- il y a 5 mois
Ce mardi 5 août, Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, et Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marchés de capitaux chez Tikehau Capital, se sont penchés sur l'action Microsoft qui a dépassé 4000 milliards de dollars de valorisation, l'impact des droits de douane sur les chiffres de l'inflation, l'enjeu du possible remplacement de Jerome Powell à la tête de la FED, ainsi que les résultats des dernières publications des entreprises, dans l'émission BFM Bourse présentée par Étienne Bracq. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Business, vos placements, nos conseils, BFM Bourse, Etienne Braque.
00:09BFM Bourse, format estival cet été, 17h30, 18h, dans 5 minutes ça sera la clôture à la Bourse de Paris,
00:14un CAC 40 qui est stable à moins de 5 minutes de la clôture, toujours légèrement au-delà des 7600 points,
00:20à 7630 points du côté de Wall Street, vous avez trois indices américains qui reculent de l'ordre de 0,3 à 0,5%,
00:27avec notamment un ISM des services qui a déçu cet après-midi, et puis surtout Wall Street qui respire un petit peu après sa nette surperformance hier.
00:35Les cours du pétrole en petite baisse, 1% pour le Brent à 67 dollars, quand sur le front des taux, vous avez des taux souverains qui continuent de légèrement se tasser,
00:44avec un 10 ans américain qui est sous les 4,2% quand le 10 ans français est à 3,3%, le Bound d'Allemands à 2,63.
00:50Pour refaire cette séance qui va se clôturer dans 4 minutes, Alexandre Baradez qui est avec nous en studio,
00:57Bonjour Alexandre, merci d'être avec nous, vous êtes chef analyste chez IG et par téléphone.
01:03Nous avons le plaisir également de recevoir Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marché de capitaux chez TKO Capital.
01:09Bonsoir Raphaël Thuin, merci également de répondre à l'appel de BFM Business ce soir.
01:14Je le disais en préambule, c'est vrai que vous avez un CAC 40 qui se tasse un petit peu ce soir Alexandre.
01:197 630 points, en plus on sort des résultats trimestriels, il y a eu beaucoup d'activités ces derniers jours.
01:25Bon là en termes de volume, ça y est, on rentre très clairement dans la période estivale, juste avant le fixing, vous avez seulement 1,4 milliard d'euros négociés dans l'indice.
01:32Oui, on est sur la fin de la saison des résultats, on a à peu près 80% des entreprises européennes qui ont publié leurs résultats.
01:38C'est une saison qui est meilleure qu'attendue, notamment concernant les bénéfices des entreprises.
01:43Et si on prend même les bénéfices par action par exemple, vous aviez le consensus qui tournait autour de 0% en fait.
01:49Si on prend le MSCI Europe, le consensus des analystes, c'est des données qui ont été compilées par Bloomberg, c'est à peu près 0% de...
01:55Non pardon, on attendait même un repli des bénéfices par action sur le deuxième trimestre et on se retrouve avec une progression flat en fait.
02:01Donc c'est un petit peu meilleur qu'attendu.
02:02Le constat qu'on peut quand même faire, c'est que les marchés actions européens étaient quand même relativement bien valorisés.
02:09Parce que quand vous regardez par exemple les réactions de marché, quand il y a des bonnes surprises, c'est pricé par le marché, ça réagit un petit peu.
02:15Mais quand en revanche les groupes européens publient en dessous des résultats, en dessous du consensus, là en revanche la réaction de marché est relativement violente.
02:23Et c'est Goldman Sachs qui a fait une étude là-dessus, qui montre que sur les données qu'ils ont à leur disposition sur ces 80% de boîtes déjà publiées,
02:30eh bien pour celles qui publient sous le consensus, la réaction de marché à la baisse est la plus importante observée depuis plus de 20 ans.
02:38Donc ce qui montre qu'on a quand même des marchés européens qui étaient bien valorisés avant cette saison de résultats.
02:43Et du coup, on peut se tourner un peu vers la partie américaine aussi.
02:46Est-ce qu'on peut considérer que côté des Etats-Unis, c'est aussi un petit peu le cas,
02:49quand on voit les multiples depuis déjà quelques semaines sur lesquelles naviguent les indices américains.
02:53La question peut aussi se poser sur la valorisation actuelle des marchés américains.
02:58Est-ce qu'on n'est pas un peu sur un top, sur un plateau, à un peu plus de 22 fois les bénéfices anticipés côté marchés américains ?
03:03Ce qui est au-dessus de la moyenne historique, pour rappel, sur les indices américains.
03:06Néanmoins, ils continuent de surperformer.
03:08On l'a encore vu vendredi, les marchés américains qui ont bien moins reculé que les indices européens.
03:13Et puis hier aussi, encore une belle résistance des indices boursiers.
03:16tenus encore et toujours par les méga-capitalisations.
03:19La semaine dernière, Microsoft a rejoint le club très fermé des entreprises valorisées au-delà des 4 000 milliards.
03:24Oui, c'est ça d'ailleurs qui fait que les marchés américains se tiennent aussi bien.
03:28Ça connaît quand même depuis une bonne partie de l'année une surperve des marchés européens.
03:32Il y avait cette rotation qui s'était un petit peu accélérée au moment où les annonces avaient été faites par Trump
03:37de commerciales au Libération Day au début du mois d'avril.
03:40Et puis effectivement, sur les dernières semaines, même les derniers mois,
03:42cet écart de perve entre l'Europe et les Etats-Unis s'est comblé.
03:45Et on a vu que c'était en bonne partie tiré par les morceaux de la tech.
03:49Et effectivement, les résultats de Microsoft sont assez bluffants.
03:52C'est-à-dire qu'on attendait déjà des très bons chiffres.
03:53Les chiffres ont été encore meilleurs.
03:55Pareil pour Meta également, qui a eu des résultats absolument énormes.
03:57Hier encore, Palantir par exemple, aussi de très bons résultats.
04:00Mais après, j'en viens encore une fois à cette question des multiples.
04:03C'est-à-dire que ces entreprises-là, je prends le cas de Palantir par exemple,
04:06elles se payaient plusieurs centaines de fois les bénéfices anticipés.
04:09Et donc, avoir des cours qui rebondissent encore avec des résultats supérieurs aux attentes,
04:14oui, c'est une réaction peut-être un peu algorithmique, un peu de...
04:17Mais finalement, quand les bénéfices anticipés, quand les cours ne font que monter
04:21et tant de les bénéfices anticipés tout au long du trimestre
04:24et que finalement les résultats confortent ce scénario-là,
04:28faut-il encore performer derrière au niveau du cours de bourse ?
04:30N'était-ce pas déjà en bonne partie intégré ?
04:32Et on peut parler de ça pour Microsoft, pour Meta ou d'autres valeurs,
04:35qui n'ont cessé finalement de progresser depuis des mois en anticipation de résultats qui allaient être bons.
04:41Donc on en revient toujours un petit peu à cette question des bénéfices.
04:43Et puis après, je ne vais pas faire trop long pour laisser parler Raphaël,
04:46mais la question après se pose aussi du futur.
04:49Le futur américain, c'est quoi ? Les six prochains mois, c'est quoi ?
04:52C'est une économie qui est résiliente, une économie qui est ralentie.
04:54On a vu l'ISM aujourd'hui, vous en avez parlé.
04:56On a vu le rapport sur l'emploi vendredi qui a fait réagir les marchés.
04:59Voilà, quel sera le tableau macro ?
05:00La plupart des institutions mondiales, OCDE, FMI, Fed ou autres,
05:05ont quand même prévu une deuxième partie d'année un peu plus molle en termes de croissance.
05:08Et même sur les chiffres du PIB du deuxième trimestre américain,
05:11on a vu, si on lisse ça sur le premier semestre aux Etats-Unis,
05:14que ce soit sur les dépenses de consommation ou les investissements des entreprises,
05:17on est sur des rythmes qui sont quand même plus faibles que les six derniers mois observés l'année dernière.
05:22Donc se pose une vraie question macro sur les six prochains mois.
05:26Et donc, est-ce qu'en parallèle de ça, les valos actuels des marchés américains
05:29ne sont pas un peu trop tendus ?
05:31Et vous nous donnerez vos hypothèses dans un instant.
05:34Juste avant 17h35, c'est donc la clôture à la Bourse de Paris
05:37et l'indice parisien 7,014% au fixing à 7 621 points.
05:43Du côté des valeurs marquantes de cette séance,
05:45a souligné les performances qui d'ailleurs avaient perdu plus de 17% la semaine dernière
05:49en l'espace d'une séance après ses résultats,
05:50qui reprend plus de 4,5% à 68,40 euros.
05:54Et puis la Bourse de Paris peut encore et toujours compter sur des valeurs
05:56qui sont proches de leur record historique, à l'image notamment de Airbus,
05:59qui prend 1,6% à 175 euros.
06:02A l'inverse, Schneider, L'Oréal et Accor ferment la marche.
06:05Trois titres qui perdent un peu plus de 1,5% à la clôture.
06:09Il y a quelques minutes, vous nous parliez de Palantir.
06:10Eh bien, figurez-vous que ce titre est à nouveau sur un record historique aujourd'hui,
06:14grâce à un gain de plus de 5% après la publication de résultats meilleurs qu'anticipés
06:18et un groupe qui revoit la hausse ses perspectives.
06:20Le titre fait x2 depuis le début de l'année, x7 en l'espace d'un an,
06:23plus de 400 milliards de valorisation boursière.
06:26Palantir qui est bien sûr un acteur du logiciel américain,
06:29qui est notamment porté par les contrats gouvernementaux aux Etats-Unis
06:32dans le secteur de la défense.
06:35Les autres valeurs qui ont publié aujourd'hui, vous avez du côté de Londres,
06:39BP qui annonce un résultat en baisse mais meilleur qu'anticipé.
06:41Le titre prend plus de 2,5%.
06:43Et puis l'autre vainqueur du jour aujourd'hui du côté du Royaume-Uni,
06:46c'est Diageo, bien sûr le leader mondial des spiritueux,
06:49qui a annoncé des résultats en forte baisse.
06:51Un groupe qui se montre néanmoins prudemment optimiste concernant les droits de douane.
06:55Une partie de ces droits de douane seront intégrés via des réductions de coûts.
06:59Et tout ça a permis notamment d'avoir une publication meilleure qu'attendue,
07:03plus 4% ce soir pour ce titre Diageo.
07:06Et donc la Bourse de Paris qui cède 0,14% ce soir à la clôture,
07:09légèrement au-delà des 7600 points à 7621 points.
07:13Le tout donc avec 3 milliards d'euros négociés ce soir dans l'indice.
07:16Un dernier mot, tiens, d'Hôtelsat qui gagne plus de 12% ce soir à la clôture
07:20après la publication de ses résultats ce matin.
07:22Son directeur général sera l'invité du 18h.
07:25Éco dans un peu plus de trois quarts d'heure, ça sera à 18h15.
07:28Tout de suite, il est 17h37 et on refait la séance.
07:33BFM Bourse, on refait la séance.
07:36On refait la séance donc ce soir avec Alexandre Baradez,
07:39Digé et Raphaël Thuin de Tikeo Capital.
07:42Raphaël Thuin, il y a un instant on parlait des statistiques aux Etats-Unis.
07:45C'est vrai que c'est compliqué de voir clair aujourd'hui
07:48sur la situation économique aux Etats-Unis
07:50avec des indicateurs qui sont très volatiles.
07:53Et puis au milieu de tout ça, à nouveau Donald Trump
07:55qui n'hésite pas à tweeter quand il le faut
07:57et qui d'ailleurs a annoncé ces dernières heures
07:59vouloir limoger la patronne des statistiques aux Etats-Unis
08:02après un rapport sur l'emploi américain
08:04qui n'allait pas trop dans son sens.
08:06– Oui, il y a beaucoup de bruit,
08:08beaucoup de bruit autour de la donnée d'une part,
08:10effectivement avec des données économiques
08:12qui montrent différentes tendances.
08:15On pourrait dire d'ailleurs qu'il y a une forme
08:16de tendance taxationniste
08:18qui est en train d'être perçue dans ces données
08:20avec une forme de ralentissement d'une part
08:23des données macroéconomiques,
08:25de l'activité, de la consommation.
08:27Et puis d'autre part, on commence à voir poindre aussi
08:31l'impact des droits de douane sur les chiffres de l'inflation.
08:34Ça s'est vu encore aujourd'hui avec les chiffres de l'ISM.
08:39On voit qu'effectivement, on commence à voir des hausses de prix
08:42dans certains segments, certains secteurs
08:44qui sont impactés par les tarifs.
08:46Et donc probablement le début d'une tendance
08:49qui pourrait être confirmée au second semestre.
08:51Et puis en parallèle de ce bruit macroéconomique,
08:54dirons-nous, on a aussi effectivement le bruit politique
08:57et on croit pouvoir dire qu'avec le président Trump,
09:00il faut s'y habituer.
09:02La dernière épisode en date, vous l'avez dit,
09:04c'est le Bureau des statistiques sur l'emploi.
09:07Le président Trump reproche à ce bureau
09:10de produire des données qui sont déjà assez négatives pour lui,
09:14avec un fort ralentissement des données de l'emploi,
09:17mais aussi qui sont très bruitées.
09:18Beaucoup de révisions dans le passé
09:20et probablement une certaine forme de manque d'efficience
09:24de la part de ce bureau.
09:26C'est quelque chose que beaucoup de gens reconnaissent d'ailleurs.
09:28Mais le président Trump a cette capacité à politiser
09:31finalement une problématique qui a probablement un fond de vérité
09:34pour essayer d'en tirer parti
09:36et d'aligner un petit peu les chiffres en sa faveur.
09:40Donc le bruit, c'est vraiment ce qui caractérise aujourd'hui
09:42les données et le contexte macroéconomique américain.
09:46Du bruit, on a encore eu cet après-midi
09:47avec le président Donald Trump qui était sur CNBC.
09:50qui a dit d'ailleurs que Scott Bessent
09:52n'allait pas être nové gouverneur de la Fed,
09:55Alexandre Baradez, puisque Scott Bessent est visiblement bien
09:57à son poste de ministre de l'économie.
09:59Alors il dit « j'ai quatre noms pour remplacer Jerome Powell ».
10:03C'est quand même un sujet brûlant aujourd'hui pour les marchés,
10:06le remplacement de ce poste de Jerome Powell.
10:07Tout l'enjeu, c'est de voir est-ce qu'il va nommer son successeur dès la rentrée
10:11ou s'il va attendre l'année prochaine.
10:12Oui, c'est ça, il y a deux sujets par rapport à la Fed.
10:15Déjà le remplacement d'Adriana Kugler qui a annoncé sa démission surprise,
10:18on le rappelle juste après le rapport sur l'emploi vendredi.
10:22Et alors effectivement, comme on disait très bien,
10:24Raphaël Donald Trump essaie d'exploiter politiquement la chose
10:27en expliquant qu'Adriana Kugler, en gros, n'est pas d'accord
10:29avec la politique menée par Powell exprès avec la porte.
10:33C'est pour des raisons, dans le message qu'elle a communiqué,
10:35des raisons qui sont autres.
10:37Donc il y a le sujet de son remplacement
10:39et est-ce que finalement le remplaçant d'Adriana Kugler
10:41sera le futur président de la Fed,
10:42sachant que Donald Trump n'est pas obligé de faire ça.
10:44Il peut aussi choisir quelqu'un déjà en poste,
10:45typiquement Christopher Waller,
10:47qui s'est montré bien disponible pour cette potentielle future fonction.
10:50Il y a des prises de position qui vont un petit peu à l'encontre
10:53de ses collègues du FOMC.
10:56Donc voilà, il y a ce sujet-là.
10:57Donc deux sujets, le marché va être vigilant à la nomination du candidat
11:00en remplacement du gouverneur démissionnaire.
11:02Et puis ensuite, en essayant de deviner
11:03si effectivement ce sera le prochain président de la Fed.
11:07Est-ce que pour les marchés, ça va être un sujet fort ?
11:11Je pense que oui, les marchés vont réagir à ça.
11:14Mais sans nul doute, Jérôme Powell pourra être quelqu'un
11:16dont le profil sera un peu aligné sur ses idées.
11:19C'est-à-dire, ce serait étonnant qu'il nomme quelqu'un
11:21qui, dès le début, aura des propos
11:23alors un peu à l'encontre de ça.
11:26Donc est-ce que finalement, ce sera le point d'attention
11:28des marchés principaux ?
11:29Moi, j'ai quand même l'impression que depuis vendredi,
11:31donc ça c'est récent, avec ce rapport sur l'emploi,
11:33et vous l'avez bien dit, effectivement, le chiffre était assez moyen,
11:36mais c'est surtout la grosse révision des mois précédents
11:38qui a percuté un peu le marché.
11:40Plus l'indicateur ISM, et je rebondis sur le propos de Raphaël à l'instant,
11:43effectivement, l'ISM, il n'est pas un tableau
11:45que ne veut pas voir la Fed, justement, que craint la Fed.
11:47C'est-à-dire, des composantes d'emploi qui se dégradent,
11:50qui sont contractées, qui font écho à ce mauvais rapport
11:52sur l'emploi de vendredi.
11:53Vous avez des composantes de nouvelles commandes
11:54qui se dégradent également,
11:55donc diminution de l'activité future potentielle.
11:59Et parallèlement à ça,
11:59la composante prix payé de l'ISM
12:02réaccélère un peu plus fortement à la hausse,
12:05et sur des niveaux à 70.
12:06Pour un indicateur ISM, c'est énorme.
12:08On rappelle que 50, c'est la zone, gros,
12:10qui ne s'est pas exposée à la contraction.
12:11Donc on repart sur les dynamiques de prix,
12:13en tout cas, telles qu'anticipées par les entreprises,
12:15qu'on n'avait pas vues, en tout cas,
12:16anticipées de cette manière-là,
12:18depuis quasiment le post-Covid,
12:20et cette phase inflationniste.
12:21Et la Fed l'avait bien dit,
12:22Jean-Paul l'a bien fait comprendre,
12:23qu'il n'aimerait pas,
12:24surtout dans cette situation-là,
12:25où il y a d'un côté des pressions inflationnistes
12:28qui ne retombent pas complètement,
12:31avec en face un marché de l'emploi qui se dégrade,
12:33parce que dans ce cas,
12:34il y a un arbitrage qui n'est pas simple à faire.
12:36Est-ce qu'on privilégie l'emploi ?
12:37Probablement que oui, du côté de la Fed,
12:39et donc ça appellera des bases de taux
12:40probablement en septembre,
12:41mais sauf si d'ici là,
12:42vous avez des données d'inflation
12:43qui réaccélèrent fortement.
12:45On a vu, et je vais m'arrêter là,
12:46les données d'inflation PCE
12:47qui sont les principales pour la Fed,
12:49l'inflation core PCE,
12:50est remontée à 2,9.
12:52Et je rappelle que cette mesure d'inflation
12:53qui élimine le bruit alimentaire et énergie,
12:582,9, on est sur un range d'inflation
12:59sur cette mesure-là,
13:002,6, 2,9, depuis plus d'un an maintenant.
13:02Donc il y a un plateau en fait,
13:03on n'arrive pas à casser ce plateau
13:05pour aller vers les 2% d'objectifs,
13:06et donc la Fed doit arbitrer avec ça.
13:08L'emploi d'un côté qui m'ont dessiné
13:09un peu plus moyen,
13:10et ces données d'inflation
13:12qui sont toujours résilientes,
13:13et c'est ce que nous montre aussi
13:14l'ISM aujourd'hui.
13:15Et c'est là qu'on a vu les marchés d'action
13:16tout à l'heure, à partir de 16h,
13:18réagir un peu négativement
13:19parce que c'est justement
13:20quelque chose que les marchés d'action,
13:21je pense, les investisseurs ne veulent pas voir
13:23parce que la Fed n'a pas envie de voir ça non plus.
13:24C'est un schéma un peu dangereux.
13:25Et les droits de douane, bien sûr,
13:26qui planent sur les marchés,
13:27c'est quand même le mot d'ordre
13:29de toutes ces publications d'entreprises,
13:30on en reparlera dans un instant,
13:31mais ces discussions,
13:32elles m'inspirent quand même une question.
13:34Aujourd'hui, Raphaël Thuin,
13:34c'est la confiance,
13:35c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
13:36la confiance est un élément indispensable
13:39pour les marchés,
13:41pour, bien sûr, les acteurs économiques.
13:43Comment aujourd'hui,
13:44eh bien, on peut avoir confiance
13:46dans un environnement
13:47où la Banque centrale américaine
13:49ne sera peut-être pas aussi indépendante
13:50qu'aujourd'hui dans les prochains mois
13:52et même par rapport aux statistiques américaines.
13:54Comment avoir confiance dans une Banque centrale,
13:55dans des statistiques américaines,
13:57dans le contexte actuel ?
13:59Oui, vous posez très bien la question.
14:01Effectivement,
14:02la FED et Jérôme Porel
14:04sont dans une situation extrêmement complexe.
14:07On l'a bien dit,
14:08cette problématique de stagflation,
14:10c'est le scénario noir
14:11pour un banquier central
14:13faire face à la fois
14:14à une décélération de l'économie
14:16et du marché du travail
14:17et en parallèle devoir combattre l'inflation.
14:19On est vraiment sur deux tendances qui s'opposent.
14:22Ça, c'est une première chose.
14:24Et en plus, la politicisation
14:26de la fonction de banquier central
14:29de la part du président Trump,
14:32le risque que potentiellement
14:33ils puissent nommer d'ailleurs
14:34une espèce de gouverneur,
14:36de président de la Fed
14:37en anticipation de la date de fin de mandat,
14:42ce qui voudrait dire que potentiellement
14:43on aurait en même temps
14:44deux présidents de la Fed,
14:46l'officiel et l'officieux,
14:47qui pourraient avoir des messages
14:49qui ne soient pas nécessairement concordants.
14:52Tout ça pourrait effectivement affecter
14:53la légitimité de la Fed.
14:55Et là, vous posez la bonne question.
14:56la Fed, la fixation des taux d'intérêt,
15:00la forme de linéarité que le marché doit attendre
15:03en termes de taux d'intérêt
15:05et de politique monétaire,
15:06elle peut être affectée par ce déficit de confiance.
15:10Donc, à suivre,
15:11on n'a pas complètement le fin mot de l'histoire,
15:13mais aujourd'hui,
15:14la position de Géropo Homes et de la Fed
15:16est extrêmement compliquée.
15:17En tout cas, aujourd'hui,
15:18il y a une confiance qui n'est pas trop rompue,
15:20c'est la confiance envers les entreprises,
15:21envers les entreprises cotées,
15:22qui ont publié leurs résultats ces derniers jours,
15:25notamment aux États-Unis.
15:26Pour l'instant, du côté du S&P 500,
15:28vous avez plus de 350 sociétés
15:30qui ont fait part de leurs résultats trimestriels.
15:32Ça se passe plutôt bien, Raphaël Thuin.
15:3380% des sociétés du S&P ont dépassé les attentes.
15:36Qu'est-ce que vous retenez à ce stade
15:37de ces résultats trimestriels ?
15:39Bon, les GAFAM continuent
15:40d'afficher des résultats stratosphériques.
15:43Et puis, de l'autre côté,
15:44vous avez tout un pan de l'économie
15:45qui s'interroge sur les droits de douane, quand même.
15:47Oui, et cette dichotomie entre les gagnants et les perdants,
15:52elle est aussi vraie en Europe.
15:53C'est une des caractéristiques de cette saison de résultats.
15:56On a vu une saison de résultats qui était globalement satisfaisante.
15:59On se réjouit une nouvelle fois de la résilience des entreprises,
16:03de la capacité des entreprises à faire face à un contexte
16:06qui est malgré tout très complexe.
16:09Mais finalement, lorsque vous soulevez le capot,
16:10vous constatez qu'il y a beaucoup de différenciations à faire
16:14entre certains secteurs, certains gagnants, certains perdants.
16:18Aux États-Unis, très clairement,
16:20les résultats ont été tirés à la hausse par la tech.
16:22Alexandre en a parlé.
16:24Effectivement, on a eu des résultats remarquables.
16:27Les grandes technologies américaines ont réussi
16:29à maintenir des niveaux de croissance de chiffre d'affaires
16:32tout à fait impressionnants sur leur business historique.
16:36Le cloud, la croissance de la publicité en ligne,
16:39tous ces business qui ont fait que ces grandes techs
16:41auraient depuis maintenant plusieurs décennies
16:44tiré leur épingle du jeu,
16:46tout en maintenant des niveaux de marge satisfaisants
16:48et en donnant des perspectives sur l'IA.
16:50Donc la thèse sur la tech et la croissance de la tech reste intacte.
16:55Mais au-delà de la tech, on a vu en revanche
16:58une saison des résultats bien plus mitigée.
17:01On voit les effets des tarifs poindre.
17:04Aujourd'hui, avec soit des hausses de prix,
17:07comme par exemple Procter & Gamble l'a annoncé
17:09sur un grand nombre de produits aux États-Unis,
17:13soit à travers des baisses de coûts
17:15pour faire face au rognement des marges.
17:19Et donc finalement, effectivement,
17:20une saison des résultats qui a été très concentrée
17:22sur la tech aux États-Unis.
17:24Et d'ailleurs, on peut faire le même constat en Europe,
17:27pas avec la tech, mais avec les financières.
17:29Les financières ont très très bien tenu
17:31et ont eu une très belle saison des résultats.
17:33Là où le reste des secteurs,
17:35les résultats ont été beaucoup plus mitigés,
17:38en particulier avec la consommation discrétionnaire,
17:41les automobiles en Europe,
17:43qui, elles, ont fermé la marche
17:45avec de grandes difficultés à faire face
17:47à un contexte qui est anxiogène.
17:50Et en avant, parce que le temps passe très vite,
17:51comment aujourd'hui vous arbitrez les portefeuilles
17:53par rapport à ces résultats ?
17:54Quels sont les enseignements ?
17:55Puisqu'une fois de plus, l'Amérique a battu les attentes
17:57alors que l'Europe est un petit peu déçue.
17:59On reste assez confiants sur cet idée
18:02que l'Europe pourrait être dans une phase de surperformance.
18:06On voit un rééquilibrage un petit peu des flux
18:08vers davantage d'Europe.
18:10On constate que l'Europe est finalement
18:11plutôt bien positionnée
18:13en ce qui concerne la capacité de simuler
18:16à travers la politique budgétaire
18:18et la politique monétaire
18:19et peut-être moins contrainte que les États-Unis.
18:22Et il existe même un scénario
18:24où cette politique tarifaire
18:26puisse peut-être moins impacter l'Europe
18:28que d'autres géographies.
18:30Donc, on reste constructif sur l'Europe.
18:32Et puis évidemment, en filigrane,
18:34il y a une problématique de valorisation.
18:36Rien n'est peu cher sur le marché actions aujourd'hui.
18:39Mais c'est vrai qu'en relatif,
18:40l'Europe est beaucoup moins chère que les États-Unis.
18:43Cet écart de valorisation,
18:44il est le plus large historique.
18:46Donc, on reste investi aux États-Unis,
18:47mais on a rééquilibré vers plus d'Europe.
18:50Un peu plus d'Europe également chez vous,
18:52Alexandre Baradez, chez IG,
18:54par rapport à cette saison de résultats
18:55puisque ça y est, en Europe, c'est la fin.
18:57On a quasiment terminé.
18:58Oui, voilà.
18:59Après, ce qu'on observe quand même sur le DAX,
19:00par exemple,
19:00par l'effet des résultats sur les marchés,
19:02c'est vrai qu'on voit que,
19:03malgré des résultats effectivement meilleurs
19:04qu'attendus en Europe,
19:05il n'y a pas eu de jump particulier,
19:06de bon particulier sur les indices européens.
19:08Des gros indices,
19:09dividendes inclus,
19:10comme le DAX, par exemple,
19:11sont plutôt sur une espèce de sommet
19:12qui ressemble plutôt à une phase de consolidation.
19:14C'est-à-dire que ce n'est pas le genre de sommet
19:15qui se dessine pour ensuite recracher 30%
19:17et retomber complètement.
19:20C'est plutôt une sorte de consolidation
19:22et qui est plutôt saine.
19:23Du coup, on voit les moteurs du DAX,
19:24comme le SAP, par exemple,
19:26ou des boîtes comme Rheinmetall
19:27qui ont été tirées à la housse massivement
19:28par le thème de la défense ou autre,
19:30qui se posent un petit peu,
19:31qui latéralisent un peu
19:32depuis quelques semaines maintenant.
19:34Et ça, je trouve ça plutôt sain, effectivement.
19:36Et pour moi, ce que disait Raphaël,
19:37effectivement,
19:37il y a un côté aussi intéressant en Europe,
19:38c'est qu'on voit que les banques européennes
19:40sont un peu plus sollicitées également,
19:41même par des groupes américains,
19:42pour placer leur dette en Europe.
19:44Donc, on voit qu'effectivement,
19:45la confiance sur l'Europe s'installe.
19:47Elle s'est renforcée
19:49à la présence de l'Allemagne,
19:50de ce boost budgétaire.
19:51Et on voit qu'effectivement,
19:53il y a même des bonnes surprises.
19:54Maintenant, pour la France, par exemple,
19:56un plus fort rebond de la production industrielle.
19:58On le voit déjà un petit peu
19:58sur des PMI en Europe,
20:00cette partie-là.
20:01Mais voilà,
20:02moi, je table aussi, oui,
20:03sur cette résilience européenne
20:04et le fait que les indices européens
20:05peuvent continuer, en revanche,
20:07à latéraliser un petit peu.
20:08Ce serait bien qu'ils le fassent
20:09parce qu'on a quand même eu des valorisations
20:11qui sont maintenant un petit peu généreuses,
20:13côté allemand également.
20:14Mais considérer que ça doit, du coup,
20:15rendre beaucoup les gains ensuite,
20:16ça, je ne vois pas d'argument fort pour ça.
20:19Mais une consolidation,
20:20c'est-à-dire un gros range,
20:21comme ça, qui se met en zone out
20:22de 10-15%,
20:23est tout à fait adapté
20:24à ce qu'on voit
20:24d'un point de vue macro
20:25et micro actuellement.
20:27Après, il ne faut pas se tromper,
20:27dans le sens où vous avez vu
20:28Novo Nordis
20:29qui a perdu 30% après ses résultats,
20:31Ferrari, Hermès, moins 10%.
20:32Les réactions ont été brutales
20:33quand même après les résultats.
20:35Oui, c'est ce qu'on a dit
20:35en introduction de l'émission.
20:37Effectivement,
20:38les bons résultats
20:38sont correctement salués.
20:40Mais en revanche,
20:40les mauvais résultats,
20:41en tout cas les résultats inférieurs
20:42au consensus
20:42sur les boîtes européennes,
20:44on a un détail de statistiques,
20:46c'est les plus fortes corrections
20:47qu'on observe en moyenne
20:48depuis une vingtaine d'années
20:49sur les entreprises européennes
20:50qui sauvent le consensus.
20:51Donc c'est quand même le signe
20:52qu'effectivement,
20:52on a une forme de maturité
20:53de dévalorisation à court terme
20:54qui nécessite un peu
20:55de consolidation,
20:56mais pas en revanche
20:57d'arguments forts
20:58pour un éventuel retournement
20:59de marché.
20:59Il y a quand même
20:59des baisses de taux
21:00nombreuses de la BCE
21:01qui sont aussi là en soutien.
21:03La zone euro
21:04n'est pas comme une zone plus stable,
21:05même si la croissance
21:05n'est pas délirante.
21:06C'est quand même perçu
21:07dans l'environnement actuel américain
21:08très erratique
21:08comme la zone de stabilité.
21:11Donc voilà,
21:11moi je suis comme Raphaël,
21:12je pense qu'il faut
21:13continuer à construire sur l'Europe
21:14mais sans escamoter
21:18une phase de consolidation,
21:20notamment sur l'Italie par exemple
21:20qui a beaucoup grimpé,
21:21qui me semble nécessaire actuellement
21:22sur les bancaires aussi
21:23qui ont beaucoup grimpé,
21:24on pourrait avoir
21:24un peu de consolidation,
21:25ce ne serait pas malsain
21:26après les énormes rallies
21:27qu'on a connues
21:28dans certains secteurs en Europe.
21:29Notamment Société Générale
21:30dans le secteur bancaire
21:31qui a plus que doublé
21:32depuis le 1er janvier.
21:33Merci beaucoup en tout cas
21:34messieurs de nous avoir accompagnés
21:35ce soir pour refaire cette séance.
21:36Alexandre Baradez,
21:37donc chef analyste chez IG
21:38et Raphaël Thuin,
21:40directeur des stratégies
21:41de marché de capitaux
21:42chez Tiqueo Capital.
21:43Je vous rappelle la clôture
21:44à la Bourse de Paris,
21:45légère baisse,
21:45moins 0,14%,
21:467 621 points.
21:49On se retrouve demain
21:49à 17h30
21:50pour ce BFM Bourse Estival
21:52et puis surtout dans un instant
21:54pour le 18h éco,
21:56votre journal
21:56et donc ensuite
21:57l'invité de ce journal
21:58ce sera Jean-François Fallaché,
21:59le directeur général
22:00de Telsat
22:01qui a publié ses résultats
22:02ce matin
22:02et le titre est en tête
22:03du SBF 120
22:04avec un gain de plus de 12%
22:06avec donc des résultats
22:08meilleurs qu'anticipés.
22:09A tout de suite.
22:11BFM Bourse,
22:12vos placements,
22:13nos conseils
22:14sur BFM Business.
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