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  • il y a 4 mois
Ce jeudi 25 septembre, Antoine Larigaudrie a reçu Charles Dalarun, associé chez Arsene, dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Tout pour investir, l'actu du patrimoine.
00:04C'est la rubrique boîte à outils de votre TPI, l'actu du patrimoine.
00:08On va en parler avec Charles Dallarin, associé chez Arsène.
00:11Bonjour.
00:13Bonjour.
00:13Et avec vous, on va se poser cette question.
00:15Parce qu'investir dans des actions, investir dans des obligations,
00:18investir dans de l'or, investir dans son logement.
00:22Et oui, mais pourquoi pas plutôt regarder du côté de son entreprise ?
00:26Pourquoi ne pas investir dans son entreprise ?
00:28Ça reste une opportunité.
00:29Il y a des fenêtres qui se dégagent, il y a des possibilités de le faire
00:31et qui peuvent rapporter gros, si je puis dire.
00:36Alors déjà, il faut peut-être revenir sur le cadre législatif
00:38autour de l'investissement dans sa propre entreprise,
00:41qui est en train de bouger, qui commence à bouger depuis ce début d'année.
00:45Qu'est-ce qu'on peut dire justement sur ce cadre ?
00:48C'est un cadre, Antoine, qui a effectivement été énormément chamboulé
00:54au début d'année 25 par la loi de finances pour 2025.
00:59On vivait en fait depuis très longtemps et jusque en février de cette année
01:04une situation liée à la fiscalité de cet investissement
01:11par les cadres au capital de l'entreprise dans laquelle il travaille
01:15qui était très conflictuelle vis-à-vis de l'administration fiscale.
01:19Pourquoi ? Parce que l'administration, depuis très longtemps, a tendance à considérer
01:24que les gains que les entrepreneurs, les fondateurs, retirent le jour venu
01:30de la cession des actions qu'ils détiennent dans leur entreprise,
01:34doivent être traités sur le plan fiscal comme un salaire et non pas comme une plus-value.
01:38Et donc, on a eu pendant de très nombreuses années des redressements
01:43qui étaient extrêmement pénalisants, puisque la fiscalité pour ces gens-là
01:48basculait grosso modo de 12,8% en matière d'impôt sur le revenu
01:52à 80% dans les cas les plus extrêmes.
01:55Oui, c'est quand même assez délirant.
01:58Qu'est-ce qui a changé concrètement ?
02:01Là, c'est le cas de le dire.
02:02La boîte à outils, de quelle manière elle a évolué ?
02:05De manière à ce que cette imposition soit plus juste.
02:08On est en plein dans les problématiques actuelles, en plus, en termes de budget.
02:13Qu'est-ce qui a changé concrètement ?
02:16Alors, ce qui a changé, c'est qu'il y a maintenant sept mois,
02:19on a une loi de finances qui est venue mettre à plat ces conflits systématiques
02:26qui existaient entre les contribuables et l'administration fiscale
02:32pour créer un cadre légal relativement simple et clair
02:38qui prévoit un traitement fiscal hybride et qui dit que lorsqu'on investit
02:44dans son entreprise, le gain de cession qu'on retire le jour où on est amené
02:49à vendre ses actions, suit un régime hybride,
02:54un mi-chemin entre de la plus-value ou une fraction de la valeur qui est générée
02:59et au-delà d'un certain seuil de retour sur investissement, du salaire.
03:05Effectivement, ça change tout.
03:08Quel est le constat qu'on peut en retirer justement après ce changement réglementaire ?
03:13Est-ce qu'il y a du mieux ?
03:14Est-ce que l'administration fiscale est quand même beaucoup plus fluide à ce niveau-là
03:21ou est-ce qu'il reste encore des points de complications ?
03:26Alors, c'est une question.
03:27C'est une réforme qui a été attendue depuis très longtemps
03:31et qui a été faite dans un objectif qui est très vertueux,
03:34qui est de simplifier le cadre, de le clarifier, de l'homogénéiser.
03:38Il se trouve que, sept mois après, on voit que, en réalité,
03:44son maniement n'est pas si simple que ça, ce nouveau dispositif,
03:48pour une raison qui est tout à fait politique,
03:50qui est liée au fait qu'il a été adopté, vous savez,
03:53dans le cadre de la loi de finances 2025,
03:56voté pour la première fois sous la Vème République en 2025.
03:59Donc, à la suite de la censure du gouvernement de Michel Barnier
04:06et de la nomination du gouvernement de François Béroux.
04:11Et conséquence, ce cadre politique dans lequel ce dispositif a été créé,
04:16extrêmement chaotique, fait que ce dispositif,
04:21il est aujourd'hui criblé d'un certain nombre d'incertitudes
04:25et que, donc, les cadres continuent à faire ces investissements
04:29en étant relativement incertains encore sur la façon
04:35dont l'administration appréhendra ce nouveau mécanisme
04:38et l'appliquera dans les contrôles fiscaux qui surviendront dans trois ans.
04:42Effectivement, ce n'est pas simple du tout,
04:45malgré des intentions louables à la base.
04:48Alors, quand on est dirigeant d'entreprise,
04:51qu'on veut prendre une part significative au capital,
04:55quelle peut-être la meilleure structure qu'on peut employer ?
05:01Alors, la structure, c'est une structure qui est relativement simple.
05:04En fait, les investisseurs qu'on accompagne sont appelés généralement
05:08à souscrire ou à acheter des titres de leur entreprise à titre personnel.
05:16Un point qui est très important, c'est que, généralement,
05:19c'est financé au travers de données personnelles.
05:21Donc, on vient puiser dans ces économies personnelles
05:24pour faire cet investissement.
05:26Et donc, on met à risque une partie de son patrimoine personnel.
05:32La façon dont c'est structuré, c'est au travers d'une anoplie d'instruments
05:38que je ne vais pas décliner ici,
05:39mais qui sont restés à peu près les mêmes dans le temps.
05:43Mais avec aujourd'hui, peut-être encore plus qu'avant,
05:48ce que j'évoquais tout à l'heure, c'est qu'on structure ces investissements
05:53en étant encore relativement peu sécurisés sur le cadre.
05:59Et donc, ces gens-là investissent d'une manière qui,
06:03sur le plan de la prévisibilité de leur fiscalité,
06:07est encore assez insatisfaisante.
06:09Quelle amélioration pourrait apporter, mettons, ces prochaines années
06:14pour un petit peu fluidifier les choses
06:17et de manière à pouvoir, oui, investir dans sa propre entreprise
06:20sans avoir un petit peu peur du lendemain ?
06:24Ce que les entrepreneurs, ce que les fondateurs attendent,
06:27c'est probablement que ce dispositif-là survive,
06:30parce qu'à nouveau, il a permis de clarifier un certain nombre
06:34de grands passages importants,
06:36mais que ces contours soient affinés par le Parlement
06:41et par l'administration fiscale.
06:45Et ce qui était attendu dans un premier temps,
06:48c'était une précision législative
06:51qui devait intervenir dans le cadre de la loi de finances pour 2026
06:55sur l'une des pièces principales des dispositifs.
06:59Il se trouve que, de la même manière que comme on l'a traversé
07:02en début d'année, on vit à nouveau, évidemment,
07:03un climat politique qui est extrêmement chaotique.
07:06Aujourd'hui, on est le 25 septembre.
07:10On aurait dû, traditionnellement, déjà avoir communication
07:13d'une loi de finances pour 2026,
07:15en tout cas d'un projet qu'on n'a pas eu à date.
07:17Et donc, on n'est malheureusement encore pas clair
07:22sur le fait de savoir si le texte qui va probablement être présenté
07:26en Conseil des ministres dans les prochaines semaines
07:28inclura des précisions qui sont tout à fait indispensables
07:32sur ce dispositif pour permettre de l'appliquer
07:35de façon beaucoup plus sereine
07:38et pour permettre à nouveau aux fondateurs, aux entrepreneurs
07:40de réaliser cet investissement au capital de leur entreprise
07:44sans avoir une épée de Damoclès au-dessus de leur tête
07:48liée à la fiscalité qui s'appliquera à eux
07:51le jour où ils envisageront de céder ces actions.
07:55Une dernière petite question.
07:57Là, je vais plus faire appel à votre sentiment.
08:01Est-ce que, du côté des clients,
08:03vous sentez cette forme de stress
08:06et cette froideur à vouloir investir dans leur propre entreprise
08:11à cause de ce cadre réglementaire
08:13qui n'arrive pas à se stabiliser ?
08:15Oui, tout à fait, c'est le cas.
08:16C'est évidemment le cas.
08:18Cette période de latence qu'on vit en quelque sorte
08:21depuis maintenant sept mois,
08:23premièrement, elle a ralenti un certain nombre d'opérations,
08:26d'investissements,
08:28parce que beaucoup attendaient d'être clairs
08:32sur le dispositif légal qui allait s'appliquer à eux
08:35avant de lancer leur opération.
08:39Deuxièmement, ça refroidit des investisseurs étrangers
08:45qui continuent à trouver notre système fiscal français
08:49sur cette brique qui est la fiscalité de l'actionnariat des cadres
08:53dans leur entreprise extrêmement perturbant et encore trop complexe.
09:00Et puis, troisième élément,
09:08effectivement, le fait qu'on ne voit pas encore
09:12avec clarté ce qui va être précisé par l'administration ou pas,
09:20fait qu'aujourd'hui, encore un peu comme hier,
09:23les cadres qui font cet investissement
09:26le font effectivement avec un stress qui est évident,
09:31parce qu'en fait, ils calculent ce qu'est leur investissement,
09:36le retour potentiel net d'un impôt qu'ils ne connaissent pas.
09:39Et donc, ça perturbe énormément les calculs financiers
09:43qui peuvent être faits par les uns et les autres.
09:44Merci beaucoup, Charles Dallarin, associé chez Arsène,
09:49pour faire le point sur l'investissement dans sa propre entreprise,
09:53la fiscalité toujours incertaine des packages de management.
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