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  • il y a 10 heures
Vendredi 20 mars 2026, retrouvez Christophe Marion (Député, Loir-et-Cher) et Daphné De Marolles (Responsable en France de la branche Arts, AXA XL) dans ART & MARCHÉ, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.

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Transcription
00:01Générique
00:07Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Art et Marché, l'émission qui vous ouvre les portes du marché
00:12de l'art.
00:12Et parmi les dossiers importants qui attendent la nouvelle ministre de la Culture, Catherine Pégard,
00:18figure la question de la sécurisation des collections publiques.
00:21Après le cambriolage survenu au musée du Louvre en octobre 2025,
00:26la sécurité des musées est redevenue un enjeu majeur.
00:29Le député de Loire-et-Cher, Christophe Marion, missionné par le gouvernement,
00:34a récemment remis un rapport sur la situation et formule plusieurs recommandations.
00:38L'art doit-il être mieux protégé ? C'est la question que nous nous posons dans Art et Marché.
00:43C'est parti.
00:48Suite au vol survenu au Louvre le 19 octobre 2025, Rachida Haddati, alors ministre de la Culture,
00:54a demandé au député du Loire-et-Cher, Christophe Marion, d'élaborer un rapport sur la sécurisation des collections publiques.
01:02L'art doit-il donc être mieux protégé ? Pour en parler, je suis ravie d'être en plateau avec
01:07Daphné Demarolle.
01:08Bonjour.
01:09Bonjour.
01:09Vous êtes responsable en France de la branche Art, Daxa, XL.
01:13Et Christophe Marion, qui est en visio avec nous, député du Loire-et-Cher et auteur du rapport.
01:19Merci beaucoup, monsieur le député, de pouvoir répondre à notre question.
01:23Comme vous l'indiquez dans le rapport, il y a déjà un cadre législatif qui existe.
01:27Mais est-ce que le vol du Louvre a souligné des failles ?
01:31Est-ce que, selon vous, il y aurait des éléments importants à élaborer en plus pour combler ces failles ?
01:39Si vous voulez, aujourd'hui, j'allais dire que tout dépend de l'établissement, tout dépend, le vol est pris
01:48en compte un peu en fonction des conservateurs ou des chefs d'établissement.
01:54Parce qu'autant il existe des réglementations pour la lutte contre l'incendie, par exemple.
01:58On sait tous ce qu'est une commission de sécurité, on sait tous qu'il faut des extincteurs, qu'il
02:04faut des alarmes anti-incendie.
02:06Tout ça est très bien réglementé, normé.
02:08S'agissant du cambriolage, du vol, de la dégradation d'œuvres, il n'y a pas de législation consacrée à
02:16ces problématiques.
02:17Il n'y a pas de réglementation qui prévoit un nombre de caméras par mètre carré, enfin, ou que sais
02:24-je encore.
02:24Donc, tout dépend de la volonté du chef d'établissement, tout dépend de la volonté du conservateur qui a plus
02:32ou moins pris en compte le risque vol, cambriolage, incendie.
02:35Ce qui fait que la situation est extrêmement diverse d'un établissement culturel à un autre.
02:40Dans votre rapport, vous établissez trois grands axes de recommandations.
02:45Est-ce que vous pourriez nous les donner, nous indiquer comment est-ce que vous êtes arrivé à ces axes
02:50?
02:51Alors, il y a en effet une vingtaine de recommandations que nous pouvons faire.
02:56La première, selon moi, est d'imposer dans les documents qui, aujourd'hui, sont obligatoires pour un établissement culturel, qu
03:06'on impose un volet sûreté.
03:07Il existe un volet sécurité. Dans les projets scientifiques et culturels, il existe un volet sécurité, incendie, inondation, risque naturel.
03:17Il faut absolument mettre en place un volet sûreté et notamment faire une analyse des risques.
03:24Une analyse des risques qui va permettre d'établir un plan sûreté pour identifier les moyens nécessaires, le calendrier d
03:33'application de ces moyens,
03:34de manière à renforcer la sûreté des établissements culturels, musées ou patrimoines, évidemment.
03:41Donc, vraiment, pour moi, la recommandation essentielle, c'est d'avoir ce volet sûreté et qu'on impose une cartographie
03:48des risques et une analyse des risques.
03:49Parce que si on n'a pas ça, on ne va pas savoir vraiment contre quoi on doit se plaindre,
03:54contre quoi on doit se protéger.
03:56De Marolle, Christophe Marion appelle à une meilleure cartographie des collections sensibles, des interventions prioritaires.
04:05Vous, en tant qu'assureur, quel serait l'état des lieux que vous pourriez donner des collections publiques et de
04:10leur sécurité ?
04:12Je pense que ce que l'on peut constater, c'est qu'il y a une évolution du risque.
04:16Il y avait jusqu'à présent, je dirais, une doctrine qui était plus orientée vers la conservation, plus que des
04:25risques multiples.
04:26Donc, ces risques ont évolué et on a multiplicité de risques qui peuvent se produire, qui vont être aussi bien
04:34du vandalisme, qui vont être aussi bien du vol.
04:37En effet, comme on l'a vu récemment, mais ça, c'est une évolution.
04:41Jusqu'à présent, on regardait vraiment le risque et on l'analysait au sein du musée, essentiellement sous l'angle
04:48de la conservation.
04:50Donc, il existait une culture de la prévention qui s'appuyait sur la nécessité de protéger rapidement les œuvres les
04:58plus importantes et de gérer leur bonne conservation.
05:03Cette évolution, c'est quelque chose qui existe déjà dans la démarche de l'assureur depuis de nombreuses années, puisqu
05:09'on va donner des conditions de mise en œuvre de nos garanties qui sont basées finalement sur cette évaluation que
05:16l'on a fait, l'analyse du risque que l'on a fait.
05:19On va conseiller, je dirais, des moyens de précaution mécaniques, comme des serrures, comme des fenêtres, ou un processus pour
05:27rentrer dans le musée.
05:28Toutes sortes de dimensions qui étaient basées sur une approche plus large.
05:33Christophe Marion, selon vous, pourquoi est-ce que l'art attire ? On voit que les vols sont peut-être,
05:39en tout cas les incidents sont peut-être constants depuis dix ans, mais c'est à regret, c'est quand
05:45même constant depuis dix ans.
05:46Pourquoi est-ce qu'on a notamment notifié des vols plus élevés, pour le coup, fin 2025 ?
05:55Alors, en fait, il n'y a pas d'augmentation spectaculaire de vols dans les musées, mais ce qu'on
06:03constate, c'est d'abord que ces vols deviennent de plus en plus violents, ça c'est une première chose,
06:08et surtout, les objectifs changent. C'est-à-dire que vous aviez un trafic qui a toujours existé, d'ailleurs,
06:14d'œuvres d'art pour alimenter un marché d'art parallèle,
06:18et c'était plutôt des vols d'œuvres d'art en fonction de leurs valeurs artistiques, si j'ose dire.
06:25Aujourd'hui, on est davantage sur du cambriolage de grand banditisme, où on va s'intéresser aux métaux précieux.
06:32Et donc, on va s'intéresser à l'or, à l'argent, pour fondre les objets, non pas pour les
06:38vendre en fonction de leurs valeurs patrimoniales ou historiques,
06:41mais plutôt en fonction de leurs valeurs en termes de métaux précieux qu'ils peuvent conserver.
06:46Ce qui fait que c'est beaucoup plus difficile à tracer, parce que quand vous tracez une œuvre d'art,
06:51vous savez, si elle est bien tracée,
06:53à quel moment elle va être vendue, chez quel antiquaire, enfin, vous arrivez à retrouver l'objet.
06:59Mais dès lors que cet objet, s'il est composé, par exemple, et je le dis évidemment en toute connaissance
07:06de cause,
07:07si c'est une couronne avec des pierres précieuses, qu'on va faire fondre la couronne et qu'on va
07:11retirer les pierres précieuses pour les vendre à l'unité,
07:13c'est beaucoup plus difficile à retrouver. Donc, une évolution dans les modes opératoires, dans les objets qui peuvent être
07:20vendus,
07:21dans le personnel aujourd'hui qui est à l'œuvre au moment de ces cambriolages, on se rapproche du grand
07:26banditisme.
07:27Donc, ça, c'est une évolution qui est beaucoup plus dangereuse et qui pose davantage de problèmes.
07:32Daphné Marolle, est-ce que toutes les collections publiques sont couvertes ? Comment ça se passe, l'assurance des collections
07:39publiques ?
07:40Alors, aujourd'hui, les collections publiques, il s'agit des collections permanentes, c'est-à-dire celles qui sont abritées
07:46dans le musée de façon permanente.
07:48L'assureur, généralement, est l'État. L'État va solliciter, l'institution va solliciter l'assureur pour assurer les expositions
07:57temporaires.
07:59Donc, ces expositions temporaires, elles sont assurées soit pour des œuvres qui sont prêtées, soit parce que les œuvres, l
08:04'exposition,
08:05et c'est de plus en plus le cas, est itinérante et va littéralement faire un tour du monde, parfois.
08:09Et donc, ces étapes-là vont être assurées.
08:12Du coup, est-ce que vous faites évoluer le sinistre ou le risque, la couverture de sinistre, au fur et
08:20à mesure des années,
08:21et des évolutions qu'on retrouve dans, justement, ces manières d'exposer, etc., et des risques face auxquels sont les
08:27musées ?
08:28On est toujours sur quelque chose de singulier, c'est-à-dire qu'à chaque fois qu'on va être
08:32saisi pour étudier un risque,
08:34on va toujours l'approcher de façon particulière et sur mesure, pour chaque risque.
08:39Donc, on va rechercher quelle est l'exposition.
08:43La référence à, aujourd'hui, on vole moins des œuvres pour leur valeur artistique,
08:49mais plus des objets ayant une valeur, je dirais, de revente une fois transformée, c'est une réalité que l
08:55'on a observée aussi.
08:56Donc, on va faire évoluer notre accompagnement en conseillant, au moment où le parcours de l'exposition se conçoit,
09:04en conseillant pour pouvoir placer les œuvres qui peuvent être identifiées comme faciles à voler,
09:10faciles à « revendre », qu'elles soient placées à des endroits judicieux, qu'elles soient protégées,
09:16qu'elles ne soient pas toutes réunies au même endroit.
09:18On va apporter notre conseil là-dessus.
09:20C'est sur ce point-là que l'on a fait évoluer les choses essentiellement aujourd'hui,
09:24parce que le facteur clé, c'est le temps.
09:27Donc, compliquer l'accès, multiplier les points sur lesquels il faut intervenir pour voler quelque chose,
09:32c'est clé pour pouvoir améliorer la protection.
09:36Car le risque numéro un des collections publiques, ce serait lequel aujourd'hui ?
09:40Alors, on a souvent pensé que le risque maximum, c'était le transport.
09:45Et c'est vrai que le transport, la manipulation, l'emballage, toutes ces étapes-là,
09:49quelle que soit la raison du déplacement, c'est le risque du dommage accidentel.
09:52On a également des dommages.
09:55Alors, on n'y pense pas parce que ça paraît un peu moins évident,
09:58mais on peut avoir un dégât des oeufs qui peut venir de choses assez...
10:02Ça, on en a entendu parler pour le Louvre aussi, oui.
10:05Voilà.
10:05On a également une exposition qui augmente aux catastrophes naturelles,
10:10après un risque de tempête, après une inondation,
10:13si les réserves sont situées en zone inondable, des tas de choses comme ça.
10:16Et effectivement, on a vu récemment une augmentation,
10:19ou plus exactement des choses un peu plus tapageuses, un peu plus médiatisées,
10:23sur le vandalisme et sur le vol.
10:25Je partage tout à fait l'avis de M. Marion là-dessus.
10:28Oui, Christophe Marion, pour vous,
10:29comment est-ce qu'on peut vraiment concilier une protection,
10:34une meilleure protection des oeuvres et une ouverture du musée ?
10:38Parce que c'est quand même ça l'objectif, la mission première du musée,
10:42c'est d'être quand même ouvert à tout public et d'être dans cette volonté
10:46d'attirer toujours de nouveaux publics.
10:48Comment bien concilier sécurité et ouverture ?
10:53Moi, je ne pense pas qu'on puisse opposer les deux.
10:57En tous les cas, la réflexion, elle doit être globale.
11:01On doit à la fois réfléchir à la médiation, à l'ouverture au public,
11:05mais ça ne doit pas empêcher de réfléchir aux questions de sûreté des oeuvres qui s'y trouvent.
11:10Je crois même qu'une réflexion doit être menée sur la place du public
11:14dans ces problématiques liées à la sûreté.
11:16Comment est-ce qu'aujourd'hui, on fait du public aussi des acteurs de la sûreté
11:22des biens qui se trouvent dans les musées qu'ils visitent ?
11:25Je crois que c'est un axe de réflexion qu'il faut avoir.
11:27Ensuite, il y a plusieurs préconisations qui doivent être mises en place, à mon sens.
11:32D'abord, rapprocher les forces de l'ordre des responsables de musées.
11:37Les chefs d'établissement connaissent très bien les pompiers
11:40parce qu'évidemment, la problématique sécurité-incendie est bien identifiée.
11:44Il y a des commissions de sécurité qui se réunissent.
11:46Donc tout ça est parfaitement bien connu.
11:47Mais ils connaissent très peu les référents sûreté du commissariat de police
11:52ou de la brigade de gendarmerie.
11:54Ils connaissent très peu les forces de l'ordre
11:55parce qu'ils ont moins l'habitude de les voir.
11:57Il faut rapprocher ces deux mondes différents en organisant des exercices.
12:02On sait ce qu'est un exercice sécurité.
12:04Un exercice sûreté, c'est quand même un peu moins connu.
12:08Comment est-ce qu'on réagit quand on est personnel d'accueil,
12:11de surveillance, de magasinage, d'un musée ?
12:13Comment est-ce qu'on réagit en cas de vol ?
12:14Aujourd'hui, on protège essentiellement le public.
12:19Est-ce qu'on doit faire évoluer cette doctrine d'intervention ?
12:22Est-ce qu'on doit rappeler un certain nombre de possibilités
12:26pour un agent d'accueil d'intervenir pour empêcher la commission d'une infraction ?
12:30Ça, c'est l'article 73 du Code de procédure pénale.
12:33Donc il y a un certain nombre de chantiers sur lesquels il faut avancer,
12:36mettre en place des exercices, par exemple.
12:40Mais ça passe aussi par peut-être une réflexion autour de la place du public
12:44sur les questions de sûreté des biens culturels.
12:48Donc plusieurs chantiers qui doivent être ouverts, à mon sens,
12:51pour renforcer cette sûreté.
12:55Merci beaucoup Daphne de Marolle.
12:57Je rappelle que vous êtes responsable en France de la branche art d'AXA XL.
13:01Et merci beaucoup Christophe Marion de nous avoir rejoint en visio.
13:04Vous êtes député du Loire-et-Cher et auteur du rapport
13:08sur la sécurisation des collections publiques.
13:10Et merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis.
13:12C'était Arrêt Marché.
13:21Merci à vous.
13:22– Sous-titrage FR Marshne
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