- il y a 2 ans
Vendredi 24 novembre 2023, SMART BOURSE reçoit Romain Daubry (Membre de la cellule Infos d'Experts, Bourse Direct) , Bertrand Lamielle (Directeur général, Portzamparc Gestion) , Jean-François Bay (Directeur général, Quantalys) et Michel Ruimy (Économiste, SPAK)
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00:00 Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne sur Bsmart pour rester à l'écoute
00:11 des marchés chaque jour du lundi au vendredi à 17h si vous nous suivez en direct, en replay
00:16 chaque soir évidemment sur bsmart.fr et en podcast sur l'ensemble de vos plateformes.
00:22 Au sommaire de cette édition ce soir, le CAC 40 et les marchés en général qui tournent
00:26 au ralenti en cette période de Thanksgiving, Black Friday / Cyber Monday lundi aux Etats-Unis.
00:33 Les Américains vaquent à leurs occupations du moment et les marchés effectivement connaissent
00:39 à nouveau une séance relativement calme, calme mais une séance verte néanmoins à
00:45 nouveau pour les indices européens.
00:47 Petite hausse de l'ordre de 0,2% en Europe avec un CAC 40 qui flirte à nouveau avec
00:54 le niveau des 7300 points.
00:57 L'ambiance est un peu plus mitigée aux Etats-Unis pour l'instant avec un Dow Jones dans le vert
01:01 et un Nasdaq après l'ouverture qui est en petite baisse.
01:05 Voilà pour le tableau du jour sur les marchés.
01:08 Nous nous occuperons de revenir sur les grands enseignements de ce mois de novembre.
01:12 Nous abordons la fin du mois et chaque dernier vendredi du mois c'est l'heure de retrouver
01:18 nos invités pour le grand tableau de bord des marchés avec plusieurs dimensions d'analyse,
01:24 les flux, le momentum, l'analyse technique également.
01:28 Trois invités avec nous en plateau pour vous apporter tous ces éléments d'analyse à
01:33 l'issue de ce mois de novembre qui aura été un mois de rebond boursier et de rallye obligataire
01:39 également sur la partie taux.
01:41 Jean-François Bay, Bertrand Lamiel et Romain Dobry qui nous accompagnera également pour
01:45 ce rendez-vous dans un instant.
01:47 Et puis dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse, quart d'heure pédagogie, décryptage
01:51 économique avec Michel Rumi, économiste associé de SPAC qui viendra nous expliquer le taux
01:57 de change à l'occasion notamment des élections en Argentine.
02:00 On sait que le taux de change argentin est un taux de change très volatil et la volonté
02:07 du nouveau président argentin est de dollariser l'Argentine.
02:10 Michel Rumi avec nous à 17h45 en plateau.
02:13 Les infos clés de marché chaque soir, c'est tendance mon ami en ouverture de Smart Bourse
02:29 avec Comme du Bois.
02:30 La Bourse de Paris stagne ce vendredi.
02:33 Les marchés américains ont ouvert pour une demi-séance aujourd'hui en raison du Black
02:37 Friday après avoir été fermé hier en raison de Thanksgiving.
02:41 Du côté de l'Allemagne, l'indice IFO du climat des affaires ressort à peu près
02:46 en ligne avec les attentes.
02:48 Il montre que l'économie allemande semble se stabiliser à des niveaux bas.
02:53 Il ressort à 87,3 points en novembre après 86,9 points en octobre.
02:59 Cette tendance se retrouve également dans la deuxième estimation du PIB allemand qui
03:05 est ressorti en baisse de 0,1% au troisième trimestre par rapport au deuxième trimestre.
03:10 Du côté des valeurs, Forvia progresse.
03:13 Aujourd'hui, le titre de l'équipementier automobile gagne autour de 1,5% au cours de
03:18 la séance après le relèvement de conseil de Barclays de sous-pondérer à surpondérer.
03:24 De son côté, Thalès progresse aujourd'hui à Paris après que le groupe ait annoncé
03:29 remporter un contrat de 1,3 milliard d'euros pour fournir ses solutions au métro d'Alexandrie
03:35 en Égypte.
03:36 Lundi, côté statistique, les investisseurs prendront connaissance des chiffres des ventes
03:40 de logements neufs aux Etats-Unis pour le mois de novembre.
03:43 Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smartbourse, le résumé du jour sur les
03:48 marchés avec Comme du Bois sur Bsmart.
03:50 L'analyse de marché de fin de mois, chaque dernier vendredi du mois, c'est l'occasion
04:06 de retrouver trois invités pour dresser un grand tableau de bord des marchés.
04:10 Jean-François Baette avec nous, le directeur général de Cantalice.
04:13 Bonsoir Jean-François.
04:14 Oui bonsoir.
04:15 Bertrand Lamiel, directeur général de Ports en Part Gestion.
04:17 Bonsoir Bertrand.
04:18 Bonsoir messieurs.
04:19 Et Romain Dobré qui nous accompagne pour ce rendez-vous mensuel.
04:22 Ce mois-ci, membre de la CELU-Info, d'expert de Bourse Directe.
04:25 Bonsoir Romain.
04:26 Bonsoir.
04:27 Merci à vous trois de nous apporter à chaque fois vos analyses avec trois dimensions différentes
04:34 à commencer par la dimension flux, précieuse pour nous.
04:38 Jean-François, qu'est-ce qu'on peut retenir de ce mois de novembre ? On va se projeter
04:42 sur 2024, évidemment c'est l'objet de la fin d'année, mais déjà qu'est-ce qu'on
04:46 peut dire de ce mois de novembre qui semble être un mois un peu différent des précédents.
04:49 Oui, il y a une confirmation et une petite différence.
04:52 On regarde les flux justement en Europe sur l'ensemble des fonds, on regarde la collecte
04:58 nette, hors effet de marché, pour voir ce que font les investisseurs et le comportement
05:02 des investisseurs.
05:03 Il y a une confirmation sur le fait qu'ils investissent toujours sur des actifs sans
05:07 risque, je pense qu'il y a un comportement, une compétition des rendements en faveur
05:11 des actifs sans risque, actifs sans risque c'est-à-dire fonds monétaires, fonds obligataires,
05:16 on va sur du taux, il y avait longtemps que le taux sans risque n'avait pas rapporté
05:19 autant et donc tranquillement on peut faire des fonds monétaires et si sur des produits
05:24 bancaires des comptes à terme et j'ai du 3, 4, 5% allègrement sans trop d'effort.
05:30 J'ai un de vos confrères qui m'a dit "on ressort les gérants obligataires du placard".
05:33 C'est ça.
05:34 Il y a un peu de ça quand même, ça fait au moins 10 ou 15 ans qu'il patientait.
05:38 Après 10 ans de taux négatif, ça y est, on retrouve du grain à moudre.
05:43 Donc clairement 20 milliards de collecte sur le moins en rythme mensuel en faveur des actifs
05:50 sans risque, c'est guerre étonnant.
05:52 Toujours 30 milliards de décollecte sur des actifs risqués diversifiés, alternatifs,
05:58 etc.
05:59 Vous prenez tous les fonds immobiliers divers et variés.
06:01 C'est plutôt une pression parce que je le disais, il y a une compétition et les investisseurs
06:06 restent assez averses au risque.
06:09 L'élément un peu différenciant sur novembre, c'est qu'on voit apparaître dans les actifs
06:16 risqués, dans les actions pour parler clairement, qui sont plutôt en sortie, des classes d'actifs
06:24 et des stratégies qui sont positives.
06:26 J'en veux pour preuve, par exemple l'immobilier et l'infrastructure.
06:31 A côté de l'ETEC, puisque depuis le début de l'année c'est plutôt TEC, Monde, US,
06:35 et là on voit apparaître des fonds immobiliers et des fonds infrastructure qui recollectent
06:39 sur le moins.
06:40 Ça, je ne l'ai pas vu depuis très longtemps.
06:43 Au détriment des forbes de décollecte sur la partie plus bancaire, énergie typiquement,
06:48 qui décollecte beaucoup.
06:49 Et sur la partie obligataire, quand on regarde un peu la granularité, on a plutôt des investissements
06:55 en faveur des emprunts d'État et tout ce qui est aggregate, au détriment des fonds
07:00 plus crédits à yield.
07:02 Ça avait beaucoup marché avec les fonds datés ces 12 derniers mois et c'est un petit
07:07 peu en train de se calmer.
07:08 Donc ça confirmerait, si on analyse un petit peu ces flux, que des investisseurs ont joué
07:17 un scénario de fort ralentissement.
07:19 Ils ont acté le fait que la période d'hyperinflation était derrière nous, que les banques centrales
07:23 avaient réussi et qu'on est plutôt dans une phase de ralentissement en se disant, je
07:27 joue un peu le fait que 2024 serait l'anti-2022.
07:32 C'est-à-dire que 2022, c'est hyperinflation, hausse des taux directeurs, dimission des
07:38 bilans des banques centrales.
07:39 Et du coup, apparemment, la lecture que j'ai, c'est de se dire, les investisseurs jouent,
07:44 alors c'est peut-être tactique, jouent à partir du mois de novembre une nouvelle stratégie
07:50 anti-2022.
07:51 Et quand on regarde les performances…
07:53 C'est intéressant, vous nous avez apporté sur le tableau, les performances qu'on voit,
07:57 c'est bien celles de 2022.
07:58 Vous nous rappelez que…
07:59 Exactement, pour ceux qui avaient oublié 2022.
08:04 Les pires performances, c'était la tech et les valeurs de croissance américaines.
08:10 Ça a déjà été joué en 2023.
08:12 Donc là, le rebond a déjà eu lieu.
08:15 Les obligations en prenez en compte, qui avaient baissé de 28 %, justement, je disais qu'il
08:19 y avait des flux importants.
08:20 Donc, on reprend de la duration, on reprend des taux, on passe du monétaire vers des
08:26 risques de taux et moins du risque crédit.
08:29 Le pire 2022, c'était Europe Small Mid Cap à -25 %, on verra avec Bertrand tout à
08:35 l'heure, mais c'est peut-être une thématique à jouer pour 2024.
08:38 Et on a le secteur de l'immobilier qui avait fait -23 %, qui était massacré puisque hausse
08:43 des taux, tout ce qui était un peu proxy obligataire avait fortement souffert sur les
08:47 actions, c'était l'immobilier et l'infrastructure.
08:49 Et donc, vous avez peut-être vu le dernier mois une valeur comme Unibail qui fait peut-être
08:54 partie des tops.
08:55 Et les taux dix ans américains qui ont baissé de 50 points de base.
09:01 Voilà, novembre peut être illustre un peu ce nouveau paradigme.
09:05 Sur les taux intéressants, on le rappelle, là effectivement, vous disiez les investisseurs
09:09 veulent bien du rendement, mais se méfient du risque crédit, du risque de spread.
09:13 Et donc, on voit effectivement un fléchissement de la collecte du crédit high yield, notamment,
09:18 c'est ça le marqueur de ces derniers mois.
09:20 Oui, on sépare les fonds en Europe entre emprunts d'Etat pur, vous achetez donc des
09:26 fonds qui achètent emprunts d'Etat italien, français et allemand.
09:29 Des fonds aggregate, donc en français, ça serait diversifié.
09:33 Donc, vous avez et des emprunts d'Etat et des entreprises.
09:36 Crédit high yield, c'est vraiment entreprise avec un billet très high yield au rendement,
09:42 les plus mauvaises notations.
09:43 Ça avait été très recherché, on le voit dans la courbe, pendant toute l'année, fin
09:48 2022, début 2023, en disant j'ai un taux absolu sur le high yield, aller chercher,
09:53 donc du 6, 7, 8 %, c'est pas mal.
09:55 Et là, on commence à avoir des investisseurs qui se disent bon, voilà, il faut peut-être
09:59 que je fasse attention.
10:00 Si mon scénario de très fort ralentissement se met en œuvre, j'ai intérêt à faire
10:05 attention aux actions cycliques et aux entreprises qui souffriraient dans une baisse des taux.
10:11 J'ai cité les banques, j'ai cité l'industrie, l'énergie, tout ce qui est cyclique.
10:15 Et de l'autre côté, sur le côté obligataire, c'est le high yield qui souffrirait un peu.
10:19 Ce qui explique, si on zoom sur la partie actions, ce qui explique que l'Europe ne soit
10:24 toujours pas revenue en grâce aux yeux des investisseurs, c'est ça ?
10:28 Oui, octobre, novembre.
10:29 Alors c'est pour ça, les montants restent quand même beaucoup plus...
10:32 Actions, on rappelle quand même, globalement en sortie, c'est ce que vous disiez.
10:35 Globalement en sortie.
10:36 Et avec l'Europe qui continue, donc les flux continuent à sortir, l'Europe ayant aussi
10:43 un peu ce caractère assez cyclique, globalement sur l'ensemble des marchés.
10:49 Et donc, quand on veut du refuge de la valeur de croissance et de la tech, on a plutôt
10:54 tendance à s'orienter vers les États-Unis.
10:57 Ça fera partie du bilan 2023, que ce soit en termes de flux ou en termes de performances
11:03 boursières, 2023 n'était pas une grande année pour l'ESG.
11:08 Alors ce n'était pas une grande année pour l'ensemble de l'industrie.
11:11 Globalement, c'est quand même une année très compliquée pour les réseaux et les
11:14 sociétés de gestion.
11:15 Alors c'était moins compliqué que 2022, parce que là on était dans le maelstrom
11:20 du krach ou des krachs.
11:22 J'allais dire 2023, ça se diffuse, c'est une mèche lente et on a tous les réseaux
11:26 qui doivent faire face aux questions des clients.
11:28 Donc c'est ce qu'on est en train de vivre avec une compétition des taux qui est dure.
11:31 Quand vous avez dans un réseau quelqu'un qui vous sort du compte à terme à 4 ou
11:35 à 4,5, c'est un petit peu dur d'aller vendre des fonds diversifiés.
11:38 Et l'ESG a pâti un petit peu aussi de la situation.
11:42 Je pense que plus qu'avoir une défiance sur l'ESG, c'est un retour des thématiques
11:46 non-ESG.
11:47 Je le disais, la tech, ce n'est pas ESG.
11:49 La défense, ce n'est pas ESG, etc.
11:51 Et donc l'industrie et donc quelque part des investisseurs qui sont revenus sur ces
11:56 thématiques sans pour autant laisser complètement tomber la partie ESG.
12:02 Le classique, gestion passive, gestion active.
12:07 Alors on avait eu un beau moment quand même de 2020 à 2022 pour la gestion active.
12:13 On le voit sur le graphique, là c'est pareil.
12:15 Et puis depuis, j'allais dire la machine ETF, elle ne s'est même jamais enrayée.
12:22 Elle continue sur sa lancée avec un train d'une régularité parfaite.
12:26 C'est un robot, c'est un rouleau compresseur qui avance.
12:32 Ils sont toujours là où on ne les attend pas.
12:37 C'est-à-dire qu'ils, aujourd'hui, collectent beaucoup sur l'obligataire.
12:39 L'obligataire recollecte.
12:40 Donc sur des fonds, iYield, Aggregate, Emprant Etat, ils sont très très présents.
12:45 Sur la partie monde, Action Monde, vous voulez faire des méga caps, vous avez du MSCI World,
12:49 vous avez du Nasdaq sur l'US, vous faites automatiquement les ETF.
12:53 Il y a une industrie aussi qui connaît une pression quand même sur les frais.
12:57 Donc avec une rétélisation de l'ETF qui n'est plus réservée aux institutionnels,
13:01 qui capte une partie du marché.
13:03 Et vous avez en plus des ETF qui innovent beaucoup, c'est ce qui fait mal aux gérants actifs.
13:07 Vous avez du Actively Managed mis en avant par AXA.
13:10 Vous avez du AI Powered avec, il suffit de mettre de l'intelligence artificielle
13:15 et j'aurai donc la possibilité de battre des gérants actifs, etc.
13:18 Donc c'est quand même une source d'innovation et de pression sur l'industrie qui est très forte et qui continue.
13:25 On parlera des smalls avec Bertrand bien sûr,
13:29 mais quelle est la big picture que vous pouvez nous apporter chez Cantalice, Jean-François ?
13:34 Small versus large, est-ce qu'il y a l'idée d'un retour à la moyenne
13:40 ou quelque chose qui commencerait peut-être à percer de ce point de vue là ?
13:44 On ne voit pas un retour massif sur les smalls,
13:46 mais en tout cas sur le mois de novembre, ils font jeu égal avec les large.
13:51 Il n'y a pas une défiance vis-à-vis du small.
13:53 Donc c'est peut-être la bonne nouvelle, s'il fallait retenir une nouvelle par rapport au large cap.
13:58 L'autre élément que je voulais apporter, c'est la corrélation des classes d'actifs entre elles,
14:04 qui est plutôt une bonne nouvelle sur le mois de novembre en disant
14:07 « Tiens, les taux ont baissé et ont performé, les actions ont re-performé
14:12 et donc je me trouve avec un portefeuille diversifié qui est à nouveau positif. »
14:16 Attention, c'est un peu ce qui s'était passé en 2022,
14:18 on est dans un environnement de recorrélation des classes d'actifs,
14:22 si les obligations performent, les actions performent.
14:25 Et donc quelque part, quand il y a un retournement de marché,
14:28 un retournement de manivelle, on a plus tellement de diversification
14:31 sur le taux d'action sur le portefeuille diversifié.
14:34 Ce régime de marché, comme on dit Jean-François, ça explique là aussi
14:40 le fait que les investisseurs s'intéressent beaucoup moins désormais
14:43 à des fonds diversifiés, des 60/40, obligataires, actions ou flexibles ou autres.
14:48 Oui, déjà les investisseurs s'y intéressent moins,
14:52 ils préfèrent faire du produit pur dans un environnement où on retrouve des opportunités.
14:56 Je fais du fonds obligataire daté, one way,
14:58 je ne me pose pas de questions, je vais chercher un rendement.
15:01 L'autre élément, c'est des réseaux, je le disais tout à l'heure,
15:04 qui ont tendance à faire sortir des flux sur l'ensemble des fonds diversifiés
15:08 pour aller placer des produits, produits bancaires, produits structurés,
15:11 produits immobiliers, produits fourneaux reboostés,
15:14 donc il y a un peu un mode commando qui se fait en faveur des fonds diversifiés.
15:20 - Bon, voilà pour la toile de fond en termes de flux financiers sur ce mois de novembre.
15:26 Où vont les intérêts des investisseurs aujourd'hui ?
15:29 Si on en vient Bertrand avec vous à la performance boursière des marchés,
15:34 notamment ce mois de novembre, effectivement tranche un petit peu avec les trois mois précédents
15:40 qui étaient des mois de baisse assez généralisée, obligataire et action aux Etats-Unis et en Europe.
15:45 - Sur un mois glissant, on est à +6 avec deux secteurs qui se distinguent particulièrement,
15:51 la tech et l'immobilier qui vont faire +15.
15:53 Or la tech, c'est la continuité d'un mouvement qui était déjà amorcé depuis un moment.
15:57 L'immobilier, pour le coup, là, on a échangé un peu hors antenne,
16:00 c'est vraiment une classe active qui était complètement délaissée
16:03 et qui est peut-être en train de vouloir se refaire une place au soleil.
16:06 À la fin, l'immobilier, on est à +1 depuis le début de l'année.
16:10 - Sur les foncières cotées ? - Oui.
16:11 - On parle de l'immobilier coté, non mais je précise, il y a plein de manières d'investir dans l'immobilier.
16:15 Là, ce sont les foncières cotées. - Exactement.
16:18 - On est à +1. Grâce au rebond, c'est... - Grâce au rebond de 15% sur le mois.
16:22 - Et on avait perdu quoi ? 20, 30% au moins peut-être en 2020 ?
16:24 - Exactement, donc ça revient un peu. Bon, il faudra surveiller.
16:28 Probablement une logique, enfin une anticipation de baisse des taux ou peut-être des classes actives des côtés.
16:33 En valo, c'est sûr, on n'est pas cher. Mais ça ne suffit pas. On le voit encore et ça continue.
16:38 Donc la façon de regarder les actions, il y a deux choses. Soit je regarde la valorisation,
16:43 soit je regarde le momentum, les perspectives qu'on prête aux dossiers.
16:47 Cette année, clairement, ce qui est valorisé, les dossiers qui marchent bien, à 100%, ils ont un momentum très très positif.
16:53 Nous, dans notre chaîne de notation, ils sont sur du 8, 9, sur 10.
16:56 Et dans la valorisation, il n'y a rien qui n'explique le parcours,
16:59 puisqu'on a à la fois des dossiers bien valorisés, des dossiers mal valorisés.
17:03 On n'explique rien avec la valorisation. - Je comprends.
17:05 - C'est vraiment le momentum. Donc tant que les entreprises sont capables de venir lors des publications et de dire
17:10 "ça va bien, ça va mieux et je relève mes perspectives",
17:13 globalement, le marché suit et la valorisation, c'est une question subalterne. Et donc ça, ça continue.
17:20 Et donc c'est toujours le mouvement qui est en place.
17:23 Sur la participation, c'est-à-dire les indices montent certes, mais est-ce que tout le monde en profite ?
17:27 Est-ce que tout le monde est au bal ? Non.
17:31 On était à un niveau extrêmement bas. La dernière fois, on était à 9% de participation.
17:35 Ça veut dire qu'il y a 9% des valeurs qui sont dans une tendance haussière.
17:39 Tendance haussière, pour faire simple, une moyenne mobile 200 haussières, vous êtes au-dessus.
17:42 - D'accord. - On est monté à 21%.
17:46 Je rappelle encore une fois, un marché haussier normal, classique, on dépasse les 50%.
17:50 Il y a la moitié de la cote qui participe. Là, on n'est que à 21%.
17:53 C'est un peu mieux aux États-Unis, un tout petit peu moins bien en Europe.
17:57 Ça reste faible. Ça veut dire que ça reste compliqué et que la diversification continue d'être techniquement compliquée.
18:06 Quand il y a 20% de la cote qui monte, ça veut dire que 8 fois sur 10, vous allez vous mettre sur un truc qui ne marche pas.
18:11 Donc la diversification, ce n'est pas avoir des trucs qui ne marchent pas.
18:14 C'est avoir quelque chose qui fait que quand l'un marche, l'autre marche moins bien.
18:18 Et là, pour le coup, on n'y est pas du tout. Donc ça reste une affaire compliquée.
18:22 Et là, on revient au moment où on se parle, à peu près sur les points hauts de 2021.
18:27 En termes d'indices, c'est ça ?
18:29 Sur les indices, le 31 décembre, le CEPAM, on a les doigts de pied dans le vide et derrière, ça défonce.
18:35 L'Eurostox, le Nasdaq sont en train de revenir, tutoyer à peu près ces niveaux-là.
18:38 Le S&P pareil. Et le graphe que je vous mets là, c'est le 30 septembre, le démarrage.
18:43 On remet en basse ça au 30 septembre parce que le 30 septembre, c'est le redémarrage des indices européens.
18:49 Qui surprend tout le monde, d'abord parce qu'ils redémarrent avant les Américains et qui mettent 30% aux Américains avant la fin de l'année.
18:54 Ce qui a gêné tout le monde. Ah tiens, d'habitude, on attend que les Américains démarrent.
18:58 Bon, voilà. Et la nouveauté sur le mois.
19:01 Le mois dernier, je disais les généraux sont attaqués. Donc les généraux, c'est les 7 magnifiques.
19:06 Là, c'est les généraux contre-attaque. Là, ça redémarre fort.
19:09 Et donc là, si on regarde les performances depuis le début de l'année, en moyenne sur les 7 plus grosses capilles américaines,
19:16 on est à 106%. Et là, ça peut donner le vertige.
19:19 Surtout quand on regarde la classe d'à côté, l'indice de valorisation.
19:21 Donc je rappelle 10, c'est super, c'est pas cher. 0, c'est très, très cher.
19:25 En moyenne à 3. Donc on est objectivement sur des choses très chères.
19:29 Par contre, si on dézoome, c'est toujours ce qu'il faut faire quand même et qu'on regarde par rapport au plus haut de 2021.
19:36 Par exemple, une Tesla, elle est toujours 41. Malgré ses 95% de hausse, elle est 41% plus bas que novembre 21.
19:43 Voilà. Il y en a une dans tout ça. C'est Nvidia qui est très en avance.
19:47 En même temps, elle vous sort un 200% de croissance sur le T3. Elle va sortir un 231% de croissance de chiffre d'affaires sur le T4.
19:55 Elle a alimenté la turbine. Et on regarde.
19:58 C'est fascinant parce que le marché, c'est hyper intéressant sur Nvidia.
20:01 Sur la publication, qui te baisse un peu prise de profit, etc.
20:06 Mais toujours intéressant de lire les arguments qui sont mis en avant par les analystes ou les observateurs.
20:10 De ce que j'ai compris, c'est que la guidance qui projetait pour le T4, donc c'est 20 milliards quand même de chiffre d'affaires, de revenus.
20:17 Après 18 et quelques, je crois, au T3. Donc, ils explosent toutes les métriques du consensus.
20:23 Dans le consensus pour le quatrième trimestre, il y avait un analyste qui projetait 21 milliards.
20:29 Et donc, le marché a considéré que comme il y avait encore une personne sur Terre qui pensait que Nvidia allait faire encore plus que ce que Nvidia projetait,
20:37 ça méritait peut-être quelques prises de profit. On en est à ce niveau quand même d'exigence pour ce genre de valeur.
20:44 - Rajouter à ça, sur Nvidia, qu'elle est en train de tutoyer ses points. Donc, elle arrive sur un niveau qu'elle n'a pas franchi jusqu'à présent.
20:52 Et donc là, forcément, il y a des logiques où ceux qui sont acheteurs longs se disent "OK, elle n'a pas dépassé. Je vais quand même prendre des bénéfices à ce niveau-là".
21:00 Donc forcément, on n'aide pas. Après, il y a des logiques optionnelles aussi où c'est une zone où les options vont se déclencher.
21:08 Donc probablement, ce qui est en train de se passer, c'est que dans un premier temps, il faut que tout ce petit monde s'épuise.
21:13 Et si les acheteurs reprennent la main, tous ceux qui étaient notamment via les options vendeurs à ces niveaux-là vont être obligés de se racheter.
21:20 Et donc, potentiellement, ça peut faire un nouveau redécollage sur Nvidia. C'est ce qui est en train de se passer sur Microsoft.
21:28 - Plus haut pour Microsoft. - Sur un plus haut. Donc, quand on parle de plus haut sur une valeur, tout le monde se dit "Il est temps de s'arrêter".
21:36 Sauf qu'en fait, si on voit sur le graphe, quand on parle de plus haut, tout le monde pense au triangle rouge.
21:42 On dit "Le plus haut, et derrière, j'ai 10 ans de disette". Non, le premier nouveau plus haut, c'est tout ce que j'ai circlé en orange.
21:48 C'est un premier nouveau plus haut. Et donc là, via le jeu de ce que je racontais, tous ceux qui sont vendeurs ou vendeurs à découvertes qui sont obligés de se racheter,
21:56 en fait, quand vous dépassez un premier nouveau plus haut, derrière, il y a un run qui peut être assez impressionnant.
22:02 Et regardez, vous voyez les performances que ça donne. Ne serait-ce qu'à 3 mois, 22 %, c'est une performance exceptionnelle.
22:09 C'est ce qui est en train de se passer. Et donc, on a pas mal de titres, et notamment dans les grosses capitalisations, qui sont en train de faire ça.
22:16 Et potentiellement, ça peut être encore la fête.
22:21 - Oui, c'est ce que... Je reprends ce que disait Jean-François tout à l'heure. 24, l'anti-2022. 2022, la tech chute de 25-30 %.
22:30 Là, si on aborde 24 avec l'idée que c'est l'anti-2022, ce qu'on a vu là, c'est... Je ne vais pas dire que c'est qu'un début, parce que ça a quand même bien repris.
22:37 Mais c'est peut-être simplement une étape. Je valide avec vous, Romain, l'idée d'un sommet, que ce soit sur un indice boursier ou autre.
22:44 Les sommets, il y a toujours plus de probabilité que les records soient battus que l'inverse.
22:50 - Autrement dit, il y a tendance à vocation à se prolonger. - Oui, c'est ça.
22:54 - Effectivement. Et d'arriver sur des sommets pour un titre, c'est une très bonne chose. - Oui.
22:57 - Sauf s'il bute de façon manifeste contre ce niveau-là. C'est, pour Microsoft, entièrement d'accord.
23:02 J'ai hésité, justement, à le prendre graphiquement aussi, parce que c'est un cas d'école.
23:06 - On déterrera Nvidia avec vous tout à l'heure, Romain. - C'est affirmé. Et effectivement, les perspectives sont toujours intéressantes, même si on peut trouver...
23:11 On est en terrain inconnu, donc on fait des projections. Mais on a encore de la perspective, même à très court terme.
23:16 Mais effectivement, c'est un trend fort. Nvidia, c'est un petit peu plus discutable à très court terme, mais pour des raisons techniques aussi.
23:23 Il y a eu aussi – il faut le rappeler – dans ce mouvement de hausse, beaucoup de rachats de short.
23:26 Il y a eu cette alternative, pas que les actions, donc déplacement ailleurs. Et puis beaucoup, beaucoup de pessimisme.
23:33 Et Nvidia donne un très, très bel exemple de contrepied, justement, et de rachat de short qui a alimenté ce mouvement.
23:38 Donc techniquement, il y a aussi de la prise de bénéfices sur de la stratégie spéculative contre des niveaux de résistance.
23:45 - Je reviens sur vos 7 magnifiques, Bertrand. Là, je vois dans le tableau que vous nous avez apporté...
23:50 Alors il y a un indice de valorisation, un indice de momentum. Finalement, c'est Apple qui semble être le moins bien noté des 7, si je dis pas de bêtises ?
23:59 - Voilà. Donc ça, c'est... Bon, il faudra regarder parce que sur Apple, on a le sujet... D'abord, voilà, ça reste une boîte très bien portante.
24:08 Probablement que les analystes doivent retravailler un peu le sujet. Sur la valorisation, oui, c'est sûr, on est cher.
24:14 Sur le momentum, ça peut bouger vite parce que nous, là où on est prudent par rapport à ce pessimisme sur Apple,
24:23 c'est qu'on se retrouve avec les sociétés qui ont le portrait robot de celles qui peuvent profiter rapidement de l'intelligence artificielle pour mettre un nouveau moteur à la fusée.
24:34 Parce qu'en fait, on est sur des sociétés qui ont une base de clients largement établie, qui ont l'habitude de l'innovation, qui ont les poches pleines pour faire de l'innovation,
24:44 et donc qui sont capables rapidement de mettre à disposition des utilisateurs, enfin de leurs clients, des solutions diverses et variées, et de la monétiser quasiment immédiatement.
24:54 Donc c'est là où... - Après Nvidia, c'est ce genre d'entreprise qui va pouvoir capter le plus vite la valeur apportée par les nouveaux guides d'intelligence artificielle.
25:04 - Adobe pareil, voilà, on en a quelques-unes comme ça qui sont susceptibles et d'ailleurs qui ont commencé à mettre des premiers niveaux de prix sur "je vous offre telle ou telle possibilité avec des prix comme ça".
25:17 Donc il y en a quelques-unes, donc je pense qu'il faut aller creuser la côte, les découvrir.
25:22 Et il y en a d'autres sur des sociétés plus traditionnelles, par exemple Walter Scrivers qui est un éditeur de solutions juridiques.
25:30 Bon bah jusqu'à présent vous aviez votre abonnement, vous regardiez, voilà, vous vouliez avoir le résultat de tel cours de cassation, voilà, vous allez là-dessus.
25:36 Là forcément l'intelligence artificielle vous permet d'aller brasser des choses beaucoup plus importantes beaucoup plus vite et vous apporte un résultat.
25:42 Alors il faut toujours pour l'instant regarder si c'est cohérent et autre, mais voilà, donc il y a des solutions qui...
25:47 Et donc on va les voir germer au fur et à mesure, et donc ça peut permettre à certaines sociétés de passer d'un 7-8% de croissance classique à aller un 10 ou un 12, et tout ça, ça se valorise.
25:58 Il faut regarder, on est juste au début, quand on compare l'intelligence artificielle avec l'arrivée d'Internet, oui, on en est vraiment là, parce que tout n'est pas arrivé, on en est au début.
26:09 Oui, et puis on est encore en train d'essayer d'analyser qui gagnera, qui perdra, la cybersécurité, est-ce que c'est bon pour les softwares de cybersécurité ?
26:20 Parce que ce qu'on m'a expliqué, c'est que l'IA générative notamment va fortement abaisser le coût des attaques informatiques.
26:27 On va pouvoir déployer des attaques informatiques massives, désolé de le dire comme ça, avec des coûts bien moindres.
26:32 On n'aura pas besoin d'une armée de hackers en permanence qui peut coûter cher à ceux qui donnent des ordres d'attaques informatiques.
26:39 Donc ça va abaisser le coût des attaques informatiques, et donc on peut imaginer que ça multiplie encore un peu plus le risque d'attaques informatiques à moindre frais.
26:48 C'est une possibilité, après il faut regarder, vous avez des sociétés comme CrowdStrike dans la cybersécurité qui depuis un moment, en fait, a de l'analyse prédictive.
26:56 Donc ils sont en train de se dire "attention, quand je vois ce qui est en train de se passer sur le comportement des utilisateurs, potentiellement, il y a une brèche qui peut apparaître".
27:03 Je suis capable de dire "oui, c'est complet".
27:04 Donc ils sont capables d'apporter une analyse prédictive aussi.
27:06 Bon, des 7 magnifiques, il faut qu'on en vienne à parler des small limit caps.
27:11 Donc on zoom sur le mois de novembre avec vous Bertrand, la big picture nous dit qu'il n'y a pas encore de gros signal particulier.
27:21 Quel est l'univers que vous avez suivi pour nous dire qu'il y a peut-être le début du commencement d'un retour de la collecte ?
27:27 Vous mettez encore un point d'interrogation.
27:29 Oui, oui, parce qu'il ne faut pas s'enflammer.
27:33 On a une petite collecte sur le mois de novembre qu'on n'avait pas vue depuis très longtemps.
27:39 On a une petite surperformance sur le mois de novembre des midi et des small qu'on n'avait pas vu depuis très longtemps sur les big.
27:46 Donc, encore une fois, je n'ai pas de boule de cristal.
27:49 Je ne sais pas quand ça va arriver.
27:50 Par contre, ce sur quoi on est plusieurs à partager le même avis dans les small capers, c'est qu'on a des niveaux de valorisation qui sont historiquement planchés
28:01 et des niveaux de perspectives de croissance qui sont beaucoup plus fortes que sur les grandes capitalisations.
28:05 Donc, sur ce principe valorisation momentum, tout est prêt pour que ça puisse pour que ça puisse tout en place.
28:13 De l'autre côté, on a toujours des actifs.
28:16 On le voyait sur les graphes de Jean-François qui n'ont pas collecté depuis Matisse à la m face à des collecteurs en 2019.
28:21 Depuis, on n'a pas collecté. Et c'est des classes d'actifs qui sont quasiment sortis de toutes les allocations.
28:28 Et c'est une petite classe d'actifs là.
28:30 Sur ce qu'on voit en France, on est en train de parler de 14 milliards. Ce n'est pas énorme 14 milliards.
28:35 Donc, si les flux rentrent, il y a un potentiel.
28:39 Il y a un potentiel qui est important du fait du rattrapage entre la sous-performance, la sous-valorisation, la croissance ultérieure.
28:46 Globalement, il y a pas mal de briques pour pouvoir créer des performances largement supérieures à celles des grandes capi.
28:52 Pour autant, un qui est du flux et le flux, c'est quoi?
28:54 C'est des investisseurs qui disent OK, je vais prendre le risque d'aller sur des actions un peu moins liquides, un peu moins connues.
29:02 Donc prendre un risque quelque part supplémentaire pour un niveau de rémunération.
29:06 Donc, il faut qu'il y ait une appétence pour le risque. Qu'est ce qui manque?
29:08 Qui reviennent? Qu'est ce qui manque? Ce goût du risque? Une participation en 21%?
29:12 Ça, on ne peut pas partir comme ça. Il va déjà falloir que ça étende la participation.
29:16 Et d'ailleurs, en l'étendant, forcément, on embarquera des mid.
29:19 On embarquera des small. Voilà pour que les investisseurs aillent avec des mains solides, se positionner sur ces classes actives.
29:27 Bon, à suivre avec intérêt, en tout cas, le mois de novembre marque quand même.
29:30 On regarde à la loupe, mais petite inflexion.
29:32 Oui, petite inflexion, que ce soit en termes de performances boursières, vous l'avez dit, et en termes de collecte.
29:37 On a vu quand même quelques milliards revenir sur l'univers small et mid cap en Europe.
29:43 Si on en vient aux ingrédients techniques du marché avec vous, Romain,
29:48 on pourra revenir sur Nvidia, évidemment, mais d'abord peut être la big picture avec le traditionnel S&P 500 américain,
29:56 avec une vue mensuelle qui permet de dézoomer un petit peu de la situation.
29:59 Qu'est ce qu'on peut dire justement de l'état des lieux techniques de l'indice S&P à ce stade?
30:05 Déjà qu'il n'a pas rebondi nulle part.
30:07 Il évolue le S&P au sein d'un canal haussier de long terme qui a été testé quatre fois maintenant,
30:13 depuis avril 2020 et donc sur lequel on s'est appuyé un peu plusieurs fois sur la borne basse.
30:18 On aurait pu aller chercher la borne haute plus tôt, mais ça montre une réaction qui est technique et sur un niveau intéressant.
30:24 La bougie mensuelle qui n'est pas tout à fait terminée arrive et on voit aussi où est ce qu'on arrive,
30:29 c'est à dire contre des niveaux de résistance historique 4610 4778 qui sont évidemment déterminants,
30:35 comme on l'expliquait sur les titres, revenir sur des niveaux et des plus hauts, c'est plutôt un bon signe.
30:40 Encore faut-il passer ces niveaux là, mais si à court terme on a un peu de doute,
30:44 on va pouvoir zoomer là-dessus ensuite à moyen et long terme, il y a manifestement des choses fortes qui sont mises en place
30:49 et on préserve encore une fois le bas de ce canal. On réagit fort, puissamment dans un mouvement qui peut manquer un peu de volume.
30:57 C'est ce qui pourrait gêner, mais on l'explique aussi très bien par justement ces choix possibles aujourd'hui sur les allocations d'actifs.
31:03 En tout cas, on sait qu'il y a des liquidités. Il y avait un excès de pessimisme, certes,
31:07 qui a alimenté une partie de ce mouvement et qui fait l'excès qu'on connaît peut-être à de très courts termes.
31:12 Pour l'instant, on arrive à des niveaux techniques importants et si sur le S&P, ce n'est pas flagrant, on arrive contre ces plus hauts.
31:19 Sur le Nasdaq, c'est encore plus visible. On aurait pu le prendre à titre d'exemple. On a réactivé une dynamique haussière très clairement.
31:25 Avec, comme vous disiez, en ligne de mire à moyen terme maintenant, les niveaux, c'était quoi ? Quasi 4008, c'est ça ?
31:32 Pour le S&P, ça c'était les records de décembre 2021 ou janvier 2022.
31:37 J'ai fait une projection à 5084 pour donner un point de repère technique si on débordait cette zone.
31:43 A priori, encore une fois, c'est une question de temps, mais ça paraît être plausible.
31:47 En zoomant, vous constatez qu'il y a encore quelques divergences qui, à court terme, peuvent avoir un impact sur la course du rebond du S&P.
32:00 Je voulais vous montrer ce graphique-là parce que c'est presque un cas d'école. C'est presque trop beau, trop magnifique graphiquement.
32:07 On voit la divergence entre les volumes qu'on a en bas de l'écran et les prix sur le S&P dans un graphique journalier.
32:13 Déjà, on est monté, on l'a expliqué en partie, sur fond de contrepied et de rachat de short.
32:18 Donc ça crée des mouvements violents. On laisse un quatrième gap aussi ouvert autour de 4450.
32:24 Vous le voyez, ce grand carré bleu qui est quand même gigantesque. C'est un 30%. Sur un haut de marché, c'est quand même fort.
32:30 C'est un gros trou dans le gruyère.
32:31 C'est un gros trou, un gros de marché dans le gruyère. Un niveau de réactivation haussière.
32:36 Donc un niveau contre lequel on aurait pu penser à une consolidation ou une pause.
32:39 Donc un phénomène de contrepied important aussi, une accélération. Et depuis, six séances d'affilée.
32:44 Alors, ce n'est pas la séance du jour, mais qui ne doit pas être très dense en volume.
32:48 Mais six séances d'affilée de hausse avec une baisse continue des volumes. Ça, c'est vraiment l'archétype d'une divergence.
32:54 Les volumes ne confirment pas les prix. Ça va nécessiter à un moment ou à un autre une consolidation.
33:00 Et on a donc sous les pieds un petit retrasement qui pourrait amener aux alentours de 4400, 4420 points.
33:06 Donc il y a peut-être un positionnement sur repli.
33:11 Et ce serait sain. Non mais je veux dire, ce serait parfaitement sain et ce serait même bienvenu.
33:16 Nécessaire. Parce que si on continue à tirer et à tendre les asters comme ça, ce qui est possible.
33:20 Il y a ce phénomène qu'on connaît bien. Quand les vendeurs ont été pris à contrepied, le marché a du mal à baisser.
33:26 C'est ce qui se produit ici. On serait attendu à une pause contre 4450 et 4495. Et ça tire régulièrement.
33:32 Puis il y a cette petite bougie de mercredi d'indécision, ce qu'on appelle une toupie, en haut de marché.
33:37 Où on n'arrive plus vraiment à déborder les niveaux. On a vu quel niveau ça représente, 4610 points.
33:43 Et donc, il va falloir trouver du moment à temps. Alors ça peut tirer comme ça, on le sait, pendant longtemps.
33:47 Ou consolider à plat parce qu'on n'arrive pas. Mais en revanche, on a un autre ingrédient qui est venu et qui n'est pas lisible là à l'écran.
33:53 C'est le consensus. Et on a un changement de consensus entre les points bas et les points hauts.
33:57 Si on regarde, alors on a cette fois-ci plutôt les indices européens. Mais sur l'eurostock 50, qui est assez brutal et qu'on voit rarement changer dans ces proportions-là.
34:06 C'est le ratio de couverture. Bien sûr. Au 20 octobre, on avait un ratio de couverture quand l'eurostock était de points bas à 4015.
34:15 Qui était de 3 options de vente pour une option d'achat. — Très couvert. — Très couvert. Le ratio médian, c'est entre 0,80 et 1,20. On était à 3.
34:23 Donc vraiment un vrai pessimisme, une grande prudence. On était dans des niveaux – si on regarde la volatilité – des niveaux d'alerte.
34:29 Et là, avec cette hausse, on remonte aux alentours de 4400 points sur l'eurostock. Et hier soir, on a un ratio de couverture qui est de 0,55, 0,56.
34:37 On est complètement en dehors du niveau d'optimisme. On est repassé en complaisance complète. Et ça en 1 mois.
34:44 Et donc c'est quand même un changement de comportement qui a nécessité... — Je comprends. Pas d'un extrême à l'autre, mais on passe d'un sentiment à l'autre très très vite.
34:51 — Très très vite. Et alors ça s'explique aussi qu'on soit moins couvert parce que le mouvement est brutal. Quand il est violent, eh bien on se couvre moins sur ce niveau-là.
34:58 Mais on aura besoin de consolider un peu ce mouvement-là. Et il faut être un petit peu plus prudent à la corde.
35:05 Même si la photographie globale nous paraît positive, là, il y a vraiment vraiment beaucoup de choses qui se mettent en place.
35:09 — C'est l'indication que nous donne le VIX également, l'indice de volatilité du marché américain. Là, c'est vrai qu'on s'est effondré en quelques semaines, quoi.
35:17 — Il y a aussi un contrepied technique. Il y avait des acheteurs de volatilité sur des niveaux importants, 13, 22 et autour, même un peu au-delà,
35:24 dans cette zone que moi, j'ai qualifiée de zone de complaisance, qui est donc située sous 12,10 et 15,40. Eh bien il y avait des acheteurs de volatilité
35:31 qui pensaient effectivement qu'après le rebond qu'on avait connu et qui étaient pessimistes avant les publications des États-Unis, eh bien se sont faits coincer.
35:37 Donc il y a ce phénomène technique. En plus du rachat de short vendeur structurel, il y a aussi le rachat de long volatilité.
35:45 Donc ça crée un mouvement qui est assez impressionnant de baisse de volatilité. On revient à des niveaux de volatilité, donc entre 12,66 et 13,22,
35:53 qu'on n'avait pas vus depuis le mois de septembre en journalier. Mais si on va regarder en hebdomadaire et si on clôture sous ces niveaux-là,
35:59 en clôture hebdomadaire, ce sont des niveaux qu'on n'a pas connus depuis avant Covid. Donc on est dans un niveau de complaisance qui est assez important.
36:05 Alors on n'est pas en euphorie, on n'est pas dans des structures de marché qui laissent à penser un pré-crac, mais on a de quoi être un peu plus prudent.
36:14 Or, le VIX s'intègre dans une structure en biseau. Un biseau, c'est normalement une figure d'épuisement. Si on repasse au-delà de 13,22, on a la chance d'accélérer.
36:23 Mais ces biseaux ne sont pas des figures très fiables tant qu'elles ne se sont pas confirmées. Si on ne repasse pas 13,22, on peut continuer à baisser en volatilité.
36:29 - Ça peut tirer encore. - Pourquoi pas, et tirer encore. Et aller étrangler encore plus les vendeurs et laisser le marché payer.
36:35 - Bon, on parlait de l'immobilier. Alors ça recollecte un peu sur l'immobilier, nous disait Jean-François. On a vu les performances effectivement du secteur immobilier.
36:43 Alors ça a été très rapide. Ça s'est fait en quelques séances, à peine une paire de semaines. Mais c'est vrai que l'immobilier, coté en bourse, je rappelle, je précise,
36:51 a connu un rebond très violent en forme de V, Romain. Vous l'avez illustré à travers un ETF d'Amundi qui permet de se connecter justement au secteur des foncières cotées.
37:04 - Exactement. C'était un mouvement hyper violent qui s'est fait vraiment en 24 heures, à partir du moment où le marché a décidé qu'on aurait des baisses de taux,
37:11 et probablement plus tôt qu'au mois de juin 2024. Et donc on a constaté ce mouvement hyper brutal qu'on ne peut pas illustrer mieux que graphiquement.
37:20 - Et vous avez arrêté avec la publication de l'inflation américaine, je rappelle. A peine plus faible que ce qu'on imaginait. Mais ça a suffi effectivement à accélérer dans la tête des marchés
37:30 le calendrier de baisse de taux pour 2024. - Exactement. On avait donc une tendance baissière sur cet actif. Et depuis septembre dernier, pas de mouvement.
37:43 On était dans un trading range 26,12 et donc en haut 30,92. C'est vraiment quelque chose qu'on regarde comme une sortie possible. Mais il n'y a pas de tendance pour nous, pas de momentum.
37:53 Et d'un coup, on a cette bougie gigantesque qu'on voit. Donc là, c'est un graphique hebdomadaire. On a cette bougie gigantesque d'un coup qui montre un rebond entre 26,12 et 28,82
38:04 qui permet de donner un signal énorme et qui permet de sortir d'une ligne de tendance baissière qui est active depuis plusieurs mois. On était sur des tops sur l'immobilier,
38:12 dans une tendance baissière depuis 2022 et même avant. Et donc là, ce mouvement est quand même hyper brutal. Il est propre graphiquement. On vient retester cette ligne de tendance baissière
38:23 avant de repartir à la hausse si on dépasse ce niveau de 28,82 avec du volume qu'on a constaté et les flux, comme l'indiquait Jean-François, qui viennent en soutien.
38:32 Alors on n'a pas de figure de retournement. Si on met une sortie de trading range, le principe, c'est que quand on sort d'un trading range, on doit le dupliquer par le haut.
38:39 Ça donne 30,92 dans un premier temps. Pourquoi pas des extensions jusqu'à 32,86 ? Ça fait des perspectives intéressantes.
38:44 Reste qu'on est conscients que ce mouvement que nous, on a décidé de suivre techniquement n'est pas confirmé pour l'instant puisqu'il est basé sur des anticipations du marché
38:53 avec des éléments qui ne sont pas affirmés encore.
38:55 Non, mais on est dans l'idée de l'anti-2022 avec l'immobilier. C'est ce que vous disiez tout à l'heure.
39:01 Je pense que les investisseurs ont retenu, ne serait-ce que dans la lecture des discours des banques centrales, à partir du moment où Christine Lagarde dit
39:09 « je ne toucherai pas au taux les deux prochains trimestres », les marchés comprennent. Donc à partir du mois d'avril ou juin, mi-2024, elle va toucher au taux.
39:20 Et on voit le dernier consensus Bloomberg sur les Fed Funds. À fin 2024, le consensus est à 4,50 alors qu'on est à 5,50.
39:29 5,50, 5,50, 5,50.
39:31 Oui, un pourcentage de baisse. Et il y a du Amundi à 4 et il y a du UBS à 2,75. Donc on voit que ce n'est pas juste une vue de l'esprit.
39:38 Il y a des grandes maisons qui anticipent de très fortes baisses aux États-Unis et en Europe.
39:45 UBS étant très agressif parce qu'ils ont un scénario de récession dure aux États-Unis. C'est cohérent avec un scénario macro qui, chez UBS en tout cas,
39:53 pour le scénario central, est celui d'une récession compliquée aux États-Unis.
39:57 Donc les banques centrales sont encore suivies, directrices j'allais dire, et le marché les suit et anticipe ce scénario.
40:07 Peut-être qu'ils seront prêts à contre-pied. Il y aura peut-être encore des contre-pieds de la part de Jerome Powell et de Christine Lagarde.
40:13 Mais pour l'instant, c'est le consensus de marché.
40:16 C'est ça que je trouve. Il faut rester quand même très ouvert d'esprit encore une fois pour le scénario 2024.
40:23 Là, on vit un peu le moment Goldilocks, soft lending, tout pointe dans l'idée d'un soft lending.
40:30 Mais on sait quand même que les risques attachés à ce scénario sont importants, Bertrand.
40:33 Oui, mais c'est important de se diversifier. C'est vrai que, je disais tout à l'heure, la diversification est compliquée.
40:39 Par exemple, si on a une vue sectorielle, vous regardez le secteur de la pharmacie, il est en chute libre.
40:48 Et au milieu de ça, vous avez Novonordis qui a 80% de performance depuis le début de l'année.
40:52 S'il y a une illustration du stock picking, les Roche, les Novartis, les Pfizer, les Bristol-Myers, on est sur du -20, -30.
40:59 Alors Sanofi, c'est un accident, mais effectivement, ce n'est pas bon.
41:03 Mais techniquement, ça ne pourrait pas le présager.
41:07 Elle avait des notes qui étaient moyennes. Par contre, sur des Moderna, des Pfizer, des Bristol-Myers, ça en chute depuis un moment.
41:14 Et au milieu de ça, il faut vraiment s'attacher à ça, aller regarder, vraiment descendre dans les secteurs.
41:21 Alors évidemment, il y a des secteurs qui sont en vogue, comme la tech, banque finance, franchement, c'est pas mal.
41:26 Il y a un secteur, alors là, c'est fou, c'est l'assurance. L'assurance, depuis le début de l'année, on est à 10, donc ça fait le job.
41:33 Par contre, taux de participation dans l'assurance, 50%. Donc là, pour le coup, ce n'est pas les gros qui font la loi.
41:38 Il y a du monde où il y a quelque chose d'homogène dans le secteur.
41:42 Voilà. À la fois dans les publications et autres, ça a pu rassurer. Et donc celui-là, il est...
41:47 Voilà, il y a de la place, il y a du choix, il y a des choses à faire. Mais il faut continuer à faire ça, parce qu'à un moment donné,
41:53 peut-être le pétrole reviendra. On voit bien que les tendances, encore une fois, avec une participation aussi faible,
41:59 elles peuvent se défaire en deux temps, trois mouvements. Donc attention, oui, les sectes magnifiques, c'est très bien.
42:05 Enfin, la tech, globalement, c'est très bien. Par contre, garder les actifs, même s'ils ne sont pas complètement enthousiasmants...
42:10 Oui, c'est pas l'un ou l'autre. On peut être sur la tech et aussi commencer à préparer, effectivement...
42:15 C'est évident que la performance du portefeuille soit trop secouée, parce que si vous êtes trop secoué sur votre portefeuille,
42:20 c'est là que vous lâchez tout.
42:22 On a raté NVIDIA. Il faut qu'on termine avec...
42:24 On peut pas en parler de NVIDIA.
42:25 Oui, oui, oui, techniquement, si, si. Non, non, mais parlons de NVIDIA techniquement, Romain, pour conclure.
42:30 NVIDIA, en fait, elle évolue sans tendance depuis le mois de mai-juin dernier. C'est au sens graphique.
42:35 Elle évolue dans un grand trading round 404-499. Pour des investisseurs, ça peut faire de la volatilité.
42:40 En fait, c'est ça. Elle bute contre un niveau de résistance à 499-60, 500, pourrions-on dire.
42:46 On est dans un petit doute graphique, effectivement.
42:49 Alors déjà, il y a le phénomène. On voit la nouvelle. La nouvelle, elle est excellente.
42:53 Alors, effectivement, cet analyste, il y avait effectivement un peu plus d'inquiétude au sujet de la Chine.
42:58 Mais...
42:59 Confirmez, d'ailleurs, il reporte la production d'une puce qui était destinée à la Chine
43:03 et qui permettait d'être en compliance avec les sanctions américaines. C'est reporté.
43:07 Mais globalement, c'est assez impressionnant. Et il y a ce phénomène de contrepied qu'on voit bien aussi sur le titre que je voulais vous illustrer.
43:13 Ce cercle bleu sur 404-480, qui est un graphique hebdomadaire.
43:18 Donc, pendant deux semaines, Nvidia a laissé croire qu'elle partait à la baisse avec une figure de retournement baissière.
43:23 Ça, c'est octobre. Les généraux étaient attaqués, disait Bertrand Lamiel. Et finalement, l'attaque n'a pas duré très longtemps.
43:29 Il y a ce contrepied qui génère un mouvement brutal et qui permet au titre de remonter de 404 à 499.
43:35 C'est quand même un mouvement – quand je dis pas de tendance – c'est quand même un mouvement violent.
43:38 Et pour des vendeurs, ça peut faire très mal. Donc on arrive sur ce niveau de résistance. Et on ne l'a pas encore débordé.
43:42 Donc il y a cette incertitude technique. Si on passe au-delà de 499,60, il y a une perspective de hausse de jusqu'à 557,80, 594,60, une vingtaine de % plus ou moins.
43:52 Ce sont des projections graphiques par rapport au trading range. Maintenant, c'est pas fait.
43:56 On anticipe plutôt, nous, un retracement entre 443, 462,80, le temps de digérer un peu la nouvelle, le temps de digérer les divergences qu'on constate pour l'instant.
44:04 Pas de retournement de tendance profond. Pour s'inquiéter, il faudrait repasser sous 404,80. C'est loin.
44:09 Et même si on rompait à ce niveau-là – j'ai fait une projection, on est au bout de faire graphiquement – elle rebaisserait dans 409,40.
44:15 – Et on se rendra de combien alors ? – On ne serait qu'en hausse de 100 % depuis le début de l'année.
44:19 – Mince ! On n'aurait que doublé. – En tout cas, si elle passait à ce niveau-là, ce serait un changement de paradigme sur le marché.
44:25 On ne serait plus du tout haussier. – Oui, c'est ça. Il n'y a pas que Nvidia qui baisserait.
44:29 – Oui, Nvidia peut partir à 100 % sans problème, sans que ça change pour consolider. Là, c'est plutôt 4,5 qui serait le scénario médian et qui paraît raisonnable dans le contexte.
44:37 – Merci beaucoup, messieurs. Merci d'avoir dressé pour nous ce grand tableau de bord des marchés.
44:42 Bertrand Lamiel, je le rappelle, directeur général de Ports en part-gestion.
44:46 Jean-François Bey, directeur général de Cantalice. Avec nous, chaque dernier vendredi du mois, et Romain Dobré qui nous accompagnait ce mois-ci.
44:51 Membre de la CU Info, d'expert de Bourse Direct. Je rappelle votre livre, également, Romain, le « Trading à effet de levier ».
44:59 – Merci. – C'est ça, chez JDH Éditions.
45:01 – Merci beaucoup. – Merci à vous trois, messieurs. Et on se retrouve dans un mois.
45:05 Non, on se retrouvera en janvier. Il n'y aura pas de dernier vendredi du mois, en tout cas pour Smart Bourse, en décembre.
45:10 – Pas le 25 décembre. – C'est ça, oui. Non. On se retrouvera pour le bilan du mois de janvier.
45:15 [Générique]
45:25 Le dernier quart d'heure de Smart Bourse, chaque dernier vendredi du mois, c'est l'occasion de retrouver Michel Rumi,
45:31 économiste associé chez SPAC, pour un décryptage économique, le décryptage d'un concept économique et d'un concept de marché.
45:38 Bonsoir, Michel. – Bonsoir.
45:40 – Merci d'être avec nous. Ce qui vous a intéressé dans l'actualité, on pourra peut-être en dire un mot à l'occasion de cette chronique,
45:44 c'est, alors, à l'occasion de l'élection en Argentine, rappeler effectivement une des grandes volontés de Ravir Millei,
45:53 c'est l'essai de dollariser l'économie argentine face à un PSO argentin, bon, qui ne vaut plus rien.
46:00 On a, je crois, 100, 150% d'inflation en Argentine. Ça fait des années que ça dure.
46:06 Je crois qu'ils ont fait défaut au moins une demi-douzaine de fois ces dernières années.
46:11 Bref, on connaît la répétition malheureuse de l'histoire argentine.
46:16 Et c'était l'occasion pour vous de nous expliquer ce qu'est un taux de change.
46:21 – Oui, parce que c'est aussi simple que ça peut paraître, c'est aussi un peu compliqué.
46:25 Et donc, ce qu'il faut bien voir, c'est que un taux de change doit refléter la vigueur d'une économie par rapport à une autre économie.
46:33 Et son niveau, en fait, est déterminé en continu par les marchés d'échange.
46:39 Et donc, naturellement, on dit, le taux de change, c'est l'expression d'une monnaie par rapport à une autre.
46:45 Et en fait, donc, ce qui veut dire que lorsqu'on a un PSO argentin qui est égal à un dollar,
46:50 cela signifie que l'économie argentine est aussi forte que l'économie américaine.
46:54 Donc, on voit bien déjà la problématique qui peut être soulevée.
46:58 Mais, en fait, les écarts par rapport à cette parité, en fait, sont, dans une certaine mesure,
47:05 expliquent les écarts de dynamisme d'une économie par rapport à une autre.
47:09 Et donc, c'est estimé, rapidement, par les opérateurs de marché,
47:13 qui, d'une part, vont s'appuyer sur les informations qu'ils souhaitent,
47:17 et puis également, aussi, sur les anticipations à court, moyen et long terme qu'ils font sur l'économie,
47:22 par exemple, de l'Argentine, etc. etc.
47:25 - À quoi ça sert, le taux de change ? Pourquoi c'est important ?
47:27 Une fois que le marché a donné le prix, la parité, effectivement, entre deux économies,
47:34 une fois qu'on a cette information, à quoi sert le taux de change ?
47:36 - En fait, aujourd'hui, dans une économie mondialisée, on fait des importations et des exportations.
47:41 Et ce qui va se passer, c'est que le taux de change est, on va dire, une donnée importante pour le commerce extérieur.
47:47 Et si on a un taux de change élevé, ce qu'on appelle une monnaie forte,
47:52 ça va favoriser les importations, mais, en même temps, ça va défavoriser les exportations, et vice-versa.
48:01 Et c'est ça qui est très important, c'est que, eh bien, comme ça fluctue,
48:04 eh bien, par exemple, si on prend le dollar par rapport aux périodes de pétrole, ça peut avoir certaines conséquences.
48:09 Et c'est ça qui va jouer.
48:11 - Vous disiez "le marché fixe le taux de change".
48:14 Mais tous les taux de change ne sont pas fixés, en tout cas pleinement, par le marché, Michel.
48:18 Comment est-ce qu'on fixe un taux de change ? Quels sont les différents régimes, d'ailleurs, de fixation des taux de change ?
48:24 - Ça a commencé en 1944 avec les accords de Bretton Woods,
48:27 mais aujourd'hui, en fait, c'est la survivance, tout d'abord, des accords de la Jamaïque, en 1976,
48:32 où les pays développés, après les déboires, on va dire, de l'inconvertibilité du dollar en or,
48:40 eh bien, se sont mis en régime de change flottant. Ça veut dire notamment les Etats-Unis, la zone euro, le Japon et tout.
48:46 Ce qui veut dire quoi ? Ça veut dire que le taux de change n'est pas administré
48:50 et qu'il dépend de l'offre et de la demande sur un marché.
48:53 Et par exemple, aujourd'hui, on a à peu près un euro qui égale à 0,9 dollar.
48:57 Au 1er janvier, il valait un 13. Donc on voit que ça fluctue.
49:01 La deuxième possibilité, c'est notamment d'avoir un régime de change intermédiaire, comme la Chine.
49:07 C'est-à-dire que l'yuan est indexé sur un panier de monnaie qui est composé notamment du dollar, de l'euro, du yén, du won coréen, etc.
49:16 Et le taux du yuan fluctue, mais de façon limitée, par rapport à la valeur du panier.
49:22 Et donc, par exemple, aujourd'hui, on a un dollar qui vaut à peu près 7,15 yuan, mais un euro égale 7,80.
49:28 Ça, c'était pour la note. Et le taux de change est géré par les autorités chinoises,
49:33 qui achètent et vendent le yuan en fonction de leur volonté, on va dire...
49:37 — Pilotage, un contrôle très précis... — Très précis. Voilà.
49:41 — ...comme change en Chine. — Et puis il y a le troisième régime. C'est un régime de change fixe.
49:46 C'est ce qu'on trouve généralement dans les pays de la zone franc où on a... Où la monnaie est arrimée à l'euro.
49:54 Et par exemple, on a 1 euro égal 655 francs CFA. Dans ce cas-là, eh bien le taux de change est totalement administré.
50:00 C'est-à-dire que les autorités et les banques centrales, eh bien s'engagent à fournir les devises étrangères
50:07 contre la monnaie nationale. C'est une... On va dire une obligation. Mais dans cette configuration de change fixe,
50:12 parfois, eh bien les pays ont la possibilité de dévaluer ou de réévaluer leur monnaie en fonction d'eux.
50:18 Et donc qu'est-ce qu'on voit ? Sur les 190 pays du FMI, il y a à peu près 55% – ça fait un peu plus d'une centaine de pays –
50:25 qui ont un régime de change intermédiaire. Il y a à peu près 35%, c'est-à-dire à peu près 65 pays qui sont en régime flottant.
50:33 Et puis à peu près 10% qui sont en régime de change fixe. Ça veut dire à peu près 20 pays. Et donc on voit bien que
50:39 lorsqu'on parle d'un taux de change, eh bien ça donne la littérature. Et c'est ça qui change.
50:44 – Il y a deux tiers du monde pour qui il est important de contrôler plus ou moins son taux de change.
50:48 – Exactement. Et c'est ça qui est important.
50:51 – Justement, ça pose la question de l'intervention. Est-ce que toutes les banques centrales peuvent intervenir sur le marché des changes,
50:58 y compris quand on est en régime de change flottant ? Est-ce que ça fait partie de leurs compétences et de leurs missions ?
51:03 Comment est-ce qu'elles interviennent de manière globale, générale, sur ces marchés de change ?
51:08 – Alors ce qu'il faut bien voir, c'est que j'ai donné deux statistiques sur le marché des changes,
51:12 qui est, on va dire, le marché très spéculatif. C'est le marché sur lequel le soleil ne dort jamais.
51:17 – C'est le Forex. On appelle ça le Forex, Foreign Exchange.
51:20 – Voilà. Chaque jour, à peu près, c'est près de 7 500 milliards de dollars qui sont échangés.
51:25 Rien que pour info, le PIB de la France, il est d'à peu près de 2 500 milliards. Donc vous voyez que c'est énorme.
51:33 Et sur ce marché, il y a à peu près 7 grandes monnaies qui sont échangées. Il y a le dollar, il y a l'euro,
51:39 il y a le dollar canadien, le dollar australien. On va dire toutes les grandes monnaies des pays développés.
51:44 – Yen, G7, voilà.
51:45 – Exactement. Et donc, ce qu'il faut voir, c'est qu'aux États-Unis, comme dans les pays développés,
51:50 généralement, la banque centrale n'a pas de politique de change. C'est de la responsabilité du gouvernement.
51:56 Et donc, par exemple, dans l'eurosystème, en fait, lui non plus n'a pas un objectif de taux de change.
52:01 Il a une politique de change, mais il n'a pas un objectif. Donc, concrètement, les banques centrales
52:06 n'interviennent pas, on va dire, pour maintenir un taux de change. Donc les banques centrales
52:10 interviennent sur le marché des changes dans le but, naturellement, d'influer sur leur taux de change,
52:16 le taux de change de leur monnaie. Et c'est notamment les régimes de change intermédiaire ou change fixe.
52:20 Et ce qu'il faut savoir, c'est qu'en fonction, si on veut apprécier, eh bien on va vendre certains avoirs
52:26 et on va acheter de sa monnaie sur le marché, ou vice-versa, on va, et c'est ça qui est très important,
52:32 pour déprécier, acheter, on va dire, comment ça s'appelle, des devises étrangères avec sa monnaie.
52:39 Donc on va créer de la monnaie. Et donc, du coup, on voit bien le lien qui est entre politique monétaire
52:44 et politique de change. Et c'est ça qui est très important.
52:46 La baissure, sans avoir d'objectif de taux de change, en achetant des actifs et des obligations souveraines,
52:54 a permis, effectivement, cette création temporaire de monnaie, qui a eu pour conséquence de faire baisser l'euro
53:03 jusqu'à un certain point et à un certain stade. Et c'est ça qui est très important. Et donc, par exemple,
53:07 on parlait des réserves de change. Eh bien, en France, par exemple, la Banque de France a à peu près 60 milliards d'euros,
53:14 mais l'eurosystème a 300 milliards d'euros pour éventuellement faire face, on va dire, aux problématiques qui peuvent arriver.
53:20 - Oui, c'est ça. C'est pour ça qu'on regarde les réserves de change des grandes banques centrales,
53:23 parce qu'on sait que c'est la poudre sèche, que c'est des réserves, effectivement, en cas de besoin d'intervention, etc.
53:31 Et que, quand on voit des réserves de change s'effondrer, je me souviens de la Banque centrale truque, etc.,
53:35 ça peut amener des espèces de phénomènes de spirale. - Et surtout, on va spéculer, dire qu'on n'a pas pris la privée.
53:42 - Eh bien, évidemment. Sans revenir à la Banque d'Angleterre. - Oui, oui. - Non, mais si, c'est ça.
53:48 - T'as dit. T'as fait. - Voilà. - Et quand on spécule, il ne faut pas oublier que George Soros avait gagné un milliard de dollars.
53:55 - En faisant sauter la Banque d'Angleterre. Qui décide de la valeur d'une monnaie ?
54:00 - Alors, en fait, c'est les déterminants. En fait, on va toujours distinguer accro et moyen.
54:06 - Vous disiez, le point fondamental, c'est le reflet de la force d'une économie par rapport à une autre. - Tout à fait.
54:13 - Après, il y a quand même des déterminants, plus ou moins court terme, qui peuvent influencer. - Voilà. Tout à fait.
54:18 Alors, bien sûr, en gros, c'est lorsqu'on veut étudier, on va dire, la santé économique d'un pays,
54:25 c'est comme si on va voir chez le médecin, on lui dit « c'est quoi ? Faites-moi une prise de sang ».
54:28 Et donc, il va vous donner certains paramètres médicaux. Nous, ce qu'on va regarder, on va regarder d'une part,
54:33 le taux d'inflation, le taux de chômage, le solde d'avance commercial, la croissance économique.
54:38 Puis, il y a également aussi, bien sûr, puisque pour ces grandes monnaies, on va avoir l'offre et la demande comme tout marché.
54:44 Puis, également aussi, la différence de conduite de politique monétaire et donc de taux d'intérêt.
54:49 Ça, c'est, on va dire, les éléments plus classiques. Et puis, en même temps, il y a d'autres éléments.
54:53 C'est aujourd'hui, devant l'endettement des pays, on va regarder le niveau et la composition des dettes publiques.
55:00 On va regarder aussi la politique de change, notamment s'il y a une existence d'un contrôle de change.
55:05 Et puis, bien sûr, la spéculation. Tout ça, ça va être, on va dire, sur le court terme.
55:09 Et puis, à long terme, en fait, le taux de change doit refléter le pouvoir d'achat.
55:15 Le pouvoir d'achat, et c'est ce qu'il faut bien voir. Mais là, je vous en ai donné quelques-uns.
55:19 Ce qu'il faut bien voir, c'est que par exemple, pour la BCE, lorsqu'elle mène sa politique monétaire, elle travaille sur 160 indicateurs.
55:26 Donc vous imaginez la machinerie qu'il y a derrière. Et c'est ça qui fait que c'est compliqué.
55:30 Mais donc, on essaye d'avoir une visibilité le plus simple.
55:33 – Cette question de la parité de pouvoir d'achat, c'est l'idée de la "fair value", de la parité d'une devise, d'une paire de devises.
55:42 Et ça a été le génie, alors j'ai deuxième économiste, c'est ça, le génie d'incarner ce concept, assez conceptuel au final,
55:54 ce concept de parité de pouvoir d'achat à travers l'indice Big Mac.
55:57 – Oui, tout à fait. En fait, c'est né, on va dire, en 86, alors que l'époque libérale commençait à bien s'épanouir, on va dire cela.
56:07 Et qu'est-ce qu'elle a fait là ? Elle a rejoint cette hebdomadaire à relever le prix des Big Mac dans une cinquantaine de pays.
56:14 Alors l'idée en quoi était, pas géniale, mais on va dire ingénieuse, c'est dans le sens où le Big Mac,
56:20 parce qu'il y a aussi des process de production, c'est toujours la même chose dans n'importe quel pays.
56:25 – On doit répondre à la standardisation parfaite.
56:27 – Tout à fait. Et ce qui fait, du coup, on a dit, on va pouvoir comparer ce qui se passe dans les pays.
56:33 Et en comparant le prix des Big Mac, on va avoir un coefficient qu'on va comparer avec le taux de change établi sur les marchés.
56:40 Donc on va avoir une surévaluation.
56:44 Et par exemple, si je prends l'exemple, on prend le prix du Big Mac TTC,
56:47 parce que parfois on peut se poser la question si c'est hors taxe, parce qu'il y a aussi un biais fiscal.
56:51 – Oui, un vergoigné.
56:54 – Donc on dit, on prend TTC et par exemple, le Big Mac est à 5,60 dollars aux Etats-Unis.
56:59 Si on prend le Big Mac traditionnel en Chine, il est de 25 yuan.
57:04 Et donc, quand on fait le rapport 25 que divise 5,60, on arrive à quelque chose, arrondi à 4,50 dollars.
57:13 Donc le yuan est sous-évalué. Et donc du coup, ça peut imaginer pas mal de stratégies là-dessus.
57:19 Et c'est ça qui est… Donc c'est ce qui est fait. Il est très simple.
57:22 Mais il y a des critiques parce qu'il est trop simple. Ça ne va pas.
57:26 – Oui.
57:27 – Et c'est ça qui est important de saisir.
57:29 – Mais on n'a pas trouvé mieux quand même pour incarner cette idée de la parité de pouvoir d'achat.
57:33 Pour le grand public, je trouve que c'est quand même un outil génial.
57:35 – Tout à fait. Mais il y a eu une petite…
57:37 – Ça manque de finesse.
57:39 – Mais on a mené un tout petit peu le prolongement en prenant en compte notamment le niveau de vie.
57:44 Et c'est un économiste, rien que pour le citer, pour lui faire plaisir en même temps.
57:48 Il s'appelle Ashen Felter qui notamment a pris en compte,
57:52 notamment il a rapporté en fait le salaire net d'un employé de l'entreprise McDonald
57:58 par rapport au Big Mac.
58:00 Et donc il avait trouvé en 2012 justement cette statistique
58:05 qu'il fallait 1h15 de travail à Manille pour se payer un Big Mac.
58:09 – Un Big Mac, oui.
58:10 – Et donc c'est ça.
58:12 – Merci beaucoup Michel. Merci pour ce décryptage de ce concept.
58:15 C'est plus qu'un concept, c'est une réalité, le taux de change.
58:18 C'est au quotidien sur les marchés, vous l'avez dit.
58:21 Et c'est un marché, le marché des changes, qui ne dort jamais.
58:24 Merci Michel Rumi.
58:25 Avec nous chaque dernier vendredi du mois, économiste associé de SPAC dans Smart Bourse.
58:29 [Musique]
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