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  • il y a 2 ans
Mardi 26 septembre 2023, SMART BOURSE reçoit Virginie Robert (Présidente, Constance Associés) , Jean-François Robin (Directeur de la Recherche, Natixis CIB) et Nicolas Brault (Directeur Associé, Hottinguer banque privée)

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Transcription
00:00 (Générique)
00:10 Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13 Virginie Robert est avec nous ce soir, présidente de Constance Associé.
00:16 Bonsoir Virginie. - Bonsoir.
00:17 Merci d'être là. Merci à Nicolas Braune, nous accompagne également.
00:20 Bonsoir Nicolas. - Bonsoir.
00:21 Directeur associé chez Autingre Banque Privée et Jean-François Robin à nos côtés également ce soir.
00:26 Bonsoir Jean-François. - Bonsoir.
00:28 Je vous invite à vous retrouver, vous êtes directeur de la recherche de Natixis.
00:31 Première question pour vous Jean-François pour entamer cette discussion de marché.
00:35 Pourquoi est-ce que les taux longs américains qui sont les taux directeurs continuent de monter à ce stade ?
00:40 On est au 3/4 de l'année 2023 qui est contrairement à 2022 une année de désinflation.
00:46 On arrive au point où les grandes banques centrales ont communiqué ces derniers jours et ces dernières semaines
00:51 pour nous dire qu'elles étaient toutes au pic ou très proche d'être au pic des taux directeurs,
00:59 la fin du resserrement monétaire et on voit avec un peu de vitesse d'ailleurs des taux longs américains
01:04 qui continuent de s'envoler et qui cassent d'ailleurs des niveaux qu'on n'avait pas vus depuis octobre 2007.
01:11 En fait ce qui se passe c'est que les marchés ont horreur de, j'ai pas le dire, du vide ou de la stabilité quelque part
01:17 parce que souvent on dit que quand on arrête d'intégrer, de pricer des hausses de taux, on price des baisses de taux, c'est binaire.
01:24 Là simplement les banques centrales disent écoutez on est un peu un deal, on arrête de monter les taux,
01:29 en revanche on va les maintenir à leur niveau qui sont actuels pour un petit moment.
01:35 Et donc on voit des taux d'intérêt qui du coup ne sont plus tellement au bon niveau puisque vous le disiez tout à l'heure,
01:40 on a un taux par exemple dix ans allemand qui est à 2,80 et vous avez les taux directeurs de la Banque Centrale Européenne
01:45 qui sont à 4,5%. Vous avez des taux dix ans américains qui remontent vers les 4,5% mais les taux directeurs de la Banque Centrale
01:51 ils sont à 5,5%. Donc pour que ces taux à long terme soient bien pricés, ça veut dire qu'il faut qu'il y ait des baisses des taux
01:58 dans les dix ans à venir et qu'ils soient intégrés dans les prix. Et donc c'est ça qui est un petit peu en train d'être requestionné.
02:05 Donc ça ça entraîne évidemment aussi à la baisse les actions, vous le disiez très justement,
02:10 puisque quand on compare le rendement des taux avec le rendement des actions, c'est assez facile à comparer,
02:16 aujourd'hui vous avez plus à gagner à investir sur des obligations que sur des actions, ce qui est un petit peu un renversement.
02:22 Donc évidemment plus les taux montent et moins c'est intéressant d'acheter des actions.
02:25 Et donc ça fait baisser la valorisation des actions et les comparables sont moins favorables.
02:30 Donc on a ce mouvement-là de repricing, donc la bonne question à se poser c'est est-ce que oui ou non les banques centrales vont finir par baisser les taux ?
02:37 Est-ce qu'il y a une chance qu'ils remontent les taux ? Nous chez Netixis on a assez persuadé quand même que c'est le statu quo qui prévaut.
02:43 Et à partir du moment où on va avoir des chiffres d'inflation en fin de semaine, mais aujourd'hui aux États-Unis on est autour de 3,5% d'inflation,
02:50 on vient de 9,2% donc l'inflation divisé par 3, elle va probablement d'ici à la fin de l'année passer sous les 3%.
02:56 Si vous avez des taux d'intérêt, des taux directeurs à 5,5%, des taux d'inflation qui sont autour de 3% et un taux de chômage qui remonte,
03:03 il y a quand même de grandes chances qu'à un moment donné la Banque Centrale Américaine finisse par baisser les taux en 2024.
03:08 En revanche quand vous regardez ça en Europe, là oui c'est un peu plus compliqué pour la Banque Centrale Européenne de baisser les taux,
03:13 on va là aussi avoir les chiffres cette semaine, mais on va rester sans doute un petit peu en dessous de 5% en septembre,
03:19 on sera difficilement en dessous des 4% en fin d'année, donc il va falloir attendre très loin dans 2024 sans doute pour que la Banque Centrale Européenne baisse ses taux.
03:27 Et donc là votre 2,80 du Bund allemand, il est barré.
03:31 C'est encore trop cher.
03:32 Oui, le taux est barré, c'est cher en préobligation.
03:34 Sur la partie américaine, quel est le bon taux long à 10 ans pour l'économie américaine ? Le taux réel est à plus de 2% désormais sur la partie longue.
03:43 Vous avez une économie américaine et nous on pense qu'elle va quand même un peu ralentir, c'est toujours courageux de dire que l'économie américaine va ralentir.
03:48 Souvenez-vous au début de l'année, on nous promettait tous une récession américaine, cette fameuse courbe des taux qui était soi-disant inversée,
03:54 qui nous annonçait une récession, j'ai quand même discuté avec ceux qui pensaient que ça avait un pouvoir prédictif,
03:59 encore une fois, 8 des 6 dernières récessions annoncées par les coups d'inversée.
04:03 Mais je crois que ceux-là même n'ont pas perdu l'idée que la récession arrive.
04:06 Un jour il y aura une récession.
04:07 Oui mais cette idée n'a été que reportée de trimestre en trimestre.
04:11 Il faut constater que pour l'instant, on est plutôt sur un 2% de croissance américaine cette année,
04:17 donc on n'est pas du tout en récession loin s'en faut aux Etats-Unis.
04:20 En revanche, à 2% de cette année de croissance, c'est quand même assez probable qu'on ait une croissance américaine plus faible que ça,
04:26 pour plein de raisons, parce que l'épargne des ménages est déjà dépensée,
04:30 qu'on a du taux de chômage qui remonte, qu'on a la fin du déficit budgétaire américain.
04:34 Il faut juste garder en tête que le déficit budgétaire américain, en cet été, il est de 9% du coup, on est à 6%,
04:40 l'année prochaine il sera probablement flat, stable.
04:42 Donc on a plein de moteurs de l'économie américaine qui quand même s'essouffleraient un petit peu l'année prochaine.
04:47 Et donc ça, ça laisse penser que les taux américains, les taux à 10 ans, je veux dire,
04:52 il ne faut pas non plus penser que les taux vont rester là, ils vont rebaisser.
04:55 Et donc je pense que les taux américains, il n'y a pas de raison qu'ils aillent beaucoup plus haut que ça.
04:58 Mais juste encore un mot, et je vais tourner la parole, mais sur la croissance américaine l'an prochain,
05:03 la Fed a révisé, alors non seulement en 2023, effectivement, tout le monde a été pris de court par la résilience de l'économie américaine jusqu'au moment où on se parle,
05:11 mais ils ont quand même révisé aussi 2024 en hausse par rapport aux prévisions de juin ou de mars.
05:16 C'est-à-dire que s'il y voit un ralentissement, c'est un ralentissement très modéré, très temporaire,
05:22 et il y a même l'idée d'une réaccélération assez rapide de l'économie américaine pour 2024.
05:27 - Bon, alors d'abord, il faut regarder les tracs records. Qui suis-je pour juger la Fed ?
05:30 - C'est une projection, c'est une projection.
05:32 - Les tracs records de la Fed sur les dernières années sont impressionnantes.
05:34 - Il y a un signal, ça envoie quelque chose.
05:36 - Mais je pense que la Fed a raison dans ce sens qu'on va avoir, je ne pense pas qu'on aura une récession l'année prochaine.
05:40 Simplement, quand vous avez un gros ralentissement du chômage qui remonte, de la consommation qui baisse,
05:44 une crise immobilière qui est quand même là sur un certain nombre de segments du marché,
05:49 je ne vois pas comment et quelle est la nécessité pour une banque centrale,
05:52 et là c'est l'ancien banquier central qui parle, mais pourquoi avoir des taux réels aussi hauts ?
05:56 Donc il va falloir qu'on ait une politique un peu plus neutre,
05:58 donc probablement 100, 150 points plus bas qu'aujourd'hui.
06:02 - Bon, ils ont baissé leur prévision de taux de chômage aussi, c'est pareil.
06:06 Vous voyez 4,5, c'est 4,1. L'immobilier, on ne sait pas trop où on en est.
06:10 On est avec des indices de prix immobiliers qui nous montrent que les prix remontent peut-être un peu au foli.
06:16 - Si vous voulez acheter un moule commercial à San Francisco, ça vous coûtera pas cher.
06:19 - Oui, mais c'est San Francisco.
06:21 - Il y a une disparité géographique aux Etats-Unis qui fait qu'effectivement,
06:24 certaines zones sont encore sous pression.
06:26 Virginie, sur cette idée de la résilience américaine, la question des taux,
06:30 est-ce que ça implique pour les investisseurs actions comme vous, bien sûr ?
06:34 - Oui, alors d'abord sur les taux, moi je voulais préciser également que,
06:37 oui, il y a le discours des banquiers centraux, ça c'est clair que ça fait bouger les niveaux,
06:44 mais il ne faut pas oublier quand même que depuis 2-3 mois,
06:47 on est sur un calendrier d'émissions qui est quand même très costaud.
06:50 Et donc ça, il faut absorber.
06:52 Et là, on en a jusqu'à, si je ne me trompe pas, tu vas me dire,
06:56 mais jusqu'à mi-novembre à peu près, où ce calendrier est très chargé.
07:00 On peut espérer qu'après, il y ait moins de... Bon, parce que ça contribue.
07:05 - Oui, bien sûr.
07:06 - Ça contribue. Après...
07:07 - Il y a beaucoup d'émissions qui n'avaient pas lieu en début d'année
07:09 et qui se retrouvent aujourd'hui en fin d'année.
07:11 - En fait, quand vous êtes dans un marché où vous n'y voyez pas clair,
07:13 que ce soit sur la croissance, soyons humbles, restons humbles,
07:16 sur la croissance, effectivement, cette économie américaine,
07:18 elle est plutôt résiliente, mais moi je la vois plutôt dans un processus de normalisation.
07:22 Voilà. Elle est avec des différenciations et qui sont en train de se corriger.
07:28 Il y a du wording aussi, qui... Bon, on sait, il y a quand même des personnes qui,
07:33 quand il parle, ça fait bouger le curseur, donc notamment le patron de JP Morgan,
07:39 qui lui a parlé de taux à 7 %, pas plus tard que...
07:42 - Il dit "le monde n'est sans doute pas prêt pour des taux à 7 %".
07:45 C'est un worst-case scenario qu'il décrit, Jamie Dimon.
07:47 - Pour -5 % non plus, mais on peut tout dire.
07:50 - Donc, il n'est pas prêt à 7 %, effectivement, mais lui, il pense que déjà...
07:54 Je pense que sa lecture, c'est que la fête est déjà allée loin,
07:58 parce que lui, il pense que ça va ralentir, que ça va freiner brutalement.
08:01 Donc, en fait, restons humbles, on ne sait pas, on va voir.
08:05 Tout ça intervient, évidemment, dans la période que moi, je nomme toujours "sans filet".
08:09 Le "sans filet", c'est quoi ? C'est qu'il n'y a pas de publication.
08:12 Et moi, vous savez, moi, c'est mon juge de paix, c'est les publications des sociétés.
08:16 Et là, on va attendre le 15 octobre pour avoir les premières publications.
08:21 On attend sur le trimestre prochain, sur ce trimestre, sur la publication, c'est raisonnable,
08:27 c'est-à-dire que c'est des volumes qui sont en toute petite hausse en séquentielle, à 1 % du chiffre d'affaires.
08:35 Et puis, dans les earnings, c'est plutôt un repli de 1,5, 1,9.
08:39 - Encore une petite baisse des résultats en séquentielle sur les entreprises américaines.
08:43 - Oui, sur les marches, mais on sait qu'il y a quand même des secteurs où les marches sont sous pression,
08:47 notamment la consommation courante, etc.
08:50 Donc voilà, on est dans cette période où on regarde évidemment la Fed, les discours,
08:58 les éléments macro qui peuvent être un peu contrariants, contradictoires et contrariants aussi.
09:04 - Oui, oui, oui, bien sûr.
09:06 - Et donc voilà, ça met de la volatilité.
09:08 Après, la vraie question, est-ce que 4,5 % sur un taux d'Izan, est-ce que c'est choquant ?
09:14 Moi, je vous pose vraiment la question.
09:16 - Si je vous avais posé la question il y a 6 mois, Vergy, je pense que la réponse aurait été oui.
09:20 - En tant que chef sur les marchés, donc moi, ce n'est pas plus que ça, mais une fois de plus, on verra.
09:26 - L'équation de Fisher, ce serait autour de 4, on y reviendra.
09:29 Mais je voulais rajouter deux petits éléments, puisqu'on parle des taux d'intérêt américains.
09:32 Il y a aussi d'autres choses qui jouent aujourd'hui, pas seulement tout ça.
09:35 D'abord, il y a beaucoup de hedge funds qui sont short du marché, qui jouent un peu,
09:40 parce que finalement, le risk/reward d'être short aujourd'hui,
09:42 par rapport à jouer la hausse des taux plutôt que la baisse, il est plutôt avantageux.
09:45 Et puis, le deuxième élément dont on parle peu, c'est qu'il y a beaucoup de vendeurs de treasuries dans les acheteurs traditionnels.
09:51 C'est-à-dire que vous regardez les Chinois, ils ont vendu 400 milliards de treasuries depuis 2017.
09:56 Vous regardez les Saoudiens, ils ont baissé leur réserve de change en dollars de 41%.
10:00 - Les Japonais.
10:01 - Donc, on a quand même aussi ces mêmes trucs.
10:02 - Les Japonais, ils ont arrêté aussi.
10:03 - Évidemment.
10:04 - Tous les acheteurs forcés, contraints de treasuries, insensibles au prix, n'achètent plus, en tout cas, n'achètent plus autant qu'avant.
10:10 - C'est des gens qu'on voit bien qu'il y a une espèce de dédollarisation du monde,
10:13 mais en tout cas, il y a un essai de dédollariser le monde.
10:15 On verra où ça va.
10:16 - Nicolas, vos commentaires.
10:18 - Ah, beaucoup.
10:19 - Oui, beaucoup de choses.
10:20 Oui, oui, mais moi, j'ai l'impression qu'on parle...
10:22 Enfin, les banques centrales, quand même, la Fed, notamment, parlent beaucoup plus de la croissance ou du risque de récession,
10:27 mais c'est un peu la même histoire, quoi.
10:28 On est moins focalisés, je trouve, sur l'inflation et...
10:31 - Le risque de récession, je permets de corriger ce que Jean-François a dit tout à l'heure, ça ne fait pas un an, ça fait deux ans.
10:37 - Oui, oui, oui.
10:38 - Deux ans.
10:39 - Deux ans que la Fed ne commence sa première hausse des taux, qu'on a parlé du risque d'une récession américaine.
10:44 Donc, force est de constater que deux ans, il y a le grand écart, c'est le minimum qu'on puisse décrire,
10:53 entre la réalité économique et les prévisions de marché.
10:58 - C'est plus qu'une question de timing.
10:59 Deux ans d'erreur, enfin, ou deux ans de report de la récession, c'est plus qu'une question de timing.
11:03 - Ceux qui ne changent jamais d'avis finiront un jour par avoir raison.
11:06 Ce qui ne va pas dans le panorama, c'est qu'on évoque rarement ou jamais un scénario inverse.
11:13 Parce qu'on nous aurait dit...
11:15 - La Fed, si.
11:16 - Nous tous, nous quatre, on nous aurait dit, il y a deux ans, il y a un an,
11:20 que la Réserve fédérale, en remontant ses taux à 5,5 %, ne provoquerait pas une cassure économique.
11:32 On n'aurait pas mis un Copec dessus.
11:34 Donc cette capacité à gérer, autant ils sont rentrés dans ce scénario,
11:41 dans ce cycle de remontée des taux, en étant clairement behind the curve,
11:45 autant maintenant, ils ont fait le job.
11:48 Et l'économie réelle se porte pas mal.
11:51 D'ailleurs, elle se porte tellement bien qu'on est autorisé, c'est du rêve,
11:56 de se demander parfois si les bases d'un autre cycle ne sont pas en train d'être jetées.
12:02 Alors sur la partie obligataire, je ne suis pas un spécialiste,
12:05 mais évidemment, d'abord on est investisseur sur les obligues,
12:08 et sur les actions, on est extrêmement dépendant.
12:10 Il y a un truc qui ne va pas, surtout dans la musique qu'on entend ces dernières semaines,
12:16 où beaucoup disent, on disait qu'il fallait avoir des taux longs américains à 3,5-4, donc à 4,5.
12:23 - Je me souviens en juin, 3,80, tout le monde était acheteur.
12:26 C'était déjà un bon niveau pour acheter.
12:28 - Bien sûr, on avait des normes Asset Manager qui préconisent ça.
12:31 Des géants. Ils disent là, il faut doubler.
12:36 - Il n'y a pas si longtemps que ça, quand on avait dit que les taux allemands passeraient le 1%,
12:39 ce serait vraiment un crying-by qui fassait les gens se jeter dessus pour investir.
12:43 - Ce qui cloche là-dedans, c'est ce qui est derrière, le raisonnement simple qui est derrière,
12:51 c'est que ça ne se terminera pas une récession.
12:54 But what if not ?
12:57 - Moi, c'est ce que je vois dans les projections de la Fed.
12:59 Je pense que la Fed nous dit, ou il n'y aura pas de récession,
13:03 ou en tout cas, on fixe un scénario de croissance qui, s'il est prêt à défaut,
13:07 nous permettra peut-être justement de venir en soutien de la croissance
13:11 alors qu'on a été plutôt focalisé sur l'inflation depuis un an et demi.
13:15 - Donc 4,5 ou 4,5,5, comme Virginie tu le laissais entendre, ce n'est pas super choquant.
13:22 Est-ce que pour autant, ça donne envie d'en acheter ?
13:26 - Alors évidemment, avec un parti pris que vous connaissez,
13:30 dans les niveaux actuels, si on veut du taux, on prend du taux court,
13:33 puis on ne s'en remet pas à 4 en Europe, 5,5.
13:36 - Si c'est pour le rendement, on peut en prendre du court.
13:38 - Et si on veut avoir du return au-delà de 4 %, les actions, c'est bien.
13:44 Ça fait 4 mois qu'on n'a pas dit. On n'a pas d'opportunité.
13:48 Bien sûr, il y a eu la hausse de juillet. La hausse de juillet.
13:51 C'est fait en 10 jours, tout le monde était sur les résultats,
13:55 ou déjà en vacances, et ça fait un plus haut en août,
13:58 et derrière, on s'ennuie depuis.
14:00 Alors, on ne va pas faire le malin, le terme d'humilité a été cité tout à l'heure,
14:05 c'est la règle d'or, mais néanmoins, il y a des moments où il faut sortir du bois.
14:10 Septembre, on approche de la fin, il faut absolument se poser la question,
14:15 est-ce que ce n'est pas le moment de remettre du risque ?
14:19 Et chacun peut, et c'est ça qui est le charme depuis Covid,
14:23 si on évalue, on peut trouver des raisons d'en faire.
14:27 Et si on décroit sens, ce qui est évidemment mon cas, en dominante,
14:32 on a aussi des choses qui sont à des prix d'achat.
14:36 On va y revenir, Nicolas, mais sur les moteurs action, effectivement,
14:40 vous évoquiez les résultats l'un et l'autre, et c'est dans ces périodes-là
14:43 où les investisseurs, les stockpickers, trouvent de l'information nouvelle
14:49 pour juger de la valorisation bonne ou mauvaise, peut-être parfois, des dossiers et des actions.
14:55 Qu'est-ce qu'on a encore comme moteur pour les actions ?
14:58 Il y a eu quand même une énorme phase de rattrapage,
15:01 on est passé de l'épécimisme extrême, il y a un an, septembre-octobre,
15:05 à, effectivement, toujours un peu moins de pessimisme quand même,
15:08 quand on a marqué de nouveaux sommets, le rattrapage des résultats, etc.
15:13 Les prix, les profits devant les prix.
15:16 L'investissement dans le cycle, dans la technologie, dans le...
15:20 On sait que ça peut peser quand même, l'investissement,
15:22 à un moment aussi, sur les marges des entreprises, et que la bourse a parfois du mal à...
15:26 Grégoire, depuis 3-4 mois, on est très bas sur les rachats d'actions.
15:30 Les programmes de share buy-back, ils ne sont pas activés.
15:33 Les seuls qui activent, c'est quoi ?
15:35 C'est en baisse de 20% sur un trimestre aux Etats-Unis, au deuxième trimestre.
15:38 Et même incomparable sur les années précédentes.
15:40 Et même sur un an.
15:41 Donc, ça, alors, évidemment, parce que...
15:44 Ça, c'est un bon signe, ça ?
15:45 Bah, moi, je trouve que c'est plutôt un bon signe.
15:47 Alors, il y a un signe financier derrière,
15:49 parce que, évidemment, quand on a des taux d'intérêt,
15:51 parce que souvent, ils s'endettent pour faire le rachat d'actions, hein.
15:54 C'est... Il y a un montage financier.
15:56 Bien sûr.
15:57 Donc là, l'intérêt n'y est pas.
15:59 Mais quelque part, si vous avez des sociétés qui ont des beaux bilans,
16:04 et que, justement, ils préservent cette opportunité, cette capacité d'investissement,
16:10 ça, c'est essentiel.
16:12 Parce qu'il faut pouvoir saisir les opportunités.
16:15 Et on a, comme par hasard, depuis 15 jours,
16:18 on recommence à reparler d'IPO.
16:20 On a quelques mouvements dans le MNE, et pas des moindres.
16:24 Quelques acquisitions aussi, bien...
16:27 On parlait tout à l'heure, effectivement, de...
16:29 Donc le gros deal, là, c'est Splunk, c'est ça ?
16:31 Alors, non, mais il y a Amazon, hier, qui a annoncé tropique.
16:33 Oui, 4 milliards.
16:34 4 milliards.
16:35 Mais c'est très intéressant, ce qu'ils font.
16:36 Parce que quand on essaye de comprendre, effectivement, la stratégie derrière,
16:39 un peu ouverte et tout, c'est assez percutant, moi, je trouve.
16:42 C'est très bien.
16:43 Et... Et oui, Splunk.
16:46 Splunk, qui est en taille, dans la consolidation tech,
16:50 dans les fusions acquisitions tech,
16:52 c'est le 9e dossier depuis 15 ans, en taille.
16:55 On se souvient d'un certain nombre de dossiers.
16:58 Donc c'est quand même assez...
17:00 Ah, oui, c'est Cisco, qui rachète Splunk.
17:02 C'est Cisco qui rachète Splunk.
17:03 28 milliards.
17:04 28 milliards.
17:05 Et on attend, évidemment, le jugement de l'autorité de la concurrence.
17:09 Donc c'est pas encore arbitré complètement dans le marché.
17:12 Puisque ça devrait se faire à des prix plus élevés que ça cote aujourd'hui.
17:17 Mais c'est assez intéressant.
17:19 Donc il y a des dates...
17:20 J'aime bien votre point.
17:21 Moins de rachats d'actions.
17:23 Oui.
17:24 Vous, en tant qu'actionnaire, vous dites que c'est bien.
17:26 Moi, je préfère.
17:27 C'est long terme.
17:28 Ça dépend de quel côté vous êtes.
17:29 Les réserves de valeur.
17:30 Mais c'est ça.
17:31 Moi, j'aime bien construire.
17:32 J'aime bien investir dans les sociétés qui vont construire,
17:35 qui vont créer de la valeur sur le long terme.
17:37 C'est plus intéressant que...
17:39 Je suis pas dans le momentum, le trading du momentum.
17:42 Et le marché reconnaît ça ?
17:43 Parce que le marché a été drogué au rachat d'actions, quand même.
17:46 Ah, ben le juge de paix, comme toujours.
17:48 Sur le long terme, le marché...
17:50 Alors, le marché à court terme, non, il reconnaît pas forcément.
17:52 Mais à long terme, si c'est validé par la qualité des résultats, voilà.
17:58 Une gymnastique financière et un investissement pour le futur, il n'y a pas débat.
18:02 Et en tant qu'actionnaire, vous préférez aussi des entreprises qui réduisent leur rachat d'actions pour investir ?
18:07 Sans hésiter.
18:08 Une gymnastique financière où je me relue...
18:11 Quand c'est un actionnaire qui veut se reluer, ok.
18:14 Mais sinon, je vais détruire des actions...
18:17 En fait, ça crée quoi ?
18:19 Ça ne crée rien.
18:21 En fait, je ne sais pas quoi faire de mon cash.
18:23 Donc, ce message-là, il est moins porteur.
18:26 Oui, et donc, rationnellement, je le redistribue à des actionnaires qui, eux, sauront peut-être mieux utiliser mon cash que moi en tant que société.
18:33 C'est le principe d'un rachat d'actions.
18:35 L'annonce... Enfin, je ne suis pas le spécialiste, et puis, il va mieux connaître de toute façon,
18:39 mais l'annonce d'NVIDIA d'un méga programme de rachat d'actions à 1 200 milliards de capi-boursières...
18:47 Excusez-moi, mais si on a fait que la V1 sur une échelle de 15, 15 versions de l'intelligence artificielle,
18:55 pourquoi ils rachèteraient de leur titre qui a pris 300% en un an ?
19:00 Et le moteur de l'investissement, c'est crucial.
19:03 C'est crucial. L'investissement, on parle évidemment du consommateur aux États-Unis, bien sûr, etc.
19:09 Mais le moteur de l'investissement, c'est quelque chose de crucial dans nos économies.
19:14 Qu'est-ce qu'on peut dire de l'investissement, justement, là, dans les perspectives un peu macro qu'on peut avoir ?
19:18 Ça va être un moteur. Enfin, il y a du public partout.
19:22 Tout devient hyper étatisé jusqu'à la moindre décision micro-économique aujourd'hui.
19:32 J'écoutais Nicolas Pfeiffer, je disais, le moteur de l'économie américaine aujourd'hui, c'est de l'argent public.
19:37 Oui, c'est l'Iran.
19:38 C'est juste que c'est le keynesianisme, et que quand on pense à la Fed...
19:42 Il y a du privé qui vient se mettre sur l'Iran.
19:43 Oui, il y a beaucoup de ça.
19:45 Maintenant, c'est vrai que si on parle d'investissement pas public mais privé,
19:48 parce que le public, compte tenu des accords qui ont été passés pendant le plafond de la dette,
19:53 qui vont être passés pour le shutdown, etc., les élections qui se profilent,
19:57 on sent bien que l'argent public va être moins...
20:00 Ils vont être moins prolixes d'argent public dans 2024, et surtout de 2025, on verra en fonction des élections.
20:06 En tout cas, 2024, clairement, on aura moins de push de l'investissement public, il y en aura moins.
20:11 En revanche, on a un formidable succès quand même de l'Ira, et pas seulement, je pense au cheap act,
20:18 qui est le plan de développement des puces aux États-Unis.
20:23 Ils mettent 50 milliards sur la table, et on est à peu près à 300 milliards d'investissement privé.
20:28 Donc les TSMC, les Intel, etc., ça marche bien.
20:32 Notons qu'en Europe, on a mis 42 milliards sur la table,
20:36 et que les investissements dans les puces en Europe sont loin d'être ridicules,
20:39 surtout en Intel, TSMC, etc., on a aussi nos gigas investissements...
20:45 - Et le Japon fait de même, TSMC est aussi au Japon, etc.
20:49 - Ce qu'on voit bien aujourd'hui, c'est quand même que l'investissement privé est en train,
20:53 et là on parle de digital, en fait, autour de ces puces,
20:56 mais songer à l'investissement dans la transition énergétique.
20:59 Et aujourd'hui, ce qu'ils portent, et nous, dans le groupe BPCE, Schenectics 6,
21:03 on voit bien que la dynamique d'investissement est toujours là.
21:06 Notamment, elle est encore là dans l'investissement,
21:09 elle est là dans les grandes usines, les gigafactories, on voit ça dans les statistiques.
21:14 Et donc on voit bien que l'investissement, à la fois dans le digital et dans la transition énergétique,
21:18 fait que le niveau total de l'investissement au niveau mondial est en train de remonter.
21:22 Et si on veut se projeter dans du marché, ça veut dire qu'on est quand même en train de changer l'équilibre
21:26 entre épargne et investissement, et ça veut dire que comme il y a une course à l'investissement,
21:30 ça va faire remonter les taux d'intérêt d'équilibre.
21:33 - Ça plaide pour des taux plus élevés ? - Voilà, pour des taux un petit peu plus élevés.
21:36 Maintenant, évidemment, je vous rappelle que les taux avant étaient à 2,
21:40 on est peut-être à 4, mais pas forcément à 7.
21:44 - Peut-être sur ce thème de l'investissement, qui va dans le sens,
21:51 il ne faut pas que ce soit une idée fixe ou une obsession,
21:54 mais d'un investissement quand même en action, c'est que l'innovation est partout.
21:59 - Sauf dans les statistiques, c'est comme la productivité, c'est ça, on la voit partout, sauf dans les statistiques.
22:08 - Ça fait deux ans qu'on annonce aux financiers, où les financiers se racontent l'histoire,
22:12 enfin le monde réel écoute ce que disent les marchés,
22:15 donc on annonce un ralentissement et qu'on annonce en plus une inflation élevée.
22:19 Ce qui est formidable, c'est que les entreprises, presque partout,
22:25 se sont remarquablement adaptées à ces contraintes-là.
22:29 Et ce qui est tout à fait formidable, c'est que l'innovation,
22:33 je ne sais pas si on a tous les trois en mémoire une entreprise qui nous a choqués,
22:38 parce qu'elle coupait l'innovation, elle ne coupe pas l'innovation.
22:42 C'est un budget qu'on défend.
22:45 Et pour reprendre un sujet que Virginie a évoqué tout à l'heure,
22:49 on commence à voir de nouveau du M&A, des fusions inquisitions, orientées sur l'innovation.
22:55 Pas seulement pour faire 1+1=2, je fais des synergies, ça c'est le monde bancaire,
22:59 mais il y a des choses très orientées sur l'innovation.
23:02 Et donc cette partie-là de l'histoire, c'est ce qui fait le succès historique des États-Unis
23:08 et dont on a envie de s'inspirer.
23:11 - Parlons du luxe, justement, ça nous permet de parler de l'Europe,
23:14 puisque c'est un secteur pas lourd en bourse.
23:17 - Il n'y a pas de comparable. - En Europe, il n'y a pas de comparable, il n'y en aura jamais, évidemment.
23:21 Le luxe, c'est la France. Le luxe est en baire-marquette.
23:24 Quand on prend un indice qui représente les 10 grandes valeurs du luxe en bourse en Europe,
23:30 c'est un indice qui a perdu plus de 20% par rapport au sommet qui a été atteint ces derniers mois.
23:35 L'emblème chez nous, c'est LVMH, qui a fait 20% de baisse en 2 mois, en 2 mois et demi, maintenant.
23:42 - Je savais que vous alliez provoquer.
23:45 - C'est une provocation ? This is a provocation ?
23:48 - Si ceci était un baire-marquette, alors... - C'est une baisse de 20% !
23:53 - Ceux qui ont vu les marchés depuis 30 ans...
23:55 - Non, mais pour un secteur comme le luxe, c'est plus rare qu'ailleurs, peut-être.
23:58 - Oui, mais vous prenez quoi ? Sur le plus haut ? C'est qu'un baire-marquette ?
24:02 - Oui, oui, sur l'insus... - Non, le sommet est à 18 et LVMH est à 0.
24:07 Ce n'est pas un baire-marquette.
24:09 Ou alors, on a connu 150 baires-marquettes sur Méta, Facebook et tant d'autres.
24:15 Alors, néanmoins, ça baisse. Et ça baisse vite.
24:20 Ça baisse vite. C'est incontestable.
24:22 Donc le marché est « forward-looking ».
24:25 Il est vrai qu'en septembre, la tonalité des acteurs est différente de celle qu'ils ont eue fin juillet.
24:36 Hermès a parlé le 29 juillet. Le contexte était globalement bon.
24:42 Alors, à regarder les cours, on se dit « le monde a changé ».
24:47 Alors, évidemment, comme toujours, quand on regarde l'immédiateté, ça n'a pas tant changé que ça.
24:54 On en fait une caisse sur la Chine. OK, on arrivait de la Chine au premier trimestre.
24:58 On avait compris quand même au deuxième trimestre que les avions n'étaient quand même pas bourrés de consommateurs chinois pour acheter du luxe.
25:07 Et qu'après, en fait, c'était un pétard mouillé ou c'est une grosse déception.
25:12 Sérieusement, depuis deux ou trois mois, la Chine n'est pas la source de nouvelles mauvaises nouvelles.
25:19 Les gens qui ont attendu que la Chine redémarre pour acheter du luxe – il y en a – ont eu le temps de partir avant.
25:27 Donc peut-être que l'histoire de septembre, c'est que ça cale ailleurs.
25:31 Ça avait calé aux États-Unis avant le mois de juillet. – Ça avait ralenti.
25:36 – Et maintenant, ça cale en Europe, quelle que soit la raison. – D'accord.
25:41 – Alors, donc ça se traduit par une baisse des cours et avec des révisions à la baisse des résultats qui est à l'œuvre.
25:47 Tous les jours, il y a un analyse qui révise à la baisse. Il y a même qui change d'opinion après 30 % de baisse d'un titre,
25:53 dont il faisait la promotion très active jusqu'au mois d'août. Je crois qu'il y en a un ce matin, ça s'appelle Richemont.
26:00 On ne citera pas l'analyste. Et il va y en avoir encore sous le pied.
26:05 Mais en termes de valeurs, ça donne une impression que la baisse est faite.
26:10 L'ajustement, en fait, est extrêmement rapide, étant en avance sur la réalité.
26:15 Ce qui est important pour vos téléspectateurs, certains vont l'écouter aussi sans avoir l'image,
26:23 c'est qu'il me semble que les données derrière le luxe sont conjoncturelles.
26:29 – C'est-à-dire ? – Pas structurelles.
26:32 – Oui. – Les moteurs derrière le luxe sont inchangés.
26:36 La quête d'identité, l'appétence des jeunes du monde entier qui est peut-être…
26:41 – Ça se transmet d'une génération à l'autre. Je ne sais pas, le monde change, le monde a changé.
26:46 On vit peut-être des changements structurels qu'on n'a pas connus en 200 ans.
26:50 D'une génération à l'autre, oui, il y a la confirmation que l'appétit…
26:53 – Ça ne se transmet pas, ça se diffuse. – Ça se diffuse.
26:55 – Ça ne vient pas des vieux, ça ne vient pas des aînés.
26:58 Vous allez à n'importe quelle exhibition sur le luxe, musée, il y a du monde partout.
27:06 En Asie, il y a du monde partout.
27:07 – C'est encore au diapason du monde actuel. Ils arrivent à rester au diapason de ce qu'une nouvelle génération de consommateurs,
27:13 dont on nous dit qu'elle aura des comportements différents, plus apeuses,
27:17 peut-être plus attentives à certains sujets par rapport à d'autres, ils restent au diapason de ça.
27:21 – Ce que le luxe, le vrai luxe français, français, franco-italien, incarne, c'est la qualité.
27:30 Dans ce monde-là, le goût de la qualité, on peut le décliner sur beaucoup de secteurs.
27:36 On parle de premiumisation, la qualité, l'identité.
27:41 Difficile d'avoir une identité dans ce monde-là.
27:44 Il n'y a plus de religion, je consomme sur des choses qui vont durer et qui auront une valeur en marché secondaire.
27:53 Donc il y a aussi un peu d'investissement, de spéculation.
27:56 – Il y a une valeur statutaire, il y a une valeur tangible.
27:59 – Ça, ces données-là restent, je crois, très fortes.
28:04 Donc après, il y a une baisse des cours.
28:06 Il faut la mettre à profit, mais pas faire n'importe quoi.
28:09 Parce qu'une des idées que je défends depuis un petit moment, Thor a raison,
28:17 il est extrêmement important de se concentrer sur les meilleurs.
28:20 Parce que la période est très discriminante.
28:23 Vous avez des acteurs qui n'avaient pas de dettes, qui ont fait des acquisitions,
28:26 qui ont tout d'un coup 5 milliards de dettes.
28:28 Il y en a un qui commence par un cas et il n'a pas encore financé Valentino et Cride.
28:33 Donc avoir du cash, c'est absolument capital pour investir,
28:39 trouver les meilleurs emplacements, pouvoir investir en promotion, en soutien des marques,
28:47 pouvoir innover.
28:48 Et puis un sujet qui est très vrai dans le luxe, comme dans d'autres secteurs,
28:54 attirer les talents.
28:55 Et les talents, ce n'est pas que des créatifs qui font des shows à Milan.
28:59 C'est extrêmement vaste.
29:02 Oui, beaucoup de digital, de numérique dans ces groupes-là.
29:06 Virginie, le luxe, et on en parlait d'ailleurs avant, je veux bien qu'on en redise un mot honnête,
29:12 la premiumisation d'un certain nombre de marques, y compris dans le domaine du sport.
29:16 Je voyais qu'Adidas aujourd'hui va tester pour voir l'appétit,
29:20 justement sur le segment haut de gamme ou très haut de gamme,
29:23 des chaussures de running à 500 dollars.
29:25 Ça commence à devenir, ça ressemble à quelque chose qui n'est pas loin du luxe dans le monde du sport ou du lifestyle.
29:34 Les sneakers à 3000 dollars, vous en avez depuis un moment.
29:37 Oui, mais là c'est du…
29:39 Après Adidas, ils ont un problème de marque.
29:44 Non mais on sent que ce moteur du luxe que vient de décrire Nikko, ça attire d'autres marques aussi qui ont envie de se positionner.
29:50 Oui, après sur le vrai produit sport, il y a toujours eu cette facilité aux Etats-Unis de développer, d'innover.
29:58 Et donc on a vu cette année effectivement des marques, alors c'est coté surmarché américain,
30:03 mais parfois c'est On, Louis les baskets, Oka, donc appartient au groupe Descaires, ce qu'avait déjà Ugg.
30:09 Donc il y a toujours, mais souvenez-vous du succès de Lululemon.
30:13 Moi je sais que quand j'en parlais il y a 15 ans, on me disait quoi, Loulou quoi, et voilà.
30:17 Mais c'est hors de prix.
30:18 Mais oui, mais c'est hors de prix.
30:20 C'est ça que je trouve génial, c'est que c'est hors de prix.
30:24 C'est hors de prix, mais c'est des produits de qualité et ils ont réussi à construire après une marque une identité.
30:32 Et les gens ensuite, une fois que c'est gagné, après il faut le préserver, c'est compliqué.
30:36 Je ne dis pas que c'est immuable, c'est très compliqué.
30:40 Mais ça c'est la beauté aux Etats-Unis, vous avez des marques d'ailleurs qui sont tombées pratiquement en quasi-faillite et qui se réinventent.
30:47 On peut penser à Victoria's Secret, je ne sais pas si elle va rester assez inventée.
30:51 Enfin toutes les marques des années 90 de textile, on a bien vu le coup de balai.
30:54 Mais ça peut revenir.
30:55 Mais ça, ça marche en bourse aujourd'hui, dans un moment où on parle de pouvoir d'achat, d'arbitrage du consommateur qui fait attention, etc.
31:03 Il y a des dépenses pour lesquelles le consommateur, la demande reste...
31:07 Tout le monde vit en basket, donc il faut bien s'acheter de basket.
31:10 Et comme elles sont toutes pratiquement au même prix, entre une Hoka, une Ohon, une Nike et une...
31:14 Donc non, non, ça, ça... Je ne dis pas qu'il peut y avoir une infliction, évidemment, un consommateur plus prudent et qui ne va pas...
31:21 On vient de vivre deux ans...
31:22 Je ne sais pas, il faudrait faire un plein à la pompe par exemple, voilà.
31:25 Oui, mais ça, on n'en a pas parlé, mais ça c'est un vrai sujet.
31:28 C'est que le prix du pétrole, l'énergie, c'est ça qui nous a aussi mis, j'ai envie de dire, dans ce...
31:34 Sous pression, oui.
31:35 Là depuis quelques semaines, parce que évidemment...
31:38 Juste.
31:39 On est l'inflation, alors qu'on parle ensuite, ah oui, on regarde le corps inflation, or énergie.
31:44 Mais il faut bien comprendre quand même que l'énergie, si ça monte, même si on retire cette composante, on ne peut pas complètement la retirer de l'économie.
31:52 Forcément, ça ruisselle comme...
31:55 Oui, oui, mais ça génère des arbitrages, oui.
31:57 Et dans toutes les chaînes de production, de...
32:00 Alors donc, ça c'est un point très important.
32:03 Et moi, c'est la vraie question, c'est quand...
32:06 Alors on sait pourquoi ça a beaucoup monté, c'est pas tellement sur la demande d'ailleurs, c'est l'offre.
32:11 On a tourné la robinet, donc dans le mauvais sens pour nous, je pense.
32:17 Mais c'est à quel moment le robinet se retourne un petit peu, en sachant qu'on sent que le prix va refluer.
32:26 Donc ça, c'est un vrai critère dans l'équation qu'il faut surveiller.
32:30 Parce que ça, ça sera vraiment une bouffée d'oxygène, et on peut imaginer que ça puisse être aussi un facteur de soutien dans les marchés.
32:37 Sur la taxe pétrole pour les pays consommateurs, qu'est-ce que vous dites aujourd'hui, Jean-François ?
32:42 Je regardais, alors pour donner un peu de perspective, aux Etats-Unis, un galon d'essence en part du revenu disponible, c'est deux fois moins que ce qu'on payait en 2008.
32:52 C'est quand même une pression qui est...
32:54 Alors les prix sont élevés, mais c'est quand même une pression par rapport au revenu disponible des ménages américains,
33:00 qui est beaucoup moins importante que ce qu'on a vécu en 2008.
33:03 Regardez l'énergie, l'essence dans le poids de la consommation des Français, c'est 2%.
33:07 L'alimentation, c'est 16.
33:09 En fonction des revenus, ça peut monter jusqu'à 18 selon les catégories les plus pauvres, etc.
33:13 On est quand même sur un truc très limité, mais on le voit toutes les semaines.
33:16 C'est fréquent, oui.
33:17 Le plein, donc il y a un sujet.
33:19 L'autre de ce qui se passe, c'est qu'on est quand même sur un oligopole et sur une organisation du marché,
33:25 d'ailleurs qui reflète un rapprochement des Russes et des Saoudiens,
33:29 l'éloignement des Saoudiens et des Américains,
33:31 parce que ce que fait MBS est justement totalement à l'encontre de ce que voudrait Joe Biden aujourd'hui.
33:36 Donc on sent qu'il y a plein de géopolitique là-dedans aussi,
33:39 mais économiquement, que font ces acteurs producteurs de pétrole ?
33:42 Ils maximisent leurs revenus.
33:44 Pourquoi ? Parce qu'on voit bien qu'il y a une accélération phénoménale de l'électrification des véhicules.
33:48 On est sur un véhicule sur cinq vendu électrique en Chine, en Europe.
33:52 On n'est qu'à 8% aux Etats-Unis, mais on est en progression de plus de 70% des ventes, etc.
33:56 Donc on sent bien que l'électrification du monde véhicule, il va être beaucoup plus rapide que ce qu'on pensait.
34:01 Donc moi, je pense qu'on va aller beaucoup plus vite que tout ce qu'on dit.
34:04 Et donc ça, on sent bien que très vite, ça va peser sur les revenus des producteurs de pétrole.
34:10 Et donc on a intérêt à faire tant qu'on peut.
34:13 Il y a une course de vitesse là pour les producteurs.
34:15 Donc ça, on a vraiment ça, je trouve, qui est très intéressant.
34:20 Et la deuxième chose, c'est qu'on voit ce que dit l'Agence internationale de l'énergie,
34:25 c'est que le pic du pétrole et du gaz, d'ailleurs, et du charbon encore plus...
34:29 C'est dans dix ans. C'est d'ici 2030.
34:31 Aujourd'hui, on a le photovoltaïque qui va être la première source d'énergie du monde dans les trois ans.
34:37 On pensait que c'était dans dix ans, là c'est dans les trois ans, tellement ça va vite.
34:40 Et juste quand vous entendez ça, quand on vous dit que finalement le pic du pétrole,
34:43 il va être dans la prochaine décennie, du gaz et du pétrole, ça vient beaucoup plus vite.
34:48 Si vous êtes le producteur de pétrole, vous avez intérêt à vous décider.
34:50 C'est un pic ou un plateau ? Parce qu'un pic pour moi, c'est que ça rebaisse assez fort.
34:53 Pour former un pic, il faut que ça monte fort et que ça baisse fort.
34:55 De toute façon, la dernière goutte de pétrole, elle sera utilisée pour faire des Legos, pour faire du plastique,
34:59 pas pour faire rouler des voitures qui n'auront plus du tout besoin de ça.
35:01 En revanche, le deuxième truc qui est intéressant, je trouve, c'est qu'avec un pétrole à 100,
35:06 vous ne faites qu'accélérer le désir.
35:08 Moi, c'est pour ça que je suis complètement contre de subventionner les prix de l'essence aujourd'hui.
35:11 Il faut subventionner les revenus.
35:13 Mais vous devriez en profiter pour accélérer l'électrification des usages.
35:16 Ça ne vous inquiète pas de voir, aujourd'hui c'est Richie Senac, mais d'autres,
35:20 de reporter des objectifs ou des deadlines sans remettre en cause le net zéro 2050,
35:25 mais de dire "ah, l'interdiction des véhicules thermiques 2030, finalement, ce serait mieux que ce soit 2030".
35:31 Je trouve que c'est une erreur.
35:32 Vous ne sentez pas qu'il y a l'idée, en ce moment, que chacun essaie de repousser un petit peu,
35:36 comment dire, de diluer un peu la transition dans le temps ?
35:39 Moi, je pense que celui qui va gagner le marché...
35:41 Vous me dites que ça va aller encore plus vite que ce qu'on imaginait ?
35:43 Bien sûr, et puis celui qui va gagner le marché, justement, c'est plutôt les voitures chinoises
35:46 qui sont en train d'investir pleinement sur l'électrique.
35:48 Aujourd'hui, de repousser les objectifs ne rend des services à personne,
35:51 ni à la planète, c'est sûr, mais ni aux producteurs.
35:53 D'ailleurs, aujourd'hui, les Allemands qui ont fait du lobbying de dingue
35:55 pour repousser l'objectif d'interdiction des voitures thermiques à la vente en 2035,
35:59 qu'est-ce qu'ils ont eu comme push-back ?
36:01 En fait, c'est que Volkswagen a dit "Mais moi, ça ne m'intéresse pas,
36:03 je viens de mettre 50 milliards sur la table pour électrifier toute ma gamme,
36:06 donc moi, je ne veux pas du tout faire marche arrière".
36:09 Donc, les constructeurs, la plupart des constructeurs, mais regardez Stellantis,
36:13 en même temps, ils se laissent une petite part, mais Stellantis,
36:17 il est en train d'électrifier ses flottes, et d'ailleurs, on s'en félicite,
36:21 puisque enfin, il y a des voitures électriques de Stellantis qui vont être produites en France.
36:24 Donc, il y a un truc un peu sympathique qui se passe.
36:26 Surtout, il ne faut pas repousser ces objectifs.
36:29 À tout point de vue, ce serait un petit peu contre-productif, je pense.
36:31 On parlait d'innovation tout à l'heure, Nicolas.
36:33 Ce qu'on décrit, l'avènement du véhicule électrique,
36:36 ça peut changer le statut boursier des grands assembleurs européens ?
36:42 Traditionnels ?
36:43 Ça peut le dégrader, oui.
36:44 Ça peut le dégrader ?
36:45 C'est à l'œuvre.
36:46 C'est comme ça que vous le voyez, alors ?
36:47 C'est à l'œuvre, ce n'est pas créateur de richesse.
36:49 On n'a pas...
36:51 Les marges automobiles, elles ne se sont jamais aussi bien portées
36:54 qu'aujourd'hui, quand même, dans le secteur.
36:56 Attendez, attendez, attendez.
36:57 Vous prenez quelques exemples et vous n'en faites pas une généralité.
37:01 Moi, je crois, c'est un avis tranché, donc évidemment complètement contestable,
37:09 que l'électrique n'est pas un produit qui correspond à une demande forte
37:16 du consommateur, de l'utilisateur final, dont on ne parle d'ailleurs jamais.
37:19 On parle d'une urgence, d'une accommodation...
37:22 C'est la demande de la réglementation ?
37:24 C'est la demande réglementaire, politique ?
37:26 D'une décision politique.
37:28 C'est ce qui semble guider les choses en ce moment.
37:30 D'accord. Enfin, à la fin de l'histoire, en tout cas nous, on est dans une sphère d'investissement.
37:35 On va être très soucieux de, est-ce que le produit qu'on propose
37:40 correspond à une aspiration du client final ?
37:44 Sinon, il y a un moment donné où il va voter avec ses pieds.
37:48 Il accélérera aussi la substitution ou l'arrêt de l'usage ou d'acquisition d'un véhicule.
37:55 Et puis, il en aura quand même, parce que c'est ce qu'on entend sur le terrain,
38:00 des gens qui en ont quand même marre et qui reviennent d'ailleurs.
38:03 Il paraît que le marché du secondaire, du thermique-essence, est en train de remonter
38:08 parce qu'il y en a quand même marre pour les quatrièmes vacances.
38:12 Je m'arrête une heure et demie pour recharger et quand j'ai un pépin,
38:15 personne ne sait le réparer. Pardon, j'en fais trop, mais c'est pour dire.
38:19 L'industrie automobile européenne est rentrée dans un cycle
38:28 où celui qui fait la loi et quelque chose qui nous fait fuir,
38:33 c'est l'État, les politiques, les décisions.
38:37 Trop de politique dans tout ça.
38:39 Trop de politique, vous ne maîtrisez plus les questions.
38:41 Mais pourtant, Nicolas, le luxe de la voiture, c'est Tesla.
38:43 Et puis maintenant, c'est quand même 10 minutes pour 80% de recharge
38:46 de la plupart des voitures électriques qui sortent.
38:48 On n'a plus ces problématiques-là dans les nouveaux véhicules.
38:50 Pour les cinquièmes vacances en véhicule électrique, vous verrez Nicolas.
38:53 Et puis si en 700 kilomètres, vous n'arrêtez pas pour faire un petit pipi
38:56 ou prendre un café, je vous félicite.
38:58 Bon, après...
39:00 Bon, il y avait... J'ajoute.
39:04 Nous, on avait 25 ans, on entendait déjà qu'il y avait trop de constructeurs automobiles.
39:10 Maintenant, en Chine, il y en a autant qu'avant dans le monde.
39:13 Oui.
39:14 Il y a plus de conducteurs chinois.
39:16 C'est le plus gros exportateur de voitures aujourd'hui au monde, la Chine, devant Toyota.
39:20 Avant, ils étaient à vélo.
39:21 En deux ans, ils sont passés de zéro à je ne sais plus combien de centaines de milliers d'euros.
39:25 Il y a une flétorique et Amstram-Gram qui va gagner à la fin.
39:28 Et ceux qui maîtrisent la batterie.
39:30 Oui.
39:31 Il y a un leader mondial qui s'appelle CATL, qui est le plus gros producteur mondial de batteries électriques
39:36 et qui travaille avec tout le monde.
39:38 Je crois que Ford, dans je ne sais plus quel état américain, travaille en partenariat, sous licence avec CATL.
39:44 Qui fait le maillage des recharges ?
39:45 Hein ?
39:46 Qui fait le maillage des stations de recharge ?
39:47 Qui fait le maillage ? Ben, je ne sais pas.
39:49 Aux Etats-Unis, par exemple.
39:50 Oui. Il y a quelques acteurs ?
39:51 Ah ben, il y en a un, oui. C'est Tesla.
39:53 Oui, Tesla.
39:54 Oui, bien sûr.
39:55 On a des bons câbliers français aussi. On a Vercors, on a ACC, on a des acteurs.
39:59 On verra qui remportera les...
40:00 Mais il y a plein d'acteurs qui ne sont pas encore cotés dans la distribution de bornes de recharge, etc.
40:05 On verra.
40:06 Bon, ben voilà, on s'arrête là-dessus.
40:09 Ben oui, il faut.
40:11 Qu'on le veuille ou non, le monde sera électrique.
40:13 Mais qu'on le veuille ou non.
40:14 D'une façon ou d'une autre.
40:16 Merci à vous trois d'avoir été les invités de Planète Marché ce soir.
40:19 Virginie Robert, Constance Associé, Nicolas Brault, Autungre, Banque privée et Jean-François Robin, Natixis.

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