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  • il y a 2 ans
Vendredi 10 mai 2024, MARQUES & STRAT reçoit Frédéric Roy (Expert en communication et publicité) et Vanessa Bouchara (Avocate spécialisée en droits d'auteur, Bouchara Avocats)

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Transcription
00:00 [Générique]
00:08 Bonjour à tous, bienvenue dans Mark & Stratt, je suis ravie de vous retrouver pour parler de ce secteur que j'adore,
00:14 le secteur de la communication et des marques.
00:17 À la une cette semaine, les marques face aux dupes.
00:20 C'est un phénomène en pleine expansion, les dupes, des produits qui ressemblent à des articles de designers ou de luxe,
00:27 mais qui n'en sont pas et cela pose pas mal de sujets en matière de propriété intellectuelle.
00:33 Que peuvent faire les marques pour les contrer ? On en parle avec une avocate dans un instant.
00:38 Et puis fake, et alors ? Vous avez sans doute vu fleurir à droite à gauche sur les réseaux sociaux ce qu'on appelle le F.O.O.H.
00:47 des contenus "Fake Out Of Home", des images générées à l'aide de l'IA qui chamboule le monde de l'affichage sur le digital
00:54 et lui offre des possibilités infinies. On en parle en deuxième partie d'émission avec mon amie Frédérique Roy.
01:01 Et dans À la Une cette semaine, j'ai le plaisir d'accueillir Vanessa Bouchara, bonjour.
01:10 Bonjour.
01:11 Vous êtes avocate spécialiste de la propriété intellectuelle et avec vous on va parler du phénomène des dupes.
01:17 Alors c'est un terme qui vient du mot "duplicate", ça veut dire imitation ou copie.
01:22 Est-ce que Vanessa, pour ceux qui ne seraient pas familiers de ce phénomène, vous pourriez peut-être réexpliquer un peu ce que c'est ?
01:27 Alors oui bien sûr. Alors les dupes c'est un phénomène comme vous le disiez, on les voit partout, il y a des hashtags dupes dans tous les sens sur les réseaux sociaux.
01:36 Et en fait c'est proposer une alternative à un produit original. Donc c'est ce que vous disiez, "duplicate".
01:41 Et là où c'est intéressant c'est que la frontière n'est pas toujours très claire entre ce qu'il serait dans la tendance, dans la tendance d'un produit original qui fonctionnerait bien, et ce qui serait une contrefaçon.
01:56 Et souvent les dupes sont assimilées à des produits qui ne sont pas incriminables, qui ne seraient pas des contrefaçons, à tort, parce que si ça reprend le produit et pas la marque, ça peut être une contrefaçon.
02:07 Ça peut être par exemple un sac iconique d'une marque qu'on reproduit quasi à l'identique sans le sigle, c'est un peu ça ?
02:14 Exactement, et il y a une sorte de mauvaise interprétation des consommateurs qui ont l'impression que si la marque n'est pas reproduite, il n'y a pas de contrefaçon, il n'y a pas d'atteinte réelle à la marque.
02:23 Et c'est méconnaître la propriété intellectuelle de manière générale, et notamment le droit d'auteur, le droit des dessins et modèles.
02:29 C'est-à-dire qu'il y a beaucoup d'autres manières pour une marque de protéger ses créations que la position de sa marque en tant que telle.
02:36 Quelle typologie de produit ça concerne ? Là j'ai parlé d'un sac iconique par exemple, mais est-ce que ça peut concerner du mobilier ? Quelle est l'étendue du champ de jeu des dupes ?
02:47 Alors ça peut concerner évidemment tous les produits des vêtements, des sacs, des accessoires, mais ça peut aussi, et ça concerne beaucoup, tout ce qui est mobilier, décoration.
02:56 Et vous avez donc un phénomène et un site qui s'est créé il y a peu de temps, qui permet de trouver facilement des alternatives à des produits de décoration bien connus.
03:06 Et encore une fois, il faut être, et c'est pas toujours simple pour un néophyte, il faut être capable de se dire que quand ça ressemble trop, c'est potentiellement une contrefaçon.
03:16 Et qu'est-ce qui définit légalement une contrefaçon versus un dupe qui serait un peu sous le radar ?
03:22 Alors une contrefaçon de marque c'est quand on reprend la marque ou qu'on limite. En l'occurrence si vous avez une marque bien connue et qu'on change une ou deux lettres, ça peut être une contrefaçon de marque.
03:32 Une contrefaçon de droit d'auteur c'est quand on a un produit sur lequel il y a une empreinte d'originalité. Par exemple, vous pouvez avoir des pièces de mobilier qui sont considérées comme iconiques et qui sont considérées comme protégeables au titre du droit d'auteur.
03:46 Dans ce cadre-là, si vous reprenez, si vous avez un produit qui ressemble au produit original, vous pouvez encourir le grief de contrefaçon.
03:56 Qu'est-ce que dit la loi au sujet de ces dupes ? Alors pas grand-chose, c'est encore flou, ça tombe pas complètement dans la contrefaçon mais peut-être dans certains cas si ?
04:05 C'est plutôt très clair. Ce qui est moins clair c'est la perception par le consommateur des produits. En fait, le consommateur a l'impression que s'il achète un dupe et qu'il n'y a pas la marque, il ne commet pas une mauvaise action.
04:17 Alors qu'en réalité, potentiellement si. Et peut-être qu'il y a un travail de pédagogie à faire pour que à la fois les marques qui copient en ayant l'impression de bien faire, puisque ce sont des dupes et pas des copies de marques, mais aussi les consommateurs soient plus informés.
04:35 Et c'est le rôle de marque qu'on représente beaucoup, nous, parce qu'on fait beaucoup de lutte anti-contrefaçon et c'est notre travail d'engager des actions, de sensibiliser aussi parce que les actions ça sensibilise nécessairement.
04:47 Parce que quand vous recevez une mise en demeure, une assignation, vous êtes au milieu d'une procédure et que vous vous rendez compte que vous avez commis un acte de contrefaçon, là vous êtes complètement sensibilisé au sujet.
04:59 Et ce qui est important c'est que la contrefaçon s'apprécie indépendamment de la bonne ou mauvaise foi. Donc vous pouvez dire "ah non mais je ne savais pas, pour moi c'était un dupe". Ça reste, ça peut quand même constituer une contrefaçon.
05:10 Mais de ce que j'entends, la plupart des marques qui le font aujourd'hui sont à peu près de bonne foi, c'est-à-dire qu'elles n'ont pas connaissance de ce qu'elles encourt et du risque ou il y a quand même un peu de mauvaise foi ?
05:21 Alors la difficulté c'est que c'est un phénomène de société. En fait il y a beaucoup de gens qui banalisent ça. Et pour moi les titulaires de droit, donc les marques, doivent agir, doivent communiquer pour expliquer qu'en fait on ne peut pas reprendre une marque bien évidemment, mais aussi des modèles, des créations sur lesquelles il y a eu du travail, sur lesquelles il y a eu des investissements.
05:45 Et que potentiellement, si jamais ça remplit les critères de la loi, je vous disais tout à l'heure pour l'originalité en matière de droit d'auteur, mais aussi des dessins et modèles qui soient enregistrés, si ça remplit les critères, ça peut constituer une contrefaçon. Et une contrefaçon c'est incriminable.
05:59 Quand vous parlez de phénomène de société, j'imagine qu'il y a aussi beaucoup les influenceurs qui jouent un rôle là-dessus.
06:04 C'est ce que je voulais dire.
06:05 Qu'est-ce qu'ils encourt eux ?
06:08 Alors, les influenceurs sont peu poursuivis parce que les marques sont dans un rapport un peu ambivalent avec les influenceurs, où évidemment ils veulent qu'ils mettent en avant leurs produits et elles ne veulent pas être perçues comme celles qui engagent des actions contre les influenceurs.
06:24 Pour moi, à partir du moment où l'influenceur a une activité commerciale et n'utilise pas simplement sa liberté d'expression pour dire qu'il aime telle ou telle chose sans aucune finalité commerciale derrière, pour moi il est susceptible d'être poursuivi et de participer aux actes de contrefaçon.
06:40 Et pour moi, c'est facile de se dire que le dupe ce n'est pas une atteinte, mais en réalité quand vous avez des vidéos dans tous les sens qui comparent tel produit à tel autre, avec un produit qui ressemble, avec un produit qui est exactement le même, notamment dans le secteur de la beauté, l'atteinte est souvent réalisée en connaissance de cause, en se disant "je sais que je suis un peu en bordure, mais en même temps j'y vais parce que c'est marrant de crosser les lines".
07:08 Que peuvent faire les marques alors ? Parce que j'imagine qu'elles protègent quand même globalement leurs produits ?
07:13 Oui, d'abord elles sont titulaires, il y a deux types de droits sur l'apparence des produits, le droit d'auteur qui ne nécessite pas de dépôt et le droit sur les dessins et modèles qui en nécessitent. Les marques elles agissent, après il faut qu'elles agissent de manière proportionnée aux atteintes et parfois c'est un peu difficile.
07:31 Ce qui est intéressant c'est que les plateformes, je pense notamment aux grandes plateformes mais aussi les réseaux sociaux, ont quand même une responsabilité s'ils sont alertés s'il y a des atteintes et qu'ils sont alertés.
07:46 Donc il faut mettre en place une stratégie, c'est important, le faire avec des équipes juridiques dédiées, avec des spécialistes de la propriété intellectuelle et se battre efficacement pour arriver à faire en sorte qu'on protège la valeur de son entreprise.
08:02 Parce que pour les marques titulaires de droit, se laisser copier ça a des effets très importants et potentiellement dévastateurs pour l'entreprise et on voit qu'on est dans une période économique qui n'est pas simple et si vous ne protégez pas vos actifs de propriété intellectuelle, vous mettez votre entreprise en risque.
08:18 Oui, ça nécessite aussi j'imagine de faire un très large screening sur l'ensemble des réseaux, des sites internet pour savoir à quel endroit finalement mon produit est copié ou pas copié.
08:28 Exactement, mais il y a des outils et il faut un accompagnement très professionnalisé et quand on le met en place normalement ça marche assez bien.
08:35 Et sur l'impact du marché, parce que vous me dites effectivement qu'il faut protéger ses produits dans un contexte économique difficile et en même temps je me dis oui c'est vrai, évidemment vous avez entièrement raison, mais est-ce que ça porte vraiment atteinte au marché parce qu'on est quand même sur des prix qui sont beaucoup plus bas ?
08:50 Donc on peut supposer que ça n'est pas la même clientèle qui est ciblée ?
08:55 Alors oui on suppose, en même temps si moi j'achète un produit de valeur, je ne sais rien, 2000 euros, un collier, dans une marque que j'apprécie, si je le vois partout, ça abîme, ça galvaude mon investissement, l'argent que j'ai mis et si demain j'ai un autre achat à faire, peut-être que je ne le ferai pas dans cette marque.
09:16 Donc en fait ça a des effets et la contrefaçon, il ne faut pas oublier que potentiellement les circuits de contrefaçon alimentent des circuits mafieux, on est quand même sur des choses qui ne sont pas très claires et que du côté des titulaires de droit, ça les impacte fortement et ça impacte la valeur.
09:37 Donc après je pense que ça vaut autant pour des entreprises qui ont les moyens et qui se battent efficacement que pour des plus petites entreprises qui arrivent à mettre sur le marché des produits qui fonctionnent bien, qui reçoivent un certain attrait des clients et qui se retrouvent parfois du jour au lendemain à avoir un attrait qui est divisé par 10 sans savoir pourquoi et lorsqu'elles creusent elles se rendent compte qu'effectivement elles ont été copiées massivement et donc ça a un impact direct.
10:05 Il y a des condamnations aujourd'hui sur ces sujets-là ?
10:08 Oui mais des condamnations sur de la contrefaçon, il y en a toujours eu.
10:11 Des condamnations sur le mot dupe, pas vraiment mais en réalité encore une fois le mot il peut recouvrir une quantité énorme de choses. A partir du moment où le produit proposé ressemble à un produit antérieur qui est protégeable sur le fondement du droit d'auteur ou des dessins et modèles, c'est susceptible d'être une contrefaçon et il y a beaucoup de décisions sur le fondement de la contrefaçon.
10:39 Il faut aujourd'hui que les marques prennent le sujet bien en amont. Vous disiez tout à l'heure sur les droits des dessins notamment il faut déposer des choses et sur le droit d'auteur pas nécessairement. Comment ça se passe concrètement pour les marques aujourd'hui ?
10:53 Alors le droit d'auteur naît de la création à partir du moment où pour une entreprise vous pouvez justifier d'une commercialisation et d'une publication de votre produit. En réalité un post Instagram ça pourrait être en mesure de justifier une date de publication et vous justifiez de l'avoir commercialisé.
11:08 Donc le droit d'auteur à partir du moment où vous justifiez que votre produit est original, qui porte l'empreinte de la personnalité de l'auteur, ça veut dire que vous n'avez pas repris un produit complètement banal, vous avez vraiment apporté quelque chose, vous pouvez être titulaire de droit d'auteur.
11:20 Et sur les dessins du coup ?
11:21 Et sur les dessins et modèles, il y a plusieurs régimes mais le régime habituel c'est il faut avoir déposé un modèle auprès des offices de propriété intellectuelle, l'INPI, le UIPO et là aussi vous êtes titulaire de droit pendant la durée de protection du modèle en question.
11:37 Merci beaucoup Vanessa Bouchard, je rappelle que vous êtes avocate spécialisée en propriété intellectuelle.
11:42 Et comme chaque mois maintenant j'ai le plaisir de recevoir Frédéric Roy, expert en communication et en publicité. Bonjour Frédéric.
11:52 Bonjour Aurélie.
11:53 Alors aujourd'hui vous avez souhaité vous intéresser à un phénomène qui s'appelle le F.O.O.H, le Fake Out Of Home. Pour ceux qui ne seraient pas encore familiers de ce terme, qu'est-ce que c'est que ce Fake Out Of Home ?
12:07 Alors le Fake Out Of Home, on va le dire en français, c'est la fausse communication extérieure. Je vais vous avouer que ça ne fait pas très très longtemps que j'ai découvert ce phénomène qui en anglais ça fait "fou", c'est un peu bizarre.
12:21 Et que la première fois que j'ai vu ça je me suis dit "c'est quoi la fausse communication extérieure, c'est de la communication intérieure ?" Non. En fait c'est des dispositifs qui pourraient exister ou pas d'ailleurs dans la vraie vie,
12:39 qui sont filmés avec de l'intelligence artificielle, avec des logiciels de création 3D, réinsérés dans des images réelles et qui donnent donc l'impression qu'il y a une expression publicitaire dans la rue à Paris.
13:00 On voit comme ça des sacs géants passer devant le... - Ah oui c'est Jacquemus, un caca qui s'arrête. - Jacquemus, devant l'opéra, des Pac-Man poursuivre des Oreos sur la promenade des Anglais.
13:17 Autant de choses qui ne sont pas réelles dans la vie, mais quand on voit le film, on a absolument l'impression que c'est la réalité. En tout cas, dans certains cas, puisque les Oreos non.
13:29 - Les Oreos on y croit moyen, mais les sacs déjà on peut se poser la question. - Les sacs on peut se poser la question et il y a un certain nombre comme ça de choses qui interpellent et qui évidemment font des millions de vues.
13:41 - Et puis en plus c'est tellement bien fait que souvent vous avez au premier plan des touristes en train de filmer ou prendre en photo et dans l'écran vous voyez la même scène qui est en train de se reproduire.
13:50 Donc vous vous dites finalement où est la frontière. - Voilà, où est la frontière. Et c'est ça qui est intéressant. Alors pourquoi est-ce que ça m'a interpellé ? Pour plusieurs raisons.
13:57 La première, c'est que historiquement, la communication extérieure, qui est plus large que l'affichage, s'est emparée de la rue depuis longtemps pour organiser des happenings au nom de marques.
14:12 Il y a eu une espèce d'apogée il y a une douzaine d'années avec ce qu'on appelait des "stuns" parce que comme vous le savez dans la pub on ne parle pas français.
14:22 - Évidemment, ce serait trop simple. - Non, ce serait... Voilà. Et donc des petites scènes de rue comme ça qui en fait étaient très organisées.
14:29 Il y en a une qui est relativement célèbre qui avait été faite par une agence belge qui s'appelait Duval-Guillaume pour une chaîne, une espèce de 13ème rue de l'époque en Belgique.
14:41 Et comme ça il y avait toute une espèce de scène de théâtre qui se déclenchait au milieu d'une place de Bruxelles et voilà, devant des passants ébahis.
14:52 Et en fait ce que fait le fou, le fake out of home, c'est la même chose sauf qu'il y a besoin d'un développeur, d'un créatif, de 3 geeks.
15:03 Ça prend beaucoup moins de temps, que c'est beaucoup moins cher, qu'il n'y a plus de limites et qu'au fond c'est au moins autant, si pas beaucoup plus efficace.
15:16 - Oui mais Fred, il y a quand même un risque de tomber dans un certain systématisme. Moi l'arc de triomphe je l'ai vu emballé de mille sortes.
15:24 De même que Big Ben à Londres, je pense qu'on a tous vu sur nos réseaux sociaux, un coup sur l'arc de triomphe c'était Napoléon, un coup c'était une marque de luxe.
15:32 - Bien sûr, bien sûr. - Ou d'un moment il y a... - Oui, je suis d'accord.
15:36 - Donc il faut qu'il y ait un propos quand même. - Il faut qu'il y ait un propos, c'est-à-dire qu'on n'en sort pas.
15:39 Il y a la publicité, ça reste, c'est ce qui différencie la publicité de la réclame, c'est qu'il y a une stratégie.
15:47 C'est-à-dire que l'agence qui crée la pub se met au service de la marque, a réfléchi pour savoir quels sont ses enjeux sur cette prise de parole publicitaire
15:58 et une fois qu'elle a identifié ça, met en place un système créatif qui va être là, ce dont on parle, ce fake out of home.
16:10 Donc il faut qu'il y ait un propos. Si c'est complètement gratuit, effectivement ça n'a pas beaucoup d'intérêt.
16:15 Et on a un exemple qui date de ce mois-ci d'ailleurs, qui est Transavia, une campagne pour Transavia qui a été faite par l'agence Marcel.
16:24 Où là, on voit simplement une station de métro avec à la place du train habituel arrivé un avion de Transavia.
16:34 - Sans ailes. - Sans ailes, heureusement pour les passagers. Un avion qui s'arrête tranquillement, enfin qui est un peu infini, etc.
16:41 Et les gens montaient dans la cabine comme s'ils montaient dans le métro.
16:47 On se dit "c'est très rigolo, on regarde ça", là il n'y a aucun doute sur le fait que ça n'existe pas.
16:51 Simplement, il se trouve que cette campagne est faite à l'occasion du prolongement de la ligne 14 vers Orly.
16:57 Orly qui est évidemment le hub de Transavia. Et donc il y a une logique, ça marche.
17:04 C'est-à-dire que le message, en plus il s'inscrit évidemment dans une campagne plus large de la compagnie, donc c'est complètement logique.
17:13 Effectivement, quand il s'agit juste de faire un stun, c'est-à-dire une espèce de coup comme ça, un peu rigolo, ça n'a pas tellement de sens et ça risque de se noyer dans le reste.
17:26 - Il y avait un truc qui ressemblait un peu à Transavia qui était une campagne Maybelline ? - Oui, absolument.
17:31 - Dans le métro new-yorkais ? - Dans le métro New-York, voilà. Alors là, je ne suis pas Joe Lapompe.
17:35 - Qui a copié qui ? - Je ne sais pas qui a commencé. Je n'accuse personne.
17:41 Et puis en plus, les idées voyagent et se partagent. Mais là aussi, il y a quelque chose.
17:48 - C'est pas juste un métro maquillé. - Un métro maquillé, il y a un petit peu de...
17:54 Là pour le coup, je ne connais pas exactement la strata, mais il y a quelque chose.
17:58 C'est un produit, c'est probablement un nouveau produit. C'est une manière de le mettre en valeur de manière spectaculaire.
18:04 Donc c'est intéressant. Les sacs Jacquemus... - Qui circulent en ville ? - Qui circulent en ville.
18:10 Oui, la strata est peut-être moins lisible, mais après tout, la strata d'une marque de luxe avec un produit, elle est de montrer le produit de manière extraordinaire.
18:22 Donc pourquoi pas ? - Est-ce que ça remet pas quand même un petit peu l'affichage à la une ? Parce que c'est vrai qu'on vous dit que l'affichage, c'est un peu ennuyeux.
18:33 - C'est l'autre raison pour laquelle je suis interpellé par cette méthode, cette stratégie.
18:41 Parce que moi, il se trouve que je fais partie des gens qui connaissent l'affichage depuis longtemps.
18:49 J'ai assisté au Grand Prix de l'affichage et maintenant de la communication extérieure, moult fois.
18:56 - Une fois avec moi, Fred. - D'autres fois absolument à Lisbonne.
19:01 Quelques jours avant qu'on soit tous enfermés. - A Porto, je crois. - A Porto, quelques jours avant qu'on soit tous confinés.
19:07 Et en fait, ce qui m'a frappé, c'est que la communication digitale, les écrans, ça fait quand même un bout de temps qu'on en voit dans le métro, dans les aéroports et maintenant même dans les rues.
19:20 Et aucune, jamais, aucune campagne digitale n'a eu peut-être mieux qu'une vague mention dans ce jury, qui est un jury très très exigeant.
19:31 C'est un vrai jury de créatifs. - Les débats sont intéressants. - Les débats sont intéressants et c'est très pointu.
19:37 Et jamais une campagne n'a dépassé le stade, disons, de la mention. C'était assez rapidement évacué.
19:43 On peut se demander pourquoi, parce que ça n'intéresse pas les créatifs, parce que je ne sais pas. Vraiment, je n'ai pas de réponse.
19:50 Ce que je trouve intéressant avec le FOH, c'est que peut-être, peut-être, pour la première fois, on risque de voir, pourquoi pas, cette campagne transavia.
20:00 Transavia, j'en sais rien. Des choses arriver, interpeller plus. Pourquoi ? Probablement parce que ça amuse plus les créatifs, qui s'emparent plus facilement de ce jouet.
20:12 Et aussi les marques, donc, qui peut-être, elles-mêmes aussi, ont envie d'aller plus loin. Donc, c'est peut-être une tendance. C'est possible.
20:22 - Et puis, je trouve que ça permet aussi de faire des campagnes digitales à moindre coût, assez facilement.
20:28 - Bien sûr. Et puis, d'une part, il y a la question coût. Ensuite, il y a la question du fake.
20:35 - C'est ça. - Bon. Je pense que ça aussi, c'est un exercice publicitaire d'avoir appelé ça fake plutôt que digital. Enfin, bon, on aurait pu trouver un autre nom.
20:45 Mais en fait, je reviens à ces stunts d'il y a une dizaine d'années, qui étaient déjà... Moi, j'ai assisté aussi à beaucoup de juries.
20:55 Dans chaque jury, à chaque fois qu'on voyait un stunt, il y avait au moins l'un des jurés qui disait « Moi, ça, c'est vraiment les réactions du public. »
21:03 Cette personne-là, elle ressemble quand même beaucoup à l'hôtesse d'accueil de l'agence qui a fait la campagne, etc.
21:12 Donc, on savait déjà aussi que c'était un peu borderline, c'est-à-dire qu'installer un énorme dispositif sur une place de Paris ou de Bruxelles, ça ne se fait pas dans un claquement de doigts.
21:24 Et donc, il fallait rentabiliser l'histoire. Et donc, on racontait une histoire. Le fake out of home, c'est un peu la même chose, avec effectivement cet avantage qu'il n'y a pas besoin de demander à la mairie de Paris ou à la RATP...
21:40 - D'habiller l'air de Triomphe pour en gagner un tas.
21:43 - Ou à la RATP de faire passer un avion. Voilà, que ça se décide. Alors, je ne sais pas combien de temps ça prend, mais bon, c'est forcément beaucoup moins cher.
21:52 C'est quelques logiciels, un pincé d'AI parce que c'est important, et ça marche. Et ça fait des millions de vues.
22:01 - Votre coup de cœur du mois, Fred ?
22:03 - Alors ça, c'est totalement contradictoire avec tout ce que je viens de donner.
22:07 - J'ai remarqué.
22:08 - Voilà. C'est la campagne Lacoste qu'on voit affichée depuis quelques jours dans Paris, avec ce crocodile géant.
22:18 - En tissu, on a l'impression.
22:20 - En tissu, avec une tête en plastique et le reste en tissu. Ce sont des artistes que je vous laisserai regarder sur Internet leurs noms, parce que je ne les connais pas.
22:28 - Il y en a beaucoup, mais il y a Pierre Minet, si on veut citer...
22:30 - Et il y a des sportifs, donc Ninet, Djokovic, et il y a Vénus Williams, qui sont installés comme ça devant cette pièce absolument incroyable.
22:41 Et pourquoi est-ce que ça m'a frappé ? Parce que c'est incroyablement bien fait. Comme on dit en termes publicitaires, c'est bien crafté.
22:49 - Oui, très bien crafté.
22:50 - Il y a un travail d'image, de qualité d'image, qui est absolument impeccable. C'est international, c'est mondial, ça ne dit...
22:59 - C'est d'une sobriété incroyable. Il y a en plus des références à l'historique de la marque, de son rapport au tennis.
23:10 - Absolument.
23:11 - Je trouve effectivement que c'est très très bien exécuté.
23:13 - C'est une campagne, j'avoue que dans ce qu'on a vu sortir ce mois-ci, clairement, ça se met très très très au-dessus de toutes les productions, y compris les productions mondiales.
23:24 C'est quand même BETC qui a été élue l'agence la plus créative de l'année dans le classement Wark cette année, qui est la meilleure agence de France sans aucun doute.
23:38 Et là, quand on voit une création comme ça, on comprend pourquoi, réellement. Et puis, moi je pense que ça pourrait donner lieu à un fake out au Vau.
23:48 - Oui, on pourrait imaginer la déclinaison, l'animation du crocodile géant dans les rues de Paris.
23:54 Moi je me posais la question, Frédéric, est-ce qu'il y a Cannes qui approche bientôt avec les Lyons ?
23:58 Est-ce qu'une campagne comme ça, ça pourrait avoir un prix ? Alors pas cette année j'imagine, mais...
24:02 - Non, elle est à peu près pas pour cette année.
24:04 - Ou est-ce que c'est finalement trop simple dans l'expression ?
24:07 - Moi je pense qu'il y a un truc dont je suis sûr, c'est qu'elle aura un prix. Elle aura pas un prix, elle aura des prix.
24:13 Elle aura des prix dans des palmarès français internationaux, etc.
24:21 Est-ce qu'elle en aura à Cannes ? J'ai tendance à penser que oui, ne serait-ce qu'en craft, peut-être en outdoor quand même.
24:31 On verra qu'elles sont, s'il y a des déclinaisons, si ça n'est que le premier pas d'une saga, je sais pas du tout.
24:40 Mais oui, elle aura des prix. À Cannes c'est tellement compliqué que c'est difficile à prédire.
24:48 Mais moi je parierais pour qu'elle ait au moins un Lyon en craft un jour ou l'autre, parce qu'elle est encore une fois extraordinairement bien réalisée.
25:00 C'est vraiment très très beau. C'est très très beau. Ça a l'air de rien, la simplicité comme ça de l'image,
25:05 mais on se dit qu'il doit y avoir un travail absolument fou derrière et c'est assez génial. C'est ce qui fait aimer la pub.
25:11 - Oui, je suis d'accord avec vous. Merci Frédéric Roy. J'entends que vous êtes expert en communication et en publicité.
25:16 On vous retrouve bien sûr le mois prochain, c'est la fin de cette émission. Merci bien évidemment de nous avoir suivis.
25:21 Vous pouvez nous retrouver en replay sur le site de Bismarck et aussi en podcast sur toutes vos plateformes d'écoute.
25:26 A la semaine prochaine.
25:27 [Musique]
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