- il y a 5 mois
Ce jeudi 28 août, Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marchés de capitaux chez Tikehau Capital, et Louis de Fels, directeur des gestions chez Gay-Lussac Gestion, se sont penchés sur les résultats de Nvidia et l'économie américaine, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:04Le club est ouvert, tout est en place avec ce soir nos deux experts.
00:07Raphaël Thun, directeur des stratégies de marché de capitaux de TQO Capital.
00:10Bonsoir Raphaël.
00:11Bonsoir Guillaume.
00:11Bienvenue Louis Deffel, ceci nous accompagne.
00:13Bienvenue Louis.
00:14Bonsoir Guillaume.
00:14Bonsoir, directeur des gestions de Guay-Lussac Gestion.
00:17On va parler bien sûr de la fête dans un instant, son indépendance est-elle remise en cause.
00:20On viendra aussi sur le PIB américain qui est révisé la hausse au deuxième trimestre.
00:24Meilleur PIB même en quasiment deux ans aux Etats-Unis, malgré les menaces qui pèsent sur l'économie américaine.
00:28Ah, il va falloir que vous réagissiez messieurs.
00:30D'abord donc Nvidia, publication record, des revenus en hausse de 56%, mais un titre en baisse.
00:36Raphaël, cet après-midi à Wall Street, petit baisse, vraiment rien de méchant, d'un pour cent.
00:40Quelle lecture faites-vous et d'Nvidia et de la réaction de marché cet après-midi ?
00:44Alors si on prend les résultats à valeur faciale, c'est des résultats exceptionnels.
00:48On est vraiment sur une espèce d'ovni, une entreprise dont on n'a jamais vu l'équivalent probablement dans l'histoire,
00:54avec une taille d'entreprise dont on avait parlé, 4,4 trilliards de dollars de capitalisation boursière.
01:02Malgré cette taille gigantesque, une capacité de faire croître ses chiffres d'affaires exceptionnels.
01:08On a plus de 50% de croissance de chiffre d'affaires dans un marché où elle a un quasi-monopole.
01:13Et ce marché, c'est probablement une méga tendance générationnelle pour là où les décennies à venir.
01:19Donc on est vraiment sur un ovni, les taux de marge sont très élevés, 73% de marge brute, plus de 50% de profitabilité, des marges qui augmentent.
01:29Donc à valeur faciale, rien à dire, chapeau, on est toujours sur cette dimension de croissance très importante sur NVIDIA.
01:39C'est vrai, vous l'avez dit, que le marché est un peu déçu en revanche.
01:41Comme quand vous croquez un gâteau, il est délicieux, il est très très bon, mais il y a des petites coquilles d'œufs à l'intérieur.
01:45Vous mangez des moules, délicieux, il y a un peu de sable dedans.
01:47C'est pareil, c'est-à-dire que la publication est top, mais il y a un petit truc qui cloche quand même et NVIDIA recule.
01:53Clairement, il y a une forme de déception légère vis-à-vis d'attente qui était extrêmement élevée.
01:59Aujourd'hui, c'est le bon élève, on attend monts et merveilles de cette entreprise.
02:03Et ce qu'on constate, c'est que malgré le fait que les marges se maintiennent,
02:07on va dire que la croissance du chiffre d'affaires semble décélérer.
02:10On n'est pas encore capable de dire que vraiment, il y a un point d'inflexion.
02:13On reste sur des dynamiques très importantes.
02:15Quand on soulève le capot aussi, on voit qu'il y a pas mal de complexité entre les différents segments.
02:20Vous avez parlé de la Chine en particulier.
02:22Mais au final, effectivement, on constate, on commence à avoir une forme de normalisation,
02:27dans une certaine mesure, de cette croissance du chiffre d'affaires.
02:30Tout ça vient aussi à un moment où, effectivement, les attentes étaient élevées.
02:33Il y a une forme de rotation aussi du marché, au-delà des valeurs tech, vers des valeurs plus cycliques.
02:38Donc, tout ce mix fait que le marché n'a pas d'exubérance.
02:42Maintenant, moins 1% après les performances boursières ces dernières années, c'est l'épaisseur du trade.
02:46On pourrait même voir dans ce moins 1% une validation de la hausse, l'incroyable ascension d'NVIDIA des cinq derniers mois.
02:51En cinq mois, le titre a pris 90%.
02:54Il a quasiment doublé.
02:55Aujourd'hui, il pleure 1% sur la publication.
02:57C'est une validation en réalité.
02:59Louis, comment lisez-vous, vous, cette publication et les perspectives ?
03:01C'est plutôt une bonne nouvelle, NVIDIA.
03:03C'est vrai que c'était très attendu.
03:04Maintenant, il faut remettre les choses dans le contexte.
03:05NVIDIA, c'est le market mover.
03:07C'est limite devenu plus important que la Fed.
03:10Pour certains, c'est 8% de capitalisation du S&P.
03:14Et c'est vrai que la publication est rassurante.
03:16C'est vrai qu'on parle de guidance.
03:18Pour le prochain trimestre, on parle quand même de 53-54 milliards.
03:21Il y en a qui pensaient que ça allait pouvoir monter jusqu'à 60 milliards.
03:24Donc, certains sont déçus.
03:26Mais voilà, en tout cas, la hype sur l'IA est toujours là.
03:28On l'a vu sur les sets magnifiques.
03:29La demande est toujours plus importante que l'offre.
03:32Donc, voilà, ça va continuer.
03:34La musique va continuer.
03:35On ne sait pas jusqu'à quand.
03:36Mais clairement, quand on a vu les résultats,
03:38maintenant, c'était la dernière set magnifique qui n'avait pas publié.
03:40Je crois que c'est encore, je ne sais pas de bêtise,
03:4226% de croissance de bénéfices par action pour les sets magnifiques
03:45contre à peine 7 pour le S&P 493.
03:49Donc, voilà, c'est vrai que ces sets magnifiques,
03:50c'est un rouleau compresseur.
03:52NVIDIA, c'est vraiment la valeur par excellence
03:54que tous les retails veulent acheter pour jouer l'intelligence artificielle.
03:57Voilà, la vraie question, c'est de se dire jusqu'à quand ça va continuer.
04:01Mais pour l'instant, ça continue et c'est normal.
04:04C'est une petite prise de bénéfice.
04:05Bénéfice, aujourd'hui, rien de très grave.
04:07Ils attendent une fin d'année record,
04:09même sans tenir compte de la Chine,
04:11c'est-à-dire même sans inclure une accélération des ventes en Chine.
04:14De toute façon, ça ne peut qu'accélérer.
04:14Il y a eu zéro vente de sa puce H20.
04:16La puce H20 d'NVIDIA, qui n'est pas la plus puissante,
04:18mais qui est autorisée par le Washington.
04:21Zéro vente au deuxième trimestre.
04:22Et pourtant, on a cette hausse des revenus de 56%.
04:24Alors, qu'est-ce que ce serait si la Chine s'ouvrait davantage ?
04:27Ou si l'accès à la Chine s'ouvrait ?
04:28Il explique, Jensen Wang, le patron d'NVIDIA,
04:30aujourd'hui, être en discussion là-dessus avec Donald Trump.
04:33Oui, c'est une des caractéristiques de cette valeur,
04:35c'est qu'elle est au centre de l'échiquier géopolitique.
04:39Très clairement, le sujet Chine est un sujet d'ampleur,
04:42non seulement parce que c'est un gigantesque marché,
04:44mais aussi une dimension de concurrence.
04:46Si NVIDIA ne se positionne pas,
04:48des acteurs chinois pourront prendre une forme de leadership sur l'IA.
04:52D'ailleurs, il l'a dit explicitement
04:53durant l'appel téléphonique d'annonce des résultats,
04:57où il a dit qu'il y avait une dimension stratégique pour les États-Unis
05:00à laisser les Chinois utiliser leurs chips NVIDIA.
05:04Pour empêcher les Chinois de trop gagner,
05:06de trop aller vite dans le gain d'autonomie.
05:08Exactement.
05:09En revanche, ce qui est rassurant pour les investisseurs,
05:11vous l'avez bien dit,
05:12c'est qu'aujourd'hui, NVIDIA price à zéro ses revenus en Chine,
05:15en tout cas à travers son micro-multiprocesseur H20.
05:20Et dans ces conditions,
05:21peut-être qu'il y a de la place pour,
05:23dans un scénario de détente qui semble assez lointain aujourd'hui,
05:26mais qui sait,
05:27pour avoir une surprise positive sur la Chine.
05:29C'est ça.
05:29Il ouvre la porte à un scénario de bonne surprise
05:32plutôt que de mauvaise surprise
05:33en priceant zéro vente en Chine pour la suite.
05:35Et même en priceant zéro vente en Chine,
05:36ils attendent une accélération encore fulgurante de leurs résultats.
05:39Ils aimeraient bien quand même que la Chine s'ouvre.
05:41Il est en campagne, vraiment.
05:43Il fait du lobbying intense.
05:43Le patron d'NVIDIA, il explique aujourd'hui,
05:45la Chine est le deuxième plus grand marché informatique au monde.
05:49C'est le foyer d'environ la moitié des chercheurs en IA dans le monde.
05:53La majorité des modèles open source sont créés en Chine,
05:56ajoute-t-il.
05:56Il serait donc bon pour les technologies américaines
05:59que ce marché s'ouvre davantage.
06:00Voilà, Jensen Yang, le patron d'NVIDIA aujourd'hui.
06:03Est-ce que vous pensez, Louis ?
06:05C'est notre question du jour sur les réseaux sociaux X et LinkedIn.
06:07Est-ce que vous pensez,
06:08vous pouvez tous participer d'ailleurs, vous qui nous suivez,
06:10est-ce que vous pensez qu'NVIDIA saura franchir la barre des 5 000 milliards de dollars
06:15de capitalisation, même sans davantage d'intégration en Chine ?
06:19Tout dépend où allait le marché.
06:22C'est vrai que c'est toujours très difficile de faire des prévisions,
06:24mais tout dépend jusqu'à quand la demande excedera l'offre.
06:27On a parlé tout à l'heure des marges qui sont juste stratosphériques.
06:30Il faut quand même comprendre que leurs clients,
06:32c'est les six autres magnifiques dans l'ensemble.
06:35Donc le jour où ces six autres magnifiques,
06:37on n'arrivera pas à rentabiliser leur investissement,
06:40évidemment, ils m'ont demandé peut-être des puces moins chères.
06:44Aujourd'hui, la demande est beaucoup plus forte que l'offre.
06:46Donc aujourd'hui, NVIDIA peut mettre le pricing power,
06:48le fameux pricing power qu'ont beaucoup d'entreprises,
06:51notamment Apple avec son iPhone.
06:53Voilà, un jour, ça va s'estomper et le problème de la marge,
06:55elle descend sous les 50.
06:57Forcément, vous avez beau faire encore la croissance,
06:58vous n'avez plus de croissance de bénéfices par action.
07:00Il faut quand même remettre des choses dans le contexte.
07:02NVIDIA, il y a quatre ans, c'était 11 milliards de chiffre d'affaires.
07:04Aujourd'hui, pour la fin de l'année, on attend 200 milliards.
07:07Voilà, donc c'est pour ça qu'on dit
07:08que NVIDIA fait plus que 56% de croissance,
07:11donc la croissance la plus faible depuis quatre ans,
07:13mais c'est normal à cause des effets de base.
07:14Il y a un moment, quand vous faites 200 milliards,
07:16vous ne pouvez plus refaire 100% de croissance.
07:18Il y a un moment, c'est juste que le marché n'est plus possible.
07:21Donc oui, évidemment, tant que la musique continue,
07:23ce que je disais tout à l'heure,
07:24NVIDIA peut aller vers les 5 000 milliards de capitalisation boursière.
07:28Voilà, c'est qu'aujourd'hui, tant que la demande est plus importante que l'œuf,
07:31et tant...
07:31Et elle le sera, même sans la Chine, elle le sera.
07:33Même sans la Chine, elle le sera.
07:35Et tant que les clients, en fait, ce qu'il faut regarder,
07:37voilà, c'est l'investissement des six autres,
07:38voilà, des Amazon, Google, Facebook, etc.
07:40Tant qu'eux continuent d'investir,
07:42la musique devrait continuer.
07:44Donc pour le moment, la musique est là,
07:46laissons-nous surtout porter.
07:48Oui, alors nos auditeurs et téléspectateurs qui votent,
07:50certains sur X et LinkedIn ont un avis assez tranché sur la question.
07:53Est-ce qu'NVIDIA saura franchir les 5 000 milliards de dollars de capitalisation,
07:55même si l'accès à la Chine reste difficile ?
07:58François réagit, il nous dit même pas en rêve,
08:00d'ici là, la Chine qui avance sans bruit,
08:02aura dévoilé ses propres GPU,
08:03ce qui peut-être limitera le potentiel d'NVIDIA.
08:05Oui.
08:07Et puis un autre auditeur nous dit,
08:08évidemment, la question n'est pas de savoir si les 5 000 seront franchis,
08:11mais quand ?
08:12Pour vous, Raphaël, forcément, ils seront franchis, même sans la Chine ?
08:15C'est effectivement très envisageable,
08:17même si c'est difficile de se projeter.
08:18Quand on regarde comment on peut valoriser cette action,
08:21on va regarder la croissance des bénéfices et les stratosphériques,
08:24on vient de le dire.
08:25Donc ça, c'est potentiellement un facteur de performance pour l'action
08:27qu'on met en relatif à son multiple de valorisation.
08:32Combien de fois les bénéfices vous payez pour acheter cette action ?
08:36C'est très cher, NVIDIA, évidemment, compte tenu de la croissance,
08:39mais qu'on parle de son historique propre,
08:40c'est finalement moins cher que ça ne l'a été.
08:42On est même sur un point bas sur les 5 dernières années.
08:45On est revenu à des niveaux de valorisation proches de 2018 pour NVIDIA,
08:50à savoir un monde avant l'intelligence artificielle,
08:53un monde très différent.
08:54Donc, on verra, mais envisageable clairement.
08:57On est sur un malheureux PE de 50.
09:00Oh, c'est faible.
09:01Attends, 50, pas l'entire, on est à quasiment 500 de PE.
09:04C'est incroyable.
09:04Non, mais oui, c'est vrai que 5 000 milliards,
09:08oui, il faudrait l'imaginer en intégrant une situation en Chine qui se clarifierait.
09:12Alors, c'est vrai que la Chine, et elle le démontre tous les jours dans sa recherche,
09:17est en train de trouver des alternatives.
09:20Opus NVIDIA crée eux-mêmes des cartes graphiques extrêmement performantes.
09:24Mais voilà, il faut aussi quantifier NVIDIA comme une major dont on s'inspire
09:29et qui va être le moteur et la dynamique.
09:31Donc, si la situation s'aplanit en Chine et elle est appelée à s'aplanir,
09:35ça, franchement, ce n'est pas possible autrement.
09:40NVIDIA franchira les 5 000 milliards de dollars.
09:42Effectivement, la question, c'est plutôt quand ?
09:44Là, c'est plus une vision de long terme.
09:46C'est exactement ce qui s'était passé sur Apple.
09:48Rappelez-vous, depuis 2007, Apple, c'était une très, très forte croissance par l'iPhone.
09:52Et à un moment, la croissance se normalise.
09:54Et quand la croissance se normalise, votre PE également se normalise.
09:57Donc, c'est plutôt bon signe.
09:58Au contraire, NVIDIA se paye un peu moins cher que dans le passé
10:01parce que sa multiple de croissance est bien moins forte que dans le passé.
10:04De toute façon, ils vont dans le sens de la rivière et du courant.
10:06Ils prévoient, NVIDIA, 4 000 milliards de dollars supplémentaires d'investissement dans l'IA
10:11d'ici 2030, d'ici 4 ans seulement.
10:13Et ils estiment que les data centers actuels, qu'NVIDIA équipe,
10:18ne représentent que 10% de l'infrastructure totale nécessaire.
10:2210%.
10:22Effectivement, nous, 2030, on en est encore à se demander s'il faut interdire les voitures thermiques.
10:29La petite musique sur NVIDIA qu'il faut suivre au-delà de la Chine peut-être aussi,
10:32c'est effectivement cette dimension de retour sur investissement de ces grands clients.
10:36Et c'est vrai qu'aujourd'hui, on a eu que assez peu de signes que ces retours d'investissement
10:40valaient la dépense.
10:41On achète très très cher, c'est plus NVIDIA, situation de monopole.
10:46Mais aujourd'hui, à quelques exceptions près, les retours sur investissement sont faibles.
10:50Alors, il y a des exceptions.
10:51Meta, par exemple, a très clairement expliqué que grâce à l'IA,
10:55sa façon de cibler la publicité en ligne était bien plus efficace.
10:59Mais globalement, on sent qu'il y a une incertitude de ce point de vue-là.
11:02Donc, on sera à l'affût aussi du retour d'expérience de ces grands clients.
11:06Et vous disiez, NVIDIA dépend de quelques grands clients, très, trop grands clients ou pas ?
11:12La moitié des revenus généraux deuxième trimestre dépendent de deux clients.
11:15L'un des clients représente plus d'un quart des revenus d'NVIDIA sur le trimestre.
11:18C'est-à-dire que l'un des clients d'NVIDIA, sur un seul trimestre,
11:22a dépensé plus de 11 milliards de dollars dans les puces.
11:24Les puces d'NVIDIA.
11:25Qui a les épaules assez larges ?
11:27N'importe quel GAFA, mais en réalité...
11:29On n'a pas les noms, mais effectivement, ça sera dans les sept.
11:31Laquelle soupçonnez-vous, Raphaël ?
11:32C'est qui ? C'est Microsoft ? C'est Amazon ?
11:34Alors, ça sera l'un de ceux-là.
11:35On peut aussi parler de Colossus, d'Elon Musk,
11:37qui semblent accaparer un grand nombre de puces.
11:41Aujourd'hui, il y a une problématique d'offres aussi.
11:43NVIDIA ne produit pas assez vite.
11:46Donc, c'est difficile à savoir.
11:47Mais effectivement, vous pointez un risque ici très important,
11:49dont Louis avait parlé également.
11:51Effectivement, cette idée que le carnet de commandes est très concentré.
11:55Et donc, le risque avec un challenger concurrentiel en termes de technologie
12:00existe qu'il puisse y avoir des pivots.
12:02C'est vrai que du côté de Wall Street, on a des analystes.
12:05Là, on en est à cinq qui sont au-dessus des 200 dollars d'objectifs de cours.
12:08On a Bain.
12:09On a Wettbush avec Dan Hives, le fameux analyste, avec ses jolies vestes.
12:13On a Citigroup qui vient de publier une note où il conseille à plus de 200.
12:19JP Morgan, pareil.
12:20Jeffreys, pareil.
12:21Tout le monde vise plus de 200 dollars.
12:22La moyenne du consensus est à plus de 200 dollars sur NVIDIA, désormais.
12:25Tout à fait.
12:26On va jusqu'à...
12:27Tous à peu près sont peu ou prou sur 214 lancements.
12:30Oui.
12:31Alors, qui a le plus à craindre ?
12:32Est-ce que c'est NVIDIA qui doit avoir peur de dépendre de deux, trois gros clients ?
12:37Vraiment être dans la main de deux, trois gros clients ?
12:39Ou est-ce que c'est les deux, trois gros clients qui doivent déplorer de dépendre autant eux-mêmes d'NVIDIA ?
12:44Oui.
12:45Je pense que les gros clients, on les connaît.
12:48Facebook, Alphabet, etc.
12:50Amazon, ils n'ont pas le choix.
12:51Pour l'instant, c'est la course.
12:52C'est ça.
12:53Ils dépensent, on verra plus tard.
12:55Ce qui est très important, c'est...
12:57Comme pendant la bulle Internet, au début, c'est la course.
13:00Au début, il y aura des perdants, des gagnants.
13:02Mais ce qu'il faut, c'est la taille.
13:04Donc, pour l'instant, c'est des dépenses.
13:05Et tant que ces grands acteurs, que tout le monde détient, continuent d'investir, la musique va continuer.
13:14Le jour où il y en a un qui dira...
13:15Il y a eu quelques articles, le patron Altman qui a commencé à dire, c'est une bulle.
13:19Il a dit, comment on va faire pour faire un retour sur investissement ?
13:22À la limite, tout ça, c'est beaucoup de bruit.
13:23Ce qui compte sur NVIDIA, c'est de regarder les dépenses trimestre par trimestre des cinq autres magnifiques qui dépensent.
13:30Tant qu'elles augmentent leurs dépenses, c'est la croissance d'NVIDIA.
13:34Oui, oui, et l'IA continue de se développer.
13:36Antoine, vous avez repéré cette IA.
13:38Vous savez, on a tous parfois des problèmes avec les services SAV, les opérateurs téléphoniques, tout ça.
13:42C'est drôle comme histoire.
13:44Oui, c'est une boîte aux États-Unis qui a mis au point une IA personnelle pour les clients
13:50qui souhaitent gagner du temps en employant une IA pour s'engueuler avec le support client.
13:57L'IA s'engueule à votre place avec le service SAV ?
14:01C'est exactement ça.
14:02Alors, l'histoire pourrait être encore plus drôle, finalement, si le SAV lui-même avait une IA chargée de s'engueuler avec le client.
14:09Donc, on les laisserait s'engueuler tous les deux.
14:11Et voilà, on gagnerait un temps fou.
14:14Mais enfin, c'est...
14:15Voilà.
14:16À quel prix et à quel coût ?
14:18Il y a de l'IA pour tout.
14:19Tiens, NVIDIA annonce aussi 60 milliards de dollars de rachat d'actions.
14:22Quand même, c'est très important.
14:2360 milliards de dollars de rachat d'actions.
14:25On entend souvent que c'est bon pour les actionnaires.
14:26Ça fait monter le titre.
14:27Pas du tout.
14:28Marc Giraud ne disait pas du tout.
14:30C'est même mauvais pour les petits actionnaires, tous ces rachats d'actions.
14:32Il nous l'a expliqué.
14:32C'était lundi dans le bullshit-omètre avec force argument.
14:36Très intéressant.
14:36Bullshit-omètre toujours disponible en replay sur notre application BFM Business.
14:40On est à 13 minutes de la clôture, 17h22.
14:43On accélère dans la dernière ligne droite de la séance.
14:46On est toujours sur le marché parisien en hausse.
14:48Une petite hausse.
14:49Encore une séance tranquille à Paris après le début de semaine qui était compliqué.
14:52Aujourd'hui, plus 0,2.
14:53Le CAC 40.
14:54Renault est en tête.
14:55Plus 3,5.
14:56Le luxe toujours porté par, alors peut-être sa moindre dépendance aux aléas politiques français.
15:00Mais surtout, un discours finalement assez optimiste de Swatch hier en Suisse.
15:04LVMH gagne 2,4%.
15:05Kering gagne 1,9%.
15:07Pernod Ricard a publié.
15:08Optimiste sur 2026.
15:10Notamment Pernod Ricard.
15:11Le titre gagne 1,5.
15:11Puis les replis.
15:12Sanofi, moins 1,3.
15:14Essilor, Orange.
15:14Pas mal de défensives en fait sont aujourd'hui en baisse.
15:16Danone également.
15:17Engie.
15:17On en reparlera à la clôture tout à l'heure.
15:20Louis Defez et Raphaël Thuin sont ce soir nos experts du club.
15:25Au-delà d'Nvidia, dont on a beaucoup parlé, est-ce que les marchés, est-ce que Wall Street est beaucoup trop haut ?
15:31Sam Altman dit qu'il y a une bulle sur l'IA.
15:33Bon, le patron d'OpenAI.
15:34Peut-être qu'il dit ça parce que lui n'est pas en bourse.
15:36Donc, il attend que ça baisse pour introduire OpenAI.
15:38Il aimerait bien que ça baisse.
15:39Bon.
15:40Mais est-ce que plus largement, Wall Street est sur des points hauts là ?
15:43Est-ce qu'on est trop haut ?
15:44C'est Alain Pitouz qui nous a alerté.
15:45En l'occurrence, avant-hier.
15:48Sur le fait que les dettes sur marche ont un record.
15:51Les précédentes fois où c'est arrivé, c'était en 2000.
15:54Ça s'est traduit par la bulle Internet.
15:55Et en 2007, juste avant la crise des subprimes.
15:58Est-ce que ce chiffre-là vous interpelle, en l'occurrence Raphaël ?
16:01Alors, oui, clairement, le marché est cher.
16:04C'est inquiétant.
16:05C'est inquiétant parce qu'on n'a pas de marge d'erreur.
16:07On le voit dans un environnement très incertain.
16:09La géopolitique, les accords commerciaux.
16:12Cette capacité aussi que les tarifs font de petit à petit agir comme un poison lent dans l'économie.
16:18Et on commence petit à petit à voir l'effet aux États-Unis de ces droits de douane sur les prix et sur la consommation.
16:25Et à ces niveaux de valorisation, effectivement, on ne permet aucune marge d'erreur potentielle sur un scénario négatif de ces grands facteurs de risque.
16:34Après, est-ce qu'on va faire un parallèle avec 2007 ou l'éclatement de bulles ?
16:37Peut-être pas.
16:37On voit quand même une certaine forme de résilience de l'économie, une forme de résilience des earnings.
16:43La saison des résultats a été excellente une nouvelle fois.
16:46Très disparate, très concentrée autour de quelques thématiques, en particulier la tech et aussi les financières.
16:52Mais malgré tout bonne.
16:53Donc, on ne voit pas de trou d'air.
16:55Mais on voit une forme de décélération, une forme de pulsation stagflationniste qui traverse l'économie
17:01et qui donne envie un petit peu de réfléchir à sa pondération US.
17:05De notre côté, on a beaucoup rééquilibré vers l'Europe.
17:08On trouve que l'Europe a des arguments assez attractifs dans ce cycle de marché.
17:13L'un d'entre eux étant évidemment une thématique de valorisation, mais pas que.
17:17Et dans ces conditions, effectivement, de la prudence sur la fin d'année,
17:20à un moment où ces droits de douane commencent à se faire sentir, nous semblent s'imposer sur les États-Unis.
17:24Pendant l'été, l'écart de valorisation entre l'Europe et les États-Unis s'est encore aggravé ?
17:27Comment l'Europe ressortait cet été comparativement à Wall Street sur les marchés, Louis ?
17:32Les États-Unis ont surperformé.
17:34Pourquoi ? Parce que la croissance des résultats des bénéfices par action était supérieure.
17:38Il y a encore eu 11% de croissance de bénéfices par action aux États-Unis.
17:41Donc, évidemment, poussé par les 7 magnifiques.
17:43Donc, 26% de croissance des BPA contre 7%.
17:47On attend encore 9% de croissance des bénéfices par action cette année et encore 13% l'année prochaine aux US.
17:52Sachant qu'en Europe, ça fait trois ans qu'on est à zéro.
17:55Je crois qu'on attend 2 ou 3% cette année.
17:57Avec l'euro qui est plus fort, ça va certainement être révisé à la baisse.
17:59Et on va encore finir à zéro cette année sur les croissances de bénéfices par action en Europe.
18:04Après, voilà, l'Europe, on n'a pas dit son dernier mot.
18:06La semaine dernière, vous avez vu, il y a eu des beaux chiffres des PMI, notamment les manufacturiers qui sont revenus.
18:11Donc, l'Europe n'est pas mort.
18:12Alors, le plan allemand, on va commencer à faire sentir les premiers signes plutôt pour 2026.
18:17Donc, c'est vrai qu'au fur et à mesure qu'on arrive au quatrième trimestre,
18:20le marché va commencer à acheter le rebond de la croissance 2026.
18:24Donc, c'est vrai que ça, c'est plutôt assez positif pour l'Europe.
18:28Donc, voilà, après, il ne faut pas forcément opposer les deux.
18:31C'est vrai que les États-Unis tiennent bien.
18:32Mais le problème des États-Unis, c'est l'impact de la guerre commerciale sur la demande.
18:37Parce qu'aujourd'hui, le T2, il n'y avait pas encore eu ça.
18:40Il y a eu l'incertitude.
18:41Mais aujourd'hui, maintenant, il y en a plus de visibilité.
18:43On va voir l'impact sur la croissance.
18:44C'est vrai qu'on a parlé du PIB tout à l'heure en introduction.
18:46On l'a dit encore plus 1,6, notamment dans la consommation personnelle.
18:50Donc, c'est vrai que l'épargne est au plus bas aux États-Unis.
18:53Mais pour l'instant, il y a encore l'effet richesse aux États-Unis.
18:56Le PIB du deuxième trimestre a été relevé à 3,3% aujourd'hui.
19:00Meilleure croissance en quasiment deux ans aux États-Unis.
19:02Voilà, 3,3 pour le PIB et 1,6 pour la partie consommation.
19:06Donc, c'est vrai que les chiffres sont très bons.
19:08Mais la vraie question, c'est aujourd'hui, c'est l'impact de l'inflation.
19:11En fait, il y a deux scénarios.
19:12Il y a deux économistes.
19:13Il y a à Wall Street, tout le monde se bat en se disant
19:16est-ce que le choc qui se passe, choc d'offres,
19:19ça va être un peu comme un choc pétrolier.
19:22Ça va faire monter les taux, puis après très vite baisser
19:24parce que finalement, il y aura un impact sur la demande.
19:27Ou finalement, c'est un impact inflationniste beaucoup plus structurel.
19:30Nous, on pense que tout ça, c'est qu'un one shot.
19:33Donc, ça va avoir un impact sur la demande.
19:34C'est pour ça qu'on pense que les taux aux US vont finalement baisser.
19:37C'est un peu la thèse de JP Morgan et de Goldman Sachs
19:39que JP Morgan attend 4 baisses de taux, Goldman 3,
19:42alors que le marché est plutôt à 2.
19:44Parce que normalement, c'est le consommateur américain
19:46qui va se prendre en pleine face la guerre commerciale.
19:49Donc, quand il importe et tout est 15% ou 20% plus cher,
19:52le consommateur.
19:53Donc là, normalement, le 3e trimestre, 4e trimestre,
19:55ça va être un vrai juge de paix
19:58pour voir si le consommateur américain sera toujours là.
20:01– Effectivement, parce que Target, Lowe's ont annoncé des hausses de prix à venir.
20:04Home Depot, qui disait qu'il n'y aurait pas de hausse de prix en début d'année,
20:07a dit lors de sa publication qu'il y aurait des hausses de prix aux Etats-Unis.
20:10McDonald's, Pepsi aussi, dit que des hausses de prix de 10% sont probables aux Etats-Unis.
20:14Et oui, l'aluminium qui vont, les droits de douane sur l'aluminium, c'est les canettes.
20:17Donc, Pepsi va relever ses tarifs.
20:19Estée Lauder, bref, ça commence à se multiplier sérieusement.
20:22– Et tout ça est à compenser par le fameux plan triple B de Donald Trump,
20:26c'est-à-dire qu'il va redonner du pouvoir d'achat aux Américains,
20:29mais je pense que la balance va être défavorable pour la demande américaine.
20:34– D'accord, donc vous, vous voyez peut-être plus de baisse de taux
20:36et les taux américains amenés à se détendre, ce qui satisfierait Donald Trump,
20:39c'est son objectif.
20:40Il veut voir les taux se détendre, la fête baisser les siens, le dollar reculer.
20:43– Voilà, mais pour l'instant, c'est ces deux théories qui s'affrontent à Wall Street
20:47en sachant que c'est une inflation ponctuelle qui va faire baisser la demande
20:51ou si c'est une inflation plus structurelle.
20:53Et en effet, les taux pourraient monter dans ce qu'elle a 5%,
20:55ce qui serait dramatique pour la marche action.
20:57– Oui, est-ce qu'il est en train de peut-être rassembler les conditions
21:03pour réussir son coup, Donald Trump ?
21:05Est-ce que peu à peu, on va finir par voir que son échafaudage,
21:07qui semble brinque-ballant dans les premiers étages,
21:09une fois qu'il aura mis en place toutes ses mesures,
21:13cet échafaudage tiendra ?
21:14En gros, et pour caricaturer, vous n'avez pas d'autre choix
21:16que de répondre l'un ou l'autre, c'est un fou ou c'est un génie, Donald Trump ?
21:19– Raphaël. – La grosse question.
21:23– Vous devez répondre.
21:23– Je ne répondrai pas, parce qu'elle est trop compliquée, cette question.
21:28Je vais rajouter quelques commentaires.
21:29– Il y a des génies fous aussi.
21:30– Elle est très dure, celle-là.
21:32Effectivement, il a eu de belles victoires.
21:34On peut estimer des victoires sur la géopolitique,
21:37on va penser à l'Iran, sur cette dimension tarif-droite-douane
21:41où finalement, le pire n'est pas arrivé.
21:43Les droits-douanes semblent petit à petit être mises en place
21:46sans trop de drame pour l'instant.
21:48Et puis sur le plan politique, effectivement, avec la Big Beautiful Bill,
21:52peu de gens pensaient qu'ils seraient capables de l'imposer
21:54et il a réussi à le faire.
21:56Donc effectivement, il y a un chemin pour cette théorie économique
21:59avec laquelle il a été élu, qui consiste à dire que
22:02les dépenses gouvernementales, un stimulus fiscal
22:06financé par les droits de douane
22:07peuvent permettre de libérer les énergies.
22:09Il y a un chemin pour que tout ceci puisse se matérialiser.
22:14Son problème à Donald Trump, c'est qu'il est très disruptif.
22:17Il est très disruptif sur des fondamentaux de marché et d'économie
22:20qui sont en train aujourd'hui de vaciller autour du libre-échange,
22:24autour d'une espèce d'adversité, de fragmentation des économies
22:29qui est dangereuse pour la productivité, pour la croissance, pour la consommation.
22:33On peut parler aussi de la Fédérale Réserve
22:35et de cette indépendance de la FED qui aujourd'hui est en souffrance
22:38avec des risques aussi sur l'inflation.
22:40Il joue avec le feu sur la FED.
22:42S'il y a une perte de confiance dans la FED, il pourra mener la politique qu'il veut.
22:44Il y aura une perte de confiance dans les États-Unis aussi
22:46et des capitaux qui se retireront.
22:49Un risque sur le dollar, un risque sur l'inflation,
22:51sur les perspectives d'inflation.
22:53Et le fait qu'il n'y ait pas eu aujourd'hui de casse
22:55ne veut pas dire qu'il n'y en aura pas demain.
22:58Et encore une fois, quand je parlais de pulsions stagflationnistes,
23:00on commence à avoir des signes de stress.
23:02Ce n'est pas suffisamment pour agiter le drapeau rouge,
23:05mais on est très vigilants.
23:07Donc, génie ou fou, donnez-nous encore 2-3 ans pour juger.
23:12Oui, facile, facile.
23:13Alors, Louis ?
23:14En effet, je suis assez d'accord, ça sera à l'avenir le seul juge de paix.
23:19Pourquoi ?
23:19Parce que c'est vrai qu'on parlait un peu d'une fin de cycle aux États-Unis.
23:22Et finalement, avec le triple B, le Big Beautiful Act,
23:25il relance encore, il re-endette les États-Unis.
23:29C'est facile, les États-Unis sont le moteur de croissance depuis le début de 2014,
23:32c'est la croissance du monde, en creusant dans le déficit.
23:35Donc, c'est facile de faire de la croissance un peu artificielle.
23:38Donc là, on pensait qu'on était arrivé un peu au bout,
23:39et bien non, il a remis une couche qui va redonner du pouvoir d'achat aux Américains.
23:43Et c'est pour ça que les entreprises, finalement, ont remis à consommer,
23:46ce qui a aidé le S&P et les marchés américains à repartir plus haut.
23:48Mais à un moment, la fête va se terminer.
23:50Donc, est-ce qu'il va continuer de faire ça jusqu'à la fin de son dernier mandat,
23:52et puis après, ça sera une crise énorme aux États-Unis ?
23:55Seul l'avenir nous le dit.
23:56Donc, c'est vrai que là, pour l'instant, il joue un peu avec le feu,
23:58en tout cas au niveau, je parle macroéconomique,
24:01de relancer une fois de plus ce site qui devait normalement un peu ralentir,
24:05il le relance un peu au forceps.
24:07Et juste à ce stade-là, compte tenu des données macroéconomiques américaines,
24:10et le PIB relevé, quand même, revu à la hausse pour le deuxième trimestre,
24:13s'il a fait de baisser ses taux en septembre,
24:14vous y verriez le signe d'une perte d'indépendance,
24:17ou au contraire, cette baisse de taux sera juste justifiée par l'état de l'économie ?
24:20Ce serait forcément une perte d'indépendance si elle baisse ses taux,
24:23ou il y a quand même des raisons de les baisser ?
24:24D'un mot, vraiment.
24:25Il y a cette notion qu'aujourd'hui, elle est un peu trop restrictive, la Fed,
24:28et que cette baisse de taux, indépendamment des pressions de l'administration,
24:33est dans une certaine mesure justifiée.
24:34La question, ce sera plutôt sur la suite.
Écris le tout premier commentaire