante.
38:13Merci Boris.
38:14– Merci.
38:14– BFM TV vous propose ce soir un document exceptionnel
38:19consacré à l'énigme criminelle, sans doute la plus célèbre de France,
38:23l'affaire Grégory.
38:24Plus exactement, sur les années qui ont précédé
38:27le meurtre du petit garçon,
38:28les années de harcèlement qu'a subi sa famille
38:31jusqu'à ce 16 octobre 1984.
38:34Extrait de cette enquête ligne rouge
38:36que vous pourrez retrouver en intégralité à 21h tout à l'heure.
38:38– Allô ?
38:43– Au départ, c'était lassant,
38:48ensuite c'était stressant.
38:50– Allô ?
38:51– Oui ?
38:52– Ensuite, c'était oppressant.
38:56– Je tente pour un concert,
38:59je ne peux pas accéder,
39:00je ne peux pas accéder,
39:01je ne peux pas accéder,
39:03je ne peux pas accéder.
39:04– Le danger devient concret
39:06un soir de novembre 1981.
39:09Christine Villemin est seule dans sa maison.
39:11Jean-Marie travaille à l'usine
39:14et Grégory dort chez sa grand-mère.
39:17– Christine est seule chez elle
39:19et elle reçoit un appel.
39:21C'est la première fois qu'elle entend
39:22ce qu'elle envisage comme la voix d'un homme,
39:27une voix rauque
39:28et qui se met à l'insulter.
39:30et non seulement le corbeau l'insulte,
39:33mais il fait référence à son homme,
39:35son vieux,
39:36comme dit la voix,
39:37et cette voix paraît très bien renseignée
39:39puisque Christine dit
39:41« je vais aller chercher mon mari »
39:43histoire de lui faire peur
39:44et la voix dit
39:45« t'auras du mal,
39:46il est au travail ».
39:47La soirée se passe
39:49et puis,
39:52tout à coup,
39:52alors qu'elle prend sa douche,
39:53elle entend des bruits
39:54qui viennent de l'extérieur,
39:57comme si quelqu'un tambourinait
39:58à la porte d'entrée.
40:01Peu de temps après,
40:02la vitre a volé en éclats.
40:06Donc là, évidemment,
40:07on change de dimension
40:08puisqu'on n'est plus seulement
40:09dans une possible
40:09mauvaise blague téléphonique,
40:11on est dans une menace physique.
40:14Affaire Grégory,
40:15les voix du crime
40:16à découvrir en intégralité
40:17ce soir à 21h sur BFM TV,
40:19une enquête exceptionnelle,
40:21vraiment,
40:22signée Isabelle Quintard,
40:23Vincent Antiguemme
40:23qui est avec nous,
40:24bonjour Vincent,
40:25Nicolas Bagioni,
40:26Alexandre Funel
40:26et Marlène Lartigue.
40:28Frédéric Bernard,
40:29alors vous êtes resté avec nous
40:30parce que c'est une petite originalité
40:31aujourd'hui,
40:32c'est que vous êtes avocat
40:32dans plusieurs affaires
40:33et il se trouve que vous êtes
40:34l'avocat de Jacqueline
40:36et de Marcel Jacob.
40:37Jacqueline Jacob
40:37étant mise en examen
40:38et étant soupçonnée
40:40d'être l'un des corbeaux
40:42de l'affaire Grégory.
40:44Jacqueline Jacob,
40:45la grand-tante de Grégory,
40:47Jean-Alphonse Richard
40:48est de retour à nos côtés,
40:49journaliste et présentateur
40:50de l'heure du crime
40:51sur RTL.
40:53Laurent,
40:53je crois qu'on sera d'accord
40:54pour dire
40:55que ce qu'on va apprendre,
40:57parce que je pense qu'on apprend
40:59beaucoup de choses
40:59dans ce documentaire ce soir,
41:01c'est que c'est vraiment
41:02une histoire dans l'histoire.
41:03C'est une histoire assez méconnue
41:04qui fourmille d'éléments
41:06qui n'ont jamais été
41:08véritablement mis en avant.
41:11C'est trois années de harcèlement
41:12qu'a subi la famille de Grégory
41:13avant qu'il ne soit tué
41:15le 16 octobre 1984.
41:17En fait,
41:17c'est l'histoire avant l'histoire
41:18qu'on a voulu raconter.
41:19C'est vraiment ça
41:20parce que c'est vrai
41:21que l'affaire Grégory,
41:22ça parle à tout le monde.
41:22Tout le monde se souvient
41:23On a l'impression de tout savoir
41:24de l'affaire Grégory.
41:25Du fameux 16 octobre 1984,
41:27quand dans la soirée
41:28on retrouve le corps
41:29de cet enfant de 3 ans,
41:31les pieds et les poings
41:31liés dans les eaux de la Vologne.
41:33Mais ce qu'on...
41:34Alors je ne dirais pas
41:34ce qu'on ignore
41:35parce que les plus grands spécialistes
41:37de l'affaire le connaissent
41:38cet aspect-là,
41:39mais ce qu'on méconnaît peut-être,
41:40c'est le harcèlement
41:41dont a été victime
41:42la famille Villemin.
41:43Je dis la famille
41:44au sens élargi,
41:45c'est-à-dire les parents
41:46du petit Grégory,
41:46mais aussi les grands-parents,
41:47certains ongles,
41:48certains membres de cette famille.
41:53Selon les experts,
41:54il y en aurait au moins 5,
41:55c'est vous dire
41:55où l'on en est
41:57sur cet aspect-là.
41:59Harcèlement à plusieurs titres.
42:01D'abord téléphonique.
42:02On ressense environ
42:03800 à 900 coups de fil anonymes,
42:06des coups de fil de menace,
42:08des courriers anonymes aussi.
42:09Il y a beaucoup de lettres du corbeau.
42:10Il y en a certaines
42:11qui font toujours parler aujourd'hui
42:13et qui sont l'objet d'expertises.
42:14Il y a une lettre de revendication
42:15du crime qui a été envoyée
42:16par ce corbeau.
42:17Des intrusions physiques aussi.
42:19On l'a vu dans le petit extrait
42:20qu'on vient de diffuser.
42:22Il y a, à un moment donné,
42:24notamment au domicile
42:25des parents du petit Grégory,
42:26des intrusions.
42:27On vient casser un carreau,
42:28on vient menacer.
42:29Et aujourd'hui,
42:30pourquoi est-ce qu'on a voulu
42:31s'intéresser à cette partie-là
42:32de l'histoire ?
42:32C'est parce que,
42:33en tout cas,
42:33dans l'esprit des enquêteurs,
42:35le petit Grégory a été victime
42:36d'une équipe
42:37qui était forcément
42:40en lien avec le corbeau.
42:41C'est-à-dire que,
42:42dans l'esprit des enquêteurs,
42:43si on trouve le corbeau,
42:44on trouvera forcément
42:45celui qui connaît l'assassin.
42:46On a peut-être une chance
42:47de résoudre cette énigme
42:48qui dure depuis 41 ans.
42:50Jean-Alphonse Richard.
42:51Vous connaissez tout,
42:52vous, de l'affaire Grégory ?
42:53Non, non, non.
42:54Je ne connais pas tout.
42:55Et là, si je connaissais tout,
42:56je connaîtrais même
42:56qui a fait ça,
42:57mais ce n'est pas le cas.
42:59Effectivement,
42:59c'est très intéressant,
43:00cette arborescence primaire
43:03dans ce dossier.
43:04Parce qu'on est là
43:04à la fondation du dossier.
43:06Et c'est pour ça que,
43:07lorsque les enquêteurs
43:08arrivent sur le terrain,
43:10après, évidemment,
43:10la mort de Grégory,
43:13les gendarmes sont sur place
43:14avec le capitaine Sesma
43:15qui dirige cette équipe
43:17d'enquêteurs,
43:19tout de suite,
43:19ils savent, entre guillemets.
43:21J'ai envie de dire,
43:22c'est une histoire extraordinaire
43:23parce qu'il n'y a pas de mystère.
43:24Tout de suite,
43:25on sait que c'est quelque chose
43:26fatalement de familial.
43:28Que ce n'est pas un rôdeur,
43:30ce n'est pas quelqu'un
43:31qui est passé par là,
43:32ce n'est pas un hasard, etc.
43:35On sait que là,
43:36l'enfant a été enlevé,
43:39qu'il a été attaché
43:40et qu'il a été tué
43:42par quelqu'un
43:43qui le connaît parfaitement.
43:45Donc, ça paraît
43:47tout simple comme ça.
43:48Mais c'est là
43:48que ça va se compliquer.
43:50Parce qu'il n'y a plus rien
43:50de simple à un moment donné.
43:52Dans cette arborescence,
43:53c'est très compliqué
43:54de savoir qui fait quoi,
43:55qui était là,
43:56qui plus est à l'époque,
43:57les moyens scientifiques
43:58de la police scientifique
43:59ne sont pas ceux d'aujourd'hui.
44:02On ne va pas revenir sur le...
44:03Il n'y avait pas la caméra,
44:04il n'y avait pas la vidéosurveillance.
44:06C'est un peu un désastre,
44:07il faut bien le dire.
44:07Il n'y a pas d'autopsie
44:09digne de ce nom.
44:09Il y a beaucoup de choses
44:10qui manquent.
44:11On ne sait toujours pas
44:12de quoi le petit Grégory
44:15indice, mais ces indices,
44:16ils ont été soit piétinés,
44:18soit oubliés ou malmenés.
44:19Ça, c'est le début de l'affaire.
44:20C'est vrai qu'aujourd'hui,
44:21l'affaire Grégory
44:22serait résolue en un quart d'heure.
44:24Parce que c'est ce que montre
44:25la ligne rouge de Vincent.
44:28Ces 800 appels,
44:29ils auraient été remontés
44:30aujourd'hui dans les 10 minutes.
44:32Ce qu'il y a,
44:33c'est qu'on est en 81
44:34dans la Vologne.
44:35C'est le début du téléphone.
44:37Et on le voit bien.
44:39C'est pour ça que c'est les racines,
44:40c'est ce feu qui va couver
44:42dans cette famille.
44:43Alors, Jean-Alphonse a raison,
44:44mais c'est à la fois plusieurs familles
44:46et puis c'est des familles complexes.
44:47Parce qu'ils sont 11 enfants,
44:48les Jacob,
44:49les Villemains,
44:50ils sont nombreux.
44:51Donc, c'est des familles
44:52entremêlées.
44:54Mais ça se passe là.
44:55Et puis surtout,
44:56dans ce feu qui couvre,
44:57on voit bien
44:57qu'il y a une espèce
44:58de crescendo.
45:00Alors, Maître Bernat,
45:01il défend Jacqueline Jacob.
45:03Mais on voit bien d'entrée
45:04avec ses appels
45:05que vraisemblablement,
45:07Jacqueline Jacob
45:08joue un rôle
45:09dans cette histoire
45:10puisqu'ils habitent,
45:12les Jacob,
45:12au pavillon
45:14qui se touche
45:14avec celui
45:15de Bernard Laroche.
45:17Et puis,
45:17on voit bien
45:18qu'il y a un incident
45:19qui est rappelé
45:20dans le film
45:22Marcel Jacob.
45:24Il y a une altercation
45:25avec Jean-Marie Villemin.
45:27Il y a plein de choses
45:27troublantes,
45:28parce que la dimension
45:28familiale,
45:29elle est au cœur
45:30de l'enquête.
45:31C'est vrai que votre cliente,
45:33elle apparaît
45:34comme un peu
45:36dans ce chaudron
45:37du corbeau téléphonique.
45:39Oui,
45:39alors,
45:40elle apparaît
45:41de manière tellement évidente
45:42que pendant 33 ans,
45:44on ne l'a jamais vue apparaître.
45:45Donc,
45:45je ne peux pas être
45:46complètement d'accord
45:47avec ce que vous dites.
45:48Ce qui apparaît
45:49quand même
45:50dans ce dossier,
45:50au-delà du cas
45:51de Jacqueline Jacob
45:53que je défends
45:54et contre laquelle
45:55je continue à dire
45:56qu'il n'y a absolument
45:56aucun élément,
45:57ce qui me paraît
45:58quand même important
45:58quand on analyse
45:59un peu le dossier
46:00au niveau de la problématique
46:01du corbeau.
46:02C'est qu'on parle beaucoup
46:03du corbeau
46:03et je pense que
46:04ce qui est intéressant
46:05dans ce que je viens d'entendre,
46:06c'est qu'en réalité,
46:07il y en a un tas de corbeaux
46:08et je pense même
46:09qu'il y a des appels
46:11de corbeaux
46:11qui ne concernent pas
46:13directement la mort de l'enfant
46:14parce qu'il y a eu
46:15tout un tas d'appels
46:16de corbeaux
46:17qui visaient les grands-parents.
46:19Je pense qu'il y a
46:19une espèce,
46:20comme vous disiez,
46:20de maelström comme ça,
46:22de rancœur,
46:23d'histoire de famille mêlée
46:24mais que tous en briques,
46:26il y en a qui sont en lien
46:27avec la mort de l'enfant,
46:28il y en a qui ne sont certainement pas
46:29et je pense que ça brouille aussi.
46:30Oui, mais sur le côté
46:31histoire de famille,
46:32précisément,
46:32la dimension familiale,
46:33elle frappe dans le document
46:34qu'on découvrira ce soir
46:36parce que le ou les corbeaux,
46:38peu importe qu'ils soient
46:39une personne ou plusieurs,
46:41connaissent très bien
46:42un, l'histoire familiale,
46:44des villemains au sens large,
46:46des parents ou des grands-parents
46:47de Grégory,
46:48connaissent aussi très bien
46:49l'intérieur
46:49de certaines des maisons
46:51et à un moment donné,
46:52dans le document,
46:53on découvre qu'il est question
46:54d'un buffet
46:55et le corbeau,
46:56l'un des corbeaux,
46:57fait référence au buffet
46:58qui se trouve
46:59chez les parents de Grégory,
47:01il se trouve que vos clients
47:02avaient ou ont le même.
47:05Ça, c'est possible,
47:06j'avoue que plus m'importe.
47:07Il y a une chose qui est sûre,
47:09c'est que les Jacob,
47:10ils n'étaient jamais invités
47:11ni chez Jean-Marie
47:12et Christine Villemin,
47:13ni chez Monique.
47:15Ils sont brouillés.
47:15Donc, voilà,
47:16si vous voulez,
47:17je veux bien qu'on vienne me dire
47:18que le corbeau connaissait parfaitement
47:20le rythme et la vie
47:21des uns et des autres,
47:22mais ça tombe bien
47:23parce que les Jacob,
47:24c'était des gens
47:24qui ne ferait pas.
47:24Mais c'est un fait
47:25que le haut les corbeaux
47:26connaissaient parfaitement
47:28les lieux
47:29et y compris
47:29contrôlaient les lieux
47:31lorsqu'ils tendaient un piège
47:33et que derrière,
47:34ils reviennent.
47:34Effectivement,
47:34ils avaient une vue
47:35sur les lieux.
47:36On ne peut pas parler
47:37du huis clos,
47:37mais c'est une espèce
47:38de vallée
47:39avec des habitations
47:40qui sont en hauteur,
47:42qui vont avoir vue
47:42sur les habitations
47:43des uns et des autres.
47:44Il y a un élément
47:45qu'on met en avant
47:46dans le documentaire ce soir
47:47qui est,
47:48je ne vais pas dire rigolo,
47:49mais qui est totalement troublant,
47:50c'est que ce corbeau
47:51fait aussi des canulars
47:52et à un moment donné,
47:53il va s'en prendre
47:53au grand-père de Grégory,
47:55Albert,
47:56dont le père s'était suicidé.
47:57Il va le menacer
47:58en lui disant...
47:59On a l'extrait.
48:00On peut le regarder,
48:01cet extrait,
48:02parce que c'est très pas...
48:03Regardons-le.
48:06Le corbeau est toujours
48:07focalisé sur
48:09« tu finiras par te pendre
48:12comme ton propre père ».
48:13Le corbeau essaye
48:15de le pousser au suicide
48:16depuis longtemps déjà.
48:22Pour faire craquer
48:28la famille Villemain,
48:30le corbeau organise
48:31même des canulars morbides.
48:33À un moment donné,
48:34le corbeau dit
48:35« tu vas voir,
48:36tu vas avoir une surprise ».
48:38Une femme appelle
48:42les pompes funèbres,
48:43monsieur Lapoirie,
48:46en disant
48:47« Albert Villemain
48:48s'est accroché,
48:50ça veut dire
48:50qu'il s'est pendu,
48:51il faut aller prendre
48:52les mesures de son cercueil
48:54chez lui à Omonzé. »
48:57Le croque-mort
48:57se déplace,
48:58monsieur Lapoirie,
49:00arrive chez Albert Villemain
49:03et c'est le mort
49:05qui lui ouvre la porte.
49:07Le croque-mort
49:07il est bien ennuyé.
49:08Il dit « écoutez,
49:10il y a une femme
49:10qui m'a appelée
49:11pour me dire
49:12qu'il fallait venir
49:12prendre les mesures
49:13pour votre cercueil. »
49:15Et à ce moment-là,
49:17le corbeau rappelle
49:19en disant
49:23à Albert Villemain
49:24« ah ah ah,
49:25t'as vu,
49:27tu l'as eue,
49:28ta surprise. »
49:30C'est incroyable.
49:31« Tu l'as eue,
49:31ta surprise,
49:32ça veut dire
49:32je suis en train
49:33de voir devant ta porte
49:34quand les pompes funèbres
49:35arrivent
49:36pour voir si mon canular
49:37a marché,
49:37c'est-à-dire que je vois
49:38exactement comment
49:39les choses se passent. »
49:40« C'est un des corbeaux. »
49:41« C'est un des corbeaux. »
49:43« Le souci est là aussi,
49:44c'est qu'on s'ennuie
49:45beaucoup dans cette vallée.
49:46Moi, quand j'y étais allé,
49:47jeune journaliste,
49:48etc., à l'époque,
49:49on s'ennuie beaucoup.
49:50On passe son temps
49:51à se téléphoner.
49:52Il n'y a pas que
49:52chez les Villemains
49:53que ça existe
49:53ou chez les Jacob.
49:54On se téléphone,
49:56on s'envoie des lettres.
49:58Ça, c'est un sport
49:59presque régional,
50:00j'ai envie de dire,
50:01dans ce coin-là.
50:02Donc, effectivement,
50:04ça pose des questions.
50:05Oui,
50:06on connaît les lieux,
50:07etc.,
50:08mais lorsqu'on prend
50:09tous les messages
50:10du corbeau,
50:11vous l'avez dit,
50:11ils sont extrêmement nombreux,
50:13il faut resserrer
50:14sur ceux
50:14qui valent vraiment la peine.
50:15c'est-à-dire ceux
50:17sur la mort directe
50:19de l'enfant.
50:20Parce que là,
50:20ça, c'est important
50:21dans le timing,
50:22etc.
50:23Quelques heures
50:24après le meurtre
50:25de Grégory,
50:26ses parents
50:26reçoivent
50:28un message.
50:30Il y a trois années
50:31de harcèlement
50:32et puis ça continue
50:32après le meurtre
50:34de Grégory.
50:35Comme si ça ne suffisait pas,
50:36ses parents,
50:37il leur est infligé
50:38encore de nouveaux courriers.
50:39Il y a une lettre
50:39de revendication,
50:40on en a une copie
50:42qui est juste ici,
50:43alors on ne peut pas la lire,
50:43je vais la lire.
50:44J'espère que tu mourras
50:45de chagrin,
50:45le chef,
50:46ce n'est pas ton argent
50:47qui pourra te redonner ton fils.
50:48Voilà ma vengeance,
50:49pauvre con.
50:50On sait que cette lettre,
50:51elle a été postée
50:52avant 17h15,
50:53le jour du meurtre
50:54du petit Grégory.
50:55Elle arrive le lendemain.
50:56Et aujourd'hui,
50:56cette lettre,
50:57elle est importante
50:57parce que c'est ça aussi
50:58qui permet de faire le lien
50:59entre le corbeau,
51:00en tout cas celui-là,
51:01et l'assassin,
51:02puisque le corbeau
51:02connaît forcément l'assassin.
51:04Et aujourd'hui,
51:05cette lettre,
51:05c'est peut-être aussi celle
51:06qui est source d'espoir
51:08pour les enquêteurs.
51:09Pourquoi je dis ça ?
51:09Parce qu'elle est toujours
51:10en main des enquêteurs,
51:11elle fait toujours
51:12l'objet d'analyses,
51:13d'expertises,
51:14notamment sur l'ADN.
51:15Aujourd'hui,
51:15on a des ADN qui sont mêlés,
51:17mélangés.
51:19On se demande
51:19si avec les progrès de la science,
51:20on ne pourra pas réussir
51:21à discriminer
51:22afin de sortir l'ADN.
51:23Quand cette lettre est postée
51:24à la poste de l'éponge,
51:25Grégory est dans la voiture
51:27parfaitement vivant.
51:28Il n'est pas mort.
51:32Semblablement que Bernard Laroche,
51:34puisque c'est lui,
51:35d'après les enquêteurs,
51:36qui vient d'enlever Grégory
51:38par un espèce de concours
51:39de circonstances,
51:40c'est la première fois
51:41depuis 15 jours
51:42que Grégory est tout seul
51:43dans son jardin à jouer.
51:44Il était malade.
51:45Et il n'est pas surveillé.
51:46Et il n'est pas surveillé.
51:47Et ça, maître,
51:48pour les enquêteurs,
51:49c'est votre cliente
51:50qui a joué un rôle,
51:51Jacqueline Lacob,
51:51dans l'écriture de cette lettre ?
51:53En tout cas...
51:54Elle est soupçonnée
51:54par la justice,
51:55elle est mise en examen.
51:56Elle est...
51:57Puisque c'est de notoriété publique,
51:59que le parquet a communiqué
52:00là-dessus,
52:01en disant d'ailleurs
52:01qu'il considérait
52:02que ce n'était pas une charge.
52:02Mais peu importe.
52:04Effectivement,
52:04il est de notoriété publique
52:06qu'elle a été mise en examen
52:07récemment
52:08pour association de malfaiteurs.
52:10Et que, notamment...
52:11Alors, il y a un expert
52:12qui dit que ce n'est pas elle
52:13qui a écrit ce courrier,
52:15c'est la graphologie.
52:16Il y a la stylométrie,
52:18je ne parle pas d'expertise
52:19parce que ce ne sont pas
52:19les experts,
52:20qui dirait que ça serait
52:22son style d'écriture.
52:23C'est hautement probable.
52:24Pour reprendre le terme,
52:25c'est ça.
52:26Ce serait hautement probable.
52:27Bon, on verra
52:29ce que ça peut donner.
52:30Ça n'a convaincu personne
52:31à part le juge d'instruction
52:32pour l'instant
52:32puisque même le parquet général
52:34estime que ça ne vaut
52:34quand même pas grand-chose
52:35cette histoire de stylométrie.
52:37Maintenant, simplement,
52:38je crois quand même
52:39que, voyez, par exemple,
52:40si vous me permettez,
52:41ce canulaire téléphonique
52:42pour moi,
52:43et je pense qu'il n'est pas...
52:44Je rejoins un peu
52:45ce que semblait dire
52:46Jean-Alphonse.
52:47Je pense qu'il n'est pas
52:49en lien avec la mort de l'enfant.
52:50Il s'inscrit dans une espèce
52:52de sport régional
52:53pour reprendre cette expression.
52:55Je pense qu'il y avait des rancœurs.
52:55Et je pense, moi,
52:57que ceux qui ont fait du mal
52:58à l'enfant
52:58ont réutilisé
53:00la connaissance qu'ils avaient
53:01de ce qu'il y avait
53:02des corbeaux qui tournaient
53:03et ils ont réexploité
53:04le filon du corbeau
53:05en marge
53:06de l'assassinat de l'enfant.
53:08Et je pense que c'est
53:09ce qui peut brouiller aussi
53:09beaucoup l'épisode.
53:10– Est-ce qu'un procès
53:11pourrait un jour
53:12permettre de faire émerger
53:14la vérité ?
53:16Il y aura un procès un jour ?
53:18– Tout peut toujours
53:19être envisagé.
53:21Moi, j'avoue que ça me paraît
53:22quand même assez peu probable,
53:24en tout cas en l'état du dossier,
53:25si on n'a pas un ou plusieurs éléments
53:27vraiment importants
53:29qui apparaissent comme ça,
53:31je ne vois pas vraiment
53:32comment on pourrait envisager
53:33un procès aujourd'hui.
53:34– En dépit du fait
53:35que votre cliente
53:36est en examen.
53:36– En tout cas, moi,
53:37si ma cliente, demain,
53:39devait aller en procès,
53:40je peux vous dire
53:40qu'avec mes confrères,
53:41on est parfaitement sereins.
53:43Je veux dire, honnêtement,
53:44on n'a pas...
53:45Je vous dis, encore une fois,
53:46le procureur général lui-même
53:47estime qu'il n'y a pas d'éléments
53:48contre notre cliente.
53:49Donc si vous voulez...
53:50– Il dit qu'il y a un doute
53:51sur la prescription
53:51parce qu'effectivement,
53:52il va d'abord y avoir
53:54un débat juridique
53:55pour savoir si on peut
53:58renvoyer, par exemple,
53:59Jacqueline Jacob
53:59pour des faits
54:00qui seraient délictuels
54:01et non pas criminels.
54:02– Il va y avoir tout un débat.
54:03– Il écrit qu'il y a un doute
54:04sur la prescription,
54:05mais il écrit aussi
54:06qu'en l'État,
54:06il n'y a pas de charge suffisante
54:08pour justifier une mise en examen.
54:09– Mais là,
54:10on est sur la procédure,
54:11évidemment, c'est important.
54:12Sur les recours, etc.
54:13On se projette déjà
54:14sur un procès, etc.
54:16Si on revient sur le dossier,
54:17le temps est assassin
54:18dans ce dossier.
54:19Il y a plein de choses
54:20qui ont été détruites.
54:22Il y a plein de choses
54:22qui n'existent plus.
54:23On a récupéré des scellés
54:24comme on a pu, etc.
54:25À un moment donné,
54:26les ADN, parleront-ils ?
54:28Oui, avec les miracles
54:29de la science, peut-être.
54:30Mais pour l'instant,
54:31on est bloqué.
54:33On est dans une situation
54:34de crispation la plus totale.
54:36– La parole peut se libérer.
54:38– Moi, je n'y crois pas du tout.
54:40– Faire un procès avec qui
54:41et avec quoi ?
54:42– On rêve toujours,
54:44mais c'est très rare
54:45en matière criminelle,
54:46que…
54:47– Est-ce que ça arrive,
54:48Jean-Pierre ?
54:48– Dans les centaines d'affaires
54:49que vous avez faites,
54:50de l'offense à Sienaune
54:51ou justement,
54:52sur son lit de mort,
54:53quelqu'un a voué.
54:53– Ça peut arriver un grand-père
54:54qui laisse une lettre
54:55et il y a une histoire comme ça,
54:56etc.
54:57– Ça peut arriver.
54:57– La faire agnuler,
54:58on a eu la fameuse déposition
54:59après des années.
55:01– Du fils, mais c'est rarissime.
55:02C'est rarissime.
55:03Et encore une fois,
55:05je veux dire,
55:06la mort de La Roche
55:07a été épouvantable
55:09dans ce dossier.
55:10Elle a stoppé,
55:11la fracture de ce dossier,
55:13elle est là.
55:14Elle va très vite,
55:15la mort de La Roche.
55:15C'est très peu de temps
55:16après la mort de Grégory.
55:18Et là, on bascule
55:20dans le néant
55:22et dans une espèce
55:23de confusion
55:24la plus totale.
55:25C'est dommage.
55:26C'est Jean-Marie
55:27qui tue La Roche.
55:29C'est vraiment,
55:30c'est dommage
55:30parce qu'on avait peut-être
55:31la clé ici,
55:32on avait quelque chose
55:33vraiment où on aurait pu avancer.
55:35Aujourd'hui,
55:36c'est très très compliqué.
55:37Moi, je suis très pessimiste
55:38là-dessus,
55:39sur la sortie
55:40de la fergay gruy.
55:41Qui plus est,
55:41si un procès,
55:42si quelqu'un est accusé
55:43et même condamné,
55:44mais personne ne croira.
55:45– Ça restera peut-être
55:46jamais un mystère.
55:47– Bien sûr.
55:47Jacqueline Jacob.
55:48– Il y a un grand mystère.
55:49– Vous nous disiez,
55:50vous, être serein.
55:52Votre cliente,
55:53Jacqueline Jacob,
55:54la grand-ante de Grégory,
55:55aujourd'hui,
55:55elle est sereine.
55:56– Alors,
55:56vous ne pouvez jamais être serein
55:57quand vous avez l'impression
55:58d'être harcelé,
55:59si vous voulez,
56:00par l'autorité judiciaire.
56:02Mais,
56:03en tout cas,
56:03elle, elle dit,
56:04mais de toute façon,
56:05il ne peut rien m'arriver.
56:06Je n'ai absolument rien
56:07à me reprocher
56:08dans ce dossier.
56:09Je n'ai pas de problème.
56:10Moi, quand je vous dis
56:10qu'on est serein,
56:11c'est en tant qu'avocat.
56:13En plus,
56:13vous voudriez faire
56:14un procès avec qui,
56:15avec quoi ?
56:15Enfin,
56:15le dossier d'assises,
56:16c'est des témoins,
56:17il n'y en a plus.
56:17Je pense que si la parole
56:18avait dû se libérer
56:19dans ce dossier,
56:19elle se serait libérée.
56:20– Merci, Maître.
56:22Merci à tous les quatre
56:22d'avoir accepté
56:24notre invitation
56:25à tous les trois.
56:25Et Laurent,
56:26évidemment,
56:26on se retrouve
56:27dans quelques semaines.
56:29Je vous rappelle
56:29ce rendez-vous très important.
56:30Affaire Grégory,
56:31les voix du crime,
56:32document inédit
56:33de l'ignorange
56:33à découvrir tout à l'heure
56:34en intégralité
56:35à 21h sur BFM TV.
56:38C'est vraiment,
56:38vraiment passionnant.
56:40– Sous-titrage ST' 501
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