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  • il y a 11 mois
Regardez L'esprit de l'info avec Alain Duhamel avec Thomas Sotto du 15 septembre 2025.

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Transcription
00:00Économisons-la.
00:02Thomas Soto, RTL Matin.
00:04C'est l'esprit de l'info à 9h14 sur RTL avec vous Alain Duhamel, éditorialiste politique.
00:09Alain, tiens, je voulais vous faire écouter un peu de ce qui s'est passé hier dans les rues de Madrid.
00:16Ça devait être une fête, l'arrivée de la Vuelta, le tour d'Espagne cycliste.
00:20Il y avait là plus de 100 000 manifestants avec des drapeaux palestiniens
00:22qui ont empêché que cette course se termine dans la fête.
00:27Dans le même temps, on sait que dans une semaine maintenant,
00:31la France va reconnaître l'existence de l'État palestinien.
00:35Olivier Faure, le patron du PS, dit
00:37« Tiens, la semaine prochaine, il faudra mettre des drapeaux palestiniens sur toutes les mairies de France. »
00:41Qu'est-ce que ça vous inspire, tout ça ?
00:42Le climat, le positionnement des politiques sur ce sujet-là ?
00:45D'abord, j'aime mieux l'idée de drapeau palestinien
00:49que les manifestations qui ont empêché la Vuelta de se dérouler dans des conditions satisfaisantes.
00:55Est-ce qu'il y a une équipe israélienne qui participe à la course ?
00:57Bien entendu. C'est vrai que c'est un problème qui est un peu spécifique.
01:01Enfin, moi je suis ça, puisque je suis un lecteur attentif de l'équipe.
01:07Franchement, le nombre d'étapes qui ont été complètement perturbées,
01:13c'est pas ça qui change quelque chose.
01:16D'autant plus que l'Espagne a déjà reconnu l'État palestinien.
01:21Donc, bon, enfin...
01:23Alors, le drapeau, c'est un symbole.
01:28Ça n'est pas illégal.
01:29Ça n'est pas légal non plus, d'ailleurs.
01:31Il n'y a pas de statut.
01:31C'est ce qu'on disait avec Valentin.
01:32Oui, oui, oui.
01:34Il n'y a pas de statut.
01:36Bon, chacun peut faire comme il veut.
01:39En tout cas, ce qui est important, c'est quand même,
01:41parce que ça, c'est une initiative qui aura compté,
01:45c'est la reconnaissance de l'État dans une semaine.
01:47Il a raison de le faire, ça, Emmanuel Macron ?
01:49Moi, c'était mon idée depuis un bon bout de temps.
01:51Je l'avais dit plusieurs fois.
01:53Donc, je ne vais pas dire le contraire maintenant.
01:55Ce qui est important, c'est que quand il avait annoncé ça,
01:58la réaction avait été initialement de dire
02:01ça ne changera rien, n'a rien.
02:02Et puis que, bon, il y a quand même une dizaine d'États qui suivent.
02:05Donc, ça change quelque chose.
02:07Ça change quelque chose de façon symbolique, évidemment.
02:10Ça ne fait pas surgir de terre un État au sens où on l'emploie normalement.
02:17Et quand Jean-Philippe Tonguie, député RN, nous disait ce matin, ici même, sur RTL,
02:21en fait, reconnaître la Palestine, c'est reconnaître le drapeau du Hamas.
02:26Ça, c'est de la mauvaise polémique.
02:28Mauvaise polémique ?
02:29Bien sûr, je ne vois pas très bien qui, parmi ceux qui s'expriment sur l'idée qu'il faudrait le drapeau,
02:40ce ne sont pas des soutiens du Hamas, c'est ridicule.
02:44Venons dans la politique de notre Premier ministre,
02:47qui a fait ses premiers pas, il a joué un peu profil bas,
02:51peu de prise de parole, il a parlé à la presse quotidienne régionale,
02:54il a refermé prudemment l'hypothèse des deux jours fériés supprimés.
02:57Quelle impression il vous fait, Sébastien Lecornu, là ?
03:00Écoutez, aucun Premier ministre de la Ve République n'a eu affaire à des problèmes de cette taille
03:09avec aussi peu de soutien politique.
03:11Donc, c'est évidemment une situation très compliquée.
03:14Très compliqué ou impossible ?
03:17Ça sera impossible s'il est censuré.
03:20Ça sera très compliqué s'il ne l'est pas.
03:23Quand on regarde ce qui se passe, il a raison au départ de ne pas trop s'exprimer.
03:30Parce qu'effectivement, si on veut un changement,
03:33si on veut un changement de style, si on veut des rectifications de choix,
03:39il faut d'abord, comme c'est son image de marque,
03:42qu'il discute à fond avec les différents protagonistes.
03:46C'est ce qu'il a dit.
03:47Y compris ses adversaires.
03:48Il a dit, je veux parler avec les socialistes, les communistes, les écologistes.
03:51Ben oui, mais y compris avec ses adversaires.
03:53Il faut qu'ils parlent aussi avec le Rassemblement National, avec les insoumis.
03:56Enfin, les insoumis ne veulent pas, mais ils pourraient vouloir.
04:02Préalablement, c'est important.
04:03Est-ce que ça suffira ?
04:04Ça, on n'en sait rien encore au stade où on en est, puisqu'il arrive.
04:09Mais pour que ça ait une chance de réussir.
04:13Quand je dis de réussir, de réussir à faire passer un budget.
04:17C'est ça, réussir, c'est ne pas tomber et faire passer un budget.
04:19Réussir, c'est le minimum vital.
04:21Réussir à faire passer le budget, c'est le minimum vital.
04:24Mais pour y arriver, il faut deux conditions.
04:28La première, c'est que Sébastien Lecornu accepte suffisamment de concessions.
04:34Et la deuxième, c'est que les socialistes satisfassent de ces concessions.
04:38Le problème des concessions, c'est qu'il va satisfaire les uns et mécontenter les autres.
04:40Marine Dordelier, l'écologiste qui était l'invité du grand jury hier RTL M6, Public Sénat,
04:46a dit, ce monsieur, pour nous les choses sont claires,
04:48monsieur Lecornu n'a rien à faire là.
04:49Et puis, vous évoquiez Marine Le Pen.
04:51Elle était très offensive, comme Jordan Bardella d'ailleurs hier,
04:54lors de sa rentrée politique à Bordeaux.
04:55Écoutez Marine Le Pen.
04:57Il va aller, monsieur Lecornu, accoucher les socialistes.
05:01Ou les écologistes.
05:03La presse complaisante nous présente cela comme une nouvelle méthode.
05:07En termes de cuisine, cela s'appelle l'art d'accommoder les restes.
05:10Les restes d'une mauvaise cuisine, une cuisine immangeable et même toxique.
05:15Qu'est-ce que ça vous inspire ?
05:16On a l'impression de retrouver presque le front national dans le ton.
05:20En tout cas, il y a un très net durcissement
05:23qui est certainement lié à sa situation personnelle
05:27et donc au calendrier que maintenant elle a, devant elle, judiciaire.
05:32Rejugé.
05:32Voilà, et donc, ce qui signifie que s'il y avait ensuite une décision de la Cour de cassation,
05:38ça serait dans les clous pour autoriser ou interdire sa candidature.
05:42Donc, bon, elle est sur les charbons ardents
05:45et elle reprend effectivement le ton d'avant la respectabilisation.
05:50Avant la stratégie de la cravate ?
05:52Voilà, bon, c'est très sensible chez elle, c'est très sensible chez Jordan Bardella.
05:57Ça vous surprend ?
05:58Elle a d'ailleurs, pour essayer d'être équitable,
06:03elle a d'ailleurs prononcé un discours qui, dans le genre, était un bon discours.
06:07Je veux dire, qui était pugnace, éloquent, compréhensible.
06:11Alors maintenant, moi, ce qui me fait tomber les bras à chaque fois,
06:14mais enfin, ils tombent tous les matins,
06:15mais ce qui me fait tomber les bras, c'est dès qu'ils abordent les propositions économiques.
06:20Parce que, franchement, c'est indigent.
06:23Indigent ?
06:24Indigent.
06:24Ils n'ont pas progressé en économie.
06:26Depuis l'automne, le débat.
06:27Le Pen-Macron de 2017 d'entre deux tours, zéro progrès.
06:30Écoutez, moi, je vois ce qu'ils disent pour faire des économies.
06:33Je vois ce qu'ils disent pour la fiscalité.
06:36Je vois ce qu'ils disent pour les entreprises.
06:38Je vois ce qu'ils disent pour l'Europe.
06:40Je veux dire, ils en foutent à chaque fois.
06:41Ça ne sert à rien de dire qu'on va régler notre déficit financier
06:47simplement parce qu'on va diminuer l'assistance au tiers-monde,
06:53diminuer les aides aux immigrés, couper des agences, etc.
06:59Mais ce sont des rustines par rapport aux gouffres financiers
07:04qu'on doit aujourd'hui aborder.
07:05La France est dans une situation qu'on n'a pas connue depuis...
07:11On n'a pas connue, j'allais dire réellement.
07:15Je ne veux pas du tout faire de catastrophisme,
07:17mais qu'on n'a pas connue à ma connaissance depuis 1926.
07:22Et la nécessité de faire revenir Raymond Poincaré
07:24pour faire face à la crise financière.
07:26Alain Duhamel, on ne se connaît pas beaucoup personnellement,
07:29mais moi je vous écoute depuis longtemps.
07:30Là, je vous sens ce matin un peu désemparé,
07:34ce qui n'est pas une habitude chez vous.
07:36J'oserais presque dire un peu déprimé.
07:38Non, alors je ne suis pas désemparé
07:40parce que je ne pars pas du principe
07:43que ce que tente Sébastien Lecornu va forcément échouer.
07:47Ce que je sais très bien, c'est que l'objectif ne peut être que modeste
07:51et qu'il ne peut être que de transition.
07:54On le sait bien.
07:55Mais il n'empêche que, je crois qu'il y a quand même un moyen,
08:01je répète, il faut que les concessions soient suffisantes
08:04et qu'on fasse l'esprit de concession soit suffisant
08:07chez Sébastien Lecornu
08:09et que l'esprit de compromis soit suffisant chez les socialistes.
08:13Je ne vous dis pas que c'est gagné du tout,
08:15mais c'est possible.
08:16Si c'est possible, on aura un budget
08:19qui ne sera évidemment pas génial
08:21puisque compte tenu du calendrier,
08:23il faut qu'on soit prêt pour le 8 octobre.
08:24Donc, il sera fait, évidemment, à partir du schéma
08:27de ce que proposait François Bayrou.
08:30Mais ça peut être amendé, amélioré,
08:34rendu plus facile à supporter.
08:38C'est jouable.
08:39Est-ce que c'est gagné ?
08:40Certainement pas.
08:41Est-ce que c'est possible ?
08:42Oui.
08:42Est-ce que c'est probable ?
08:43Je n'ose pas le dire.
08:44J'ai une petite question qui interroge aussi
08:46notre façon de faire notre métier.
08:48Il y a déjà eu un sondage de popularité
08:51ou d'impopularité de Sébastien Lecornu.
08:5316% d'opinion favorable.
08:55Ipsos, la tribune dimanche.
08:56Est-ce que ça a un sens,
08:58s'agissant d'un Premier ministre
08:59qui n'a pas pris la parole,
09:00qui a parlé un peu à la presse quotidienne,
09:02dont on ne sait pas ce qu'il veut faire,
09:03de dire, est-ce que vous êtes pour,
09:04est-ce que vous êtes contre ?
09:05Non, mais surtout, ce qui était très choquant,
09:07enfin, qui, moi, m'a beaucoup choqué,
09:08surtout que quand j'étais très jeune,
09:10j'avais été consultant à l'IFOP et à la Sofraise,
09:12donc je reconnaissais un peu le sujet,
09:14c'est qu'il y avait le même jour,
09:15dans deux journaux du dimanche,
09:17la tribune et le journal du dimanche,
09:19deux sondages concernant la même personne,
09:22avec des résultats spectaculairement contradictoires.
09:26Bon, franchement,
09:28je ne veux pas donner les bons points et les mauvais points,
09:31mais il y a une des questions majeures
09:33qui était vraiment mal posée.
09:35Je ne vous dirai pas par qui.
09:36Ah ben si, laquelle ?
09:37Non, parce que ce qui était frappant,
09:39c'est que, d'une certaine façon,
09:41ces deux sondages s'annulaient.
09:42Oui.
09:42Bon, ça n'a pas grand sens de faire des sondages
09:45pour un Premier ministre.
09:46Oui, c'est ça.
09:47Et puis de dire quelles sont ses aptitudes,
09:49alors qu'il est obligé de commencer
09:52par, si j'ose dire, faire sa rentrée interne.
09:56Pas externe, pas en s'adressant déjà aux Français,
10:00en s'adressant aux acteurs politiques,
10:02et c'est déjà difficile.
10:04C'est comme un pape, un Premier ministre.
10:05C'est Urbi et Torbi, en fait.
10:06Il faut faire à la ville et au monde.
10:08Oui, bon, mais à la différence des papes,
10:11il n'est pas censé être infaillible.
10:12Vous aimez Astérix ?
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