- il y a 7 semaines
Chaque week-end, l’émission pilotée par François Gapihan avec à ses côtés Laurent Valdiguié, consultant police/justice BFMTV, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.
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00:00BFMTV vous propose ce soir un document exceptionnel consacré à l'énigme criminelle, sans doute la plus célèbre de France, l'affaire Grégory.
00:08Plus exactement, sur les années qui ont précédé le meurtre du petit garçon, les années de harcèlement qu'a subi sa famille jusqu'à ce 16 octobre 1984.
00:19Extrait de cette enquête ligne rouge que vous pourrez retrouver en intégralité à 21h tout à l'heure.
00:27Allô ? Allô ?
00:29Au départ c'était lassant, ensuite c'était stressant.
00:35Allô ? Allô ? Oui ?
00:37Ensuite c'était oppressant.
00:41Le danger devient concret un soir de novembre 1981.
00:54Christine Villemin est seule dans sa maison.
00:56Jean-Marie travaille à l'usine et Grégory dort chez sa grand-mère.
01:01Christine est seule chez elle et elle reçoit un appel.
01:06C'est la première fois qu'elle entend ce qu'elle envisage comme la voix d'un homme, une voix rauque et qui se met à l'insulter.
01:15Et non seulement le corbeau l'insulte, mais il fait référence à son homme, son vieux, comme dit la voix.
01:21Et cette voix paraît très bien renseignée puisque Christine dit je vais aller chercher mon mari, histoire de lui faire peur.
01:29Et la voix dit t'auras du mal, il est au travail.
01:32La soirée se passe et puis tout à coup, alors qu'elle prend sa douche, elle entend des bruits qui viennent de l'extérieur.
01:41Comme si quelqu'un tambourinait à la porte d'entrée.
01:46Peu de temps après, la vitre a volé en éclats.
01:51Donc là évidemment, on change de dimension puisqu'on n'est plus seulement dans une possible mauvaise blague téléphonique, on est dans une menace physique.
01:58Affaire Grégory, les voix du crime à découvrir en intégralité ce soir à 21h sur BFM TV.
02:04Une enquête exceptionnelle, vraiment, signée Isabelle Quintard, Vincent Antiguem qui est avec nous.
02:09Bonjour Vincent.
02:09Bonjour.
02:10Nicolas Bagioni, Alexandre Funel et Marlène Lartigue.
02:13Frédéric Bernard, alors vous êtes resté avec nous, petite originalité aujourd'hui, c'est que vous êtes avocat dans plusieurs affaires.
02:18Et il se trouve que vous êtes l'avocat de Jacqueline et de Marcel Jacob.
02:21Jacqueline Jacob étant mise en examen et étant soupçonnée d'être l'un des corbeaux de l'affaire Grégory.
02:29Jacqueline Jacob, la grand-tante de Grégory.
02:32Jean-Alphonse Richard est de retour à nos côtés, journaliste et présentateur de l'heure du crime sur RTL.
02:38Laurent, je crois qu'on sera d'accord pour dire que ce qu'on va apprendre,
02:42parce que je pense qu'on apprend beaucoup de choses dans ce documentaire ce soir,
02:46c'est que c'est vraiment une histoire dans l'histoire.
02:47C'est une histoire assez méconnue qui fourmille d'éléments.
02:52Qui n'ont jamais été véritablement mis en avant.
02:56Ces trois années de harcèlement qu'a subi la famille de Grégory avant qu'il ne soit tué le 16 octobre 1984.
03:02En fait, c'est l'histoire avant l'histoire qu'on a voulu raconter.
03:04C'est vraiment ça, parce que c'est vrai que l'affaire Grégory, ça parle à tout le monde.
03:07Tout le monde se souvient.
03:08On a l'impression de tout savoir de l'affaire Grégory.
03:10Du fameux 16 octobre 1984, quand dans la soirée, on retrouve le corps de cet enfant de 3 ans,
03:15les pieds et les poings liés dans les eaux de la Vologne.
03:18Je ne dirais pas ce qu'on ignore, parce que les plus grands spécialistes de l'affaire le connaissent,
03:23cet aspect-là, mais ce qu'on méconnaît peut-être, c'est le harcèlement dont a été victime la famille Villemin.
03:28Je dis la famille au sens élargi, c'est-à-dire les parents du petit Grégory,
03:31mais aussi les grands-parents, certains oncles, certains membres de cette famille.
03:34Pendant des années, trois ans auparavant, de la part d'un ou des corbeaux,
03:38selon les experts, il y en aurait au moins cinq, c'est-à-dire où l'on en est sur cet aspect-là,
03:44harcèlement à plusieurs titres.
03:45D'abord téléphonique.
03:47On recense environ 800 à 900 coups de fil anonymes, des coups de fil de menace,
03:52des courriers anonymes aussi.
03:54Il y a beaucoup de lettres du corbeau.
03:55Il y en a certaines qui font toujours parler aujourd'hui, qui sont l'objet d'expertises.
03:59C'est une lettre de revendication du crime qui a été envoyée par ce corbeau.
04:02Des intrusions physiques aussi, on l'a vu dans le petit extrait qu'on vient de diffuser.
04:07Il y a, à un moment donné, notamment au domicile des parents du petit Grégory,
04:11des intrusions, on vient casser un carreau, on vient menacer.
04:14Et aujourd'hui, pourquoi est-ce qu'on a voulu s'intéresser à cette partie-là de l'histoire ?
04:17C'est parce qu'en tout cas, dans l'esprit des enquêteurs,
04:20le petit Grégory a été victime d'une équipe,
04:22d'une équipe qui était forcément en lien avec le corbeau.
04:26C'est-à-dire que dans l'esprit des enquêteurs, si on trouve le corbeau,
04:29on trouvera forcément celui qui connaît l'assassin.
04:31On a peut-être une chance de résoudre cette énigme qui dure depuis 41 ans.
04:35Jean-Alphonse Richard, vous connaissez tout, vous, de l'affaire Grégory ?
04:38Non, je ne connais pas tout.
04:39Et là, si je connaissais tout, je connaîtrais même qui a fait ça, mais ce n'est pas le cas.
04:44Effectivement, c'est très intéressant, cette arborescence primaire dans ce dossier.
04:48Parce qu'on est là, à la fondation du dossier.
04:50Et c'est pour ça que lorsque les enquêteurs arrivent sur le terrain,
04:54après, évidemment, la mort de Grégory, les gendarmes sont sur place avec le capitaine Sesma
05:00qui dirige cette équipe d'enquêteurs.
05:04Tout de suite, ils savent, entre guillemets.
05:06J'ai envie de dire, c'est une histoire extraordinaire parce qu'il n'y a pas de mystère.
05:09Tout de suite, on sait que c'est quelque chose fatalement de familial.
05:12Que ça, ce n'est pas un rôdeur, ce n'est pas quelqu'un qui est passé par là,
05:17ce n'est pas un hasard, etc.
05:19On sait que là, l'enfant a été enlevé, qu'il a été attaché et qu'il a été tué
05:27par quelqu'un qui le connaît parfaitement.
05:30Donc, ça paraît tout simple comme ça.
05:33Mais c'est là que ça va se compliquer.
05:34Parce qu'il n'y a plus rien de simple à un moment donné.
05:37Dans cette arborescence, c'est très compliqué de savoir qui fait quoi, qui était là,
05:40qui plus est, à l'époque, les moyens scientifiques de la police scientifique
05:44ne sont pas ceux d'aujourd'hui.
05:47On ne va pas revenir sur le...
05:48Il n'y avait pas la caméra vidéo, il n'y avait pas la vidéosurveillance.
05:50C'est un peu un désastre, il faut bien le dire.
05:52Il n'y a pas d'autopsie digne de ce nom.
05:54Enfin, il y a beaucoup de choses qui manquent.
05:56On ne sait toujours pas de quoi le petit Grégory est mort aujourd'hui.
05:58Le dossier a bon d'indices, mais ces indices, ils ont été soit piétinés,
06:02soit oubliés ou malmenés.
06:04Ça, c'est le début de l'affaire.
06:05C'est vrai qu'aujourd'hui, l'affaire Grégory serait résolue en un quart d'heure.
06:08Oui, parce que c'est ce que montre la ligne rouge de Vincent.
06:13Ces 800 appels, ils auraient été remontés aujourd'hui dans les 10 minutes.
06:17Ce qu'il y a, c'est qu'on est en 81 dans la Vologne.
06:20C'est le début du téléphone.
06:22Et on le voit bien.
06:23C'est pour ça que c'est les racines, c'est ce feu qui va couver dans cette famille.
06:28Alors, Jean-Alphonse a raison, mais c'est à la fois plusieurs familles,
06:31et puis c'est des familles complexes, parce qu'ils sont 11 enfants, les Jacob,
06:33les Villemains, ils sont nombreux.
06:36Donc, c'est des familles entremêlées.
06:38Mais ça se passe là, et puis surtout, dans ce feu qui couvre,
06:42on voit bien qu'il y a une espèce de crescendo.
06:45Alors, Maître Bernat, il défend Jacqueline Jacob.
06:47Mais on voit bien d'entrée avec ces appels
06:50que vraisemblablement, Jacqueline Jacob joue un rôle dans cette histoire,
06:55puisqu'ils habitent, les Jacob, au pavillon qui se touche avec celui de Bernard Laroche.
07:01Et puis, on voit bien qu'il y a un incident qui est rappelé dans le film.
07:08Marcel Jacob, il y a une altercation avec Jean-Marie Villemin.
07:11Il y a plein de choses troublantes, parce que la dimension familiale,
07:14elle est au cœur de l'enquête.
07:15C'est vrai que votre cliente, elle apparaît comme un peu dans ce chaudron du corbeau téléphonique.
07:24Oui, alors, elle apparaît de manière tellement évidente
07:27que pendant 33 ans, on ne l'a jamais vue apparaître.
07:30Donc, je ne peux pas être complètement d'accord avec ce que vous dites.
07:33Ce qui apparaît quand même dans ce dossier,
07:35au-delà du cas de Jacqueline Jacob que je défends
07:39et contre laquelle je continue à dire qu'il n'y a absolument aucun élément,
07:42ce qui me paraît quand même important quand on analyse un peu le dossier,
07:45au niveau de la problématique du corbeau,
07:47c'est qu'on parle beaucoup du corbeau.
07:48Et je pense que ce qui est intéressant dans ce que je viens d'entendre,
07:51c'est qu'en réalité, il y en a un tas de corbeaux.
07:53Et je pense même qu'il y a des appels de corbeaux
07:56qui ne concernent pas directement la mort de l'enfant.
07:59Parce qu'il y a eu tout un tas d'appels de corbeaux
08:02qui visaient les grands-parents.
08:03Je pense qu'il y a une espèce, comme vous disiez,
08:05de maelström comme ça, de rancœur, d'histoire de famille mêlée,
08:09mais que tous en briques,
08:11il y en a qui sont en lien avec la mort de l'enfant,
08:13il y en a qui ne sont certainement pas,
08:14et je pense que ça brouille aussi beaucoup.
08:15Oui, mais sur le côté histoire de famille,
08:17précisément la dimension familiale,
08:18elle frappe dans le document qu'on découvrira ce soir.
08:21Parce que le ou les corbeaux,
08:23peu importe qu'ils soient une personne ou plusieurs,
08:26connaissent très bien, un, l'histoire familiale,
08:28des villemains au sens large,
08:31des parents ou des grands-parents de Grégory,
08:32connaissent aussi très bien l'intérieur
08:34de certaines des maisons.
08:36Et à un moment donné, dans le document,
08:38on découvre qu'il est question d'un buffet.
08:40Et le corbeau, l'un des corbeaux,
08:42fait référence au buffet qui se trouve
08:44chez les parents de Grégory.
08:46Il se trouve que vos clients avaient ou ont le même.
08:49Ça, c'est possible.
08:50J'avoue que peu m'importe.
08:52Il y a une chose qui est sûre,
08:53c'est que les Jacob,
08:55ils n'étaient jamais invités
08:56ni chez Jean-Marie et Christine Villemin,
08:58ni chez Monique.
08:59Ils sont brouillés.
09:00Donc, voilà.
09:01Donc, si vous voulez,
09:02je veux bien qu'on vienne me dire
09:03que le corbeau connaissait parfaitement
09:05le rythme et la vie des uns et des autres.
09:07Mais ça tombe bien,
09:08parce que les Jacob,
09:08c'était des gens qui ne fréquentraient pas.
09:09Mais c'est un fait que les corbeaux
09:11connaissaient parfaitement les lieux
09:14et y compris contrôlaient les lieux
09:16lorsqu'ils tendaient un piège
09:18et que derrière, ils reviennent.
09:19Effectivement, ils avaient une vue sur les lieux.
09:21On ne peut pas parler du huis clos,
09:22mais c'est une espèce de vallée
09:23avec des habitations qui sont en hauteur,
09:26qui vont avoir vue sur les habitations
09:28des uns et des autres.
09:29Il y a un élément qu'on met en avant
09:31dans le documentaire ce soir
09:32qui est, je ne vais pas dire rigolo,
09:34mais qui est totalement troublant,
09:35c'est que ce corbeau fait aussi des canulars
09:37et à un moment donné,
09:38il va s'en prendre au grand-père de Grégory, Albert,
09:41dont le père s'était suicidé.
09:42Il va le menacer en lui disant...
09:44On a l'extrait.
09:45On peut le regarder, cet extrait,
09:47parce que c'est cette enquête.
09:49Regardons-le.
09:51Le corbeau est toujours focalisé sur
09:54« tu finiras par te pendre comme ton propre père ».
09:58Le corbeau essaye de le pousser au suicide
10:00depuis longtemps déjà.
10:08Pour faire craquer la famille Villemin,
10:14le corbeau organise même des canulars morbides.
10:18À un moment donné, le corbeau dit
10:20« tu vas voir, tu vas avoir une surprise ».
10:23Une femme appelle les pompes funèbres,
10:28M. Lapoirie,
10:31en disant « Albert Villemin s'est accroché,
10:35ça veut dire qu'il s'est pendu,
10:37il faut aller prendre les mesures de son cercueil
10:38chez lui à Omonzé ».
10:40Le croque-mort se déplace,
10:43M. Lapoirie,
10:45arrive chez Albert Villemin,
10:49et c'est le mort
10:50qui lui ouvre la porte.
10:51Le croque-mort, il est bien ennuyé.
10:53Il dit « écoutez,
10:54il y a une femme qui m'a appelée
10:56pour me dire qu'il fallait venir
10:57prendre les mesures
10:58pour votre cercueil ».
10:59Et à ce moment-là,
11:03le corbeau rappelle
11:04en disant à Albert Villemin
11:09« ah ah ah,
11:10t'as vu,
11:12tu l'as eu,
11:13ta surprise ».
11:14C'est incroyable.
11:16« Tu l'as eu,
11:16ta surprise »,
11:17ça veut dire
11:17« je suis en train de voir
11:18devant ta porte
11:19quand les pompes funèbres arrivent
11:20pour voir si mon canular a marché »,
11:22c'est-à-dire que je vois exactement
11:23comment les choses se passent.
11:25Et c'est un des corbeaux.
11:26Et c'est un des corbeaux.
11:27C'est un des corbeaux.
11:28Et le souci est là aussi,
11:29c'est qu'on s'ennuie beaucoup
11:30dans cette vallée.
11:31Moi, quand j'y étais allé,
11:32jeune journaliste, etc.,
11:33à l'époque,
11:34on s'ennuie beaucoup.
11:35On passe son temps
11:36à se téléphoner.
11:37Il n'y a pas que chez les Villemin
11:37que ça existe
11:38ou chez les Jacob.
11:39On se téléphone,
11:40effectivement,
11:41on s'envoie des lettres.
11:43Ça, c'est un sport
11:44presque régional,
11:45j'ai envie de dire,
11:46dans ce coin-là.
11:47Donc, effectivement,
11:48ça pose des questions.
11:50Oui, on connaît les lieux,
11:52etc.,
11:52mais lorsqu'on prend
11:54tous les messages du corbeau,
11:55vous l'avez dit,
11:56ils sont extrêmement nombreux,
11:58il faut resserrer
11:59sur ceux qui valent
12:00vraiment la peine.
12:01C'est-à-dire ceux
12:02sur la mort directe
12:04de l'enfant.
12:04Parce que là,
12:05ça, c'est important
12:06dans le timing, etc.
12:08Quelques heures
12:08après le meurtre de Grégory,
12:11ses parents reçoivent
12:13un message.
12:14Il est là,
12:15trois années de harcèlement
12:16et puis ça continue
12:17après le meurtre de Grégory.
12:20Comme si ça ne suffisait pas,
12:21ses parents,
12:22il leur est infligé
12:23encore de nouveaux courriers.
12:24Il y a une lettre
12:24de revendication,
12:25on en a une copie
12:27qui est juste ici.
12:28Alors, on ne peut pas la lire,
12:28je vais la lire.
12:29J'espère que tu mourras
12:30de chagrin, le chef,
12:31ce n'est pas ton argent
12:31qui pourra te redonner ton fils.
12:33Voilà ma vengeance,
12:34pauvre con.
12:35On sait que cette lettre,
12:36elle a été postée
12:37avant 17h15,
12:38le jour du meurtre
12:39du petit Grégory.
12:40Elle arrive le lendemain.
12:41Et aujourd'hui,
12:41cette lettre,
12:42elle est importante
12:42parce que c'est ça aussi
12:43qui permet de faire le lien
12:44entre le corbeau,
12:45ou en tout cas celui-là
12:46et l'assassin
12:47puisque le corbeau
12:47connaît forcément l'assassin.
12:49Et aujourd'hui,
12:49cette lettre,
12:50c'est peut-être aussi celle
12:51qui est source d'espoir
12:53pour les enquêteurs.
12:54Pourquoi je dis ça ?
12:54Parce qu'elle est toujours
12:55en main des enquêteurs,
12:56elle fait toujours
12:57l'objet d'analyses,
12:58d'expertises,
12:59notamment sur l'ADN.
13:00Aujourd'hui,
13:00on a des ADN
13:01qui sont mêlés,
13:02mélangés.
13:03On se demande
13:04si avec les progrès
13:05de la science,
13:05on ne pourra pas réussir
13:06à discriminer
13:07afin de sortir l'ADN.
13:08Quand cette lettre
13:09est postée à la poste
13:09de l'éponge,
13:10Grégory est dans la voiture
13:11parfaitement vivant.
13:13Il n'est pas mort.
13:13Il n'est pas mort.
13:14Non seulement il n'est pas mort,
13:15mais il est toujours là
13:16dans la voiture
13:16en attendant vraisemblablement
13:18que Bernard Laroche,
13:19puisque c'est lui,
13:20d'après les enquêteurs,
13:21qui vient d'enlever Grégory
13:22par un espèce de concours
13:24de circonstances,
13:25c'est la première fois
13:26depuis 15 jours
13:27que Grégory,
13:27tout seul,
13:28dans son jardin à jouer,
13:29il était malade.
13:30Et il n'est pas surveillé.
13:31Et il n'est pas surveillé.
13:32Et ça, maître,
13:33pour les enquêteurs,
13:34c'est votre cliente
13:35qui a joué un rôle,
13:36Jacqueline Lacobbe,
13:36dans l'écriture de cette lettre ?
13:38Elle est soupçonnée
13:39par la justice,
13:40elle est mise en examen.
13:41Elle est,
13:42puisque c'est de notoriété publique,
13:44le parquet a communiqué
13:45là-dessus,
13:45en disant d'ailleurs
13:46qu'il considérait
13:47que ce n'était pas une charge.
13:47Mais peu importe.
13:49Effectivement,
13:49il est de notoriété publique
13:50qu'elle a été mise en examen
13:52récemment
13:52pour association de malfaiteurs.
13:55Et que, notamment,
13:56alors il y a un expert
13:57qui dit que ce n'est pas elle
13:58qui a écrit ce courrier,
14:00c'est la graphologie.
14:01Il y a la stylométrie,
14:02je ne parle pas d'expertise
14:03parce que ce ne sont pas
14:04les experts,
14:05qui diraient que
14:06ça serait son style d'écriture.
14:08C'est hautement probable.
14:09Pour reprendre le terme,
14:10c'est ça.
14:11Ce serait hautement probable.
14:12Bon,
14:13on verra ce que ça peut donner.
14:15Ça n'a convaincu personne
14:16à part le juge d'instruction
14:17pour l'instant,
14:17puisque même le parquet général
14:18estime que ça ne vaut
14:19quand même pas grand-chose
14:20cette histoire de stylométrie.
14:21Maintenant, simplement,
14:23je crois quand même
14:24que, voyez,
14:24par exemple,
14:25si vous me permettez
14:25ce canulaire téléphonique
14:27pour moi,
14:28et je pense qu'il n'est pas,
14:29et je rejoins un peu
14:30ce que semblait dire Jean-Alphonse,
14:32je pense qu'il n'est pas en lien
14:34avec la mort de l'enfant.
14:35Il s'inscrit dans une espèce
14:37de sport régional
14:38pour reprendre cette expression.
14:39Je pense qu'il y avait des rancœurs
14:40et je pense, moi,
14:41que ceux qui ont fait du mal
14:43à l'enfant
14:43ont réutilisé la connaissance
14:46qu'ils avaient
14:46de ce qu'il y avait
14:47des corbeaux qui tournaient
14:48et ils ont réexploité
14:49le filon du corbeau
14:50en marge de l'assassinat
14:53de l'enfant.
14:53Et je pense que c'est ce qui peut
14:54brouiller aussi beaucoup les pays.
14:55Est-ce qu'un procès
14:56pourrait un jour
14:57faire émerger la vérité ?
15:00Il y aura un procès, un jour ?
15:03Tout peut toujours être envisagé.
15:06Moi, j'avoue que ça me paraît
15:07quand même assez peu probable,
15:09en tout cas, en l'état du dossier,
15:10si on n'a pas un ou plusieurs éléments
15:12vraiment importants
15:14qui apparaissent comme ça,
15:16je ne vois pas vraiment
15:17comment on pourrait envisager
15:18un procès aujourd'hui.
15:19En dépit du fait que votre cliente
15:21est mis en examen.
15:21En tout cas, moi,
15:22si ma cliente, demain,
15:23devait aller en procès,
15:25je peux vous dire
15:25qu'avec mes confrères,
15:26on est parfaitement sereins.
15:28Je veux dire, honnêtement,
15:29on n'a pas...
15:30Je veux dire, encore une fois,
15:30le procureur général lui-même
15:32estime qu'il n'y a pas d'éléments
15:33contre notre cliente.
15:34Donc, si vous voulez...
15:35Il dit qu'il y a un doute
15:35sur la prescription
15:36parce qu'effectivement,
15:37il y a ça aussi.
15:38Il va d'abord y avoir
15:39un débat juridique
15:40pour savoir si on peut
15:42renvoyer, par exemple,
15:43Jacqueline Jacob
15:44pour des faits
15:45qui seraient délictuels
15:46et non pas criminels.
15:47Il va y avoir tout un débat.
15:48Il écrit qu'il y a un doute
15:49sur la prescription,
15:50mais il écrit aussi
15:50qu'en l'État,
15:51il n'y a pas de charge suffisante
15:52pour justifier
15:53une mise en examen.
15:54Mais là,
15:54on est sur la procédure,
15:55évidemment,
15:56c'est important,
15:56sur les recours, etc.
15:58On est déjà...
15:58On se projette déjà
15:59sur un procès, etc.
16:00Si on revient sur le dossier,
16:02le temps est assassin
16:02dans ce dossier.
16:04Il y a plein de choses
16:05qui ont été détruites.
16:06Il y a plein de choses
16:07qui n'existent plus.
16:08On a récupéré des cellules
16:09comme on a pu, etc.
16:10à un moment donné,
16:11les ADN parleront-ils ?
16:13Oui,
16:13avec les miracles de la science,
16:15peut-être.
16:15Mais pour l'instant,
16:16on est bloqué.
16:18On est dans une situation
16:19de crispation la plus totale.
16:21La parole peut se libérer.
16:23Moi, je n'y crois pas du tout.
16:25Je vais rapprocher avec qui
16:26et avec quoi.
16:27On rêve toujours,
16:29mais c'est très rare
16:29en matière criminelle,
16:31que le grand-père...
16:32Est-ce que ça arrive,
16:32Jean-Leponce ?
16:33Dans les centaines d'affaires
16:34que vous avez faites,
16:35de l'offense,
16:35si il y en a une,
16:36ou justement,
16:37sur son lit de mort,
16:37quelqu'un a avoué ?
16:38Un grand-père
16:39qui laisse une lettre
16:39et il y a une histoire
16:40comme ça, etc.
16:42Après l'affaire Agnulé,
16:43on a eu la fameuse déposition
16:44après des années,
16:45des années.
16:46Mais c'est rarissime.
16:47C'est rarissime.
16:48Et encore une fois,
16:50je veux dire,
16:51la mort de Laroche
16:52a été épouvantable
16:54dans ce dossier.
16:55Elle a stoppé...
16:56La fracture de ce dossier,
16:58elle est là.
16:59Elle va très vite,
16:59la mort de Laroche.
17:00C'est très peu de temps
17:01après la mort de Grégory.
17:04Et là,
17:04on bascule
17:05dans le néant
17:06et dans une espèce
17:08de confusion
17:08la plus totale.
17:10C'est dommage.
17:11C'est Jean-Marie
17:12qui tue Laroche.
17:14C'est vraiment...
17:15C'est dommage.
17:15Parce qu'on avait peut-être
17:16la clé ici.
17:17On avait quelque chose
17:18vraiment où on aurait pu avancer.
17:20Aujourd'hui,
17:21c'est très très compliqué.
17:22Moi,
17:22je suis très pessimiste
17:23là-dessus,
17:24sur la sortie
17:25de l'affaire Grégory.
17:25Qui plus est,
17:26si un procès,
17:27si quelqu'un est accusé
17:28et même condamné,
17:29mais personne ne croira...
17:30Ça restera peut-être
17:31jamais un mystère.
17:31Il n'y aura toujours un mystère.
17:34Vous nous disiez,
17:35vous,
17:35être serein.
17:37Votre cliente,
17:38Jacqueline Jacob,
17:39la grandante de Grégory,
17:39aujourd'hui,
17:40elle est sereine.
17:41Alors,
17:41vous ne pouvez jamais
17:42être serein
17:42quand vous avez l'impression
17:43d'être harcelé,
17:44si vous voulez,
17:45par l'autorité judiciaire.
17:47Mais,
17:48en tout cas,
17:48elle,
17:48elle dit,
17:49mais de toute façon,
17:49il ne peut rien m'arriver.
17:51Je n'ai absolument rien
17:52à me reprocher
17:53dans ce dossier.
17:54Je n'ai pas de problème.
17:55Moi,
17:55quand je vous dis
17:55qu'on est serein,
18:00c'est des témoins.
18:01Il n'y en a plus.
18:02Je pense que si la parole
18:03avait dû se libérer
18:04dans ce dossier,
18:04elle se serait libérée.
18:05Merci,
18:06Maître.
18:06Merci à tous les quatre
18:07d'avoir accepté
18:09notre invitation
18:09à tous les trois.
18:10Et Laurent,
18:11évidemment,
18:11on se retrouve
18:11dans quelques semaines.
18:13Je vous rappelle
18:14ce rendez-vous
18:14très important.
18:15Affaire Grégory
18:16et Voix du crime,
18:17document inédit
18:18de l'ignorange
18:18à découvrir tout à l'heure
18:19en intégralité
18:20à 21h.
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