00:00Notre invité ce matin c'est Maud Vinet. Bonjour, vous êtes cofondatrice et directrice générale de Kobli.
00:04Vous étiez venue sur notre plateau en juin dernier après un financement de 21 millions d'euros.
00:10Désormais c'est la phase industrielle qui est en ligne de mire.
00:13Vous allez bientôt vendre des ordinateurs sonnant et trébuchant. On a changé de phase.
00:19Exactement, exactement. Aujourd'hui le quantique il ne s'agit plus d'inventer des qubits.
00:25Il y a eu plein de propositions de qubits. Il s'agit de les produire en nombre et à l
00:30'échelle industrielle
00:31pour produire les milliards de qubits dont on a besoin et aussi pour les vendre à un prix abordable.
00:37Et c'est ce que Kobli apporte à l'industrie du quantique.
00:41Aujourd'hui on a fait le choix de l'industrialisation et donc on utilise l'industrie du semi-conducteur.
00:48L'industrie du semi-conducteur c'est celle qui fait que dans vos téléphones aujourd'hui
00:53vous êtes milliardaire de transistors, c'est le silicium.
00:57Et nous l'ambition c'est de produire des qubits avec le silicium
01:01pour vous rendre milliardaires de bits quantiques
01:08et ainsi délivrer les promesses du quantique de transformer le calcul.
01:15Donc vos clients c'est Soitec et c'est Microelectronics, eux ils ont fait quoi ? Des précommandes ?
01:19Non, eux c'est nos fournisseurs.
01:21Donc on travaille avec l'industrie du semi-conducteur pour délivrer à nos clients qui sont l'industrie du calcul,
01:31les cloud service providers, OVH en France, Amazon, Google, WS aux Etats-Unis
01:38et à la fin les utilisateurs finaux qui utilisent le calcul.
01:42On va citer en France Air Liquide, Thales, EDF, ce genre d'entreprises qui utilisent du calcul à grande échelle.
01:51Donc ça c'est les clients.
01:52Mais ST Microelectronics et Soitec sont les fournisseurs.
01:57C'est l'industrie du semi-conducteur qui existe en France, sur laquelle on s'appuie,
02:02qui a déjà investi des milliards dans les entreprises qui permettent de produire les puces qu'il y a dans
02:10vos transistes,
02:11dans vos téléphones, qui aujourd'hui, ces puces-là, on a du mal à l'échelle, à se figurer des
02:17échelles.
02:18On contrôle les objets à l'échelle du nanomètre.
02:23Le nanomètre, c'est un milliardième de mètre.
02:29C'est mille fois plus petit que votre cheveu.
02:33Vous venez de signer avec Anthropica Labs pour travailler sur le quantique tolérant aux fautes.
02:40Est-ce que c'est ça le vrai verrou du quantique aujourd'hui pour lever des fonds ?
02:44C'est les fautes en fait qui font ?
02:46Exactement.
02:48Le quantique n'aura un impact majeur que quand on aurait réussi à créer un ordinateur quantique tolérant aux fautes.
02:56Le seul truc de tolérant aux fautes, c'est que les bits, les qubits qu'on va manipuler,
03:02ils se comportent comme dans les équations.
03:04Et ça permet d'implémenter les algorithmes qui permettent de...
03:09Mais qu'est-ce qui fait qu'il y a des fautes ?
03:11C'est la nature quantique des objets qu'on manipule.
03:15Comme la physique quantique, c'est la physique des petites dimensions, c'est extrêmement sensible à l'environnement.
03:24Et toute perturbation va détruire le caractère quantique de l'objet qu'on manipule.
03:32Et donc on ne peut pas implémenter...
03:33C'est vraiment la théorie contre la pratique, c'est ce passage-là.
03:36Exactement. Et alors là, ça me fait une anecdote.
03:40Ma première année d'école d'ingénieur, en 1995, il y a eu un algorithme qui a été inventé,
03:46qui était l'algorithme de correction d'erreurs, des fautes, correction des fautes.
03:50Ce qui a permis de passer de la théorie à la pratique.
03:54Parce que comme on avait un algorithme qui permettait de corriger,
03:57on pouvait se permettre d'utiliser des objets réels.
03:59Et ça a vraiment été le tipping point, le tournant de l'industrie réelle du quantique,
04:07puisque désormais, ça prenait un ancrage dans le réel.
04:10Et pour commenter sur Anthropica, un ordinateur quantique,
04:14ce n'est pas juste des bits quantiques.
04:16Et le partenariat avec Anthropica, ça nous permet de développer toute la pile logicielle
04:22qui va permettre de contrôler ces qubits et de réaliser des vrais problèmes.
04:29Et donc, c'est tout ce qu'il y a derrière ce MOU avec Anthropica.
04:33Là, vous allez partir à Denver.
04:34Il y a un très gros événement de l'American Physical Society.
04:38C'est une des plus grandes conférences internationales de physique.
04:41Vous y allez à 10, donc c'est important.
04:43Vous allez présenter quoi là-bas ?
04:44Alors, la APS March Meeting, c'est American Physical Society March Meeting.
04:49C'est la conférence de physique annuelle aux États-Unis.
04:54C'est un congrès qui regroupe plusieurs milliers de physiciens.
04:58Et donc, ce qu'on va présenter, ce sont les résultats de l'équipe COBLY
05:02qui font avancer l'état de l'art scientifique.
05:05Et donc, on a des résultats sur nos qubits.
05:09Et nos qubits, ce qui est unique chez COBLY,
05:13c'est que nos qubits, ils sont fabriqués dans une vraie usine.
05:16Les qubits, ils sont fabriqués chez ST Microélectronique.
05:20Donc, on démontre qu'aujourd'hui, on est capable de fabriquer des qubits
05:24en nombre, de qualité, avec un rendement nécessaire
05:29à atteindre les niveaux de fabrication qu'il y a pour des milliards de qubits.
05:33Mais à Denver, on vous donne un tampon, on vous applaudit, mais c'est pas quoi ?
05:36Ah oui ! Alors, qu'est-ce que c'est ?
05:38C'est une conférence de physique.
05:39Donc, on vient partager des résultats scientifiques.
05:42Et donc, c'est vraiment la communauté des scientifiques.
05:45On vient nous poser des questions et ça fait la preuve des paires.
05:49Parce qu'aujourd'hui, le quantique, c'est super complexe.
05:53C'est quand même réservé à une petite élite scientifique.
06:00Et donc, la preuve des paires est extrêmement importante pour tamponner la véracité.
06:05Pour lever des fonds après, par exemple.
06:07Exactement ! C'est ce que les fonds utilisent comme audit technique.
06:11L'un de vos concurrents, Pascal, a annoncé il y a quelques jours une future introduction aux bourses.
06:17Alors, ils sont un peu plus avancés que vous.
06:18Ils ont déjà livré des ordinateurs.
06:20Vous, c'est pour la fin de l'année.
06:22Est-ce qu'on peut imaginer qu'un jour, Kobli entre en bourse ?
06:24Ah bah oui, bien sûr !
06:26Aujourd'hui, la bourse, c'est un moyen de financer la technologie.
06:31Et du coup, ça fait partie des objectifs de Kobli d'entrer à la bourse
06:37pour aller chercher les fonds qui permettront de continuer sa croissance
06:40et de se développer sur le marché.
06:42Vous l'avez pointé, la bourse, c'est un moment où on a de la vente
06:47pour aller plus loin et se développer économiquement.
06:51Et donc, c'est la prochaine étape pour nous.
06:52Là, pour l'instant, dans les étapes, vous avez une participation minoritaire
06:56d'un groupe suisse qui s'appelle Silescu.
06:58Il y a eu des discussions animées.
07:00Ils ne savaient pas s'ils prenaient minorité, majorité.
07:02Finalement, on s'est arrêté sur minorité.
07:04Finalement, aujourd'hui, on part sur un financement minoritaire,
07:08enfin sur une série A classique de croissance.
07:11C'est pour être en phase avec la vitesse d'investissement,
07:17la pace of execution dans le quantique.
07:21Et du coup, Silescu rejoint la série A.
07:26Et ce qui est intéressant pour nous avec Silescu,
07:29c'est que c'est un groupe industriel qui est expert dans la cybersécurité.
07:34Et c'est donc en même temps qu'on va délivrer nos ordinateurs
07:37qui ont un pouvoir de calcul très grand.
07:40On va les sécuriser dès le début.
07:43Merci beaucoup d'être venu ce matin.
07:45Maud Vinet pour Cobly.
07:46Et donc, bon voyage à Denver.
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