- il y a 8 heures
Nos salles de bain produisent 75 000 tonnes d’emballages selon une étude Ipsos/eco-emballage. Unbotteled est une marque pionnière qui des produits d’hygiène et de soin solides et rechargeables. L’enjeu est de concilier l’impact environnemental des produits et leur efficacité afin de convaincre les consommateurs de changer leurs habitudes.
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00:06L'invité de ce Smart Impact, c'est Sarah Pouchet, bonjour.
00:10Bonjour.
00:10Bienvenue, vous êtes la fondatrice d'Unbottle que vous avez créée en 2020.
00:14C'est quoi Unbottle ? Présentez-nous votre entreprise.
00:17Alors Unbottle, c'est une marque de cosmétiques éco-responsables.
00:20Notre mission, c'est de libérer vos salles de bain des 360 millions de bouteilles en plastique
00:24qui sont jetées chaque année en France.
00:26Et pour ça, on propose des produits d'hygiène solide, comme ceci,
00:30ainsi que des soins liquides rechargeables maintenant également.
00:33D'accord. Vous en êtes où de votre développement ?
00:36On trouve vos produits sur votre site, dans des magasins ? Vous en êtes où ?
00:41Alors aujourd'hui, effectivement, on trouve nos produits sur notre site, c'est lancé,
00:45mais aussi dans 500 pharmacies en France, 900 Sephora et dans nos 7 boutiques dans 6 villes en France.
00:51Vous avez des boutiques en prof ? Pourquoi vous avez fait ce choix ?
00:54On a fait ce choix. C'était une demande de nos clients de venir sentir, tester, toucher les produits.
00:59C'est vrai qu'il y a beaucoup de gens qui ont peur que, par exemple, ça ne mousse pas.
01:02Donc, on a créé des boutiques avec des points d'eau pour que les gens puissent vraiment venir tester les
01:05produits
01:06et pour vraiment faire vivre une expérience ultra-sensorielle autour de nos produits.
01:10Parce que c'est le premier frein quand on vous dit, par exemple, un shampoing solide.
01:15Moi, je réagis comme ça. C'est braf, je ne sais pas, ça ne va pas bien marcher.
01:19J'ai tellement d'habitude que je vais avoir du mal à en changer.
01:22Tout à fait. Le premier frein, c'est ça ne va pas me laver les cheveux.
01:25C'est du savon. Ça ne va pas mousser.
01:27Donc voilà, on a vraiment pris un à un tous les arguments, on va dire, contre le solide
01:31et on les a fait mentir avec des formules ultra-moussantes et ultra-efficaces.
01:35Vous avez évidemment modélisé le gain en termes d'utilisation de plastique,
01:41tous ces plastiques qui s'entassent dans nos salles de bain.
01:44Comme vous dites, à quel point vous changez la donne avec une marque comme la bain ?
01:47Alors, un shampoing solide comme ceci, c'est équivalent à deux bouteilles en plastique de 250 ml.
01:53Donc, pour vous donner une idée, depuis notre lancement,
01:54on a permis d'économiser plus de 10 millions de bouteilles en plastique.
01:57Bon, très bien. Alors, on va justement parler de la consommation de plastique en France.
02:02On est à 4,5 à 5 millions de tonnes de plastique consommées par an.
02:09Ça nous place sur le podium. On est juste derrière l'Allemagne et l'Italie.
02:14Est-ce que vous diriez, on va faire quelques questions autour de l'état du plastique dans notre pays,
02:19que la France est plutôt en retard dans la consommation, le recyclage,
02:24la prise de conscience de ce que ça représente ?
02:27Alors, en retard, ça dépend par rapport à quelle partie du monde.
02:30Si on se compare aux pays nordiques, par exemple,
02:32effectivement, ils sont beaucoup plus en avance.
02:35Maintenant, si on se compare à d'autres pays un peu plus lointains,
02:38on a quand même déjà des filières de recyclage en place,
02:41même si aujourd'hui, on sait que seulement 10% du plastique est recyclé,
02:45ce qui fait que le meilleur déchet, c'est quand même celui qu'on ne produit pas.
02:48Quand vous discutez de ça dans votre secteur, vous avez quoi le sentiment qu'il y a assez peu ou
02:55trop peu d'acteurs
02:56qui se sentent concernés par cette question ?
02:58J'ai l'impression qu'il y a quand même une vraie prise de conscience globalement.
03:02Après, c'est compliqué de remplacer le plastique.
03:04Il y a des choses qui ne sont pas logiques, mais par exemple, le carton coûte plus cher.
03:09Donc voilà, ça c'est quelque chose, on ne le sait pas, mais c'est compliqué de remplacer pour ça.
03:14Nous, on a beaucoup travaillé aussi sur des produits liquides.
03:16On est passé sur du verre et de l'aluminium et du plastique pour que ce soit rechargeable.
03:20Mais c'est vrai que le plastique, de nouveau, reste la norme.
03:24Donc je pense qu'il y a des choses qui sont mises en place.
03:27On n'y est pas encore à 100%, ça c'est sûr.
03:29Ça veut dire que vous l'avez créé il y a 6 ans, l'entreprise.
03:31Il y a eu des filières à découvrir, d'une certaine façon,
03:34quand on crée une entreprise en disant
03:37« Ok, je veux bannir les plastiques de nos salles de bain ».
03:39Est-ce que c'est si facile de trouver les partenaires, les producteurs, les filières ?
03:45Alors, on a trouvé assez facilement un partenaire qui nous a accompagnés,
03:49mais on a développé vraiment notre propre formule assez innovante.
03:54Et ensuite, c'est vrai que c'est faire rentrer dans la mentalité des consommateurs
03:59cette idée que le solide peut être aussi efficace qu'un produit liquide.
04:02Donc ce n'est pas tant sur la fabrication que vraiment sur l'adoption du produit.
04:07Qui sont vos clients aujourd'hui ?
04:09On a vraiment tout type de clients partout en France.
04:11C'est vrai que souvent on dit « Ah, mais ça, ça doit être un produit de bobo parisien ».
04:15Pas du tout. La plupart de nos clients ne sont même pas dans des grandes villes.
04:19C'est la magie d'Internet.
04:21Donc aujourd'hui, on a vraiment des clients partout en France.
04:23On en a plus de 600 000.
04:25Donc voilà, et plus de 80 000 avis sur notre site avec une moyenne de 4,8 sur 5.
04:31Donc manifestement, nos produits fonctionnent.
04:33Mais pourquoi ils viennent ?
04:34Eh bien, ils viennent en priorité pour l'absence d'emballage plastique.
04:38C'est vraiment la priorité.
04:40Et aussi la composition.
04:41C'est vrai que nos formules sont saines, sont naturelles, sans ingrédients controversés.
04:46Donc ça aussi, c'est très important pour nos clients.
04:48Alors justement, restons là-dessus.
04:49Formule saine, naturelle, c'est des mots un peu vagues.
04:54Qu'est-ce que ça veut dire derrière en termes d'engagement et d'action ?
04:56Ça veut dire qu'on ne met pas tout un tas d'ingrédients qui sont considérés comme nocifs,
05:01soit pour la santé, soit pour l'environnement.
05:03Donc par exemple, on a banni les sulfates de nos produits.
05:06Les sulfates, ce sont des agents moussants,
05:08mais qui sont accusés d'être assez agressifs pour la peau ou le cuir chevelu.
05:11Donc voilà, on a fait des produits sans sulfate ou sans silicone également dans les shampoings
05:16qui sont accusés d'étouffer la fibre capillaire.
05:18Est-ce qu'il faut encore faire beaucoup de pédagogie ?
05:21Il faut en tout cas convaincre et montrer, mais plus par l'image,
05:26que vraiment, ça mousse, c'est efficace, montrer des images avant, après.
05:31Mais c'est sûr que ça reste quand même assez niche,
05:33même si quand on s'est lancé, effectivement,
05:35quand je parlais de shampoings solides,
05:36tout le monde me regardait avec des yeux ronds, qu'est-ce que c'est ?
05:38Là, je sens quand même que six ans plus tard,
05:40c'est quelque chose qui s'est un peu plus démocratisé.
05:42Et vous êtes moins seule sur ce marché ?
05:45C'est-à-dire que vous avez vu d'autres marques venir sur ce créneau ?
05:48Alors, on a vu des marques venir, aussi certaines repartir.
05:53Mais globalement, oui, même tous les grands noms de la cosmétique
05:56ont lancé du solide également.
05:58Mais je pense qu'on peut dire qu'aujourd'hui,
06:00on est leader sur ce secteur, en France en tout cas.
06:03Ça reste marginal sur la consommation générale
06:07de produits d'hygiène et de beauté ?
06:10Alors, c'est un marché où il y a assez peu de chiffres.
06:12Mais effectivement, en tout état de cause,
06:14quand on regarde les rayons,
06:16ce n'est pas la majorité.
06:17Donc oui, je pense qu'on peut dire que ça reste marginal,
06:20mais une marge qui progresse d'année en année.
06:22Alors, vous êtes parti de produits comme ces shampoings solides.
06:26C'est ça, ce sont des shampoings solides.
06:28Et puis finalement, vous avez, je crois,
06:30réintroduit des produits liquides.
06:32Pourquoi ?
06:33Et comment on les utilise ?
06:35Alors, d'abord, on a commencé avec le solide
06:37pendant quand même quasiment 5 ans.
06:39Et on a développé une trentaine de références permanentes.
06:43Gel, douche solide, nettoyant pour le visage,
06:44déodorant, stic solaire, démaquillant, après shampoing.
06:46Voilà, on a vraiment fait le tour
06:48d'à peu près tous les produits qu'on pouvait faire en solide.
06:50Et puis, nos clients étaient de plus en plus nombreux
06:52à nous demander des produits de soins,
06:53donc des crèmes pour le visage, pour le corps,
06:56ou même des masques pour les cheveux
06:57que nous lançons d'ailleurs aujourd'hui.
07:00Et c'est pour cela qu'on s'est tournés
07:02vers des produits liquides
07:02parce qu'on n'arrivait tout simplement pas
07:04au même niveau d'expérience et de performance,
07:06ce qui est notre engagement envers nos clients.
07:08Notre engagement, c'est zéro déchet, mais zéro compromis.
07:10Donc, c'est-à-dire des produits aussi efficaces
07:12et aussi agréables à utiliser.
07:14Et donc, on leur a demandé
07:15est-ce que vous préférez des soins solides
07:16ou des soins liquides rechargeables ?
07:17Ils ont répondu à l'unanimité liquide rechargeable.
07:19Donc, on les utilise finalement comme un produit de soins classique.
07:23Ce sont des pots avec des crèmes à l'intérieur.
07:26Et simplement, on a des recharges
07:27qui sont en papier à 70%
07:29à la différence de la plupart des recharges
07:31du marché qui restent 100% en plastique.
07:33Avec une difficulté qui est d'utiliser
07:36effectivement des emballages papier
07:37ou carton qui sont compatibles
07:40avec des produits liquides, j'imagine.
07:41Absolument, ça a été un vrai challenge pour les recharges
07:43parce que c'est vrai qu'on a trouvé
07:44que c'était assez incohérent sur le marché
07:46de proposer des produits en plastique rechargeables
07:48avec des recharges en plastique
07:49même s'il y a un peu moins de plastique.
07:51Mais voilà, on a vraiment travaillé
07:52sur cette innovation-là
07:53que le pot soit durable
07:55et la recharge en papier.
07:56Alors, vous êtes certifié Bicorp.
07:59J'ai vu ça en préparant l'émission.
08:01Depuis quand ?
08:02On est certifié depuis juillet 2023.
08:05Alors, ça demande combien de temps
08:06de préparation, ça, une certification ?
08:08C'est plus de six mois d'audit
08:10avec plus de 200 questions
08:11qui concernent les clients, les fournisseurs,
08:13les produits, les collaborateurs.
08:15C'est vraiment un audit très global
08:17qui demande effectivement beaucoup de temps
08:19et d'implication de la part de toute l'équipe.
08:21Pourquoi vous avez fait cet effort ?
08:23Pour nous, c'était important de montrer
08:25qu'on était cohérents vraiment
08:26à tous les niveaux dans l'entreprise,
08:28qu'on propose, comme je vous le disais,
08:30des produits naturels, des produits sains,
08:31mais aussi qu'on a un engagement global
08:34que ce soit au niveau de nos fournisseurs,
08:36au niveau de nos clients,
08:37au niveau de nos collaborateurs.
08:39C'était quoi ?
08:40C'est donner une preuve d'une certaine façon ?
08:42Parce qu'on est dans un univers
08:44où beaucoup de marques,
08:47on parle d'allégations,
08:48disent qu'on fait tout mieux que les autres.
08:50Donc, le certificat Bicorp,
08:51c'est un certificat exigeant, on le sait.
08:53Oui, et c'est une manière de rassurer aussi,
08:55de prouver que tout n'est pas de la fumée,
09:00que tout n'est pas faux,
09:01qu'il y a quelque chose derrière
09:02qui témoigne de notre engagement.
09:03Oui, les Bicorp qu'on a reçus ici même,
09:05il y a quelques semaines,
09:07ils sont en train de durcir leurs critères,
09:11on peut dire ça comme ça.
09:13Je crois que vous arrivez à la période
09:14de renouvellement de cette certification.
09:17Ça veut dire que c'est des efforts supplémentaires
09:21que vous allez devoir faire ?
09:23Honnêtement, on n'est pas inquiets
09:23sur la certification
09:24parce qu'on a quand même l'engagement
09:26au cœur de notre ADN en tant qu'entreprise.
09:28Maintenant, ça va être de nouveau repasser l'audit,
09:30réapporter les preuves de nos progrès
09:33parce que c'est ça aussi qu'ils jugent,
09:34c'est d'une certification à l'autre
09:36et ce qu'on a mis en place pour progresser.
09:40Ce qui n'est pas forcément évident
09:41parce que quand on crée une marque,
09:43on peut cocher toutes les cases dès le début
09:45et c'est ce que vous faites avec vos produits.
09:47Donc, réussir à progresser encore,
09:49ce n'est pas si simple.
09:50Sur quoi vous allez progresser, par exemple ?
09:52Je pense qu'on a progressé notamment
09:55en termes de l'entreprise en interne,
09:57la formation, l'information
10:00sur l'engagement écologique,
10:02aussi la transmission de ça auprès de nos clients,
10:05le sourcing aussi.
10:06On est allé un petit peu plus loin,
10:06par exemple, dans nos soins,
10:08on utilise des ingrédients upcyclés maintenant,
10:10donc avec vraiment cette notion d'économie circulaire.
10:15C'est ce genre de choses qu'on va pouvoir mettre en avant.
10:16Merci beaucoup Sarah Pouché.
10:18A bientôt sur Bsmart Fortier.
10:20On passe à notre débat.
10:21Comment construire de nouveaux récits ?
10:24Sous-titrage Société Radio-Canada
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