- il y a 5 mois
Aujourd'hui, c'est au tour de Béatrice Clairaz, porte-parole du Syndicat des pharmaciens d'officine, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00RMC face aux grandes gueules
00:02C'est génial quand on est diabétique, quand on a des allergies,
00:09quand on a des médicaments à prendre pour l'estomac,
00:11ou c'est tout au long de notre vie pour le restant de notre vie.
00:15C'est pénible quoi, et je comprends tout à fait qu'ils fassent greffe.
00:17C'est toujours inquiétant parce qu'il y a des gens qui ont besoin d'avoir des médicaments assez urgents
00:23et c'est vrai que ça met en peine certaines personnes.
00:27Je trouve qu'il faut que les pharmaciens puissent se maintenir.
00:33Sinon après, ça posera un problème pour pouvoir avoir accès aux médicaments.
00:38Alors ça c'est la réaction de patients dans les pharmacies quand elles étaient encore ouvertes.
00:44Il y a des endroits, il y a des villes, il y avait 90% des pharmacies qui étaient fermées samedi.
00:48On est arrivé à un mouvement inédit et on va y revenir justement avec notre invitée Béatrice Clérasse.
00:54Bonjour.
00:54Bonjour.
00:54Porte-parole syndicat des pharmaciens d'officine.
00:57J'ai une question à vous poser d'abord.
00:59Est-ce que vous avez conscience de ce que vous avez fait samedi ?
01:02Oui.
01:03Et de la devoir pénaliser du monde aussi.
01:04Oui.
01:05Oui, oui.
01:05On a conscience de ce qu'on a fait, de ce qu'on a réalisé, mais c'était aussi l'objectif.
01:10Comme on dit, on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs.
01:12Donc forcément, il y aura des pas contents, des mécontents.
01:16Les patients qui se sont rendus compte que finalement, pour ceux qui n'en étaient pas convaincus,
01:20les pharmacies ont un rôle important, mais je crois que l'objectif a été atteint.
01:25C'est-à-dire que, comme vous l'avez dit, dans certaines régions, 90% des pharmacies ont été fermées.
01:30Et je voudrais quand même saluer le courage de mes confrères dans les zones touristiques,
01:35qui ont quand même fermé, fermé un jour pour ne pas fermer toujours, et qui ont bien compris l'enjeu.
01:40Alors après, vous avez des endroits où ça a moins bien fonctionné.
01:43Mais j'ai envie de dire, peu importe, on ne va pas être sur la guéguerre des chiffres.
01:47Nous, on voulait parler de nous, marquer le coup, expliquer.
01:50Et vous êtes prêts à recommencer ?
01:51Bien sûr qu'on est prêts à recommencer.
01:53On va recommencer, si rien ne bouge, si on n'est pas entendu.
01:56Le 18 septembre, on appelle à une grève nationale.
01:59Et là, on espère que 100% des pharmacies seront fermées.
02:03L'appel est déjà lancé pour le 18 septembre ?
02:05L'appel est déjà lancé, ça fait partie des autres actions que nous allons mener pour pouvoir nous faire entendre.
02:11Puisqu'au moment où on se parle, a priori, on n'a même pas été contacté par le cabinet du Premier ministre
02:16pour être reçu avant le 10 septembre, ce qui est déjà trop tard.
02:20Il faut rappeler ce que vous demandez et quel est l'objet de votre colère, déjà.
02:24L'objet de notre colère, c'est que le gouvernement prend une mesure de diminution de nos remises commerciales
02:30sur les médicaments génériques.
02:31Ils vont faire passer ces remises de 40% à 30%, puis en 2027, ils ont prévu de les faire diminuer à 20%.
02:38Or, aujourd'hui, c'est factuel, le modèle économique des officines tient beaucoup grâce à ces remises.
02:44Mais en quoi le gouvernement a quelque chose à voir avec des remises commerciales
02:49qui sont entre une pharmacie et un laboratoire et autres ?
02:53Alors, c'est bien là le problème.
02:55Oui, c'est partout le gouvernement.
02:56Mais oui, c'est bien là le problème.
02:58Après, nous avons un modèle économique qui est un petit peu particulier,
03:01puisque nous sommes des entreprises privées.
03:04Mais en même temps, notre rémunération, une partie de notre rémunération qui se fait sur les médicaments remboursés,
03:10les médicaments remboursés, le prix est fixé par le gouvernement.
03:13Mais là, effectivement, ils s'immiscent finalement dans une relation commerciale avec l'industrie pharmaceutique.
03:19Et l'industrie pharmaceutique n'est pas étrangère à cela.
03:21Pourquoi ? Parce que derrière, il va y avoir une baisse du prix de ces médicaments génériques.
03:26Or, vous comprenez bien que l'industrie pharmaceutique n'a pas envie d'absorber seule cette baisse
03:31et donc engage vivement le gouvernement à faire les poches des pharmacies en diminuant la remise commerciale.
03:38Comme ça, ils absorberont qu'une partie de cette diminution.
03:41Le gouvernement, ils y gagnent quoi ?
03:43Alors, le gouvernement, ils vont baisser le prix des médicaments.
03:46Les remboursements, ils veulent aussi dérembourser un certain nombre de médicaments
03:52et a priori, ça rapporterait plus de 500 millions d'euros au gouvernement.
03:57Mais ce n'est pas la bonne méthode.
03:59On voit bien que depuis des années, on s'attaque au déremboursement des médicaments
04:04et ça ne fonctionne pas.
04:06Le trou de la sécurité sociale est encore abyssal.
04:09Donc, il faut repenser complètement tout ce système.
04:12Et encore une fois, ça dépasse le cadre des pharmaciens.
04:15C'est un projet collectif.
04:18Il faut repenser collectivement la santé.
04:20En France, on a un système qui est à bout et c'est ce que nous demandons.
04:24Oui, d'accord.
04:25Mais vous-même, vous êtes conscient qu'aujourd'hui, la santé, comme l'a dit le ministre,
04:30certes, n'a pas de prix, mais elle a aussi un coût.
04:32Bien sûr.
04:33Aujourd'hui, tout le monde doit faire des efforts.
04:35Tout le monde doit faire des efforts, mais les efforts ne doivent pas être des mesurettes et du colmatage.
04:40Ce colmatage avec le déremboursement des médicaments, il se fait dès qu'il y a un problème au niveau du trou de la sécurité sociale.
04:48Et ça ne fonctionne pas.
04:49Nous, ce qu'on dit, c'est que d'abord, on ne veut pas lâcher sur ces 40%.
04:53En revanche, on veut bien se mettre autour de la table et trouver ensemble des solutions pour reconstruire le système de santé de demain.
05:01Nous sommes des professionnels de santé, nous sommes des pharmaciens, mais nous sommes avant tout des citoyens.
05:06Nous sommes tous attachés à notre système de sécurité sociale.
05:10Donc, il faut aussi le défendre.
05:13Tu as été, Abel Bouilly.
05:14Bon, déjà, je tiens à dire que je soutiens votre mouvement.
05:16Ah, tu soutiens, oui.
05:17Ah, mais tout à fait, parce que ce sont les derniers garants de la sécurité de la chaîne de santé.
05:22Et même pour eux, quand ils se disent qu'ils vont faire grève, il y a quand même des cas de conscience, parce que ce n'est vraiment pas évident.
05:27Certains de vos collègues ont parlé, déjà, il y a un an, lorsqu'il y avait eu un premier doublement de franchise sur les boîtes de médicaments,
05:33on était passé de 50 centimes à 1 euro.
05:35Et là, on va passer à 2 euros.
05:36Exactement, de la substitution des biosimilaires, en fait, qui s'y étaient mieux développés, pourraient rapporter une économie de 3 milliards d'euros.
05:47Et pourquoi le gouvernement ne se place pas dessus ?
05:49Eh bien, on n'arrête pas de les solliciter pour ça.
05:54Alors, aujourd'hui, si vous voulez, la mesure sur les génériques est accompagnée d'une mesure aussi sur ces biosimilaires,
06:00où ils nous accorderaient 15 %, mais ce n'est pas suffisant.
06:04Si on veut vraiment qu'on substitue au maximum ces médicaments biologiques,
06:10il faut nous accompagner, parce que c'est un travail que l'on fait au comptoir.
06:13Avec les patients, on prend du temps pour expliquer.
06:16Et on voit bien que ça a payé quand les pharmaciens se sont investis sur la substitution des génériques.
06:21Si aujourd'hui, on est à des taux de substitution de 90% et qu'on a fait économiser énormément d'argent à la Sécurité sociale,
06:27c'est bien parce qu'on s'est investi.
06:30On demande la même chose sur les biosimilaires.
06:32Et on n'est pas entendu.
06:33C'est quoi un biosimilaire, c'est quoi en fait ?
06:34En fait, si vous voulez, vous avez des médicaments qui sont des médicaments fabriqués à partir du vivant,
06:40ce qu'on appelle des médicaments biologiques.
06:41Eh bien, on va dire que les biosimilaires, c'est l'équivalent des génériques pour les médicaments biologiques.
06:46D'accord ?
06:47Et ça fait donc quelques années qu'on demande à pouvoir substituer ces médicaments au comptoir,
06:54en contrepartie d'une remise sur ces médicaments qui soit décente pour faire le boulot.
07:00Et quand on voit le succès de la substitution avec les génériques, on se demande pourquoi le gouvernement hésite encore.
07:07Mais on ne se le demande pas longtemps.
07:08Vous savez, on pense que là encore, l'industrie pharmaceutique est derrière.
07:11D'accord.
07:11Donc en fait, aujourd'hui, celle qui veut défendre son biftec, c'est l'industrie pharmaceutique.
07:15Évidemment.
07:16Tout simplement.
07:16Au détriment de la santé, quand même.
07:18Donc l'industrie pharmaceutique au niveau du lobbying, d'après ce que vous dites,
07:22est beaucoup plus forte auprès des pouvoirs publics.
07:24Pèse plus lourd que vous, quoi.
07:25C'est ça.
07:25Mais évidemment.
07:26Les grands labos ont leur entrée au ministère de la Santé et vous, non.
07:30Pas seulement au ministère de la Santé.
07:32Je pense que c'est au-delà du ministère de la Santé, puisque c'est plutôt au Parlement européen.
07:36On a plus de 50 000 lobbyistes au Parlement européen.
07:38Vous avez dans l'ordre Big Tech et ensuite Big Pharma.
07:41Donc la problématique que vous affrontez, c'est une problématique qui en réalité ne vient pas du gouvernement français,
07:48mais vient plutôt des ordres qui sont donnés à Bruxelles.
07:51Puisque c'est plutôt à Bruxelles que les éléments se passent.
07:53Alors en matière de santé, chaque État est souverain.
07:56Donc c'est aussi beaucoup en France que ça se passe.
07:59Mais de toutes les façons, le lobbying industrie-pharma au niveau du gouvernement,
08:04il est effectivement beaucoup plus lourd que ce que nous pouvons faire, nous.
08:07Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, nous interpellons nos députés qui sont sensibilisés quand même à cette cause-là.
08:13Puisqu'ils voient bien que dans les territoires, il y a de vraies difficultés d'accès aux soins et aux pharmacies.
08:19Quand vous êtes obligés de faire des kilomètres pour trouver une pharmacie, ça n'est pas normal.
08:23Comment ça se fait qu'elles ferment à tour de bras les pharmacies en province, justement, aujourd'hui ?
08:26Mais pour des problèmes économiques.
08:28Pour des problèmes économiques, on a un modèle qui n'est pas viable.
08:31Aujourd'hui, si je veux faire, en fait, mon métier correctement, 80% de médicaments d'accompagnement patient,
08:38je ne vis pas.
08:40Je ne vis pas.
08:41Il faut que je trouve des solutions.
08:42C'est pour ça que dans les pharmacies, on voit beaucoup de parapharmacies.
08:46Alors la parapharmacie, on pense que c'est hyper rentable.
08:50Ce n'est pas hyper rentable.
08:52On peut se récupérer, mais ce n'est pas quand même le principal.
08:55Il y a aussi tout le conseil à côté.
08:56Et nous, ce qu'on demande, c'est justement quand on dit qu'il faut repenser l'intégralité du système de santé.
09:03Et on l'a vu dans le reportage.
09:05Toute la bobologie, elle pourrait être gérée en officine par les pharmaciens pour désengorger les urgences.
09:11Quand vous avez une cystite, par exemple, on peut faire aujourd'hui des choses, mais il n'y a pas que ça.
09:17Quand on voit qu'il y a des patients qui passent 4 heures aux urgences et qui reviennent après chez nous
09:21avec des choses qu'on aurait pu potentiellement traiter, ce n'est pas normal.
09:25Ça, c'est que dans le triptyque, vous oubliez quelque chose.
09:27Alors aujourd'hui, l'État n'a plus les moyens de rembourser tout ce qu'il a remboursé il y a 10 ans.
09:33OK.
09:34N'empêche que vous n'êtes pas seuls.
09:36Aujourd'hui, il y a vous et votre rentabilité.
09:42Oui.
09:42On est d'accord que le pot de fer là-dedans, c'est l'industrie pharmaceutique qui a le plus de lobbying.
09:47Mais on ne parle jamais des médecins.
09:49Les médecins traitants, c'est quand même eux qui prescrivent aussi.
09:52Et je me rappelle tous les débats qu'on a pu avoir autour de cette table.
09:57Au début, des génériques, quoi.
09:58Où les médecins traitants ne prescrivaient pas des génériques.
10:01Parce que les labos pharmaceutiques ne les y engageaient pas.
10:04Et qu'à un moment donné, il y a une pression autour de la rentabilité qui s'applique d'abord par les labos.
10:10Ensuite, par les médecins traitants qui sont incités à faire ou ne pas faire.
10:17Et l'État qui veut mettre son gracelle en disant « il faut que ça me coûte moins cher ».
10:20Vous êtes certainement placé entre le marteau et l'enclime.
10:24N'empêche que ce que je constate, moi, c'est que quand on achète une pharmacie,
10:29on est plus vite rentable que quand on achète une ferme.
10:32Non, alors ça, c'est pas vrai.
10:33Si ça ferme en milieu rural, c'est à cause de ça.
10:36Non, non, je ne peux pas vous laisser dire un truc pareil.
10:38Vous ne pouvez pas me le laisser dire, mais je le dis quand même.
10:40Oui, mais ça, c'est l'image d'Épinal.
10:43C'est l'image d'Épinal.
10:44Non, c'est pas Épinal, c'est assez noble.
10:46Mais je peux vous le dire.
10:48Vous avez des pharmacies.
10:50Oui, mais vous constatez aussi tous les jours que vous avez des pharmacies qui ferment tous les jours.
10:53Et vous avez des confrères en grosse difficulté.
10:55Et ce que je constate, c'est qu'elles ferment plus en milieu rural,
10:57où les gens ont plutôt besoin de soins,
11:00et qu'on va se promeler dans la rue derrière.
11:02Il y a une pharmacie à tous les coins de rue.
11:04Et pour moi, il y a un moment donné,
11:06est-ce qu'il n'y a pas quand même un problème de répartition et de maillage dans le territoire ?
11:10Quand on voit comment il peut y avoir des pharmacies en centre-ville
11:15qui se touchent toutes les unes et les autres,
11:17et en milieu rural, on est rendu à en avoir une tous les coins de bord.
11:20Alors, l'installation des officines est réglementée.
11:23Or, depuis des années,
11:25on constate une diminution du nombre d'officines sur le territoire.
11:28On assiste donc à une organisation du détricotage du maillage officinal au niveau national.
11:36Et ça, ça n'est pas de notre fait.
11:38Ce n'est pas de notre fait.
11:39Si c'est réglementé, il ne devrait pas y avoir de détricotage.
11:43Mais non, parce que vous avez, d'un point de vue économique,
11:48des officines qui ont des tailles qui ne peuvent plus subvenir économiquement,
11:52et qui sont obligées de fermer.
11:54Vous avez des officines qui ne trouvent pas de repreneurs.
11:56On a tous entendu cette histoire de pharmacie qui a été vendue,
12:00qui voulait être vendue pour un euro.
12:02Non, il y a un vrai problème dans le modèle économique des officines aujourd'hui.
12:06Et c'est ce qu'on dit, et c'est ce qu'on dit.
12:09Il faut qu'on se mette autour de la table pour repenser tout ça,
12:12et pour justement éviter l'apparition de déserts pharmaceutiques
12:17qui jusqu'alors n'existaient pas.
12:19Combien est-ce que ça coûte d'ouvrir une pharmacie aujourd'hui ?
12:22En fait, ça dépend du chiffre d'affaires de l'officine.
12:24C'est valorisé en fonction du chiffre d'affaires de l'officine.
12:27Mais c'est vrai qu'aujourd'hui...
12:28En primo-installant, disons.
12:30Non, ça dépend de l'apport que vous avez,
12:33ça dépend de la taille de l'officine.
12:35Mais c'est vrai que des petites officines,
12:37aujourd'hui, quand vous achetez une petite officine,
12:40vous ne pouvez pas embaucher du personnel.
12:42Donc, vous faites non-stop du lundi au samedi
12:44pour gagner pas grand-chose.
12:47Qui a envie de ça aujourd'hui ?
12:48Les jeunes, ils n'ont plus envie de ça.
12:50Donc, forcément, à un moment donné,
12:52ça pose un problème.
12:53Le pas grand-chose, c'est quand même pas le SMIC, madame.
12:55Le pas grand-chose, c'est...
12:56Il y a des pharmaciens qui ne se payent pas aujourd'hui, madame.
12:58D'accord, oui.
12:59Il y a des pharmaciens qui ne se payent pas aujourd'hui.
13:00C'est pas la majorité.
13:01C'est pas la majorité, ça le devient.
13:03Sauf que vous avez en tête le modèle des grosses pharmacies.
13:06Non, non, non.
13:06J'entends ce que vous dites.
13:07Il y a une dégradation du métier.
13:09Mais c'est vrai que pendant de très nombreuses années,
13:12pharmacie, c'était...
13:13Mais ça, on ne le conteste pas.
13:15On ne le conteste pas.
13:17Ce n'est plus la réalité aujourd'hui.
13:18Ah bah voilà, mais vous savez...
13:19C'est une populisation du métier de pharmacie comme du métier de la santé.
13:22Mais oui, vous avez remarqué que c'est un petit peu partout.
13:24Mais bien sûr.
13:25À partir du moment où vous êtes sacrifié sur l'hôtel de la rentabilité des laboratoires,
13:30ne craignez-vous pas qu'à long terme, on arrive à une société,
13:33comme aux Etats-Unis, où il n'y a quasiment plus de pharmacie.
13:35Mais c'est bien notre crainte aujourd'hui.
13:40Et c'est ce sur quoi on veut se battre aussi.
13:43C'est-à-dire qu'on ne peut...
13:44Si vous voulez, le système de santé aujourd'hui,
13:47il faut arrêter d'imaginer que c'est comme avant.
13:49C'est-à-dire qu'en plus, il y a des acteurs autour des médecins
13:53qui ont des nouvelles compétences et qui l'ont prouvé.
13:56Utilisons ces acteurs, puisqu'il y a un vrai problème
13:58sur la prise en charge médicale en France.
14:02Même si le médecin, moi je suis pour que le médecin reste,
14:04si vous voulez, le référent dans le parcours de santé.
14:07À part le médecin, il y a des pharmaciens, des infirmiers,
14:09d'autres acteurs qui ont des compétences
14:11et qui peuvent les soulager pour qu'ils fassent de la médecine.
14:14Voire, en travaillant avec l'hôpital,
14:16on peut aussi nous désengorger en prenant la vaccination,
14:21les tests, par exemple.
14:22Je trouve que ce combat-là est complètement ligné.
14:26Et en lieu rural où il y a des certifications médicales,
14:29je trouve que là où il reste une pharmacie,
14:31il faudrait que la pharmacienne soit autorisée
14:33à faire des actes plus que délivrer des médicaments.
14:36Vous repensez l'organisation de la chaîne de santé.
14:37Vous repensez complètement.
14:38Et puis vous oubliez aussi quelque chose.
14:40Mais je pense que ça doit s'adapter au territoire.
14:41Mais on est d'accord.
14:42Et vous oubliez quelque chose aussi,
14:44c'est tout ce qui est invisible
14:45et tout le rôle social que nous jouons dans les quartiers.
14:49Parfois, quand vous avez des quartiers
14:50où il ne reste plus rien, il reste la pharmacie.
14:53Et que la pharmacie peut être le point d'entrée
14:55pour bon nombre de personnes dans le système de santé.
14:59Je suis d'accord avec vous, madame.
15:00Mais juste un point.
15:01Nous, quand on était enfant dans les années 80, etc.
15:05Si on avait une écharde,
15:07qu'on s'était coupé avec un bout de verre, etc.
15:09On pouvait aller à la pharmacie.
15:11Et le pharmacien s'en occupait.
15:12Aujourd'hui, le pharmacien,
15:13et j'en ai eu des expériences personnelles plus récemment,
15:17le pharmacien ne veut pas.
15:19Il dit non, il faut aller faire une exploration à l'hôpital.
15:21C'est pas ne veut pas.
15:22Exploration de la plaie, etc.
15:23Non, non, c'est pas ne veut pas.
15:25C'est que nous n'avons pas le droit.
15:27Nous n'avons pas le droit.
15:28Tout comme l'infirmière scolaire n'a même plus le droit
15:30de donner du doliprane.
15:31Ça n'existe plus.
15:33Le problème, c'est aussi ça.
15:35C'est toute cette norme.
15:36Ces normes, encore une fois, on y revient.
15:39Ça vient de la France, mais ça vient aussi de l'Europe.
15:41Qui vient dire à un pharmacien
15:42que de retirer une écharde avec une pince à écharde,
15:44il ne peut pas parce qu'il faut aller explorer la plaie
15:45à la clinique de la main.
15:47On est tombé chez les fous quand même.
15:49Il y a un certain nombre de choses que l'on voudrait faire,
15:52que l'on n'a pas le droit de faire,
15:53que l'on ne peut pas faire.
15:55Et puis, parfois, on prend le droit de le faire
15:57parce qu'on estime qu'on doit le faire.
16:00Donc, rendez-vous le 18 septembre.
16:02Ce qu'on retient, appel à la grève nationale
16:04pour le 18 septembre.
16:05Oui, soyez tous derrière nous.
16:06Et on a des pétitions à signer dans les officines.
16:09Alors, justement, est-ce que vous avez l'impression
16:11qu'aujourd'hui, l'État est en train de tuer nos pharmacies ?
16:13On a posé la question sur les réseaux sociaux.
16:15On va voir ce que, oui, malheureusement, 72%.
16:18Donc, les gens sont plutôt derrière vous.
16:20Les gens sont derrière nous.
16:21Et puis, on les voit de la naissance à la mort.
16:26Et on voit 100% de la population.
16:29Merci d'avoir été avec nous, Mme Clérasse.
Commentaires