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  • il y a 2 ans
Mardi 21 novembre 2023, SMART BOURSE reçoit Eric Le Berrigaud (Managing Director, Stifel)

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Transcription
00:00 *Générique*
00:09 Le dernier quart d'heure de Smartboard chaque soir, c'est le quart d'heure thématique.
00:13 Le thème ce soir, c'est celui de la santé et plus particulièrement du développement accéléré
00:19 de ce nouveau marché de ces traitements contre l'obésité dont on parle depuis des mois et des trimestres maintenant
00:26 avec Eric Lebérigaud à mes côtés en plateau. Bonsoir Eric.
00:28 - Bonsoir Gérard.
00:29 - Managing Director, analyste senior en charge du Health Care Europe chez Stifel.
00:33 Reprenons la discussion peut-être à partir des derniers résultats détaillés de Novo Nordisk pour WeGoVie dans le bénéfice cardiaque.
00:42 Donc c'était déjà un grand espoir dont on parlait avec vous.
00:45 On avait eu des premiers résultats je crois au cours du mois d'août et puis le détail des résultats a été livré il y a quelques semaines à peine, si je ne dis pas de bêtises.
00:52 - Oui, toujours.
00:53 - Qu'est-ce qu'on apprend et quel est le niveau de surprise positive peut-être qu'on peut avoir dans le détail de ces résultats ?
01:00 - Alors oui, l'étude s'appelle Select. Elle a été présentée au congrès de cardiologie donc il y a une dizaine de jours, le week-end précédent.
01:06 Alors qu'est-ce qu'on y apprend ? Ce qu'on savait c'est donc l'étude était positive.
01:10 On avait 20% de réduction du risque cardiovasculaire chez des patients.
01:14 Alors peut-être dire deux mots de la population qui avait été recrutée.
01:17 C'est des patients certes en situation de surpoids ou d'obésité, 96 kilos moyen.
01:23 Mais surtout c'est une étude sur le profil cardiovasculaire.
01:27 Donc c'est des patients qui avaient une maladie athérosclérotique installée, qui avaient fait un infarctus humioca, un accident vasculaire cérébral,
01:34 qui avaient une maladie des troubles des membres inférieurs, etc.
01:37 Et qui est donc, c'est ce qu'on appelle une étude de prévention du risque secondaire.
01:41 Ils sont à risque de faire un deuxième accident du même type.
01:44 Et donc en plus de tout traitement sur une maladie de fond, c'est à dire ils ont de l'hypertension, ils prennent un antihypertenseur,
01:52 ils ont fait un premier accident, ils prennent un anticoagulant, un antiagrégant plaquetaire, un anticholestérol.
01:57 Et en plus, Végovie ou un placebo.
02:00 Et on regarde la différence.
02:01 Différence 20%.
02:03 Donc 20% de risque.
02:05 Concrètement c'est un critère composite.
02:07 Mais dans ce critère il y avait la mort pour cause cardiovasculaire et la mort toute cause.
02:13 Et la mort toute cause a été réduite, à la surprise quand même de beaucoup, quasiment du même ordre.
02:19 Donc ça, ça change effectivement un petit peu la donne.
02:23 Et je pense qu'on en avait parlé la dernière fois.
02:25 Ce que disent les médecins, c'est que ça va faire évoluer un petit peu le centre du débat du poids,
02:33 l'indice de masse corporelle, vers le profil global de risque cardiovasculaire du patient.
02:38 Donc on ne va pas démarrer du poids, on va regarder globalement.
02:42 Si on a 2, 3 facteurs de risque et accessoirement un surpoids...
02:46 Un proche du poids ? Ah je comprends.
02:48 C'est à dire que le facteur obésité pourrait devenir secondaire dans un certain nombre de cas ou de patients ?
02:54 Probablement.
02:55 Il va le devenir.
02:56 Et il va probablement le devenir pour les payeurs aussi.
02:59 Parce qu'on savait que c'était une impasse.
03:01 Donc si on partait du poids, on savait qu'on n'aurait pas de solution.
03:04 Les systèmes de paiement, en général, vous dites que si on partait du poids, ce n'était pas un bénéfice ?
03:10 Ils ne peuvent pas payer pour l'intégralité de la population éligible.
03:15 1 sur 2 aux Etats-Unis, d'obèses aux situations médicales du terme.
03:20 45% aujourd'hui, 55% en 2030.
03:23 Alors soit on allait vers les solutions qui ont été mises en place par exemple par la Grande-Bretagne.
03:29 C'est à dire qu'au lieu d'avoir la définition de l'obésité, c'est un indice de masse corporelle de 27,
03:34 eux ils partent de 35.
03:36 D'accord.
03:37 Plus un pré-diabète, plus un autre facteur de comorbidité.
03:42 Et sous ces conditions-là, on rembourse et pour deux ans.
03:46 Comme ça on a vraiment un cadre.
03:49 Ou alors on part effectivement d'autre chose que le poids.
03:53 Mais je pense qu'on va démarrer de ça.
03:58 Peut-être Medicare va pouvoir là y trouver une solution aussi,
04:01 parce que c'est quand même la grande question pour les Etats-Unis.
04:04 Puis des pays comme la France, est-ce qu'elles vont accepter de regarder un petit peu pour certaines populations ?
04:09 Sur le papier, ça paraît extrêmement difficile pour des patients en situation d'obésité quasi morbide
04:18 et avec d'autres facteurs, de ne pas profiter d'une avancée thérapeutique comme celle-ci.
04:23 J'imagine que les payeurs avancent pas à pas sur ce sujet,
04:29 parce qu'il ne faut pas qu'il y ait de décision trop rapide, trop définitive,
04:33 qui pourrait engager beaucoup d'argent, etc.
04:36 Mais ce que j'ai trouvé fascinant, c'est le titre en anglais sur les résultats de Novo pour VCT,
04:43 "Vegovi réduit le risque de mort de 20%".
04:47 Ça donne quand même la dimension.
04:50 Parce que là on parle peut-être d'un marché unique dans l'histoire de la santé et de la pharmacie.
04:55 C'est comme ça d'ailleurs que la première fois que vous êtes venu nous en parler.
04:58 C'est peut-être unique ce qui est en train de se dérouler.
05:00 Et là on parle de médicaments qui réduisent le risque de mort de 20%.
05:04 Ça devient...
05:06 J'ai eu une de vos collègues de presse écrite ce matin qui me disait "mais est-ce que vous avez déjà vu ça ?"
05:12 Je lui dis "non, non, en 26 ans on n'a jamais vu quelque chose de cette ampleur-là".
05:16 L'autre élément intéressant qu'on aura, parce que tous les résultats n'ont pas été présentés dans ce congrès,
05:21 Novo en a gardé quelques-uns qui sont présentés dans des congrès futurs.
05:24 Il y a notamment un élément qui permettra aussi aux payeurs peut-être d'y trouver un peu de grain à moudre.
05:30 C'est qu'a priori on a une réduction significative du taux d'hospitalisation des patients
05:35 et de la durée de séjour à l'hôpital.
05:40 Et ça comme on est toujours en train de calculer, parce que la plupart disent
05:44 le problème des assureurs c'est qu'ils payent maintenant pour un bénéfice
05:47 qu'on aura dans 5, 10, 15 ans et donc ils ne sont pas forcément les bénéficiaires
05:52 du coup qu'ils engagent parce que dans l'intervalle patient il aura pu changer x fois d'assureur.
05:56 Là on pourrait avoir peut-être ça peut les aider à faire les calculs différemment
06:00 parce que le coût de l'hôpital évidemment est tel qu'il vaut peut-être mieux dans certains cas
06:06 payer un médicament que des séjours à l'hôpital.
06:10 Bon alors évidemment la concurrence s'organise donc l'événement là aussi de ce point de vue là
06:14 ça a été bon les Novo et Lily sont concurrents dans le diabète historique
06:18 donc c'est Ozenpick pour Novo et Mounjaro pour Lily c'est ça
06:22 et donc Lily se lance sur l'obésité avec sa molécule donc de Mounjaro on parle désormais de ZepBound
06:29 qu'est ce qu'on peut dire de l'organisation de la concurrence et je note également que Astra aussi
06:33 avec un peu de retard, beaucoup de retard peut-être, essaye de se raccrocher un peu au wagon
06:40 des deux locomotives Novo et Lily.
06:42 Oui alors il y en a plein d'autres d'ailleurs entre les deux mais effectivement c'est le dernier gros mouvement
06:47 AstraZeneca on voit qu'ils y vont avec un angle intéressant c'est-à-dire que d'abord ils font le pari de l'oral
06:52 alors que les premiers traitements sont injectables donc ils disent probablement à terme maladie chronique
06:59 l'oral fait quand même du sens, ils ont trouvé manifestement un produit qui pourrait fonctionner à faible dose
07:05 donc à coût de fabrication relativement bas et donc peut-être que ça pourrait aussi convenir
07:10 pour tirer les prix un petit peu à la baisse et permettre à un plus grand nombre d'avoir accès
07:14 et puis surtout ils envisagent de combiner ça avec d'autres produits oraux et notamment un anti-cholestérol
07:19 qu'ils ont en développement et donc là on voit l'esquisse d'un marché qui commencerait à se fragmenter
07:25 en disant il y aura les produits en monothérapie puis ceux qu'on combinera avec un anti-hypertenseur
07:29 avec un anti-cholestérol, un anti-arythmique et enfin bon voilà.
07:33 Donc ce que ça dit en tout cas, ça confirme que beaucoup d'industriels voient ce marché dans la durée
07:39 parce que il y a quand même malgré tout encore des gens qui disent est-ce que c'est pas le énième faux départ
07:44 du marché de l'obésité même si ça part très fort est-ce que ça peut pas faire pchit ?
07:48 Bon là il y a quand même des signaux d'autres industriels qui y viennent.
07:52 Bon malgré tout les deux premiers ont l'air d'être tranquilles pour un certain temps,
07:58 deux de toute façon ils continuent à être limités dans leur capacité à produire donc...
08:03 Faut imaginer un marché qui va se construire autour de ce duopole au moins dans un premier temps ?
08:08 Au moins pour encore 3-4 années oui.
08:13 Les suivants rentrent en phase 3, ceux qui suivent juste n'ont pas l'air d'avoir un meilleur produit
08:19 donc le risque pour les deux premiers c'est que les suivants n'ayant pas un meilleur produit
08:23 ne puissent user que du prix pour s'imposer.
08:26 Donc il y a quand même d'ici 2026 autour une petite pression à la baisse, ça c'est sûr.
08:32 Et après la capacité des deux premiers à rester longtemps c'est de savoir si les produits de nouvelle génération
08:37 sur lesquels ils travaillent déjà seront une vraie amélioration sur les premières
08:41 ou si ça sera juste de l'incrément.
08:44 Ce que dit Novo par exemple sur le produit futur, le VGV c'est 17-18% de baisse de poids.
08:50 Je reviens sur le poids, c'est pas que du poids mais bon, c'est quand même là-dessus qu'on évalue les produits.
08:57 Le prochain ils disent au moins 25.
09:00 Donc il peut y avoir une vraie incitation à changer d'une génération pour la suivante.
09:06 S'ils délivrent sur cette prod...
09:07 Oui clairement.
09:08 Un mot quand même de ce que vaut Novo aujourd'hui et de votre opinion d'analyste boursier sur le titre Novo à ce stade, Eric.
09:18 Un changé.
09:20 Oui.
09:20 Bah oui.
09:21 Non mais je vérifie hein !
09:22 Honnêtement quand on regarde 2024, ça va pas être une année simple 2024 dans la pharma.
09:28 Il y a des nouveaux pans de la réforme de santé qui se mettent en place au 1er janvier aux Etats-Unis
09:33 qui vont taper quand même un petit peu sur les top lines de pas mal de labos.
09:37 Il y a des élections en plus.
09:38 Il y a les élections qui font toujours un petit bruit d'arrière-plan un peu négatif.
09:43 Des hausses de taux d'impôt un peu à droite à gauche.
09:45 Les comparaisons un peu élevées.
09:46 Enfin il y en a quand même un certain nombre qui vont avoir du mal à délivrer de la croissance.
09:51 Novo, d'où on le voit maintenant, va à nouveau être entre 25 et 30% de croissance des IPS alors qu'on a fait plus de 50 cette année.
09:58 Ça peut même être d'ailleurs un effet supplémentaire pour vous.
10:00 Si une partie du secteur pharma connaît des difficultés en 2024, par effet en creux,
10:06 ça peut être pour Novo peut-être quelque chose d'encore meilleur.
10:09 Il nous reste deux minutes pour dire un mot de Sanofi et essayer de comprendre ce qui s'est passé.
10:14 Alors c'était le 27 octobre dernier.
10:16 Au-delà du fait qu'on a rarement vu la troisième pondération du CAC perdre 19% en séance, terminée au plus bas du jour,
10:24 qu'est-ce qui a choqué dans les annonces de Sanofi fin octobre ?
10:31 Je crains que ce soit en fait surtout une erreur dans la forme et sur la communication.
10:36 Le fonds est possiblement assez positif.
10:42 C'est-à-dire que si la vision qu'ils ont que leur pipeline est en train de significativement s'enforcer est la bonne,
10:49 prendre la décision d'augmenter significativement l'investissement en R&D pour supporter ce pipeline, c'est la bonne.
10:56 Donc la question était juste la manière de le présenter parce que jusqu'à présent,
11:00 tout le monde avait quand même un peu retenu le fait que la dernière grande échéance de brevet de la décennie c'était en 23,
11:06 qu'à partir de l'année prochaine on prenait une pente ascendante.
11:09 Et là on arrive en nous disant "vous savez quoi, l'année prochaine les résultats vont baisser".
11:14 Ah bon ? Oui parce qu'en fait on augmente la R&D.
11:19 Mais vous avez une réunion R&D au mois de décembre, pourquoi vous ne devenez pas délégué ?
11:22 Avec un nouveau chef de la R&D, c'est ça aussi.
11:24 Un nouveau chef de la R&D qui vient d'arriver.
11:26 Donc en fait je pense que c'est une séquence d'annonce qui a été assez mal orchestrée.
11:32 Il y a une date de rattrapage, donc le 7 décembre, réunion R&D.
11:37 Là il faudra avoir entendu quand même un peu les critiques du marché,
11:41 et peut-être aller un petit peu au-delà de ce qu'ils avaient peut-être prévu de dire,
11:44 refixer quelques guidance et redonner de la confiance.
11:48 Parce que sinon avec un 2024 en baisse, quand vous avez un nouveau qui fait +25 ou +30,
11:53 même si ça vaut plus cher, c'est assez facile de faire son choix d'investissement.
11:57 Les valeurs qui devant elles ont 4 trimestres de baisse de résultat, normalement on n'achète pas.
12:04 Donc il faut qu'il y ait un autre type de progrès, quitte à ce qu'il soit sur un terrain...
12:08 Pour l'instant, vous dites, c'est peut-être avant tout un sujet de communication.
12:12 A confirmer le 7 décembre avec la journée R&D de Sanofi,
12:18 qui sera plus que jamais suivie effectivement pour ceux qui s'intéressent au secteur de la santé.
12:22 Merci beaucoup Eric pour cet éclairage.
12:24 Eric Lebérigaud, Managing Director Analyste Health Care Europe chez Stiefel,
12:28 qui était l'invité du quart d'heure thématique de Smartboard ce soir.
12:32 [Musique]
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