- il y a 8 heures
Air&Défense, c’est l’émission qui décrypte les grands enjeux industriels de L'aéronautique, du spatial et de la défense...trois secteurs au coeur des stratégies économiques mondiales. Réarmement, souveraineté, innovation… comment conserver une supériorité technologique et garantir la sécurité de tous dans un monde de plus en plus complexe ?
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00:02BFM Business avec la Tribune et Air et Cosmos présente
00:09Air et Défense, Jean-Baptiste Huette
00:14Bienvenue dans Air et Défense, la France et l'Europe ont enfin retrouvé la voie des étoiles.
00:20Depuis maintenant quelques mois, la fusée Ariane 6 enchaîne les tirs depuis le centre spatial guyanais.
00:26Des satellites pour l'Etat, des satellites pour Amazon.
00:28Alors la suite c'est quoi ? On en parlera avec David Cavaioles, le président exécutif d'Arianespace qui sera
00:34avec nous dans quelques instants.
00:36On a attendu ces derniers jours, fébrilement, le nom du nouveau porte-avions français.
00:41Ce sera le France Libre. 88 000 tonnes, des chaudières nucléaires, 40 avions, un mastodonte.
00:50On va en parler avec Léo Barnier d'Air et Cosmos dans le décryptage.
00:53Et puis enfin, une icône nous a quittés, le chasseur F-14, tome 4, celui-là même qui a fait
01:00les belles heures de Top Gun.
01:02Eh bien, les derniers exemplaires encore en service viennent d'être détruits ces dernières semaines lors de la guerre en
01:08Iran.
01:08On en parlera avec Antoine Larigolet.
01:11Air et Défense, l'interview.
01:16David Cavaioles, bonjour.
01:18Bonjour.
01:18Vous êtes le président exécutif d'Arianespace.
01:20Merci beaucoup d'être avec nous dans Air et Défense.
01:22À mes côtés, comme chaque semaine, Michel Cabirol, rédacteur en chef du pôle aérospatial, défense, transport, à la tribune.
01:28Bonjour Michel.
01:29Bonjour Jean-Baptiste.
01:30J'allais vous demander, David Cavaioles, est-ce que depuis quelques jours, quelques semaines, vous dormez un petit peu mieux
01:36?
01:36Je dis ça parce que le dernier tir d'Arianespace était particulièrement important pour vous.
01:42Ariane 6, 4, avec 4 boosters, donc dans sa version lourde.
01:46Et puis, niché dans la coiffe d'Arianespace, 32 satellites pour la constellation Léo d'Amazon, donc un client extrêmement
01:54important pour vous.
01:55C'est quoi la suite là, justement ?
01:57Effectivement, le 12 février dernier, on a procédé à un lancement qui était historique.
02:01C'était un tout premier vol avec une version d'Arian 6 qui était en fait deux fois plus puissante
02:06que celle qu'on avait utilisée jusqu'à présent.
02:08Donc, en réalité, c'était un nouveau lanceur.
02:10C'était la première mission pour Amazon, vous l'avez souligné.
02:14Par en tête qu'on a 18 vols programmés avec Amazon, il en reste 17.
02:17Et donc, évidemment, réussir le premier, ça nous met du vent dans les voiles.
02:21Aujourd'hui, il y a une confiance avec ce client qui est plus forte que jamais.
02:24Et surtout, on voit que les clients du monde entier ont suivi avec beaucoup d'intérêt ce lancement.
02:29On a des retours très positifs.
02:31Et donc, tout ça nous donne beaucoup d'énergie pour poursuivre et pour accélérer.
02:36Puisqu'évidemment, on a face à nous une montée en cadence qui se veut la plus rapide possible.
02:39Ces dernières heures, on a pu voir arriver à Kourou une nouvelle cargaison de satellite Léo pour Amazon.
02:47Ça doit partir quand ? À vue de nez ? Le prochain ?
02:50Dans quelques semaines.
02:51Et on précisera très prochainement la date.
02:53Ce qui est clair, c'est que cette année, on vise 7 à 8 lancements.
02:56C'est le double de ce qu'on a réalisé l'année dernière.
02:58Donc, c'est un vrai défi.
03:01Et peu ou prou, la moitié de ces lancements seront pour Amazon.
03:03Le prochain sera pour Amazon avec une mission assez similaire à celle qu'on a réussie en février.
03:08Et donc là, les équipes sont à pied d'œuvre et préparent la prochaine mission qui va se produire très
03:15prochainement.
03:15Et pour Amazon, on est toujours en version lourde, 6-4.
03:18C'est-à-dire qu'on a vraiment à chaque fois une trentaine de satellites sous la coiffe.
03:21Ce qui est l'une des spécificités d'Ariane qui est capable, si je ne dis pas de bêtises,
03:24d'envoyer aux alentours de 20 tonnes en orbite basse, qui est quand même assez massif.
03:27Bref, exactement.
03:28Ce qu'il faut savoir, c'est que le projet d'Amazon, il est incroyablement ambitieux.
03:32Amazon veut envoyer 3 000 satellites pour la première génération de son infrastructure.
03:37Récemment, Amazon a communiqué sur le fait que 5 000 satellites supplémentaires allaient être déployés.
03:41Et donc pour ça, il faut utiliser les fusées les plus puissantes.
03:45C'est le cas d'Ariane 6 dans sa version Ariane 64, qui est la fusée la plus puissante d
03:49'Europe et de loin.
03:50Et donc pour ce second lancement, on aura de nouveau 32 satellites.
03:54Et pareil, on va faire évoluer progressivement le lanceur pour le rendre de plus en plus performant
03:59et donc pouvoir avoir à bord de plus en plus de satellites.
04:03Vous avez un objectif de 7 à 8 lancements justement en 2026.
04:08Vous n'en avez qu'un jusqu'à présent.
04:10Est-ce que le challenge est élevé justement pour remplir vos objectifs de 7 à 8 d'ici à la
04:15fin de l'année ?
04:17Un chiffre qui est intéressant, c'est qu'entre le premier vol d'Ariane 6, qui était mis en 2024,
04:23et le cinquième, qui était en fin des dernières, on a mis 17 mois.
04:27Et 17 mois, c'est un record historique.
04:30Jamais un nouveau lanceur lourd dans le monde, en Europe, aux Etats-Unis, en Asie,
04:34n'a été déployé, n'est monté en puissance aussi vite.
04:38Aujourd'hui, avec le premier vol réalisé le 12 février, on l'évoquait à l'instant,
04:42on reste sur ces standards et en faisant 7 à 8 lancements cette année,
04:46on va prouver une nouvelle fois que notre schéma industriel est puissant.
04:51Est-ce que c'est un défi ?
04:52Évidemment, on a des équipes, il y a des milliers de personnes qui au quotidien se battent partout en Europe
04:56pour permettre ce résultat, mais tout le monde est très motivé et pour l'instant, ça va dans le bon
05:00sens.
05:01Justement, depuis le début de l'année, je crois qu'il y a eu à peu près 42 lancements dans
05:05le monde,
05:05dont 39 réussis, les Etats-Unis ont fait à peu près 28 lancements, l'Europe 1.
05:12Alors, sans inverser évidemment la tendance, comment l'Europe peut-elle réduire l'écart
05:17par rapport à l'hégémonie américaine ?
05:21Je crois que le point de départ, ce n'est pas les fusées, c'est les satellites.
05:25Si on lance des fusées, c'est pour rendre possible des missions satellitaires,
05:28et ce dont on a besoin en Europe, c'est de davantage de programmes spatiaux,
05:32de davantage de programmes satellitaires.
05:35Aujourd'hui, les deux tiers de mon carnet de commandes sont avec des clients commerciaux en dehors d'Europe.
05:41Tout simplement parce qu'en Europe, ces dernières années, la demande était limitée.
05:45On voit aujourd'hui un point d'inflexion qui est net.
05:48Au niveau de la Commission européenne, vous avez des programmes comme Iris Square qui se veulent très ambitieux.
05:53L'Allemagne a annoncé un changement de dimension d'un point de vue budgétaire.
05:58Donc tout ça va donner lieu à des programmes très concrets.
06:00Moi, mon message, il est simple.
06:02Avec RNSYS, on a le bon produit et on sera au rendez-vous pour déployer les projets européens.
06:06L'Allemagne, justement, puisqu'on en parle, sujet absolument majeur dans les années qui viennent.
06:1235 milliards ou 30 milliards d'euros qui vont être dépensés dans le spatial dans les années qui viennent.
06:15Vous devez d'ailleurs, si je ne dis pas de bêtises, envoyer pour la Bundeswehr bientôt
06:19deux satellites de télécommunication pour l'armée allemande, un SATCOM.
06:25C'est un petit peu pour vous une vitrine qui peut plus tard vous ouvrir les portes du marché allemand
06:32?
06:33Ce qui est important d'avoir en tête, c'est qu'Ariensis, c'est un projet qui fondamentalement est européen.
06:38C'est un projet de coopération et je crois qu'on peut dire que c'est un exemple en Europe
06:42de coopération très réussie.
06:44Les Allemands représentent un peu plus de 20% du développement et de la production d'Ariensis.
06:49C'est le deuxième pays le plus impliqué.
06:51Donc Ariensis, c'est aussi une réussite allemande et je pense qu'il faut le souligner.
06:57En fin d'année dernière, vous venez de le dire, on a signé deux contrats avec l'Allemagne pour relancer
07:02deux gros satellites de télécommunication.
07:04C'était un peu avant les annonces du ministre de la Défense,
07:07les annonces de ces 35 milliards qui changent fondamentalement la donne.
07:12Tout ça va donner lieu à de très nombreux programmes et évidemment,
07:15on est en discussion quasi quotidienne avec nos partenaires allemands
07:18pour voir comment Ariensis peut se mettre au service des besoins souverains allemands.
07:23Sur ce même plateau avec Michel, on avait il y a quelques semaines justement Jean-François Falachier,
07:28le patron de Telsat, qui lui se désespérait un petit peu,
07:32disant que les Allemands, on aimerait bien qu'ils viennent frapper à la porte.
07:35On a des plateformes satellitaires intéressantes.
07:37Est-ce que vous êtes confiant ?
07:39Je suis confiant parce que j'étais à Berlin et à Bonn ces dernières semaines.
07:44J'ai été très bien accueilli.
07:45On a parlé de choses très concrètes et surtout, on l'a fait en confiance, dans un esprit de coopération.
07:51C'est sûr que c'est toujours plus difficile de coopérer, d'y aller à plusieurs,
07:55mais je pense que dans notre secteur où la concurrence est brutale,
07:58où la concurrence est américaine, elle est chinoise, elle est internationale,
08:01c'est seulement au niveau européen, au niveau continental, qu'on peut être pertinent.
08:07Justement, on parlait de préférence européenne, mais on voit bien que pas mal de pays européens
08:13choisissent pour leurs satellites institutionnels et militaires des lanceurs américains.
08:19Ce n'est pas frustrant pour vous, en tant que président exécutif d'Ariane Space,
08:24de voir filer sous votre nez des contrats qui pourraient être signés avec Ariane 6 ?
08:30Je crois qu'il est bon de rappeler que quand on parle de préférence européenne,
08:35on ne parle pas de protectionnisme.
08:36Pour moi, c'est une question de cohérence stratégique.
08:39Aujourd'hui, quand les Américains lancent des satellites souverains,
08:42que ce soit la NASA, que ce soit l'armée américaine,
08:45c'est fait avec des lanceurs américains, systématiquement.
08:47Il n'y a pas d'exception.
08:49Ce même principe existe en Chine, il existe en Russie, il existe partout, sauf en Europe.
08:54Évidemment, c'est problématique.
08:55Encore une fois, nous, aujourd'hui, on s'est battus, on s'est mis en mesure d'avoir deux tiers
08:59de notre carnet de commandes à l'export.
09:00Mais si on n'a pas un marché interne qui est profond, qui est solide,
09:04on ne pourra pas durablement rayonner en dehors d'Europe.
09:07Donc oui, il faut une préférence européenne.
09:10Et ça me paraît être l'évidence que les grands programmes à venir,
09:13on a évoqué les programmes allemands,
09:14on a évoqué les programmes de la Commission européenne comme Iris Square,
09:16il faut que ces programmes mobilisent des acteurs européens qui sont là,
09:20qui sont au niveau et qui sont très motivés.
09:22Justement, sur Iris Square, normalement, la constellation va arriver en 2030,
09:28si tout va bien, on touche du bois.
09:32Donc, vous êtes capable, vous, Arianespace, de lancer 15 à 20 lancements pour cette constellation ?
09:39Est-ce que vous avez la capacité de le faire aujourd'hui ?
09:42Absolument, absolument.
09:44Alors, il est vrai que ces dernières années, on a beaucoup communiqué sur le fait
09:46qu'on avait un carnet de commandes bien rempli,
09:48ce qui était une bonne nouvelle pour un nouveau lanceur.
09:51Ce qui est vrai aussi, c'est que comme la montée en cadence se passe bien,
09:54comme on lance de plus en plus souvent,
09:56évidemment, on régénère de la capacité à lancer,
09:58de la capacité à signer des contrats pour des nouveaux clients.
10:01Donc, oui, évidemment, on sera au rendez-vous d'Iris Square,
10:04comme on sera au rendez-vous des projets de fourrins allemands
10:06et de tout autre État européen qui souhaite lancer ce genre de mission.
10:11Gardons en tête qu'en cible, et cette cible, on va l'atteindre rapidement,
10:14Arian 6, on pourra la lancer jusqu'à 10 fois par an, avec plus de 20 tonnes de performance.
10:19Je vous laisse faire le calcul, ça permet de déployer à grande vitesse d'infrastructures de taille majeure.
10:24Donc, bien évidemment, que Iris Square peut être lancée avec Arian 6
10:28et sera lancée avec Arian 6, en tout cas, principalement.
10:30Sur les deux orbites, Léo et Méo ?
10:33Avec Arian 6, on peut faire du Léo, du Méo, du GTO, on peut faire toutes les orbites.
10:38Peut-être que certains petits lanceurs seront mobilisés en complément d'Arian 6 sur certaines orbites,
10:42et c'est très bien.
10:43En tout cas, on peut déployer tout type de satellite sur tout type d'orbite.
10:46Avec Arian 6, la fusée a été conçue pour cela.
10:48Comment ça se passe, parce que c'est la question majeure, les cadences de production,
10:52c'est la maison mère Ariane Group qui produit les fusées,
10:55comment ça se passe du côté des cadences ?
10:58Vous dites avoir besoin de garantir, d'avoir des commandes
11:01avant qu'on puisse lancer la production.
11:04Je pense à ce que disait quand même le chef de l'État hier,
11:06lorsqu'il était en train de présenter le nouveau porte-avions.
11:09Il expliquait, de manière un petit peu générale,
11:11et en tout cas au monde de la défense,
11:13« N'attendez pas toujours des commandes, faites les choses vous-même,
11:17prenez de l'avance de phase, comment on règle le curseur ? »
11:21Alors, je crois qu'avec des centaines de millions d'euros
11:23qui ont été investis par l'industrie,
11:25c'est du risque qu'on a pris dans Arian 6,
11:28avec, encore une fois, les deux tiers de notre carnet de commandes
11:30qui sont à l'export,
11:32des contrats gagnés sur les marchés concurrentiels.
11:34Je pense qu'en termes de prise de risque,
11:36en termes de prise en main de notre destin,
11:38on fait le job et on est prêt à continuer.
11:41À côté de ça, il faut une notion d'équilibre.
11:43Dans les prochaines années,
11:44on a moins de trois missions institutionnelles par an.
11:46C'est peu, c'est trop peu,
11:48c'est moins que ce qui avait été discuté
11:50quand le programme Arian 6 a été engagé.
11:52Donc, je crois qu'une remise à l'équilibre
11:54du rapport entre institutionnel et commercial
11:57sera bienvenue.
11:58Encore une fois, ces grands programmes qui arrivent,
12:00Iris Square et autres,
12:01vont permettre de remettre la pendule à l'heure,
12:04si vous me permettez l'expression.
12:06Il y a quelques semaines,
12:08il y avait le ministre en charge de l'espace,
12:10M. Philippe Baptiste,
12:10qui était ici présent.
12:12Il nous a dit qu'il faudrait qu'Ariane Group
12:14et donc Ariane Espace fassent un effort
12:16sur la maîtrise des coûts.
12:18Ça veut dire quoi pour vous ?
12:19Aujourd'hui, dans le spatial,
12:21on est entré dans une guerre des prix.
12:23Ça a commencé il y a quelques années.
12:26SpaceX, évidemment, a joué un rôle important,
12:28mais ça n'est pas le seul,
12:30ça n'est plus le seul.
12:31On voit qu'il y a de plus en plus d'acteurs
12:32partout dans le monde.
12:33Aux États-Unis, en Chine,
12:35mais pas que,
12:35qui arrivent avec des produits innovants,
12:38mais surtout avec des produits peu chers.
12:41Et donc, c'est une nouvelle logique
12:42et je pense que ça n'est pas temporaire.
12:44On va vivre durablement dans un monde
12:47où la capacité à faire du low cost,
12:50en tout cas à faire baisser
12:51continuellement les coûts, est cruciale.
12:53Est-ce que vous avez des marges, vous, pour le faire ?
12:55On dégage des marges.
12:57On dégage des marges.
12:58Je vais vous donner des exemples.
12:59Dans le courant de l'année,
13:01on va introduire une version un peu évoluée
13:02de cette fameuse Ariane 64
13:04avec des boosters plus longs.
13:05Ça permet de gagner en performance,
13:07ça permet de gagner en puissance.
13:08Et c'est-à-dire que pour une même fusée,
13:09vous pouvez embarquer plus de satellites.
13:11Ça veut dire que le prix par kilo va diminuer.
13:14Autre exemple,
13:15on a investi sur l'intelligence artificielle.
13:18Le traitement des données,
13:19au-delà de la production des lanceurs,
13:20mais le traitement des données,
13:22il est crucial,
13:23il est critique dans un système complexe
13:24comme une fusée,
13:25je suis certain qu'on a des capacités
13:28à gagner en vitesse et à gagner en coût
13:30sur ces terrains-là.
13:32Et donc, on y va avec beaucoup d'énergie.
13:34Je voulais vous poser la question
13:36du centre spatial Guyaday, de Kourou.
13:38Comment va Kourou ?
13:39On a vu ces dernières années,
13:40je me rappelle d'anciens rapports
13:41de la Cour des comptes,
13:42notamment, qui expliquaient
13:43qu'il fallait absolument moderniser Kourou,
13:45qu'à l'époque, c'était un petit peu compliqué,
13:46qu'on avait des installations
13:48qui étaient un petit peu vétustes, etc.
13:49Il y a eu un gros travail de fait à Kourou,
13:51évidemment pour le pas de tir d'Ariane 6,
13:52mais pas que.
13:54Comment vous regardez aujourd'hui
13:56le CSG, le Centre Spatial Guyaday,
13:58en termes de technologie ?
13:59Vous parliez d'intelligence artificielle,
14:00justement, à l'instant.
14:01Comment vous regardez un petit peu
14:02ce qui se passe là-bas ?
14:03Je crois qu'on peut dire que Kourou revit.
14:05Le métier, la vocation des gens
14:07qui travaillent au Centre Spatial Guyaday,
14:09c'est de lancer.
14:09Or, ces dernières années,
14:11jusqu'à fin 2024,
14:13très peu de fusées ont été lancées
14:14depuis Kourou,
14:15pour des raisons bien connues.
14:17On entre dans un nouveau chapitre
14:18pour le Spatial Européen,
14:19mais notamment pour le CSG
14:20et les équipes.
14:23sont très motivées.
14:24C'est un challenge
14:24de réussir à raccourcir
14:26la durée des campagnes,
14:27à lancer à une cadence
14:27qui se veut très élevée.
14:29Et en même temps,
14:29pour l'instant,
14:30ça se passe bien.
14:31C'est très gratifiant
14:32pour les équipes.
14:33Donc, Kourou est plus dynamique
14:34que jamais.
14:35Par ailleurs,
14:36au-delà des fusées Ariane 6
14:37et VGC,
14:38qui sont déjà présentes à Kourou,
14:39de nouveaux acteurs
14:40veulent s'implanter en Guyane,
14:42notamment les petits lanceurs.
14:44Plusieurs chantiers
14:45sont en cours.
14:47Donc, il y a vraiment
14:47un fourmillement.
14:48Il y a vraiment
14:49beaucoup d'émulation à Kourou.
14:50Et ça fait plaisir à voir.
14:52Ce projet est à 10-15 ans
14:54aujourd'hui.
14:56Est-ce que Ariane 6
14:57sera toujours là ?
14:58Est-ce qu'elle sera toujours
14:59en service
14:59et surtout performante ?
15:01Et la question induite,
15:03c'est est-ce que vous n'avez pas peur
15:04d'une nouvelle concurrence européenne
15:06pour justement prendre cette place
15:08sur les lanceurs lourds ?
15:10Alors, la concurrence,
15:11on n'en a pas peur
15:11parce que c'est notre quotidien.
15:13Voilà.
15:14Maintenant, ce qui est clair,
15:16c'est que les cycles
15:17de développement des fusées,
15:18les cycles d'innovation,
15:20il faut les raccourcir.
15:21C'était la logique
15:23au premier temps
15:24du programme Ariane
15:25pour les Ariane 1,
15:262, 3, 4.
15:27Le principe était
15:28qu'avant même
15:28qu'une nouvelle génération
15:29ait volé,
15:30elle fait son premier vol,
15:31on anticipait déjà
15:32en lançant le développement
15:33de la génération d'après.
15:35Et je pense que c'était
15:35très vertueux.
15:36Et donc, il faut qu'on se remette
15:37dans cette dynamique
15:38d'innovation permanente.
15:40Je pense que Ariane 6
15:41va nous accompagner
15:42pendant des années
15:43parce que c'est un bon produit.
15:44C'est un produit
15:45qui répond absolument
15:46à la demande
15:47telle qu'elle est aujourd'hui
15:48et telle qu'elle sera demain.
15:49Donc Ariane 6 sera avec nous
15:50pendant des années
15:51et notre mission évidemment
15:53c'est d'améliorer finalement
15:56encore et encore
15:56ce lanceur,
15:58son exploitation,
16:00sa compétitivité
16:01et en parallèle
16:02de mettre les feux
16:02sur la préparation du futur.
16:04Je pense que les deux
16:04ne sont pas contradictoires.
16:06Il faut vraiment les deux.
16:08En revanche,
16:08ce qui est important
16:09et vous le soulignez,
16:10c'est qu'on doit veiller
16:11à éviter la fragmentation.
16:13Avoir plusieurs initiatives concurrentes,
16:15ça stimule l'innovation.
16:16Mais au bout d'un moment,
16:17il faut savoir mettre les moyens
16:18sur les projets
16:19les plus prometteurs
16:21parce qu'encore une fois,
16:22on est dans une compétition brutale
16:23à l'échelle mondiale.
16:25Si on pense que la question
16:27est celle,
16:27la compétition entre France,
16:29Allemagne et l'Italie,
16:30je pense qu'on se trompe d'échelle.
16:32Et bien ce sera le mot de la fin.
16:34Merci beaucoup David Cavalliolès.
16:35Merci d'avoir été avec nous
16:36un président exécutif
16:37d'Ariane Espace.
16:39Michel, merci.
16:39On se retrouvera
16:40la semaine prochaine
16:41pour parler financement
16:42du monde de la défense.
16:43On recevra notamment
16:43Serge Wimbert,
16:44le président de Wimbert Capital,
16:45Partenaires.
16:46Et tout de suite,
16:47c'est l'heure du décryptage
16:48dans R&D Fence.
16:50R&D Fence,
16:51le décryptage.
16:55C'est l'heure du décryptage
16:56dans R&D Fence
16:57avec Léo Barnier.
16:58Bonjour Léo.
16:59Bonjour Jean-Baptiste,
17:00rédacteur en chef d'Air&Cosmos.
17:01Merci d'être avec nous.
17:03Alors Léo, ça y est,
17:04enfin,
17:05on connaît,
17:06alors ça,
17:06ça a fait gloser
17:07la France entière
17:08pendant
17:09tous ces derniers jours,
17:11le nom du nouveau
17:12porte-avions français,
17:13le porte-avions nouvelle génération,
17:14et bien s'appellera
17:14le France Libre.
17:15Au-delà du nom,
17:17ce qui est quand même
17:18intéressant de voir,
17:18c'est qu'on a,
17:19on aura
17:20une machine de guerre
17:22particulièrement puissante,
17:2380 000 tonnes,
17:25des dizaines d'aéronefs
17:26disponibles,
17:27deux chaufferies nucléaires,
17:28on a là vraiment,
17:29Léo,
17:29un moyen
17:30pour la France
17:31d'affirmer
17:32sa puissance,
17:33c'est vraiment l'idée ?
17:35Effectivement,
17:35Jean-Baptiste,
17:36le président Macron lui-même
17:37l'a répété à plusieurs fois
17:38dans son discours,
17:39il a vraiment insisté
17:40sur cette notion de puissance,
17:41puis je le cite,
17:42il a voulu faire
17:43de ce futur porte-avions
17:45le symbole de l'indépendance
17:46coûte-que-coute
17:46de la France.
17:47Et on le voit,
17:48le France Libre,
17:49comme vous l'avez rappelé,
17:50sera vraiment des dimensions
17:52qui seront exceptionnelles,
17:53ce sera tout simplement
17:53le plus gros navire
17:54jamais construit par la France.
17:56Donc on parle de 310 mètres de long,
17:58un déplacement de 78 000 tonnes
18:00qui sera près de deux fois
18:01supérieur à celui
18:02du Charles de Gaulle,
18:03voilà,
18:03trois catapultés électromagnétiques,
18:05ça va être un chantier colossal
18:07qui va mobiliser pendant
18:08des mois,
18:09voire des années,
18:10800 fournisseurs,
18:11600 PME et ETI
18:12avec le développement
18:13d'équipements de haute technologie.
18:17Voilà,
18:17il doit rentrer en service
18:18à partir de 2038
18:20et il va permettre
18:21à la France
18:22de projeter
18:23une quarantaine d'aéronefs
18:24partout à travers le monde
18:26et c'est une capacité rare aujourd'hui,
18:28sans compter qu'il participera aussi
18:29à la dissuasion nucléaire
18:30avec ses avions.
18:32C'est un sacré bébé quand même,
18:3480 000 tonnes,
18:35une quarantaine d'aéronefs.
18:37On comprend évidemment
18:38la volonté du chef de l'État
18:40dans les décennies qui viennent
18:42de pouvoir projeter
18:43comme ça
18:44la puissance militaire
18:45de la France
18:45mais est-ce que,
18:46je pose la question,
18:47on a la réponse,
18:48est-ce qu'il y a des critiques
18:49sur ce porte-avions ?
18:50Est-ce que d'aucuns disent
18:51mais ça nous coûte une fortune ?
18:53Enfin, qu'est-ce que...
18:53Effectivement,
18:54il y a plusieurs critiques.
18:55Déjà, il y a des critiques
18:56sur le concept
18:57de porte-assumé en soi.
18:58On se dit aujourd'hui
18:59à l'heure des missiles hypersoniques,
19:00un coup au but
19:01et voilà,
19:03si on perd un bâtiment
19:03de cette importance,
19:04ce serait dramatique.
19:06Ce serait dramatique
19:07sur le plan humain
19:08parce qu'il y a quand même
19:082000 personnes à bord.
19:10Ce serait dramatique
19:11sur le plan stratégique
19:12parce qu'on serait privé
19:13en un seul coup
19:14d'un atout maître
19:15quand même
19:15dans la stratégie
19:16aujourd'hui de la France.
19:18Et puis,
19:18ce serait aussi dramatique
19:20sur le plan financier.
19:21On parle effectivement
19:21d'un chantier aujourd'hui
19:22qui coûte de l'ordre
19:23de 10 milliards.
19:25La tribune parle même
19:26de 12 milliards d'euros.
19:27Ils vont jusqu'à 12 milliards,
19:28entre 10 et 12 milliards.
19:29Voilà, ça dépend un peu
19:30des méthodes de calcul.
19:31L'Elysée avance pour l'instant
19:32autour de 10 milliards.
19:35Et voilà,
19:36même s'il y a 90%
19:37de cette somme
19:38qui va revenir
19:39aux entreprises françaises,
19:42c'est quand même
19:42un coût très important.
19:44Et puis,
19:44certains se disent
19:45peut-être qu'on aurait pu
19:46les utiliser
19:46pour acheter d'autres équipements
19:47en plus grand nombre.
19:48Plutôt que tout mettre
19:49dans un seul porte-avions,
19:50peut-être qu'on aurait pu
19:51en acheter plus.
19:52On pense notamment
19:52au Rafale
19:53où certains disent
19:54que la flotte de Rafale
19:55actuellement
19:56est encore sous-dimensionnée
19:57et qu'il aurait peut-être
19:58fallu gagner dans la masse.
19:59Notamment aujourd'hui,
20:00on parle de haute intensité.
20:02Peut-être malgré tout
20:03pour finir,
20:03ce qu'il faut peut-être
20:04retenir effectivement,
20:04c'est derrière
20:05ce futur porte-avions,
20:07l'incroyable chaîne
20:08de sous-traitance
20:09avec des centaines
20:11d'entreprises
20:12qui vont donner du travail
20:13dans de très nombreuses
20:14régions de France
20:15à beaucoup de salariés.
20:17Économiquement,
20:18c'est puissant aussi.
20:19Effectivement,
20:20ça va donner du travail
20:21à certaines entreprises
20:22jusqu'en 2038.
20:23Enfin, 2038,
20:24c'est la mise en service.
20:25Mais voilà,
20:25jusque-là,
20:26il y a Naval Group,
20:27bien sûr,
20:28il y a les chantiers
20:28de l'Atlantique,
20:29mais il y a aussi,
20:30on parlait tout à l'heure,
20:31de 600 PME et ETI.
20:33Puis,
20:33ça va permettre aussi
20:34de réserver
20:35certaines compétenances
20:36avec les chaufferies nucléaires.
20:38Enfin,
20:38voilà,
20:39même si quelques équipements
20:40resteront américains
20:41avec des enjeux
20:42diplomatiques derrière,
20:43pour tout le tissu
20:46naval français,
20:47toute cette industrie,
20:48c'est quand même
20:49quelque chose
20:49assez exceptionnel.
20:51Léo Barnier,
20:53merci beaucoup,
20:53rédacteur en chef
20:54chez R&Cosmos.
20:55J'en profite,
20:56comme chaque semaine,
20:57pour vous montrer
20:57la couverture
20:58de R&Cosmos.
20:59La une,
21:00vous avez fait un dossier RH,
21:02évidemment,
21:02sur l'intelligence artificielle
21:04qui s'insinue,
21:05évidemment,
21:05dans le RH,
21:06mais ça,
21:06c'est un sujet de fond
21:07qui est à suivre
21:08et à lire
21:09dans R&Cosmos.
21:10Merci beaucoup,
21:11Léo,
21:11et on retrouve
21:12bien tout de suite
21:12les signaux faibles.
21:20Antoine Larré-Gaudry,
21:21bonjour.
21:22Bonjour Jean-Baptiste.
21:23Antoine,
21:23chef d'orchestre
21:24de Tout pour investir
21:24sur BFM Business,
21:25merci beaucoup
21:26d'être avec nous,
21:27puis en même temps,
21:27observateur passionné
21:29et attentif
21:30du monde de l'aéronautique.
21:32Et cette semaine,
21:34eh oui,
21:35vous nous parlez
21:36du mythique F-14,
21:38le Tomcat F-14,
21:40avion mythique
21:40que les passionnés
21:41et les amoureux
21:42de Top Gun
21:42connaissent bien.
21:43En fait,
21:44c'est l'avion américain
21:45qui symbolise
21:47la puissance iranienne.
21:49C'est pour ça
21:49qu'on en parle.
21:50Ben oui,
21:50on signe un avis
21:51de décès
21:52de cet avion de légende,
21:54un avis de décès
21:54officiel cette semaine.
21:56Ce sera le 10 mars
21:582026
21:59qu'on retiendra
21:59comme date de décès
22:00officielle
22:01du F-14 Tomcat.
22:02Pourquoi ?
22:03Par une boucle
22:04de l'histoire
22:05assez insensée,
22:06mais qu'il faut expliquer
22:07et qui est assez étonnante,
22:09surtout dans le contexte
22:10géopolitique actuel.
22:11En fait,
22:12le F-14 Tomcat
22:13a été développé
22:13à la fin des années 70
22:15et était le meilleur
22:17avion de chasse
22:17de son époque,
22:19le meilleur intercepteur,
22:21adulé des marins américains
22:23puisque c'était
22:24l'avion standard
22:25de l'armée
22:26de la marine américaine.
22:28Il disposait
22:29d'un système d'armes
22:30qui était au top niveau
22:31à l'époque.
22:32C'était un radar
22:32qui s'appelait
22:33l'AVG-9
22:34qui était développé
22:34par Hughes
22:35et qui permettait
22:36de détecter des cibles
22:38et de les intercepter
22:39avec des missiles phénix
22:40à plus de 200 kilomètres
22:41de distance.
22:42C'est incroyable pour l'époque.
22:44Incroyable pour l'époque.
22:45Incroyable.
22:46Et ça le classait
22:48à la première place
22:49des avions
22:50les plus performants
22:51de son époque.
22:52C'était un bijou
22:52qui était choyé
22:53par la marine américaine.
22:55Il est rentré
22:55en service progressivement
22:56à partir de 1976.
22:58Il y en a quelques-uns
22:59qui ont été engagés
23:00au Vietnam,
23:00mais vraiment très peu.
23:03Et première tuile
23:04pour Grumman.
23:05Un an et demi
23:06après le lancement
23:07de la production
23:07en série
23:08de cet avion,
23:10Grumman a des problèmes
23:11financiers.
23:12Grumman n'arrive plus
23:13à boucler les fins de mois.
23:14Ça lui coûte très très cher
23:15à produire.
23:17Et même l'obtention
23:19de ce contrat
23:20par la marine américaine
23:21est compliquée
23:22à délivrer.
23:23Et donc la marine américaine
23:25et le gouvernement américain
23:26sont très inquiets
23:26parce que c'est encore une fois
23:28un actif stratégique.
23:29C'est l'avion
23:29qui protège
23:30les groupes aéronavales
23:31de la marine américaine
23:31en opération.
23:33Et là,
23:34s'invite dans le dossier
23:36un monsieur inattendu
23:37qui est le chat d'Iran,
23:38Reza Palavi,
23:40qui dit
23:40j'ai appris que vous aviez
23:41des problèmes
23:41pour développer
23:42votre tome 4.
23:43Écoutez,
23:44vous savez quoi ?
23:44Il est allié des Etats-Unis,
23:46allié stratégique
23:46en matière de pétrole
23:47et en matière de défense
23:48dans la région.
23:50Il dit,
23:50vous savez quoi ?
23:51Je vais mettre
23:512 milliards de dollars
23:52sur la table
23:52de mes gros pétrodollars
23:54et votre programme,
23:55on va le sauver
23:55grâce à ça.
23:56Mais en échange,
23:58vous allez m'en livrer
23:5980.
24:01Là,
24:01les américains
24:02sont très très embêtés
24:03parce qu'encore une fois,
24:04le tome 4 a un côté stratégique,
24:06un système d'armes
24:07top niveau.
24:07Ils hésitent vraiment
24:09à livrer cet appareil
24:11à une puissance amie
24:13qui sera d'ailleurs
24:15la seule
24:16à en être équipée.
24:17C'est une exclusivité.
24:19mais ils sont très très embêtés
24:20par principe.
24:21Le chat d'Iran,
24:22voyant ça,
24:23pique une colère noire
24:24et dit,
24:24mais si ça continue,
24:25il va y avoir des conséquences.
24:26Je vais arrêter
24:27les contrats pétroliers,
24:29machin,
24:30il va y avoir des problèmes.
24:32Bon,
24:32finalement,
24:33ils se mettent d'accord.
24:34Les américains
24:35acceptent
24:35de livrer
24:3680 F-14 Tomcat
24:38au chat d'Iran,
24:40moyennant
24:41quelques arrangements,
24:41c'est-à-dire que
24:42les équipements
24:42les plus stratégiques,
24:44vraiment,
24:46pour la marine américaine,
24:47ne sont pas inclus
24:48dans cette version
24:50exclusive
24:51destinée à l'armée
24:52de l'air iranienne.
24:52Donc,
24:53finalement,
24:53tout le monde est content
24:54et surtout le chat d'Iran
24:56qui,
24:57jalousement,
24:58garde le F-14
24:58comme une exclusivité.
25:00Manque de bol,
25:01trois ans après,
25:01il est renversé
25:02par l'Ayatollah Khomeini
25:03et l'Iran devient
25:04République islamique,
25:06pays proclamé
25:07ennemi des États-Unis.
25:09Et là,
25:10les Américains
25:10sont quand même
25:11très très embêtés.
25:12Malgré tout,
25:13ils laissent faire,
25:14c'est juste que le pays
25:15après est sous embargo,
25:17donc il n'y a plus
25:18de pièces de rechange,
25:19plus de maintenance,
25:20etc.
25:20Et l'Ayatollah Khomeini
25:21utilise le F-14
25:22à bon escient,
25:23notamment pendant la guerre
25:24Iran-Irak,
25:26où il va descendre
25:27à lui tout seul
25:28160 avions irakiens.
25:29Et de là,
25:31se crée une sorte
25:32de lien
25:33très curieux,
25:34mais qui est aussi lié
25:36à la politique de Reagan,
25:37qui a toujours été
25:38un peu clair-obscur
25:39vis-à-vis de l'Iran.
25:40Il y avait eu
25:40des livraisons d'armes,
25:41on se souvient.
25:42Mais les marins
25:43américains se mettent
25:44à regarder
25:44avec admiration
25:45et respect
25:46ces aviateurs iraniens
25:47qui volent sur le même avion
25:49qu'eux,
25:49le Tomcat,
25:50qui fait des merveilles
25:51pendant cette guerre.
25:52La fin de l'histoire,
25:53elle est moins reluisante
25:54parce qu'au fur et à mesure,
25:55les F-14,
25:56les Iraniens
25:58essaient de les bricoler
25:59pour les entretenir,
26:00etc.
26:00Mais ça ne marche pas.
26:01Greman, évidemment,
26:02est interdit
26:02de leur prêter
26:03assistance technique.
26:05Donc,
26:05au fur et à mesure,
26:06le parc aérien
26:07de Tomcat
26:08se réduit
26:08comme peau de chagrin.
26:09Il y a eu
26:10des frappes israéliennes
26:11régulières
26:12pendant la décennie
26:13qui ont amenuisé
26:15le stock
26:16et la possibilité
26:17de pouvoir
26:18les réparer.
26:18Il y a eu la guerre
26:19des 12 jours.
26:20Là,
26:20ça a été terrible.
26:21Il n'en restait plus
26:22que trois
26:23en état de vol
26:24juste avant
26:25la guerre
26:26à laquelle
26:27on assiste en ce moment.
26:28Ils s'étaient réservés
26:28d'ailleurs
26:28à l'escorte
26:29des avions officiels
26:31des dirigeants iraniens.
26:33Et là,
26:33le 10 mars dernier,
26:35Israël a scellé
26:36le sort du Tomcat
26:37en larguant les bombes
26:38sur les trois derniers
26:39exemplaires
26:39sur un aérodrome
26:40qui est prédisparant
26:41sur lequel ils opéraient.
26:43Ils étaient tous
26:43regroupés
26:44dans le même escadron
26:44et là,
26:45les trois derniers
26:46sont morts
26:47au champ d'honneur.
26:48Et ça a provoqué
26:49un déluge
26:50de réactions
26:51d'aviateurs américains,
26:52de marins américains.
26:54La larme à l'œil
26:55qui,
26:56véritablement,
26:57ont eux aussi
26:57signé l'acte de décès
26:59du Tomcat
26:59en regrettant,
27:00en disant
27:00« Ah,
27:00t'étais le meilleur avion
27:02de tous les temps. »
27:03Et l'histoire
27:03du Tomcat américain,
27:04fleuron de la marine américaine,
27:06se termine au milieu
27:07d'une guerre
27:08totalement imprévue
27:09en Irm.
27:10Avion de légende
27:11aussi bien technologique
27:11que diplomatique.
27:12Absolument.
27:13Merci beaucoup
27:14Antoine Arrigaudry.
27:15Avec plaisir.
27:15Antoine Arrigaudry avec nous,
27:16chef d'orchestre
27:17de tout pour investir
27:18sur le FFM Business.
27:19Merci d'avoir été avec nous.
27:20C'est fini cette semaine.
27:22En tout cas,
27:23à R&DF,
27:24on se retrouve
27:24la semaine prochaine,
27:25même lieu,
27:25même heure.
27:26On sera Serge Wimbert,
27:27le patron de Wimbert Capital,
27:29partenaire.
27:29On parlera financement
27:30de la défense.
27:30Bonne semaine.
27:33R&DF sur BFM Business.
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