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Regardez L'esprit de l'info avec Thomas Sotto du 28 novembre 2025.
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00:00Au 1er décembre, Thomas Soto, RTL Matin.
00:04Il est 9h15, c'est l'esprit de l'info avec notre grand témoin du jour, c'est vous Général Vincent Desportes.
00:08Bonjour Général.
00:09Bonjour.
00:09Ancien directeur de l'école de guerre et auteur entre autres de Devenez Leader, publié chez Odile Jacob.
00:14Revoilà donc le service militaire. Écoutez Emmanuel Macron hier.
00:18Oui, notre jeunesse a soif d'engagement.
00:21Il existe une génération prête à se lever pour la patrie.
00:24Notre armée est le cadre naturel d'expression de ce besoin de servir.
00:28Vincent Desportes, mon Général, que pensez-vous ?
00:31Que pense le Général d'Armée que vous êtes de ce retour du service militaire ?
00:34Je pense que c'était inévitable.
00:36Je pense que c'est une solution qui n'est pas parfaite, mais qui est efficace.
00:41Et c'est la solution du moment.
00:42Elle évoluera peut-être.
00:44Aujourd'hui, c'est ce qui pouvait être fait financièrement.
00:46C'est ce qui correspondait à un besoin des armées et aussi à un besoin de la jeunesse.
00:50Je crois qu'il fallait le faire.
00:51Mais il ne sera pas obligatoire.
00:52Est-ce qu'il aurait fallu, selon vous, le rendre obligatoire dès maintenant ?
00:55Eh bien non.
00:56Eh bien non pour deux raisons.
00:57D'une part, il n'y a pas de besoin avéré.
01:01Et d'autre part, il n'y a pas les capacités à le faire.
01:05Aujourd'hui, déjà, certains s'inquiètent des coûts supplémentaires engendrés.
01:09Et là, nous parlons pour 2035 de 50 000.
01:14Obligatoire, ça ferait 800 000.
01:16On voit bien que nous n'avons pas, et nous n'avons même pas les armes pour équiper ces soldats.
01:20Ah oui ?
01:20Bien sûr, bien sûr, on n'en a pas.
01:22On n'en a pas.
01:22Les 50 000, on va trouver.
01:23Il faudra d'ailleurs en produire un certain nombre.
01:25Mais pour 800 000, on n'a évidemment pas de chars, d'avions, de fusils.
01:28On n'a pas.
01:29Donc, ça n'était évidemment pas possible.
01:31C'est un premier pas dit.
01:31Vous dites, pardon, il n'y a pas de besoin aujourd'hui.
01:34On comprend un peu le contraire.
01:35On se dit, attention, là, on est peut-être au bord de la guerre.
01:38On est peut-être un peu courts en termes d'armée, d'équipement.
01:40Ce n'est pas la vérité ?
01:41On n'a pas besoin de remettre sur pied aujourd'hui une armée de 400 000 hommes.
01:46C'est inutile.
01:47Alors, dans un monde parfait, on aurait de l'argent, etc.
01:51Ça aiderait à la cohésion de la nation.
01:53Pourquoi pas ?
01:54Là, c'est déjà 2,3 milliards pour la période 2026-2030.
01:56La formule décrite par Emmanuel Macron hier.
01:58Exactement, dont à peu près la moitié en infrastructure.
02:02Parce qu'on peut loger les 3 000 qui vont arriver en 2026.
02:05On ne peut pas loger les 10 000 qui seront là en 2030, ni les 50 000.
02:09Parce que les casernes ont été vendues, transformées, détruites.
02:12On les a vendues à 1 euro.
02:13On a fait cette erreur majeure de croire qu'on avait tué la guerre
02:16alors qu'on n'avait jamais tué que la guerre en Europe.
02:19Et la guerre, naturellement, est revenue parce que le monde est comme il est
02:21et que la nature du monde, hélas, c'est la nature de l'homme
02:25et l'homme est un prédateur.
02:26Et que donc, dans ce monde, si vous n'êtes pas fort, vous êtes attaqué.
02:29La guerre est revenue.
02:30Nous ne le pensions pas.
02:31Elle est revenue.
02:32Elle est revenue, c'est-à-dire qu'elle est là.
02:33En fait, on est en train, avec tout ça, vraiment de nous préparer à la guerre ou pas ?
02:37Où est-ce qu'on joue sur nos peurs ?
02:39Où est-ce que vous mettez le curseur ?
02:40Mais on ne joue pas.
02:41Vous savez, il n'est pas sûr, il n'est pas sûr
02:44que la Russie, deux ans après la fin de la guerre en Ukraine, soyons clairs,
02:48poursuive son offensive vers l'Ouest.
02:50En tout cas, c'est un risque qui est...
02:52C'est un risque.
02:53Et nous n'avons pas le droit à le prendre.
02:54Moi, je suis professeur de stratégie.
02:56La stratégie, forcément, vous ne pouvez pas négliger le pire,
02:59ne pas le prendre en compte.
03:00Et cette guerre, le général Mandon l'a bien dit, d'ailleurs.
03:03Chez l'état-major des armées.
03:04Chez l'état-major des armées.
03:05Il ne s'agit pas de se préparer à la guerre pour la gagner.
03:08Il s'agit de se préparer à la guerre pour la gagner sur l'infosé,
03:10mais surtout pour éviter que cette guerre n'arrive pas.
03:13La menace...
03:14Montrer qu'on est fort, montrer que si on nous attaque, on peut se répondre.
03:17Exactement.
03:18Le trade-off, comme disent les Américains,
03:19échange, coût, efficacité de la guerre,
03:22s'il est en désavantage de Poutine, il ne le fera pas.
03:25Donc, il faut que nous soyons dissuasifs.
03:28Et aujourd'hui, nous ne le sommes pas suffisamment
03:29pour être sûrs que la menace ne se cristallisera pas.
03:32Est-ce que le nombre de troupes, le nombre de bonshommes,
03:34pour parler un peu familièrement,
03:35c'est encore un enjeu pour la guerre ?
03:36Moi, j'ai le sentiment, mais je ne suis pas un spécialiste,
03:38que la guerre, aujourd'hui, elle se passe dans les airs,
03:40elle se passe avec des bombes incroyables, avec des drones, tout ce que vous voulez,
03:43mais que le combat homme-à-homme,
03:44c'est plus tellement ça.
03:45Si, c'est encore ça ?
03:46Peut-être que c'est parce qu'on est dans une radio.
03:52Vous voyez que la guerre est dans sa nature profonde.
03:55C'est la guerre à l'ancienne, ça ?
03:56C'est la guerre des hommes.
03:57Mais, monsieur, nous avons rêvé depuis une éternité
04:00de la guerre des satellites.
04:02Mais on voit bien que quand la guerre arrive,
04:04elle est toujours la guerre des hommes.
04:06À ces hommes-là, on va leur donner des robots, des satellites,
04:08mais à la fin, celui qui défend le territoire,
04:11c'est des poitrines équipées d'équipants.
04:13Et on voit bien que la guerre,
04:14il y a des hommes qui meurent de chaque côté
04:17pour aller faire avancer ou empêcher
04:19que le drapeau de l'autre n'avance.
04:20Donc, oui, c'est un peu une des difficultés de la guerre.
04:23C'est-à-dire qu'elle a envahi,
04:24elle a envahi tout le spectre des technologies humaines.
04:27Mais à la fin, c'est toujours la guerre des hommes.
04:30Et on ne peut pas se passer d'avoir des soldats, des combattants.
04:33Et on s'est peut-être laissé intoxiquer
04:34parce que les Américains appelaient les guerres propres
04:36où il n'y avait pas de perte côté alliés.
04:39Pour dire les choses simplement, ces dernières années,
04:40c'était ce qui était promis, ce qui était vendu.
04:42Oui, sauf que les Américains, ils ont eu 5000 morts.
04:44Ils ont eu 5000 morts en Afghanistan.
04:45Ils en ont eu beaucoup en Irak, etc.
04:48La guerre, elle est comme ça.
04:49Et si on ne veut pas que ces morts arrivent,
04:50parce que c'est ça le problème,
04:51alors il faut être préparé à la guerre.
04:53Et alors, on ne la fera pas.
04:53Mon général, la guerre en Ukraine, c'est un peu comme budget.
04:56On ne sait plus très bien où on en est.
04:57Est-ce que vous pouvez nous dire très simplement
04:58quelle est la situation aujourd'hui ?
05:00Est-ce que les Russes sont en situation de force ?
05:02Est-ce que les Ukrainiens sont vraiment affaiblis ?
05:04Si on devait faire un petit point, là ?
05:06Alors, si on regarde en prenant un peu de hauteur,
05:08on s'aperçoit que la situation est à peu près stable depuis deux ans.
05:12Si vous descendez un peu,
05:13vous apercevez que les troupes russes avancent un peu tous les jours.
05:17Et que donc, l'avantage est du côté russe.
05:20C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a un risque.
05:22Il y a un risque d'enfoncement,
05:24avec toutes les conséquences que ça pourrait avoir.
05:26Or, nous devons aider l'Ukraine.
05:29Bien évidemment.
05:31Il faut bien comprendre que l'Ukraine est le meilleur rempart
05:33contre la guerre qui pourrait arriver.
05:35Pour être parfaitement égoïste, d'ailleurs.
05:37Tant qu'il y a cette guerre en Ukraine,
05:38il n'y aura pas la guerre en Europe.
05:40Soyons qu'une guerre franche.
05:41Donc, l'Ukraine doit absolument tenir.
05:43C'est pour ça que toute aide à l'Ukraine
05:45est un véritable investissement stratégique
05:47de la part de la France et de la part de l'Europe.
05:49Un investissement stratégique.
05:50Et écoutez ce que disait Vladimir Poutine hier
05:52à propos d'une attaque en Europe.
05:54Est-ce qu'il irait ?
05:55Est-ce qu'il ira au-delà de l'Ukraine ?
05:57Devoir affirmer au effort que la Russie n'attaquera pas l'Europe,
06:01ça nous paraît absurde.
06:03Nous n'en avons jamais eu l'intention.
06:05Pour nous, c'est un non-sens absolu,
06:07un mensonge et honté.
06:10Est-ce qu'on peut le croire ?
06:11Absolument pas.
06:12C'est la Russie qui, en 1994,
06:15s'était portée garant.
06:16C'est le même random de Budapest, 1994,
06:20qui s'est porté garant de l'intégralité,
06:22de l'intégrité territoriale,
06:23de la défense de l'Ukraine.
06:25C'est le même Poutine, Poutine lui-même,
06:26qui signe les accords de Minsk.
06:28Et dès qu'ils sont signés,
06:29ils se lancent dans une manœuvre.
06:33Et qui, la veille de l'invasion de l'Ukraine,
06:34il y a presque quatre ans maintenant,
06:35disait non, non, on n'ira pas.
06:36Bien sûr.
06:37Et quand vous regardez le track record
06:38comme les Américains de Poutine,
06:40Poutine, c'est l'attentat de Beslan,
06:42c'est la deuxième guerre au Tchétchénie,
06:44c'est la guerre en Syrie, etc.
06:45Donc, je crois qu'on ne peut pas bâtir
06:47les relations internationales sur la confiance.
06:49C'est une grande tristesse.
06:51Mais les relations internationales,
06:52il faut les comprendre à partir des rapports de force.
06:54C'est bien pour ça qu'aujourd'hui,
06:55notre propre levier, il faut le renforcer.
06:57J'ai une dernière question.
06:58La Fédération internationale de judo,
06:59on en parlait dans le journal,
07:00a décidé de réintégrer les athlètes russes
07:02avec hymnes et drapeaux.
07:03Alors, ça peut paraître symbolique, anecdotique,
07:06mais l'Ukraine proteste.
07:07Ça a du sens ?
07:08Ça remet Poutine et la Russie
07:09dans le jeu international
07:10ou il faut laisser ça de côté ?
07:12Ah non, je crois que c'est très mal, si vous voulez.
07:13Qu'on prenne les athlètes russes en tant qu'athlètes russes,
07:16moi, ça me paraît une bonne chose.
07:17L'hymne, le drapeau, non, c'est une mauvaise chose.
07:20Enfin, Poutine est celui qui a violé
07:22frontalement le droit international.
07:24Me direz-vous, il n'est peut-être pas le seul.
07:25Mais en tout cas, lui, il l'a fait.
07:27Il est responsable de centaines de milliers de morts.
07:29La Russie, pour l'instant,
07:30ne doit pas pouvoir écouter son hymne international
07:34dans les manifestations internationales.
07:35Merci beaucoup, général Vincent.
07:36J'ai un message de 64 900 de Marguerite
07:39qui dit « Monsieur Soto, vous n'avez pas le droit
07:40d'appeler le général des portes mon général. »
07:41C'est vrai ou pas ?
07:42Écoutez, je ne sais pas qui contredire.
07:44Vous, cette dame, non.
07:45Non, vous n'avez dit tout la vérité.
07:46Mon général.
07:46Si vous étiez une dame, je ne le pense pas,
07:49vous m'appeleriez général.
07:50Mais vous, il faut m'appeler mon général.
07:51Donc, je peux vous appeler mon général.
07:52Il faut le faire.
07:52Merci, mon général.
07:53Devenez leader, c'est publié chez Odile Jacob.
07:56Odile Jacob.
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