00:09BISMART
00:12Bien dans son job pour parler de la santé mentale au travail.
00:15C'est un sujet de préoccupation à la fois des salariés, mais aussi des organisations, mais aussi des pouvoirs publics.
00:20Et on parle avec vous Fanny Potier, ravie de vous accueillir de cette étude.
00:25Vous êtes directrice au BCG, une étude sur la santé mentale avec beaucoup d'indicateurs passionnants, avec Mokaker, il faut
00:32le préciser.
00:34D'abord, qu'est-ce qu'on peut dire, parce que c'est la deuxième année consécutive, nous sommes dans
00:38l'année de la santé mentale,
00:39on voit quand même que la santé mentale des salariés s'améliore légèrement.
00:44En tout cas, c'est les chiffres de votre étude.
00:47Comment vous l'expliquez ? Le travail, les médias, l'engagement des entreprises ?
00:50Alors, la santé mentale, on a 74% des répondants qui représentent, je le dis aussi, qui sont assez représentatifs
00:59de ce qu'on peut avoir en termes de population salariale dans les entreprises.
01:04Je me permets de rajouter que l'étude, c'est la deuxième année qu'elle est conduite, le BCG s
01:09'est joint cette année au partenariat qui existait avant entre Mokaker et le GHU.
01:14Le GHU amenant une caution clinique et scientifique, absolument.
01:19Autour des enjeux de neurosciences notamment.
01:21Exactement. Ce que vous avez très bien dit, c'est que la santé mentale, c'est quelque chose d'assez
01:25complexe.
01:26Donc, je voulais aussi dire que la définition au cœur du baromètre est une définition qui a été proposée par
01:31l'Organisation mondiale de la santé et qui est multifactorielle.
01:34Donc, il y a énormément de choses en dessous.
01:38Mais, ça va mieux, légèrement.
01:41Ça va légèrement mieux, mais 26% sont des répondants, nous disent quand même être en situation de mal-être.
01:47Il y a des chiffres qui sont très très intéressants.
01:491, ça l'est sur 4 en situation de mal-être, ça c'est l'indicateur où tirer 5.
01:54Le burn-out n'apparaît plus comme un phénomène exceptionnel, mais structurel.
01:58Je veux juste qu'on y revienne parce qu'on a souvent tendance à dire que c'est des problèmes
02:01exogènes, c'est la vie perso, c'est le salarié qui divorce, qui ne va pas bien, qui est aidant.
02:06Il y a aussi des problèmes organisationnels et structurels aussi qui peuvent être un élément clé.
02:11C'est vrai. Je pense qu'on utilise le mot structurel parce que le taux de burn-out s'améliore
02:17malgré tout puisque l'année dernière, on était à 28% de répondants qui nous disaient avoir déclaré un burn
02:23-out dans les 5 dernières années.
02:24Pour autant, toutes ces déclarations de burn-out ne se traduisent pas par un avis médical, etc.
02:31Bon, si on met les choses en perspective malgré tout, il y a des gros facteurs qui jouent sur la
02:38santé mentale.
02:39La vie au travail, et pour 7 participants sur 10, la vie au travail influe très positivement sur la santé
02:47mentale.
02:48Il faut le noter.
02:49Si on remet en perspective les choses, pour 8 répondants sur 10, ma famille, mes amours, mes amis...
02:56Mes emmerdes, pour faire la chanson ?
02:57Mais jouent plus positivement sur le bien-être et la santé mentale.
03:03Et à contrario, il y a des facteurs exogènes qui sont très présents aujourd'hui, sur lesquels l'entreprise n
03:08'a absolument aucune prise,
03:09qui sont le climat, la situation géopolitique et la situation économique et politique nationale,
03:15à hauteur de 7 sur 10 des répondants nous disent que ça joue négativement sur leur...
03:21L'environnement.
03:22L'environnement.
03:23L'environnement.
03:23Un sujet quand même que vous pointez dans l'étude GHU-MOCA.caire,
03:30la proportion de salariés considérant les troubles psychiques comme un signe de faiblesse.
03:34Alors je trouve ça très intéressant.
03:35Augmentation de 10 points en un an, par rapport à l'étude précédente, 32%.
03:40Et ça c'est intéressant, et même un peu troublant quand même.
03:44C'est qu'on est un peu stigmatisés.
03:48Alors je vous avoue que je n'ai pas la réponse à la question.
03:50Nous sommes tous très surpris par ce fait.
03:55Et par exemple, si...
03:56Donc encore une fois, ce chiffre de 74% est un démoyenné un tout petit peu.
04:01Il y a des signaux faibles sur certaines populations.
04:03Si je prends l'exemple par exemple des femmes qui sont plus fragiles au regard de la santé mentale par
04:10exemple.
04:10Pour autant, elles s'occupent beaucoup plus de leur santé mentale.
04:13Les jeunes qui sont un peu plus fragiles aussi au sens de la santé mentale et dans les chiffres qu
04:19'ils nous rapportent.
04:19Ils ont un peu plus de troubles.
04:21Ils sont un tout petit peu en moins bonne situation de bien-être en termes de santé mentale.
04:26Eux aussi s'occupent un peu plus de leur santé mentale.
04:30Mais pour autant, si je reprends la situation des jeunes par exemple, ils sont conscients, mais ils font partie de
04:37ceux qui sont plus critiques sur le regard qu'on donne à la santé mentale.
04:41Donc c'est très troublant, je suis d'accord.
04:43À creuser en tout cas sur l'idée aussi qu'on n'en parle pas, qu'on va le garder
04:48pour soi.
04:48Parce que l'idée c'est ça, pour moi c'est une faiblesse, donc je n'en parle pas à
04:51mon manager.
04:52Et donc je vais le garder pour moi et au risque d'ailleurs d'aggraver ma situation.
04:56Autre sujet qui impacte les collaborateurs avant de nous quitter, c'est l'IA et le télétravail.
05:00Là aussi c'est assez ambivalent parce que certains considèrent même que l'IA peut être un outil de soin.
05:05Je m'appuie sur l'IA pour interroger l'IA, il y en a beaucoup qui le font.
05:08Puis en même temps, c'est vrai que l'IA génère aussi des stress et des inquiétudes.
05:13Oui, alors en gros, les télétravailleurs sont souvent ceux qui sont les usagers fréquents de l'IA dans notre panel.
05:22Mais en général, ils nous disent être en meilleure santé mentale que les autres, légèrement par rapport à la moyenne.
05:28En revanche, il faut faire très attention parce qu'il y a effectivement des troubles qui les affectent de manière
05:35un peu plus spécifique.
05:36Donc pour le télétravailleur, on le sait déjà, on a des troubles plus accentués en termes d'isolement, de situations
05:44collaboratives un peu plus difficiles à vivre.
05:46Donc tout ce qui correspond à l'affiliation au collectif de l'entreprise est à suivre avec beaucoup d'importance.
05:51Le deuxième, pour les usagers de l'IA, c'est vrai qu'il y a un certain nombre de situations
05:56négatives qui nous donnent des problèmes de concentration, des troubles alimentaires.
06:02Voilà, donc à surveiller, plutôt positif, mais à surveiller un petit peu en proximité.
06:08Merci de nous avoir rendu visite.
06:10Cette étude est à découvrir évidemment sur le site du BCG, moca.caire et GHU, parce que c'est une
06:17institution importante.
06:18Avec un peu le verre à moitié vide, à moitié plein, ça va mieux, mais il y a beaucoup quand
06:22même de points d'interrogation, d'alerte.
06:24C'est un sujet de préoccupation de toute façon pour les DRH.
06:26Merci Fanny Potier, partenaire et directrice au BCG qui avait porté avec le GHU et moca.caire cette étude importante.
06:35Allez la découvrir dans le détail.
06:37Merci de nous avoir rendu visite.
06:39On tourne une page, le Cercle des Râches, c'est un grand entretien pour parler de l'eau, qui fait
06:43partie des éléments vitaux des êtres humains,
06:46qui est aussi un enjeu économique fort, autour des enjeux de pollution notamment.
06:52On accueille Gaspard Koenig, philosophe et séise, vous le lisez dans les colonnes des Echos,
06:58et il sort un livre qui s'appelle « À quoi ? » justement pour se pencher sur l'enjeu
07:02de l'eau à travers un roman qui est passionnant,
07:04édité aux éditions de l'Observatoire.
07:06On l'accueille, il est notre invité.
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