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  • il y a 3 heures
Un budget en baisse pour le ministère du Travail, des suppressions d’emplois chez France Travail ou encore un coup de rabot sur l’apprentissage et le CPF… La dernière année de mandat d’Emmanuel Macron s’annonce sous des auspices de rigueur budgétaire et de détricotage des principales mesures prises depuis 2017.

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Transcription
00:05Générique
00:11Annonce de baisse de budget du ministère du Travail, coup de rabot sur le CPF ou l'apprentissage
00:16ou encore des annonces de nouvelles négociations sur les contrats courts.
00:20La dernière année du mandat d'Emmanuel Macron s'annonce sous des auspices un peu compliqués.
00:25On peut se demander d'ailleurs s'il va pouvoir avec ses équipes faire grand-chose sur le sujet du
00:29travail
00:30et surtout on peut se demander dans un an quel bilan on fera de 10 années passées à la tête
00:35de l'État sur ces sujets
00:37où il avait promis notamment du plein emploi, il avait promis plus de dynamisme.
00:42On va en parler avec mes invités. Véronique Reilsoud, bonjour.
00:44Bonjour.
00:45Présidente de Backbone et spécialiste de la mesure d'opinion en ligne.
00:50Ça va nous aider je pense aujourd'hui parce qu'on est sur un sujet où il y a beaucoup
00:53de subjectivité.
00:55Patrice Huiband, président de Nouvel Essor français, merci d'être là.
00:59Et Emmanuel Barbara, avocate en droit social, trois habitués de l'émission.
01:03Je vais commencer avec vous Emmanuel parce qu'on a eu ces annonces, qui n'étaient pas une surprise,
01:10baisse du budget du ministère du Travail, qui n'est pas le seul ministère impacté,
01:14à un an de la fin du second mandat d'Emmanuel Macron.
01:18Comment il faut percevoir ça comme un petit peu un début de clap de fin,
01:22un petit peu comme le déstockage avant la fermeture du magasin ?
01:24C'est que là, il ne va plus se passer grand-chose en termes de politique emploi,
01:29en tout cas jusqu'aux présidentielles ?
01:31Disons que la situation présente n'est rien moins que la traduction de ce qui avait donné lieu
01:38à plusieurs tentatives budgétaires successives, qui d'ailleurs étaient encore plus saignantes,
01:43si je puis dire, que l'on sait que de manière générale, s'agissant du budget,
01:48la partie on va dire sociale, pour prendre large,
01:51et la plus conséquente est celle qui se trouvait dans une forme de progression géométrique
01:56pour d'autres raisons simplement que les éléments que vous citez.
01:59Donc il est probable que cette disette adossée à des idées et des intuitions,
02:06qui étaient bonnes, constitue, j'allais dire, la preuve de manque de manœuvre,
02:14enfin de marge de manœuvre à la disposition de l'État,
02:16et donc le système devient plus sobre et se traduit forcément par des coupes budgétaires
02:23dans des secteurs qui sont très sensibles, vous l'avez rappelé rapidement,
02:26mais quand même l'apprentissage qui était un sujet d'enorgueillissement il y a quelque temps
02:31sur la politique de remise au travail et de la jeunesse,
02:34le CPF, on a pu en parler, la rupture conventionnelle en passant,
02:40et les futures autres négociations, notamment sur le CDD.
02:44Donc tout ça montre qu'on est rentré dans quelque chose de plus sobre.
02:50Comment vous la voyez, vous, cette dernière année, jusqu'à la présidentielle 2027 ?
02:54On est face à une majorité, si on peut encore appeler ça une majorité présidentielle,
02:58qui en fait ne pourra plus du tout faire ce qu'elle avait l'intention de faire
03:02il y a encore 4 ans, ou même 10 ans, si on prend l'histoire du tout début.
03:06C'est que là, en fait, pendant un an, il ne peut plus rien se passer,
03:10ou alors c'est du côté des partenaires sociaux, éventuellement, qu'il peut y avoir des choses.
03:14Sur la dynamique de négociation, éventuellement même paritaire,
03:19mais au sein des entreprises aussi, il peut se passer des choses,
03:22et donc là, forcément, c'est...
03:23Notamment sur les discussions autour des CDD actuellement ?
03:26Absolument, mais ça, il s'agit donc de négociation paritaire interprofessionnelle,
03:30mais il y a aussi la dynamique tout court des entreprises,
03:32qui pourraient aussi, comment dirais-je, utiliser le droit qu'elles ont
03:35de bâtir le droit, leur droit, avec leurs partenaires sociaux.
03:39En accord d'entreprise, oui.
03:40Ou en accord d'entreprise tout court, ça c'est important.
03:43Et puis, plus généralement, s'agissant de l'État et de mon secteur,
03:47si je puis dire, on l'attend sur une grande loi future,
03:49sur la transparence des salaires tirés de la directive.
03:52Voilà les travaux qui sont à l'œuvre dans les mois qui viennent.
03:55Ce sera le jour du signe, c'est ça ?
03:56Donc en juin, enfin, plutôt fin d'année d'ailleurs, on sera en retard.
03:58C'est fin d'année maintenant.
03:59Voilà.
03:59Oui, donc, voilà, il n'y a pas beaucoup de marge de manœuvre,
04:02et on doit faire déjà ce qu'on a dit qu'on ferait.
04:05Patrice Huiband, quand on regarde tout ce qui se dit,
04:08tous les gens qui s'expriment sur la politique gouvernementale
04:12en matière d'emploi, on a l'impression qu'il n'y a plus beaucoup de monde,
04:16à part dans le camp présidentiel, pour dire du bien,
04:19ou en tout cas pour être aussi dithyrambique qu'il y a neuf ans,
04:22aujourd'hui, qui peut encore se satisfaire,
04:25et encore, entre guillemets, satisfait de ce qui a été fait depuis neuf ans ?
04:30Disons que oui, le bilan se ternit, devient de plus en plus négatif,
04:34avec un certain nombre de mesures prises en 2017,
04:37qui aujourd'hui montrent des résultats, je dirais, relativement mitigés.
04:41Mais au-delà de ça, le péché originel du macronisme,
04:43c'est de penser qu'en lâchant un petit peu la bride sur le cou de nos entreprises,
04:47et en limitant les prélèvants obligatoires,
04:49qu'avec la croissance et les rentrées fiscales,
04:52ça allait lui permettre de s'abstenir, de réformer l'État au sens large,
04:56État, collectivité, sécurité sociale.
04:57Or, on voit aujourd'hui que si on ne réforme pas l'État,
04:59l'État est obèse,
05:01l'État, je dirais,
05:03ampute le pouvoir d'achat des salariés,
05:05entre ce que verse l'employeur,
05:06ce que touche en aide de salariés,
05:08les marges de nos petites et moyennes entreprises
05:10qui ne peuvent pas optimiser comme les grands groupes,
05:12et puis même les agents publics sur le terrain,
05:14si vous voulez,
05:14on est champion du monde de la dépense publique,
05:16on a deux fois moins de magistrats, par exemple,
05:18pour 100 000 habitants que la moyenne européenne.
05:20Et donc, voilà, on arrive,
05:22finalement,
05:22le taux de prélèvement obligatoire n'a pas diminué,
05:24donc l'IS a diminué,
05:25mais les impôts de production n'ont pas beaucoup diminué,
05:28le versement de transport,
05:29qu'on appelle maintenant versement de mobilité,
05:30a tendance à augmenter.
05:32Donc, finalement,
05:33tant qu'on ne réforme pas l'État,
05:34c'est une équation à somme nulle, finalement.
05:36Et ça, ça ne se réformera pas en une année,
05:38je pense que là,
05:39c'est trop tard pour son double mandat.
05:41Par contre,
05:41il y a quelque chose qui va peut-être rester,
05:43Véronique Reissout,
05:44je me tourne vers vous,
05:45c'est l'image qu'il va laisser,
05:46parce que quand on prend tout son parcours
05:49à la tête de l'État
05:52on y reviendra,
05:54les ordonnances Macron,
05:54le barème Macron,
05:55au prud'homme qui a changé,
05:57il y a eu d'autres mesures
05:58qui semblaient quand même plus favorables,
06:01en tout cas,
06:01qui allaient plus favoriser les employeurs
06:04par rapport aux salariés,
06:05je pense aux durées d'indemnisation
06:07pour l'emploi,
06:08enfin France Travail maintenant,
06:09qui baissent.
06:11Sur les réseaux sociaux,
06:13j'imagine un peu la réponse
06:14de la part des salariés,
06:15mais il est perçu comment,
06:17Emmanuel Macron ?
06:17Quelqu'un qui a cassé le droit du travail ou pas ?
06:19Si on se dit que la visibilité
06:21est un signe d'inquiétude,
06:23en tout cas sur le sujet de l'emploi,
06:25on va dire qu'au début du premier quinquennat,
06:28l'emploi était une vraie préoccupation,
06:30il y avait des volumes assez importants,
06:31il y avait beaucoup de gens
06:32qui se posaient des questions,
06:33que ce soit les employeurs
06:34ou les employés,
06:35et puis petit à petit,
06:36ça a diminué,
06:37voire même,
06:38ça n'était plus une préoccupation
06:39dans les sondages
06:40et dans l'ensemble
06:41des enquêtes d'opinion
06:42qu'il peut y avoir
06:43ou d'observation
06:44de l'expression de l'opinion.
06:45Dans le fond,
06:47l'emploi n'était plus fondamentalement
06:49un sujet d'inquiétude,
06:50c'était plus cristallisé sur deux catégories
06:52qui étaient les jeunes et les seniors,
06:54mais globalement,
06:55l'emploi n'était pas un sujet
06:57de grande inquiétude,
06:59même si c'est une préoccupation au quotidien.
07:01Et puis,
07:01ce qu'on peut constater,
07:03c'est qu'il y avait aussi,
07:05depuis deux ans,
07:06une montée d'inquiétudes
07:07qui n'est pas liée au gouvernement,
07:08qui est l'arrivée
07:10de l'intelligence artificielle
07:12et les inquiétudes
07:13qu'il peut y avoir.
07:14Des menaces sur l'emploi.
07:15Voilà, des menaces sur l'emploi.
07:16Donc, on voit bien
07:16que c'était quelque chose
07:17qui, dans le fond,
07:18avait fini par se décorréler
07:19de la réalité d'un gouvernement,
07:20mais plus d'un sujet de fond
07:22sur les jeunes,
07:23leur place,
07:24l'emploi des seniors,
07:26lié, bien sûr,
07:26au sujet des retraites.
07:28Donc, quelque chose
07:28qui s'était un peu éloigné.
07:30Le pouvoir d'achat aussi,
07:31je pense, lié aussi.
07:32Le pouvoir d'achat, bien sûr,
07:33mais il n'est pas forcément
07:33toujours lié à l'emploi.
07:35Enfin, il ne l'était pas à ce moment-là.
07:36C'est plus le logement
07:37qui est un sujet.
07:38Et puis, depuis un an,
07:39on voit que ça remonte.
07:41Ça remonte beaucoup plus fortement.
07:42C'est un sujet d'inquiétude
07:43beaucoup plus important.
07:45On voit que les volumes
07:46recommencent à être importants.
07:47Bien sûr, on parle toujours
07:48des seniors et des jeunes,
07:50en particulier de l'apprentissage,
07:51et on pourra y revenir.
07:52Mais ça devient quelque chose
07:53de plus récurrent
07:54sur l'ensemble de la population,
07:55avec beaucoup de questions
07:57sur la précarité,
07:58les types d'emplois,
07:59en disant,
08:00oui, il y a emploi,
08:01mais ce n'est pas toujours
08:01des emplois si rémunérateurs
08:04et si pérennes.
08:05Beaucoup, beaucoup de questions
08:05sur le manque de visibilité
08:07et l'impression
08:07que les choses fluctuent.
08:09Et là, de nouveau,
08:10comme il y a au début du quinquennat,
08:12se rejoignent les employés
08:13et les employeurs.
08:14Dans le fond,
08:15le sentiment que tout ça
08:16est un peu flou.
08:17Donc, peut-être une réforme
08:19de l'État est-elle nécessaire,
08:20mais ce n'est pas forcément
08:21ça qu'ils voient.
08:21Ils se disent,
08:22ils aimeraient bien avoir
08:23le sentiment qu'on ait
08:25une vision un peu plus claire
08:26et que l'instabilité,
08:27cette fois-ci,
08:28ça rejoint le sujet du gouvernement,
08:30qui est l'instabilité politique,
08:32est parfois vue comme la cause
08:34de tous les problèmes,
08:37donc celui-ci, évidemment.
08:39Donc, on comprend bien
08:39que ce n'est pas forcément perçu
08:41comme la faute d'un homme
08:42ou d'un gouvernement d'une équipe.
08:44Ça sera peut-être à terme,
08:45mais pour le moment,
08:45ce n'est pas forcément perçu.
08:46Malgré tout,
08:47si on fait un pré-bilan,
08:49Emmanuel Barbara,
08:50qu'est-ce qui restera
08:52de tout ce que la Macronie
08:54a essayé de mettre en place
08:55en termes de politique emploi ?
08:57Qu'est-ce qui va pouvoir
08:58rester après 2027 ?
09:00Qu'est-ce qui est pérenne ?
09:02Alors, pérenne avec les soubresauts
09:04qu'on vient d'indiquer.
09:06C'est cette idée qui, je crois,
09:08est très juste
09:09et qui s'est traduite au départ
09:12par une loi de 2018
09:13sur la maîtrise des carrières professionnelles
09:16et la volonté de pouvoir donner
09:18les moyens aux personnes
09:19de pouvoir agir sur la dite
09:21carrière professionnelle désormais fractionnée,
09:24puisqu'on a intégré, dans le fond,
09:26l'idée que le new normal,
09:28c'est l'incertitude et l'instabilité.
09:30Ça, je pense que c'est bien acquis.
09:30Donc, pouvoir se former toute sa carrière.
09:32Voilà.
09:32C'est-à-dire qu'on avait posé
09:34comme principe
09:35que le carburant du siècle
09:37était la formation tout le temps.
09:41Je ne veux pas dire continue
09:42parce que c'est un mot qu'on a échappé
09:44jusqu'à la gare.
09:45Donc, voilà.
09:47La formation tout le temps
09:48et la prise en main
09:49et donc l'outil
09:51qui avait été inventé
09:53qui, en plus, épouse
09:55les contours du siècle,
09:56c'est-à-dire qui épouse
09:56l'individualisation à l'œuvre
09:58et les dix dernières années,
09:59c'est la traduction
10:00de cette poussée extrêmement forte
10:01de ce qu'individu veut dire,
10:04d'une part en raison
10:05des réseaux sociaux,
10:06de l'Internet,
10:08enfin, je veux parler
10:09des choses modernes,
10:10je vous parle de votre outil, là.
10:12À sortie de l'idée
10:13que je peux customiser
10:15toute ma vie
10:15depuis la consommation au travail.
10:17Eh bien, dans ce cadre-là,
10:19la formation au travers
10:20d'un compte personnel
10:21et c'est cette idée
10:22d'individualisation extrême
10:24des droits
10:25et de la portabilité des droits.
10:27Je pense que ce sont
10:27deux intuitions
10:28qui seront, à mon avis,
10:31une sorte de testament
10:35de l'approche
10:36qui était celle de...
10:36L'intuition, comme vous l'avez dit
10:37à François, est-ce qu'il est bonne ?
10:38C'est-à-dire l'intuition
10:39qu'il faut, en fait,
10:40augmenter les personnes
10:41face à l'instabilité du monde
10:43et plutôt qu'en effet
10:45de se tourner vers
10:46cette idée de la flexibilité
10:49ou la sécurisation de l'emploi,
10:51c'est la sécurisation de l'individu.
10:52Le problème, c'est qu'il faut
10:53avoir les moyens
10:53et pour ça, probablement,
10:56réformer la protection
10:57dévolue par notre État social
10:59qui, lui, s'appelle
11:00un État-providence
11:00au bout du rouleau
11:01et cet État-providence,
11:02aujourd'hui,
11:03n'est plus capable
11:03d'assurer le produit
11:04qu'il assurait
11:05au XXe siècle,
11:06même finissant,
11:07au motif qu'aujourd'hui,
11:08l'équation se pose autrement
11:10et donc pose
11:11des nouveaux rapports de force
11:13et des nouveaux souhaits,
11:15des nouvelles nécessités,
11:16des nouvelles protections,
11:16en quelque sorte,
11:17qui ne sont pas les mêmes
11:17que les anciennes.
11:18Bref, tout ça pour dire
11:19que cette intuition est juste,
11:21que la poursuite de l'individualisation
11:23au travers de comptes personnels
11:25et d'une portabilité des droits,
11:26de tous les droits,
11:27d'un statut à un autre,
11:28d'un emploi à un autre,
11:29est probablement le fil rouge,
11:31finalement,
11:32des années que nous allons connaître.
11:34Et de cela,
11:34il faut l'avoir remercié,
11:37d'y avoir pensé,
11:38de l'avoir mis en place.
11:38Mais évidemment,
11:39ce n'est pas parfait,
11:41ça ne fonctionne pas bien,
11:42notamment à l'aune d'aujourd'hui.
11:45Pas très suivant sur le...
11:46Là, on parlait du CPF,
11:47pour parler concrètement.
11:49Et Marie-Lise Léon,
11:50donc de la CFDT,
11:51avait critiqué les coûts de rabot,
11:54les réajustements,
11:55en critiquant le principe
11:57d'une réflexion budgétaire
11:59sur ce sujet-là,
12:00de la formation.
12:01Mais dans le contexte actuel,
12:04notamment le contexte international,
12:06aussi,
12:06qui impacte beaucoup
12:06ce qui se passe en France,
12:07est-ce que le président,
12:11son ministre,
12:11ses équipes,
12:12avaient d'autres options
12:13que réfléchir de manière budgétaire ?
12:16Plus particulièrement,
12:17par exemple,
12:18sur le CPF,
12:18mais on pourrait parler aussi
12:19d'autres sujets emploi.
12:21Tout à fait.
12:21Alors, je scouterie
12:22avec ce qui a été dit.
12:23C'est vrai que la réforme
12:24de la formation professionnelle,
12:25qui n'est pas la...
12:26Comment dire ?
12:27Uniquement au crédit
12:28d'Emmanuel Macron.
12:29C'est la réforme de 2014
12:31sous François Hollande.
12:32Mais c'est vrai que
12:33la simplicité d'utilisation
12:34avec mon compte formation,
12:35etc.,
12:36a vraiment...
12:38fortement augmenté
12:39le recours à la formation.
12:40Donc, on est...
12:41Rappelons d'où
12:42ce qu'était la formation professionnelle
12:43avant 2014.
12:44C'est-à-dire que c'était
12:45à la main de l'employeur
12:46et là,
12:47on a multiplié...
12:48Enfin, on a...
12:49C'est-à-dire,
12:49l'avantage déjà
12:50de responsabiliser les gens...
12:52Voilà, on va responsabiliser les actifs.
12:53Alors, après,
12:54je ne suis pas adepte du coup de rabot,
12:56néanmoins,
12:56il y avait quand même
12:57un peu d'effet d'aubaine
12:58quand on voit, je dirais,
12:59sans critères au départ,
13:00le financement du permis de conduire.
13:02On peut se poser des questions.
13:03Sachant que l'ambition
13:04de cette réforme,
13:06c'est à la fois
13:07de responsabiliser les actifs,
13:08mais aussi d'éviter
13:10de financer des formations,
13:11on va dire,
13:12un peu baroque parfois,
13:14avec des critères de qualité.
13:15Voilà, il y a quand même
13:16des variantes,
13:18c'est-à-dire qu'un demandeur d'emploi,
13:19je crois,
13:20peut encore financer
13:21en grande partie
13:21son permis de conduire.
13:22Oui, tout à fait,
13:22parce qu'il y a eu,
13:23justement,
13:23il y a eu des ajustements
13:24et je pense qu'on peut,
13:25alors plutôt que faire le coup de rabot,
13:26c'est un peu ce qu'avaient proposé
13:28les organisations patronales,
13:29c'est qu'il y a un reste à charge
13:31si la formation que vous sollicitez
13:33n'est pas validée
13:34par votre employeur.
13:35Ça paraît de bonne alloi
13:36qu'il y ait un reste à charge,
13:37peut-être pas très important,
13:38mais pour, une fois de plus,
13:41responsabiliser les acteurs
13:42et donc, en l'occurrence,
13:43les actifs.
13:44Même si le reste à charge
13:45150 euros,
13:46pour certains actifs,
13:47c'est une énorme somme.
13:49Oui, alors après,
13:49on reste à décider
13:50effectivement du montant
13:52de ce reste à charge.
13:53Parce que des tiers peuvent aussi
13:54compléter un financement
13:55de formation.
13:56Véronique Reilsoute,
13:57là, il y a des négociations
13:58qui sont ouvertes
13:59et pas forcément très facilement
14:00entre les partenaires sociaux
14:02sur les contrats courts
14:03parce qu'il y avait eu
14:05une volonté
14:05de moins faire recourir
14:07les entreprises,
14:08enfin, en tout cas,
14:09de les inciter
14:09à moins recourir
14:10aux contrats courts,
14:11favoriser le CDI,
14:12il y a Antoine Fouché
14:13dans une interview récente
14:14qui dit oui,
14:15mais en fait,
14:15les contrats courts,
14:16ce n'est pas que les entreprises
14:17qui les plébiscitent,
14:18c'est aussi certains salariés,
14:20sur les indicateurs
14:21qu'on a.
14:22Qu'est-ce que les salariés disent,
14:24qu'est-ce que les actifs disent
14:25sur cette manière
14:26d'organiser leur carrière
14:27et de ne plus forcément
14:28vouloir d'un CDI
14:29et de se dire
14:31enchaîner des missions courtes,
14:32ce n'est pas si mal.
14:33Après,
14:34les grands professionnels
14:35du sujet de l'emploi
14:36me contrediront sans doute pas.
14:39Quand on dit emploi,
14:40il y a emploi avec un S,
14:41c'est-à-dire que vous avez
14:42des réalités très,
14:43très différentes selon
14:44les typologies de travail,
14:46les âges.
14:47Niveau de qualification.
14:48C'est vraiment très variable.
14:50Donc évidemment,
14:51on a un poncif qui est de dire
14:53les jeunes n'aiment pas s'engager,
14:54ils sont en l'intention.
14:55Ce n'est pas si vrai que ça non plus,
14:57c'est une réalité,
14:58ça dépend du type de travail,
15:00ça dépend de la pénibilité,
15:02ça dépend de la complexité
15:03du secteur dans lequel vous êtes.
15:04Bien sûr,
15:05quand vous êtes dans un secteur
15:06où il y a le plan d'emploi
15:08ou en tout cas,
15:08il y a énormément d'offres.
15:09C'est quand vous maîtrisez
15:10votre retour à l'emploi.
15:12Exactement.
15:12Donc en fait,
15:13c'est plus un sujet
15:14à chaque fois lié
15:15à la visibilité
15:16que vous pouvez avoir
15:17sur votre carrière.
15:18Donc un contrat court,
15:19si vous avez le sentiment
15:20que quoi qu'il arrive,
15:21vous trouverez facilement
15:22du travail derrière,
15:23voire même vous pourrez
15:24renégocier un peu mieux
15:25sur le contrat suivant.
15:27Donc on négocie facilement,
15:28ça va toujours conventionnel.
15:29Exactement.
15:29Alors qu'évidemment,
15:31il y a des emplois
15:31qui sont beaucoup plus compliqués
15:32et ça n'est pas que lié à l'âge.
15:34Il y a des secteurs
15:35qui sont plus bouchés,
15:36il y a des secteurs
15:36où ça demande une adaptation
15:38et une formation.
15:39On ne va pas utiliser le terme
15:40usé jusqu'à la corde,
15:41mais on va dire
15:42une adaptation constante.
15:44Eh bien là, évidemment,
15:45les sujets de contrat court
15:46sont un peu plus compliqués
15:47parce que vous aimeriez
15:49que votre employeur vous accompagne,
15:50vous aimeriez une évolution
15:52de votre poste.
15:53Et puis je reviens
15:53sur le sujet de l'IA
15:54qui est quand même récurrent
15:55dans les angoisses
15:56que les uns et les autres
15:57peuvent avoir.
15:57Et puis ensuite,
15:59il y a le sujet
15:59de la qualité des formations aussi.
16:02Beaucoup se retrouvent face
16:03à quelque chose qui est
16:04OK, admettons que j'ai des moyens,
16:05que j'ai un employeur
16:06qui me l'offre
16:06ou que j'ai des subventions.
16:08Quelle est la bonne formation ?
16:09Où est-ce qu'il faut que j'aille ?
16:10Il y a des surpromesses
16:11parfois un peu compliquées.
16:12Chez les organismes de formation aussi.
16:14Oui.
16:14Et on va dire que
16:16quand je dis surpromesses
16:17un peu compliquées,
16:17c'est pour rester bien élevé.
16:18Et donc,
16:19vous avez des employés
16:20qui souvent sont extrêmement démunis.
16:22Donc, on ramène ça
16:23à la durée d'un contrat
16:24et à la typologie d'un contrat.
16:25En fait,
16:26c'est des chemins de vie,
16:27des parcours d'emploi
16:28qui sont de plus en plus compliqués.
16:30Et une volonté
16:30pour ceux qui le peuvent
16:31de maîtriser aussi
16:32son temps passé à travailler
16:34ou à faire autre chose.
16:35Alors,
16:35on a beaucoup parlé
16:36de réduction du coût du travail,
16:38des contrats.
16:39Et on n'a peut-être pas pensé
16:40à certains sujets
16:41qui sont un petit peu externes,
16:43les bons de commande
16:44des entreprises.
16:45Il y a une semaine,
16:46Olivier Louanty du CNAM
16:47en fait,
16:47nous parlait de la commande publique
16:49et je vous propose
16:50d'écouter ce qu'il disait.
16:52Et l'une des premières clés,
16:54encore une fois,
16:54pour réindustrialiser,
16:55on peut aider des entreprises,
16:57c'est bien,
16:57on peut accompagner des formations,
16:59on ne le fait pas assez,
17:00mais il faut des commandes.
17:01On ne produit pas pour produire,
17:02on produit pour vendre.
17:03Et quand on a une commande publique
17:05comme celle de la France,
17:07où on a à peu près 60%
17:09dans la commande publique
17:10de biens
17:11qui sont des biens importés,
17:12que l'Italie et l'Allemagne
17:14qui sont nos voisins,
17:15qui ont les mêmes directives européennes
17:16que notre,
17:17eux y sont à 40%.
17:18La différence,
17:20c'est 15 milliards d'euros
17:21pour les entreprises françaises.
17:23C'est dans la situation actuelle
17:2515 milliards de commandes supplémentaires
17:27qui nous tendent les bras.
17:29Patrice,
17:29je vais me tourner vers vous
17:30parce que je pense
17:31que ça c'est un sujet
17:31qui vous plaît,
17:32mais l'évaluation
17:33de l'argent,
17:35de la somme,
17:36ça c'est propre
17:37à Olivier Louancy.
17:38Malgré tout,
17:38quand on pense aux économies
17:40qui vont être générées
17:41par les coûts de rabot actuels,
17:43on tourne à 2-3 milliards annuels
17:45dans le meilleur des cas,
17:46lui parle de 15 milliards d'euros
17:48qui pourraient rentrer
17:49dans les caisses
17:50des entreprises.
17:51Si on fait un petit effort
17:52pour favoriser
17:53des entreprises françaises
17:54sur certains produits
17:55de la commande publique,
17:57est-ce que vous y croyez ?
17:58Surtout,
17:59comment on peut
17:59mettre ça en place ?
18:00Parce que ça ne se décrète pas
18:01du jour au lendemain,
18:02d'avoir 20% de produits
18:04français en plus
18:05dans la commande publique.
18:06Il faut qu'on arrête
18:07d'avoir une logique comptable
18:08au niveau de la commande publique,
18:10sachant qu'à vouloir toujours
18:11regarder le moins 10 ans.
18:13Et le coût facial ?
18:14Voilà, le coût facial.
18:15Effectivement,
18:16on peut faire quelques économies
18:17à court terme,
18:17mais après,
18:18c'est toute la machine économique
18:19française qui n'est pas valorisée
18:21et toutes les externalités positives
18:23qu'il y a derrière
18:24en termes de croissance,
18:24en termes d'emploi,
18:25en termes de pouvoir d'achat.
18:26Donc, je pense que
18:27le patriotisme économique,
18:29en tout cas,
18:29à rapport qui a été pris équivalent
18:31de privilégier
18:33des entreprises françaises,
18:34oui, c'est vertueux.
18:36Il y a peut-être
18:37un surcoût
18:37de 10-15% au départ,
18:39mais ce qui va largement
18:40d'une logique keynésienne
18:42se retrouver à la fin
18:42dans les comptes de la nation.
18:44Et sachant que,
18:45alors, on va me dire,
18:46oui,
18:46à les règles de l'OMC,
18:47l'Organisation Mondiale du Commerce,
18:48les règles de l'Union Européenne.
18:49Là, ici,
18:49c'est l'exemple de l'Italie
18:50et de l'Allemagne.
18:51Exactement.
18:51Donc, tout le monde sait
18:52qu'avec la commande publique,
18:53en mettant les bons critères,
18:54on peut faire à peu près
18:54ce qu'on veut.
18:55J'aurais bien reposé
18:56une question à Emmanuel
18:58et à Véronique,
18:58mais on manque de temps
18:59puisque c'est l'heure
18:59de rendre l'antenne.
19:00Merci beaucoup
19:01de m'avoir accompagné
19:02sur un sujet
19:03qui, en fait,
19:04risque de nous occuper encore.
19:05Malgré tout,
19:06il reste un an,
19:06mais il peut se passer
19:07quand même quelques petites choses
19:08dans la politique emploi
19:10du gouvernement.
19:11On en reparlera peut-être
19:13dans quelques mois.
19:14Merci à Émilie
19:15qui était en régie,
19:17qui m'accompagnait,
19:17qui me parlait
19:18de mes timings dans l'oreillette.
19:19Merci à Pierre-Loup
19:19à la réalisation
19:20et à Paul au son.
19:22Le taulier arnoiardouin
19:23sera là en fin de semaine.
19:24Donc, n'oubliez pas
19:24de revenir vendredi
19:25pour le retrouver dans Smart Job
19:27et d'ici là,
19:27continuez de regarder nos programmes.
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