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  • il y a 5 semaines
Chaque week-end, l’émission pilotée par François Gapihan avec à ses côtés Laurent Valdiguié, consultant police/justice BFMTV, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.

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Transcription
00:00On en vient à l'un des plus grands criminels de l'histoire.
00:03Je cite l'avocate générale, l'un des plus grands criminels de l'histoire
00:07qui a été condamné jeudi à la prison à perpétuité, le docteur Frédéric Péchier.
00:11Il a été reconnu coupable de 30 empoisonnements, dont 12 mortels,
00:15pendant une décennie dans deux cliniques privées de Besançon.
00:18Pierre-Louis Bousset.
00:20C'est en homme libre que Frédéric Péchier était arrivé à l'ouverture de son procès en septembre.
00:25A l'issue du verdict cette semaine, il est finalement reparti escorté par les policiers.
00:30Direction la maison d'arrêt de Besançon.
00:33Justice et soulagement. Après 8 ans de combat, c'est ça qui me vient.
00:37Il y a un semblant de réparation, un espoir qu'on va pouvoir reprendre une vie sereine, normale.
00:43Un jour tant attendu, tant d'émotions, un aboutissement, la fin d'un cauchemar.
00:49L'ex-anesthésiste de 53 ans a été reconnu coupable de l'ensemble des faits qui lui étaient reprochés.
00:5530 cas d'empoisonnement sur des patients, dont 12 mortels,
00:59survenus entre 2008 et 2017 dans deux cliniques privées de Besançon.
01:03Des crimes pour lesquels Frédéric Péchier a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité,
01:08assorti d'une période de sûreté de 22 ans.
01:10Je n'ai pas du tout été convaincu par l'accusation.
01:13Je reste convaincu de l'innocence de Frédéric Péchier.
01:15Nous, on estime que non seulement il n'y a aucun mobile cohérent,
01:18mais deuxièmement que la personnalité de Frédéric Péchier n'est pas non plus cohérente par rapport aux accusations.
01:23La conclusion d'un procès aux dimensions hors normes ayant duré trois mois et demi,
01:28mais aussi le commencement d'un nouvel épisode judiciaire, car la défense a interjeté appel.
01:34Il reste une étape majeure, c'est des explications.
01:37Pourquoi il a empoisonné ces personnes ? Pourquoi elles ? Pourquoi ces dates-là ?
01:41Nous sommes prêts, nous serons prêts, nous irons jusqu'au bout pour l'affronter.
01:44Frédéric Péchier, qui devra être rejugé dans un délai d'un an, a d'ores et déjà demandé sa remise en liberté.
01:50Bonjour Frédéric Bernard.
01:53Bonjour.
01:54Merci d'avoir accepté notre invitation aujourd'hui.
01:55Vous êtes l'un des principaux avocats des partis civils de ce procès, Frédéric Péchier,
02:01qui s'est donc terminé cette semaine avec une condamnation maximale,
02:04condamnation à la perpétuité du médecin anesthésiste,
02:08qui a aussi l'interdiction définitive d'exercer.
02:11Boris Karlamoff, journaliste police-justice de BFM TV.
02:13Bonjour Boris, vous avez suivi ce procès extraordinaire.
02:17Tout comme vous, Willy Graf.
02:18Bonjour et merci.
02:19Vous êtes journaliste, chef de l'agence de l'Est Républicain à Besançon.
02:24J'ai envie de commencer avec vous, Willy Graf.
02:27Vous avez assisté quasiment à tous les jours d'audience de ce procès,
02:31qui a duré 15 semaines, dense, technique, souvent poignante.
02:37Est-ce que vous avez eu l'impression d'observer, d'écouter aussi parfois un tueur en série dans le boxe ?
02:45En tout cas, c'était ce pourquoi on était tous là,
02:49savoir si Frédéric Péchier était bien ce tueur en série.
02:53Et j'insiste sur peut-être un premier point important,
02:56c'est que certes, on a eu cette condamnation, cet appel et puis l'absence d'aveu,
03:01mais ce premier procès a permis une avancée majeure,
03:04c'est qu'il est désormais établi qu'un tueur en série, en tout cas, existe.
03:09Et ça, c'est quelque chose qui était jusqu'alors contesté.
03:12Alors après, ce tueur a empoisonné des patients pendant 10 ans.
03:18Combien ? Je pense qu'on ne le saura jamais.
03:20Frédéric Péchier admet 12 empoisonnements avérés.
03:23Son avocat dit 13. La cour d'assises du Nouveau dit 30.
03:26Les policiers disent le doute, peut-être.
03:28Mais en tout cas, on a déjà avancé sur ce point.
03:31Maître Bernard, dans ce procès, vous êtes intervenu pour 16 cas d'empoisonnement sur les 30.
03:38Quel est l'état d'esprit de vos clients ?
03:41C'est le soulagement ou il y a aussi, et ce n'est pas incompatible,
03:43une part de frustration, parce qu'on ne connaît toujours pas le mobile,
03:46de ces agissements dont certains sont bel et bien des crimes ?
03:50Vous avez parfaitement raison, c'est exactement ça.
03:52C'est-à-dire qu'il y a une part de soulagement,
03:54encore qu'ils savent qu'il va falloir remettre le couvert en appel,
03:58si je puis m'exprimer ainsi,
03:59mais il y a une part de soulagement parce que comprenez bien
04:01que pendant 8 ans et demi, et face aux assauts répétés de Péchier et de sa défense,
04:05elles ont parfois douté, elles ont cru que la justice n'irait jamais au bout de ce procès.
04:11Donc le vrai soulagement, c'est de se rendre compte qu'on a réussi à y aller,
04:14qu'on est allé au bout, qu'on a eu une décision.
04:16– Maintenant, il y a de la frustration forcément parce que…
04:19– D'abord parce que vous n'avez pas réussi à le faire craquer, si je puis dire.
04:22Il n'a jamais varié, et il n'a jamais avoué,
04:25et il s'est toujours, et encore aujourd'hui, dit innocent.
04:29– Alors, qu'il n'ait jamais varié, ça je ne peux pas vous laisser dire ça.
04:33Il n'a fait que varié, justement, et comme le rappelait à l'instant Boris, au contraire.
04:38C'est-à-dire qu'il s'est présenté en disant,
04:40ce sont des accidents médicaux qu'on a transformés en empoisonnement
04:42pour faire porter le chapeau.
04:43Au bout de quelques jours d'audience, il a fini par reconnaître
04:46que c'était bien l'empoisonnement Sandra Simard et pas un complot contre lui.
04:49Enfin non, il n'a fait que varié en permanence.
04:51Et jusqu'au dernier jour, il nous a raconté des histoires extraordinaires.
04:54Là où il n'a pas varié d'un iota, c'est qu'après…
04:58– Sur l'affirmation de son innocence.
04:59– Oui, n'avouant jamais, maître.
05:01– Il n'a jamais avoué qu'il était l'empoisonneur,
05:04comme le rappelait M. Graff.
05:05Il a admis qu'il y avait bien un empoisonneur,
05:07mais qu'au final, ce n'était pas lui.
05:08Mais je pense qu'il est incapable de « craquer »
05:12parce qu'on a vu son fonctionnement est complètement clivé
05:17et il est dans l'impossibilité d'avouer ses crimes
05:21dont j'ai la conviction qu'il en a pleinement conscience.
05:23– Est-ce que vous l'avez senti ?
05:24C'était un procès long en la suivi de…
05:26– C'est vrai que c'est un procès extraordinaire.
05:28Il y a 30 quarts, rendez-vous compte.
05:29C'est à peu près l'équivalent de Michel Fourniret
05:31en termes de nombre de victimes.
05:33Ça veut dire à quel point c'est colossal.
05:35– L'avocate générale dit que Frédéric Péchier
05:37est l'un des plus grands criminels de l'histoire.
05:39– Il faut d'ailleurs lui rendre hommage à l'avocate générale,
05:40à Christine de Curez, qui a été…
05:43Il y a eu des scènes avec les familles à la fin de cette audience
05:45qui a été bouleversante.
05:47Est-ce que vous l'avez senti, Frédéric Péchier ?
05:49On sait aussi que vous avez combattu pied à pied avec son avocat.
05:52C'était le match dans le match des avocats.
05:55Est-ce que vous l'avez senti à un moment ou à un autre ?
05:57Parce qu'un long procès d'assise, ça peut basculer en une seconde,
06:00une minute, au bord de dire quelque chose.
06:03– Non, on l'a senti parfois en très très grande difficulté
06:07pour essayer d'asseoir des positions dont on se rendait compte
06:10qu'il savait lui-même qu'elles étaient intenables.
06:12Mais honnêtement, moi j'ai eu le sentiment
06:14que jamais il n'admettrait qu'il était l'empoisonneur
06:18quand bien même on lui apporterait des éléments
06:21qu'il ne pourrait pas contester.
06:23Il a contesté quasiment l'incontestable.
06:25Mais jamais j'ai eu le sentiment qu'il était capable de dire,
06:28je pense, vis-à-vis des siens, vis-à-vis de sa famille
06:30et peut-être vis-à-vis de lui-même,
06:31je suis l'empoisonneur et je vais vous expliquer pourquoi ça s'est passé.
06:33– C'est peut-être d'ailleurs l'occasion, Willy Graff,
06:35de souligner ce contraste, et vous aussi d'ailleurs Boris,
06:39vous avez assisté à ce procès, souligner le contraste
06:42entre l'émotion des partis civils, Willy Graff,
06:47et la froideur, l'extrême froideur peut-être, diriez-vous-même,
06:51de Frédéric Péchier ?
06:54– Oui, c'était d'autant plus frappant que la configuration
06:58faisait que Frédéric Péchier était vraiment à deux mètres,
07:01des gens qui venaient témoigner à là-bas,
07:04il n'était pas dans le corps des accusés,
07:05il comparaissait libre, il avait une petite chaise avec un bureau,
07:08et on a vu pendant ces 15 semaines des gens s'effondrer devant lui,
07:15et j'inclus notamment les soignants,
07:16et ça, ça m'a marqué parce que je l'avais sous-estimé,
07:18je pense que je ne suis pas le seul,
07:19les soignants des deux établissements de soins
07:21qui vraiment étaient rongés, détruits de l'intérieur,
07:24et d'un côté ces gens qui s'effondraient,
07:26et puis c'est vrai, Frédéric Péchier,
07:27qui était complètement impassible tout au long de l'audience,
07:30et ça a franchement frappé tout le monde,
07:33alors il s'est expliqué là-dessus,
07:35lui disait qu'il ne voulait rien montrer en termes d'empathie
07:38parce qu'il avait peur que ce soit mal interprété,
07:40mais on peut quand même se poser la question
07:42d'utiliser ses propres émotions comme une forme de stratégie,
07:47c'est assez particulier.
07:48Sur le comportement de Frédéric Péchier,
07:49que vous aussi vous avez pu observer,
07:52Boris, pour BFMTV,
07:53lors de ce procès très long,
07:55est-ce que vous diriez aujourd'hui,
07:56vu l'issue, que Frédéric Péchier s'est mal défendu ?
08:00En tout cas, il n'a pas su apporter les réponses
08:01que la Cour espérait, souhaitait,
08:04et il n'a pas su argumenter,
08:06convaincre ce jury populaire
08:08et les trois magistrats professionnels.
08:09Comme Willy Graff le disait,
08:10c'est une personne qui n'a pas montré d'émotion
08:14jusqu'au dernier moment,
08:15jusqu'à la dernière seconde.
08:17Il y a une scène qui m'a marqué,
08:18c'était lors des réquisitions la semaine dernière,
08:20quand les deux avocates générales,
08:21en pendant deux jours,
08:23sont revenus sur chacun des 30 cas.
08:26Deux jours de réquisitions ?
08:26Par moment, Frédéric Péchier
08:29lisait une sorte de livre de fascicule
08:32en n'écoutant même pas les deux avocates générales.
08:35Cette scène a pu durer plusieurs dizaines de minutes.
08:37On le sentait comme détaché de ce procès.
08:39Et pour revenir,
08:40et en faisant le parallèle,
08:41même si ça n'a rien à voir,
08:42j'ai trouvé la même attitude que Cédric Jubilard.
08:46C'est-à-dire qu'il était absent de son propre procès.
08:48On débattait, on argumentait,
08:50on explorait des pistes,
08:51mais lui n'entrait jamais en confrontation
08:52avec la Cour d'assises.
08:54Il n'apportait pas de réponse.
08:56C'est quelqu'un qui n'a pas marqué d'émotion,
08:58qui n'a pas eu de regard pour sa famille
09:00lorsqu'il est arrivé dans la Cour d'assises,
09:01escorté par les policiers le jour du verdict,
09:03avec une famille qui était présente
09:05à quelques centimètres des journalistes.
09:07Et c'est ça qui est assez inédit,
09:08c'est que le banc des journalistes
09:09était juste devant la famille.
09:10Donc on pouvait entendre
09:10les échanges qu'ils avaient,
09:12et parfois des échanges,
09:13on ne va pas se mentir,
09:14assez surprenants,
09:15à l'encontre des avocats des partis civils
09:16ou encore à l'encontre du jury populaire.
09:19Mais j'ai senti Frédéric Péchier
09:20comme absent de son propre procès,
09:22Maître Bernard.
09:23Intéressant ce que dit Boris,
09:24vous vous attendiez à autre chose ?
09:26À plus de compatibilité peut-être ?
09:28Oui, en fait, il a cru au départ
09:31pouvoir se défendre sur un plan purement médical
09:34en tant que technicien.
09:35Et il n'arrêtait pas de dire
09:36les experts sont tous nuls,
09:38je vais vous expliquer.
09:38Surplombant la cour un peu ?
09:40Voilà, exactement.
09:41Et dès qu'il a été mis en défaut
09:44par les experts,
09:44qui étaient plutôt de très grande qualité
09:46et qui ont démontré par A plus B
09:48que ce qu'il racontait sur le plan technique
09:49ne tenait pas debout,
09:50sur le reste, il était incapable,
09:53il avait l'air d'être,
09:54de mon point de vue en tout cas,
09:55comme quelqu'un qui n'appartient pas forcément
09:57au monde qui nous entoure.
09:59Il avait l'air totalement détaché.
10:02Et émotionnellement,
10:03c'était extrêmement frappant aussi.
10:05Très surprenant.
10:05C'est vrai que l'autre vertige
10:07de cette affaire,
10:07au-delà du nombre,
10:08au-delà de la personnalité énigmatique
10:10de Péchier,
10:11c'est la durée.
10:12Ça commence en 2008,
10:14ça s'arrête en 2017,
10:16un peu parce que Frédéric Péchier,
10:17vous le racontez là,
10:18tout à l'heure, vous le racontez en studio,
10:20il essaye de se fabriquer un alibi
10:23dans le dernier cas,
10:24parce que la fois d'avant
10:26a été découverte.
10:27Et puis ça,
10:28il se met les pieds dans le tapis
10:29de ce propre alibi,
10:29ça va entraîner sa chute.
10:31Mais pourquoi ?
10:32Est-ce que le procès a répondu à ça ?
10:33Pourquoi la médecine,
10:35les collègues,
10:35la sécurité sociale,
10:37l'hôpital,
10:37les cliniques,
10:38pourquoi on ne s'est pas rendu compte
10:40plus tôt
10:40que quelque chose
10:41dysfonctionnait aussi gravement ?
10:43Très rapidement,
10:43et pour deux raisons
10:44que j'ai moi-même découvertes
10:46lors de ce procès.
10:46C'est premièrement parce que les crimes
10:48en fait étaient des crimes parfaits.
10:49Je vous le fais très rapide.
10:50Si vous empoisonnez quelqu'un
10:51avec du potassium,
10:52il faut savoir que quand la personne meurt
10:54ou qu'elle se fait réanimer,
10:56elle dégage naturellement du potassium.
10:57Donc vous retrouvez du potassium
10:59dans un cadavre
10:59ou même dans quelqu'un
11:00qui a survécu,
11:01ce n'est pas comme si vous retrouviez
11:02de l'arsenic,
11:03c'est introuvable.
11:04Et en plus,
11:05le potassium était placé
11:06dans des poches de soluté
11:07qui ne sont jamais examinées.
11:09Donc c'est quelqu'un
11:09qui connaissait parfaitement la technique
11:11et qui a commis le crime parfait
11:12pendant des années.
11:13Et puis le deuxième point
11:14sur ce qu'on a démontré
11:16sur la polyclinique de Franche-Comté,
11:17c'est qu'il avait réussi par avance
11:19à se créer des alibis extraordinaires
11:20quand il quitte la polyclinique
11:21de Franche-Comté.
11:22Parce qu'à la polyclinique
11:23de Franche-Comté,
11:24les enquêtes disent
11:24on sait qu'il y a un empoisonneur,
11:26on a trouvé du potassium.
11:27Il a réussi à déposer
11:27des poches empoisonnées
11:28au moment où il avait quitté la clinique.
11:31C'est-à-dire,
11:31il les dépose au dernier moment,
11:32il les laisse dans le stock
11:33et alors qu'il est parti
11:34depuis dix jours,
11:36boum, il y a un empoisonnement.
11:37Et là, l'enquête dit
11:37que ça ne peut pas être lui.
11:38Et c'est comme ça
11:39qu'il était très fort.
11:39– Mais ça m'amène à une question
11:40concernant, Willi Graff,
11:41le profil psy de Frédéric Péchier.
11:45Qu'est-ce qui lui a été dit
11:46lors de ce procès ?
11:47C'est quelqu'un de machiavélique,
11:49de pervers, de froid,
11:52et encore une fois,
11:52avec une dimension psy ?
11:54– On a eu des expertises
11:57qui étaient assez contrastées,
11:58que ce soit du côté des psychologues
12:00comme du côté notamment
12:03de Daniel Zaguri,
12:03psychiatre qui est connu
12:04pour avoir examiné
12:06des tueurs en série.
12:08Du coup, dès lors que c'est contrasté,
12:10c'est difficile d'aller piocher.
12:12On peut aller piocher
12:12d'un côté au autre.
12:13J'ai retenu une phrase, moi,
12:14qui finalement me paraissait pertinente,
12:17c'est qu'il y a des crimes,
12:18et là, je pense que c'est le cas,
12:19il y a des affaires
12:19où ce sont plutôt les faits
12:21qui éclairent la personnalité
12:23que la personnalité
12:24qui éclairent les faits.
12:25En tout cas,
12:26c'est quelqu'un d'assez insondable,
12:28même pour les experts psy.
12:29Et il y a une expertise
12:31un peu profileuse, finalement,
12:33qui a fait une autre démarche
12:34qui était très intéressante,
12:36ça a été assez débattu
12:37pendant les débats.
12:38C'était de partir du profil type
12:40d'un tueur en série médical
12:42et de voir si le profil
12:44de Frédéric Péchier,
12:45notamment à travers ses auditions
12:46et à travers ses écoutes téléphoniques,
12:48pouvait correspondre.
12:49Et là, pour le coup,
12:50ses conclusions étaient cinglantes
12:51pour l'accusé.
12:53Ça marchait à 100%.
12:54– Boris, le profil psy
12:56de Frédéric Péchier
12:57nous amène
12:59à l'autre question,
13:00celle du mobile,
13:01enfin, la disproportion
13:02entre un mobile évoqué
13:04et les drames
13:07qu'il a provoqués
13:08puisqu'il a été reconnu coupable.
13:09– Oui, avec un début de mobile
13:10qui a été évoqué
13:11par l'accusation
13:12et qui avait été aussi évoqué
13:13lors de l'instruction,
13:14c'est nuire à ses collègues.
13:15Justement, porter préjudice
13:17à ses confrères soignants
13:19pour arriver comme le sauveur,
13:20comme un héros.
13:22Frédéric Péchier arrive toujours
13:23là où on ne l'attend pas,
13:24il est toujours dans le bloc
13:25ou la pièce à côté.
13:27Personne ne lui demande
13:27de venir en aide
13:28quand il y a un arrêt cardiaque
13:29et ça a été le cas
13:30notamment de Sandra Simard
13:31en 2017
13:32par qui l'affaire Péchier,
13:33on va le rappeler,
13:34éclate et voit le jour.
13:37C'est que Frédéric Péchier,
13:38voilà, il est décrit
13:38tout au long de l'accusation
13:39et pendant l'instruction
13:40comme un manipulateur,
13:42comme un menteur
13:43qui veut un peu
13:44se faire pousser des ailes
13:44auprès de la communauté scientifique.
13:46Il se considère
13:47comme la star de l'anesthésie.
13:49C'est quelqu'un
13:49qui a un égo surdimensionné.
13:52Il triche,
13:52c'est ça,
13:53la Cour l'a dit,
13:53il triche dans les blocs opératoires
13:55mais également il triche
13:56lors de ses activités sportives,
13:57lors d'une partie de golf
13:58à Besançon
13:59ou pour frauder les achats.
14:00Ou pour frauder, voilà.
14:01Donc il est toujours
14:01en train de franchir
14:02la ligne jaune,
14:03non pas que seulement
14:04dans sa profession médicale
14:06mais également dans sa vie privée.
14:07Et il se met en scène,
14:09il se met en avant,
14:10en permanence.
14:11Ça ne veut pas dire
14:12qu'il ait une pathologie derrière,
14:13il a été responsable,
14:14il a été jugé responsable pénalement,
14:15il n'y a pas eu
14:16de discernement,
14:16d'abolition du discernement
14:17mais voilà,
14:18il y a toujours deux mots
14:18qui reviennent
14:19lors de l'accusation,
14:20c'est Frédéric Pécher
14:21est un menteur,
14:22Frédéric Pécher
14:22est un manipulateur.
14:23Mais c'est vrai
14:23que c'est le pompier pyromane
14:24du bloc opératoire
14:25donc il en sauve.
14:26Et l'accusation de la...
14:27Il fait une sorte
14:28de loterie macabre
14:29puisqu'il y en a qui sauvent.
14:31Mais alors sa famille,
14:32sa fille,
14:33Boris,
14:34sa fille le croit innocent
14:35jusqu'au bout.
14:36L'ensemble de la famille
14:37croit Frédéric Pécher innocent.
14:39Il a trois enfants,
14:40deux filles et un garçon.
14:41L'une de ses filles
14:42a prêté serment
14:43il y a quelques jours.
14:44Il y a les parents
14:45de Frédéric Pécher
14:45qui est également présent
14:46et puis Nathalie Pécher,
14:47son ex-femme
14:48qui elle n'a montré
14:48aucune émotion
14:49lors du verdict
14:50comme absence de ce rendez-vous
14:51où on a vu la vie
14:52d'un homme basculer
14:53puisqu'on va rappeler
14:53qu'il est...
14:54Il comparaissait libre
14:55tous les jours,
14:56tous les soirs
14:56on voyait Frédéric Pécher
14:57en pouvait échanger avec lui
14:58Il est pu cette fin de semaine
14:59en prison pour la première fois ?
15:00Il est en prison
15:01pour la première fois
15:02de sa vie derrière les barreaux
15:03et le jour même
15:04de son incarcération
15:05ses avocats n'ont pas perdu temps
15:06puisqu'ils ont déposé
15:07quelques heures après
15:08une demande de mise en liberté
15:09qui sera examinée
15:10dans un délai de deux mois
15:11par la chambre de l'instruction
15:12de la Cour d'appel de Besançon.
15:13On termine justement
15:14avec les conditions
15:14de détention de Frédéric Pécher
15:16Willy Graff,
15:17qu'en sait-on ?
15:18Il a été pris en charge
15:21de manière très spéciale
15:22vraiment sur le jour
15:24Frédéric Pécher a été placé
15:26à l'isolement
15:26c'est un quartier à part
15:28dans la maison d'arrêt
15:28de Besançon
15:29dès la vente de son verdict
15:30et donc c'est une cellule
15:32de 9 mètres carrés
15:33avec une interdiction
15:36de rentrer en interaction
15:37avec d'autres détenus.
15:41En fait, pourquoi
15:42cette prise en charge particulière ?
15:45Il y a deux raisons principales.
15:46La première,
15:47c'est que c'est son statut médiatique
15:48et on sait qu'en prison
15:49c'est vraiment une mauvaise chose
15:52de passer à la télé
15:53parce que les autres détenus
15:54peuvent être menaçants,
15:56oppressants, voire agressifs
15:57avec la personne
15:58et puis la deuxième chose
15:59bien sûr,
16:00c'est la fragilité psychologique
16:02ce risque suicidaire
16:03qui a compacté
16:05avec Pécher
16:05depuis déjà des années
16:06avant même
16:07la révélation de l'affaire
16:08puisqu'on a un premier abord
16:09de tentative de suicide
16:10en 2014
16:11et ça c'est la hantise
16:13de l'administration pénitentiaire
16:15qui se suicide en prison.
16:16Alors, il y a notamment
16:17une mesure qui est très très forte
16:19c'est que toutes les heures
16:20en tout cas sur ces premiers jours
16:21toutes les heures
16:22on vérifie que Frédéric Pécher est vivant
16:24c'est-à-dire
16:24y compris la nuit
16:25on allume sa cellule
16:26et on vient voir
16:27si tout va bien
16:28ce qui peut être
16:29évidemment très éprouvant
16:30psychologiquement
16:31et physiquement
16:33pour les autres
16:35Pécher
16:35voilà
16:36vraiment une attention
16:38très très particulière
16:39sur les conditions
16:40sur les patients
16:40Merci Willy Graf
16:42merci d'avoir accepté
16:43de revenir sur ce procès
16:44avec nous
16:45en cette mi-journée
16:46dans l'affaire suivante
16:47merci Boris
16:47Merci
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